Punique, Phénicien, Kutama, Sanhaja = Himyarites ?

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L'empire sémites des Phéniciens de l'afrique du Nord au Levant, les phéniciens serrai le résutlant d'une fusion d'une population d'agriculteurs cananéens et d'une population de marins himyarites sud-arabique

« Sur Les Phéniciens dit Hérodote d’après l’opinion des Perses qu’il croit les plus savants dans l’histoire de leur pays vinrent par terre des bords de la mer Rouge sur les côtes de la mer Méditerranée. Strabon qui avait d’abord rapporté ce sentiment sans y ajouter foi, convient vers la fin de son ouvrage, que les Sidoniens de là mer Méditerranée sont une colonie des habitants du golfe Persique, il est conforme aux anciennes traditions et à la marche des peuples asiatiques qui se sont portés vers l’occident que des habitants de la mer d’Érythrée (la côte orientale de la péninsule arabique) et du golfe Persique soient venus s’établir sur les rivages de la Méditerranée Il existait encore du temps d’Alexandre le grand dans le golfe Persique une ville nommée Sidodona, qui était située près du cap Gherd d’aujourd hui Il y avait dans le même golfe l’île de Tir et celle d’Aradus dont les noms ont aussi été transportés sur les côtes de la Phénicie.

Localisation des principaux sites du Levant de la première moitié du Ier millénaire av. J.-C.

Dans la belle carte qui a été gravée pour la seconde édition de l’Examen critique des Historiens d’Alexandre par M de Sainte Croix  on trouvera sur la rive gauche du golfe Persique et vers son embouchure dans la mer ‘d’Érythrée une ville de Sidodona et plus haut sur la rive droite les îles de Tylos et d’Arrados « ..

« Mémoire sur la langue phénicienne »  Par Agricol Fortia d’Urban p16 et p17

Les phéniciens à Oman
Les phéniciens à Oman

« Les phéniciens serrai le résultant d’une fusion d’une population d’agriculteurs cananéens et d’une population de marins himyarites sud-arabique les Himyarites, venu s’installer sur l’étroite bande de terre entre la Méditerranée et les monts du Liban.

On retrouve , dans Himyar, Himyarites, la racine « h.m.r » qui exprime en arabe, la couleur rouge. Ils auraient donné aussi leur nom à la mer Rouge qu’ils fréquentaient et qu’ils ont dû longer dans leur longue migration vers l’occident.

L'antique ville de Shibam dans la région de Hadramawt , dont la toute première occupation humaine remonte à l'époque préislamique, étais peuplé de sédentaires qahtanites souvent en lutte avec les arabes adnanites qaysites nomades et ils furent intégrées dans les armées Rashidun sous le calife Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu, cela a eu pour conséquance une prépodérence des yéménites dans les armées arabes rashidun et omeyyade ,
L’antique ville de Shibam dans la région de Hadramawt , dont la toute première occupation humaine remonte à l’époque préislamique

« Leur royaume fut désigné par les Egyptiens sous le nom de « Pays de Poun » vers 2250 avant JC Poun, Pouaniti, Poeni et Puni sont les mêmes mots pour désigner aussi bien les Phéniciens que, par la suite, les Puniques de Carthage. Les Himyarites ont d’ailleurs été les précurseurs des Phéniciens en organisant déjà – avant de venir s’installer sur le littoral du Liban – le commerce maritime avec l’Inde, l’Arabie et l’Afrique, en découvrant le fabuleux royaume d’Ophir que l’on n’a jamais réussi à identifier, en construisant des maisons tout en hauteur avec de nombreux étages, comme le seront plus tard celles de Tyr »

(Cf. J. Mazel, « Avec les Phéniciens à la poursuite du soleil sur la route de l’or et de l’étain », Robert Laffont, Paris, 1968, p.25.).

L’Étymologie du mot « Phénicien » donné par le professeur Michael Astour me semble plus convaincante, elle dit que le mot « Phoînix ne provient pas en fait du mot Grec Phoinos, mais qu’il serait probablement d’origine ouest-Sémitique ».

Qal'at al-Bahreïn est le principal site archéologique de l'âge du bronze retrouvé sur l'île de Bahreïn. Il s'agit sans doute d'un des plus importants centres de l'antique civilisation de Dilmun, et très probablement le site de son ancienne capitale, à partir d'environ 2050 av. J.-C.
Qal’at al-Bahreïn est le principal site archéologique de l’âge du bronze retrouvé sur l’île de Bahreïn. Il s’agit sans doute d’un des plus importants centres de l’antique civilisation de Dilmun, et très probablement le site de son ancienne capitale, à partir d’environ 2050 av. J.-C.

L’historien grec Strabon ( 64 av. J.-C- 25 ap. JC ) croyait que les Phéniciens provenaient de l’Arabie orientale.  Hérodote (484 av. J.-C.-420 av.JC) croyait aussi que la patrie des Phéniciens était Arabie orientale.  Cette théorie a été acceptée par l’historien Arnold Heeren, (allemand du 19e siècle) qui a dit : « Chez les géographes grecs, par exemple, nous lisons que les îles, nommé Tyr ou Tylos et Arad, Bahreïn, était réputée êtres  le pays d’origine des Phéniciens (la mère patrie), et ce trouve exposées les reliques des temples phéniciens.»

B. Tsirkin. « Canaan. Phoenicia. Sidon.» . p. 274. RA Donkin. 224 p.. 48. et Michael Rice. Archa. pp. 401-402.

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Ruines du barrage de Marib Yémén 1750 avant JC

Après l’effondrement du barrage de Marib et l’annexion définitive du Royaume de Saba par les Himyarites, les Kindites migrent vers Bahrein, au sens général de côte méridionale du golfe persique. Puis ils en sont expulsés par la tribu des Abdul Qais, et reviennent alors au Yémen, en laissant une branche de Kindah dans l’actuel Jabal Shammar dans le Nedjd, ainsi qu’au Levant et en Irak.

Tableau réalisé pour constaté la forte ressemblance totale entre les alphabets yéménites-sudarabique, phénicien-punique et libyque-tifinagh, qui a certainement pu laissé des confusions sur les premier observateur arabe ayant vue les mêmes signes et inscription en Arabie et au Yémén et dans le pays de Canaan
Tableau réalisé pour constaté la forte ressemblance totale entre les alphabets yéménites-sudarabique, phénicien-punique et libyque-tifinagh, qui a certainement pu laissé des confusions sur les premier observateur arabe ayant vue les mêmes signes et inscription en Arabie et au Yémén et dans le pays de Canaan et en Afrique du Nord

Il existait une confusion chez les auteurs arabes qui ne citait pas les phéniciens, comme par exemple sur la fondation de Carthage, qui, selon Ibn Sa’îd était attribué au Romains tandis que l’ont donnait une origine cananéenne au berbères et yéménites pour les tribus de Kutamas et de Senhaja (voir Ibn hazm, Ibn Khaldoun, al-Tabari, al-Masudi, Ibn abd al-Bar et ibn al-Athir)

Voilà selon Ibn Said sur Carthage :

« Carthage capitale de l’Ifrîqiya avant l’Islam. La construction est ancienne et remonte dit-on à Adrîche (Dirûn ou Didon) prince rûmi d’Ifrîqiya. […] elle fut détruite du temps de ‘Abd-al-Malik Ibn Marwân (..) »  Ibn Sa’îd, Kitâb al-bidâ, p. 9.

Pour Samir Kassir dans le livre « Histoire de Beyrouth » p.46:  « Ces Cananéens qui donnèrent son nom au littoral, venaient sans doute d’ailleurs. Selon la thèse la plus courante aujourd’hui, leur origine se trouverait dans la péninsule Arabique, ce qui ne les empêcha aucunement de tirer le meilleur profit de leur nouvelle implantation géographique, tournée vers la mer. » 

Ibn Khaldoun après avoir fait d’après le rapport des généalogistes  descendre les Ketamah des Beranis ou enfants de Ber  descendants de Mazigh fils de Canaan mais ajoute : « Al-Kalbi (737-819) veut que les tribus de Ketamah et de Sanhadjah n’appartiennent pas aux Berbères ils ne sont selon lui que des tribus du Yémen qu’Afrikis fils de Saïli laissa en Afrique avec les gens de la postérité de Cham qu’il y avait établis. Il dit encore plus loin : « La vérité est que les Berbère sont un peuple bien différent des Arabes excepté peut-être comme l’observent aussi les généalogistes les tribus Sanhadjah et des Ketamah qui selon moi doivent être comme parentes et alliées des Arabes . Mais Dieu le sait » Ibn Khaldoun par Schulz Journ asiat t II p 121 et 142

Selon toujours Ibn Khaldoun : » : » Il est vrai qu’Ifricos-Ibn-Saïfi , ce prince de la dynastie des Tobba [rois du Yémen], qui donna son nom à l’Ifrîkïa, y avait conduit une expédition et s’en était rendu maître ; mais, après y avoir laissé les tribus himyerites de Ketama et de Sanhadja, il s’en alla. Ces deux peuples devinrent graduellement Berbères et se confondirent avec cette race , de sorte que l’autorité des Arabes en Ifrîkïa disparut tout-à-fait. Lors de la promulgation de l’Islam , le progrès de cette religion mit les Arabes en état de vaincre les autres nations. Leurs armées pénétrèrent dans le Maghreb et prirent toutes les villes de ce pays. » dixit Ibn Khaldoun;

Mosaïque représentant un navire phénicien

Selon A.Bouchareb dans la thèse d’état; « Cirta ou le substratum urbain de Constantine. » : « Notons ici que Himyer, cité comme un aïeul commun des Ketama et des Sanhadja, était également regardé par les historiens antiques comme également l’aïeul des phéniciens (donc des puniques) » et plus loin il poursuit :« Deuxièmement, nous retenons que ces populations, jointes aux berbères autochtones durant des temps reculés, étaient selon les généalogistes arabes descendants de Himyer d’origine yéménite, la même origine attribuée par les historiens (antiques, dont Hérodote) aux phéniciens »

Les anciens grecs et leurs historiens donnait une origine himyarite au phéniciens, et ce fut dans la région de St Augustin que ce trouvais les Sanhaja et les Kutama…

Les rois arabes de Saba, avec le roi yéménite Ifrikos ancêtres de l'armées
Les rois arabes de Saba, ou himyarites

Saint Augustin écrivait, au Ve siècle ap. J.-C.: « Interrogés, les paysans d’ici répondaient qu’ils étaient phéniciens, originaires du pays de Canaan » (Expositio ad Rom., 13), ce qui signifie qu’à la fin de l’Empire romain, les paysans de la zone d’Hippo Regius (Annaba) se déclaraient descendants des Cananéens (les Phéniciens) et s’exprimaient encore dans la langue de Carthage.

Gautier quant à lui, propose de voir dans les récits des historiens arabes sur les conquêtes yéménites  du roi Ifrikos au Maghreb « une transposition de souvenirs phéniciens »

Al-Kalbi historien oriental (Jamharat al-nasab) , donnait cette origine avant la fondation des Fatimides, car certains disait que l’attribution de l’origine arabe des Kutama et Sanhaja était l’oeuvre de chiites arabes pour légitimé le fait que l’armée des Fatimides, était composé de kutama lors des débuts de cette dynastie. Ce qui est faux car al-Kalbi a vécu pendent les Califats Omeyyade et Abbasside.

Saluste (Vie de Jugurtha) rapporte d’après des traditions du pays recueillis par Hiempsal que des Mèdes des Perses des Phèniciens  et des Arméniens conduits par Hercule à une époque reculée s’établirent en Afrique. On peut en conclure qu’ils y importèrent avec eux le culte des mages. Le nom de Madjdous a Magus, Magog donné par les Arabes aux Bérberes non convertis semble militer en faveur de cette assertion. Enfin les memes noms donnés aux pirates normands par les Arabes et aux anciens Goths par Isidore de Séville se tient également à la tradition on antique qui donne l’Asle pour berceau aux habitants primitifs de la Scandinavie (Voyez LI p 130) Procope Histoire des Vandales parle d’une inscription trouvée de son temps en Berberie et ainsi conçue 1 « Nous sommes  de ceux qui avons fui devant le brigand Josué fils de Noun ». Procope rappelle aussi le combat d’Antée (fils de la terre) conte Hercule l’étranger. L’allégorie ici est facile à saisir

Les extraits suivant traitent aussi sur l’histoire du Maghreb prè-islamique dans le livre « Les migrations sémitiques en Libye et en Afrique du Nord », par B. H. Warmington (, Libya Antiqua 16-18 janvier 1984 Unesco) :

« L’établissement des Phéniciens sur une grande partie de la côte de la région occupée aujourd’hui par la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc a constitué le principal mouvement de populations d’origine sémite vers la Méditerranée occidentale avant la conquête arabe. On connaît bien l’histoire et la civilisation de la Phénicie à l’âge du bronze jusqu’en 1200, mais la situation n’est pas aussi claire au début de l’âge du fer et l’on peut seulement faire des hypothèses sur les motivations de ce mouvement de colonisation dans lequel les villes de Tyr et de Sidon jouèrent un rôle particulièrement important. Les récits légendaires que contiennent les sources grecques et romaines ne fou nissent aucune indication d’intérêt historique; principalement centrés autour de la figure de Didon,

comptoirs-pheniciens-et-carthage
Villes-comptoirs-Phéniciens et-Carthage

ils ont le côté poétique qui caractérise souvent les conjectures des auteurs hellénistiques lorsqu’ils cherchent à déterminer l’origine des communautés étrangères au monde grec. La migration phénicienne fut probablement due en partie à l’accroissement démographique dans une région où les ressources étaient limitées et aux tensions sociales qui en résultèrent, mais il est significatif qu’elle se produisit en même temps ou, plus probablement, un peu plus tôt que l’établissement, mieux connu, de colonies grecques sur d’autres côtes de la Méditerranée ou au bord de la mer Noire. La migration des Phéniciens, comme celle des Grecs, avait probablement pour cause la recherche des matières premières et en particulier des métaux nécessaires, au début de l’âge du fer, au développement de ces communautés qui avaient presque épuisé les ressources situées à proximité immédiate des territoires qu’elles occupaient. La péninsule Ibérique contenait d’Importants gisements d’argent, d’étain et de fer, et les premières expéditions des Phéniciens vers le sud de l’Espagne précédèrent très probablement leur établissement en Afrique du Nord. D’après la tradition antique, Gadès fut fondée en 1 1 10 et Utique, près de Carthage, en 1101; on disait même que la ville de Lixus, au Maroc, était plus ancienne que Gadès.

Aucune donnée archéologique incontestée ne confirme des dates aussi reculées. En revanche, la date à laquelle on fait remonter la fondation de Carthage ( 814) n’est pas trop éloignée de celle qu’indiquent les vestiges exhumés dans les cimetières, bien que la nature et la signification de la « couche de fondation » soient mal connues.

Les objets trouvés à Utique datent peut-être de la même époque, mais ailleurs on n’a découvert jusqu’à maintenant que peu de vestiges antérieurs au vne siècle avant l’ère chrétienne. Au cours de leur migration vers la Méditerranée occidentale, les Phéniciens s’établirent également en divers points de l’autre route qui menait en Espagne : en Sicile, en Sardaigne et aux Baléares; mais l’emplacement de Carthage, qui était une position clé près de l’endroit où la Méditerranée est la plus étroite, fut peut-être déterminé dès le début. Son nom en phénicien, Kart-Hadasht, signifiait « ville nouvelle ». Il est probable que, jusqu’au vie siècle avant l’ère chrétienne, les communautés phéniciennes de la Méditerranée occidentale sont restées politiquement et économiquement rattachées à leur métropole, contrairement aux colonies grecques, qui devinrent indépendantes peu de temps après leur fondation.

L’essor de Carthage, qui, après avoir imposé son autorité aux autres colonies phéniciennes, devint une puissance indépendante à la tête d’un empire fondé sur sa suprématie maritime dans la Méditerranée occidentale, eut en partie pour causes l’assujettissement de la Phénicie à Babylone puis à la Perse, et, pour une autre part, la nécessité de résister à la concurrence des colonies grecques, celles de Sicile en particulier.

L’histoire des relations extérieures de Carthage est essentiellement celle de ses efforts pour maintenir, d’abord contre les Grecs de Sicile puis contre les Romains, un système commercial sur lequel elle exerçait une surveillance rigoureuse dans une région limitée à l’est par la ligne qui relie le cap Bon à la Sicile et au nord par celle qui reliait Panormos, Calaris et les Baléares.

Sa politique, qui était presque exclusivement défensive, fut dans l’ensemble couronnée de succès entre le vie et le me siècle avant l’ère chrétienne. Une parti¬ cularité de Carthage était que, contrairement à ce qui se passait dans les cités-États contemporaines de Grèce et d’Italie, son armée était composée de mercenaires (mais pas sa marine). Cela s’explique tant par sa richesse que par l’absence de menace permanente de la part de ses voisins du Maghreb.

Carthage et son empire fournissent dans l’Antiquité le principal exemple d’une société qui tirait du commerce l’essentiel de sa richesse. Il est impossible d’évaluer le volume de ce commerce, étant donné la nature périssable des marchandises qui en faisaient l’objet : tissus, métaux bruts, esclaves et plus tard denrées alimentaires. Cependant, Carthage produisait en grande quantité de petits objets manufacturés, et ses plus grands profits provenaient de l’expor¬ tation de ces produits de peu de valeur qu’elle échangeait avec des populations moins avancées contre des matières premières de prix. D’autre part, malgré les conflits, elle entretenait d’importantes relations commerciales avec la Grèce et l’Italie. L’absence de vestiges datant incontestablement d’une époque ancienne vient sans doute simplement de l’insuffisance des fouilles et de la difficulté que présente l’identification des plus anciens vestiges phéniciens. Comme on avait coutume dans l’Antiquité de mettre les navires à l’ancre pendant la nuit et que la navigation était lente, il y eut probablement dès le début de la migration phénicienne des mouillages situés à des intervalles d’environ 50 km tout le long de la côte du Maghreb, mouillages dont beaucoup devinrent par la suite des colonies permanentes. Les navigateurs mouillaient de préférence près des îlots ou près des plages de sable protégées par des promontoires. Il est bien connu que les colonies phéniciennes étaient pour la plupart plus petites que les colonies grecques, mais il ne faut pas exagérer cette diffé¬ rence; plusieurs colonies grecques, du moins au bord de la mer Noire, étaient à l’origine très petites et le demeurèrent. On peut tirer deux indications prin¬ cipales du fait que les colonies phéniciennes du Maghreb n’étaient pas très grandes. La première est que les indigènes (que les sources appellent généra¬ lement Libyens, terme que j’emploierai dans cette communication) n’avaient pas alors une grande puissance militaire puisque les colons n’avaient pas besoin d’être très nombreux pour se défendre contre eux. La seconde est que les colons devaient avoir des rapports relativement étroits avec les indigènes puisque, à part le cas de Carthage dont je parlerai plus loin, il ne semble pas qu’au début les Phéniciens aient dû consacrer à l’agriculture une part impor¬ tante de leurs ressources en main-d’luvre. Ces relations étroites entre les indi¬ gènes et les colons furent un des principaux fondements de la profonde influence culturelle que les Phéniciens allaient exercer sur les habitants du Maghreb. Bien qu’elles fussent dans l’ensemble peu nombreuses, les colonies fon¬ dées dans ce qui est aujourd’hui la Libye revêtirent une importance parti¬ culière pour l’histoire générale de cette région. La pénétration culturelle fut si profonde que la localité, connue plus tard sous le nom d’Arae Philaenorum, qui marquait la frontière entre la région dominée par les Phéniciens et la région occupée par les Grecs de Cyrénaïque constitua ensuite pendant plusieurs siècles la limite entre la province romaine d’Afrique et la Cyrénaïque. La principale colonie, Leptis (Leptis Magna à l’époque romaine), formait avec deux autres établissements, Sabratha et Oea, la Tripolis africaine. Les vestiges les plus anciens que l’on a pu identifier datent du vie siècle avant l’ère chré¬ tienne. Leptis devint le centre administratif d’une vaste région au bord du golfe de Syrte. Comme le désert, dans cette région, est relativement proche de la mer et que les indigènes ne semblent pas y avoir été nombreux, on peut penser que l’importance de Leptis et aussi celle de Sabratha et d’Oea venaient de ce que ces villes étaient situées à l’extrémité de la route la plus courte qui, à travers le Sahara, reliait la Méditerranée au Fezzän et aux cours moyen et supérieur du Niger.

Plus tard, c’est de Tripolitaine que les Romains partirent pour aller jusqu’à Ghadamès et au-delà, et probablement aussi le Carthaginois nommé Magon, qui fit trois fois le voyage. Malheureusement, ni les sources littéraires ni les données archéologiques n’indiquent la nature du commerce, qui était probablement aux mains des Garamantes. Il est question de pierres précieuses calcédoines, émeraudes, escarboucles , mais on échangeait peut-être aussi de l’or. Au commencement de l’histoire du commerce, les pro¬ duits exotiques peu volumineux rapportaient, on le sait, des profits consi¬ dérables; cela est attesté dans le cas de la Tripolitaine par le fait que les habitants phéniciens de Leptis reconstruisirent à l’époque d’Auguste une grande partie de leur ville dans le style romain.

Ce cas est analogue à celui de Palmyre, qui acquit dans une large mesure sa richesse en exportant dans le monde méditerranéen des produits exotiques provenant de l’Orient lointain. L’extension de ce commerce fut considérable malgré les obstacles politiques; dans le cas de Leptis et des villes qui formaient avec elle une association, il n’y avait pas d’obstacles politiques, mais certainement de formidables obstacles naturels. Fait significatif, les Libyens s’allièrent en 514 aux Carthaginois afin de repousser une tentative que firent les Grecs pour s’établir dans la région. Hérodote mentionne deux tentatives de circumnavigation autour de l’Afrique.

La première fut celle de marins phéniciens, envoyés par le pharaon Néchao II (de 610 à 594 environ), qui, partis de la mer Rouge, devaient faire le voyage d’est en ouest. D’après Hérodote, qui tenait le fait pour vrai, il leur fallut plus de deux ans pour faire le tour de l’Afrique. Si cette tentative réussit, les Carthaginois durent en entendre parler, aussi bien que de l’échec du prince perse qui, toujours selon Hérodote, essaya de faire le voyage en sens inverse au Ve siècle avant l’ère chrétienne, avec un navire et un équipage égyptiens; il passa le détroit de Gibraltar, longea la côte du Maroc vers le sud et dépassa certainement de beaucoup la limite méridionale du Sahara avant d’être obligé de rebrousser chemin. C’est dans ce contexte qu’il faut placer le voyage bien connu qu’un certain Hannon, qui appartenait peut-être à l’une des principales familles de Carthage, fit en suivant la côte occidentale de l’Afrique. Compte tenu de toutes les critiques des historiens modernes, la relation de ce voyage (qui fut mise en doute dès l’époque romaine) ne contient pas d’invraisemblances dans ses grandes lignes, même s’il y en a beaucoup dans le détail. On pense généralement que le but de l’expédition était de pro¬ curer aux Carthaginois un accès direct aux mines d’or de l’Afrique occidentale; en effet, Hérodote décrit la manière dont se faisaient les échanges dans ce commerce, manière qui est restée la même à l’époque arabe et au début de l’époque moderne. Il est cependant difficile, semble-t-il, d’expliquer comment un tel commerce a pu être inconnu à l’époque romaine. Du point de vue archéologique, l’information récente la plus importante nous a été apportée par la découverte de vestiges phéniciens dans l’île de Mogador, qui était une escale essentielle pour tous les navigateurs se dirigeant vers le sud.

Par ailleurs, il est certain que Tingis et Lixus ont été fondées à une époque ancienne et que la culture phénicienne a profondément marqué de son empreinte l’intérieur du Maroc jusqu’à Fès Dans l’état actuel des connaissances, il est souvent difficile de savoir si certains sites particuliers, dont on a reconnu le caractère phénicien grâce à des découvertes isolées ou parce que la culture phénicienne y a duré jusqu’à l’époque romaine, étaient des villes qui avaient été fondées lors de la première migration phénicienne ou lorsque Carthage, ayant acquis la prépondérance, fonda elle-même de nouvelles colonies, au vie et au ve siècle avant l’ère chrétienne.

On attribue aux Phéniciens la fondation d’Hadrumète, mais on ne connaît pas du tout l’origine de villes voisines comme Gigthis, Tacapae, Thaenae ou Thapsus.

Par analogie avec l’époque romaine, on peut supposer que quelques-unes de ces villes tiraient de la pêche une partie de leur richesse. La prépondérance de Carthage n’était pas seulement politique et écono¬ mique, mais aussi démographique. D’après Strabon, la ville (à l’exclusion du faubourg appelé Mégara) comptait 700 000 habitants, mais ce chiffre est peut-être exagéré.

D’après le nombre, tel qu’on a pu l’évaluer, des vaisseaux que Carthage pouvait envoyer au combat au vie et au ve siècle avant l’ère chrétienne, il semblerait qu’elle ait eu à peu près autant d’habitants qu’Athènes à la même époque, c’est-à-dire entre 400 000 et 500 000.

Seule la population de Syracuse, en Sicile, approchait d’un tel chiffre. Carthage était donc plusieurs fois plus peuplée que toute autre ville phénicienne, ancienne ou nouvelle. Il est intéressant de remarquer qu’à l’époque romaine la même disproportion existait entre la population de la « métropole » et celle des autres villes.

L’accroissement démographique, dont il est impossible aujourd’hui de déter¬ miner les phases, conduisit inévitablement Carthage à exploiter directement un vaste territoire, à commencer certainement par le cap Bon. Plus tard, sans doute au ve siècle avant l’ère chrétienne, l’administration directe fut étendue à l’ouest et au sud jusqu’à une ligne qui allait en gros de Thabraca à Thaenae. Au VIe siècle avant l’ère chrétienne, le Syracusain Agathocle s’étonnait de la prospérité à laquelle Carthage était parvenue; plus tard, après la destruction de la ville, un traité d’agriculture écrit par un Carthaginois nommé Magon fut traduit en latin. Des extraits tirés plus tard par un compilateur byzantin de cet ouvrage aujourd’hui disparu furent traduits en arabe, en Espagne, au Moyen Age. Les principales activités agricoles étaient la culture des fruits et des céréales, celle des oliviers et l’élevage du bétail. Une partie des fermes créées par les Carthaginois étaient exploitées grâce au travail des esclaves, mais un grand nombre de terres étaient probablement entre les mains des indigènes et des Phéniciens eux-mêmes. Les techniques agricoles étaient dérivées de celles qui avaient cours depuis longtemps dans les régions fertiles de la Syrie et du Liban. L’influence des Phéniciens sur la culture des populations indigènes du Maghreb fut profonde et durable. Pendant plusieurs siècles, d’innombrables indigènes servirent dans les armées de mercenaires sous les ordres des Cartha¬ ginois; ces soldats étaient soit des conscrits originaires des territoires qui étaient sous la domination de Carthage, soit des mercenaires. Les familles dirigeantes de Carthage et celles des chefs de kabila libyens s’unirent par des mariages, pour des raisons politiques, au me siècle avant l’ère chrétienne; les mariages entre Carthaginois et indigènes étaient probablement déjà fréquents dans le reste de la population. D’importants monuments du ive et du me siècle avant l’ère chrétienne, comme le tumulus de Mzora et le Medracen, non seulement témoignent de l’influence phénicienne sur l’architecture, mais indiquent aussi que les populations indigènes connurent des changements sociaux et économiques qui conduisirent à la formation de structures capables de mobiliser les ressources nécessaires à des entreprises considérables.

De nouveaux États firent leur apparition après la deuxième guerre punique (de 218 à 202) lorsque Carthage commença à décliner. Massinissa, qui régna de 204 à 148 environ sur une grande partie de la région qui devint plus tard la province romaine de Numidie, encouragea la tendance, déjà présente chez ses sujets, à pratiquer l’agriculture sous une forme sédentaire, en particulier la culture des céréales. A cette époque, la forme tardive du phénicien appelée néo-punique devint la langue véhiculaire de tout le Maghreb ; c’est dans cette langue que les inscriptions étaient rédigées sur les pièces de monnaie indigènes et sur les monuments funéraires. Le Maghreb reçut profon¬ dément l’empreinte de la religion et de l’art phéniciens. La capitale de Massi¬ nissa, Cirta, prit l’aspect d’une véritable ville et l’on constate ailleurs une ébauche d’urbanisation. Immédiatement avant et après la destruction de Carthage ( 146), de nombreux habitants de cette ville s’enfuirent en Numidie et, plus à l’ouest, en Mauritanie, ce qui accentua l’influence de la culture phénicienne. II faut aussi rappeler que, malgré la destruction de Carthage, un certain nombre de communautés phéniciennes survécurent, notamment celle d’Utique. Étant donné qu’après la destruction de Carthage la seule partie du Maghreb à laquelle les Romains s’intéressèrent directement fut le nord de la Tunisie, les royaumes indigènes de Numidie et de Mauritanie conservèrent, pendant un siècle encore, au moins une semi-indépendance sous la protection de Rome. La vitalité du mélange des cultures phénicienne et libyenne est attestée par la façon dont plusieurs centres de population commencèrent à s’urbaniser indépendamment de l’arrivée d’un nombre considérable d’immi¬ grants venus d’Italie sous César et Auguste. Plus de trente communautés implan¬ tées dans une vaste région qui s’étendait de Volubilis à Leptis Magna conti¬ nuèrent jusque vers la fin du Ier siècle de l’ère chrétienne à donner à leurs principaux magistrats le vieux titre phénicien de sufet, et les noms phéniciens furent conservés jusqu’à cette époque. Bien que, d’une façon générale, la culture latine soit alors devenue prépondérante, il n’est pas certain que le nombre total des immigrants venus d’Italie ait dépassé celui des colons phéniciens de la période initiale, du moins dans ce qui est aujourd’hui la Tunisie.

Les auteurs grecs et romains ont condamné la violence de la religion carthaginoise à cause de la longue persistance des sacrifices humains attestée par les nécropoles dites tophet découvertes à Carthage, à Hadrumète et à Cirta, et où les cendres des victimes étaient enterrées dans des urnes sous des stèles portant des inscriptions.

Dans le système polythéiste des Carthaginois, la divinité suprême était Baal Hammon, mais la déesse Tanit, qui était proba¬ blement d’origine libyenne, faisait également l’objet d’un culte très répandu. Le culte de ces divinités et les tophet se diffusèrent à travers tout le Maghreb.

A l’époque romaine, Baal Hammon fut, en tant que divinité suprême, identifié à Saturne (et non pas à Jupiter) dans toutes les communautés, romanisées ou non, et Tanit garda sa popularité sous le nom de Caelestis. Les noms en usage dans les colonies phéniciennes, qui étaient principalement dérivés des noms des divinités, furent conservés, souvent sous une forme latine, jusqu’à la fin de l’époque romaine.

On a souvent noté que la ferveur des premiers chrétiens et des premiers musulmans du Maghreb avait son origine ou du moins avait eu son pendant à l’époque phénicienne.

Pendant la domination romaine sur le Maghreb, la population d’origine sémite s’accrut légèrement grâce à des apports provenant de deux sources différentes. Les plus nombreux immigrants d’origine sémite venaient de Syrie, c’est-à-dire essentiellement de la province romaine de Syrie, mais aussi de la province d’Arabie créée sous Trajan.

La présence des Syriens n’est établie que par des inscriptions; en fait, ils constituent le groupe d’immigrants le plus nombreux dont la présence soit attestée dans le Maghreb à l’époque romaine, si l’on excepte les immigrants venus d’Italie. Il semble que cette prépondérance ait été réelle, même si elle était due en partie au fait que leurs noms étaient identifiables par leurs caractères distinctifs.

On retrouve les Syriens dans toutes les régions du Maghreb romain, y compris Volubilis et d’autres villes de la Mauritanie tingitane. Il est normal de rattacher la présence d’une grande partie d’entre eux aux possibilités commerciales offertes par le Maghreb, surtout à compter du IIe siècle de l’ère chrétienne.

Rien ne prouve qu’ils constituaient une fraction importante de la classe des propriétaires terriens.

Mais il faut ajouter à ces marchands et négociants les soldats d’origine syrienne cavaliers ou archers que l’on trouve dans la province au 1e siècle de l’ère chrétienne dans un certain nombre d’unités. Ces formations, admirablement choisies en vue de la surveillance du limes africain, étaient naturellement cantonnées surtout dans le sud de la Numidie, à Lámbese, à Calceus Herculis et à Castellum Dimmidi, à la limite du territoire contrôlé par les Romains.

La présence d’éléments juifs nous est plus connue par la littérature (et par les conjectures des historiens) que par des inscriptions. Tacite rapporte une légende d’origine inconnue selon laquelle des Juifs chassés de Crète se seraient établis en Libye; cette légende fait partie d’un ensemble de récits du même genre exprimant les hypothèses que les amateurs cultivés faisaient fréquemment dans l’Antiquité au sujet des commencements de l’histoire des Juifs; elle n’a aucun fondement historique.

Les auteurs grecs et latins non seulement n’avaient pas lu les Septante, mais ils ne connaissaient même pas l’duvre de Flavius Josephe. On ne sait si des Juifs ont vécu dans la Carthage phénicienne, bien que le fait soit évidemment possible. A l’époque romaine, le Talmud parle de rabbins résidant à Carthage que l’on peut situer de façon certaine au 11e et au me siècle de l’ère chrétienne, et Tertullien (me siècle de l’ère chrétienne) laisse entendre dans plusieurs de ses ouvrages qu’à son époque il y avait à Carthage une importante colonie juive; plus tard, des auteurs comme Augustin et Jérôme signalent la présence de Juifs à Oea, Simitthus, Uzalis et Hippone. Il y avait un cimetière juif à Gammarth, aux portes de Carthage, et peut-être de petites synagogues à Hammam Lif et à Leptis Magna.

Les inscriptions, principalement celles de Gammarth, font apparaître une forte prédominance de la langue latine et des noms latins, bien que l’on rencontre aussi des noms bien connus comme Aaron, Joseph et lehouda. Les données archéologiques montrent que les Juifs qui vivaient dans le Maghreb à l’époque romaine étaient des Juifs de la Diaspora venus d’Italie (y compris Rome même), et non pas de Judée.

Ils étaient concentrés dans le nord de la Tunisie et l’on peut raisonnablement penser qu’un grand nombre d’entre eux exeçaient, comme les Syriens, des activités commerciales. Il y a presque quarante ans, M. Simon, dans Le judaïsme berbère dans l’Afrique ancienne, a fait état d’un passage bien connu d’Ibn Khaldûn relatif à des Berbères vivant en particulier dans les Aurès et dans le Maroc actuel qui auraient été convertis au judaïsme par des israélites de Syrie

. Cette affirmation d’Ibn Khaldûn est accompagnée d’une généalogie qui fait remonter les Berbères à Canaan, à Cham et à Noé.

Simon a émis l’hypothèse que cette croyance serait née chez les Juifs rebelles qui, lors de la grande révolte juive survenue en Cyrénaïque à l’époque d’Hadrien, s’étaient enfuis à l’intérieur du Maghreb; ils auraient réussi à convertir les populations indigènes parce qu’elles avaient été « punicisées ».

Ces Berbères convertis au judaïsme auraient constitué un lien entre la période phénicienne et la période islamique. L’hypothèse de Simon n’a cependant pas été confirmée par la découverte de traces d’une communauté juive ailleurs que sur la côte, et d’une façon générale on peut dire que l’on ne connaît pas assez la religion berbère pour juger de l’exactitude de l’affirmation d’Ibn Khaldûn. En fait, s’il existe un lien entre les périodes phénicienne et islamique, il faudrait le chercher dans les populations cosmopolites des villes, surtout en Tunisie, dans la mesure où ces villes ont duré jusqu’au xie siècle de l’ère chrétienne. »

Libya Antiqua source

Représentation d’une maison sur pilotis du pays de Pount – Relief du temple d’Hatchepsout à Deir el-Bahari wikipedia

Le Pays de Pount, également appelé Ta Nétjer qui signifie « Pays du dieu », est un site commercial qui apparaît dans les récits de l’Égypte antique, dont la localisation est encore incertaine.

La majorité des auteurs situent aujourd’hui le site sur la côte africaine de la mer Rouge, allant des confins érythréo-soudanais au nord de l’actuelle Somalie.

D’autres ont proposé une localisation de part et d’autre de la mer Rouge incluant le sud de la péninsule arabique, d’autres plus rares désignent le Levant. (wikipedia)

Emplacement supposé autour de la mer Rouge
Emplacement supposé autour de la mer Rouge

Certains chercheurs ont suggéré qu’il existerait un lien entre les Phéniciens et le pays de Pount, théories basées sur la similitude entre le mot « Put » ou « Phut » – quoique ce mot ne se réfère ni à Pount, ni à la Phénicie. Cette hypothèse est aujourd’hui considérée comme erronée. Il faut en effet noter que la pirouette que l’on fait parfois faire à l’étymologie est surprenante. Le terme « phénicien » vient de « phoïnix » en grec, qui est littéralement la « couleur de sang » ou teinture pourpre que les Cananéens (à l’âge du bronze) puis leurs successeurs Phéniciens (à l’âge du fer) tiraient du murex, mollusque méditerranéen. C’était leur produit exporté le plus connu. On attend donc de voir le lien philologique avec « Pwnt » de l’égyptien ancien.  (wikipedia)

Portrait du roi des Himyarites Yusof Dhu-Nawas

Le mot « mer Rouge » appliqué par les  Grecs à l’ ensemble des eaux orientales viens de « Himyar » ou « Rouge » en arabe, le héros éponyme des arabes Himyarites, le gène E1b1b (présent chez les berbères)  viens de Somalie sur la mer rouge. Comemnt les anciens historiens pouvait-ils savoir que les berbères d’occident avait un lien avec le yémén, canaan ou la somalie?

ARABIA, Himyarites. Amdan Bayyin Yanaf. Circa 50-150 AD.
ARABIA, Himyarites. Amdan Bayyin Yanaf. Circa 50-150 AD.
 Un soldat yéménite de la tribu de Khaulan, qui remonte historiquement à l'époque Sabéens.
Un soldat yéménite de la tribu de Khawlan, qui remonte historiquement à l’époque des Sabéens.
Île Tarut dans les années soixante

L’île de Tarout (anglais : Tarut) est une île du golfe Persique, au large de Qatif, dans la province orientale d’ach-Charqiya d’Arabie saoudite.

Tarout signifie bonté et beauté dans les langues sémitiques. Le nom de l’île varie, TARO, THARRO, TWARO’, dans la littérature grecque, dont la fameuse «Géographie de Ptolémée», Taru dans les textes chinois, et Ashtarut dans l’histoire arabe.

Les Cananéens et les Phéniciens, qui y ont vécu à l’origine, amoureux de la beauté du site et de la ville, l’ont nommée Ashtarut.

Socotra ou Suqutra, en arabe سقطرى, est une île du Yémen située en mer d'Arabie, dans le Nord-Ouest de l'océan Indien, à l'entrée du golfe d'Aden. Selon le géographe arabe du xiie siècle, Edresi, après avoir conquis l'Égypte, Alexandre le Grand, incité par Aristote, y aurait installé une colonie ionienne2. Dans Le Périple de la mer Érythrée datant du Ier siècle, l'île est nommée Dioscoride (Dioscoridis Insula, signifiant en koinè île des Dioscures). Elle est décrite comme grande, semi-déserte et marécageuse, et possédant quelques rivières. La faune est composée de serpents, de grands lézards et de tortues. Ses habitants, chrétiens nestoriens, sont un mélange d'Arabes, de Grecs et d'Indiens, pêcheurs et marins. Ils sont peu nombreux et vivent sur la cote septentrionale. Des ermites vivent dans les haghiers (creux dans le grès) du sud de l'île3. Avant l'expansion de l'islam en 639, l'île est un comptoir égypto-byzantin4 qui commerce avec les chrétiens de Kerala, en Inde. Après 639, son histoire est celle de l'Arabie méridionale. Elle devient une escale des boutres arabes en route vers la côte orientale de l'Afrique. Le Portugal, alors en expansion dans l'océan Indien et la mer Rouge, y fonde un comptoir commercial en 1505
Socotra ou Suqutra, en arabe سقطرى, est une île du Yémen située en mer d’Arabie, dans le Nord-Ouest de l’océan Indien, à l’entrée du golfe d’Aden. Selon les phénicien, cette île renferme le mythique Phoenix .

Selon le géographe arabe du xiie siècle, al-Idrissi , après avoir conquis l’Égypte, Alexandre le Grand, incité par Aristote, y aurait installé une colonie ionienne.
Dans Le Périple de la mer Érythrée datant du Ier siècle, l’île est nommée Dioscoride (Dioscoridis Insula, signifiant en koinè île des Dioscures). Elle est décrite comme grande, semi-déserte et marécageuse, et possédant quelques rivières. La faune est composée de serpents, de grands lézards et de tortues.

Ses habitants, chrétiens nestoriens, sont un mélange d’Arabes, de Grecs et d’Indiens, pêcheurs et marins. Ils sont peu nombreux et vivent sur la cote septentrionale.  Des ermites vivent dans les haghiers (creux dans le grès) du sud de l’île.
Avant l’expansion de l’islam en 639, l’île est un comptoir égypto-byzantin qui commerce avec les chrétiens de Kerala, en Inde.
Après 639, son histoire est celle de l’Arabie méridionale. Elle devient une escale des boutres arabes en route vers la côte orientale de l’Afrique.
Le Portugal, alors en expansion dans l’océan Indien et la mer Rouge, y fonde un comptoir commercial en 1505

Le géographe arabe abbasside al-Masudi (mort en 956) nous décris  Socotra : « La même mer renferme l’île de Socothora, où pousse l’aloès socothorien. La situation de cette île est près du pays des Zendj et de celui des Arabes.

La plupart de ses habitants sont chrétiens; cette circonstance vient de ce que, lorsque Alexandre fit la conquête de la Perse, il était en correspondance avec son maître, Aristote, et lui rendait compte des pays qu’il parcourait successivement.

Aristote engagea Alexandre à soumettre une île nommée Socothora, qui produit le sabr, nom d’une drogue du premier ordre, sans laquelle un médicament ne pourrait pas être complet (216).

Aristote conseilla de faire évacuer l’île par les indigènes, et d’y établir des Grecs, qui seraient chargés de la garder, et qui enverraient la drogue en Syrie, dans la Grèce et en Egypte.

Alexandre fit évacuer l’île et y envoya une colonie de Grecs. En même temps, il ordonna aux gouverneurs de provinces, qui, depuis la mort de Darius, obéissaient à lui seul, de veiller à la garde de cette île.

Les habitants se trouvèrent donc en sûreté, jusqu’à l’avènement du Messie.

Les Grecs de l’île entendirent parler de Jésus, et, à l’exemple des Romains, ils embrassèrent la religion chrétienne. Les restes de ces Grecs se sont maintenus jusqu’aujourd’hui, bien que, dans l’île, il se soit conservé des hommes d’une autre race « 

Cosmas dit, dans la Topographie chrétienne, que, de son temps, « l’Ile était occupée par des Grecs, des Arabes et des Indiens, c’est-à-dire des indigènes ». Le même fait avait déjà été mentionné dans le Périple de la mer d’Erythrée, p. 17. Le récit de l’auteur arabe se retrouve, avec quelques circonstances de plus, dans le Traité d’Edrisi, t. Ier de la trad. franc., p. 47 et 48. Voy. aussi les notes de Renaudot.

Localisation des arabes Mehri , Himyarites
Localisation des arabes Mehri , Himyarites

Le géographe arabe abbasside al-Masudi (mort en 956) nous décris ses arabes Mehrite : « L’ambre est rare dans la mer Larewi, mais il se trouve en grande quantité sur les côtes de Zendj et sur le littoral d’ech-Chihr en Arabie.

Les habitants de ce dernier pays sont tous des descendants de Kodaâh, fils de Malik, fils de Himiar, mêlés à d’autres Arabes ; on les comprend tous sous le nom de Maharah.

Ils ont une chevelure épaisse et tombant sur les épaules ; leur langage diffère de celui des Arabes.

Ainsi ils mettent le chin à la place du kef et disent, par exemple, hel lech fima koulta li (as-tu le pouvoir de faire ce que tu m’as dit ?), pour lek ; ou bien, koultou lech en tedjâla ellezi mâi fillezi mâech (je t’ai dit de mettre ce qui est chez moi avec ce qui est chez toi), pour leket mâk ; ils ont encore d’autres locutions étranges dans leur conversation.

Ils sont pauvres et misérables, mais ils ont une race excellente de chameaux, connue sous le nom de mahariieh, qu’ils montent la nuit, et qui, pour la vitesse, égalent les chameaux du Bodja et les dépassent même, d’après l’avis de bien des personnes.

Ils se rendent avec eux au rivage de la mer, et aussitôt que le chameau aperçoit l’ambre que les flots ont rejeté, il s’agenouille, ainsi qu’il y est dressé, et le cavalier ramasse cette substance. » 

File:Modern South Arabian Languages.svgSuivant Reinaud plusieurs tribus arabes du Yémen dans les premiers siècles de l’ère chrétienne chassées par les Êthiopiens cherchèrent un asile en « berberie » Ces Yèmenites parlaient une langue mêlée d’hébreu de phénicien et de grec. 

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