Le Hajj au temps des Ottomans et de l’impérialisme Européen :

Publié le Mis à jour le

Sürre Alayı  (Le Régiment de Sürre 1822 32 1901 de Stefano Ussi  un bataillon  Ottoman  chargé de protéger les pèlerins la caravane qui porte les cadeaux du Caire à Kaaba
Sürre Alayı (Le Régiment de Sürre ) de Stefano Ussi  (1822 -1901) un bataillon  spécial de l’armée des Ottomans chargé de protéger les pèlerins de la caravane qui porte les cadeaux à  la sainte Kaaba à la Mecque

Le régiment Surra-i Humayun , est un Régiment de l’Etat ottoman  connue sous le nom de Surra  » qui relié en traversant l’empire en protègent les pèlerins  et leurs biens, en direction de la Mecque et  Médine  .

Dans l’étude publié sur IFpo intitulé  « Le pèlerinage à La Mecque à l’époque coloniale : matrice d’une opinion publique musulmane ? » Chiffoleau nous parle du Hajj au temps des colonies : 

 » Or c’est précisément cette situation de carrefour, de lieu de rencontre privilégié qui, dans le contexte impérialiste, provoque l’inquiétude des autorités coloniales. Hors de portée de leur contrôle, leurs « sujets musulmans » ne risquent-ils pas d’y être exposés à des idées subversives, à une disqualification de leur pouvoir, sinon à une propagande anti-impérialiste ? La chronologie différentielle de la colonisation encourage d’ailleurs ces craintes. Pour les populations les plus anciennement colonisées, n’est-il pas dangereux de se frotter à des musulmans demeurés « encore libres », c’est-à-dire relevant du pouvoir ottoman, susceptibles de leur transmettre le goût de cette liberté ? C’est notamment la crainte qu’entretiennent les Français, redoutant les contacts entre leurs ressortissants nord-africains et les Égyptiens, engagés précocement dans un mouvement national contre la domination britannique, et surtout les Syriens, peuple ottoman considéré comme politiquement avancé et traditionnellement hostile aux pouvoirs coloniaux. » 

Plus loin elle poursuit sur les passeports délivrées pour le Hajj:

 » Si la plupart des pèlerins est en principe munie de passeports, nombreux sont ceux qui semblent faire peu de cas de ces papiers officiels, lesquels alimentent un vaste trafic. Celui-ci bénéficie notamment aux mutawwif-squi convoitent les passeports étrangers leur permettant d’entrer dans les pays d’origine des pèlerins afin d’y recruter de nouveaux candidats au voyage sacré, ce que les puissances coloniales cherchent à empêcher à tout prix. Par ailleurs, certains pèlerins sont réticents à voyager avec des documents officiels émis par les autorités coloniales, alors que l’Empire ottoman leur apparaît comme la seule autorité légitime en ce qui concerne le pèlerinage. C’est le cas notamment de certains Algériens qui font le voyage à La Mecque munis de tezkerés (sauf-conduit) ottomans, au grand scandale des autorités françaises. De leur côté, les autorités de la Porte ne manquent pas de manifester leur réprobation des conquêtes coloniales en refusant de reconnaître certains documents de voyage ; elles affectent par exemple de toujours considérer les Tunisiens, après 1881, comme des sujets ottomans et refusent de prendre en considération les passeports délivrés par la Résidence de Tunis. Dans le cadre du pèlerinage, le système des passeports participe ainsi pleinement au jeu du conflit colonial.  »  . fin de citation  

source cliquez sur lien :  » Le pèlerinage à La Mecque à l’époque coloniale : matrice d’une opinion publique musulmane ? » Sylvia Chiffoleau 

Le pèlerinage (al-Hajj) de  La Mecque et Médine concernait les puissances chrétienne européennes qui colonisais les terres islamique  comme la Grande Bretagne (aux  Indes et en Égypte), la France (en Algérie et en Tunisie, puis au Maroc à partir de 1912), les Hollandais (en Indonésie), l’empire Austro-Hongrois  (en Bosnie-Herzégovine à partir de 1908), et l’Italie (en Libye à partir de 1911) .

La caravane du hajj. Cl. Philby (1931).
La caravane du hajj. Cl. Philby (1931).

En Algérie, , ont vois  l’attitude des autorités française face au algériens candidats au Hajj avec cette circulaire du gouverneur général Français Grévy aux préfets datée du 6 juillet 1880 :

« Vous n’ignorez pas en effet que c’est souvent dans le pèlerinage à La Mecque que le fanatisme des indigènes se surexcite et que quelques uns d’entre eux trouvent l’occasion soit de s’affilier à des ordres religieux dont les doctrines sont notoirement hostiles à notre domination, soit même d’entretenir des relations avec certains agitateurs réfugiés dans les États musulmans situés à l’Est de l’Algérie. »

Ainsi peut-ont voir sans étonnement une dépêche du consul de France de Djeddah, le 10 août 1896, assez révélatrice de la mentalité coloniale face au fait Islamique :

« La surveillance des personnages politico-religieux, qui se donnent rendez-vous au Hedjaz et dont les agissements peuvent intéresser nos possessions du nord de l’Afrique, semble avoir été l’un des motifs de la fondation de ce poste  » , extrait de la « Dépêche du consul de France de Djeddah », le 10 août 1896, Arch. Dipl. Nantes, Unions Internationales, premier versement, 527.

Il est claire et vrais de dire que les puissances européennes craignait alors le l’islam et le Hajj cette réunion des croyants ne vienne relancé le Jihad et  le pan-islamisme et idées anti-coloniale qui viendrait  bouté hors de l’espace de la Oumma les vils croisés revenue sous le trait du colon.

 Les chérifs de la Mecque, étais nommés par le sultan-calife Ottoman, et consistait  à faire réciter une prière (khotba) au nom du sultan-calife Ottoman, et ensuite à administrer les lieux saints de la sainte Mecque et Médine et protéger le passage des pèlerins. Leur autorité s’étendait sur les bédouins, tandis que les walis ottomans se réservaient en principe le contrôle des villes du Hijaz et d’Arabie.

Kaïs Ezzerelli reviens sur les caravanes mahmal de Syrie, du Maghreb et d’Egypte  en direction du Hijaz avant les chemins de fer dans « Le pèlerinage à La Mecque au temps du chemin de fer du Hedjaz (1908-1914). »

« Les plus réputés étaient le mahmal châmî, qui partait de Damas, et le mahmal masrî, au départ du Caire, rejoint par la caravane en provenance d’Afrique du Nord. Ils empruntaient jusqu’à Médine et La Mecque un itinéraire qui durait de trente à quarante jours à travers les déserts du Sinaï (pour la caravane du mahmal égyptien), du Midian, du Néfoud et du Hedjaz. Leur départ et leur retour du pèlerinage constituaient des événements importants, célébrés officiellement et salués par la population. Les routes à travers les déserts d’Arabie étaient également des voies de passage obligées pour les pèlerins de provenance plus lointaine, comme les Turcs, les Persans, les Irakiens, les Maghrébins, les musulmans des Balkans (Bosniaques, Albanais), du Caucase (Géorgiens, Azéris, Tchétchènes) ou d’Asie centrale (Turkmènes, Boukhariotes). D’autres pèlerins, Indiens, Afghans, Malais ou Javanais, Soudanais, entre autres, arrivaient au Hedjaz par bateau et débarquaient au port de Djeddah. » (..)

Dans cet extrait Kaïs Ezzerelli explique les changement dans la manière de ce rende au Hajj :

Ainsi, le voyage des pèlerins d’Afrique du Nord, depuis les ports d’Oran, d’Alger ou de Bône (Annaba) jusqu’à Djeddah, ne durait plus qu’une douzaine de jours. Le mahmal égyptien adopta également ce moyen de transport après 1883 (date à laquelle il ne rassemblait plus que 1 170 personnes pour faire le voyage par l’itinéraire terrestre traditionnel). Les pèlerins syriens, irakiens, persans, continuèrent cependant, pour la plupart, à faire la route en caravanes (à pied ou à dromadaire), à l’image du mahmal syrien, conduit depuis Damas par l’amîr al-hajj, recruté par les autorités ottomanes parmi les notables de la ville (…)

La facilité avec laquelle les pèlerins étaient conduits au Hedjaz déconcerta en effet les populations de Damas ou Médine, comme en atteste une dépêche du consul de France à Damas relatant les cérémonies de départ du mahmal syrien, le 7 novembre 1910 :

« Depuis que la caravane sacrée est transportée à Médine par chemin de fer, la cérémonie du mahmal n’a plus aucun éclat. Le temps est passé où des centaines de bédouins, accourus des quatre coins du désert sur de rapides dromadaires, composaient l’escorte d’honneur du sandjak [l’étendard sacré], caracolant autour du mahmal au bruit d’une musique discordante qu’à tout moment les détonations d’armes à feu de tous genres rendaient encore plus assourdissante. »

bibliographies, liens , sources et références :

Le pèlerinage à La Mecque à l’époque coloniale : matrice d’une opinion publique musulmane ?

Le pèlerinage à La Mecque comme culture coloniale : le cas du protectorat tunisien (1881-1956)

Se rendre à La Mecque sous la Troisième République Contrôle et organisation des déplacements des pèlerins du Maghreb et du Levant entre 1880 et 1939

Al-Sanûsî, M., Al-rihla al-hijâziyya, texte établi et annoté par A. Chenoufi, Tunis, S.T.D.

Lafi, Nora (2002) Une ville du Maghreb: Tripoli entre Ancien Régime et réformes ottomanes (1795-1911), Paris, L’Harmattan.

Lafi, Nora, ed. (2005) Municipalités méditerranéennes. Les réformes urbaines ottomanes au miroir d’une histoire comparée (Moyen-Orient, Maghreb, Europe méridionale), Berlin, Klaus Schwarz Verlag.

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