Chronologie des croisades par le chevalier et historien kurde Abul-Fida (1133-1145)

Publié le

exécution sur un champs de bataille
exécution sur un champs de bataille

L’extrait de l’histoire d’Aboulféda commence à l’entrée des premiers croisés dans l’Asie Mineure, et se termine à l’année 1322. C’est un court précis des événements mémorables qui signalèrent la lutte entre les forces musulmanes et les guerriers de l’Occident

ABOULFEDA HISTOIRE GENERALE OU ANNALES EXTRAITS (1133-1145)

 

 

 » An 528 (1133-4). Le prince de Damas s’empare de Schakyf, malgré la vigoureuse résistance que lui opposa Dhahhak, fils de Djendal, à cette époque maître de la vallée de Taym. Las Francs, dont cet événement contrariait les desseins, tentèrent une invasion dans la province de Hauran, dont Bosra est la capitale. Le prince de Damas vint les attaquer avec toutes ses forces, puis il se jeta sur leurs états du côté de Tibériade. Les Francs, entièrement abattus par cette diversion, retournèrent chez eux, et s’empressèrent de faire une trêve avec leur ennemi.

Le fils de Danischmend, prince de Malathiah, attaque les Francs de Syrie, et leur tue beaucoup de monde.

An 530 (1135). Les troupes d’Emad eddin, qui gardaient Alep et Hamah, font une excursion dans les états des Francs du côté de Laodicée. Ils étaient conduits par Aswar, lieutenant d’Emad eddin dans Alep. Ils parcourent tout le pays sans rencontrer de résistance, et s’en retournent, emmenant en esclaves de l’un et de l’autre sexe, en prisonniers et en bêtes de somme, de quoi remplir toute la Syrie.

An 531 (1136). Le 20 de schowal (10 juillet), Emad eddin entreprend le siège de la forteresse de Barin. Cette entreprise met en mouvement tous les Francs, princes et sujets. Ils marchent pour dégager Barin. A leur approche, Emad eddin quitte les travaux du siège, et leur livre une sanglante bataille, dans laquelle ils sont vaincus. Dans le désordre, plusieurs de leurs princes trouvent un refuge dans le château. Emad eddin recommence aussitôt le siège. Les Francs, étroitement resserrés, demandent bientôt à capituler, et obtiennent la faculté de se retirer, moyennant la cession du château, et d’une somme de 50.000 écus d’or. Pendant les travaux de ce siège, Emad eddin avait pris possession de Maarrah et de Kafarthab, qui appartenaient également aux Francs. Les habitants de Maarrah demandèrent à rentrer en possession de leurs propriétés, dont ils avaient été dépouillés lors de l’entrée des Francs.[29]Comme les rôles du cadastre avaient disparu, on consulta les registres d’Alep, dont Maarrah dépendait dans l’origine, et les titres des véritables propriétaires furent constatés, à l’aide des rôles des impôts levés sur chaque propriété.

An 532 (1138). L’empereur des Grecs était en marche depuis l’année précédente pour son expédition de Syrie. Il avait eu d’abord à combattre les Arméniens, les Francs d’Antioche et des pays par lesquels il devait passer. Il atteignit enfin la Syrie, et commença aussitôt le siège de Bezaa, située à six parasanges d’Alep. Bezaa capitula le 25 de redjeb (mars). L’empereur, oubliant bientôt le traité, massacra une partie des habitants, en fit une autre partie prisonnière, et réduisit les litres à l’esclavage. Le cadi de la ville et quatre cents personnes environ furent contraints d’embrasser le christianisme. L’empereur s’arrêta dix jours dans Bezaa, puis il marcha contre Alep avec les Francs qui l’accompagnant, et campa sur le Cowaïk. L’attaque fut poussée et soutenue avec une vigueur égale. Les Grecs, ayant perdu un patrice d’un rang fort élevé, abandonnèrent le siège. Après trois jours de repos, ils se rendirent devant Atareb, qu’ils prirent, et où ils déposèrent les prisonniers et le butin faits dans Bezaa. L’empereur y laissa une garnison, et se porta avec toutes ses forces devant Schayzar. L’émir Aswar se jeta aussitôt sur Atareb, passa tous les Grecs au fil de l’épée, et rendit la liberté aux malheureux habitants de Bezaa. Cependant l’empereur attaquait Schayzar avec des efforts incroyables. Dix-huit machines jouaient contre la ville. Le prince qui y commandait envoya demander du secours à Emad eddin. Celui-ci se mit aussitôt en marche, et alla camper sur l’Oronte, entre Hamah et Schayzar. Chaque jour il venait se présenter avec ses troupes à la vue des assiégeants. Dans le même temps, des pelotons de cavalerie enlevaient, par ses ordres, tout ce qui se présentait devant eux. Le siège fut continué pendant vingt-quatre jours. L’empereur se décida enfin à se lever, et se retira tout honteux de l’échec qu’éprouvaient ses armes. Emad eddin se mit à sa poursuite, et enleva une partie de l’arrière-garde. C’est à cette occasion, que les poètes célébrèrent, à l’envi, la gloire d’Emad eddin.

An 539 (1144-5). Ce prince s’empare d’Edesse, après un siège de vingt-huit jours. Dans le même temps, Saroudj et les autres villes conquises par les Francs au-delà de l’Euphrate, lui ouvrent leurs portes. Il ne restait plus aux Francs qu’Albyret ; Emad eddin la tenait étroitement serrée, lorsque la mort de son lieutenant, dans Mossoul, l’obligea à se rendre précipitamment dans cette ville, de crainte de quelque désordre. Cependant les Francs, qui ne doutaient pas du prompt retour d’Emad eddin, persuadés d’ailleurs qu’ils ne pourraient lui résister, s’adressèrent à Nedjm eddin, prince de Maridin, et lui livrèrent Albyret, qui rentra par-là sous les lois de l’islamisme.

Une flotte part des ports de Sicile, fait une descente en Afrique Ifrikiya ; elle s’empare de la ville de Borsak. Les hommes sont massacrés, et les femmes emmenées en captivité.  »

 

Aboul Fida ou Aboul Réda, en arabe أبو الفداء Abul-Fida (12731331) est un historien et un géographe musulman, Kurde.

Né à Damas dans la maison familiale, Aboul Fida appartient à la dynastie des Ayyoubides, qui est une branche de la dynastie Rawadi ou Rawandi. Il se distingua à la fois comme écrivain et comme guerrier pendant les croisades. Après avoir participé à la lutte contre les croisés, il entra au service du sultan d’Égypte Qalâ’ûn, et fut nommé par lui gouverneur, puis prince d’Hama en Syrie. Il est surtout connu par son ouvrage de géographie Localisation des pays, synthèse de la géographie littéraire et mathématique, et par ses travaux d’histoire : il abrégea et poursuivit jusqu’à son époque l’Histoire d’Ibn al-Athir.

On a d’Aboul Fida :

  • une Histoire abrégée du genre humain, en arabe, traduite partiellement en latin par Johann Jacob Reiske, sous le titre d’ Annales moslemici ;
  • une géographie intitulée Vraie situation des pays, traduite également par Reiske.
  • Un résumé (en arabe) de l’histoire des croisades tiré des « Annales » d’Abul Fida ainsi que son autobiographie (traduite en français) ont été publiées dans le « Recueil des historiens des croisades », Historiens orientaux, tome premier, publié par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à Paris, par l’Imprimerie nationale en 1882.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s