Gouvernement Abbasside d’al-Aghlab ibn Salim at-Tamimi ibn Ikal ibn Khafadja de la tribu de Tamim (765-766), l’ancêtre du fondateur des Aghlabides par l’historien arabe al-Nowayri (1280 – 1331)

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Kairouan en 1886
Kairouan en 1886

Gouvernement Abbasside d’al-Aghlab ibn Salim at-Tamimi ibn Ikal ibn Khafadja de la tribu de Tamim (765-766), l’ancêtre du fondateur des Aghlabides par l’historien arabe al-Nowayri (1280 – 1331)

L’historien rapporte qu’el-Mensour, ayant appris la conduite des Modarites, envoya à el-Aghleb, qui se trouvait alors à Tobna, l’investiture de la province d’Afrique. Il arrive à Kairewan au mois de djoumada second de l’an 148, et il en expulsa Isa ibn Yussuf al-Khurasani (765), ainsi que plusieurs des chefs Modarites, et tout rentra ainsi dans l’ordre.

Monts du Zab près du col de Chaïba en Algérie, al-Aghlab ibn Salim at-Tamimi ce trouvais ici avant de prendre ces fonctions à Kairouan

Plus tard Abou’l-Korra, soutenu d’une multitude de Berbers, se révolta ; mais el-Aghleb s’étant mis en marche avec tous ses généraux[105] pour l’aller combattre, il prit la fuite, et el-Aghleb s’avança jusqu’au pays de Zab.

De là il voulait faire une expédition jusqu’à Tlemsen et à Tanger ; mais ses troupes, ne s’accommodant pas d’une telle entreprise, se mirent à le quitter pendant la nuit en prenant la route de Kairewan ; de sorte qu’il ne lui resta plus qu’un petit nombre d’officiers.

Pendant ces entrefaites el-Hasen ibn Harb el-Kindi (de la tribu arabe de Kînda), qui était à Tunis lorsqu’el-Aghleb allait combattre Abou’l-Korra, écrivit à plusieurs généraux sous les ordres de ce dernier : un certain nombre de ceux qui avaient abandonné el-Aghleb dans le pays du Zab étant venus se joindre à lui, et soutenu d’ailleurs par les généraux Bistam ibn el-Hodeil, el-Fadl ibn Mohammed et d’autres, il marcha sur Kairewan, où il entra sans éprouver la moindre résistance, et il fit jeter dans les fers Salim ibn Sewada, de la tribu de Temîm, lieutenant d’el-Aghleb, pendant que ce dernier était en expédition. Cette nouvelle étant parvenue à el-Aghleb, il se porta sur Kairewan avec le petit nombre de ceux qui lui étaient restés fidèles, et il écrivit à el-Hasen ibn Harb el-Kindi  pour lui exposer les avantages de l’obéissance et les dangers de l’insoumission. Il en reçut une réponse que terminaient les trois vers suivants :

Va dire à el-Aghleb, de la part d’el-Hasen, une nouvelle qui retentira dans toutes les tribus.

Dis-lui que la tyrannie est pour lui un pâturage malsain, et qu’il lui arrivera malheur s’il ose s’y établir ;

Et s’il refuse de me demander la paix, qu’il vienne affronter mes lances et mes épées ![106]

Alors el-Aghleb se porta contre lui à marches forcées. Cependant, d’après le conseil de ses officiers, il se dirigea vers Gabès, et il essaya d’opérer une défection parmi les troupes de son adversaire. Il arriva ensuite à el-Aghleb un messager chargé par el-Mensour de se rendre auprès d’el-Hasen ibn Harb pour l’exhorter à rentrer dans le devoir ; mais il n’y réussit pas. Alors eut lieu un combat acharné qui amena la défaite d’el-Hasen et la mort d’un grand nombre de ses partisans. El-Aghleb entra à Kairewan et son adversaire se retira à Tunis, où il fit des levées considérables, et il marcha bientôt, à la tête d’une nombreuse armée, contre Kairewan. De son côté el-Aghleb rassembla les officiers de sa maison et ses amis intimes, et leur fit part de son intention d’attaquer el-Hasen en combat singulier, sans l’intervention de personne.

 

Vue sur Gabès  (kabes) du coté de la voute naturelle de Raz al-Oued
Vue sur Gabès (kabes) du coté de la voute naturelle de Raz al-Oued (Tunisie)

A l’approche d’el-Hasen al-Kindi, el-Aghleb al-Tamimi  fondit sur lui ; en même temps son adversaire, à la tête des siens, charge vigoureusement son aile gauche ; mais il est repoussé, et el-Aghleb revint de nouveau à l’attaque en prononçant ces mots :

Il ne me reste qu’à enfoncer le centre ou à mourir.

Que la guerre me menace de ses flammes, elle ne fait qu’exciter mon ardeur !

Je veux mourir plutôt que fuir ![107]

Il dit, et chargea le centre de l’ennemi avec une impétuosité que rien n’arrêta ; mais il succomba à la fin, frappé à mort par une flèche. Cet événement eut lieu au mois de schaban de l’an 150 (septembre 767 de J. C.). L’historien raconte qu’à la chute d’el-Aghleb on s’écria : l’émir est mort ! et que mille voix le répétèrent. Il dit encore ailleurs : Salim ibn Sewada, qui commandait l’aile droite, dit à Abou’l Anbes, qui se trouvait à côté de lui : Je ne veux pas survivre à ce jour ; et qu’en même temps il se précipita sur l’ennemi, dont il fit un carnage affreux, et el-Hasen lui-même fut trouvé au nombre des morts.

 

notes du traducteur :

[105] C’est ainsi que je rends le mot el-kowad, que l’historien cité par En-Nowaïri emploie pour désigner les chefs des différentes tribus ou portions de tribus arabes qui servaient dans les pays conquis.

Paroles originale d’al-Hassen ibn Harb al-Kindi de la tribu arabe qahtanite de Kinda

[106]

La parole  d’al-aghlab al-Tamimi à’ al-Hasen ibn Harb el-Kindi  avant de mourir 

Traduction française de Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, de son histoire de la province d’Ifriqiya et du Maghreb, de al-Andalus et de la Sicile

Chehab ed-Din Ahmed ben Abd al-Wahlab al-Nowayri, (vers 1280 – 1331) est un historien et jurisconsulte arabe du xive siècle.

Né à Al-Niwaireh en Égypte, il a laissé une encyclopédie historique, intitulée Nihaya al-arab fi fonoun al-adab (c’est-à-dire « tout ce qu’on peut désirer de savoir concernant les différentes branches des belles-lettres »), divisée en cinq parties, de cinq livres chacune. Aussi, il a écrit Chronique de Syrie et Histoire des Almohades d’Espagne et d’Afrique et de la conquete de la ville de Maroc (Marakesh)

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