Description de la mer de Rum (Méditéranée) Par le géographe abbasside al-Mas’ûdî (9eme siècle) de son kitab « Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar ou Prairies d’Or et Mines de Pierres Précieuses » :

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Carte de la Méditerranée: livre 2, Chapitre 10: "Sur la mer de l'Ouest, c'est la mer de Syrie, ses ports, îles et mouillages" (MS. Arab. c. 90, fols. 30b-31a).  Bodleian Library. 
Carte de la Méditerranée: livre 2, Chapitre 10: « Sur la mer de l’Ouest, c’est la mer de Syrie, ses ports, îles et mouillages » Le Livre des curiosités des sciences et des merveilles pour les yeux , en arabe Kitāb Gharā’ib al-funūn wa-mula’ al-‘uyūn,  ouvrage anonyme de cosmographie illustrée, compilé en Egypte durant la première moitié du 11e.(MS. Arab. c. 90, fols. 30b-31a).  Bodleian Library.

OPINIONS DIVERSES SUR SA LONGUEUR, SA LARGEUR, LES LIEUX OU ELLE COMMENCE ET OU ELLE FINIT CHAPITRE XII

Description de la mer de Rum (Méditéranée) 

Par le géographe abbasside al-Mas’ûdî (9eme siècle) de son kitab « Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar ou Prairies d’Or et Mines de Pierres Précieuses »  : 

 » La mer de Roum (Méditerranée) baigne Tarsous, Adanah, Massissah, Antioche, Latakieh, Tripoli, Saida, Sour (Tyr) et d’autres villes de la côte de Syrie, l’Egypte, Alexandrie et la côte du Maghreb. Plusieurs auteurs des Tables, dans leurs ouvrages astronomiques, comme Mohammed fils de Djabir el-Boutani et d’autres, disent que la longueur de cette mer est de cinq mille milles, et que sa largeur varie de huit cents à sept cents et même à six cents milles et moins, selon que la mer est resserrée par le continent ou le continent resserré par la mer. Cette mer commence par un bras qui se détache de l’Océan, et dont la partie la plus étroite est située entre la côte de Tanger et de Ceuta, dans le Maghreb, et la côte d’Espagne. Cet endroit, connu sous le nom de Syta, n’a qu’une largeur d’environ dix milles, qu’il faut traverser pour aller du Maghreb en Espagne et d’Espagne au Maghreb. On le nomme ez-Zokak « le détroit ». Dans la suite de cet ouvrage (quand nous traiterons de l’Egypte) nous parlerons du pont qui reliait les deux côtes d’Europe et d’Afrique, et nous dirons comment il fut submergé. Nous ferons aussi mention du passage qui existe entre l’île de Chypre et le territoire d’el-Arich, et qui était fréquenté par les caravanes.

Au point de jonction de la mer de Roum et de l’Océan se trouvent les phares de cuivre et de pierre bâtis par Hercule le héros ; ils sont couverts de caractères et surmontés de statues qui semblent dire du geste : « Il n’y a ni roule ni voie derrière nous, pour ceux qui, de la mer de Roum, voudraient entrer dans l’Océan. » En effet, aucun navire ne le parcourt ; on n’y trouve pas de terre cultivée et habitée par des êtres raisonnables ; on n’en connaît ni l’étendue ni la fin ; on ignore le but où elle conduit, et on la nomme mer des Ténèbres, mer Verte ou mer Environnante. On a soutenu que ces phares ne s’élevaient pas sur ce détroit, mais sur des îles de la mer Environnante situées près de la côte. C’est une opinion assez généralement répandue, que cette mer est la source de toutes les autres mers. On en raconte des choses merveilleuses, que nous avons rapportées dans notre ouvrage intitulé, lesAnnales historiques, en parlant de ce qu’ont vu les hommes qui y ont pénétré au risque de leur vie, et dont les uns sont revenus sains et saufs, tandis que les autres ont péri. Ainsi un habitant de l’Espagne nommé Khachkhach, et natif de Cordoue, réunit une troupe déjeunes gens, ses compatriotes, et voyagea avec eux sur l’Océan dans des embarcations qu’il avait équipées. Après une absence assez longue, ils revinrent tous chargés de butin. Au surplus cette histoire est connue de tous les Espagnols.

Entre l’endroit où ce phare est établi et le point où commencent les deux mers, la distance est longue, tant qu’on reste dans ce détroit et qu’on est sous l’influence de son courant, parce que l’eau qui passe de l’Océan à la mer de Roum a un courant sensible et un mouvement considérable.

De la mer de Roum, de Syrie et d’Egypte se détache un canal d’environ cinq cents milles, qui va rejoindre la ville de Rome, et s’appelle dans la langue du pays Adras (Adriatique).

Dans la mer de Roum il y a beaucoup d’îles, comme celle de Chypre, entre la côte de Syrie et celle de Roum, Rhodes en face d’Alexandrie, l’île de Crète et la Sicile. Nous parlerons de cette dernière lorsque nous traiterons de la montagne el-Borkan (l’Etna), qui lance des feux accompagnés de corps et de matières considérables.

Iakoub, fils d’Ishak el-Rendi, el Ahmed, fils de Taib es-Sarakhsi, ne s’accordent pas avec ce que nous avons dit quand ils décrivent la longueur et la largeur de cette mer. Au surplus, nous en parlerons ci-dessous dans cet ouvrage, et nous en donnerons une description d’après l’ordre et la disposition de ce livre.  » fin.

 

Par al-Mas’ûdî  علی بن حسین مسعودی Abū al-Ḥasan ‘Alī ibn al-Ḥusayn ibn ‘Alī al-Mas’ūdī), né à Bagdad à la fin du ixe siècle, mort à Fostat en septembre 956, est un encyclopédiste et polygraphe arabe,de l’ère Abbasside. Ses Murūj adh-dhahab wa-ma’ādin al-jawhar ou Prairies d’Or et Mines de Pierres Précieuses resteront jusqu’au milieu du xve siècle le manuel de référence des géographes et des historiens de langue arabe

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