IX. — Règne du Calife Omeyyade YAZID II (101/720 — 105/724) Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri » :

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Dinar Omeyyade du calife Yazid II (101-105 AH = 720-724 AD). AV Dinar (20 mm, 4,29 g), 103 AH.

IX. — Règne du Calife Omeyyade YAZID II (101/720 — 105/724)  Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »  : 

 » Puis régna Yazid, fils d’Abd al-Malik. Il fut le mauvais sujet parmi les Omeyyades. Éperdument amoureux de deux jeunes filles, dont l’une se nommait Sallâma, et l’autre Habâba,[100] il dépensa avec elles tout son temps. Un jour, dit-on, Habâba chanta :

Entre ma poitrine et ma gorge, il y a une chaleur qui ne me laisse pas de répit et qui ne passe pas pour laisser ma gorge se rafraîchir.[101]

Yazid leva le bras comme s’il allait s’envoler.[102] Elle dit : « O Émir des Croyants, nous avons besoin de toi. — Par Allah, répondit-il, je veux m’envoler. — Et à qui confieras-tu le peuple ! dit-elle. — A toi, » reprit le khalife, et il lui baisa la main. Un de ses chambellans sortit en disant : « Puissent tes yeux pleurer ! que tu es peu sérieux ! »

Compare cette conduite de Yazid à celle de son père ‘Abd al-Malik, lorsque celui-ci sortit pour combattre Mous’ab, fils de Zoubair, et que vainement ‘Atika, fille de Yazid, fils de Mouâwiya, chercha à l’en détourner : sans tenir compte de ses prières, ‘Abd al-Malik lui cita à propos les deux vers mentionnés plus haut dans la biographie d’Abd al-Malik, fils de Marvân.

Le règne de Yazid ne fut guère marquant. Il ne fut signalé par aucune conquête et par aucun combat dont il convienne de faire mention.

Yazid mourut en l’an 105 (= 724 de J.-C), par suite de ses passions amoureuses.   » 

 

 

notes du traducteur:

[100] Sallâma al-Qass et Habâba al-‘Aliya Oumm Dawoud étaient deux belles chanteuses, qui, ainsi que le dit l’auteur du Fakhrî, accaparèrent entièrement l’esprit du khalife Yazid. Deux intéressantes notices sont consacrées par le Kitab al-aghâni à ces chanteuses. Voy., sur la première, t. VIII, pp. 6-13 et sur la seconde, t. XIII, pp. 154-165. Cf. le récit de Massoudi, Prairies d’or, V, 146 et suiv. : Ibn al-Athir, Chronicon, V, 90 et s. Le manuscrit du Fakhrî donne, comme l’édition, le nom Habâba, avec le redoublement du premier bd; mais Ibn al-Athir [loc. cit.] dit qu’il faut lire ce mot avec un bd non redoublé, contrairement au nom de Sallâma où la deuxième syllabe est redoublée. Voy. aussi, dans ce passage d’Ibn al-Athir, l’explication de l’épithète d’Al-Qass, appliquée à Sallâma.

[101] …Cf. Sacy, Grammaire arabe, 2e édition, II, p. 25, n° 56, et p. 570, n° 1114. Cette conjecture est d’ailleurs confirmée par Ibn al-Athir, Chronicon, V, 90, qui a un élif à la fin du vers. Toutefois, le manuscrit du Fakhrî, suivi par l’éditeur, a l’aoriste indicatif ; mais c’est une faute certaine.

 

 

Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri » 

 

 

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