« De la Conquête du Soudan-Mali par les andalous-renégats de Jawdar Pasha sous les Saadiens  » (1591)

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Charge avec des armes type de cette époque
Charge avec des armes type de cette époque

L’historien As-Saadi, dans « at-Tarikh as-Soudan » : « De la Conquête du Soudan par les andalous-renégats de Jawdar sous les Saadiens  » (dynastie arabe) du Maroc (1591) vers 1650 JC :

VENUE DU PACHA DJOUDER AU SOUDAN

 Djouder était de petite taille et avait les yeux bleus. Voici les circonstances qui occasionnèrent sa venue : Il y avait un certain Ould-Kirinfil qui était un des serviteurs du prince du Songhaï. Son maître, le souverain Askia-Ishâq, fils du prince Askia-Daoud, fils du prince Askia-EI-Hâdj-Mohammed, irrité contre lui, lavait envoyé, pour y être interné, à Teghâzza, localité qui faisait partie des Etats des roi du Songhaï et était administrée par eux.

 Or le destin voulut que Ould-Kirinfil parvînt à s’échapper de cette localité où il était interné et réussît à se rendre dans la cité rouge de Merrâkech.Son dessein était de se présenter au souverain du pays, le chérif Maulay Ahmed-Edz-Dzehebi, mais celui-ci avait, à ce moment, quitté Merrâkech et se trouvait à Fez où il était allé châtier les chérifs de cette ville.

 Il avait fait crever les yeux aux révoltés et bon nombre d’entre eux succombèrent à ce supplice. (Nous appartenons à Dieu et c’est vers lui que nous devons retourner.) Il avait agi ainsi en vue d’avantages purement temporels. (Dieu nous préserve d’un pareil sort!)

 Ould-Kirinfil demeura à Merrâkech; de là il écrivit au souverain marocain une lettre dans laquelle il l’informait de son arrivée et lui donnait des nouvelles du pays du Songhaï dont les habitants, disait-il, étaient dans une situation déplorable à cause de la bassesse de leur nature. 11 engageait donc vivement Maulay Ahmed à s’emparer de ce pays et à l’arracher des mains de ses maîtres.

 Aussitôt qu’il eut reçu cette lettre, Maulay Ahmed écrivit à son tour au prince Askia-Ishâq, lui annonçant qu’il comptait se rendre dans son pays, que, pour le moment, il était à Fez loin de sa capitale, mais que, si Dieu voulait, l’Askia pourrait, par le document joint à sa lettre, connaître ses intentions. Et, entre autres choses, Maulay Ahmed, dans ce document, demandait qu’on lui abandonnât l’exploitation de la mine de sel de Teghâzza, mine que, plus que tout autre, il avait droit de posséder puisque c’était grâce à lui que ce pays était défendu et protégé contre les incursions des infidèles chrétiens, etc. Ces dépêches expédiées par messager arrivèrent dans la ville de Kâgho pendant que le souverain était encore à Fez, au mois de safar de l’année 998 de la fuite du Prophète (que sur lui soient les meilleurs saints et bénédictions!) (10 décembre 1589-8 janvier 1590). J’ai vu moi-même l’original de ces documents. Maulay Ahmed retourna ensuite à Merrâkech. La neige fut si abondante au cours de ce voyage qu’il faiiht périr en route(N va) ; grand nombre de ses gens perdirent les mains ou les pieds par suite du froid et Ton arriva à la capitale dans le plus fâcheux état. Demandons à Dieu qu’il nous épargne ces épreuves.

al-Qubur al Saadiyyin, le tombeau des Saadiens
al-Qubur al Saadiyyin, le tombeau des Saadiens

 Non seulement le prince Askia-Ishâq ne consentit pas à abandonner la mine de ïeghâzza, mais encore il répondit en termes violents et injurieux et envoya en même temps que sa réponse des javelots et deux chaussures de fer. Aussitôt que ce message lui parvint, Maulay Ahmed décida d’envoyer une armée faire une expédition dans le Soudan, et l’année suivante, c’est-à-dire au mois de moharrem qui commença l’année 999 (novembre 1590), il mit en marche contre le Songhaïun important corps d’armée comprenant 3. 000 hommes d’armes, tant cavaliers que fantassins, accompagnés d’un nombre double de suivants de toute sorte, ouvriers de divers genres, médecins, etc.

 Le pacha Djouder fut mis à la tête de cette expédition; il avait avec lui une dizaine de généraux, le caïd Mostafa-Et-Torki,lecaïd Mostafa-ben-Asker, le caïd Ahmed-El-Harousi- El-Andelousi, le caïd Ahmed-ben-El-Haddâd-El-’Amri, chef de la gendarmerie, le caïd Ahmed>ben-’Atiya, le caïd ‘Ammâr-E]-Feta le renégat, le caïd Ahmed-ben-Yousef le renégat, et le caïd ‘Ali-beu-Mostafa le renégat, ce dernier, qui fut le premier chef marocain investi du commandement de la ville de Kâgho, périt en même temps que le pacha Mahmoud-ben-Zergoun, lorsque celui-ci fut tué à El-Hadjar. Enfin le caïd Bou-Chiba-El- Amri et le caïd Bou Gheïta-El-’Amri. Deux lieutenants-généraux commandaient les deux ailes de l’armée: Ba-Hasen-Friro,le renégat, l’aile droite et Qâsem-Waradououï-El-Andalousi, le renégat, l’aile gauche. Tels sont les généraux et lieutenants qui partirent avec Djouder.

 Le prince marocain annonça à ses généraux qu’il résultait des calculs divinatoires que le pays de Songhaï devait cesser d’être dominé par les Soudanais et que son armée devait s’emparer d’une certaine partie de ces contrées. L’armée se mit ensuite en marche vers le Songhaï.

Le commerce trans-saharien entre le nord (al-Ifriqiya et al-maghreb al-aqsa et direction de l'egypte et du Soudan Nubie ) et l'empire Songhaie, la monnaie utilisé étais le dinar saadien (Maroc)
L’empire Songhaie, le commerce trans-saharien entre le nord (al-Ifriqiya et al-maghreb al-aqsa et direction de l’Egypte et du Soudan Nubie ), et la monnaie utilisé en ce temps là dans l’actuel Mali étais le dinar Saadien (Maroc)

 Dès qu’il eut conuaissance de la nouvelle (NV^)du départ de cette armée, le prince Askia-Ishâq réunit ses généraux et les principaux personnages de son royaume afin de les con- sulter sur les mesures à prendre et leur demander leur avis ; mais chaque fois qu’un conseil judicieux fut donné on s’empressa de le rejeter. Dieu, dans sa prescience, avait décidé ainsi que ce royaume disparaîtrait et que cette dynastie s’effondrerait : nul ne peut repousser ce qu’il a décidé, ni faire obstacle à ses décisions.

 Il se trouva qu’à ce moment Hammou-ben-Abd-el-Haqq- Ed-Der’i était venu en voyage à Kâglio. Le prince Askia donna au cheikh Ahmed-Touïreq-Ez-Zobeïri l’ordre d’arrêter et de mettre en prison Hammou, bien que celui-ci fut l’agent du Songhaïà Teghàzza, sous prétexte qu’il n’était venu à Kâgho qu’afin de servir d’espion au souverain marocain Ahmed-Edz-Dzehebi. L’ordre fut exécuté et Hammou fut jeté en prison ainsi que Rafi’, Ahmed-Nini-Bir et El-Harrouchi,père de Ahmed-El-Amdjed.

 Les troupes marocaines atteignirent le Niger dans le voisinage du bourg de Karabara. Elles s’arrêtèrent en cet endroit où Djouder donna un grand repas pour célébrer leur heureuse arrivée au bord du Fleuve. Le fait que ces hommes étaient arrivés là sains et saufs faisait présager que l’entreprise réussirait et que le succès couronnerait les efforts de leur chef. Cet événement eut lieu le mercredi, 4 du mois de djomada II de l’année 999 de l’hégire (30 mars 1591) ainsi qu’il a été dit précédemment.

 L’armée ne passa pas par la ville de Araouân, mais elle passa à l’est de cette localité. Sur sa route elle rencontra les chameaux de Abdallah-ben-Chaïn-El-Mahmoudi; Djouder prit de ces chameaux la quantité qui lui était nécessaire, puis Abdallah partit aussitôt pour le Maroc et se rendit à Merrakech auprès de Maulay Ahmed à qui il se plaignit de l’iniquité dont il avait été ainsi la victime. Ce fut lui qui annonça le premier l’arrivée de l’armée marocaine au bord du Niger. La première personne dont le prince lui demanda des nouvelles fut Ba-Hasen. «Ba-Hasen, répondit-il, est peut-être bien portant. » Ensuite le prince s’informa du caïd Ahmed-ben-El-Haddâd et du pacha Djouder. Puis il écrivit à ce dernier de payer la valeur des chameaux qu’il avait pris.

 Les Marocains reprirent ensuite leur marche; ils se dirigèrent (m») vers la ville de Kâgho et rencontrèrent sur leur route le prince Askia-Ishâqà un endroit appelé fenkon dibo’o, près de Tonbodi. Le prince songhaï était à la tête de 12.500 cavaliers et 30.000 fantassins. La réunion de ces troupes ne s’était pas faite plus tôt parce que les gens du Songhaï ne pouvait croire à la nouvelle de l’expédition et qu’ils avaient attendu son arrivée sur les bords du Fleuve.

 La bataille s’engagea le mardi, 17 du mois indiqué précédemment (12 avril). En un chn d’oeil les troupes de l’Askia furent mises en déroute. Parmi les personnes notables qui périrent dans cette bataille on cite parmi les cavaliers : le Fondoko Boubo-Meryama, l’ancien chef duMàsina révoqué; le Cha’-Farma Ali-Djâouenda ; le Binka-Farma ‘Otsmân-Dorfan-ben-Bokar-Kirin-Kirin, le fds du prince Askia-El-Hâdj-Mohamraed ; il était alors très âgé et Askia-lshâq l’avait nommé Binka-Farma lorsque le Binka-Farma Mohammed-Heika était mort, ainsi que nous l’avons dit, dans l’expédition de Nemnatako.

 Il périt également ce jour-là un grand nombre de personnages parmi les fantassins. Quand l’armée fut défaite ils jetèrent leurs boucliers sur le sol et s’accroupirent sur ces sortes de sièges, attendant l’arrivée des troupes de Djouber qui les massacrèrent dans cette attitude sans qu’ils fissent résistance et cela parce qu’ils ne devaient point fuir en cas

de déroute. Les soldats marocains leur enlevèrent les bracelets d’or qu’ils avaient au bras.

Askia-Ishâq tourna bride et s’enfuit avec le reste de ses troupes; puis il manda aux gens de Kâgho de quitter la ville et de fuir de l’autre côté du Niger dans la direction du Gourma; il envoya également la même recommandation aux habitants de Tombouctou et, poursuivant sa route sans passer par Kâgho, il arriva en cet équipage à Koraï-Gourma.

 Arrivé là, il y campa avec le reste de ses troupes, au milieu des pleurs et des lamentations. Ce fut au milieu de cris et de vociférations que l’on commença à grand’peine à traverser le Fleuve dans des barques. Dans la bousculade qui se produisit beaucoup de gens tombèrent dans le Fleuve et y périrent (> t n); on perdit en outre une quantité de richesses telle que Dieu seul en connaît la valeur.

 Quant aux gens de Tombouctou, il leur fut impossible de quitter la ville et de traverser le Niger à cause des obstacles qu’ils rencontrèrent et des difficultés de la situation. Seuls, le Tombouctou-Mondzo Yahya-ould-Bordam et les serviteurs de l’Askia qui se trouvaient là quittèrent la ville et allèrent camper à Elkif-Kindi, localité voisine de ïouya.

 Le pacha Djouder poursuivit sa route avec son armée jusqu’à Kâgho. 11 ne restait plus personne dans cette ville sinon le khatib Mahmoud-Darâmi, vieillard âgé à cette épo- que, et les étudiants et négociants qui n’avaient pu sortir et prendre la fuite. Le khatib Mahmoud vint au-devant des Marocains; il leur souhaita la bienvenue, leur témoigna de la déférence et leur offrit une magnifique et large hospitalité. Il eut avec le pacha Djouder des conférences et de longs entreliens au cours desquels on lui témoigna les plus grands égards et la plus haute considération.

 Djouder manifesta le désir de pénétrer dans le palais du prince Askia-Ishâq; il fit en conséquence venir des témoins et, quand ils furent là, il entra avec eux dans le palais; mais, après avoir tout visité et examiné de façon à s’en bien rendre compte, il lui parut que tout cela était bien misérable.

 Le prince Askia-Ishâq envoya demander au pacha de traiter avec lui. Il s’engageait à faire remettre par Djouder au souverain marocain Maulay Ahmed 100.000 pièces d’or et 1.000 esclaves. En retour le pacha devait lui abandonner le pays et ramener son armée à Merrâkech. Djouder fit répondre qu’il n’était qu’un esclave docile et qu’il ne pouvait agir que sur l’ordre du souverain, son maître. Puis, d’accord avec les négociants de son pays, il écrivit en son nom et en celui du caïd Ahmed-ben-El-Haddâd pour transmettre ces propositions, après avoir eu soin de dire que la maison du chef des âniers au Maroc valait mieux que le palais de l’Askia qu’il avait visité. Cette lettre fut portée à destination par Ali-El-’Adjemi qui était bachoud à cette époque.

 Djouder ramena ses troupes à Tombouctou où il attendit la réponse du sultan du Maroc. 11 n’était resté, si je ne me trompe, que dix-sept jours à Kâgho. On arriva à Mosa-Benkole(> ir) mercredi, dernier jour du mois de djomada II (24 avril 1591); on en repartit le jeudi, l^’ du mois de redjeb l’unique (25 avril), puis on alla camper sous les murs de Tombouctou du côté du sud et l’on resta en cet endroit trente-cinq jours.

 Le cadi de Tombouctou, le jurisconsulte Abou-Hafs-’Omar, fils du saint de Dieu, le jurisconsulte, le cadi Mahmoud, envoya le muezzin, Yahma, saluer le pacha, mais il ne lui offrit pas la moindre hospitalité contrairement à ce qu’avait fait le khatib Mahmoud-Daràmi lorsque les Marocains étaient arrivés à Kâgho. Djouder fut vivement irrité de cette réception; néanmoins il^ envoya toutes sortes de fruits, dattes, amandes, ainsi que beaucoup de cannes à sucre; puis il fit endosser au cadi un manteau de drap rouge écarlate”. Les gens sensés n’augurèrent rien de bien de tout cela, et l’événement confirma leurs prévisions.

 Les Marocains entrèrent dans la ville de Tombouctou le jeudi, 6 du mois de cha’ban, le brillant (30 mai 1591) ; ils parcoururent la ville dans tous les sens et reconnurent que le quartier le plus florissant était celui des Ghadamésiens. Ils le choisirent donc pour y installer la casbah dont ils commencèrent la construction, après avoir expulsé de leurs maisons un certain nombre de personnes du quartier.

 Djouder fit alors sortir de prison Hammou-ben-Abd-el-Haqq-Ed-Der’i et lui confia les fonctions à’amin au nom du sultan Maulay Ahmed. Quant à Râfi’et à Ahmed-Nini-Bîr, ils étaient morts tous deux avant son arrivée à Kâgho. Le pacha avait donné quarante jours de délai, tant pour aller à Merràkcch que pour en revenir, au bâchoud Ali-El-’Adjemi.

 Quand l’armée marocaine était arrivée au Soudan elle avait trouvé ce pays un des plus favorisés de Dieu par la richesse et la fertilité. La paix et la sécurité régnaient partout dans toutes les provinces grâce au souverain le très fortuné, le béni, le prince des Croyants, Askia-El-Hàdj-Mohammed-ben-Abou-Bekr, dont la justice, la fermeté s’étendaient partout, en sorte que ses ordres accomplis sans peine dans son palais s’exécutaient avec autant de facihté sur tous les points les plus éloignés de l’empire, des frontières du pays de Dendi à celles du pays de El-Hamdiya,des confins du pays de Bindoko à Teghâzza et au Touât ainsi que dans toutes leurs dépendances.

Tout changea à ce moment (\i^) : le danger fit place à la sécurité; la misère à l’opulence; le trouble, les calamités et la violence succédèrent à la tranquillité. Partout les gens

s’ entre-dé vorèrent ; en tous lieux et en tous sens les rapines s’exercèrent et la guerre n’épargna ni la vie, ni les biens,ni la situation des habitants. Le désordre fut général, il se

répandit partout, s’élevant au plus haut degré d’intensité. Le premier qui donna le signal de ces violences fut Sanba-Lamdou, le chef de Donko; il ruina le pays de Ras-el-mà; il

s’empara de tous les biens, fit périr un certain nombre d’habitants et réduisit en esclavage quantité d’hommes libres.

Son exemple fut suivi parles Zaghrâniens qui dévastèrent le pays de Bara et celui de Dirma. Quant au territoire de Dienné il fut saccagé de la façon la plus horrible par les Bambara idolâtres qui, à Test comme à l’ouest, au nord comme au

sud, détruisirent tous les village, pillèrent tous les biens et firent des femmes hbres leurs concubines avec lesquelles ils eurent des enfants qui furent élevés dans la religion des

mages* (Dieu nous préserve dételles calamités!)..

Scène de bataille au Maroc, peinture sur huile .
Scène de bataille au Maroc, peinture sur huile .

 

Toutes ces atrocités furent exécutées sous la direction du Ghâ’a-Koï, de Qàsem, fils du Binka-Farma Alou-Zolaïl-ben-Omar- Komzàgho,le cousin paternel du Bâghena-Fâri et de Bohom, fils du Foudoko Boubo-Maryama, du Mâsina. Parmi les chefs païens qui conduisaient ces hordes de bri- gands on cite : Mansa-Sàma dans le pays du Fadoko^ ; Qâïa- Bâbo, dans le pays de Koukiri, du côté de Kala.

Du côté du Chili et du Bindoko, on trouvait : Salti-Sanba-Kisi, le Peul, à la tête de la tribu des Ourourbi ; Salti-Yorobara, père de Hamda-Soulo, le Peul, à la tête de la tribu des Djaloubi établis du côté de Foromàn; Mansa-Magha-Ouli , père de Kin’i-Koï, un des douze sultans du Bindoko, nombre égal à i. Ce mot est pris ici dans le sens de fétichistes ou païens. 2. Ou « Fadiio ». celui qu’ils étaient dans le pays de Kala,et Bonkouna-Kendi, etc.

Ces troubles se renouvelaient sans cesse et allaient toujours en grandissant, tandis que, depuis le jour où le prince Askia-El-Hâdj-Moharamed était monté sur le trône du Son- ghaï f\ti), aucun des chefs d’aucune région n’avait osé s’attaquer aux souverains du pays, tant Dieu leur avait départi de force, de vigueur, d’audace, de courage et de ma- jesté. Bien, au contraire, c’était le prince qui allait attaquer ces chefs dans leur pays et le plus souvent Dieu lui accordait la victoire, ainsi qu’on l’a vu dans les récits de l’histoire du Songhaï.

Les choses durèrent ainsi jusque vers le moment où la dynastie songhaïe tira à sa fin et où son empire cessa d’exister. A ce moment la foi se tranforma en infidélité ; il n’y eut pas une seule des choses défendues par Dieu qui ne fut pra- tiquée ouvertement. On but du vin ; on se livra à la sodo- mie et quant à l’adultère il était devenu si fréquent que sa pratique semblait devenue hcite. Sans lui pas d’élégance, pas de gloire : c’était à tel point que les enfants des sultans commettaient l’adultère avec leurs sœurs. On raconte que le fait se produisit la première fois à la fin du règne du sultan, le juste, le prince des Croyants, Askia- El-Hâdj-Mohammed, et que ce fut son fils Yousef-Koï qui imngina ce genre de débauche.

Quand le pèreappritla chose il entra dans une violente colère et maudit son fils en deman- dant à Dieu qu’il le privât de sou membre viril avant d’en- trer dans l’autre monde. Dieu cxauçacevœu et une maladie fit perdre au jeune prince l’organe de sa virilité. (LeCielnous préserve d’un pareil sort!) La malédiction s’étendit au fils de Yousef, Arbinda, père du Bana-Koï* Ya’qoub, car à la suite i. Ms. C. donne « Toni-Koi ». de la même maladie il perdit également son membre viril vers la fin de sa vie. C’est à cause de ces abominations que Dieu se vengea en attirant sur le Songhaï l’armée marocaine victorieuse; il la fit venir d’une contrée très lointaine, au milieu de terribles souffrances. Alors les racines de ce peuple furent séparées du tronc et le châtiment qu’il subit fut un de ceux qui sont exemplaires.

Revenons maintenant au récit des propositions de paix dont nous avons parlé. Le bâchoud ‘Ali-El-’Adjemi, envoyé par Djouder, arriva auprès du sultan Maulay Ahmed et lui fit connaître le premier la nouvelle de la conquête du Sou- dan. Quand le sultan eut lu la lettre qui lui était adressée il entra dans une violente colère ; il révoqua sur-le-champ Djouder de ses fonctions et le remplaça par le pacha Mahmoud- ben-Zergoun qui partit à la tête de 80 soldats, emmenant avec lui, comme secrétaire, Mâmi-ben-Berroun et, comme chaouch, Ali-ben-’Obéïd. Le nouveau pacha reçut l’ordre de chasser Askia-Ishâq du Soudan, de faire mettre à mort le caïd Ahmed-ben-Kl-Had- dad-El-’Amri parce qu’il avait été d’accord avec Djouder pour parler de paix. La lettre annonçant aux troupes la décision concernant le caïd fut remise au pacha. Mais les chérifas’ et les principaux [\ i o) chefs de l’entourage du prince, ayant sol- licité la grâce de Ahmed-ben-El-Haddâd, réussirent à l’ob- tenir et demandèrent qu’une nouvelle lettre fût envoyée à ce sujet. Cette seconde lettre contenant le pardon fut écrite et elle parvint au caïd Ahmed-ben-El-Haddâd avant la pre- mière.

En la recevant, il donna un dhier auquel il conviâtes lieutenants-généraux et les bâchoud et les informa de ce qui s’était passé. Puis il donna 100 mitsqâls à chacun des lieu- tenants-généraux et fit des libéralités à chacun des bâchoud. 1. Les femmes de la cour, filles ou femmes du souverain. Ceux-ci lui annoncèrent alors qu’il ne lui arriverait aucun désagrément du moment que la lettre de grâce avait devancé l’autre. Le soir, en effet, quand l’ordre de mettre à mort le caïd arriva, ils s’interposèrent entre lui et le pacha Mahmoud- ben-Zergoun et délivrèrent leur ami en invoquant l’ordre naturel des choses. Le vendredi, 26 du mois de chaoual de l’année 999 (17 août 1591), Mahmoud arriva à Tomboucton accompagné du caïd Abd-El-’Ali et du caïd Hammou-Barka. Il révoqua aus- sitôt Djouder et prit le commandement de l’armée.

Shaykh Marocain, Eugène Delacroix.
Shaykh Marocain, Eugène Delacroix.

Dans le feu des reproches et dans l’emportement de sa colère il avait été jusqu’à demandera Djouder ce qui l’avait empêché de poursuivre l’Askia. Et comme l’ancien pacha donnait pour excuse qu’il n’avait pas de barques, Mahmoud se mit à en faire construire. Puis ne trouvant aucun moyen d’arriver à justi- fier la mort du caïd Ahmed-ben-El-Haddâd, il le révoqua de ses fonctions pour les donner au caïd Ahmed-ben- Atiya. Il agit ainsi parce que, d’une part, Ben-Atiya et Ben-EI-Haddâd étaient ennemis l’un de l’autre et que, d’autre part, ce dernier était l’ami du pacha Djouder. C’était donc surtout la haine qu’il avait contre Djouder qui avait guidé le pacha Mahmoud- ben-Zergoun dans cette circonstance.

Mahmoud décida ensuite de marcher contre Askia-Ishâq. Il s’occupa tout d’abord de se procurer des barques, car le directeur du port, Mondzo-El-Fa’-ould-Zerka, les avait toutes emmenées lors de sa fuite du côté de Binka, lorsque Askia- Ishâq avait mandé aux habitants de Tombouctou d’évacuer cette ville. On coupa donc les grands arbres qui se trouvaient dans l’enceinte de la cité, on les transforma en planches, puis on arracha tous les grands vantaux (ma) des portes des maisons et en assemblant le tout on construisit deux barques. La première de ces barques fut lancée dans le Fleuve le ven- dredi, 3 du mois sacré de dzou ‘l-qaada de cette année (23 août 1591); la seconde fut lancée un vendredi également, le 17 du même mois (6 septembre).

Le lundi, 20 de ce mois (9 septembre), Mahmoud à la tête de toutes ces troupes sortit de la ville; il avait avec lui Djouder le pacha révoqué et tous les caïds, sauf le caïd El-Mos- tafa-Et-Torki qu’il délégua à la garde de Tombouctou avec l’amin Ilammou-Haqq ‘-Ed-Der’i. On campa hors des murs de la ville du côté de l’est et on resta là jusqu’à la fin du mois ; puis on se remit en route le samedi, 2 du mois sacré de dzou’l-hiddja, le dernier mois de l’année 999 (21 septem- bre 1591). Mahmoud campa d’abord à Mosa-Banko ; de là il alla camper ensuite à Sihinka où il séjourna pour y faire la prière de la fête des sacrifices “^ Il fit alors demander au cadi Abou-Hafs-’Omar de lui envoyer quelqu’un pour présider à cette prière et le cadi lui envoya Timam Sa ïd, fils de l’imam Mohammed-Kidâdo. Celui-ci dirigea la prière de la fête et Mahmoud lui assigna ensuite le poste d’imam dans la mos- quée de la casbah, poste que Sa’ïd conserva jusqu’à l’époque où il mourut. Après la fête, Mahmoud reprit sa marche pour aller com- battre Askia-Ishâq. Celui-ci, qui était alors au Bornou, ayant appris la venue de l’ennemi, se porta à sa rencontre. Les deux adversaires se rencontrèrent à Banba, le lundi, 25 du mois précité (14 octobre 1591), et la bataille s’engagea près de la colline de Zenzen.

Défait de nouveau par le pacha Mahmoud, Askia-Ishâq s’enfuit en complète déroute. Parmi les personnes de son armée qui succombèrent ce jour-là se trouvait le Fàri-Mondzo Yenba-ould-Saï-Oulo, dont la mère était une princesse. Askia-Ishâq lui donna pour successeur San-ould-Askia-Daoud. 1. On a vu ci-dessus qu’il laul lire Hammou-ben-Abd-el-Haqq. 2. Fête qui a lieu le 10 du mois de dzou ’1-hiddja. Après cette nomination, qui fut la dernière de son règne, Askia-Ishâq se dirigea vers le pays de Dendi et campa à Karaï-Gonrma. Au cours de la défaite qu’on venait de subir, le Balama’ Mohammed-Kâgho, fils de Askia-Daoud, fut at- teint d’une balle et devint gravement malade. Askia-Ishâq lui enjoignit alors de se tenir dans un poste avancé ‘ qu’il lui désigna, tandis qu’il assignait au Baraï-Koï Malki(Mv) un autre poste de même nature. Le Baraï Koï Malki reçut en outre l’ordre de diriger une expédition contre les Peuls établis à Onso’o, ce qui fut fait. Dans le poste où il était, le Baraï-Koï Malki avait avec lui un certain nombre de frères de l’Askia-Ishâq que celui-ci avait révoqués de leurs fonctions au cours de l’expédition de Tonfîna à cause de la lâcheté dont ils avaient fait preuve à ce moment. Craignant que ses frères ne s’enfuissent et allas- sent rejoindre l’ennemi, Askia-Ishâq écrivit au Baraï-Koï de les incarcérer, mais ceux-ci ayant cuvent delà chose prirent la fuite dans la direction deKâgho.

Parmi eux figuraient entre autres : Ali-Tondi, Mahmoud-Forâro-Idji, Borhom, Selimâo, tous fils du prince Askia-Daoud. Le pacha Mahmoud-ben- Zergoun, avec son armée, les poursuivit jusqu’à Koukiya; puis arrivé en cet endroit il y campa. Au moment où il battait en retraite, à la suite de sa se- conde défaite, Askia-Ishâq avait envoyé à Tombouctou un de ses agents.

Celui-ci arriva dans cette ville le vendredi soir, l”du mois de moharrem, le mois initial de l’an 1000 de l’hégire du Prophète (que la meilleure des bénédictions et le plus parfait des saints soient sur l’auteur de cette hégire!) (19 octobre 159i), (;l raconta ce qui s’était passé entre son maître et le pacha Mahmoud. Comme il arrivait à Tombouc- tou le fait suivant venait de s’y passer. 1. Ix) mot employé ici dt’signc d’ordinaire les poslcs établis sur les frontières pour surveiller l’ennemi et empêcher toute agression. Le Tombouctovi-Monclzo, Yahia-ould-Bordam, accompa- gné de ses partisans et des Zaghrâniens habitant Yoroua, était venu attaquer le caïd El-Mostafa-Et-Torki. Il arriva sous les murs de la ville le jeudi, 21 du mois sacré de dzou’l- hiddja qui termina l’année 999^ (10 octobre 1591); il avait juré, paraît-il, d’entrer dans la casbah par la porte de Kabara et d’en sortir par la porte du Marché, (^e Yahia, qui était le plus stupide et le plus ignorant des hommes, à peine arrivé sous les murs de la casbah, fut atteint d’une balle et succomba le jour même dans la soirée. Sa tête fut aussitôt coupée, mise au bout d’une perche et promenée par toute la ville.

La Grande Mosquée Djingareyber de Tombouctou, au Mali, a été construite à partir de 1325 sous l'empereur Mansa Moussa par un architecte andalou, Abou Ishaq es-Sahéli, à qui l'empereur offrit 40 000 mitqals (200 kg) d'or pour la construction
La Grande Mosquée Djingareyber de Tombouctou, au Mali, a été construite à partir de 1325 sous l’empereur Mansa Moussa par un architecte andalou, Abou Ishaq es-Sahéli, à qui l’empereur offrit 40 000 mitqals (200 kg) d’or pour la construction

Un héraut suivait, criant à haute voix : « Gens de Tombouctoii, cette tête est celle d’un mondzo de votre ville. Quiconque d’entre vous ne se tiendra pas tranquille subira un sort pareil à celui de ce mondzo. » Puis les soldats ma- rocains, le visage pourpre de colère, se mirent à dégainer (> ia) et àfrapper à toute heure les gens qu’ils rencontraient, ce qui alhima le feu de la révolte.

Revenons maintenant à la fin du récit des faits qui se pas- sèrent entre le pacha Mahmoud-ben-Zergoun et les gens de Songhaï dans ces régions. Mahmoud était campé àKoukiya ; il avait avec lui 174 tentes, chaque tente contenant 20 fusiliers, ce qui donnait un effectif total d’environ 4000 fusiliers\ C’était là une armée considérable telle que personne ne pouvait lui résister ou la mettre en fuite, àanoins d’être secouru ou aidé par le Très-Haut. Askia-lshâq envoya alors 1.200 cavaliers choisis parmi les plus braves de son armée et parmi ceux qui n’avaient jamais tourné le dos devant l’ennemi.

A cette époque l’organisation de l’armée marocaine avait été copiée sur celle des Turcs, En campagne les soldais étaient groupés par escouades de 20 hommes qui occupaient une même lente. Il est à peine besoin de faire re- marquer que reiïeclir élait de 3.480 hommes et non de 4.000 hommes. Hi-Koï Laha-Sorkiyâ, homme du plus grand courage et de plus haute vaillance, et lui enjoignit d’attaquer l’ennemi s’il trouvait une occasion de le surprendre à l’improviste. Peu de temps après avoir quitté l’Askia, cette troupe fut rejointe par le Balama’ Mohammed-Kâgho qui avait avec lui une centaine de cavaliers.

Comme le Hi-Koï demandait au Balama’ pourquoi il venait le rejoindre, celui-ci répondit: « C’est l’Askia qui m’a donné l’ordre de te suivre. — C’est un mensonge et une défaite, répondit le Hi-Koï. Il n’est pas un, grand ou petit, qui ne sache qu’un Balama’ ne saurait surveiller un Hi-Koï. Certes il n’est pas permis qu’il en soit ainsi ; mais tout ceci, ô fils de Daoud, n’est dû qu’à vos déplorables habitudes et à vos vils caractères qui vous font ambitionner le pouvoir. » Là-dessus le Hi-Koï Laha s’éloigna avec les personnages de sa suite.

Dauda-Kouro, fils du Balama’ Mohammed-Della-Ko- bronki, sortit alors des rangs du groupe et se dirigea du côté du Hi-Koï. « Dauda, lui dit le Hi-Koï, tu veux donc me tuer, comme ton pèrea tuéMousa, le Hi-Koï de Askia-Daoud ! Tu ne le pourras certes pas, car je suis plus brave que le Hi-Koï Mousa et ton père valait beaucoup mieux que toi. Par Dieu! si tu t’approches de moi, je t’éventre et ferai traîner tes entrailles sur le sol. » Dauda retourna aussitôt dans le groupe d’où il était sorti. Tout le monde fut plus que jamais convaincu du courage et de la vaillance du Hi-Koï Laha et reconnut qu’il avait eu raison de déclarer qu’il était supérieur en bravoure au Hi-Koï Mousa ( > M ). C’était en effet le plus brave des hommes de son époque. Puis Laha retourna vers Askia-ïshâq et lui raconta ce qui s’était passé. Pcw de temps après cela le groupe dont il a été parlé ci-dessus prêta serment de fidélité à Moham- med-Kâgho et le proclama Askia.

A cotte nouvelle Askia-Ishâq se prépara à partir pour le canton de Kobbi ; dès qu’il voulut se mettre en route les chefs des troupes qui avaient été sous ses ordres mirent la main sur tous les insifçnes et les emblèmes de la royauté, puis ils accompagnèrent le prince jusqu’à un endroit appelé Tara: là ils se séparèrent. Le prince leur demanda pardon et eux de leur côté implorèrent sa clémence, puis il se mit à pleurer et tous fondirent en larmes. Ce fut la dernière entrevue qu’il eut avec eux. Le Créateur, — et nul ne peut résister à ses ordres, ni s’opposera ses décisions, — voulut que Askia-Ishâqse rendît à Tonfina chez les païens du Gourma, qu’il avait combattus l’année précédente. Personne des gens du Songhaï ne l’ac- compagna dans sa retraite, sauf le Yaï-Farma Bana-Idji et quelques-unes des. personnes de son entourage. Ishâq ne demeura pas longtemps parmi les païens du Gourma , car ceux-ci le mirent bientôt à mort lui, son fils et toute sa suite, en sorte que tous moururent martyrs (Dieu leur fasse misé- ricorde et leur pardonne!). Parmi les traits du caractère de Askia-lshâq il faut citer sa générosité; il répandait en dons des sommes considérables. Il avait demandé aux docteurs et aux faqirs de prier le Ciel pour que Dieu ne le fit pas mourir tandis qu’il serait au pouvoir. Ce désir, Dieu le réalisa en sa faveur. Il mourut, si je ne me trompe, dans le mois de djomada II de l’an 1000 (15 mars- 18 avril 1592). « 

La grande mosquée de Tombouctou
La grande mosquée de Tombouctou

Par Abderrahman ben Abdallah ben Imran ben Amir Es Sa’di (ou Sâ’îdi) est né le 28 mai 1596 à Tombouctou et mort sans doute aux environs de 1656 (dernière année référencée dans ses écrits). Il travailla comme notaire à Djenné en même temps qu’il était suppléant de l’imam de la mosquée de Sankoré. À partir de 1627, il devint l’imam titulaire de ladite mosquée.

Vers 1637, Es Sa’di regagne Tombouctou, sa ville natale, où il sera nommé imam. Plus tard il occupe la charge de Kâteb, c’est-à-dire secrétaire de gouvernement. Ce qui l’amène à jouer un rôle significatif dans les affaires politiques de son pays sous protectorat marocain. Il accumula des missions de médiation politique de grande importance entre les différents pouvoirs locaux songhay et l’administration coloniale marocaine ; parcourant le vaste pays de la boucle du Djoliba, dont il acquiert ainsi une profonde connaissance des gens, mœurs, institutions et pratiques culturelles.

C’est imprégné de cette expérience du monde soudanien de l’époque, dans un contexte de domination étrangère, que Abderrahmane Es Sa’di entreprend vers 1655 de rédiger son Tarikh es-Soudan ; une histoire du Soudan visant à retracer le passé de la fédération du Songhay, depuis ses origines mythiques jusqu’à l’occupation marocaine. Son analyse détaillée des circonstances de cette occupation, et des conséquences qui en découlèrent reste un témoignage des plus précieux d’un africain du xviie siècle sur l’Afrique subsahariennede cette époque.

Abderrahman Es Sa’di eut pour maître le jurisconsulte Mohammed ben Mahmoud ben Abou Bakr, connu également sous le patronyme de Mohammed Baghayogo (ou Bakayoko). Ce savant originaire de Ouankoré serait venu s’établir à Tombouctou avec son frère, Ahmed, de retour d’un pèlerinage à La Mecque. Es Sa’di étudia une dizaine d’années auprès de Baghayogo, aussi bien la théologie islamique, la grammaire arabe, que la tradition ou la poésie :

« Pour tout dire il fut mon professeur, mon maître et personne ne m’a été aussi utile que lui, soit par lui-même, soit par ses livres (Dieu lui fasse miséricode et lui accorde le paradis en récompense!). Il m’a délivré des diplômes de licence écrits de sa main sur les matières qu’il enseignait suivant sa méthode ou suivant celle d’autrui. Je lui ai communiqué un certain nombre de mes ouvrages ; il y a mis de sa main des annotations flatteuses pour moi ; il a même reproduit les résultats de certaines de mes recherches et je l’ai entendu en citer quelques-unes dans ses leçons, ce qui prouve son impartialité, sa modestie et son respect pour la vérité en toute circonstance. »

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