Gouvernement d’ifrikiya de Hassan ibn Numan al-Ghassani 692-703 , prise et destruction de Carthage et mort d’al-Kahina par l’armée Omeyyade par l’historien al-Nowayri (1280 – 1331)

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Gouvernement d’ifrikiya de Hassan ibn Numan al-Ghassani 692-703 , prise et destruction de Carthage et mort d’al-Kahina par l’armée Omeyyade par l’historien al-Nowayri (1280 – 1331) : 

La mosquée Zitouna  est la principale mosquée de la médina de Tunis et est une mosquée Omeyyade fondé par le général arabe Rattachée au malékisme2, elle est le sanctuaire le plus ancien et le plus vaste de la capitale de la Tunisie. Érigée sur une superficie de quelque 5 000 m2, la mosquée est dotée de neuf entrées2 et possède 184 colonnes antiques provenant essentiellement du site de Carthage. La mosquée a longtemps constitué un poste défensif tourné vers la mer, deux tours de contrôle subsistant dans les angles nord-est et sud-est du bâtiment
La mosquée Zitouna de Tunis  est une mosquée Omeyyade
fondé par le général arabe Hassan ibn Numan al-Ghassani en 704
et elle possède 184 colonnes antiques provenant essentiellement du site de Carthage. 

 

GOUVERNEMENT DE HASSAN IBN EN-NUMÂN AL-GHASSANI

L’historien dit : Abd el-Melik avait déjà donné ordre à Hassan ibn-Noman de rester en Egypte avec une armée de quarante mille hommes, afin d’être prêt à tout événement ; et maintenant il lui écrivit de se mettre en marche pour la province d’Afrique : Je te laisse les mains libres ; disait-il dans sa lettre, prends des trésors de l’Égypte ce que tu voudras, et donnes-en à tes compagnons et à ceux qui se joindront à toi.

Ensuite pars, faire la guerre sacrée dans la province d’Afrique, et que la bénédiction de Dieu soit sur toi !

Ibn el-Athir dit, dans son ouvrage historique intitulé le Kamil, qu’Abd el-Melik nomma Hassan gouverneur, en l’an 71 (693-4 de J. C.), quelque temps après la mort d’Ibn ez-Zobeir ; mais selon Ibn er-Rakik, le khalife envoya Hassan avec des troupes en Afrique l’an 69 ; ce dernier dit ensuite : Il arriva dans la province d’Afrique avec la plus forte armée qui y eût jamais mis le pied.

La cité de Carthage , tombera et ensuite Hippone (Annaba, Bounah) et toute l’Afrique du nord rentrera dans le califat Omeyyade et dans l'Islam.
La cité d’origine phénicienne de Carthage , tombera et ensuite l’antique cité punique Hippone (Annaba, Bounah) sous les coups des arabes, et toute l’Afrique du nord rentrera dans le califat Omeyyade et dans l’Islam.

PRISE ET DESTRUCTION DE KARTHADJINNA (CARTHAGE).

L’historien dit : Aussitôt entré à Kairewan, Hassan demanda s’il restait encore des princes dans la province d’Afrique, et on lui désigna le commandant de Karthadjinna,[50] une grande ville qui n’avait pas encore été prise, et contre laquelle Okba avait échoué. Hassan se mit en marche de suite, et ayant livré un assaut furieux la ville, il força les Grecs qui s’y trouvaient de prendre la fuite et de s’embarquer.

Les uns passèrent en Espagne, les autres en Sicile ; et lui, ayant pénétré dans la ville par la force de l’épée, il pilla, tua et fit des captifs. Il expédia alors des détachements pour parcourir les environs, et donna ordre de mettre la ville en ruines.

Les musulmans en avaient détruit tout ce qu’ils avaient pu, quand leur général apprit que les Grecs et les Berbers s’étaient l’assemblés à Setfoura et Benzert. Il alla aussitôt les attaquer et il en tua un grand nombre : les musulmans s’emparèrent de leur territoire, et il ne resta plus une seule de leurs places fortes qui n’eût pas été soumise.

Les habitants de la province d’Afrique en furent frappés de terreur ; les Grecs mis en déroute se réfugièrent dans la ville de Badja, et les Berbers dans celle de Bône. Hassan retourna ensuite à Kairewan pour prendre du repos et en donner à ses troupes.

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181 & 183 Fantassin Omeyyade légers 
182 Cavalier Omeyyade en armure
184 Fantassin Omeyyade en armure
185 Cavalier leger Omeyyade
186 Archer Omeyyade en armure 

GUERRE DE HASSAN AVEC LA KAHINA, DEVASTATION DE LA PROVINCE D’AFRIQUE, ET MORT DE LA KAHINA.

L’historien dit : Hassan demanda alors quel était le prince le plus puissant qui restait encore dans la province d’Afrique ? On lui désigna une femme qui gouvernait les Berbers et qui était généralement connue sous le nom d’el-Kahina (la devineresse). Elle demeure, dirent-ils, à Mont Auras[51] ; elle est d’origine berbère, et depuis la mort de Koseila les Berbers se sont ralliés à elle. Cette femme prédisait l’avenir, et tout ce qu’elle annonçait s’accomplissait. On lui parlait encore de la puissance qu’elle exerçait, en l’assurant que la mort de cette femme mettrait un terme aux révoltes des Berbers.

Hassan se mit aussitôt en marche pour aller la trouver ; mais à la nouvelle de son approche, la Kahina fit démolir le château de Baghaiya, dans la pensée que c’était à la possession des forteresses que le général musulman visait. Hassan s’avança pourtant contre elle sans se soucier de ce qu’elle venait de faire, et il lui livra bataille sur le bord de la rivière Nînî.[52]

Après un combat acharné, les musulmans furent mis en déroute ; un grand nombre d’entre eux perdit la vie, et plusieurs des compagnons de Hassan furent faits prisonniers. La Kahina les traita honorablement, et les renvoya tous, à l’exception de Khalid Ibn Yézid de la tribu de Keis, homme éminent par son rang et par sa bravoure, qu’elle adopta pour fils.

Dans sa retraite, Hassan évacua la province d’Afrique, et écrivit à Abd el-Melik pour l’informer de sa position. Le khalife répondit à sa lettre en lui enjoignant de rester où il était jusqu’à nouvel ordre, et Hassan demeura dans la province de Barka pendant cinq ans, et l’endroit où il s’était établi reçut le nom de Kosour Hassan (les châteaux de Hassan).

La Forteresse-palais, Fatimide d'Ajdabiyah dans la région de Barqa en Libye du 10eme siècle,  qui aurai servie au calife fatimide al-Muizz avant de de s’établir au Caire en 972
La Forteresse-palais, Fatimide d’Ajdabiyah dans la région de Barqa en Libye du 10eme siècle, qui aurai servie au calife fatimide al-Muizz avant de s’établir au Caire en 972 et ce fut dans ce secteur que Hassan ibn Numan le ghassanide étais établis attendent les ordres du calife Omeyyade Abd al-Malik

 

La Kahina, devenue maîtresse de toute la province d’Afrique, tyrannisa les habitants de ce pays. A la fin, Abd el-Melik envoya à Hassan des troupes et de l’argent, avec ordre de rentrer dans la province d’Afrique.

A son approche, la Kahina dit à son peuple :

« Les Arabes veulent s’emparer des villes, de l’or et de l’argent, et nous ne désirons posséder que des champs pour la culture et le pâturage. Je pense donc qu’il n’y a qu’un seul plan à suivre : c’est de dévaster le pays afin de les décourager ».

Elle envoya alors ses partisans de tous côtés pour détruire les villes, démolir les châteaux, couper les arbres et enlever les biens des habitants.

Abd er-Rahman Ibn Zîad Ibn el-Anam rapporte que tout le pays, depuis Tripoli jusqu’à Tanger, n’était qu’un seul bocage et une succession continuelle de villages ; mais tout fut-détruit par cette femme.

Quand Hassan s’approcha de la province, il eut le plaisir de voir les Grecs venir à sa rencontre et implorer son secours contre la Kahina. Il se dirigea alors sur Cabes, dont les habitants vinrent au-devant de lui pour lui présenter une somme d’argent et faire leur soumission.

Dans un autre temps, ils avaient résisté à des généraux arabes, et pour cette raison Hassan leur donna pour gouverneur un esclave.[53] De là il se rendit à Cafsa qui se soumit à son autorité, ainsi que Castîliya[54] et Nifzawa.[55]

Quand son avant-garde fut arrivée près de la Kahina, elle fit venir ses deux fils ainsi que Khalid Ibn Yézid, et leur dit qu’elle-même serait tuée,[56] et que, pour eux, ils devaient se rendre auprès de Hassan et solliciter de lui leur grâce. Ils suivirent ce conseil, et le général musulman mit les fils de la Kahina sous la sauvegarde d’un (de ses officiers) et ordonna à Khalid de se porter en avant au galop. Ayant rejoint la Kahina, Hassan lui livra bataille ; on se battit avec acharnement, et le carnage fut si grand que tous s’attendaient à être exterminés ; mais Dieu vint au secours des musulmans, et les Berbers furent mis en déroute, après avoir éprouvé des pertes énormes.

fut vaincue et contrainte de se réfugier près de Bir El Ater (Tébessa),  là elle fut encerclée avec son armée en déroute et fut tuée et jetée dans un puits qui fut baptisé ensuite « le puits de Kahina »  ce qu’il va devenir après  la ville de Bir El Ater aujourd’hui  ou (Bir El Kahina ) , sa décapitation et l’envoie de sa tête en orient est jugée peu plausible par les historiens
Quant elle fut vaincue al-Kahina  près de Bir El Ater (Tébessa, Algerie) par les Omeyyades, elle fut tuée par décapitation sa tète envoyé a Damas  et sont corps aurai été  jetée dans un puit qui fut baptisé ensuite « le puits de la Kahina » Bir al-Kahina (à l’image)  qui deviendra après « Bir al Ater » d’aujourd’hui  

 

La Kahina fut atteinte et tuée pendant qu’elle s’enfuyait. Les Berbers demandèrent grâce à Hassan, et obtinrent leur pardon à la condition de fournir aux musulmans un corps auxiliaire de douze mille hommes, qui furent aussitôt mis, par Hassan, sous les ordres des deux fils de la Kahina.

Dès cette époque, l’islamisme se propagea parmi les Berbers, et, la guerre étant ainsi terminée, Hassan revint à Kairewan, après avoir rétabli heureusement les affaires de la province. Il fut déposé de son commandement par Abd el-Aziz Ibn Merwan, gouverneur de l’Egypte et de l’Afrique, lequel le rappela lors de la mort d’Abd el-Melik et de l’avènement d’el-Welid, fils de ce khalife.

Le calife omeyyade  Abd al-Malik ibn Marwan dépeint sur une dinar avant la réforme monétaire qu'il  réalisera
Le calife omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan dépeint sur un dinar avant la réforme monétaire qu’il réalisera

 

Abd el-Aziz envoya en même temps quarante de ses principaux officiers pour avoir soin de tout ce qui se trouvait en la possession de Hassan ; mais celui-ci, ayant deviné leur commission, cacha dans des outres à eau les pierreries, les perles et l’or qu`il avait entre les mains, et laissa ces outres exposées dans le camp ; quant au reste du butin, il le mit sous leurs yeux.

Étant arrivé en Égypte, il alla voir Abd el-Aziz, et le pria de choisir deux cents des plus beaux esclaves, tant filles que garçons, qu`il avait amenés avec lui. On dit que le nombre de ses captifs montait à trente-cinq mille.[57] Abd el-Aziz en prit tout ce qui lui convenait, ainsi que plusieurs chevaux appartenant au général. Hassan partit avec ce qui lui restait, et alla se plaindre à El-Welîd Ibn Abd el-Melik, lequel se montra fort indisposé contre son oncle Abd el-Aziz, déclarant qu`il avait agi sans autorisation.

Hassan ordonna alors à ses gens de lui apporter les outres, et il les vida en présence du khalife qui resta muet d’étonnement à l`aspect de tant de pierreries, de perles et d’or. Commandeur des croyants, lui dit-il, je suis parti avec l’unique intention de combattre dans la voie de Dieu, et je n`ai trahi mon devoir ni envers lui, ni envers le khalife.-Retourne dans ton gouvernement, lui répondit El-Welîd, et sois assuré de ma bienveillance. » Je jure », reprit Hassan, « que jamais je n’accepterai un commandement sous la dynastie des Omeyyades ! » 

Par sa fidélité et sa probité, Hassan s’était acquis (parmi le public) le titre d’Es-Scheikh el-Amin (le vieillardintègre). Il eut pour successeur Mousa Ibn Noseir.[58]

 

notes du traducteur :

[50] Karthadjinna est la transcription arabe du mot Carthagini.

[51] Mont Auras, l’Aurasius de Corippus et l’Αυρασίον de Procope,  les Aurès Algérie.

[52] Es-Soyouti fait mention de cette rivière dans son dictionnaire géographique, le Merasid el-ittila ; il dit seulement que c’est une rivière du Maghrib. On voit sur la carte de l’Algérie par le lieutenant général Pelet, que le lieu nommé Niny est situé à environ deux lieues au sud-est de Beghaiya. C’est le « Neeny » de Shaw.

[53] Le mot signifie « garçon, domestique, jeune esclave blanc ou mamlouk ».

[54] Castîliya est la province dont Touzer est la capitale. Cette ville est placée sur la carte du lieut. général Pelet en lat. 33° 21’, et en long. 6° 15’.

[55] Voyez El-Bekri, Notices et Extraits, p. 503, et l’Edrisi, t. I, p. 254.

[56] Le participe passif renferme souvent l’idée d’un temps futur, ou plutôt il indique que l’action exprimée par le verbe doit être faite ou mérite d’être faite.

[57] L’arabe dit : « Il avait avec lui, en fait de prisonniers, trente-cinq mille têtes ».

[58] Telle est l’orthographe ponctuée des manuscrits d’En-Noweïri, d’Ibn el-Goutiya, de l’Histoire d’Espagne par Ibn el-Abbâr el-Kodai, du Silat d’Ibn Beschkowal, du Nujoum ez-Zahira d’Abou’l-Mehasin, etc.

 

traduction française de Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, de son histoire de la province d’Ifriqiya  et du Maghreb, de al-Andalus et de la Sicile 

Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280 – 1331) est un historien et jurisconsulte arabe du xive siècle.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihaya al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer de savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquete de la ville de Maroc (Marakesh)

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