Gouvernement Abbasside de la dynastie Muhallabide d’Ifriqiya Yazid ibn Hatim ibn Kabisa al-Muhallabi al-Azdi 772-787 par l’historien arabe al-Nowayri, (vers 1280 – 1331)

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Guerrier arabe Abbasside avec la fameuse bannière noire
Guerrier arabe Abbasside avec la fameuse bannière noire

 Gouvernement Abbasside de la dynastie Muhallabide d’Ifriqiya   Yazid ibn Hatim ibn Kabisa al-Muhallabi al-Azdi 772-787 par l’historien arabe  al-Nowayri, (vers 1280 – 1331)  . 

L’historien dit : Quand el-Mensour apprit la position d’Omer ibn Hafs et plus tard sa mort, il en éprouva un profond chagrin, et il fit aussitôt partir Yézid ibn Hatim, à la tête de trente mille des gens de Khorasan et soixante mille des gens de Basra, de Koufa et de la Syrie.

Arrivé à Sort, il fut rejoint par Djemîl ibn Sakhr et par quelques milices qui avaient quitté Kairewan pour se rallier à lui. De là il marcha sur Tripoli, et Abou-Hatim l’Ibadite prit la route des montagnes de Nefousa[115] ; mais il fut atteint par l’avant-garde de Yézid, commandée par Salim ibn Sewada, de la tribu de Temîm.

Ils combattirent avec acharnement, et Salim et les siens furent mis en déroute et se replièrent sur l’armée de Yézid le muhalabide. Cependant Abou-Hatim, effrayé des forces de son adversaire, choisit une position très forte et presque inabordable, dans laquelle il se retrancha avec son armée. Yézid arrive, l’attaque avec acharnement, force les retranchements, tue Abou-Hatim et ses principaux partisans, et met ses troupes en déroute.

L'ancienne mosquée du Sultan a été découvert dans la région de Sert en 1963 et 1964 à l'est de Tripoli, la mosquée a été construite autour du 10ème siècle, lorsque les Fatimides ont commencé à établir leur pied en Libye. Les dimensions de la mosquée sont de 41 mètres de long sur 31 mètres de large (41m x 31m)
L’ancienne mosquée de Sultan a été découvert dans la région de Sort en 1963 et 1964 à l’est de Tripoli, la mosquée a été construite autour du 10ème siècle, lorsque les Fatimides ont commencé à établir leur domination en Libye face au abbassides. Région ou le fameux affrontement entre Abbasside Muhalabides mené par l’émir Yazid ibn Hatim al-Muhalabi al-Azdi  et Kharijites hérétiques eu lieu en mars 772. 

La cavalerie de Yézid s’élance à la poursuite des fuyards et en fait un horrible massacre. Trente mille d’entre eux restèrent sur le champ de bataille, et selon quelques-uns la milice abbasside ne perdit que trois (hommes). Ce combat fut livré le lundi 27 du mois de rabi premier de l’an 155 (commencement de mars 772 de J. C.).

Yézid resta environ un mois sur le lieu du combat, et il envoya sa cavalerie à la poursuite des Kharidjites et les fit tailler en pièces partout où il les rencontra. Après cette bataille, il partit pour Cabès, où il entra le 20 du mois de djoumada premier (mai), et l’ordre fut partout rétabli.

Il fit rebâtir la grande mosquée de Kairewan en l’an 157 (774 de J.-C.), et il établit dans cette ville des bazars pour chaque métier.

Ainsi on pourrait dire, sans trop s’écarter de la vérité, qu’il fut le fondateur de Kairewan ; et ce pays ne discontinua pas de jouir de l’ordre et du repos jusqu’à la fin de ses jours. Il mourut au mois de ramadan de l’an 170 (mars 787 de J. C.), pendant le khalifat d’Haroun er-Raschid.

Il était généreux, brave, clairvoyant, d’une libéralité extrême et connu dans, tout le pays par sa renommée.

C’est lui qui disait :

 » La monnaie qui porte une empreinte ne s’habitue pas avec notre bourse ; elle n’y séjourne qu’un instant et reprend bien vite sa liberté.

Elle n’a fait qu’y passer, et la bourse la repousse. Je suis un homme que les richesses n’ont jamais pu empêcher de rester pauvre.[116] » 

Pendant qu’il était en Afrique, il fit plusieurs traits qui décelaient la noblesse de son caractère et l’élévation de son âme, et parmi les plus connus est celui-ci : un de ses intendants vint un jour le trouver et lui dit qu’on avait offert une somme considérable des fèves qui avaient été semées dans la plaine de Kairewan. Yézid, sans rien répondre, ordonna à son premier intendant et à ses cuisiniers de se rendre dans ces champs, commandant à ses valets d’y dresser un grand nombre de tentes, et il s’y rendit ensuite lui-même avec ses amis pour y passer la journée et y prendre un repas.

Etant sur le point de s’en revenir, il appela son intendant et lui fit infliger une punition en lui adressant ces paroles :

« Fils d’une prostituée ! tu veux que je sois déshonoré à Basra et qu’on dise que Yézid, fils de Hajtim, est un marchand de légumes ? Convient-il à un homme comme moi de vendre des fèves, scélérat que lu es !  »

Il donna ensuite l’ordre de laisser les champs ouverts à tout le monde ; il s’y rendit lui-même pour manger, boire et faire des parties de plaisir ; de sorte que bientôt tout fut dévasté.

Voici une autre anecdote qu’on raconte de lui : étant allé un jour faire une promenade vers Moniat el-Kheil, il rencontra sur son chemin un nombreux troupeau de moutons et demanda à qui ils appartenaient. On lui répondit qu’ils étaient la propriété de son fils Ishak. Il le fit aussitôt venir et lui dit :

Ces moutons sont-ils à toi ?

—Oui, répondit-il.

— Pourquoi en élèves-tu ?

Il répondit : « Je mange les agneaux, je bois le lait, je tire profit de la laine.  »

—Si tu fais cela, reprit son père, rien ne te distingue des marchands de moutons ni des bouchers ; et il ordonna que ce troupeau fût livré au public ; de sorte que tout fut enlevé, égorgé et mangé.

On en jeta les peaux sur une colline qui porte encore aujourd’hui le nom colline des peaux (kodyet el-djoloud). Il serait, du reste, trop long de rapporter ici tous les beaux traits de sa vie.

 

notes du traducteur :

[115] La montagne de Nefousa est située à trois journées de Tripoli, en allant vers le midi, en Libye

[116] Poème original de l’émir Muhalabide d’Ifriqiya Yazid ibn Hatim al-Muhallabi al-Azdi 772-787

Traduction française de Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, de son histoire de la province d’Ifriqiya  et du Maghreb, de al-Andalus et de la Sicile 

Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280 – 1331) est un historien et jurisconsulte arabe du xive siècle.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihaya al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer de savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquete de la ville de Maroc (Marakesh)

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