L’arbre waq-waq

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Illustration du Waq waq dans le kitab al-Bulhan , 15eme siècle
Illustration du Waq waq dans le kitab al-Bulhan , 15eme siècle

L’arbre waq-waq est un arbre mythique oriental, de lointaine origine indienne, dont les branches ou les fruits se transforment en têtes d’hommes, de femmes ou d’animaux monstrueux (selon les versions) qui hurlent « waq-waq » (« glapissement » ).

Selon le géographe abbasside Al-Mas’udi (vers 871-956 ou 893-956), qui serrai le seul géographe arabe à s’être rendu à Zandjibar (Zanzibar), l’ile Wak-wak se trouverait au large de Sofala (Afrique de l’est).

Le sociologue Ibn Khaldun et l’historien Ibn al-Wardi en pensaient de même.

 Al-Yakubi l’historien quant a lui la plaçait dans la mer de Larwi, située entre l’inde et l’Afrique.

Ibn al-Fakih ver 999, parlait de l’existence de deux îles Wak-wak : « Wakwak al-Sin », située au large dd’al-Sin (Chine) , et « Wakwak al-Yaman », située au large d’al-Yaman  (Yémen). (..)

Al-Biruni (973-1048) qui a écrit le célèbre livre ‘al-kitab al-Hind » « Livre de l’Inde »  basé en grande partie sur des sources indo-sanscrites, mentionne un pays associé aux arbres portant des fruits humanoïdes. Cette représentation de l’arbre, perdure dans les arts depuis le XIIè siècle

En 945, l’Arabe Ibn Lakis décrit la venue de Wak-wak, avec une flotte de 1000 bateaux, sur la cote orientale de l’Afrique afin de commercer avec les Arabes.

Al-Mas’udi disait : « Le terme de leur course sur la mer de Zendj est l’île de Kanbalou, dont nous avons déjà parlé, et le pays de Sofalah et des Wakwaks, situé sur les confins du Zanguebar et au fond de ce bras de mer. »

Waq-Waq est devenue le nom qui, dans les ouvrages arabes du VIIIe au XIIIe siècles, désigne les populations de l’Asie du Sud-Est insulaire, c’est-à-dire les Indonésiens actuels.

Dans ce livre des curiosités des sciences et des merveilles pour les yeux en arabe Kitāb Gharā’ib al-funūn wa-mula’ al-‘uyūn, ouvrage anonyme compilé en Égypte dans la première moitié du XIe siècle, l’arbre waq-waq est un arbre fabuleux qui porte des fruits humanoïdes. Dans cet ouvrage, les pays des Waq-Waq est une terre située, parfois sur la côte est de l’Afrique, parfois en Asie du Sud-Est.

Illustration de l'arbre Waq Waq dans le
Illustration de l’arbre Waq Waq dans le Kitāb Gharā’ib al-funūn wa-mula’ al-‘uyūn, 11eme siècle

 

Anna Caiozzo, « L’arbre anthropogène du waqwaq, les femmes-fruits et les iles des femmes », Bulletin d’études orientales, Tome LIX | 2010, 147-148, nous explique les origines de cette histoire:

 « Le wāq-wāq est un arbre anthropogène, en somme un des multiples rejetons des races monstrueuses qui peuplent l’œkoumène depuis Ctésias et Mégasthène, un de ces hybrides mi-humain mi-végétal que l’on doit à la Chine sous la forme d’une légende : « l’arbre où naissent de petits enfants ». Cette dernière légende, rapportée par les Arabes après la bataille de Talas en 751, infiltra le monde musulman et s’y développa, reconvertie de multiples façons, et trouva une seconde vie comme motif esthétique dans l’art musulman de l’Anatolie à l’Inde du XIVe au XVIIIe siècles. Il prendra des connotations plus sanguinaires dans les légendes turques, du peuplier sanglant (Altan Gokalp) jusqu’au platane des pendus des révoltes ottomanes (Faruk Bilici) »

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Une réflexion au sujet de « L’arbre waq-waq »

    […] multicéphale. Une telle morphologie se retrouve dans diverses légendes, essentiellement musulmanes, avec une plante parlante munie de têtes animales et […]

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