Règne du calife Abbasside al-Musta’in (862-866) par al-Tiqtaqa du « Kitab al-Fakhri »

Publié le Mis à jour le

al-Musta’in, Gold Dinar, Misr

Règne du calife Abbasside  al-Musta’in [107] (862-866) par al-Tiqtaqa du « Kitab al-Fakhri »

Après al-Mountasir régna al-Mousta’în. Il se nommait Ahmad, fils de Muhammad, fils de Mou’tasim.

Lorsque Mountasir mourut, les émirs et les grands d’entre les mamelouks se réunirent et dirent :

« Quand nous aurons investi du pouvoir un des enfants de Moutawakkil, il nous réclamera son sang et nous fera périr. »

Ils se mirent alors d’accord pour prêter le serment d’investiture à Mousta’în, en disant :

« Il est le petit-fils de notre seigneur al-Mou’tasim. En lui prêtant le serment d’investiture, le khalifat ne sera pas sorti des enfants de Mou’tasim. »

En conséquence, ils le reconnurent khalife en l’année 248 (862).

Cette époque fut une époque de guerres civiles, de guerres politiques, de révolte des Khâridjites.

Parmi ceux qui levèrent l’étendard de la révolte à cette époque, est l’homme tué à Ghâhî, Abou-l-Housain Yahya,[108] fils d’Omar, fils de Yahya, fils de Housain, fils de Zaid, fils d’Ali, fils de Housain, fils d’Ali, fils d’Abou Thâlib (sur eux soit le salut!).

Exposé de cette affaire.

— Yahya, fils d’’Omar, l’homme tué à Châhî, était arrivé du Khorasan sous le règne de Moutawakkil, étant dans la gêne et tenu d’une dette. Il en parla à un[109] des grands de la cour de Moutawakkil. Cet homme lui répondit durement et le mit en prison à Samarra.

Puis, sa famille s’étant portée garante pour lui, il fut élargi et se rendit[110] à Bagdad. Il y resta pendant un certain temps, dans une situation peu satisfaisante, par suite de sa pauvreté. Il était — Allah lui fasse miséricorde ! — pieux, vertueux, très pratiquant des bonnes œuvres, d’une belle conduite.

Un arabe traversant le fleuve Tigre à Kufa (Iraq)
Un arabe traversant le fleuve Tigre à Kufa (Iraq)

 

Etant revenu une seconde fois à Samarra, il parla de sa situation à l’un[111] des émirs de Moutawakkil, qui le traita avec dureté et lui dit :

« Pour quel motif donnerait-on à un homme comme toi ? »

Il revint alors à Bagdad, descendit de là jusqu’à Koûfa, et invita les populations à suivre l’élu de la famille de Muhammad. Un certain nombre des habitants de Koûfa, parmi les Chiites décidés, le suivirent, ainsi que quelques Arabes (ahl as sunna).

Il se jeta sur Koûfa, s’empara de ce qu’il y avait dans le trésor public et le distribua à ses compagnons.

Il fit sortir ceux qui étaient dans les prisons et chassa de Koûfa le gouverneur abbasside de cette ville. Ses troupes devinrent alors nombreuses.

L’émir de Bagdad, qui se nommait Muhammad, fils d’Abd Allah, fils de Tahir, envoya alors contre lui une armée.

La rencontre eu lieu à Châhi, qui est un bourg à proximité de Koûfa. La victoire resta à l’armée d’Ibn Tahir. Quand la poussière se dissipa, Yahya, fils d’Omar, était tué. Sa tête fut alors portée à Muhammad, fils d’Abd-Allah, fils de Tahir, à Bagdad.

 

Celui-ci tint audience pour recevoir les félicitations.

Les hommes entrèrent alors auprès de lui par troupes nombreuses le félicitant. Parmi eux était un homme[112] de la postérité de Djafar, fils d’Abou-Thâlib (sur eux soit le salut !).

Il dit au gouverneur :

« O émir ! tu reçois des félicitations à l’occasion du meurtre d’un homme pour lequel le Prophète, s’il était vivant, aurait reçu des condoléances. »

Muhammad, fils d’Abd Allah, baissa la tête et les yeux vers le sol pendant un moment, puis se leva et congédia l’assistance.[113]

Les poètes pleurèrent Yahya, fils d’Omar, dans des élégies. Parmi ces poètes est Ibn ar-Roumi, qui composa sur lui une élégie rimant en djîm, dont voici le commencement :

Devant toi, regarde lequel de tes deux chemins tu dois suivre ; — ce sont deux routes bien différentes : une droite et une tortueuse.

De cette élégie sont encore les deux vers suivants :

Salut, myrthe, repos et miséricorde sur toi ! et que sur toi s’étende une douce ombre !

Que sur la terre, dont tu es le voisin, palpite sans cesse la camomille éclose.

C’est une qasîda très violente, dans laquelle il a injurié les Abbâsides, en des termes que nous avons omis, pour ne pas en user.

La rencontre de Châhi eut lieu en l’année 250 (864).

D’autres Alides[114] se révoltèrent contre Mousta’în, mais, dans toutes ces guerres, la victoire resta au khalife abbasside.

Et sache que Mousta’în était regardé comme faible de jugement, d’intelligence et de discernement dans la conduite des affaires.

Son époque fut remplie de guerres civiles, et son autorité fortement ébranlée.

Il n’avait pas d’autres qualités louables que d’avoir été généreux, d’une grande libéralité.

Il fut destitué en l’année 202 (860), puis ensuite mis à mort.

"Les Abbassides" source ; Larousse Encyclopedie
« Les Abbassides au VIIIe et au IXe siècle. »  Vous pouvez voire la province abbasside du « Garde Freinet » en arabe Farakhshanit dans le sud de la France source ; Larousse Encyclopédie source ; Larousse Encyclopédie 

DE L’ETAT DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOUSTA’ÎN

Lorsque Mousta’în prit possession du pouvoir, il maintint Ahmad, fils d’al-Khasib, dans sa dignité de vizir, pendant deux mois.

Il prit ensuite comme vizir, après lui, Abou Sâlih ‘Abd Allah, fils de Muhammad, fils de Yazdad.

 

VIZIRAT D’ABOU SALIH ABD ALLAH, FILS DE MUHAMMAD, FILS DE YAZDÂD.[115]

C’était un homme lettré, supérieur.

Ses réponses aux placets et ses lettres étaient parmi les plus belles du genre. Du nombre de ses réponses est la suivante, adressée à un homme :

« Il ne t’arrivera aucun mal, tant qu’il n’arrivera de toi aucun mal. »

On raconte que lorsqu’Abou Sâlih, fils de Yazdâd, devint vizir de Mousta’in, il mit l’ordre dans les finances. Cela fut pénible aux émirs de l’empire, étant donné qu’il les avait mis à l’étroit. Ils le menacèrent alors de le tuer, et il dut fuir.[116]

Puis, les événements se succédèrent, Mousta’în prit, tour à tour, Muhammad, fils de Fadl al-Djardjarâ’î et Choudjâ, fils de Qasim, comme secrétaires. Mais aucun d’eux n’eut le titre de vizir. Cette époque, d’ailleurs, ne fut pas longue. Elle fut marquée par des guerres civiles, des guerres politiques et un grand désordre.

Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.
Vue aérienne sur le palais du calife abbasside al-Mutawakkil à Samarra , Iraq.

FIN DU RÈGNE DE MOUSTA’ÎN ET DE L’ADMINISTRATION DE SES VIZIRS.[117] 

 notes du traducteur:

[107] Massoudi, Prairies d’or, VII, 193 et suiv. ; Ibn al-Athir, VII, p. 76 et suiv.

[108] Cf. le récit de Massoudi, Prairies d’or, VII, 330-341. Cet auteur donne une généalogie différente, il appelle cet ‘Alide Abou-l-Hasan Yahya, fils d’Omar, fils de Yahya, fils de Housain, fils d’Abd Allah, fils d’Ismâ’îl, fils d’’Abd Allah, fils de Djafar at-Tayyâr, fils d’’Ali. La confusion me paraît devoir être attribuée au copiste, car, de même qu’Ibn al-Athir (Chronicon, VII, 82), Massoudi, (loc. cit.) donne la généalogie de la mère de l’Alide Yahya. C’est dans cette dernière généalogie qu’on trouve les noms que nous avons transcrits ci-dessus en italique. Le copiste a pu sauter une ligne et confondre ainsi les deux généalogies.

[109] Ce personnage, d’après Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 864, se nommait ‘Omar, fils de Faradj. Il était chargé, sous le règne de Moutawakkil, de tout ce qui concernait les Alides.

[110] En suivant le cours du Tigre. C’est ainsi qu’il faut comprendre le verbe employé dans le texte arabe.

[111] C’est le grand émir Wasif, qui joua un rôle très important sous le règne de Moutawakkil. Cf. Ibn al-Athir, loc. cit.

[112] Cet homme se nommait Abou Hâchim Dawoud, fils de Haitham al-Djafarî. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 84.

[113] Ce récit est conforme à celui d’Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 82 et sq.

[114] L’auteur fait ici allusion à la révolte de Hasan, fils de Zaid. qui eut lieu tout de suite après la mort de Yahya et dont le récit est donné avec beaucoup de détails par Ibn al-Athir, op. cit., VII. 85 et Massoudi, Prairies d’or, VII, 342 et suiv.

[115] Ce vizir me paraît être le fils de Muhammad, fils de Yazdâd, vizir de Mamoun (voy. ci-dessus et de Hammer-Purgstall, Litteratur Geschichte der Araber, III, 60. Cela me paraît d’autant plus vraisemblable que le vizir de Mamoun avait pour kounya : Abou ‘Abd Allah (le père d’Abd-Allah) et que le vizir de Mousta’în se nommait précisément ‘Abd Allah.

[116] A Bagdad. Ibn al-Athir, VII, 81.

[117] D’après Massoudi (Prairies d’or, VII, .324 et 369), Mousta’în eut encore un vizir : Ahmad, fils de Sâlih, fils de Chirzâd al-Qoutrouboulli, qui devient plus tard vizir de Mou’tamid.

Par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri »

abbasiler
Samarra et son minaret il s’agit du plus original minaret du monde musulman, qu’on retrouve deux fois dans l’art islamique, datant également de la période abbasside. Le calife Al-Mutawakkil y serait monté au sommet à dos d’un âne blanc

(wikipedia) Abû al-`Abbâs « al-Musta`in bi-llah » Ahmad ben Muhammad ben `Abbâs al-Mu`tasim1 surnommé Al-Musta`in2 est né en 836. Petit-fils du calife Al-Mu`tasim il est devenu le douzième calife abbasside en 862, il a succédé à Al-Muntasir. Les Turcs ont préféré écarter les frères d’Al-Muntasir de la succession, par crainte de les voir vouloir venger leur père qu’ils avaient tué sur ordre d’Al-Muntasir, aussi ont-ils élu comme successeur Al-Musta`in.

Al-Musta`in fut destitué et contraint de se réfugier à Bagdad en 866. À son retour à Samarra, après avoir abdiqué, ses gardiens l’ont décapité alors qu’il se prosternait pour la prière il a été enterré à côté d’Al-Muntasir3.

Révoltes arabes d’irak

Les arabes de Bagdad n’ont pas été d’accord avec le choix d’Al-Musta`in comme calife.

Il y eut un mouvement de révolte que les troupes Turques, Berbères, ceux de Transoxiane, et la « al-Maghariba » ainsi que la « al-Ufshuriyya » eurent tôt fait de réprimer.

Les Arabes irakiens ont été ainsi informés que le pouvoir n’était plus en leurs mains mais dans celles des vizirs turcs.

À cette occasion Al-Mu`tazz et ses frères ont été maltraités par les Turcs.

Le vizir qui s’est interposé en leur faveur a été remercié en étant spolié de tous ses biens et exilé en Crête.

En 863, une campagne en Arménie a été un sévère échec : deux troupes d’environ 3 000 hommes ont été tuées.

Le peuple de Bagdad se souleva contre les Turcs appelant à la guerre sainte.

Les portes des prisons ont été brisées.

En 864, Al-Hasan ibn Zayd, chef de guerre, descendant4 de Hasan prend le Tabaristan au Tâhiride Muhammad (le dernier gouverneur Tâhiride du Khorasan au service des califes abbassides de 862 à 873.)

Il installe une fragile dynastie alide zaydite qui va durer près de trois siècles dans les montagnes au sud de la mer Caspienne au Tabaristan.

Les Alavides (en persan : سلسله علویان طبرستان, selseleh alaviān tabarestān) sont une dynastie ayant régné de de 864 à 928 sur un émirat chiite basée au Tabaristan, en Iran. Ils sont les descendants du second imam chiite (l'imam Hasan ibn Ali) et apportent l'Islam dans la région sud de la Mer Caspienne en Iran. Leurs règnes se terminent quand ils sont défaits par l'empire des Samanides en 928. Après leurs défaites plusieurs soldats et généraux des Alavides rejoignent la dynastie samanide. Mardâvij, le fils de Ziyâr était l'un des généraux qui rejoint les Samanides. Il fondera plus tard la dynastie des Ziyarides. `Imâd ad-Dawla `Alî, Rukn ad-Dawla Hassan et Mu`izz ad-Dawla Ahmad, les fils de Buyeh sont les fondateurs de la dynastie bouyide. Ils sont aussi parmi les généraux alavides qui rejoignent l'armée samanide.
Les Alavides  du Tabaristan sont une dynastie alide ayant régné de de 864 à 928 sur un émirat chiite basée au Tabaristan, en Iran. Ils sont les descendants de  Hassan ibn Ali comme les Idrissides. Leurs règnes se terminent quand ils sont défaits par l’empire des Samanides en 928. Après leurs défaites plusieurs soldats et généraux des Alavides rejoignent la dynastie samanide. Mardâvij, le fils de Ziyâr était l’un des généraux qui rejoint les Samanides. Il fondera plus tard la dynastie des Ziyarides. `Imâd ad-Dawla `Alî, Rukn ad-Dawla Hassan et Mu`izz ad-Dawla Ahmad, les fils de Buyeh sont les fondateurs de la dynastie bouyide qui aurai une main mise sur les abbassides.

 

En 865, Al Musta`in s’est enfui de Samarra où il se sentait menacé, pour Bagdad. Les Turcs ont voulu le contraindre à rejoindre Samarra, le ton est monté et l’un des porte-parole turcs reçut un projectile. Les Turcs sont allés chercher Al-Mu`tazz dans son refuge et l’ont acclamé comme calife. Une armée de 50 000 turcs et 2 000 Berbères a mis le siège à Bagdad.

Abdication et mort d’Al-Musta`in

Au début de 866, après des tractations et des manœuvres, Al-Musta`in a abdiqué en faveur de’Al-Mu`tazz, quant à lui–même il recevrait un revenu suffisant et irait à Médine. Al-Musta`in a dû se rendre à Samarra pour rendre hommage à Al-Mu`tazz où il ratifia les termes de leur accord.

 

Au lieu d’un séjour paisible à Médine Al-Musta`in fut décapité alors qu’il se prosternait pour la prière il a été enterré à côté d’Al-Muntasir.

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