Règne du calife Abbasside al-Moutamid (869-892) Par al-Tiqtaqa du « Kitab al-Fakhri »

Publié le Mis à jour le

Abbasid, al-Mu‘tamid, dinar, al-Kufa 272h

Règne du calife Abbasside al-Moutamid  [139] (869-892) Par al-Tiqtaqa du « Kitab al-Fakhri »

Après Mouhtadi régna Mou’tamid ‘alâ-Allah, qui se nommait Abou-l-Abbas Ahmad, fils de Moutawakkil.

Il reçut le serment d’investiture en l’année 256 (869).

Mou’tamid était regardé comme faible, et c’est son frère, Mouwaffaq Talha an-Nasir, qui l’emportait sur lui.

Le règne de Mou’tamid fut un règne d’un caractère étrange, Mou’tamid et son frère, Mouwaffaq Talha, étaient comme deux associés au khalifat ; à Mou’tamid appartenaient la khotba (prône), le droit de battre la monnaie et le droit de porter le titre d’Emir des Croyants; à son frère Talha le droit d’ordonner et de défendre, la conduite des troupes, l’exercice des hostilités contre les ennemis, la sarde des frontières, l’installation des vizirs et des émirs.

Mou’tamid était distrait de tout cela par ses plaisirs.

A cette époque eurent lieu les événements du chef des Zendjs (Zanj).

Batteau arabe dans la mer des zanj, tiré des Maqamat d'al-Hariri illustrée par al-Wasiti
Bateau arabe dans la mer des zanj, tiré des Maqamat d’al-Hariri illustrée par al-Wasiti (Abbasside 13eme siècle)

HISTOIRE DU CHEF DES ZENDJS, DE SA GENEALOGIE ET DE CE QUI SE TROUVA SOUS SES ORDRES

Sous le règne de Mou’tamid, apparut un homme appelé ‘Ali,[140] fils de Muhammad, fils d’Ahmad, fils d’Isa, fils de Zaid, fils d’Ali, fils de Housain, fils d’Ali, fils d’Abou Thâlib.

Quant à sa généalogie, aux yeux des hommes versés dans cette science, elle n’est pas authentique ; ils le mettent au nombre de ceux dont la généalogie est suspecte.

Quant à sa situation, c’était un homme supérieur, d’une éloquence claire et persuasive, intelligent, qui gagna les cœurs des esclaves Zendjs[141] à Basra et dans ses environs.

Il se réunit à lui, parmi ces esclaves Zendjs, beaucoup de monde, ainsi que des gens d’une autre provenance.

Son importance grandit et sa puissance s’accrut.

Au début de sa carrière, il était pauvre, ne possédant que trois sabres, au point que, ayant reçu comme cadeau une jument, il n’avait ni bride, ni selle pour la monter.

Il enfourcha alors la jument avec une corde [comme bride]. Puis, il advint qu’il eut des combats et des incursions, où il fut vainqueur ; il s’enrichit de ce chef, sa situation devint considérable, de même que son butin.

Ses soldats noirs se répandirent dans les pays de l’Iraq, dans le Bahreïn et à Hadjar.[142]

Mouwaffaq Talha marcha alors contre lui avec des troupes abbasside nombreuses.

La rencontre eut lieu entre Basra et Wâsit.

La guerre dura entre eux pendant plusieurs années.

Ils bâtirent des villes dans cette région, et chacun des deux partis se mit à observer l’autre, mais à la fin la victoire resta à l’armée ‘abbâside, qui consomma la perte des ennemis par le meurtre et la captivité.

Le chef des Zendjs[143] fut tué, sa ville pillée. C’est lui qui l’avait bâtie et nommée Moukhtâra (l’Elue).[144]

Sa tête fut portée à Bagdad, et ce fut un jour mémorable.

Le nombre des tués, au cours de ces événements, fut, dit-on, de 2.500.000 hommes.

Mou’tamid mourut en l’année 279 (892).

DE L’ETAT DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOU’TAMID

Il a été dit précédemment que c’était le frère de Mou’tamid, Mouwaffaq, qui détenait en fait le khalifat. C’était lui qui destituait les vizirs et leur donnait l’investiture.

Bol Abbasside du 9eme siècle, al-Basra
Bol Abbasside du 9eme siècle, al-Basra

VIZIRAT D’ABOU-L-HASAN OUBEÏD ALLAH, FILS DE YAHYA, FILS DE KHAKAN, AU SERVICE DE MOU’TAMID

Lorsque Mou’tamid prit possession du khalifat, les avis tombèrent d’accord sur la personne de ‘Oubeïd Allah, fils de Yahya, fils de Khâkân.

En conséquence, il fut mandé et investi du vizirat, absolument contre son gré et en dépit de ses efforts pour y échapper et s’en défendre.

Oubeïd Allah était bien au courant de l’état des sujets et des affaires, bon administrateur des finances.

Il a, d’ailleurs, été mentionné précédemment, sous le khalifat de Moutawakkil (847-861).[145]

Deux épées Abbasside à lame droite, au musée du Tokpapi, Istanbul, Turquie.
Deux épées Abbasside à lame droite, au musée du Tokpapi, Istanbul, Turquie.

VIZIRAT DE HASAN, FILS DE MAKHLAD, AU SERVICE DE MOU’TAMID

Hasan, fils de Makhlad, devint vizir de Mou’tamid, lorsque mourut ‘Oubeïd Allah, fils de Yahya (fils de Khâkân).

Mou’tamid investit du vizirat Hasan, fils de Makhlad, alors qu’il était secrétaire de son frère Mouwaffaq.

En sorte qu’il cumula la qualité de vizir de Mou’tamid avec celle de secrétaire de Mouwaffaq. Hasan, fils de Makhlad, était originaire de Dair-Qounnâ.[146].

Son père était, dit-on, batelier, et cependant son fils devint ce que l’on sait. Hasan était un des vizirs les plus capables de ce monde. Il avait, dit-on, un petit carnet, qu’il tenait lui-même, et dans lequel figuraient les ressources des provinces de l’empire et leurs importations, avec leurs dates.

Chaque soir, il ne dormait pas, jusqu’à ce qu’il eût lu ce carnet et qu’il en eût appris indubitablement le contenu, en sorte que s’il était interrogé, le lendemain, sur n’importe quoi de ce qui s’y trouvait, il répondait de mémoire, sans hésitation, ni recours à un registre.

« J’étais une fois, a raconté Hasan,[147] fils de Makhlad, debout en présence de Mouwaffaq, fils de Moutawakkil ; Je le vis alors palper de sa main son vêtement, puis me dire : « O Hasan ! cette étoffe m’a plu ; combien en avons-nous dans les magasins? »

Alors, je sortis sur-le-champ de ma bottine un petit rouleau, où figuraient les totaux des marchandises et des étoffes qui se trouvaient dans les magasins, exposés dans leurs détails.

Je trouvai alors 6.000 pièces de l’espèce de ce vêtement. « Hasan ! me dit Mouwaffaq, nous voilà nus ; écris au pays de [provenance] pour qu’on fabrique 30.000 pièces de cette espèce et qu’on les expédie dans le plus bref délai. »

Mou’tamid le destitua,[148] par la suite, et investit du vizirat Soulaimân, fils de Wahb, dont nous avons donné plus haut une partie de la biographie.

Depuis cette époque, la maison des fils de Wahb commença à s’élever.

Abbasid, al-Mu‘tamid, dinar, San‘a 279,

VIZIRAT D’ABOU-S-SAQR ISMA’IL, FILS DE BOULBOUL

Mouwaffaq le nomma vizir de son frère Mou’tamid. Abou-s-Saqr[149] était généreux, très hospitalier, digne. Il atteignit dans le vizirat un rang considérable, et réunit entre ses mains les pouvoirs militaire et civil.

En effet, il administra également les affaires militaires.

Il fut appelé al-wazîr ach-chakoûr (le vizir très reconnaissant). Il eut dans sa jeunesse une conduite peu satisfaisante, puis arriva au rang que l’on sait.

Les poètes, tels que Bouhtourî, Ibn ar-Roumi et d’autres,[150] firent à son sujet des panégyriques et des satires.

Abou-s-Saqr faisait remonter sa généalogie aux  arabes Benou Chaibân.

J’ai vu son arbre généalogique rattaché à Chaibân, écrit de la main d’un généalogiste.

D’autres l’ont calomnié et ont dit: « C’est un enfant illégitime. »

Ibn ar-Roumi l’avait loué dans une longue qasîda rimant en noûn, et dont voici le début:

De tendres rameaux et des mamelons de sables, où croissent deux espèces, des pommes et des grenades, ont produit pour toi le fruit de la douce intimité.

Ce sont de tendres rameaux de saule portant des fruits à perpétuité, et cependant les fruits ne sont pas de ce que porte habituellement le saule.

Les gens appelèrent ce poème Dâr al-battîkh « le marché au melon », à cause du grand nombre des fruits qui y sont mentionnés. Or, l’endroit où se vendaient les fruits s’appelait a le marché au melon.[151]

De cette qasîda sont encore les vers suivants :

Abou-s-Saqr, a-t-on dit, est issu de Chaibân. Nullement, leur répondis-je ; par ma vie, c’est plutôt Chaibân qui est issu de lui !

Que de fois un père est monté en noblesse, grâce à son fils, de même que, par l’Apôtre d’Allah, ‘Adnân[152] devint illustre !

Lorsqu’Abou-s-Saqr entendit le passage où le poète a dit: « Abou-s-Saqr, a-t-on dit, est issu de Chaibân. Nullement, leur répondis-je », il crut qu’Ibn ar-Roumi s’en était servi pour le blesser à mots couverts, et laisser entendre qu’il était enfant illégitime.

Le sens étant devenu ambigu pour lui, Abou-s-Saqr s’accrocha inébranlablement à son idée et se détourna d’Ibn ar-Roumi. Celui-ci chercha par tous moyens à lui faire comprendre la réalité de la situation, mais Abou-s-Saqr n’admit, à ce sujet, l’explication de personne.

« Par Allah ! lui dit-on, mais regarde le deuxième vers et la beauté de l’idée qui y est exprimée ! C’est une idée originale, dont la pareille n’a été appliquée à personne avant toi, dans un panégyrique ! »

Mais Abou-s-Saqr ne voulut pas prêter l’oreille, demeura convaincu qu’Ibn ar-Roumi a entendu lancer contre lui une satire ; et il éloigna le poète. Alors Ibn ar-Roumi composa contre lui des épigrammes et en fit de très méchantes.

De ce nombre est le distique suivant :

L’on s’étonne qu’Abou-s-Saqr ait été investi du diwan, après avoir été un domestique à gages;

C’est que la fortune a la vertu chimique de métamorphoser tout chien qu’elle touche en homme.

De même ces vers :

Doucement, Abou-s-Saqr ! Que de fois l’oiseau[153] tombe gisant après avoir plané dans les airs !

Tu as été marié à une félicité,[154] dont tu n’étais pas digne;[155] qu’Allah la préserve par une répudiation !

Point de bénédictions à une félicité dont tu t’es drapé ! Que d’arguments y trouverait un manichéen !

Parmi les épigrammes curieuses qu’Ibn ar-Roumi composa à son sujet, est le distique suivant :

Quelle présomption, de la part d’un petit oiseau dont le père est un chétif rossignol, de se surnommer « père du faucon », oh ! dites, vous, les hommes des diwans!

Enlevez-lui ce surnom qui ne lui convient pas : on nomme « père du faucon » celui qui est fils de faucon.[156]

Mou’tamid fit arrêter ce vizir, l’emprisonna, le frappa d’une peine, puis le tua dans son cachot et confisqua tous ses biens.

Et sache que ces vizirs de Mou’tamid, comme Hasan, fils de Makhlad, Soulaimân, fils de Wahb, et Abou-s-Saqr, fils de Boulboul, devinrent vizirs et furent destitués à diverses reprises, deux et même trois fois.

Stuc mur revêtement, le style I. Samarra ou 'Style C'  Berlin, Musée d'art islamique (SMB)  Irak, Samarra, allemand Samarra Expediton 1911, «Maison III ' Période abbasside, au milieu de 3 / 9ème siècle  Photo: Ernst Herzfeld 1911  E. Herzfeld, Erster vorläufiger Bericht über die Ausgrabungen von Samarra (Berlin 1912) pl. 4.
Mur en Stuc, à Samarra 
Période abbasside, au milieu de  9ème siècle
Photo: Ernst Herzfeld 1911
E. Herzfeld, Erster vorläufiger Bericht über die Ausgrabungen von Samarra (Berlin 1912) pl. 4.

VIZIRAT D’AHMAD,[157] FILS DE Salam, FILS DE CHIRZAD AL-QOUTROUBOULLÎ, AU SERVICE DE MOU’TAMID

C’est Mouwaffaq qui le nomma vizir de son frère, Mou’tamid. Ahmad était bon écrivain, éloquent, supérieur, sachant ce qu’un homme de sa condition doit savoir, écrivant bien en vers et en prose.

Il a décrit une femme calligraphe en ces termes :

« Son écriture est aussi belle que son physique. Son encre est comme la noirceur de ses cheveux, son papier comme l’épiderme de son visage, son qalam comme l’extrémité d’un de ses doigts, son éloquence comme le charme[158] irrésistible de sa prunelle, son couteau[159] comme l’œillade langoureuse de son regard, enfin son ivoire[160] comme le cœur de son amant. »

Ahmad, fils de Chîrzâd, demeura vizir environ un mois; il tomba ensuite malade et mourut. Cela se passait en l’année 265 (879).

The_Mediterranean_in_the_9th_century_-_R__Roolvink_et_al___Historical_Atlas_of_the_Muslim_Peoples_1957
« La méditerranée au 9eme siècle »  Les abbassides via les Aghlabides ont conquis le sud de l’Italie, la Sardaigne et la Sicile au courent de ce siècle. Sources : R Roolvink et  Historical Atlas of the Muslim Peoples 1957

VIZIRAT D’OUBEÏD ALLAH, FILS DE SOULAIMÂN, FILS DE WAHB, AU SERVICE DE MOU’TAMID

‘Oubeïd Allah, fils de Soulaimân, fut du nombre des grands vizirs et des maîtres des hommes d’Etat. Il était tout à fait supérieur dans son métier, capable, habile, intelligent, grave.

Mou’tadid[161] ayant perdu une concubine qu’il aimait, en fut très affligé. Alors, ‘Oubeïd Allah,[162] fils de Soulaimân, lui dit : « Un homme tel que toi, ô Emir des Croyants ! supporte facilement les malheurs, car tu peux trouver un équivalent de tout ce que tu perds, tandis que personne ne peut trouver ton remplaçant. On dirait que le poète t’a visé dans ce vers :

On nous pleure, tandis que nous ne pleurons personne; c’est que nos poils sont plus gros que ceux des chameaux.[163]

C’est au sujet d’Oubeïd Allah, fils de Soulaimân, que le poète dit :

Lorsque les deux mains d’Abou Qasim[164] nous donnent généreusement, on ne peut plus faire l’éloge des deux généreux par excellence : la mer et la pluie !

Lorsque pénètre son esprit ou le tranchant de sa résolution, on voit reculer les deux pénétrants par excellence : l’épée et le destin.

Lorsque nous éclairent les lumières de son visage, on voit s’éclipser les deux grands luminaires : le soleil el la lune.

Quiconque n’a pas passé la nuit dans la crainte de son assaut impétueux, ignore encore ce que sont les deux inquiétants : l’effroi et la crainte.

C’est un homme qui arrive par la supposition à ce que la constatation visuelle est impuissante à faire connaître, et les deux témoins de ce que j’avance, c’est l’homme lui-même et sa réputation.

‘Oubeïd Allah mourut en l’année 288[165] (900).

Noble et saint Coran de l'époque abbasside, du 9eme siècle exactement
Noble et saint Coran de l’époque abbasside, du 9eme siècle exactement 

FIN DU RÈGNE DE MOU’TAMID EL DE L’ADMINISTRATION DE SES VIZIRS.

notes du traducteur:

[139] Massoudi, Prairies d’or, VIII, 32 et suiv. ; Ibn al-Athir, Chronicon. VII, 162. Une notice spéciale sur ce prince est donnée par le manuscrit n° 2130 de Paris, f° 92 (Histoire de Bagdad, par Mouhibb ad-Dîn ibn an-Nadjdjâri.

[140] Cf. Massoudi, Prairies d’or, VIII, 31, 404.

[141] Ibn al-Athir (Chronicon) donne beaucoup de détails sur les Zendjs et les troubles auxquels ils prirent part. L’abondance des renseignements a, comme toujours, empêché Ibn at-Tiqtaqâ de suivre le récit de son guide : il a préféré le résumer en quelques mots. Cf. le t. VII. p. 236 et suiv. ; Massoudi, Prairies d’or, VIII, 31 et sq. Déjà sous le règne d’’Abd al-Malik, en l’année 75 (= 695) il y a eu un soulèvement d’esclaves venus à Basra de l’Afrique orientale et principalement de la côte des Somalis. C’était aussi des Zendjs. Ce soulèvement fut réprimé par le fameux Hajjaj ibn Yussuf at-Taqafy, le gouverneur des deux ‘Iraq. Cf. Tabari, Annales, II, 871 ; Ibn al-Athir, Chronicon, IV, 313 et suiv. ; J.-B. Périer, Vie d’al-Hadjdâjdj, pp. 86-87.

[142] Ces régions ont été souvent le théâtre de soulèvements importants, contre l’autorité des khalifes. C’est là qu’eut lieu, en 287, la révolte d’Abou Sa’id al-Djannâbi, le Qarmate, sous le règne de Mou’tadid. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VIII, 193-194 ; Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 344-345 et voyez plus loin.

[143] On le nommait al-Khabith (le vilain, l’ignoble). Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 244.

[144] Ibn al-Athir, ibidem. De son côté, Mouwaffaq Talha avait bâti une ville et l’avait nommée Mouwaffaqiyjya. Ibidem.

[145] Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 63,66 et suiv. ; Massoudi, Prairies d’or. VIII, 39, 125.

[146] Ville située sur le bord du Tigre, dans le canton de Nahrawân, en aval de Bagdad. Cf. Yakout, Mou’djam, s. v. ; Sacy, Chrestomathie, I, 327-328; Massoudi, Prairies d’or, II, 300, 453: Ibn al-Athir, Chronicon, V, 310.

[147] Sur ce khalife, voy. aussi Massoudi, Prairies d’or, VII, 245-246 ; VIII, 39; Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 215.

[148] En réalité, ce n’est pas le khalife qui destitua son vizir Ibn Makhlad: mais celui-ci prit lui-même la fuite lorsque le général de la milice turque, Moussa, fils de Boghâ, vint de Samarra à Bagdad, et cela en l’année 263 de l’Hégire. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 215. Il revint au pouvoir l’année suivante, 264, pour prendre la fuite de nouveau, quelques mois après. Ibidem.

[149] Il fut nommé vizir en l’année 265 ;= 878 de J.-C). Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 227. Il a dû être destitué quelque temps après, car nous le trouvons en 272 (= 885 de J.-C.) seulement secrétaire de Mouwaffaq. Plus tard, il trahit son maître pour gagner les bonnes grâces de Mou’tamid ; mais son complot ne réussit pas et il vit sa maison pillée par la milice qui s’était retournée contre lui. Ibn al-Athir, op. cit., VII, 306-309.

[150] Le philologue Moufaddal ad-Dibbi était également du nombre de ses courtisans. C’est à la suite d’un cadeau donné à celui-ci qu’Ibn ar-Roumi, jaloux, composa contre lui une mordante satire, que rapporte Ibn Khallikan, Wafayât, M. Wüstenfeld, n° 590.

[151] Le marché, dont il est ici question, était située Bagdad et se tenait dans la rue des savetiers (darb al-asâkifa), la rue de l’huile (darb az-zait) et la rue de l’ivoire (darb al-‘âdj). Sous le règne de Mahdî, le « marché aux melons » fut transféré à l’intérieur du quartier chi’ite de Bagdad, le Karkh (Cf. Yakout, Mou’djam, II, p. 317 ; Salmon, Introduction topographique, p. 100). Dans ce nouveau quartier, le marché se tenait en face du point où le grand canal rencontre le Nahr ‘Isa. Salmon, ibid., p. 155.

[152] ‘Adnân, comme on le sait, est le premier rejeton connu de la tige d’Ismâ’îl, depuis la génération de Kaidar. Voy. un résumé des sources arabes dans Caussin de Perceval,Essai, I, 179, 181 et suiv. ; Prince de Teano, Annali del Islam, Introduction, § 29 et suiv.

[153] Allusion au nom du vizir : « Père du faucon ».

[154] Dans l’Index (p. 485) de l’édition arabe qui a servi de base à cette traduction, le mot « félicité » a été pris pour un nom propre de femme et classé comme tel dans l’index.

[155] Pour comprendre ce vers, il est nécessaire de savoir qu’en droit musulman, le mari doit être de condition égale à celle de la femme… L’inobservation de cette condition peut donner lieu au divorce prononcé par le juge.

[156] D’autres satires contre ce vizir sont rapportées par Massoudi, Prairies d’or, VIII, 258, 259.

[157] Ahmad occupa déjà le vizirat sous Mousta’în jusqu’à la destitution de ce prince. Cf. Massoudi, Prairies d’or, VII, .324 et 369 in fine. Ibn at-Tiqtaqâ ne mentionne pas du tout ce vizir parmi ceux qui ont occupé ces hautes fonctions sous Mousta’în. Voy. Ibn al-Athir, Chronicon, VII, 87, 92.

[158] L’éloquence est une véritable magie .

[159] Pour tailler les qalams.

[160] Le morceau d’ivoire ou d’os… sur lequel on applique le roseau taillé pour en couper le bec, avant d’écrire. Naturellement, il est toujours tailladé.

[161] On s’attendait au nom de Mou’tamid.

[162] La biographie de ce vizir est donnée par Khalil ibn Aibak as-Safadî, al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit arabe de Paris, n° 2066, f° 302 v°. Cf. Hammer-Purgstall, Litteratur Geschichte der Araber, VI, 1129 ; Massoudi, Prairies d’or, VIII, 169, 252, 264.

[163] Nous avons plus de prix.

[164] C’est le surnom patronymique, kounya, du vizir ‘Oubeïd Allah.

[165] Cette date est confirmée par Ibn al-Athir, Chronicon, VII, p. 352.

Par al-Tiqtaqa du « Kitab al-Fakhri »

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