Le Siège de St.-Jean-d’Acre (Akka) ou Ptolémaïs en 1189 par par le chevalier et historien kurde Abul-Fida :

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Le Siège de Saint-Jean-d’Acre en 1191 est une opération militaire de la troisième croisade (1189-1191). Après la défaite écrasante de Hattin des armées croisées, la prise de Saint-Jean-d’Acre est la première opération de reconquête chrétienne du royaume de Jérusalem, qui permettra à ce dernier de se maintenir encore un siècle.

 

Le Siège de St.-Jean-d’Acre (Akka)  ou Ptolémaïs en 1189 par par le chevalier et historien kurde Abul-Fida :

 » Les habitants de toutes les villes chrétiennes qui venaient de tomber au pouvoir du sulthan avaient été dirigés sur Tyr. La ville se remplissait tous les jours, d’autant plus qu’une foule de guerriers affluaient de l’Occident. En effet, les chrétiens, éclairés par tant de désastres, avaient envoyé dans les pays d’outre-mer des hommes propres à émouvoir la commisération de leurs frères. Ces députés promenaient partout une image de Jésus-Christ, dont le corps ruisselait de sang, sous les coups d’un Arabe, qu’ils disaient être Mohammed. Voyez, disaient-ils, en pleurant, comme cet arabe frappe le Sauveur. A ce spectacle, les femmes sortaient de leurs maisons, les hommes t’armaient pour aller le venger. C’est ainsi qu’il s’embarqua une foule innombrable. De Tyr, cette multitude de guerriers marcha sur Acre, et l’attaque commença dès le milieu de redjeb (août).

Acre[58] fut étroitement serrée du côté de terre ; les Francs en occupèrent toutes les avenues ; de manière qu’il ne fut plus possible d’y pénétrer. Cependant le sulthan s’était avancé auprès de la ville, non loin de l’emplacement qu’occupait l’ennemi. Au commencement de chaban (septembre), une action s’engagea, qui dura jusqu’à la nuit. Le lendemain matin, Teki-eddin, prince de Hamab, chargea avec l’aile droite le corps franc qui lui était opposé, lui enleva ses positions, et s’avança jusque sous les murs de la ville. Les communications ainsi rétablies avec la garnison, il fut libre aux musulmans d’entrer et de sortir ; ce qui permit au sulthan d’introduire dans Acre un corps de troupes, commandé par Aboulhaydja. Des attaques partielles ne discontinuèrent pas du matin au soir, jusqu’au 20. Ce jour-là il s’engagea une action terrible. Les Francs s’étaient concentrés ; ils attaquèrent d’abord le centre, parvinrent à l’enfoncer, et arrivèrent, sans cesser de tuer, jusqu’à la tente de Saladin. Le sulthan se rejeta aussitôt sur les ailes, et parvint à réunir quelques troupes autour de lui. Pendant que son aile droite combattait l’ennemi avec avantage, il se précipita sur le corps qui avait d’abord culbuté son centre, en même temps le reste de l’armée fit volte-face, et les Francs enveloppés, furent exterminés ; dix mille d’entre eux perdirent la vie. Pendant ce temps-là, ceux des musulmans qui avaient fui au commencement de l’action, couraient, les uns jusqu’à Tibériade, les autres jusqu’à Damas. Mais bientôt ce même succès eut des suites funestes. Les cadavres qui couvraient le pays répandirent une horrible infection ; le sulthan tomba lui-même malade. En proie à de violentes coliques, il se rendit aux prières de ses émirs, quitta Acre le 14 de ramadhan (octobre), et se retira à Kharoubah. Sa retraite permit aux Francs de pousser avec une nouvelle vigueur le siège d’Acre, et de se répandre dans toute la contrée. Sur ces entrefaites arriva la flotte d’Egypte, commandée par Loulou, dont on connaissait le caractère entreprenant. Loulou s’ouvrit nu passage dans le port, emmenant avec lui un navire franc dont il s’était emparé, et rendit le courage aux assiégés. Ceux-ci étaient d’ailleurs rassurés par la jonction de Malet-Adel avec son frère, à qui il amenait des munitions de guerre et les troupes d’Egypte.  »

 

Aboul Fida ou Aboul Réda, en arabe أبو الفداء Abul-Fida (12731331) est un historien et un géographe musulman, Kurde.

Né à Damas dans la maison familiale, Aboul Fida appartient à la dynastie des Ayyoubides, qui est une branche de la dynastie Rawadi ou Rawandi. Il se distingua à la fois comme écrivain et comme guerrier pendant les croisades. Après avoir participé à la lutte contre les croisés, il entra au service du sultan d’Égypte Qalâ’ûn, et fut nommé par lui gouverneur, puis prince d’Hama en Syrie. Il est surtout connu par son ouvrage de géographie Localisation des pays, synthèse de la géographie littéraire et mathématique, et par ses travaux d’histoire : il abrégea et poursuivit jusqu’à son époque l’Histoire d’Ibn al-Athir.

On a d’Aboul Fida :

  • une Histoire abrégée du genre humain, en arabe, traduite partiellement en latin par Johann Jacob Reiske, sous le titre d’ Annales moslemici ;
  • une géographie intitulée Vraie situation des pays, traduite également par Reiske.
  • Un résumé (en arabe) de l’histoire des croisades tiré des « Annales » d’Abul Fida ainsi que son autobiographie (traduite en français) ont été publiées dans le « Recueil des historiens des croisades », Historiens orientaux, tome premier, publié par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à Paris, par l’Imprimerie nationale en 1882.
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