REGNE Du Calife Omeyyade SOULAIMAN, FILS D’ABD AL-MALIK (96/715 — 99/717) tiré du livre « al-fakhri » de Ibn al-Tiqtaqa ( 1302) lui-meme tiré d’Ibn al-Athir :

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"L'ascendance arabe" carte de 1884 Ancienne carte (1884) du califat Omeyyade et du plan de Dimashq ( Damas) sous le 6eme calife omeyyade Al-Walid Ier né le 668 - mort le 715 (le monde chrétien est en jaune et le monde païen en vert )
« L’ascendance arabe » carte de 1884 Ancienne carte  du califat Omeyyade et du plan de Dimashq ( Damas) sous le 6eme calife omeyyade Al-Walid Ier né le 668 – mort le 715 (le monde chrétien est en jaune et le monde païen en vert )

 

REGNE Du Calife Omeyyade  SOULAIMAN, FILS D’ABD AL-MALIK (96/715 — 99/717) tiré du livre « al-fakhri » de Ibn al-Tiqtaqa ( 1302) lui-meme tiré d’Ibn al-Athir : 

Puis régna après lui son frère Soulaimân, [88] fils d’Abd al-Malik. Son règne fut une ère de conquêtes non interrompues. Il était jaloux, très jaloux. C’était un glouton.[89] On rapporte que lorsque son cuisinier lui apportait le rôti, il n’avait pas la patience d’attendre qu’il fût refroidi, et il le saisissait avec la manche de son vêtement. Il parlait avec correction et éloquence.

Ici pourra se placer l’anecdote suivante. Asma’î[90] dit : « J’étais un jour en conférence avec Haroun er-Rachid. On se mit à parler des hommes gloutons. Je dis : « Soulaimân, fils d’Abd al-Malik, l’était excessivement. Lorsque son cuisinier lui apportait un rôti, il tendait précipitamment les mains et saisissait le rôti avec ses manches. » Rachid répondit : « Que tu connais bien, ô Asma’î, l’histoire des hommes ! Il y a quelques jours, en effet, j’ai vu par hasard les djoubba (robes amples) de Soulaimân, j’y ai trouvé la trace de la graisse dans les manches. « J’ai cru qu’elles avaient dû appartenir à un médecin. » Asma’î ajouta : « Puis il ordonna qu’on me remît une de ces djoubba. »

On raconte que Soulaimân revêtit un jour un manteau vert et un turban vert. Puis il se regarda dans le miroir et dit : « Je suis le beau roi. » Une de ses esclaves l’ayant considéré, « Que considères-tu ? » lui demanda-t-il. Elle répondit :

« Quelle belle créature tu serais si tu étais immortel ! Mais l’immortalité n’appartient pas à l’homme :

« A ma connaissance il n’y a en toi aucun des vices humains, sinon que tu es périssable. »

Une semaine après il mourait, et cela en l’année 99 de l’hégire (=717 de J.-C.).[91]

notes du traducteur :

[88] Une intéressante biographie de ce prince est donnée par Khalil ibn Aibak as-Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât. manuscrit de Paris, n° 2064. f° 175 r°. Cf. Kitab al-aghâni. Index, p. 388, et Massoudi, Prairies d’or, V, 378 et suiv. ; Ibn al-Athir, Chronicon, V, pp. 6 et suiv.

[89] Cf. Massoudi, Prairies d’or, V, 400.

[90] Sur ce célèbre philologue, né en 122 (= 739), mort en 216 (= 831) et dont le nom est ‘Abd al-Malik, fils de Qouraib, voy. la bibliographie dans Brockelmann, Gesch. der arab. Litt., I, 104 ; Cl. Huart, Hist. de la Litt. arabe, p. 142; de Hammer, Litter. gesch. der Araber, VII, 1120; Kitab al-aghâni, V, 50 et passim : Khalil ibn Aibak as-Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit de Paris, n° 2066, f° 267.

[91] Cette anecdote ainsi que les deux vers se trouvent dans Ibn al-Athir, Chronicon, V, 20, où notre auteur a dû les puiser.

 

Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri » 

 

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