Règne du calife Abbasside Abd-Allah al-Mamun ( 813-833) par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri »

Publié le Mis à jour le

Le calife Abbasside al-Mamun
Le calife Abbasside al-Mamun

Règne du calife Abbasside Abd Allah  al-Mamun ( 813-833) par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri »

Après Amin, régna son frère ‘Abd Allah Mamoun, qui reçut l’investiture publique à Bagdad en l’année 198 (813 de J.-C).

C’est un des princes ‘abbâsides les plus distingués sous le rapport de la science, de la sagesse et de la douceur.

Il était intelligent, ferme et généreux.

On raconte qu’étant à Damas, il éprouva une grande gêne dans l’état de ses finances, et que son trésor se trouva presque épuisé.

Il se plaignit de sa position financière à son frère Mou’tasim, qui gouvernait en son nom plusieurs provinces.

Ce prince lui dit :

« Emir des Croyants, tu peux te regarder comme déjà en possession de trésors considérables, car dans une semaine ils te seront livrés. »

En effet, dans cet intervalle, 30 billions de drachmes furent apportés des provinces que gouvernait Mou’tasim.

Alors Mamoun dit à Yahya,[15] fils d’Aktham[16] : « Viens avec moi voir les trésors [qui me sont envoyés]. »

Baghdad capitale  des Abbassides
Baghdad capitale des Abbassides

Le khalife et Yahya, suivis d’une foule d’habitants, sortirent de la ville.

Le convoi était disposé avec faste et magnificence.

Mamoun fut agréablement surpris de voir tant de richesses.

Les spectateurs, non moins émerveillés, s’en réjouirent.

Alors le khalife prononça ces paroles :

« Ce serait une honte pour nous de retourner au palais avec toutes ces richesses, tandis que le peuple s’en irait chez lui les mains vides. »

Puis, il ordonna à son secrétaire d’assigner à l’un un million de drachmes, à un autre une somme égale, à un autre une somme plus considérable, jusqu’à ce qu’il eût distribué 24 billions sans descendre de cheval.[17]

Le reste, il l’abandonna à l’intendant général de l’armée pour l’entretien des troupes.

Tète couronné (Abbasside) d'Asie central du 8 ou 9 eme siècle    contemporaine du célèbre calife Abbasside al-Mamun  Abû al-`Abbâs al-Ma'mûn `Abd Allah ben Hârûn ar-Rachîd surnommé al-Mamûn ou Almamon  (Celui en qui on a confiance) est né le 13 septembre 786 à Bagdad et mort à Tarse le 10 août 8333, à l'âge de quarante-sept ans, était un calife abbasside qui régna de 813 à 833.
Tète couronné d’Asie central du 8 ou 9 eme siècle contemporaine du célèbre calife Abbasside al-Mamun Abû al-`Abbâs al-Ma’mûn `Abd Allah ben Hârûn ar-Rachîd surnommé al-Mamûn ou Almamon (Celui en qui on a confiance) est né le 13 septembre 786 à Bagdad et mort à Tarse le 10 août 833, à l’âge de quarante-sept ans, était un calife abbasside qui régna de 813 à 833.

Sache que Mamoun fut un des plus grands khalifes et un des hommes les plus intelligents.

Il fit de nombreuses innovations dans son empire.

Par exemple, il est le premier khalife qui se soit intéressé aux sciences philosophiques et qui, en ayant fait venir les ouvrages, les fit traduire en arabe.

Il les fit connaître dans son empire.

Il expliqua Euclide et approfondit les sciences des anciens; il discuta les questions médicales et il appela à sa cour les philosophes.

Traduction arabe de Dscordide Iraq ou Syrie
Traduction arabe de la matéria médica Dioscoride Iraq ou Syrie, l’époque Abbasside a vue au jour la traduction de tout les textes antiques.

C’est Mamoun qui fixa à deux cinquièmes du produit brut la quote-part que les populations du Sawâd devaient payer au trésor, tandis qu’ils payaient habituellement la moitié.

Il obligea les Musulmans à professer que le Coran avait été créé; et cette doctrine se répandit sous son règne.[18]

Ahmad, fils de Hanbal[19] et d’autres soutinrent des controverses à ce sujet.

En mourant, Mamoun recommanda à son frère Mou’tasim de soutenir cette doctrine.

Quand ce dernier monta sur le trône, il confirma la doctrine émise par son prédécesseur et fit frapper de verges Ahmad, fils de Hanbal.

C’est ce que nous raconterons en son lieu et place.

C’est aussi Mamoun qui fit passer la couronne de la famille des Abbâsides dans celle d’Ali (sur lui soit le salut !) et qui fit adopter la couleur verte à la place de la couleur noire.

On dit que c’est la couleur des vêtements que portent les élus dans le paradis.

Soldats abbasside sur un pont de Baghdad au temps d'Harun al-Rashid et al-Mamun
Soldats abbasside sur un pont de Baghdad au temps d’Harun al-Rashid et al-Mamun, avec le noir des Abbassides

Voici l’explication de ce fait politique.

Mamoun, ayant réfléchi à la destinée du khalifat après sa mort, avait voulu le transmettre à un homme qui en fût digne, afin de dégager sa responsabilité. Du moins il le prétendit.

Il aurait examiné, affirme-t-il, le mérite des personnages les plus éminents des deux familles : la famille des Abbâsides et celle des ‘Alides.

Dans les deux familles, il n’aurait pas trouvé une personne plus honorable, plus distinguée, plus intègre et plus pieuse qu’Ali, fils de Moussa ar-Rida.[20]

En conséquence, il le nomma son héritier présomptif et confirma ce choix par un acte écrit de sa main.

Ensuite, il voulut obtenir l’assentiment de Rida. Celui-ci, après quelques difficultés, finit par accepter.

Il écrivit sur la charte de Mamoun :

« Je m’engage à me conformer à cet ordre, bien que le Djafr et la Djâmi’a[21] indiquent le contraire. »

Acte en fut pris à leur égard par des témoins.

C’était Fadl, fils de Sahl, le vizir de Mamoun, qui avait conseillé cet acte et qui avait persuadé le khalife de son opportunité. Le peuple prêta alors le serment de fidélité à Ali, fils de Moussa, comme successeur de Mamoun, et il fut surnommé Rida, l’Elu d’entre la famille de Muhammad (sur lui soient les bénédictions d’Allah!).

Mamoun ordonna aux gens de quitter les vêtements noirs et d’adopter le vert.

Ces événements se passaient dans le Khorasan. Aussi, lorsque les ‘Abbâsides eurent appris à Bagdad que Mamoun avait transféré le khalifat de la dynastie ‘abbâside à la dynastie alîde, et qu’il avait remplacé la couleur de ses pères et de ses aïeux par la couleur verte, ils le désapprouvèrent, puis, l’ayant déposé, ils prêtèrent le serment de fidélité à son oncle Ibrahim, fils de Mahdî, qui était un homme supérieur, poète, éloquent, cultivé, chanteur habile et doué d’un esprit pénétrant.

Le poète et  prince de la dynastie arabe des Hamdanides du Sham vassaux des Abbassides  Abu Firas al-Hamdani al-Taghlibi
Le poète et prince de la dynastie arabe des Hamdanides du Sham vassaux des Abbassides Abu Firas al-Hamdani al-Taghlibi

C’est à lui que fait allusion Abou Firâs, fils de Hamdân, dans son poème rimant en mîm, au vers suivant :

Est-ce de votre famille ou de la leur qu’est issue ‘Oulayya[22] ?

Est-ce à eux ou à vous qu’appartient Ibrahim, le cheikh des chanteurs ?

Cette époque fut féconde en troubles, en révoltes et en guerres. En apprenant l’émeute de Bagdad, Mamoun entra dans une violente colère.[23] Fadl, fils de Sahl, fut assassiné, puis, après lui, mourut ‘Ali, fils de Moussa, d’une [indigestion] de raisin.

On prétend que Mamoun, voyant que la population de Bagdad le désapprouvait d’avoir fait passer le khalifat dans les descendants d’Ali, qu’elle regardait Fadl, fils de Sahl, comme l’instigateur de cet acte, et ayant vu, d’autre part, éclater la guerre civile, soudoya des gens qui tuèrent Fadl, fils de Sahl, au bain.

Ensuite, Mamoun les fit arrêter et amener pour leur trancher le cou. Mais ils lui dirent :

« Comment, c’est toi qui nous as ordonné ce meurtre et maintenant tu veux nous mettre à mort !

— .Je vous condamne à mort, leur répondit-il, sur votre aveu ; tandis que votre allégation contre moi, d’après laquelle je vous aurais ordonné ce meurtre, c’est une prétention qui ne s’appuie sur aucune preuve. »

Puis il les fit décapiter et porter leurs têtes à Hasan, fils de Sahl, à qui il écrivit ses condoléances et qu’il investit (du vizirat) à la place de son frère.

A cet événement se rattachent d’autres faits, dont nous parlerons à l’occasion du récit sur le vizirat de Fadl.

Puis, Mamoun fit servir traîtreusement à ‘Ali, fils de Moussa, du poison dans du raisin. Comme ‘Ali aimait beaucoup le raisin, il en mangea une grande quantité et mourut sur-le-champ.[24]

Le khalife écrivit ensuite aux ‘Abbâsides de Bagdad, en leur disant:

« Ce que vous désapprouviez dans l’affaire d’Ali, fils de Moussa, n’existe plus, car l’homme est mort. » Mais ils lui adressèrent une réponse des plus sévères.

Fadl, fils de Sahl, s’était emparé de l’esprit de Mamoun et avait employé de nombreux moyens pour gagner sa confiance, en servant sa cause et en déployant tous ses efforts pour le faire parvenir au khalifat.

Il empêchait les nouvelles d’arriver jusqu’à lui, et lorsqu’il apprenait qu’un personnage quelconque était entré auprès de Mamoun ou lui avait communiqué une nouvelle, il s’appliquait à lui nuire et le châtiait. Aussi, les gens s’interdirent-ils de communiquer avec Mamoun, de sorte que les nouvelles demeurèrent entièrement ignorées de lui.

Aussi, lorsque la révolte éclata à Bagdad et que Mamoun fut déposé, lorsqu’Ibrahim, fils de Mahdi, fut proclamé khalife et que les ‘Abbâsides eurent désapprouvé la conduite de Mamoun, Fadl lui cacha pendant quelque temps ces événements.

Mais ‘Ali, fils de Moussa Rida, vint trouver Mamoun et lui dit :

« Emir des Croyants, le peuple à Bagdad te désapprouve de m’avoir fait proclamer héritier présomptif du trône et d’avoir aboli le costume noir. Il t’a déposé et a prêté le serment de fidélité à ton oncle Ibrahim, fils de Mahdi.»

De plus, Ali[25] fit venir devant Mamoun une partie des caïds pour lui confirmer cette nouvelle.

Mais quand Mamoun les questionna, ils gardèrent le silence, puis dirent :

« Nous craignons Fadl, mais si tu nous garantis contre le mal qu’il pourrait nous faire, nous te mettrons au courant. » Mamoun leur assura sa protection et leur donna une sauvegarde écrite de sa main. Les caïds l’informèrent alors de l’état des choses et lui firent connaître la perfidie de Fadl,[26] qui lui cachait les nouvelles et le maintenait dans une complète ignorance des affaires.

Ils ajoutèrent :

« Notre avis est que tu te transportes en personne à Bagdad et que tu préviennes l’anéantissement de ton autorité. Sinon le khalifat t’échappera des mains. »

Ce fut peu de temps après cet entretien que Fadl fut tué et que Rida mourut, ainsi qu’il a été expliqué plus haut.

Traduction arabe abbasside de Matéria Medica de Dioscorides 13eme siècle
Traduction arabe abbasside de Matéria Medica de Dioscorides 13eme siècle

En conséquence, Mamoun partit à marches forcées pour Bagdad.

Quand il y arriva, Ibrahim, fils de Mahdî, et Fadl, fils de Rabi’, avaient déjà pris la fuite. En entrant dans la ville, Mamoun fut reçu par les ‘Abbâsides. qui l’entretinrent de leur désir de quitter la couleur verte pour reprendre la couleur noire. Zainab,[27] fille de Soulaimân, fils d’Ali, fils d’Abd Allah, fils d’Abbâs, eut une entrevue avec lui ; elle était alors considérée autant que Mansour.

Les enfants d’Abbâs avaient pour elle une haute considération,[28] et c’est d’elle que les zainabites tirent leur nom. Elle dit à Mamoun :

« Émir des Croyants, quel motif t’a déterminé à faire passer le khalifat de ta maison dans celle d’Ali.

— Ma tante, répondit-il, j’ai vu Ali, pendant son khalifat, faire du bien aux enfants d’Abbâs, nommer Abd Allah au gouvernement de Basra, Oubeïd Allah à celui du Yémen, et Qoutham à celui de Samarcande ; mais je n’ai vu aucun des princes de ma maison, quand le pouvoir leur est échu, agir avec autant de générosité à l’égard des descendants d’Ali. C’est pourquoi j’ai voulu lui rendre le bien pour le bien. »

Zainab lui répondit :

« Emir des Croyants, tu es plus à même de faire du bien aux descendants d’Ali, alors que tu es au pouvoir, que s’ils y étaient eux-mêmes. »

Ensuite, Zainab lui demanda d’abolir le port de la couleur verte. Mamoun le lui accorda et ordonna à ses gens d’abandonner la couleur verte et de reprendre le noir.

Mamoun pardonna, dans la suite, à son oncle Ibrahim, fils de Mahdî,[29] et, loin de lui adresser des reproches, il l’entoura de faveurs, et Ibrahim fut admis au nombre de ses familiers.

C’est de la même façon qu’il traita Fadl, fils de Rabi Mamoun, en effet, était doué d’une grande douceur de caractère et disait :

« Si les gens savaient combien j’aime à pardonner, ils se rapprocheraient de moi en commettant des crimes. »

Peinture  panoramique de la sainte Mecque de Muhammad ‘Abdallah, pour le the Delhi cartographer 1845
Peinture panoramique de la sainte Mecque de Muhammad ‘Abdallah, pour le « the Delhi cartographer » en 1845

C’est sous le règne de ce prince que se révolta, à La Mecque, Muhammad,[30] fils de Djafar as-Sâdiq (sur lui soit le salut !).

Il fut proclamé khalife et reçut le titre d’Emir des Croyants. Certains membres de sa famille lavaient engagé[31] à faire ce coup d’État, quand ils ont vu les nombreuses dissensions et les troubles dont Bagdad était le théâtre, et aussi les révoltes des Khâridjites.

Muhammad, fils de Djafar, était un des docteurs de la famille d’Abou Thâlib, et l’on étudiait la science sous sa direction. Il avait transmis de nombreuses traditions qu’il tenait de son père (sur lui soit le salut !).

II résida un certain temps à La Mecque, et ce furent son fils et un de ses cousins[32] qui prirent en mains la direction de ses affaires. Mais leur conduite ne fut pas digne d’éloges.[33]

Mamoun envoya contre eux une armée, qui remporta la victoire. Muhammad tomba au pouvoir de Mamoun, qui lui pardonna.

Sous le règne de ce prince. Abou-s- Sarâyâ[34] se révolta, et, sa puissance s’étant affermie, il invita les populations à se rattacher à la cause d’un des membres de la famille [d’Ali]; mais Hasan, fils de Sahl, lui livra une bataille: la victoire resta à l’armée de Mamoun et Abou-s-Sarâyâ fut tué.

Après ces événements, le règne de Mamoun devint plus calme et les guerres intestines s’apaisèrent.

Mamoun se chargea lui-même du fardeau du khalifat et de l’administration de l’empire avec les qualités qui caractérisent les plus fermes et les meilleurs d’entre les rois.

Vue du site de Tarse
Vue du site de Tarse (Tarasoûs) ou est mort le calife abbasside al-Mamun 

 

Vers la fin de son règne, il se rendit à la citadelle de Tarasoûs, où il mourut en 218 (= 833 de J.-C).

C’est à ce sujet qu’un poète a dit :

Nous n’avons pas vu que les astres aient protégé Mamoun, quand il était à l’ombre de son royaume si bien gardé !

Ils l’ont laissé à Tarasoûs, comme ils ont jadis laissé son père à Tous.[35]

Dinar du calife Abbasside al-Mamun de l'an 208 de l'hégire, 823 de l'ère chrétienne
Dinar du calife Abbasside al-Mamun de l’an 208 de l’hégire, 823 de l’ère chrétienne

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MA MOÛN

Les premiers vizirs de ce prince furent les Benou Sahl, dont le vizirat resplendit au front du temps comme une tache blanche [au front du cheval], comme une perle brillante dans la raie des cheveux de l’époque.

Ce fut comme un abrégé de la dynastie des Barmékides, dont ils étaient d’ailleurs les créatures.

Le premier d’entre eux qui devint vizir de Mamoun fut Fadl, fils de Sahl.

Le Calife Abbasside al-Mamun (régna de 813 à 833) et ses soldats sont accueillis par un homme avec un plateau de fruit, lors d'un des campagnes millitaire méné par Abû al-`Abbâs al-Ma'mûn `Abd Allah ibn Hârûn ar-Rachîd surnommé al-Mamûn
Le Calife Abbasside al-Mamun (régna de 813 à 833) et ses soldats sont accueillis par un homme avec un plateau de fruit, lors d’un des campagnes millitaire méné par Abû al-`Abbâs al-Ma’mûn `Abd Allah ibn Hârûn ar-Rachîd surnommé al-Mamûn

VIZIRAT DE DZOU-R-RIÂSATAIN (l’homme aux deux maîtrises) FADL, FILS DE SAHL, SOUS LE REGNE DE MAMOUN

Fadl fut surnommé Dzoû-r-Riâsatain (l’homme aux deux maîtrises), parce qu’il fut à la fois homme d’épée et de plume. Il descendait, dit-on, des rois mages de la Perse et avait été intendant (qahramân)[36] au service de Yahya, fils de Khalid [le Barmékide].

Son père, Sahl, d’abord élevé dans la religion des mages, se convertit à l’islamisme sous le règne d’Haroun er-Rachid.

On ajoute que, voyant les brillantes qualités de Mamoun dès son enfance, Fadl, fils de Sahl, qui était versé en astrologie, tira son horoscope; et, les astres lui ayant indiqué que ce prince serait un jour khalife, il fut assidu autour de lui, se mit à son service, s’occupa de ses affaires jusqu’à ce que, le khalifat étant échu à Mamoun, celui-ci le prit comme vizir.

Fadl était bienfaisant, noble, l’émule des Barmékides en générosité; aussi rigide dans le châtiment que prompt à compatir, il était plein de mansuétude, éloquent, au courant des procédés en usage avec les rois, fertile en ressources, d’une très vive intelligence et grand amasseur de richesses ; on l’appelait généralement le vizir-Emir.[37]

Le poète Mouslim, fils de Walid,[38] était un des familiers de Fadl, fils de Sahl, avant son vizirat.

Il lui avait récité naguère les vers suivants :

D’aucuns disent : « Il n’a pas d’énergie, »

— Non, c’est de l’argent que je n’ai pas.

Je n’ai pas la richesse pour soutenir mon inspiration; et les hommes sont les uns solliciteurs, les autres avares.

Attendons que le temps amène au pouvoir des hommes, sous les auspices desquels notre sort puisse être amélioré, grâce au leur.

Lorsque Fadl parvint à la haute situation où il atteignit, et qu’il fut investi du vizirat, Mouslim, fils de Walid, vint le trouver.

En le voyant, Fadl lui témoigna de la joie et lui dit : « Eh bien ! la voilà l’époque des hommes, sous les auspices desquels ton sort sera amélioré, grâce au leur. »

En même temps, il ordonna de lui remettre 30.000 drachmes et le nomma surintendant de la poste de Djourdjân, où il acquit une fortune considérable.

Avant de parvenir aux grandeurs, l’ambition de Dzoûr-Riâsatain était, dit-on, considérable.

Un jour, sous le règne d’Haroun er-Rachid, le précepteur de Mamoun dit à Fadl :

« Le prince royal est bien disposé en ta faveur, et je suis presque convaincu que tu gagneras avec lui un million de drachmes. »

Fadl se mit alors en colère et lui dit :

« As-tu donc de la haine contre moi ? T’ai-je fait du mal ?

— Non, par Allah ! dit le précepteur. Mes paroles ne sont inspirées que par l’affection que je te porte.

— Eh bien, alors, reprit Fadl, tu viens me dire : tu gagneras avec lui un million de drachmes, alors que

— j’en jure par Allah !

— je ne me suis point attaché à sa personne pour acquérir plus ou moins de fortune, mais bien pour que l’autorité de ce sceau (que tu vois à mon doigt) s’étende à la fois sur l’Orient et sur l’Occident. » En effet

— par Allah !

— il ne se passa guère longtemps qu’il n’atteignit l’objet de ses vœux. Fadl, fils de Sahl, fut assassiné dans les conditions relatées plus haut, et cela en l’année 202 (818 de J.-C). C’est de lui que le poète[39] a dit :

Fadl, fils de Sahl, a une main que l’on ne saurait comparer à rien d’aussi beau.

L’intérieur de cette main est le siège de la générosité, et le dessus est le rendez-vous des baisers [respectueux].

Quand il retend, c’est pour enrichir; quand il la lève, c’est pour exterminer.[40]

Le calife Abbasside  al-Mamun fait exécuter le premier mesurage du méridien
Le calife Abbasside al-Mamun fait exécuter le premier mesurage du méridien

VIZIRAT DE HASAN,[41] FILS DE SAHL, FRERE DE FADL, SOUS LE RÈGNE DE MAMOUN

Mamoun le prit comme vizir après son frère Fadl.

Il lui témoigna de la sympathie et chercha à le calmer, en le consolant de la douleur que lui avait causée l’assassinat de son frère, et il épousa sa fille Boûrân.[42]

Le khalife se rendit avec sa famille, sa cour, ses soldats et ses émirs à Fam as-soulh, près de Wâsit.

Ruine de l'ancienne Wasit , Iraq.
Ruine de l’ancienne Wasit , Iraq.

Hasan entreprit de leur donner une hospitalité magnifique et distribua de l’or et jeta des perles sur les assistants en quantité dépassant toute mesure.

Il en était arrivé à faire confectionner des petits melons  d’ambre, dans chacun desquels il avait enfermé un billet donnant droit à une de ses terres.

Il jeta les melons [aux convives], et tous ceux entre les mains de qui tombait un petit melon, l’ouvraient et se faisaient mettre en possession de la terre inscrite au dedans.[43]

Ce fut une cérémonie magnifique, dépassant les limites du faste et de l’abondance, à tel point que Mamoun traita son vizir de prodigue.

On dit que les sommes dépensées par Hasan, fils de Sahl, durant la fête de Fam as-soulh se montaient à 50 millions de drachmes.[44]

Hasan, fils de Sahl, avait fait étendre par terre, à l’intention de Mamoun, une natte tressée de fils d’or, et sur laquelle il[45] jeta 1.000 perles de la première grosseur.

En voyant cela, Mamoun s’écria :

« Qu’Allah combatte Abou Nouwâs ! On dirait qu’il avait assisté à notre réunion quand il composait ce vers :

On dirait que les plus petites ou les plus grandes[46] de ses bulles[47] sont des graviers de perles sur une terre d’or.

On rapporte qu’un individu se présenta à la porte de Hasan, fils de Sahl, cherchant à bénéficier de sa libéralité et sa bienfaisance.

Le vizir resta quelques instants sans faire attention à lui. Alors celui-ci lui écrivit [les vers suivants] :

La fortune et la raison sont du nombre des avantages qui permettent de stationner devant la porte des princes.

Or, tu verras que je n’ai ni l’une ni l’autre, lorsque tu m’auras regardé, ô descendant des nobles seigneurs persans.

Est-ce que mes habits ne l’indiquent pas ma misère? Est-ce que mon visage ne te dit pas que je suis le roi des fous ?

Et Allah sait assurément que, dans l’empire, tu es le seul homme qui puisse assurer le bonheur ici-bas et maintenir la religion.[48]

Hasan ordonna de lui remettre 10.000 drachmes et écrivit sur son placet [les deux vers suivants] :

Tu nous as pressé; aussi la précipitation de notre bienfaisance ne t’a offert qu’un présent modique ; mais si tu nous avais attendu, le présent n’eût pas été modique.

Prends donc le peu [que nous t’offrirons], et figure-toi que tu n’as rien demandé. De notre côté, nous nous considérerons comme n’ayant point été sollicité.[49]

Hasan, fils de Sahl, était l’homme qui occupait la situation la plus considérable auprès de Mamoun, qui aimait beaucoup s’entretenir avec lui ; lorsqu’il avait audience auprès de lui, le prince prolongeait à plaisir leur entretien, et chaque fois qu’il manifestait le désir de s’en aller, il l’en empêchait. Si bien que Hasan y perdait tout son temps.

Cette assiduité lui devint pénible ; aussi négligeait-t-il de se rendre aux audiences tenues par Mamoun et déléguait-il un de ses secrétaires, comme Ahmad, fils d’Abou Khalid[50] ou Ahmad, fils de Yousouf,[51]ou d’autres Bientôt, il fut atteint d’hypocondrie, dont la cause fut le chagrin qu’il conçut à la mort de son frère.

Il se retira alors dans sa maison pour se soigner, et vécut dans une complète retraite, ne recevant personne. Cependant, il n’en demeura pas moins le plus haut dignitaire de l’Etat.

Alors, Mamoun confia le vizirat à Ahmad, fils d’Abou Khalid, qui ne manquait à aucun moment d’aller se mettre au service de Hasan, fils de Sahl. Et lorsque ce dernier se rendait au palais du khalife, il était traité comme le plus haut dignitaire [de la cour]. A l’époque où il se retira dans son palais, un poète composa contre lui cette épigramme :

Hasan, fils de Sahl, a quitté le pouvoir sans que j’aie humecté mon gosier de sa rosée.[52]

Ne regrette pas son époque ; et qu’Allah fasse pleurer éternellement] les yeux de qui le pleure.

Hasan, fils de Sahl, mourut en 236 (850 de J.-C), sous le règne de Moutawakkil.

L'ambassadeur de l'empereur romain Théophilos, Jean le Grammairien chez le calife abbasside  Al-Mamoun
L’ambassadeur de l’empereur romain Théophilos (droite), Jean le Grammairien chez le calife abbasside Al-Mamoun (à gauche)

VIZIRAT D’AHMAD, FILS D’ABOU KHALID LE LOUCHE, SOUS LE RÈGNE DE MAMOUN

C’était un esclave affranchi, d’une haute valeur et comptait parmi les hommes les plus intelligents. Ecrivain habile, il était ferme, éloquent, judicieux, bien au courant des affaires [politiques].

Mamoun lui dit :

« Hasan, fils de Sahl, s’est retiré complètement chez lui et je veux te conférer la charge du vizirat. »

Ahmad chercha à éviter cet honneur en disant:

« Emir des Croyants, fais-moi la grâce seulement de ne pas prendre le titre de vizir et exige de moi tous les services qu’on peut exiger d’un vizir; fais qu’il y ait aussi entre moi et le peuple une haute situation que mes amis me souhaitent et où mes ennemis craignent de me voir arriver ; car quand on a gravi les sommets du pouvoir, on ne peut plus que déchoir. »

Mamoun goûta fort sa réponse et lui dit :

« Il faut que mon vœu s’accomplisse. » Et il lui confia le vizirat.

Au moment de confier à Tahir, fils de Housain, le gouvernement du Khorasan, Mamoun avait consulté Ahmad,[53] fils d’Abou Khalid, qui approuva le projet de nomination de Tahir. « Je crains, cependant, lui dit Mamoun, qu’il ne me trahisse, qu’il ne se rende indépendant et ne secoue le joug de l’obéissance.

— Je prends sur moi la responsabilité[54] de ce choix. »

Alors, Mamoun nomma Tahir gouverneur du Khorasan. Mais au bout de quelque temps, mécontent de sa conduite en certaines questions, il lui écrivit une lettre remplie de menaces. Tahir répondit au khalife par une lettre insolente et supprima la mention de son nom du prône (khotba) trois vendredis de suite.

Mamoun, informé de cet acte de désobéissance, dit à Ahmad, fils d’Abou Khalid :

« C’est toi qui m’as conseillé de nommer Tahir, en te portant garant des fautes qu’il pourrait commettre. Maintenant, tu vois ce qu’il a fait, en supprimant mon nom de la khotba et en sortant de l’obéissance. J’en jure par Allah, si tu ne t’ingénies pas à trouver une solution favorable à cette affaire, que tu as gâtée, je te ferai trancher le cou. »

Ahmad lui répondit :

« Emir des Croyants, tranquillise-toi, avant peu de jours le courrier de la poste t’annoncera la mort de Tahir. »

En effet, le vizir envoya à Tahir des présents, parmi lesquels se trouvaient des assaisonnements kawâmikhs empoisonnés. Tahir aimait les kawâmikhs ; il en mangea et mourut sur-le-champ.

Selon d’autres, lorsque Tahir fut nommé gouverneur du Khorasan, Ahmad, fils d’Abou Khalid, ne manqua pas de prévoir ce qui devait arriver par la suite, et, en conséquence, il donna en présent à Tahir un esclave, auquel il remit du poison en lui disant:

« Lorsque Tahir supprimera le nom de Mamoun de la khotba (prône), mets-lui ce poison dans un des mets qu’il aime le plus. » Et, en effet, le jour où Tahir retrancha le nom de Mamoun de la khotba, l’esclave lui mit le poison dans du kâmikh. Tahir en mangea et mourut quelques jours après.

La nouvelle de sa mort parvint à Mamoun par le courrier de la poste. Cet événement fut une des causes qui augmentèrent la puissance d’Ahmad, fils de Khalid, qui mourut de mort naturelle l’an 210 (825).

Le calife Abbasside al-Mamun envoie un émissaire à Theophilos empereur des Romains de Byzance
Le calife Abbasside al-Mamun (à droite) envoie un émissaire à Theophilos empereur des Romains de Byzance à gauche

VIZIRAT D’AHMAD, FILS DE YOUSOUF, FILS DE QASIM, SOUS LE RÈGNE DE MAMOUN

Ahmad était un esclave affranchi. Habile dans le style épistolaire, il avait d’éminentes qualités, et était, en outre, cultivé, poète, perspicace, parfaitement au courant des règles du gouvernement ainsi que des procédés en usage avec les rois.

On dit qu’à la mort d’Ahmad, fils d’Abou Khalid, Mamoun consulta Hasan, fils de Sahl, pour savoir à qui il confierait la chartre du vizirat. Hasan lui désigna Ahmad, fils de Yousouf, et Abou Abbâd, fils de Yahya, en ajoutant : « Ce sont les deux hommes qui, mieux que personne, connaissent le caractère de l’Emir des Croyants.

— Eh bien! dit le khalife, choisis pour moi l’un d’eux. » Hasan ayant choisi Ahmad, fils de Yousouf, Mamoun lui confia le vizirat.

Ce khalife demanda un jour à Ahmad, fils de Yousouf, son avis sur un homme. Ahmad, fils de Yousouf, lui en fit le portrait et lui vanta ses belles qualités.

« O Ahmad! lui dit alors le khalife, tu fais son éloge, malgré la mauvaise opinion que tu as de lui et son inimitié pour toi. »

Ahmad reprit : « C’est parce que ma position à ton égard ressemble à ce qu’a dit le poète :

Je le paie suffisamment des bienfaits dont tu m’as comblé, en le disant la vérité sur mes amis comme sur mes ennemis,[55]

Et en te préférant à moi-même, chaque fois que tu fais appel à moi pour une affaire.

Ce vizir est l’auteur de beaux vers, dont ceux-ci :

Mon cœur t’aime, ô toi, désir de mon cœur, et déteste ceux qui t’aiment,

Parce que je voudrais être seul à t’aimer. Plût au ciel que je connusse les dispositions de ton cœur !

Un jour de Naurouze (premier jour de l’an), Ahmad envoya à Mamoun un présent de la valeur d’un million de dinars, accompagné de ces deux vers :

L’esclave a des devoirs à remplir. Il doit s’en acquitter, quelle que soit la grandeur, quels que soient les mérites de son maître.

Ne vois-tu pas que nous offrons à Dieu des choses qui lui appartiennent et qu’il daigne les accepter, lui qui n’en a guère besoin ?

Mamoun dit à cette occasion: « C’est un homme d’esprit qui a fait un cadeau avec grâce. »

Voici la cause de la mort d’Ahmad :

Un jour qu’il était venu voir Mamoun au moment où celui-ci se parfumait avec une cassolette allumée, le khalife sortit la cassolette de dessous ses vêtements et ordonna de la placer sous les vêtements du vizir, pour lui faire honneur.

Mais les ennemis d’Ahmad rapportèrent au khalife qu’il avait dit :

« Que signifie cette économie de parfums ? Ne pouvait-il donc pas m’offrir un peu de nouveau parfum ? »

Ce propos mécontenta Mamoun, qui s’écria :

« Eh ! quoi, il m’accuse d’avarice, lui qui pourtant sait que ma dépense de chaque jour se monte à 6.000 dinars ! Je n’ai pas eu d’autre intention que de lui faire honneur en lui offrant une cassolette qui était sous mes propres vêtements. »

Une autrefois comme Ahmad entrait chez le khalife, au moment ou il se parfumait, celui-ci dit à ses esclaves :

« Jetez des morceaux d’ambre dans une grande cassolette que vous placerez au-dessous de lui, en ayant soin de l’envelopper d’une couverture qui empêche la fumée de l’encens de s’échapper. «

L’ordre fut exécuté. Ahmad supporta tout d’abord, mais bientôt, n’en pouvant plus, il s’écria :

« Je me meurs ! je me meurs ! »

Les esclaves le découvrirent, mais le vizir avait perdu connaissance. [Quand il eut repris l’usage de ses sens], il retourna chez lui, où il demeura plusieurs mois, souffrant d’un asthme, qui détermina sa mort.

Suivant un autre récit, il aurait été banni de la cour, pour une maladresse dont il se rendit coupable, et serait mort du chagrin que lui causa cette disgrâce.

Le calife abbasside al-Mamun  et le "barbier"
Le calife abbasside al-Mamun et le « barbier »

VIZIRAT D’ABOU ABBAD THABIT, FILS DE YAHYA, FILS DE YASAR AR-RAZÎ, SOUS LE REGNE DE MAMOUN

Abou ‘Abbâd était habile dans le style épistolaire, versé dans le calcul, d’un caractère vif, emporté et brutal. On raconte que, lorsque Mamoun le voyait arriver, il récitait ce vers de Di’bil[56] à son sujet :

On dirait un furieux échappé de Dair Hizqil (le couvent d’Ezéchiel), traînant après lui les chaînes qui le liaient.

Quelqu’un dit à Mamoun que le poète Dibil avait composé contre lui une satire.[57] Il répondit :

« Comment serais-je à l’abri des épigrammes d’un homme qui a osé satiriser Abou ‘Abbâd ?

En d’autres termes :

Comment celui qui a osé critiquer Abou ‘Abbâd, malgré son emportement, sa fureur et sa promptitude à punir, craindrait-il de lancer contre moi les traits de la satire, connaissant la douceur de mon caractère et mon amour de la clémence ? »

Abou ‘Abbâd était très emporté et irascible. Il lui arrivait souvent, quand il se mettait en colère contre une personne qui était devant lui, de lui lancer son encrier à la tête et de l’accabler d’injures et d’outrages.

Un jour, le poète Al-Ghâlibî vint le trouver et lui récita ces vers :

Lorsque nous fîmes arrêter nos montures auprès du vizir pour nous mettre à l’abri de sa générosité, il nous fit des présents.

La meule de l’empire de l’Imâm[58] s’est raffermie en s’appuyant sur Thâbit[59] qui a fait déborder sur nous la justice et la bienfaisance.

Il accueille ceux qui viennent se soumettre, avec un visage souriant et une grande libéralité; mais les rebelles, il les reçoit avec les lames indiennes et les lances.

C’est un homme qui ne s’est pas lassé d’être pour ses semblables tel un gras pâturage. C’est un homme qui n’a jamais cessé d’ouvrir son cœur à la générosité et d’être secourable.

Quand le poète arriva aux mots à la générosité, il s’arrêta, sa langue s’embarrassa et il se mit à répéter plusieurs fois : à la générosité, à la générosité; si bien qu’Abou ‘Abbâd, impatienté, s’emporta et dit :

« Eh bien! cheikh, dis cocu ou claqué,[60] et laisse-nous la paix! »

Tous les assistants partirent d’un éclat de rire tel, que le vizir, oubliant lui-même son dépit, se mit à rire avec les autres. Alors Al-Ghâlibî[61] acheva de rimer son vers par le mot secourable et reçut du vizir un présent.

Carte du Monde faite par les géographes Abbasside du calife Al-Mamun (813-833)
Carte du Monde faite par les géographes Abbasside du calife Al-Mamun (813-833)

VIZIRAT D’ABOU ABD ALLAH MUHAMMAD, FILS DE YAZDAD, FILS DE SOUAID, SOUS LE REGNE DE MAMOUN

Muhammad, fils de Yazdâd, fut le dernier des vizirs de Mamoun. Ses parents, originaires du Khorasan, étaient de la religion des mages, mais ils embrassèrent ensuite l’islamisme, et entrèrent au service des khalifes.

Souaid fut le premier d’entre eux qui se convertit à l’islamisme. Ayant perdu son père dès son enfance, sa mère le confia à un fonctionnaire de l’administration de la Perse. Il fit bientôt de grands progrès et acquit une foule de connaissances dans les sciences des Perses. Il s’appliqua ensuite à travailler assidûment au diwan de Merw.

Un jour qu’il pleuvait, le directeur du diwan arriva, mais les secrétaires et les chefs de bureaux n’y étaient pas venus. Seul Souaid, le grand-père de Muhammad, était présent. Le directeur du diwan ayant eu besoin de faire un calcul,[62] il n’y avait là, à sa disposition, aucun secrétaire. Alors il se mit lui-même à faire le calcul et commença l’opération, dont il écrivit une partie. Bientôt, se sentant pris d’une envie de dormir, il se retourna et aperçut Souaid.

Il lui remit alors le compte et lui dit :

« Garde-le jusqu’au moment où je me réveillerai. »

Puis le directeur du diwan s’endormit. Souaid examina alors le compte, l’acheva et le mit au net, dans une belle copie, de sa plus belle écriture et avec un très grand soin. Le directeur du diwan s’étant réveillé demanda le compte à Souaid, qui le lui remit. En le voyant terminé, selon toutes les règles de la comptabilité et dans la forme la plus parfaite, il dit : « Jeune homme, qui est-ce qui a fait ce compte ?

— C’est moi, répondit Souaid.

— Tu sais donc bien écrire ?

— Oui », dit Souaid. Alors le directeur du diwan lui ordonna de se charger de la corbeille dans laquelle il mettait ses comptes, les souches de son administration, et, en général, tout ce qu’il devait garder avec soin, et il lui assigna une pension alimentaire. Souaid occupa successivement diverses fonctions jusqu’à ce qu’il parvînt à une fortune considérable et à un rang éminent.

Après lui, son fils Muhammad reçut une bonne éducation et acquit une grande habileté en tout. Mamoun le prit pour vizir et lui confia toutes les affaires du royaume. Muhammad était poète et parlait très correctement. Voici des vers de sa composition :

Fatoûn[63] a troublé les cœurs par sa prunelle; et elle a trahi en amour un homme qui ne trahit point.

Elle prétend que j’en aime une autre qu’elle. Comment cela se pourrait-il, mes yeux ne l’ayant point quittée.

O toi dont l’amour est caché et embusqué dans mon cœur, à la place de mon âme !

O toi qui prétends que je suis infidèle (et cela est impossible à celui qui t’aime) !

Prends mon engagement de mes yeux et de mon regard, et cela te suffit comme garant, car je suis digne de confiance.

A la mort de Mamoun, Muhammad, fils de Yazdâd, occupait encore le vizirat.

FIN DU RÈGNE D’al-MAMUN ET DE L’HISTOIRE DE SES VIZIRS.[64]

Le calife Abbasside al-Mamun en Egypte entrain d'effectué des fouilles avec ces savants abbassides de la célèbre  Bayt al Hikma
Le calife Abbasside al-Mamun en Egypte entrain d’effectué des fouilles avec ces savants abbassides de la célèbre Bayt al Hikma

En 832, Al-Ma’mûn fit effectuer des fouilles en Égypte, dans la grande pyramide de Gizeh construite par le pharaon Khéops (2590 av. J.-C. à 2565 av. J.-C.), fils du roi Snéfrou, considéré par beaucoup d’historiens comme l’un des plus grands de l’histoire de l’Égypte antique. Il semblerait que les « visiteurs » aient pu accéder relativement aisément à la chambre funéraire du pharaon et à ses trésors. Cela ne doit pas nous étonner : les profanations de mastabas et de pyramides étaient pratique courante depuis longtemps. Or, les modes de construction des pyramides et la disposition des pièces à l’intérieur de celles-ci étaient fort semblables et se retrouvaient d’une pyramide à l’autre. L’emplacement des chambres funéraires, placées après une succession de salles destinées aux offrandes, dans un alignement axial était souvent le même. Al-Ma’mûn, qui n’en était pas à son coup d’essai, avait déjà pu observer l’architecture intérieure des pyramides ; il fit donc percer la bonne face de la pyramide de Khéops, juste dans son axe, évitant ainsi l’obstacle du couloir ascendant, pour parvenir sans encombre et sans perte de temps à la chambre funéraire et à ses trésors.

Aristote et les savants arabes, dans un manuscrit arabe Abbasside.
Aristote et les savants arabes, dans un manuscrit arabe Abbasside.

 

Une anecdote, une nuit raconte le calife abbasside Al-Ma’mûn :

« J’ai vu en rêve un homme assis dans la posture des sages, j’ai lui demandé « qui es-tu ? », il m’a répondu « Aristote le Sage ». Alors je lui posait la question « Dis-moi comment définir une parole juste ? », Aristote « Celle qui est conforme à la raison ». Al-Ma’mûn « Mais encore ? », Aristote « Celle qu’apprécie l’interlocuteur ». Al-Ma’mûn « Mais encore ? » Aristote « Celle dont on n’a pas à craindre les conséquences ». Al-Ma’mûn « Mais encore ? » Aristote « Il n’y a pas encore, le reste ne sert qu’à divertir les hommes. » ».

notes du traducteur :

[15] Yahya, fils d’Aktham, a laissé une grande réputation de jurisconsulte, de littérateur, de moraliste, d’homme de bien. Ses biographes ne tarissent pas déloges sur ses mérites et le considèrent comme une des figures les plus intéressantes du siècle de Mamoun, sur qui il eut la plus grande influence. Ce khalife le nomma grand qâdî de l’empire cl lui donna les plus larges pouvoirs. Il mourut à Rabadza, en quittant Bagdad pour se rendre à La Mecque, et cela en l’année 242 ou 243 (= 856 ou 857 de J.-C.) ; il était alors âgé de 83 ans. Voy. la longue notice consacrée à ce personnage par Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, n° 803 ; Kitab al-aghâni, V, 60; XII, 5, 68, 161; XIV, 45; XVIII, 90, 91, 93; Massoudi, Prairies d’or, Index, 287 ; Hammer-Purgstall, Litteraturgeschichte der Araber, IV, 136.

[16] Kitab al-aghâni V, Go ; XII, 5 et passim ; Ibn Khallikan et les auteurs cités à la note précédente. Cependant l’auteur du Tadj al’-aroûs, IX, p. 40, l. 1 et suiv., dit que la prononciation Aktam est également soutenue et qu’elle a trouvé un défenseur résolu dans la personne d’Al-Khafâdji. Il ajoute que la prononciation Aktham est bien plus répandue.

[17] Littéralement: ayant toujours le pied dans l’étrier.

[18] On sait combien cette question passionna les esprits au temps d’Al-Mamoun. C’est sous cette forme bizarre que fut posée, à cette époque, la question philosophique. Voy. les nombreux détails que donne Ibn al-Athir, op. cit., 297, 301.

[19] L’Imâm du rite qui porte son nom et qui se distingue, connue on le sait, par son excessive rigueur. Sur ce grand théologien, né en 161 (= 780), mort en 244 (=855), voy. les références dans Brockelmann, Gesch. der arab. Litt., I, 182; Cl. Huart, Litt. arabe, pp. 238-240 : de Hammer, Litt. Gesch., III, 110-161 : IV, 114.

[20] Sur cet Imâm, voy. Massoudi, Prairies d’or, VIII, Index, p. 2i7 : Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 434 : Kitab al-aghâni ; Index, p. 499 : Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 229 et sq.: 245 et sq.

[21] Le djafr et la djâmi’a sont deux livres sacrés chez les ‘chiites

[22] Sœur d’Haroun er-Rachid. Sur cette princesse, voyez la longue notice du Kitab al-aghâni, IV, 83-95 ; Ibn Khallikan, Wafayât, notice 181, p. 42. Elle mourut en l’année 210 de l’Hégire, âgée de 50 ans. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 283.

[23] Littéralement: il se leva et s’assit.

[24] Ibn al-Athir (Chronicon, VI, 248) considère comme invraisemblable l’accusation portée contre Mamoun et croit qu’Ali, fils de Moussa, mourut simplement d’une indigestion.

[25] Je crois que c’est lui et non Mamoun, qui fit venir les caïds. Dans la phrase suivante, au contraire, l’auteur a nommé Mamoun, pour éviter toute équivoque.

[26] Selon Al-Makin (Histoire des Sarrasins, p. 132), ce fut Harthama ibn A’yan qui dénonça à Mamoun la trahison de Fadl, fils de Sahl.

[27] Sur cette princesse de la maison d’Abbas, voy. Massoudi, Prairies d’or, VI, 234, 236, 238, 239. Cf. aussi Kitab al-aghâni. Index, p. 365.

[28] Cf. Massoudi, Prairies d’or, VIII, 333, 335. Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 310. .le ne me souviens plus dans quel ouvrage j’ai lu que les ‘Abbâsides considéraient Mansour comme le plus grand homme de leur dynastie, et juraient sur sa tête. Ils l’appelaient le cheikh tout court.

[29] Sur la demande de Boûrân, fille du vizir Hasan, fils de Sahl, et épouse de Mamoun. Elle demanda la grâce d’Ibrahim le jour même de son mariage. Voy. Ibn al-Athir, Chronicon. VI. 279.

[30] Sur ce personnage et les circonstances dans lesquelles eut lieu son élévation au khalifat, voy. Ibn al-Athir, Chronicon, VI. 219-220. Il mourut en l’année 203 de l’Hégire. Ibidem, p. 252. Massoudi Prairies d’or, VII, 56-57) mentionne aussi cet ‘Alide et lui donne pour grand père Muhammad, tandis qu’Ibn al-Athir nomme son grand-père ‘Ali, ce qui est une erreur: Djafar as-Sâdiq était, en effet, le fils de Muhammad.

[31] Ce verbe signifie : engager quelqu’un à faire une chose en lui en montrant les avantages.

[32] Son fils se nommait ‘Ali et son cousin Housain, fils d’Ali, dit al-Aftas. Ce dernier fut nommé gouverneur de La Mecque par Mamoun en l’année 199 de l’Hégire. Sur ces deux personnages et leur dépravation, voy. Ibn al-Athir, Chronicon, VI. 214-216 ; 218-219.

[33] Ibn al-Athir (loc. cit.) et les autres historiens témoignent que le malheureux Muhammad ne dirigeait guère son fils et son cousin, mais qu’il était leur jouet.

[34] Ce khâridjite se nommait as-Sari, fils de Mansour. Sa révolte est racontée tout au long par Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 212 et suiv. Il agissait pour le compte de l’’Alide Muhammad, dit Ibn Tabataba, un ancêtre de l’auteur de ce livre.

[35] Allusion à la mort d’Haroun er-Rachid à Tous.

[36] Le mot est persan. Cf. Dozy, Suppl. v° cit.

[37] Ce titre montre bien que le mol Émir s’applique surtout au chef militaire; il correspond ici à la « maîtrise de l’épée ».

[38] Mouslim, fils de Walid al-Ansari, né entre 130 et 140 de l’Hégire (= 747 et 757 de J.-C), mort en 208 (= 803). Son Diwan a été publié par M. J. de Goeje, Leide, 1875. Cf. Brockelmann, Geschichte der arabischen Litteratur, I, 77. Sur ce poète, qu’on appelait « la victime des belles » (Sari al-ghawâni), voy. Ibn Qotaiba, Liber poesis et poetarum, éd. de Goeje, p. .528, et le mémoire de M. Barbier de Meynard, dans les Actes du Congrès des Orientalistes, tenu à Paris en 1897, 3e section, pp. 1-21 (il en existe un tirage à part). Cf. aussi Hammer Purgstall, Litteraturgeschichte der Araber, III, 643.

[39] Ce poète est Ibrahim, fils d’Abbas as-Souli, d’après le témoignage d’Ibn Khallikan (Wafayât, éd. Wüstenfeld. notice 540. p. 26), qui donne ces trois vers. Ses poésies, dit un de ses biographes, sont de toutes petites pièces de quelques vers, rarement plus de dix. Il mourut en 243 de l’Hégire, à Samârrâ. Cf. Ibn Khallikan, op. cit., notice 10 ; Kitab al-aghâni, IX, 21-35 (les 3 vers sont donnés, p. 29): Hammer-Purgstall, Litteraturgeschichte der Araber, IV, 531.

[40] Littéralement : c’est pour le terme, la mort.

[41] Pour les détails sur la biographie de ce vizir, voy. Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 176; Kitab al-aghâni, Index, p. 297; de Hammer-Purgstall, Litteratur Geschichte der Araber, III, 56, 267 ; Massoudi, Prairies d’or, VII, 59, 66-77; Ibn al-Athir, 212, 215 et passim.

[42] La biographie de cette princesse est donnée par Ibn Khallikan, Wafayât al-a’yân, éd. Wüstenfeld, notice 119. Son vrai nom serait Khadidja. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VII, 65-66; VIII, 395, 438. L’index de l’édition arabe, p. 462, donne: Boûrân, fille d’Al-Mamoun.

[43] Récit conforme à Ibn al-Athir, VI, 279, et Ibn Khallikan, op. cit., notice 119.

[44] Chiffre emprunté à Ibn al-Athir, loc. cit.

[45] D’après Ibn al-Athir (op. cit., VI, 279), c’est la grand-mère paternelle de Boûrân, c’est-à-dire la mère du vizir, qui jeta les 1.000 grosses perles sur Mamoun au moment de son entrée dans la salle. Mamoun aurait fait ramasser ces perles et les offrit en cadeau à Boûrân. C’est à cette occasion que Boûrân demanda et obtint la grâce d’Ibrahim, fils de Mahdî, dont il a été question ci-dessus.

[46] Ce vers a été critiqué par les grammairiens arabes, à cause de l’emploi du superlatif indéterminé. Voy. notamment cette discussion dans la Perle du Plongeur de Hariri, apud S. de Sacy, Anthologie gram., p. 82). Cf. aussi Ibn Khallikan, trad. de Slane, I, 137 ; éd. Wüstenfeld, notice 119).

[47] Les bulles qui se forment sur la coupe remplie de vin.

[48] Ces vers ont pour auteur le poète Abou Charâ’a, dont le véritable nom est Ahmad, fils de Muhammad. Le Kitab al-aghâni (XX, pp. 35-42), qui cite ces vers dans la longue notice qu’il consacre à ce poète, dit que la personne qu’Abou Charâ’a sollicitait était, non le vizir Hasan, fils de Sahl, mais Hasan, fils de Radja, qui paraît avoir été gouverneur de province dans le Fârs (cf. Massoudi, Prairies d’or. VII, 152, et Kitab al-aghâni, Index, p. 296). Sur ce poète, voy. encore Hammer-Purgstall, Litteraturgeschichte der Araber. III, 482.

[49]  Les deux vers ci-dessus, je les ai trouvés dans le Kitab al-aghâni, XVIII, 59, où, d’après un isnâd qui a toutes les apparences de l’authenticité, l’auteur les met dans la bouche du gouverneur du Khorasan, ‘Abd Allah, fils de Tahir, répondant à une sollicitation du fameux poète Di’bil al-Khozà’î, sur lequel voy. plus haut.

[50] Cf. Prairies d’or, VII, 8, 64. Dans les deux passages, le nom n’est pas donné de la même façon. C’est fils d’Abou Khalid qui paraît plus exact, comme dans le Fakhrî et dans leKitab al-aghâni, IX, 61 ; XIV, 37.

[51] Voy. plus loin, la traduction correspondante.

[52] C’est-à-dire sa générosité.

[53] Sur ce vizir, voy. ci-dessus, et de Hammer-Purgstall, Litteraturgeschichte der Araber, III, 58.

[54] Terme essentiellement juridique; c’est le recours en cas de trouble ou d’éviction. Le rôle joué par Ahmad, fils d’Abou Khalid, dans la nomination de Tahir au gouvernement du Khorasan est raconté par Ibn al-Athir, Chronicon, VI, pp. 255-256. D’après cet auteur, un jour que Mamoun était en train de boire, Tahir vint le trouver. En le voyant, le khalife éclata en sanglots. Tahir lui demanda la raison de ce chagrin, mais le khalife ne consentit point à satisfaire sa curiosité. Par contre, il se montra moins réservé vis-à-vis de son jeune esclave, Housain, qui lui versait à boire et lui dit: « Quand j’ai vu Tahir, je me suis rappelé mon frère Muhammad Amin et les humiliations qu’il a subies : les sanglots mont serré la gorge, et je me suis soulagé en versant des larmes. Tahir ne manquera pas de recevoir de moi le châtiment qu’il redoute. » Tahir, mis au courant par le jeune esclave, vint trouver le vizir Ahmad, fils d’Abou Khalid, qui s’entremit pour le faire nommer gouverneur du Khorasan et l’éloigner ainsi des yeux de Mamoun. Il reçut, dit-on, 10 millions de Tahir pour prix de ce service.

[55] Ce premier vers est donné par Ibn al-Athir (Chronicon, VI, 288) avec une variante insignifiante… C’est le seul passage où il soit question de vizir.

[56] Sur le fameux poète, Di’bil ibn ‘Ali, né en 148 (= 765), mort en 246 (= 860), voy. Brockelmann, Litteratur Geschichte, I, 79; Ibn Qotaiba, Liber poesis, etc., éd. de Goeje, pp. 539-541.

[57] Cette anecdote a été donnée avec le quatrain satirique contre Mamoun. p. 30. Elle est également rapportée par le Kitab al-aghâni, XVIII, 30 et 39, où l’on trouve la suite de l’épigramme lancée par Di’bil contre Abou ‘Abbâd. Dans les deux passages, on trouve Hiraql, mais c’est une faute, que démontre le mètre de ce vers. Le Tadj al-’aroûs, VIII, 168, ditHizqil, nom de lieu sur le paradigme de zibridj ; Massoudi (Prairies d’or, VII, 198) dit qu’il existait, en effet, un hospice de fous à Dair Hizqil (l’éditeur et traducteur de cet ouvrage a imprimé et traduit : couvent de Saint-Heraclius. Il n’y a aucun doute sur la transcription de ce nom de lieu, qui est situé entre Basra et ‘Askar .Moukrani. Yakout, II, 706, donne beaucoup de détails sur ce lieu et cite le vers en question.

[58] Le khalife.

[59] C’est le nom du vizir Abou ‘Abbâd. Il est impossible de rendre en français le jeu de mots que contient le vers.

[60] Chacun de ces deux mois, en arabe, rime avec le vers précédent.

[61] Je n’ai pu trouver aucun renseignement sur ce poète.

[62] Ou un compte.

[63] Je pense que Fatoûn est ici un nom propre de femme.

[64] Ibn Khallikan (Wafayât. éd. Wüstenfeld, notice 518 donne la biographie d’un autre vizir de Mamoun qu’il appelle ‘Amr, fils de Mas’ada. Mais je pense qu’il s’agit ici, non pas du vrai vizir, mais d’un sous-secrétaire d’Etat, car il est à remarquer que les khalifes ont eu concurremment chacun plusieurs ministres, chargés des différents services : mais c’est le premier, le chef du gouvernement, qui seul portait le titre de vizir. Les autres sont restés dans l’ombre, et c’est à peine si les historiens les nomment quelquefois.

par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri »

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s