Conquête de Khalid ibn Al- Walid al-Makhzumi en Iraq par al-Tabari :

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La bataille d'al-Qadisiya, l'Armée du Califat Rashidun contre les éléphants de guerres Perses Sassanides
La bataille d’al-Qadisiya, l’Armée du Califat Rashidun contre les éléphants de guerres Perses Sassanides

Tabari-(925)  Chronique des-prophètes-et-des-rois,  al-Balami-11eme siècle, conquête de la perse sassanide par les forces du califat Rashidun : 

 

CONQUÊTES DE Khaled ibn Al- Walid al-Makhzumi en Iraq 

 

Au commencement de l’an XII, Abû Bakr fut instruit de raffaiblissement de l’empire de Perse, dont le gouvernement, après Shîrwî b Parwîz, était tombé entre les mains de femmes et d’enfants.

Les rois de Perse avaient conféré le gouvernement de Hira et de Kûfa à Iyâs b Qabiça Tayyi, à la place de Nu‘man b Mundhir ; et toutes les contrées arabes étaient sous la dépendance d’lyâs.

Un homme nommé Mouthanna, b Hâritha, l’un des principaux chefs des Banî-Shaybân, qui ne pouvait pas se résigner à obéir à Iyàs, était venu de Kufa à Madina auprès d’Abou-Bekr, et avait embrassé l’Islam.

Il avait dit au calife :

« Confère-moi l’autorité sur les territoires de Kufa et du Sawâd ; que je sois le maître de toutes les parties de ces provinces, dont je ferai la conquête; car l’empire de Perse est affaibli. »

Abou-Bekr lui accorda ces contrées et lui promit de lui envoyer une armée et de le soutenir. Mouthanna, de retour dans son pays, resta tantôt à Kufa, tantôt dans le Sawâd. Lorsque Abou-Bekr vit qu’il ne pouvait rien entreprendre, et qu’on entrait déjà dans une nouvelle année, il adressa une lettre à Khâlid b Walid, le rappela du Yemâma et lui dit :

« Rends-toi de là dans l’Iraq, à ‘Hira et à Kufa, et unis tes forces à celles de Mouthanna ; puis dirige- toi vers Madâ’ïn, en prenant les avis de Mouthanna, et marche sur Ubulla. La ville d’Ubolla est située entre Baçra et Kufa; on l’appelle Farju l-Hind , parce que c’est là qu’on entre de l’Inde dans Omân. Abou-Bekr adressa également une lettre à Muthanna , et lui ordonna d’être aux ordres de Khâlid.

Casque de barre sassanide récupéré de Ninive dans l'Irak moderne qui aurait été une partie de sassanide ENPIRE (224-651 AD) à l'époque. Le casque Spangenhelm a été construit par la fixation des plaques de métal par des rivets (Image Source: Farrokh, K., Ombres dans le désert: la Perse antique à la guerre, Osprey Publishing, pp.223).
Casque sassanide ou utilisé par le califat rashidun  récupéré à Ninive en Irak moderne ( Osprey). 

Khâlid quitta le Yemâma, se dirigeant vers Baçra, Ubulla et Kufa, et entra dans le Sawâd de l’Irâq. Avant d’arriver à Hira et à Kufa, il rencontra sur son chemin quelques bourgs renfermant une nombreuse population.

Les noms de ces bourgs étaient Bâniqyâ et Bârasumâ.

Khâlid allait les attaquer, lorsque les habitants vinrent lui demander la paix en consentant à payer un jizya.

Khâlid leur accorda la paix à cette condition.

Ce fut la première fois que l’on imposa un jizya sous le règne de l’Islam.

Khâlid fit rédiger un acte dans lequel il disait qu’il accordait à ces hommes la paix en leur imposant un tribut. Ce tribut fut de 1000 dh, que

les habitants de ces bourgs réunirent et qu’ils remirent à Khâlid. Après les avoir reçus, Khâlid continua sa marche et arriva aux portes de Hira.

Muthanna b Hâritha, vint l’y rejoindre.

Les conquêtes de Khalid ibn al-Walid (ra) en Iraq
Les conquêtes de Khalid ibn al-Walid (ra) en Iraq

HIRA.

Lorsque Khâlid arriva devant Hira, Iyàs b Qabiça, vint au-devant de lui. Khâlid lui dit :

« Iyâs, choisis lun de ces trois partis : accepte notre religion, ou paye une jizya, ou prépare-toi à la guerre ; car les hommes qui sont avec moi aiment la guerre et la mort comme tu aimes le plaisir et la vie ! »

lyâs répliqua :

« Nous ne voulons pas te résister et nous ne pouvons pas abandonner notre ancienne religion mais nous consentons à payer tribut. »

En conséquence les habitants de Hira réunirent une contribution de 290 000 dh, qu’ils remirent à Khâlid.

Ensuite Khâlid, ayant avec Muthanna, se tourna vers le Sawâd de T’Irâq. Les habitants d’un bourg nommé Lis ne voulurent pas se soumettre à payer tribut; ils déclarèrent qu’ils résisteraient. Khâlid envoya contre eux Mouthanna, qui leur livra un combat, tua leur chef, qui était un Perse nommé Jâbân, et saccagea le bourg.

Il y avait à Hira un chrétien nommé ‘Abdu 1-Masîh b ‘Amru, qui était âgé de 300 ans. Khâlid, se trouvant devant Hira, voulut le voir. Il sortit de la ville.

Khâlid lui dit :

« Quelle est ton origine?

Les reins de mon père, répondit ‘Abd ul Masih.

Ce n’est pas ce que je demande, reprit Khâlid, je veux savoir d’où tu viens.

Du sein de ma mère.

Où te trouves-tu ?

Sur la terre.

Malheur à toi ! s’écria Khâlid , je te demande en quoi tu es.

Dans mon vêtement, répondit ‘Abd-l-Masîh.

Viens- tu pour la paix ou avec des intentions hostiles ?

Je ne suis pas venu pour la guerre.

Si tu ne veux pas faire la guerre , à quoi servent tous ces châteaux f (Il y avait à ^Hirà des châteaux bien fortifiés.

‘Abd-l-Masîh répondit :

Nous avons construit ces châteaux en vue d’un homme inintelligent pour pouvoir le repousser s’il venait nous attaquer Jusqu’à ce qu’un homme intelligent vint nous délivrer de l’homme inintelligent. »

Après cette entrevue, Khâlid avait conclu la paix avec les habitants de Hîra, à la condition qu’ils payeraient un tribut.

Âbou-Bakr fit partir pour Irâq Qabiçâ b ‘Amr Tamimi, chargé de seconder Khâlid. Il adressa aussi une lettre à lyâd b Ghanam, qui se trouvait dans le Bahran, où il remplissait les fonctions de receveur de zakat, et lui ordonna d’aller au secours de Khâlid.

‘Abd-Taghuth Himyari, qui séjournait entre le Yemen et le Hijâz, avait reçu l’ordre de parcourir, avec ses troupes himyarites musulmanes, le désert, le Hedjâz et le Yemen, pour

rechercher les apostats, afin de tuer quiconque serait apostat ou de l’obliger à embrasser l’islam.

‘Abd-Taghuth ayant informé Abou-Bekr qu’il ne restait plus un seul apostat en Arabie, le calife lui écrivit de se rendre avec toutes ses troupes auprès de Khâlid. Il conféra à ce dernier le gouvernement de rirâq, et le nomma général en chef de toutes les armées. Dans la lettre par laquelle il lui annonça ces dispositions, il disait en outre :

« Ne retiens personne de force ; autorise à quitter l’armée ceux qui le demanderont, car ce n’est pas par ceux-là qu’on pourra remporter la victoire. »

Khâlid entra dans l’Irâq avec 10 000 hommes.

Site de la bataille d'al-Qadisiya , qui vue l'armée perse sassanide massacrées par les armées arabes du califat Rashidun
Site de la bataille d’al-Qadisiya , qui vue l’armée perse sassanide massacrées par les armées arabes du califat Rashidun

La bataille de UBULLA

Par la lettre qu’il avait adressée à Khâlid en le nommant gouverneur de l(Irâc[ et général en chef des troupes destinées à agir contre la Perse, Abou-Bekr l’avait informé que toutes 1es troupes musulmanes qui se trouvaient dans le désert sur le territoire de Baçra et de l’lrâq, étaient placées sous ses ordres, et qu il pouvait appeler à lui toutes celles qu’il voudrait.

Après avoir reçu cette lettre, Khâlid écrivit aux quatre généraux qui étaient autour de lui, et les engagea à Venir le rejoindre.

Ces quatre généraux étaient : Muthanna, Madhur, Harmala et Salama. Ils arrivèrent en amenant 8000 hommes. Ayant ainsi 18 000 hommes, Khâlid se tourna d’abord vers Ubulla.

Ubulla était une place frontière de la Perse, du côté de l’Arabie.

Elle était commandée par un Perse nommé Hur-Muz, qui avait sous ses ordres 20 000 hommes.

Guerrier Ansar du califat Rashidun
Guerrier Ansar du califat Rashidun (osprey)

 

En ce temps, Shîrwy, fils de Parwîz, était mort, et l’on avait placé la couronne de Perse sur la tête d’un enfant à la mamelle, nomimé Ard-e-Shir, en faisant diriger par quelqu’un les affaires du royaume.

Hormouz était un homme très-brave, qui veillait sur la sécurité de l’empire, du côté du désert contre les Arabes, et du coté de la mer contre les gens de l’Inde.

Khâlid adressa à Hur-Muz une lettre ainsi conçue :

« J’arrive, moi, le général du vicaire de Dieu. Embrasse l’Islam, ou paye tribut, ou prépare-toi à la guerre. »

Hur-Muz, après avoir lu cette lettre, l’envoya à Ard-e-Shir, roi de Perse; puis il mit en mouvement son armée et entra dans le désert, allant à la rencontre de Khâlid. Il régnait une grande sécheresse, et l’on ne trouva pas d’eau dans le désert.

Or, pendant la nuit, Dieu amena un nuage sur le camp de Khâlid; tous les puits qui se trouvaient dans le camp musulman furent remplis d^eau, tandis qu’il ne tomba pas une goutte de pluie dans le camp perse.

Reonstitution de l'armée du califat  Rashidun face au éléphants de guerre perses sassanides  Reconstitution  de l'armée du califat Rashidun face au éléphants de guerre perses sassanides
Reconstitution de l’armée du califat Rashidun face au éléphants de guerre perses sassanides

Le lendemain, les deux armées quittèrent leurs camps et se mirent en ordre de bataille. Le premier qui s’avança fut Hur-Muz ; il cria aux musulmans :

« Où est Khâlid ? Dites-lui qu’il vienne se mesurer avec moi ! »

 

HurMuz était un homme fort, tandis que Khâlid avait un corps chétif. Hur-Muz descendit de cheval et le combat singulier commença. Ayant évité un coup porté par Hur-Muz, Khâlid rejeta son sabre, en disant :

« A quoi bon un sabre ? »

Il s’approcha de Hur-Muz , le souleva, le jeta sur le sol, s’assit sur sa poitrine et tira son poignard pour lui couper la gorge. A cette vue, l’armée perse accourut et entoura Khâlid pour dégager Hur-Muz. Qa’qâ’, de son côté, et les soldats musulmans se jetèrent au milieu des Perses et les écartèrent de Khâlid, qui trancha la tète de Hur-Muz et la jeta au milieu de l’armée des Perses, qui se mirent à fuir. Khâlid monta à cheval, et envoya un corps de troupes à leur poursuite. Un grand nombre d’entre eux furent tués ou faits prisonniers. A la tombée de la nuit, les musulmans rentrèrent au camp.

 

Le lendemain, Khâlid leva son camp et fit son entrée dans Ubulla. On trouva, dans le magasin public, des chaînes que les troupes perses avaient apportées pour lier les musulmans qu’elles feraient prisonniers. Le trésor de Hur-Muz et les bagages de l’armée furent pillés.

Épée Sassanide du 7eme siècle datant de la conquête d califat Rashidun de la Perse Sassanide ( The Metropolitan Museum of Art, New York. Rogers Fund, 1965)
Épée Sassanide  ou de l’époque islamique du 7eme siècle datant de la conquête du califat Rashidun de la Perse Sassanide ( The Metropolitan Museum of Art, New York. Rogers Fund, 1965)

On réunit une quantité de butin telle qu’on n’en avait jamais vu autant. On trouva aussi la mitre que Hur-Muz avait dû porter sur sa tête et qui était rouge et ornée de pierres précieuses ; elle avait la valeur de 100 000 dh. On dit que cette mitre était le signe du rang élevé que le roi de Perse lui avait conféré. Khâlid fit le partage du butin, et envoya à Médine le Khums, en même temps que cette tiare et un éléphant qu’on avait pris. Abou-Bakr fit promener l’léphant par toute la ville, afin que tous les habitants pussent le voir; puis il le fit renvoyer à Khâlid.

Quant à la mitre, il en fit don à Khâlid lui-même.

Quelques traditionnistes rapportent que ce n’est pas Khâlid qui a pris Obolla, que cette ville n’a été prise que sous le califat de ‘Umar b Khattâb, l’an XIV. Mais cela n’est pas exact : dans toutes les traditions des Futuhat, la conquête d’Ubulla est attribuée à Khâlid.

Dans les récits des guerres et des victoires du ‘Irâq, la bataille d’Obolla est appelée la bataille des chaînes[…].

Casque sassanide
Casque sassanide

La bataille de MADSAR.

Au moment où Khâlid avait paru avec ses 18 000 hommes devant Hur-Muz, celui-ci en avait informé le roi de Perse.

Un homme, nommé Qâren, qui commandait pour le roi de Perse dans l’Ahwâz, reçut l’ordre de conduire des renforts à Hur-Muz.

Qâren quitta l’Ahwâz avec 50 000 hommes. Arrivé près d’Ubulla, il vit accourir au-devant de lui les fuyards de l’armée de Hormouz.

En leur reprochant leur fuite, il les recueillit tous et les ramena. Il établit son camp à un endroit nommé Madsâr. A cette nouvelle, Khâlid marcha sur Madsâr.

Khalid ibn al-Walid al-Makhzumi dans la série arabe "Omar"
Reconstitution cinématographique du chevalier Khalid ibn al-Walid al-Makhzumi dans la série arabe « Omar » 

Qâren disposa son armée en ordre de bataille, donna le commandement de l’aile droite à un homme nommé Anushajân.

Lui-même sortit des rangs et provoqua Khâlid a un combat singulier Khâlid répondit à son appel ; il opposa ‘Adi b Hâtim Tayyi â Qubâd ; ‘Âcim b Khattâb, à Anushajân et se plaça lui-même en face de Qâren.

Khâlid, ‘Adî et ‘Acim tuèrent leurs adversaires ; 1’armée perse se mit à fuir, poursuivie par les musulmans jusqu’à la nuit.

Le lendemain, en examinant le champ de bataille, on trouva que 30 000 Perses étaient tombés. Les musulmans s’emparèrent d’un butin considérable.

Khâlid fit proclamer que chacun garderait ce qu’il avait pris. Ensuite il écrivit à Abu-Bakr pour lui annoncer sa victoire, et envoya la lettre par Walid b ‘Uqba, le même qui avait porté à Médine le Khums du butin de Hur-Muz.

Reconstitution d'un cavalier cataphracte clipanaruis perse sassanide
Reconstitution d’un cavalier cataphracte clipanaruis perse sassanide

La bataille de WALAJA.

A la nouvelle de la défaite de Madsâr, le roi de Perse fit partir 50 000 hommes sous les ordres d’Andarzaau.

Ce général arriva aux confins du Sawâd, à un endroit nommé Walaja, où il établit son camp. Khâlid, averti, passa son armée en revue, choisit 20 000 soldats qu’il emmena avec lui, en laissant le reste de ses troupes au lieu où elles se trouvaient, après leur avoir recommandé de se tenir en garde pour n’être pas attaquées par l’ennemi.

Arrivé en présence de l’armée perse, il détacha un corps de 4000 hommes, qu’il plaça en embuscade des deux côtes du camp ennemi, et leur ordonna de se montrer au moment où les deux armées seraient aux prises et de tomber sur l’ennemie

Ṭaysafūn (طيسفون) or Qaṭaysfūn (قطيسفون) in Modern Arabic al-Mada'in
Ruines du palais Taqi al-Kisra  Ctesiphon en arabe Ṭaysafūn (طيسفون) ou  Qaṭaysfūn (قطيسفون) de nos  jours : al-Mada’in, en  Iraq

Il y avait à Madâyn un homme qu’on appelait Khazar-Asp, parce que, dans le combat, il avait la valeur de 1000 cavaliers. Khâlid, qui avait entendu parler de lui, désirait le voir. Il sortit des rangs musulmans et proposa à l’armée ennemie un combat singulier.

Khazar-Asp se présenta et lutta contre Khâlid.

Celui-ci lui enfonça sa lance dans le ventre, de façon qu elle lui sortit par le dos, et le fit tomber de cheval sur le sol. Il revint ensuite au camp et demanda à manger, en disant :

« Hier, j’ai fait un vœu à Dieu de ne point manger ni boire avant d’avoir tué cet homme ; en effet, je n’ai pris aucune nourriture depuis hier. »

Après avoir un peu mangé, Khâlid donna l’ordre d’attaquer, et le combat s’engagea.

Les soldats embusqués apparurent à la droite et à la gauche des ennemis et les chargèrent.

Les Perses se mirent à fuir, poursuivis par les musulmans, qui en firent un massacre qui fut plus terrible encore que celui de Madsâr. Andarzaazz, qui se sauva paiement, périt de soif dans le désert.

Khâlid s’empara du ‘Irâq, de Baçra et du Sawâd. En voyant des fleuves et de belles contrées, tels qu’il n’en avait jamaîs vu, il rassembla ses troupes et les harangua. Après avoir rendu jgrâces à Dieu pour les victoires qu’il avait obtenues, il excita le courage des soldats en ces termes :

« Soldats, quand même Dieu ne nous aurait pas ordonné de faire la guerre sacrée, nous devrions combattre les Perses .pour leur enlever ces contrées, dont nous sommes plus dignes qu’eux. »

Ensuite, Khàlid envoya dans toutes les provinces des agents, et fit régner la justice et Y équité au milieu du peuple.

Un guerrier arabe du califat rahidun et son mawlah Habachi (affranchis abyssin) combatant un cavalier perse sassanide cataphracte dans le desert mésopotamien dans
Un guerrier arabe du califat rashidun et son mawlah Habachi (affranchis abyssin) combattant un cavalier perse sassanide cataphracte dans le désert mésopotamien au 7eme siècle. 

La bataille de LÎS

Dans l’armée de Qâren il y avait eu un grand nombre de chrétiens, qui étaient venus avec lui de l’Ahwâz. C’étaient des Arabes des Bni-Bekr et des Bni-ljl. Ils avaient pris part au combat de Madsâr, et beaucoup d’entre eux avaient été tués. Alors tous les Arabes des Beni-Bekr et des Bnî IjI de l’Ahwâz, de Hira et de Mossoul se concertèrent et adressèrent au roi de Perse une lettre, dans laquelle ils disaient :

« Nous nous engageons à te soutenir; envoie une autre armée, nous nous joindrons à elle. »

Cependant il y avait dans l’armée de Khâlid également un grand nombre de gens des Bni-Bakr et des Bnî Ijl, qui étaient musulmans.

 Le roi de Perse, ayant su que les Arabes de Mossoul, de Jazîra et de l’Ahwâz voulaient s’allier à lui, fut très content. Il avait fait suivre Andarzaazz d’un autre corps de troupes de 40 000 hommes, sous les ordres de Bahman-Jâdwî Andarzaazz, ayant engagé le combat sans attendre l’arrivée de Bahman, fut battu.

Lorsque Babman vit paraître les fuyards, il arrêta sa marche et adressa une lettre au roi de Perse, pour demander des instructions.

Le roi délibéra. Lorsqu’il reçut la lettre des chrétiens arabes des tribus de Bakr et d’Ijl, qui lui proposaient leur alliance et lui demandaient le secours d’une armée, il écrivit à Bahman et lui ordonna de marcher en avant, de se joindre aux Arabes des Bni-Bekr et des Bni Ijl et d’attaquer Khâlid. Bahman Jâdwî donna le commandement de l’armée à un chef nommé Jâbân, qui était un dihqân du Sawâd, et se rendit à Madâyn pour voir le roi et les ministres et discuter avec eux ce qui concernait son commandement.

Il chargea Jâbân d’opérer sa jonction avec les Bni-Bakr et les Bnî-Ijl, et lui recommanda de ne point commencer la lutte avant qu’il fût de retour lui-même.

L'épe du plus grand général de tout les temps Khaled ibn al-Walid (radi ALLAH anhu)
L’épée du plus grand général de tout les temps Khaled ibn al-Walid (radi ALLAH anhu) 

 Jâbân se mit en marche et établit son camp à un endroit nommé Lis, bourg qui était placé sous son gouvernement personnel.

 Khâlid était instruit de ces circonstances. Lorsque les chrétiens des Beni Bekr et des Beni-Ijl surent qu’une armée était en marche, mais qu’elle n’avait pas de général en chef, aucun d’eux ne quitta son pays et ne se rendit auprès de Jâbân. A cette nouvelle, Khâlid pensa qu’il serait bon de fondre sur les troupes perses avant l’arrivée de Bahman et avant leur jonction avec les Arabes, et il partit aussitôt avec 20 000 hommes.

Jâbân se tenait sur ses gardes dans son camp, en attendant le retour de Bahman. Or, un jour ses soldats avaient préparé leur repas au bord de l’Euphrate ; ils avaient fait cuire différents mets, et la table était dressée lorsque, à l’heure du dîner, l’avant-garde de Khâlid parut en vue. Les Perses ne s’en soucièrent pas ; ils dirent :

« Les Arabes établiront aujourd’hui leur camp et n’attaqueront que demain »

Et ils continuèrent leur repas. Quand Khâlid arriva, les soldats de l’avant-garde lui dirent que les Perses étaient occupés à manger.

 Khâlid demanda si, en les voyant paraître, les ennemis s’étaient levés pour les attaquer.

— Non , répondirent les soldats.

Khâlid dit : Ne descendez pas, avancez ainsi que vous été pour l’attaque; et il jura que, si Dieu lui accordait la victoire, il ferait tuer tant d’ennemis, que leur sang roulerait dans le fleuve, parce qu ils avaient montre du mépris pour les musulmans.

 L’armée musulmane, s’étant formée en ordre de bataille, commença l’attaque. Les Perses se levèrent, en disant à Djâbân :

 Nous ne perdrons pas ton repas ; puis ils se mirent k combattre, et livrèrent une bataille qui fut la plus acharnée de toutes les batailles entre Khâlid et les Perses. A un certain moment de la journée, entre Theure de la prière du matin et la prière de l’après-midi, les ennemis étaient en fuite.

Khâlid fit proclamer qu’aucun d’eux ne devais etre tué, mais qu’on les amenât prisonniers devant lui.

Les musulmans ramenèrent un grand nombre de prisonniers perses. Le lendemain, il les fit conduire au bord du fleuve et leur fit trancher la tête, de façon que leur sang coula dans le fleuve. Son serment fut ainsi accompli. Ensuite Khâlid partagea le butin et en envoya la cinquième partie au calife. Abou-Bekr fut très-heureux de cette victoire.

 Lis n’était qu’un bourg, qui était du ressort d’une ville du Sawâd, nommée Amghîshiyyâ. Averti que les fuyards se rassemblaient dans cette ville, Khâlid marcha sur elle, massacra tous ceux qu’il y rencontra, détruisit la ville et saccagea toute la contrée. Le butin fut immense.

L'armée du califat Rashidun  de Sa`d ibn Abi Waqqas (ra) à al-Qadisiya représenté dans ce manuscrit.
L‘armée du califat Rashidun de Sa`d ibn Abi Waqqas (ra) à al-Qadisiya représenté dans ce manuscrit. (Ferdowsi)

 SAWAD.

 Amghîshiyyâ était la plus grande ville du Sawâd. C’est sur son territoire que les dihqâns du Sawâd avaient leurs champs. Lorsque Khâlid dévasta la contrée et aussi ces champs, tous les dihqâns de cette partie du Sawâd s’unirent contre Khâlid, en disant :

 « Ces gens ont la prétention que leur religion ne comporte pas la dévastation ; cependant jamais aucun roi n’a autant détruit que Khâlid. »

 Les habitants de Hira, qui avaient traité avec Khâlid et qui avaient également leurs champs à Amghîshiyyâ, apprenant qu’il avait dévasté cette province, rompirent la convention qu’ils avaient conclue avec lui, en disant que Khâlid l’avait violée. Il y avait à Hîra un des principaux dihqâns de Perse, nommé Azâd-u-bê, qui réunit tous les autres dihqâns de la ville, fit des préparatifs de guerre contre Khâlid et rassembla une armée.

Khâlid marcha sur Hira. Azâdoubè envoya au devant de lui son fils. Celui-ci, attaqué, par Khâlid à la tête d’une petite troupe musulmane fut tué ainsi qu’un grand nombre des soldats de son armée, qui fut mise en déroute.

 Azâdubê avait rassemblé une armée nombreuse. A la nouvelle de la mort de son fils, il mit son armée en mouvement et allait attaquer Khâlid, lorsqu’il apprit qu’Ard-e-Shîr, le roi de Perse, était mort, et que les Perses étaient embarrassés, ne sachant à qui donner la couronne.

A cette nouvelle, Azâd-u-bê quitta, pendant la nuit et en secret, Hira. Les hommes de Hîra et du Sawâd, abandonnés par Azâd-u-bê, rentrèrent dans Hira.

 Khâlid avait fait avancer son armée et était arrivé au Khawamaq près de Hira. Informé du départ d’Azâdubê, il fit halte et envoya des troupes pour investir la ville.

Ces soldats eurent l’ordre d’inviter les habitants à embrasser l’islam et de leur accorder un délai d’un jour; en cas de refus, d’attaquer le lendemain et de ne point traiter avec eux, s’ils proposaient de payer tribut. 8000 hommes vinrent se poster sous les murs de la ville et sommèrent les habitants d’accepter la religion musulmane.

Sur leur refus, les musulmans les provoquèrent au combat et commencèrent l’attaque, après avoir repoussé la proposition des gens de Hîra, qui déclaraient vouloir payer tribut.

Les habitants placèrent sur les murs des hommes qui lancèrent avec des frondes des pierres sur les musulmans. Ceux-ci réussirent à s’emparer de la porte et tuèrent un grand nombre d’ennemis.

Ruines de l'antique ville arabe Lakhmides de al-Hira en Iraq.
Ruines de l’antique ville arabe Lakhmides de al-Hira en Iraq.

 Il y avait à Hîra des moines, qui sortirent de la ville et, la tête enveloppée dans leurs capuchons, se présentèrent devant l’armée musulmane en pleurant et en demandant grâce. Il était défendu aux musulmans de tuer les moines chrétiens. Arrivés en présence de Muthanna, b Hâritha, à qui Khâlid avait donné le commandement des troupes, ces moines dirent :

« Accorde-nous un délai de 3 jours, pour que nous puissions nous rendre auprès de Khâlid et lui exposer notre situation. »

Muthanna consentit, et la lutte fut suspendue.

4 chefs de la ville : lyâs b Qabîça; ‘Adî b ‘Adî ; ‘Ubayd b Akkâl, et ‘Abd-l-Masîh b ‘Amrou, se rendirent auprès de Khâlid et implorèrent sa clémence. Khâlid leur accorda la paix, à condition qu’ils payeraient tribut.

 ‘Abd-l-Masîh, qui était alors âgé de 300 ans et qui vécut encore 60 ans après Khâlid, portait à la main une feuille pliée. Khâlid lui demanda :

« Qu’est ceci ?

‘Abd-l-Masîhrépondit :

« C’est un poison mortel, que, si tu ne nous avais pas accordé la paix, j’avais l’intention d’avaler afin de ne pas retourner auprès de mes compatriotes. »

Khâlid lui prit ce poison, retendit sur sa main et, prononçant ces mots :

« Au nom de Dieu par la vertu duquel aucune chose, ni du ciel, ni de la terre, ne peut nuire » l’avala.

Il éprouva un malaise pendant un instant, et la sueur lui coula du front, puis il dit :

« Il n’y a ni pouvoir, ni force qu’avec Dieu, le sublime, le grand ! »

Ensuite, se tournant vers ‘Abd-l-Masîh, il lui dit :

« J’ai pris ce poison, afin que tu reconnaisses que rien ne peut nuire à personne, si ce n’est par la volonté de Dieu ! »

On demanda encore à ‘Abd-l-Masîh : Te rappelles-tu comment était autrefois la terre ? ‘Abd-l-Masîh répondit : Je me souviens avoir vu que la contrée entre Hîra et Damas et la Syrie, qui aujourd’hui est un désert, était cultivée et plantée d’arbres fruitiers.

Ruines d'al-Hira (Iraq)
Ruines d’al-Hira (Iraq)

 ^Abdoul-Mesfh, étant revenu à Hîra avec les autres chefs, dit aux habitants : Ce personnage n est pas un homme, mais un diable ; il a avalé une poignée de poison mortel qui aurait fait crever un éléphant. Lui n’en a point éprouvé de mal.

Personne ne saurait lui résister, consentez à toutes ses demandes. Les gens de Hîra répartirent la somme de la contribution qui devait être payée sur tous les hommes en état de porter les armes : chaque individu avait à payer 4 dirbems.

Deux cent mille hommes acquittèrent cette contribution, que l’on envoya à Khâlid, en même temps que d’autres cadeaux.

L’affaire de Hîra ayant été ainsi réglée, les dihqâns du Sawâd reconnurent qu’ils ne pourraient pas résister à Khâlid. Chacun d’eux en particulier traita pour son bourg, en payant un tribut. On réunit de tout le Sawâd une somme de deux millions de dirhems, qui fut remise à Khâlid. Celui-ci se trouva ainsi maitre de toute la province.

 Il y avait dans l’armée de Khâlid un Bédouin nommé Shuwayl, âgé de 80 ans, qui avait embrassé l’islam du vivant du Prophète.

‘Abd-l-Masîh avait une fille, nommée Karâma, qui était maintenant vieille, âgée de 80 ans, et qui était religieuse.

Elle avait été très-belle dans sa jeunesse, et elle ne s’était jamais mariée. Au moment où l’on traitait de la paix avec les habitants de Hîra , Shuwaïl le Bédouin vint trouver Khâlid et lui dit :

« Lorsque j’ai embrassé l’Islam , et que je causais avec le Prophète, il me dit que je verrais tomber au pouvoir des musulmans le pays de ‘Irâq, le Sawâd et Hira. Alors je lui dis :

« Apôtre de Dieu, quand tu prendras Hira, donne-moi Karâma, la fille de ‘Abd-l-Masîh, pour quelle soit mon esclave. »

Le Prophète me répondit :

« Je te l’accorde. »

J’ai donc reçu la parole du Prophète, et maintenant tu es obligé de la dégager. Khâlid demanda à Shuwayl s’il avait un témoin.

« J’en ai, répliqua Shuwayl ; et tous les principaux Muhâjir et Ançâr confirmèrent que le Prophète avait ainsi parlé. Alors Khâlid dit à ‘Abd-l-Masîh :

« Voilà ce que dit cet homme ; je ne conclurai la paix qu’à cette condition. »

‘Abd-l-Masîhrépondit :

« Ma fille est une femme noble, et les habitants de Hira ne voudront probablement pas laisser faire cependant je vais les prévenir. »

Instruits de cette circonstance, les gens de Hîra déclarèrent qu ils ne laisseraient pas réduire en esclavage cette femme et qu ils ne voulaient pas conclure le traité. Mais Karâma, qui était une femme douée d’intelligence, leur dit:

« N’ayez pas d’inquiétude pour moi ; je me rachèterai bien de l’esclavage de ces hommes ! »

Puis elle se rendit aussitôt auprès de Khâlid, qui fit appeler le Bédouin et lui dit :

« Voici Karâma, je te la donne comme ton esclave ! »

Karâma dit :

« O Bédouin, tu ne m’a jamais vue ! »

-Non, par Dieu, répliqua Shuwayl, je ne t’ai jamais vue ; mais j’ai entendu parler de toi. »

Kerâma reprit :

« Je suis une vieille femme et tu n’auras aucun avantage à me posséder ; vends-moi ma liberté pour le prix que tu voudras.

-Je ne prendrai pas moins de 1000 dh, dit Shuwayl

-Je les donne, répondit Karâma.

-Je les prends, dit Shuwayl. »

Alors Karâma envoya une personne pour chercher cette somme, qu’elle remit au Bédouin, et elle se libéra ainsi de l’esclavage.

Khâlid dit à Shuwayl :

« Imbécile, pourquoi n’as-tu demandé que 1000 dh ? Si tu avais fixé le prix à 10 000, elle les aurait donnés. »

Shuwayl répliqua :

« Je ne savais pas qu’il y eut un prix plus élevé que 1000 dh ! »

 Khâlid établit sa tente devant les portes de Hira, et répandit ses troupes dans tout le Sawâd. Il envoya dans chaque ville 2 agents : l’un comme receveur de zakat, du ‘ushr et du kharaj ; l’autre, à la tête d’un corps de troupes, comme gouverneur, chargé de la défense de la ville. Il demeura dans son campement jusqu’à ce qu’on lui eût apporté tout l’impôt du Sawad.

Uqlat `Aklat Suwab Muhafazat al Anbar, Iraq
Uqlat `Aklat Suwab Muhafazat al Anbar, Iraq

 Il leva ensuite son camp et marcha sur Anbâr.

 Après avoir terminé les affaires de Hîra et du Sawâd, Khâlid s’informa des Perses. Il apprit que leur roi était mort, qu’on avait élevé au trône une femme et qu’Azâd-u-bê, le général qui avait abandonné Hira, s’en était allé et qu’il excitait les Perses à faire la guerre.

En conséquence, Khâlid fit partir 2 messagers, dont l’un était porteur d’une lettre adressée au souverain, l’autre d’une lettre adressée au peuple. Chacune de ces deux lettres était ainsi conçue :

 « Dieu vous ôte le pouvoir et fait apparaître dans votre pays la vraie religion. Maintenant croyez en Dieu et en son prophète, ou consentez à payer tribut, ou préparez-vous à la guerre ; car j’ai avec moi des hommes qui aiment mieux la mort que la vie. »

 Les deux messagers venant apporter les lettres trouvèrent les Perses en désarroi ; car chaque jour ils choisissaient un autre souverain. Après qu’ils eurent pris connaissance des lettres, Azâd-u-bê leur dit :

« Ce Khâlid a la pensée de vous attaquer, parce qu’il sait que vous êtes divisés et que vous ne pouvez pas mettre en campagne une armée. Maintenant faites partir au moins l’avant-garde, afin qu’il ne pénètre pas jusqu’à vous ! »

Alors ils firent marcher l’avant-garde sous les ordres de Bahman-Jâdwî, qui reçut l’ordre de camper à deux frs de Madâyn, et ils lui adjoignirent Azâd-u-bê. Quant aux ambassadeurs de Khâlid, ils les congédièrent avec cette réponse :

« Entre nous et toi, la guerre seule doit décider. »

 Les Perses avaient à Anbâr une nombreuse armée, composée d’Arabes et de Perses, sous les ordres d’un grand de Perse, nommé Shîr-Zâd.

Il y avait dans cette armée des Arabes chrétiens de Hira, de Mossoul, de Jazîra et des tribus de Bakr et de Ijl , qui avaient été mis en fuite par Khâlid et qui s’étaient sauvés à Anbâr. Anbâr était une grande ville, bien fortifiée, située entre le Sawâd et Madâïn ; elle avait été fondée par Nabuchodonosor.

Ruines d'Anbar , Iraq.
Ruines d’Anbar , Iraq.

Une autre ville fortifiée, nommée ‘Aïn-at-Tamr, renfermait également une forte garnison perse, commandée par l’un des fils de Bahrâm-Tshûbîn, nommé Mihrân. Celui-ci avait aussi sous ses drapeaux un certain nombre d’Arabes.

Les Perses, après avoir congédié les messagers de Khâlid et après avoir mis en campagne l’avant-garde sous les ordres de Bahman-Jâdwî et d’Azâdoubè, informèrent Mihrân à ‘Aïn-at-Tamr, et Shir-zâd à Anbâr, de se tenir sur leurs gardes pour n’être pas surpris par Khâlid ; et dans le cas où celui-ci viendrait les attaquer, ils leur ordonnèrent de le combattre.

 Khâlid, après le retour de ses envoyés, passa son armée en revue aux portes de Hira, choisit 30 000 hommes, laissa Qa’qâ’ b ‘Amrou , comme gouverneur de Hira, et marcha contre Anbâr.

Shîr-zâd avait une force de 70 000 hommes, Arabes et Perses, tous couverts de cuirasses, de cottes et de heaumes, dont les visières étaient rabaissées sur leurs visages. Lorsque Khâlid se fut approché et qu’il vit ces hommes couverts de fer des pieds à la tête, de sorte qu’on n’apercevait de leurs corps que les yeux, il fit avancer ses archers et leur dit :

« C’est à vous, aujourd’hui, qu’appartient l’action ; il faut viser avec justesse, car le sabre ne pourra rien contre eux. »

Les archers lancèrent sur l’ennemi une grêle de traits, en visant les yeux des soldats, dont 2000 furent aveuglés.

Les Perses demandèrent quartier, et Shir-zâd fit proposer à Khâlid de capituler.

Khâlid consentit à la capitulation, à la condition que Shir-zâd se retirerait avec sa suite de la Mésopotamie, en n’emportant que les vêtements qu’ils avaient sur leurs corps et des provisions pour 3 journées de marche. Shîr-zâd partit et se rendit à Madâyn. Khâlid prit possession d’Anbâr et s’empara du butin.

 Lorsque Shîr-zâd arriva auprès de Bahmân, celui-ci le blâma d’avoir capitulé. Shîr-zâd répondit :

« Par une seule chaîne de flèches, 2000 hommes de mon armée ont été aveuglés. Quand les Arabes que j’avais sous mes drapeaux ont vu cela, ils ont crié qu’il fallait se rendre. »….

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Casque retrouvé en Iraq du 7eme siècle, surement d'origine sassanide mais utilisé par le califat rashidun et les Omeyyades
Casques retrouvé en Iraq du 7eme siècle dans les régions ou eurent lieux les batailles entre musulmans et sassanides, ces casque sont soit d’origine sassanide  ou du califat rashidun voir  des Omeyyades. 

 CHAPITRE XXIII BATAILLE D’AïN AT -TAMR 

L’affaire d’Anbàr terminée Khàlid se tourna vers Aïn at Tamr où il y avait une forte garnison perse sous le commandement  de Mihràn et dans ses rangs une foule d’Arabes des tribus de Bekr d’ldjl et de Thaghlab tous chrétiens ou idolàtres qui s étaient répandus de tous côtés par crainte de Khàlid ou qui s étaient enfuis des combats de Hîra du Sawàd de la Mésopotamie d’Abla et d Anbàr.

Ces Arabes étaient commandés par un chef nommé Aqqa fils d’Abou Aqqa.

Lorsque Khàlid s approcha Aqqa dit à Mihràn :  » Des Arabes savent le mieux combattre les Arabes. Si Schîrzàd avait chargé de la bataille les Arabes il n aurait pas été défait . Laisse nous cette fois le soin de combattre Khàlid ».

Mihràn répliqua : « Tu as raison seulement allez au devant de l’ennemi. »

Les Arabes se mirent en marche et avancèrent à la distance d une étape au devant de Khàlid tandis que Mihràn à la tête de l’armée perse établit son camp aux portes d’Aïn at Tamr.

Voyant apparaître Kbàlid les Arabes se mirent en ordre de bataille Aqqa était un homme de très petite taille Khàlid en l’apercevant en fut étonné.

Il ne lui laissa pas le temps de former ses lignes de bataille il se précipita immédiatement sur lui par derrière lui saisit la tête sous son aisselle l’enleva de son cheval le jeta sur son propre cheval et l’amena dans son camp .

Puis il donna l’ordre à son armée de faire une charge générale .

Les Arabes furent mis en déroute et un grand nombre d’entre eux trouvèrent la mort.

A cette nouvelle Mihràn et ses soldats s enfuirent d’Aïn at Tamr .

Les habitants de la ville se fortifièrent et fermèrent les portes Khàlid arriva et prit position aux portes de la forteresse.

Pendant trois jours les habitants résistèrent à l’attaque de Khàlid le quatrième jour ils demandèrent à capituler Khàlid leur déclara qu ils devaient se rendre à discrétion.

Ils se virent obligés de se soumettre à cette condition et ils se rendirent Khàlid les réduisit tous en esclavage s empara de tous les biens qui se trouvaient dans la forteresse et fit trancher la tête à tous ceux qu il avait faits prisonniers .

Le chateau de Mard à Dumar al-Jandal en Arabie Saoudite . Le nom de Dumat al-Djandal signifie littéralement Duma de la pierre, désignant ainsi le territoire de Duma, l'un des douze fils d'Ismaël (aleyhi salam). Son nom ancien akkadien est "Adummatu". Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a ordonné l'invasion de Dumat al-Jandal en Juillet 626. Le but était d'envahir la Douma, car Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) savait que certaines tribus là-bas été impliqués dans le brigandage et se préparait à attaquer Médine. Aucune victime n'a été signalée comme la tribu des Ghatafan ont fuit. (Muir, William (1861) pp. 225-226 et Mubarakpuri, pp. 193-194.). Il (paix et bénédiction d'Allah sur lui) a également ordonné l'expédition de Khalid ibn al-Walid radi allah Anhu qui a eu lieu en Octobre 630 pour attaquer le prince Chrétien de Douma. (Abu Khalil, Chawki p. 239) Ainsi que l' expédition de Khalid ibn al-Walid (2eme expédition sur place) en Avril 631 pour démolir une idole appelée Wadd, vénéré par la tribu des Banu Kilab .(William Pickthall, Marmaduke p. 191.; ibn al Kalbi, Hisham (1952) p. 48.; William Pickthall, Marmaduke (1967). p. 191.; Sale, George (2010)  p. 40.)
Le chateau de Mard à Dumar al-Jandal en Arabie Saoudite . Le nom de Dumat al-Djandal signifie littéralement Duma de la pierre, désignant ainsi le territoire de Duma, l’un des douze fils d’Ismaël (aleyhi salam). Son nom ancien akkadien est « Adummatu ». Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a ordonné l’invasion de Dumat al-Jandal en Juillet 626. Le but était d’envahir la Douma, car Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) savait que certaines tribus là-bas été impliqués dans le brigandage et se préparait à attaquer Médine. Aucune victime n’a été signalée comme la tribu des Ghatafan ont fuit. (Muir, William (1861) pp. 225-226 et Mubarakpuri, pp. 193-194.).

CHAPITRE XXIV PRISE DE DOUMAT AL -DJANDAL

Khàlid avait envoyé Myàdh fils de Ghanam à Doumat al Djandal ville très bien fortifiée située entre l’Iràq et le Bahraïn lyàdh mit le siége devant cette forteresse qui était défendue par deux chefs Okaïdir fils d Abdou l Melik et Djoudî fils de Rabî’a.

Pendant tout le temps que Khàlid poursuivit ses succès lyàdh resta aux portes de cette forteresse sans pouvoir s en emparer.

Les fuyards des différentes armées qui avaient été mises en déroute par Khàlid y accoururent et vinrent secourir les assiégés Khàlid informé de cet état de choses laissa comme gouverneur d’Aïn at Tamr un homme nommé Owaïm l’Aslamite et se dirigea vers Iyàdh.

Lorsque les assiégés surent que Khàlid approchait tous les Arabes qui se trouvaient dans la forteresse firent demander à leurs tribus respectives du secours et il arriva une si grande multitude que la forteresse fut remplie de soldats et qu une partie campèrent sous les murs.

La vielle ville antique de Adumato  Dumat Al-Djandal ou Dumat al-Jundal en  Arabie  saoudite place prise très tôt par les forces Islamique Au 10eme siècle av. J.-C., le site est mentionné dans des inscriptions akkadiennes de l 'empire assyrien, datant de 845 av. J.-C. : Adummatu est décrite comme la capitale d'un royaume arabe parfois nommé Qédar (ou Qidri).
La vielle ville antique de Adumato à  Dumat Al-Djandal ou Dumat al-Jundal en Arabie saoudite place prise très tôt par les forces Islamique.  Au 10eme siècle av. J.-C., le site est mentionné dans des inscriptions akkadiennes de l ’empire assyrien, datant de 845 av. J.-C. : Adummatu est décrite comme la capitale d’un royaume arabe parfois nommé Qédar (ou Qidri).

 

Cependant Okaïdir l’un des deux commandants de la forteresse dit à la garnison :

 » Vous savez que ce Khàlid est un homme aux pas duquel la victoire est attachée faites la paix avec lui  » .

Djoudi fils de Rabî’a l autre chef s y opposa Alors Okaïdir résis tant à son tour à l’avis de Djoudî quitta mécontent la forteresse accompagné de quelques hommes et se dirigea vers la Syrie Khàlid envoya à sa poursuite un détachement de troupes qui le fit prisonnier.

Okaïdir dit à : Khâlid J’allais me rendre auprès de toi .

Pourquoi n es tu pas venu plus tôt ?  lui répliqua Khàlid et il ordonna de le mettre à mort Okaïdir fut massacré ainsi que ses compagnons Khâlid partagea son armée en deux corps.

Il en envoya un pour soutenir Iyàdh de l’autre côté de la forteresse lui même avec le second corps s avança vers la porte.

Vue intérieur du chateau antique ou ce trouvais Khalid  ibn al-Walid al-Makhzumi radi allah anhu
Vue intérieur du chateau antique ou ce trouvais Khalid ibn al-Walid al-Makhzumi radi allah anhu le Prophète Muhamamd (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a également ordonné l’expédition de Khalid ibn al-Walid radi allah Anhu qui a eu lieu en Octobre 630 pour attaquer le prince Chrétien de Douma. (Abu Khalil, Chawki p. 239) Ainsi que l’ expédition de Khalid ibn al-Walid (2eme expédition sur place) en Avril 631 pour démolir une idole appelée Wadd, vénéré par la tribu des Banu Kilab .(William Pickthall, Marmaduke p. 191.; ibn al Kalbi, Hisham (1952) p. 48.; William Pickthall, Marmaduke (1967). p. 191.; Sale, George (2010) p. 40.)

Les assiégés firent sortir toutes leurs troupes dont une moitié commandée par Djoudî en personne fut opposée à Khàlid et l’autre moitié à Myàdh.

Le combat s engagea Djoudî fut fait prisonnier par Khàlid et son armée mise en déroute se jeta dans la forteresse tandis que l’autre corps resté en dehors fut taillé en pièces par les musulmans qui continuèrent le massacre jusqu’à la nuit.

Le lendemain Khâlid prit d’assaut la forteresse tua tous les hommes qu elle renfermait réduisit en captivité les femmes et les enfants distribua le butin entre ses soldats et envoya le quint à Abou Bekr.

Khâlid resta pendant quelques temps à Douma et envoya Aqra fils de Hàbis à Hîra

Armement casque sabre et dague du 7eme siècle époque sassanide, rashidun et omeyyade , ce style étais utilisé tant par les perses tant pas les musulmans
Armement casque sabre et dague du 7eme siècle époque sassanide, rashidun et omeyyade , ce style étais utilisé tant par les perses tant pas les musulmans

CHAPITRE XXV BATAILLES DE HACÎD DE KHANÀFIS ET DE MOUDHAYY’AH

Zibriqàn fils de Bedr qui avait été laissé par Khâlid comme gouverneur d’Anbâr lui adressa une lettre ainsi conçue :

 » Lorsque tu es parti du Sawâd pour Doumat al Djandal les Perses ont pensé que tu t’en retournais à Médine et les troupes qui étaient dispersées se sont rassemblées de nouveau elles sont commandées par deux généraux nommés l’un Zermihr et l’autre Rouzebè qui ont réuni sous leurs drapeaux tous les fuyards et se sont emparés de trois forteresses du Sawâd savoir de Hacîd de Khanàfis et de Moudhayyah. Je crains qu’ ils ne viennent attaquer Anbàr. « 

Khàlid se trouvant non loin de Hîra adressa une lettre au gouverneur de cette ville,  Qa’qà fils d’Amrou et l’appela auprès de lui .

Il le fit remplacer à Hira par Iyâdh fils de Ghanam.

Puis il fit partir Qa’qà pour Haçîd qui était la plus considérable des trois forteresses tandis qu il se dirigeait lui même vers Anbàr Hacîd était occupée par Rouzebè qui y avait été envoyé par Zermihr celui ci avait établi son camp à la frontière du Sawâd.

A l’approche de Qa’qà Rouzebè en informa Zermihr et lui demanda des renforts Zermihr donnant le commandement de l’ armée principale à un homme nommé Mahboudân se rendit lui même avec un corps nombreux auprès de Rouzebè et les deux généraux réunis attaquèrent Qa’qà fils d’Amrou,  Dieu donna la victoire aux musulmans les deux généraux persans Zermihr et Rouzebè furent tués et leurs troupes furent mises en fuite Qa’qa fit un butin considérable.

Les fuyards se rassemblèrent tous à Khanàfis Mahboudàn apprenant la mort de Rouzebè et deZermihr quitta son camp et vint avec toute son armée à Moudhayyah,  Khàlid averti de ce fait adressa une lettre à Qa’ qà et l’ appela auprès de lui.

Puis il prit des dispositions pour tomber sur l armée de Moudhayyah à l improviste .

La garnison se croyant en sécurité était plongée dans le sommeil les portes de la forteresse n’ étant pas fermées Khàlid y arriva à l’ aurore se jeta immédiatement dans la ville et massacra les ennemis.

Lorsque le jour fut levé il y avait tant de morts à l’intérieur de la forteresse et au dehors que le sang coulait comme un fleuve .

Il se trouvait dans la forteresse deux hommes des Benî Namir l’un nommé Labîd fils de Djerîr l’ autre Abdou l’Ozza fils d’ Abou Rouhm qui étaient allés à Médine et avaient fait profession de foi musulmane entre les mains d’ Abou Bekr.

Ils avaient reçu de lui des lettres constatant leur qualité de musulmans afin de pouvoir les produire partout où ils rencontreraient des musulmans pour ne point être inquiétés.

Or ces deux hommes étant dans la forteresse susdite montrèrent les lettres d’Abou Bekr qu’ ils avaient sur eux en déclarant qu’ ils étaient musulmans.

Mais personne à cause de l ‘obscurité ne put lire ces écrits Abdou l’Ozza qui était poête récita à haute voix les deux vers suivants :

« Lorsque l’ aurore amène une invasion hostile je m’ écrie : Louanges !  Seigneur de Mohammed Louanges mon Seigneur en dehors duquel il n y a point de dieu le  Seigneur des contrées et des envahisseurs !  »

A tous les musulmans qui survenaient il déclarait qu’il était croyant  .

Lorsqu on rapporta à Khàlid qu’il y avait dans la forteresse un homme qui faisait cette bruyante démonstration et que cet homme avait un compagnon qui faisait la même déclaration il dit : ‘ Frappez les s’ils sont musulmans qu’avaient-ils affaire au milieu des incrédules ?  »

Ils furent tués tous les deux Adî fils de Hàtim le Tayyite a raconté  :

« Je me trouvais avec Khâlid la nuit où il surprit cette forteresse.  Avant d’y arriver nous passâmes près d’une vigne. Personne n’avait connaissance de notre marche Khàlid était séparé des troupes.  Dans cette vigne se trouvait un homme un flambeau était placé devant lui ses enfants assis autour de lui lui versaient à boire du vin et il chantait aux sons du luth ces vers :  » Allons donnez moi à boire avant qu arrivent les cavaliers d’Abou Bekr ! Peut être notre heure suprême est elle proche sans que nous le sachions Alons donnez moi à boire avant qu’arrive le désastre avant que sonne l’ heure de la mort de l’affliction et de la fatalité ».

Cet homme ignorait cependant ainsi que tout le monde notre dessein.

Les paroles qu’il chantait lui passaient par la bouche sans q’ il s en rendît compte Khàlid s’arrêta et écouta son chant puis il me dit :  0 Adî descends de ton cheval et entre dans ce clos glisse toi derrière cet homme et tranche lui la tête de façon qu’elle tombe dans le vase rempli de vin tue aussi sa femme et ses enfants sans qu’ils aient le temps de crier . Réalise ainsi les paroles prophétiques que cet homme vient de proférer .

Adi ajoute :  » Je lis ainsi ensuite je remontai à cheval et nous continuàmes Khàlid et moi notre route jusqu’à ce que nous eûmes rejoint l’armée .

Toute la garnison de Moudhayyah fut tuée cette nuit .

Mais Hodsaïl le chef des Arabes réussit à s enfuir .

Sabre Sassanide du 7eme siècle, ce style étais utilisé avec le gladius romain par les armées du califat Rashidun et des Omeyyades.
Sabre Sassanide ou es début de l’Islam du 7eme siècle, ce style étais utilisé avec le gladius romain par les armées du califat Rashidun et des Omeyyades.

CHAPITRE XXVI BATAILLES DE THINI DE ZOMAÏL ET DE RODHÀB’

A deux journées de Moudhayya h il y avait deux forteresses renfermant de fortes garnisons composées de Perses et d’Arabes l’une de ces forteresses était appelée Thinî, l’autre Zomaïl.

La première était commandée par un Arabe des Bem Thaghlab nommé Rabî’a fils de Bodjair,  Zomail par un homme nommé Attàb /

Tous ceux qui avaient réussi à s enîuir de Moudhayyah s’étaient réunis dans ces deux forteresses .

Informé de cette circonstance Khâlid se mit en marche avec un petit corps de troupes fondit inopinément pendant la nuit sur Thinî et égorgea la garnison.

Le massacre dura toute la nuit .

De là il vint à Zomaïl où il ne laissa pas un seul homme vivant Hodsaïl qui s était retiré dans cette forteresse et Attâb furent parmi les morts .

Une autre forteresse nommée Rodhàh située à la frontière de Roum était défendue par Hilàl fils de cet Aqqa que Khâlid avait fait mettre à mort à Aïn at Tamr.

Il avait sous ses drapeaux une petite troupe composée d’Arabes.

A la nouvelle que Khâlid se disposait à attaquer la forteresse Hilàl s enfuit sur le territoire de Roum Arrivé en cet endroit Khâlid ne trouva pas de vivres.

Il poussa jusqu à un bourg situé sur le territoire de Roum nommé Firâdh où il y avait une grande quantité de provisions et de fourrage.

Il y fit halte et appela auprès de lui toutes ses troupes .

Après avoir partagé le butin il fit partir pour Médine Nomàn fils d’Auf le Schaïbanite et Çabàh fils d’Abdallah pour porter à Abou Bekr la cinquième partie du butin et la nouvelle de ses batailles et de ses victoires Abou Rekr eu éprouva une grande joie ainsi que tous les musulmans Abdou l’Ozza tout en proférant le cri Gloire à Dieu le Seigneur de Mohammed avait été tué dans la forteresse de Moudhayyah .

 

Son fils vint à Médine et porta plainte auprès d’Abou Bekr contre Khâlid en disant Il a tué mon père qui avait fait profession de foi entre tes mains et qui possédait ta déclaration écrite Omar fils de Khattàh laissa libre cours devant Abou Bekr à ses accusations contre Khâlid il disait : « N’était-ce pas assez qu’il eût tué Mâlik fils de Nowaïra qui était musulman.  Voilà qu il a fait encore mourir deux autres musulmans .’

Abou Bekr lui répliqua : « Qu’avaient ils affaire au milieu des incrédules.  C’était leur faute. »

Puis il paya des deniers du trésor public au fils d’Abdou l’Ozza le prix du sang de son père en lui disant Khàlid l’a fait tuer par erreur.

"Les Romains"
« Les Romains »

CHAPITRE XXVII BATAILLE DE FIRÀDH

Khàlid était campé à Firàdh lieu agréable situé sur les bords de l’Euphrate et y accomplissait avec toute son armée le jeûne du mois de ramadhàn de la douzième année de l’hégire Hilàl fils d’Aqqa qui s’était sauvé de la forteresse de Rodhàb sur le territoire de Roum tint aux Romains le langage suivant :

 » Khàlid en a fini avec l’Iràq maintenant il va se tourner contre le pays de Roum. Prêtez moi votre concours pour rassembler des Perses et des Arabes je l’attaquerai et le ferai périr ici même sur le sol romain. »

Les Romains acceptèrent ses propositions et le roi de Roum envoya de Constantinople une armée de cent mille hommes Hilàl fit partir des messagers vers le Sawàd de l’Iràq pour engager les Arabes qui s étaient échappés des différentes batailles à venir se ranger sous ses drapeaux Trente mille hommes environ accoururent auprès de lui.

On adressa également une lettre à l’armée perse pour demander son concours Khàlid eut connaissance de ces menées mais il se tint tranquille attendant la fin du mois de ramadhàn.

Alors l’armée romaine étant arrivée les ennemis au nombre de cent quatre vingt mille hommes se mirent en marche contre Khàlid.

Ils firent halte au bord de l Euphrate et firent dire à Khàlid Passe le fleuve ou nous le passerons Khàlid répondit Vous venez pour m attaquer c est à vous de le passer En conséquence ils traversèrent le fleuve.

Le lendemain Khàlid disposa son armée en ordre de bataille et attendit.  A l’heure de la prière de midi les ennemis n’avaient pas encore formé leurs rangs.

Alors Khàlid s’écria Jusque à quand attendrons nous  ?

Puis il tomba sur eux et au premier choc ils furent mis en déroute.

Les musulmans firent un grand carnage et ceux qui ne furent par tués périrent dans les flots.

On compta dans cette bataille cent mille morts tant Romains que Perses et Arabes , Hilàl fils d ‘Aqqa s’échappa et ne fut plus revu .

Le butin fut immense.

Après en avoir fait le partage Khàlid envoya le quint au calife et demeura à Firâdh tout le mois de schawwâl jusqu à ce qu il eût la certitude que tous les fuyards de l’armée ennemie s’étaient dispersés .

Les Arabes les Perses et les Romains reconnurent leur impuissance contre lui et il resta en possession incontestée de l’lràq du Sawàd et d’Obolla .

Ensuite Khàlid conçut le désir d’accomplir le pèlerinage .

Sachant qu’Abou Bekr ne voudrait pas lui en donner l’autorisation il fit marcher au commencement du mois de dsou l qa’da ses troupes divisées par corps à travers le Sawàd en déclarant qu il allait les suivre à Hirà où il prendrait sa résidence et résolut de se rendre en ligne droite à la Mecque sans que le calife eût connaissance de son voyage.

Il était séparé de la Mecque par une distance de douze journées de marche Monté sur une chamelle et accompagné de dix de ses compagnons il se mit en route sous la direction d’un guide cinq jours avant la fin du mois de dsou l qa da en prenant un chemin que personne n’avait encore parcouru avant lui.

Le septième jour du mois de dsou l’hiddja il arriva à Dsàt-lrq où il se constitua en état dih’ràm entra à la Mecque sans être reconnu par personne accomplit le pèlerinage repartit le i3 du mois et fut de retour à Hîra cinq jours avant la fin de dsou l hiddja Il adressa aussitôt une lettre à ses généraux dans le Sawâd et à Obolla afin de rassurer l armée.

Lorsque Khâlid fut de retour Abou Bekr apprit qu’ il avait fait le pèlerinage Omar incrimina devant le calife cette action de Khâlid en disant :

 » Il a exposé l » ‘armée et les intérêts de la religion mais Dieu les a eus en sa garde »,  Abou Bekr adressa à Khàlid une lettre de blâme dans laquelle il disait :

‘Je ne me plaindrais pas que Dieu t’ accordât la récompense de deux pèlerinages au lieu d’ un . Cependant tu as fait tout ce que tu as pu pour exposer l’ armée que Dieu seul a préservée.  N’ accomplis pas une seconde fois une pareille témérité. » 

 Khâlid continua à rester à Hîra où il voulait réunir toutes ses troupes pour marcher contre Madâïn et achever la conquête de la Perse . 

 

L'épée du général du califat Rashidun Abu Sulayman Khaled ibn al-Walid radi ALLAH anhu
L’épée du général du califat Rashidun Abu Sulayman Khaled ibn al-Walid radi ALLAH anhu

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, la JarîriyyaMusulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe

 

(Chronologie):

La Conquête islamique de la Perse (637-751) aboutit à la fin de l’empire Sassanide et au déclin de la du zoroastrisme en Perse.

Au cours des siècles, la plupart des peuples de cette région, en incluant les Persans et les Kurdes se convertirent à l’islam à partir du zoroastrisme. Une partie de la population fuyant le changement de civilisation (arabisation et islamisation) de la Perse, s’ est réfugiée en Inde où ses membres sont les Parsis

Roi sassanide Khosro II se soumettre à l'empereur byzantin Héraclius
L’empereur sassanide Khowsro II en soumission face à l’empereur romain Byzantin Héraclius (peinture de 1160-1170,)

La Perse avant la conquête

Depuis le ie siècle av. J.-C., la frontière entre l’Empire romain (plus tard Empire byzantin), et l’empire Parthe (plus tard sassanide) avait été l’Euphrate.

Cette frontière était continuellement contestée. La plupart des batailles, et donc la plupart des fortifications, étaient concentrées dans les régions de collines du nord, puisque le vaste désert arabe ou désert syrien séparait les empires au sud.

Les seuls dangers venant du sud étaient les raids occasionnels de tribus arabes.

Les deux empires conclurent des alliances avec des petites principautés arabes semi-indépendantes, qui servaient d’États tampons et protégeaient Byzance et la Perse des attaques des bédouins.

Les clients des Romains étaient les Ghassanides, ceux des Perses les Lakhmides. Les Ghassanides et les Lakhmides se battaient constamment, ce qui les tenaient occupés, mais n’affectait pas beaucoup les Romains ou les Perses.

Au vie siècle et viie siècle, certains facteurs ont détruit cet équilibre des pouvoirs qui avait existé depuis des siècles.

 

Guerriers arabes Ghassanides vassaux des romains byzantins (ospre)  1 2 3
Guerriers arabes Ghassanides vassaux des romains byzantins (osprey)
1) Noble ghassanide 
2) Guerrier tribal ghassanide 
3) Noble syrien d’Antioche 

Révolte des états face aux arabes

Les clients des Romains, les arabes Ghassanides, se sont convertis à la forme Monophysite du Christianisme, qui était considérée comme hérétique par l’Église orthodoxe. Les Romains ont essayé de supprimer l’hérésie, en affaiblissant les Ghassanides et en alimentant des rébellions aux frontières du désert.

Guerrier arabes  Lakhmides (Osprey)  1 2 3
Guerrier arabes Lakhmides  vassaux des perses (Osprey)
1)  Cavalier clybanarius du Ahwaz (3eme siècle)
2) Auxilire Tanukhid (banu tanukh) 4eme siècle
3) Cavalier élite Lakhmide (6eme siècle)

Les client des Perses, les arabes Lakhmides se sont aussi révoltés contre le roi perse Khosrow II. Al-Noman III (fils de Al-Monder IV), le premier roi Lakhmide chrétien, fut déposé et tué par Khosrow II parce qu’il avait essayé de se défaire de la tutelle perse. Après l’assassinat de Khosrow, l’Empire perse se morcela et les lakhmides devinrent effectivement indépendants.

Bataille entre l'empereur romain byzantin Héraclius  et l'empereur perses sassanide Khrosraw II, par Pierro della Francesca
Bataille entre l’empereur romain byzantin Héraclius et l’empereur perses sassanide Khrosraw II, les byzantins en sorte victorieux par Pierro della Francesca

Ascension de l’empire islamique

« Les Byzantins ont été vaincus dans un proche territoire. Après (cette) défaite ils seront bientôt vainqueurs, dans quelques années (bid’i sinîn). À Dieu appartient l’ordre avant et après. Et ce jour-là les croyants se réjouiront de l’aide de Dieu. Il aide qui Il veut. Et Il est le Puissant, le Miséricordieux. Promesse de Dieu ! Dieu ne faillit jamais à Sa Promesse. Mais la plupart des hommes ne savent pas » (Coran 30/2-6).

Après cette révélation coranique, au temps  du prophète Muhammad (paix et d’Allah bénédiction sur lui) , lorsqu’il étais encore à la Mecque, les idolâtres ne l’ont pas cru et et voulurent jusqu’à même parier contre lui,  les mushrikin (polythéistes) étant sur que les Grecs Romains (Byzantins) seront massacrés, car la Perse Sassanide avais repris l’avantage dans la longue guerre qui opposa c’est deux puissances .

L’historien Britannique, Edward Gibbon écrit sur le sujet ceci : 

 » Au moment où les expéditions iraniennes étaient à leur apogée, Mohammed avait annoncé que les drapeaux romains allaient être hissés pour la victoire dans quelques années. Au moment où cette prédiction fût annoncée, rien n’était logiquement plus étonnant ni invraisemblable qu’un triomphe romain, puisque les douze premières années du règne d’Héraclius laissaient plutôt penser à la chute imminente et la fin dernière de l’état romain «  (Gibbon, Edward, The History of the Decline and Fall of Roman Empire, Vol. 4, Chapter 46, Part 3)

Le Shaykh Abû al Ala Al-Mawdudi, (rahimahuLlâh), écrivit dans son Tafsîr, « Tafhîm ul Qu’ran », en commentaire du verset 30:3 :

« Ibn ‘Abbâs, Abû Saïd Khudri, Sufyan Thauri, Suddi et d’autres ont établi que la victoire Romaine contre les Perses et la victoire des musulmans à Badr contre les polythéistes eurent lieue presque à en même temps. Les Musulmans, par conséquent, furent doublement réjouis. Ceci est également supporté par les histoires de Byzance et de la Perse. 624 après JC est l’année durant laquelle la Bataille de Badr fut disputée et également l’année durant laquelle l’Empereur Byzantin détruisit le lieu de naissance de Zoroastre et ravagea le principal temple de feu d’Iran. »

 

Au moment de la mort du prophète Muhammad (paix et bénédiction d’ALLAH sur lui)  en 632, la plupart de ce qui est maintenant l’Arabie était unifiée sous la bannière de l’islam. Cependant, des nomades ou villageois arabophones se sont aussi fondus ou installés aux confins de la steppe du Sham (Syrie).

Pour  unifier tous les arabes il fallait conquérir la steppe  du « bilad al-Sham ».

Au temps du successeur de Muhammad (paix et bénédiction d’ALLAH sur lui) , Abou Bakr as-Sidiq (raid ALLAh anhu), le premier calife Rashidun, les musulmans ont d’abord rétabli leur pouvoir sur l’Arabie (Guerres de Ridda) et lancèrent ensuite des campagnes contre les Arabes restants en Syrie et en Palestine.

Cependant, une collision s’opéra avec les empires Romain et Perses sassanides, qui se disputaient ces territoires depuis des siècles.

Conquête islamique de la Mésopotamie Sassanide

.Au début, les musulmans ont essayé de consolider leur mainmise sur les territoires en bordure du désert . La ville frontalière d’Al-Hira tomba aux mains des musulmans en 633.

Les Sassanides s’étaient réorganisés sous l’autorité d’un nouveau roi, Yazdgard III et contre-attaquèrent. Ils ont remporté une victoire importante à la Bataille du pont en octobre 634.

Après une victoire décisive des musulmans sur les Romains, en Syrie à la Bataille de Yarmouk en 636, le second calife, Omar radi ALLAH anhu, put transférer des troupes à l’est et reprendre l’offensive contre les sassanides.

 

L'armée du califat Rashidun
L’armée du califat Rashidun à Qadisiya face au éléphants de guerres sassanides

Bataille d’al-Qâdisiyya

Aux alentours de l’année 636, Rostam Farrokhzād, conseiller et général de Yazdgard III (r. 632 – 651), mène une armée de 80 000 hommes au-delà de l’Euphrate à la bataille d’al-Qadisiyya, à côté de la ville moderne de Hilla en Irak.

Le calife Omar (radi ALLAH  anhu) déploya 30 000 cavaliers musulmans sous le commandement de Sa`d ibn Abi Waqqas (radi ALLAH  anhu) contre l’armée perse.

La bataille d’al-Qadisiyya s’ensuivit, pendant laquelle les sassanides ont d’abord dominé, puis le troisième jour de combats, l’avantage est passé aux musulmans. Les sassanides ont tenté de fuir. Le général persan Rostam Farrokhzād fut capturé et eut la tête tranchée.

D’après les sources musulmanes, les pertes des iraniens ont été énormes, mais les Arabes ne perdirent « que » 7500 hommes.

Après la bataille, les armées des musulmans ont poussé jusqu’à la capitale perse, Ctésiphon(Tisphoune en persan) (appelée Madā’in en arabe par la suite), qui fut rapidement évacuée par Yazdgard III après un bref siège. Après la prise de la ville, les musulmans continuent à aller vers l’est, suivant Yazdgard et ses troupes restantes. En un court laps de temps, les armées musulmanes ont vaincu une contre-attaque majeure des sassanides à la bataille de Jalūlā’, ainsi que d’autres engagements à Qasr-e Chirin et Masabadhan. Au milieu du 7e siècle, les musulmans contrôlaient toute la Mésopotamie, dont le territoire qui est aujourd’hui la province iranienne du Khuzestan.

Archer sassanide
Archer sassanide

Conquête du plateau Persan

Yazdgard III, le roi sassanide, fit un autre effort pour se regrouper et battre les envahisseurs. En 642, il avait rassemblé une nouvelle armée, qui s’étaient regroupées à Nahavand, à quelque 60 km au sud de Hamedan mais il fut de nouveau vaincu lors de la bataille de Nahavand. La même année une défaite des perses à Ispahan à pour conséquence la perte du Fars berceau de la dynastie sassanide et au nord la bataille de Waj Rudh, celle de Rayy.

Alors que les dynastes du Tabaristan obtiennent des trèves des musulmans, Yazdgard III est incapable de lever une nouvelle armée et devint un fugitif. Il erra d’une province de son empire à l’autre avant d’être tué à Merv en 651.

Les forces islamiques établirent une garnison à Merv. Aux alentours de 674, ils avaient conquis l’Afghanistan, la Transoxiane et une partie de l’Inde connue sous le nom de Sind, sur la rive ouest de l’Indus. Pour de nombreux siècles, ce fut la limite orientale du pouvoir musulman.

31) La Mosquée  omeyyade de Tarikhaneh à Dameghan en Iran (748) construite sous le règne du dernier calife Omeyyade de Damas , Marwan II (744-750) est en fait l'une des plus  ancienne mosquée en Iran appartenant au 1er siècle après l'arrivée de l'Islam elle à conservé sa forme originale. Cette mosquée a été construite au 8ème siècle en 130 de l'hégire (748)  dans le style romain, iranien et arabe. C'est une conception arabe, mais le matériau de construction et de l'architecture est sassanide. Il ce peut qu'elle fut construite sur un ancien temple zoroastrien.
La Mosquée omeyyade de Tarikhaneh à Dameghan en Iran (748) construite sous le règne du dernier calife Omeyyade de Damas , Marwan II (744-750) est en fait l’une des plus ancienne mosquée en Iran appartenant au 1er siècle après l’arrivée de l’Islam elle à conservé sa forme originale. Cette mosquée a été construite au 8ème siècle en 130 de l’hégire (748) dans le style romain, iranien et arabe. C’est une conception arabe, mais le matériau de construction et l’architecture sont sassanide. Il ce peut qu’elle fut construite sur un ancien temple zoroastrien.

Occupation Islamique

Sous le califat d’Omar  radi ALLAH anhu et de ses successeurs immédiats, les conquérants arabes ont tenté de maintenir leur cohésion culturelle et politique en dépit de l’attraction des civilisations qu’ils avaient conquises. Les arabes durent s’installer dans des villes de garnison plutôt que dans des endroits construits spécialement pour eux. Les nouveaux sujets non musulmans, ou dhimmi, devaient payer une taxe spéciale, la jizya et être sujets à diverses restrictions ayant trait à l’occupation, le culte et l’habillement (Bashear 1997, p. 117).

Avant la conquête, les iraniens avaient été majoritairement zoroastriens ; cependant, il existait aussi de grandes communautés juives et chrétiennes. Les adeptes des trois religions ont été autorisés à pratiquer leur foi moyennant l’impôt . Il y eut néanmoins un lent mais notable mouvement de la population vers l’islam. La majorité des persans étaient devenus musulmans. La plupart des musulmans persans étaient alors sunnites.

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