GOUVERNEMENT Omeyyade de l’Ifriqiya D’Obeid Allah ibn al-Habhab al-Maousili al-Makhzoumi, 734-41. (la révolte berbère commence en 740) par l’historien arabe al-Nowayri, (1280 -1331)

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Le maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades  par osprey
Le Maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades.  par osprey 

GOUVERNEMENT Omeyyade de l’Ifriqiya  D’Obeid Allah ibn al-Habhab al-Maousili al-Makhzoumi, 734-41. (la révolte berbère commence en 740par l’historien arabe al-Nowayri, (1280 -1331):

 » Obeïd Allah Ibn el-Habhâb, mewla de la tribu de Seloul, occupait une place éminente dans l’administration civile, s’exprimait avec élégance et savait par cœur la poésie des Arabes du désert, l’histoire de leurs journées célébrés et les récits de leurs combats.

Ce fut lui qui bâtit la grande mosquée de Tunis, ainsi que l’arsenal de la marine. Sa nomination au gouvernement de la province d’Afrique eut lieu au mois de rébi premier de l’an 116 (avril 734 de J. C.).

 

 

Il confia le commandement de Tanger et ses dépendances à Omer Ibn Abd Allah el-Moradi ; mais celui-ci se conduisit avec injustice et commit des illégalités dans la perception de la dîme aumônière et la répartition du butin.

Le port de Tunis
Le port de Tunis

Il voulait prélever le quint sur les biens des Berbers, sous prétexte que les propriétés de ce peuple étaient un butin acquis aux musulmans, chose qu’aucun aamil avant lui n’avait osé faire ; ce fut seulement sur ceux d’entre eux qui refusèrent d’adopter l’islamisme que les gouverneurs imposaient ce tribut.

 

Cette conduite porta les Berbers de Tanger à la révolte, et ils se mirent tous en insurrection contre lui, en l’année 122 (739-40 de J.-C.). Ce fut la première fois que, dans la province d’Afrique, des troubles éclatèrent au sein de l’islamisme. Meisera el-Medari[76] se soustrait (à ladomination des Arabes), et tue Omer el-Moradi.

Alors parurent en Maghrib des gens qui professaient les doctrines des kharidjites,[77] et dont le nombre ainsi que la puissance prit de grands accroissements. L’historien dit plus loin : Alors Obeïd Allah fit partir des troupes, choisies parmi les Arabes nobles, pour combattre Meisera.

Il en commit le commandement à Rhah’d ibn abi Habib el-Fihri, auquel il donna pour lieutenant Habib ibn abi Obéidah. Khalid vint livrer bataille à Meisera sous (les murs) de Tanger ; le combat fut soutenu avec un acharnement inouï ; mais, à la fin, Meisera rentra vainqueur dans la ville.

Les Berbers firent ensuite des peintes amères contre la conduite de leur chef, et ceux qu’il’ avaient proclamé khalife et lui avaient prêté serment de fidélité, secouant le joug de son autorité, le mirent à mort ; puis ils décernèrent le pouvoir suprême à Khalid Ibn Homeid Owî, de la tribu de Zenata. Ibn abi Habib vint une seconde fois livrer bataille aux Berbers ; mais, au plus fort de l’action, il fut attaqué par Ibn Homeid, à la tête d’une armée formidable.

Les Arabes furent mis en déroute, et Ibn abi Habib et quelques-uns de ses compagnons, trop fiers pour prendre la fuite, se précipitèrent dans les rangs ennemis, où ils trouvèrent tous une mort glorieuse.

Guerriers Arabes Omeyyades ramassant les blessés dans un champs de Bataille
Guerriers Arabes Omeyyades ramassant les blessés dans un champs de Bataille

 

Les Arabes les plus braves et leurs cavaliers les plus intrépides succombèrent dans ce combat, qui fut nommé le combat des nobles (wakât el-aschraf). Par suite de ce revers, la révolte se propagea dans le pays, et la position des affaires devint si mauvaise que le peuple se réunit et déposa son gouverneur Obeïd Allah.

En apprenant ce malheur, Hischam ibn Abd el-Melik s’écria :

« Qu’on me fasse venir des hommes ! amenez-moi ces Arabes qui se sont présentés (pour m’offrir leurs services). — Oui ! répondirent ses serviteurs. — Par Allah ! reprit-il, je me fâcherai contre eux de la colère d’un Arabe[78] ! Je leur enverrai une armée telle qu’ils n’en virent jamais dans leur pays : la tête de la colonne sera chez eux pendant que la queue en sera encore chez moi. Je ne laisserai point de château berber sans établir à côte un camp de guerriers de la tribu de Keis ou de celle de Temîm. »

Il envoya alors à Obeïd Allah Ibn el-Habhâb une lettre de rappel. Celui-ci quitta la province d’Afrique au mois de djoumada premier de l’an 128 (mars ou avril 741 de J. C.).

En arrivant dans la province d’Afrique, dit plus loin l’historien, Obeïd Allah avait destitué Anbesa al-Kalbi, gouverneur de l’Espagne, et nommé Okba Ibn el-Hadjjadj à sa place ; mais sur la nouvelle de la révolte des Berbers, le peuple de ce pays déposa Okba et confia le commandement à Abd el-Mélik Ibn Katan, el-Fihri.

L’historien ajoute qu’Hischam Ibn Abd el-Mélik le calife nomma alors Kolthoum Ibn Aiyad, de la tribu de Koscheir, gouverneur de l’Afrique. « . fin

 

notes du traducteur :

[76] Il faut lire el-Madghari. ou bien el-Matghari. Matghar est le nom d’une grande tribu berbère.

[77] La secte des Kharidjites parut pour la première fois dans l’islamisme pendant les démêlés d’Ali et Muawiya  ; elle rejetait également l’autorité de ces deux khalifes. On trouvera des détails sur leur histoire dans les Annales d’Aboulféda, le Retrospect de Price, les Annales d’Et-Taberi (man. de la Bibl. du roi, supplément), l’ouvrage d’Abou’l-Mehasin intitulé El-bahrez-Zakhir (man. n° 659 A), et dans l’histoire d’Ibn Khaldoun.

Ils se partagèrent, dans la suite, en plusieurs sectes, dont les plus remarquables étaient les Nedjdia, les Azarika, les Ibadites et les Safrites. Ces deux dernières jouent un grand rôle dans l’histoire d’Afrique ; leurs croyances y avaient été introduites par les troupes arabes qui venaient de l’Irak. Les doctrines que professaient ces sectaires ne sont pas parfaitement connues dans leurs détails. Voici ce qu’on en sait  : les Ibadites rejetaient l’autorité du khalife ; ils enseignaient que les musulmans qui professaient une autre doctrine que la leur étaient infidèles (et par conséquent dignes de mort) ; que le musulman qui commet un péché grave est unitaire et non fidèle, car les œuvres font partie intégrante de la foi ; et ils regardaient comme infidèles Ali et la plupart des compagnons de Muhammad (psl). On voit par là combien ces principes étaient opposés aux doctrines orthodoxes de l’islamisme, et quelles suites funestes durent résulter de leur application. Ils croyaient aussi que celui qui ne répondait pas à l’appel pour la guerre sainte était infidèle, par conséquent digne de mort, et sa famille digne de l’esclavage ; que la différence de croyance brisait les liens du sang, et que les enfants de ceux qu’ils tenaient pour infidèles méritaient la mort. Telles étaient les doctrines des Ibadites. Les Safrites professaient les mêmes doctrines, à l’exception des trois dernières qu’ils n’admettaient aucunement.

Les Berbers, toujours hostiles à la domination arabe, se distinguèrent, dans le principe, par leurs fréquentes apostasies, et lorsque, plus tard, l’islamisme eut été définitivement établi parmi eux, ils se montrèrent toujours empressés à adopter l’hérésie comme moyen de ressaisir l’indépendance. Les Ibadites sont ainsi appelés du nom de leur fondateur Abd Allah, fils d’Ibad, qui était contemporain d’Ibn ez-Zobeïr. On n’est pas d’accord sur la prononciation ni sur l’origine du mot safrite ou sifrite ; quelques-uns disent que ces sectaires furent ainsi appelés du nom de leur fondateur Ziad ibn el-Asfer, ou de celui d’Abdallah ibn Saffar.

[78] La colère d’un Arabe. Le poète El-Abîwerdi a employé une expression semblable dans un poème composé pour exciter les musulmans à la guerre sainte contre les croisés ; il y dit : « On attend de nous une attaque impétueuse telle que les Arabes savent les faire, et à la suite de laquelle les Romains se mordront longtemps les doigts. »

 

Traduction française de Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, de son histoire de la province d’Ifriqiya  et du Maghreb, de al-Andalus et de la Sicile 

Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280 – 1331) est un historien et jurisconsulte arabe du xive siècle.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihaya al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer de savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquete de la ville de Maroc (Marakesh) 

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