Règne du calife Abbasside al-Muta’sim Abu Ishaq Muhammad (833 -842) et fondation de la ville de Samarra par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri »

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Envoyés byzantins avant Almotasim (assis, à droite), miniature des Skylitzes Madrid
Les Envoyés byzantins au calife Abbasside al-Muta’sim (assis, à droite), miniature de Skylitzes Madrid

Règne du calife Abbasside al-Muta’sim  Abu Ishaq Muhammad  (833 -842) et fondation de la ville de Samarra par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri »

Muhammad al-Mutasim  fut reconnu khalife le jour où mourut Mamoun. L’année où eut lieu cet événement a déjà été indiquée plus haut.

Ce prince était doué d’un bon jugement et était d’une force remarquable.

Il levait de terre un poids de 1.000 livres pesant et le portait à plusieurs pas.

Il était réputé pour sa bravoure. On lui a donné le surnom de Huitainier, à cause de onze particularités.

Ainsi il était le huitième des enfants d’Abbas; il fut le huitième khalife de sa race et monta sur le trône à l’âge de trente-huit[65] ans.

Il régna huit ans et huit mois. Né en chaban, qui est le huitième mois de l’année, il mourut à l’âge de quarante-huit ans, laissant huit enfants mâles et huit filles.

Il commanda en personne huit expéditions et laissa dans le trésor 8 millions de drachmes.

Le siège de la ville d'Amorium par les armées arabes  du califat Abbasside menés  par le calife Al-Muta'sim  à la mi-août 838
Le siège de la ville d’Amorium par les armées arabes du califat Abbasside menés par le calife Al-Muta’sim à la mi-août 838

Le règne de Mou’tasim fut illustré par des guerres et des conquêtes. Ce fut lui qui s’empara d’Ammoûriya[66] (Amorium), et voici pour quel motif.

L’empereur des Grecs (Théophile), ayant fait une incursion dans le pays des Musulmans, s’était emparé d’une de leurs places fortes appelée Zibatra[67] avait fait prisonniers les femmes et les enfants et passé au fil de l’épée tous les hommes en état de porter les armes.

On dit que, parmi les captives, se trouvait une femme de la famille de Hâchim, et qu’on l’entendit s’écrier :

« Au secours, ô Mou’tasim ! »

La nouvelle des cruautés exercées par l’empereur des Grecs sur les Musulmans fit frémir d’horreur le khalife, et, lorsqu’on lui rapporta les plaintes de la dame hachémite, il s’écria au milieu du Conseil :

« Je vais à. ton secours ! je vais à ton secours ! »

En même temps, il se leva et cria dans son palais :

« Partons ! partons! »

Puis il monta à cheval, après avoir fait attacher derrière la selle une entrave, un pieu de fer et un sac qui renfermait ses provisions.

Carte des raids arabes abbasside  et romains byzantins en 837-838  la ville de Dorylaion correspond à la cité de Dorylée
Carte des raids arabes abbasside et romains byzantins en 837-838 la ville de Dorylaion correspond à la cité de Dorylée

Puis il sortit pour se mettre en route et ordonna aux troupes de s’y préparer.

Jamais, sous les khalifes précédents, on n avait vu des préparatifs de guerre aussi formidables.

Lorsque Mout’asim fut disposé à partir et que les préparatifs furent terminés, il convoqua les qâdîs[68] et les notaires et requit témoignage qu’il constituait ses biens et ses trésors en legs pieux de trois tiers : un tiers pour Allah le Très-Haut, un tiers pour les enfants du khalife[69] et pour ses proches, et le dernier tiers pour ses affranchis.

Ensuite il se mit en campagne.

Un Grec était tombé en son pouvoir ; il lui demanda quelle était la ville la mieux fortifiée, la plus considérable et la plus importante aux yeux des chrétiens. Le Grec répondit qu’Ammoûrya était la place la plus importante de leur empire.

Mou’tasim se dirigea avec son armée entière sur ce point, assiégea la ville et l’emporta d’assaut.

Il porta le fer dans ‘Ammoûrya et la contrée environnante, après avoir réduit à la captivité une multitude d’habitants.

La fureur dont il était animé le porta même à détruire ‘Ammoûrya de fond en comble et à effacer jusqu’à la trace de cette cité florissante.

Il enleva une de ses portes qui était toute en fer et d’un volume prodigieux ; puis il la fit transporter à Bagdad, où on la voit encore de nos jours à lune des entrées du palais du khalifat.

C’est la porte du peuple, (Bâb al-‘Amma[70]).

Ruine de al cité Buzantine, d'Amroruim Amouriya
Ruine de la cité Byzantine, d’Amorium Amouriyya

Lors de cette expédition, Mou’tasim avait parmi sa suite Abou Tammâm at-Tâ’î,[71] qui a composé à sa louange un poème rimant en et qui commence ainsi[72] :

Le glaive est plus fidèle dans ses récits que les livres; son tranchant sépare la réalité du badinage.

On lit encore dans ce poème les vers suivants, adressés à Mou’tasim :

Vicaire d’Allah, qu’Allah récompense le zèle que tu déploies pour faire respecter l’arbre de la religion, de l’Islam et de la gloire du pays !

Tu as compris le bonheur suprême, et tu as vu que l’on ne peut y atteindre qu’en traversant un pont de fatigue.

Parmi les vers qui ont trait à l’acharnement avec lequel Mou’tasim combattit et extermina les défenseurs d’Amorium, je citerai le suivant :

Ce jour-là, le soleil, en se levant, n’éclaira pas un seul père de famille, et, quand il disparut à l’occident, il ne restait plus un seul jeune homme.

Dans le passage où le poète décrit l’animosité qu’il avait contre les Grecs, on lit encore ceux-ci :

La demeure de Mayya,[73] autour de laquelle circule Ghailân,[74] toute vivante qu’elle est, n’est pas si pittoresque que ta demeure dévastée.

Et les joues de Mayya animées par l’incarnation de la pudeur ne sont pas plus attrayantes à mes yeux que ta joue ternie par la poussière (de tes ruines).

La bataille d’Amorium eut lieu en l’année 223 (= 837).

 

Vue aérienne sur la cité califale abbasside de Samarra  Iraq
Vue aérienne sur la cité califale abbasside de Samarra Iraq

FONDATION DE SOURRA-MAN-RAA OU SAMARRA ; CAUSES ET RÉCIT DE CETTE FONDATION

Baghdâd avait été le siège de la royauté et la résidence du khalife depuis Mansour. Haroun er-Rachid, préférant Raqqa en Syrie, y fixa son séjour.

Cependant, cette ville n’était pour lui qu’un lieu de plaisance, tandis qu’il avait ses palais, ses trésors, ses femmes et ses enfants à Bagdad, dans le Qasr-al-khould (palais de l’éternelle demeure).

Les successeurs de ce khalife se fixèrent à Bagdad.

En montant sur le trône, Mou’tasim se méfia de la milice qui en formait la garnison.

N’ayant aucune confiance en cette milice, il ordonna qu’on lui choisît un emplacement, pour y bâtir une ville et établir son camp.

« Si les troupes de Bagdad, dit-il, venaient à me donner quelque inquiétude, je serai moi-même à l’abri et j’aurai le pouvoir de l’attaquer par terre et par eau. »

Son choix s’arrêta sur l’emplacement où il fit bâtir Samarra et s’y transporta.

On dit que ce prince avait un si grand nombre de mamelouks, que Bagdad ne pouvait plus les contenir.

Bientôt les habitants eurent à souffrir de leur insolence.

Ils les génèrent même dans leurs maisons et attentèrent à l’honneur de leurs femmes. Chaque jour était signalé par une multitude de massacres.

Un jour que Mou’tasim se promenait à cheval, un vieillard vint au-devant de lui en criant :

« O Abou Ishaq[75] ! »

Les gardes voulurent le frapper, mais le khalife les arrêta, en disant :

« Vieillard, que veux-tu ?

— Qu’Allah ne te récompense pas, répondit l’homme, pour ton voisinage.Tu as été notre voisin depuis quelque temps et nous n’avons jamais eu de plus mauvais voisinage. En installant au milieu de nous cette tourbe effrénée d’esclaves turcs, tu as rendu, par leurs mains, nos femmes veuves et nos enfants orphelins. Au nom de Dieu ! nous te combattrons avec les flèches du point du jour.[76] »

Par ces mots, le vieillard voulait dire l’imprécation.

Après avoir entendu ce discours, Mou’tasim rentra dans son palais, et l’on ne le vit plus sortir à cheval, qu’une année après, à pareil jour.

Il fit la prière en public et célébra la fête (le second Beïram); puis il se rendit à l’emplacement de Samarra, ou il fit bâtir cette ville, et cela en l’an 221 de l’Hégire.[77]

Lorsque Mou’tasim fui attaqué par la maladie qui l’emporta au tombeau, il monta sur une barque, avec Zounam,[78] le joueur de flûte, qui était le plus habile musicien de son temps. En passant devant ses palais et ses jardins, situés sur la rive du Tigre, il disait à Zounâin : Joue-moi cet air :

O demeure dont les sites ne tombent pas de vétusté, à Dieu ne plaise que tes sites tombent de vétusté.

Ce ne sont pas tes sites que je pleure ! mais je pleure la vie que j’y passais au moment où elle me quitte.

Car la vie est le bien le plus doux que l’homme puisse regretter ! Il faut que l’affligé cherche à oublier son mal.

En rendant le dernier soupir, Mou’tasim se prit à dire :

Il n’y a plus de ressources, il n’y a plus aucune ressource ! »

Puis il rendit le dernier souffle. Sa mort arriva l’an 227 de l’Hégire (= 841 de J.-C) puisse Allah le très haut lui faire miséricorde.

Fragment décoratif en stuc du palais abbasside du Dar al-Khilafah à Sammara dans l'actuel Irak
Fragment décoratif en stuc du palais abbasside du Dar al-Khilafah à Sammara dans l’actuel Irak

RECIT DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOU’TASIM

Le premier qui fut vizir de ce prince lui avait servi de secrétaire avant son avènement au trône ; c’était Fadl,[79] fils de Marwân, natif de Baradân.[80]

Il était illettré et joignait, au manque d’instruction et à une profonde ignorance, des mœurs dépravées, et ne connaissait rien au maniement des affaires.

Un poète du temps a dit à son sujet :

Tu fais le Pharaon, ô Fadl, fils de Marwân ! Mais prends exemple sur le passé. Car avant toi l’on a vu passer au vizirat Fadl, Fadl et Fadl.

Ces trois grands personnages ont disparu; les chaînes, la prison et le meurtre ont mis fin à leur puissance.[81]

Les trois vizirs auxquels le poète fait allusion sont Fadl, fils de Yahya, fils de Khalid, Fadl, fils de Sadhl, et Fadl, fils de Rabi. Quand à Fadl, fils de Marwân, comme il jouissait d’un grand crédit à la cour de Mou’tasim, il ne put échapper aux traits de l’envie.

Le khalife le destitua, confisqua ses biens et l’éloigna de sa personne. Réduit pendant longtemps à exercer successivement différentes fonctions publiques, il mourut sous le règne de Mousta’în.[82]

Bol en Faïence  Abbasside de la ville princière de Samara du Dar al Khilafah Irak; 9ème au 10ème siècle  H: 6; Diam: 20,5 cm
Bol en Faïence
Abbasside de la ville princière de Samara du « Dar al-Khilafah’, Irak 9ème – 10ème siècle 

VIZIRAT D’AHMAD, FILS D’AMMAR, FILS DE CHADZI, SOUS LE RÈGNE DE MOU’TASIM

L’homme auquel Mou’tasim conféra la charge de vizir après Fadl, fils de Marwân, s’appelait Ahmad, fils d’Ammar, fils de Ghâdzi.

C’était un homme riche de la petite ville de Madzar.[83] Il avait quitté sa patrie pour s’établir à Basra, où l’acquisition de plusieurs propriétés l’avait conduit à amasser une fortune considérable.

A cette époque il exerçait la profession de meunier. Plus tard, il vint à Bagdad et y vécut dans l’opulence. On dit qu’il dépensait, chaque jour, en aumônes, 100 dinars.

Fadl, fils de Marwan avait si chaudement vanté sa bonne foi au khalife, que celui-ci, après avoir destitué Fadl, ne trouva personne plus digne du vizirat qu’Ahmad, fils d’Ammar.

Il le prit donc comme vizir, mais c’était un homme tout à fait dépourvu des qualités que doit posséder un ministre.

Un poète de son temps a dit à son sujet :

Louange à Dieu, le Créateur, l’Auteur de l’univers ! Tu es devenu vizir, ô fils d’’Ammar,

Toi qui étais meunier, sans boutique ni maison, obligé de pousser devant toi une mule.

Je nierais le destin, si tu n’avais pas dépassé en cela toutes les limites.

Ahmad, fils d’Ammar, resta quelque temps au vizirat, jusqu’au jour où le khalife ayant reçu d’un gouverneur une lettre dans laquelle celui-ci parlait de la fertilité de la province et de l’abondance du kalâ, demanda au vizir ce que ce mot signifiait.

Le vizir ne sut que répondre. Alors Mou’tasim fit venir Muhammad, fils d’Abd al-Malikaz-Zayyât, un de ses familiers.

Interrogé à son tour sur la signification du mot kalâ, Muhammad répondit :

« La première pousse de la plante s’appelle baql; on la nomme kalâ quand elle commence à grandir, et hachîch lorsqu’elle perd sa sève et devient sèche. »

Le khalife dit alors à Ahmad, fils d’Ammar : « Toi, tu surveilleras les bureaux, et lui me donnera lecture des lettres. »

Puis il conféra à Ibn az-Zayyât la charge de vizir et éloigna Ibn ‘Ammar avec quelques ménagements.[84]

Fragment de peinture muraille du palais Abbasside  Dar al-Khilafah de Samarra  (Iraq) , British Museum.
Fragment de peinture muraille du palais Abbasside Dar al-Khilafah de Samarra (Iraq) , British Museum

.VIZIRAT DE MUHAMMAD, FILS D’ABD AL-MALIK AZ-ZAYYAT

Son père était un riche négociant sous le règne de Mamoun. Devenu adolescent, Muhammad s’occupa d’étudier, de lire et de comprendre ; et la vivacité de son esprit le rendit si habile en toutes choses qu’il devint la merveille de son temps pour l’intelligence, la conception et la pénétration.

Il excellait dans le style épistolaire, comme dans la poésie et la littérature. Il était parfaitement au courant des principes du gouvernement et de la politique des rois.

Enfin, lorsque Mou’tasim monta sur le trône, il le prit comme vizir, ainsi qu’il a été expliqué plus haut. Ibn az-Zayyât porta le fardeau du vizirat avec une habileté qu’aucun vizir n’avait eue avant lui. C’était un homme hautain, orgueilleux, dur, cruel, d’un accès difficile, détesté de tout le monde.

A la mort de Mou’tasim, il remplissait encore les fonctions de vizir.

Le khalife avait accordé à son fils Wâthiq une somme d’argent, dont il ordonna le paiement par Ibn az-Zayyât ; celui-ci s’y opposa et conseilla au khalife de ne rien donner à Wâthiq. Mou’tasim accepta sa façon de voir et revint sur le don qu’il avait ordonné en faveur de Wâthiq.

Alors celui-ci écrivit de sa propre main un acte où il jurait, par le pèlerinage, l’affranchissement et l’aumône,[85] que, s’il devenait khalife, il ferait mou- mourir Ibn az-Zayyât de la mort la plus cruelle. Mou’tasim étant mort, Wâthiq monta sur le trône du khalifat.

Il se rappela alors l’affaire d’Ibn az-Zayyât et voulut se hâter de le mettre à mort; mais il fut arrêté par la crainte de ne pas trouver un homme de son mérite.

En conséquence, il dit au chambellan :

« Introduis auprès de moi dix secrétaires [du diwan]. Dinar Abbasside du Yémén du calife  al-Mu'tasim  833-842  AV dinar

Ceux-ci ayant paru auprès du khalife, il examina leurs capacités ; il ne s’en trouva aucun qui le satisfit.

Wâthiq dit alors au chambellan :

« Fais entrer celui dont le royaume ne peut se passer, Muhammad, fils d’az-Zayyât. »

Le chambellan l’ayant introduit, Ibn az-Zayyât demeura debout et tremblant devant le khalife.

Celui-ci dit alors à un esclave : « Apporte-moi tel écrit. »

L’esclave lui apporta l’acte qu’il avait écrit de sa propre main et où il avait juré de faire mourir Ibn az-Zayyât.

Wâthiq le remit à Ibn az-Zayyât en lui disant:

« Lis cet acte. »

Après l’avoir lu, Ibn az-Zayyât répondit :

« Emir des Croyants, je suis ton esclave ; si tu me punis, tu en es maître ; mais si tu daignes expier ton serment pour m’épargner, ce sera plus digne de toi.

— Par Allah ! reprit Wâthiq, je ne t’épargne que parce que je crains de priver l’empire d’un homme tel que toi. Oui, j’expierai mon serment, car je trouverai le moyen de réparer la perte de mes trésors, tandis que je ne trouverai jamais le moyen de remplacer un homme tel que toi. »

Puis Wâthiq expia son serment, prit Ibn az-Zayyât comme vizir, lui conféra les plus hautes dignités et lui confia les intérêts du royaume.

Ibn az-Zayyât était un poète habile. Dans une poésie où il regrette Mou’tasim et fait l’éloge de Wâthiq, on lit ces vers :

J’ai dit, lorsqu’ils l’ont enfoui dans la terre, et que désolés, ils frappaient leurs mains trempées dans l’eau et dans la boue:

Adieu !  oh ! le bon protecteur que le monde trouvait en toi ! oh ! le bon protecteur pour la religion !

Allah ne guérit un peuple de la perte d’un homme tel que toi qu’en lui donnant un homme comme Haroun.[86]

Muhammad, fils d’Abd al-Malik az-Zayyât, demeura vizir de Wâthiq pendant toute la durée de son khalifat, et ce prince n’eut pas d’autre vizir que lui.

Mais, à la mort de Wâthiq, son frère, Moutawakkil, étant monté sur le trône, fit arrêter et mettre à mort Ibn az-Zayyât.

On raconte qu’Ibn az-Zayyât avait fait construire un cylindre en fer, garni de clous à l’intérieur pour y torturer ceux qu’il voulait faire souffrir, et qu’il y fut lui-même le premier[87]enfermé, pendant qu’on lui disait :

« Goûte ce que tu voulais faire goûter aux autres.[88] »

ICI FINIT L’HISTOIRE DE L’ÉPOQUE DE MOU’TASIM ET DE SES VIZIRS.  

Beaucoup d'enfants et petits-enfants de Almotasim lui succéda sur le trône du calife
Beaucoup d’enfants et de petits-enfants d’ Al-Muta’sim lui succéda sur le trône califale (en vert)

notes du traducteur :

[65] Les éditions, de même que le manuscrit A dont elles procèdent, donnent dix-huit ans. Cela est impossible, puisque, d’après la suite du récit, ce khalife mourut à l’Age de 48 ans environ, après un règne de 8 ans et 8 mois; il avait donc environ 38 ans en montant sur le trône. Cela est conforme à Ibn al-Athir, Chronicon, VI, p. 373). où notre auteur me semble avoir puisé ces renseignements. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VII, 102.

[66] Voy. Géographie d’Aboulféda, éd. Reinaud et de Slane, p. 235.

[67] Voy. Ibn al-Athir, op. cit., VI, 339 ; Massoudi, VII, 133.

[68] C’était le qâdî de Bagdad. ‘Abd er-Rahman, fils d’Ishaq, et un autre jurisconsulte, nommé Chou’ba, fils de Sahl. Ils étaient assistés de 328 témoins. Ibn al-Athir, VI, 310.

[69] Aboulféda, Annales Moslemici, II, 171 ; Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 3311 et suiv.

[70] Cette porte se nommait aussi Porte d’Amorium (Bâb Ammoûriya). Elle était munie d’un crochet de fer pour les exécutions. Cf. Aboulféda, Géogr., trad. Stanislas Guyard, I, 67. C’est là qu’on brûla publiquement, sous le règne de Nasir, les traités théologiques et astronomiques de Roukn ‘Abd as-Salam. Cf. Dugat, Histoire des philosophes et théologiens musulmans, p. 194. Voy. aussi Salmon, Introduction topographique à l’histoire de Bagdad, pp. 58 et 136. C’est là aussi que fut exécuté, sous Mou’tasim, le général turc Afchîn, qui était autrefois à son service. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VI, 139.

[71] Ce célèbre poète était, comme on le sait, d’origine chrétienne. Né près de Tibériade en 807, il mourut à Mossoul vers 846. C’est grâce surtout à sa magnifique Anthologie des poètes arabes que son nom est passé à la postérité. Voy. de nombreuses références dans Brockelmann, Gesch. der arab. Litt., I, 84-85 ; Cl. Huard, Hist. de la Litt. arabe, p. 89 ; de Hammer, Litt. gesch. der Arab., III, 967.

[72] Le vers en question a été traduit par S. de Sacy, dans sa Chrestomathie arabe, I, 88.

[73] Mayya est le nom de la bien-aimée du poète Ghailân, dit Dzoû-r- Roumma. qui l’a chantée dans de beaux vers.

[74] Ghailân, fils d’Ouqba, fils de Massoud, est le nom du poète Dzoû-r-Roumma, qui mourut dans les environs de 107 de l’Hégire (= 719). Le poète Farazdaq ne partageait pas l’admiration de ses contemporains pour la poésie de Dzoû-r-Houmma. Il trouvait qu’il abusait de la description des campements abandonnés, de l’oiseau qatâ et des chameaux. Sur Dzoû-r-Roumma et ses amours, voy. le Kitab al-aghâni, XVI, 110-135 et Index, pp. 348-349. Pour la bibliographie, cf. Bhockelmann, Gesch. der arab. Litt.. I, 58-59; Cl. Huart, Hist. de la Litt. arabe, 51; de Hammer-Purgstall, Litteraturgesch., II, 401.

[75] C’était le nom patronymique, kounya, du khalife.

[76] Ou « les flèches des paroles que prononce le muezzin au lever de l’aurore. » Cf. Dozy, Supplément, I, 636, s. v.

[77] Ce récit est emprunté à Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 319. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VI, 148 et suiv.

[78] Sur ce joueur de flûte, voy. Ibn Khallikan, trad.de Slane, I, p. 220; Ibn al-Athir, Chronicon, VI, p. 373. Ce dernier auteur, qui parait avoir été ici aussi la source où a puisé Ibn al-Tiqtaqâ, donne les trois vers dont il est question ci-dessus, sans variante appréciable.

[79] Massoudi (Prairies d’or. VII, 3 et 148) dit qu’il a été également vizir sous le règne de Mamoun, mais d’une manière pour ainsi dire officieuse. Voy. d’autres anecdotes sur ce vizir dans le Kitab al-aghâni, XVII, 38, 178, 182 et XXI, 45). La biographie de ce vizir est donnée par Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 541. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VI, 320-321.

[80] Cette localité est située en amont de Bagdad, à 4 parasanges de cette ville, sur le Tigre. C’est là qu’aboutit le canal dit Nahr al-Khalis. qui part de Badjisrâ sur le Tamarrâ. Cf. G. Salmon, Introduct. topographique à l’histoire de Bagdad:, p. 37. Lorsque Mou’tasim résolut de quitter Bagdad à cause de sa milice (voy. ci-dessus) il campa d’abord à Baradân, mais il dut bientôt la quitter, ne la trouvant pas assez salubre, ni assez vaste. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VII, 119: voy. aussi Ibn al- Athir, Chronicon, VI, 320 ; Aboulféda. Géographie, éd. Reinaud-Slane. p. 95.

[81] Ces vers sont donnés par Ibn Khallikan (loc. cit.), qui ajoute: « Al-Marzoubânî, dans son Dictionnaire des poètes (Moud’jam ach-chou’arâ et Zamakhchari, dans son Rabi’ al-abrâr, attribuent ces vers à Al-Haitham b. Firâs as-Sâmi, sur lequel on peut voir Kitab al-aghâni, XX, 151.

[82] Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 27, 81. Ce vizir mourut en 250 de l’Hégire.

[83] Sur cette localité, par où passait autrefois le Tigre, avant que son cours fût détourné, sous le règne de Chosroès Parviz, voy. Aboulféda, Géographie, éd. Reinaud-Slane, p. 321 ; Salmon, Introduct. à l’hist. de Bagdad, p. 35.

[84] Cette anecdote a été rapportée par Reisk dans ses Adnotationes hist. sur Aboulféda, Annales Moslemici, II, 684 et par Sacy dans son Anthologie grammaticale arabe, p. 138. Ce dernier auteur a emprunté son récit à Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 706, biographie de Muhammad, fils d’Abd al-Malik az-Zayyât.

[85] Cela signifie qu’en cas de violation de son serment, c’est-à-dire dans le cas où il ne ferait pas mourir Ibn az-Zayyât, il jurait d’accomplir le pèlerinage à La Mecque, d’affranchir un esclave et de faire une aumône qui consiste généralement à donner à dix pauvres un moudd (modius) de nourriture à chacun. C’est ce qu’on appelle la kaffâra, « expiation ». Voy., pour plus de détails, notre ouvrage, la Pierre de touche des Fétwas, d’Ahmad al-Wanscharisi, t. I, pp. 175-176 (Archives marocaines, vol. XII).

[86] C’est le nom de Wâthiq. Ces trois vers sont donnés aussi par Ibn al-Athir, Chronicon, VI, pp. 373-374, sans variantes importantes.

[87] Tel n’est pas le récit d’Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 25. D’après cet auteur, le vizir s’était déjà servi de son instrument de supplice. Il y aurait enfermé un certain Ibn Asbat al-Misri, dont il aurait confisqué les biens. Cet auteur donne (loc. cit.) une longue description de ce cylindre (proprement: fourneau), et ajoute, contrairement à Massoudi et à Ibn at-Tiqtaqâ, que le cylindre était en bois, mais garni de clous en fer et à l’intérieur.

[88] Nous ne pouvons, dans des notes, raconter toute la vie de ce malheureux vizir. Les documents sont nombreux et nous renvoyons notamment aux longues notices que lui ont consacrées Ibn Khallikan, Wafayât, n° 706 ; Kitab al-aghâni, XX, 46-56 et Index, p. 605; Ibn al-Athir, Chronicon. VII, 22-26 et passim : Massoudi, Prairies d’or, VII, 146-148, 194-197.

 

par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri »

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Une réflexion au sujet de « Règne du calife Abbasside al-Muta’sim Abu Ishaq Muhammad (833 -842) et fondation de la ville de Samarra par al-Tiqtaqa de son « kitab al-Fakhri » »

    Naviger vers blog web a dit:
    26 septembre 2014 à 14 h 44 min

    Merci pour l’extrait, il est très bien

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