Règne du calife Abbasside al-QÂHIR (932- 933) et Histoire de la dynastie Bouyide par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri » :

Publié le

Abbasside, al-Mansur Muhammad Abu Qâhir Alqahr Billah (320-322h) dinar d'or. 23.80mm, 3.63gm. Monnaie à Mah al-Basra en l'an 321H, obv, citant l'héritier Abu'l-Qasim Abu al-Qasim.
Dinar du calife Abbasside, al-Mansur Muhammad Abu Qâhir Alqahr Billah (320-322h) monnaie frappé à al-Basra en l’an 321 Hijra,  pièce citant l’héritier  califale : Abu’l-Qasim Abu al-Qasim.

Règne du calife Abbasside al-QÂHIR (932- 933) par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri » :

Après  al-Mouqtadir régna son frère al-Qâhir. Il se nommait Abou Mansour Muhammad, fils de Mou’tadid. Il fut proclamé kalife l’an 320.[1] Il était redouté, prompt à verser le sang,[2]d’un caractère violent. Il aimait rassembler des richesses et eut une politique déplorable. Il soumit à la torture plusieurs des esclaves affranchies, mères des enfants de al-Mouqtadir et tourmenta la mère de al-Mouqtadir.

Il la fit suspendre par un pied, la tête en bas, et lui infligea de cruelles variétés de coups et d’humiliations, et lui extorqua 130.000 dinars.[3] Elle ne vécut ensuite que peu de jours. Elle succomba au chagrin que lui causa la mort de son fils et aux tortures qu’elle avait subies.

En l’année 322 (= 933), Qâhir fut déposé. La cause de cette déposition fut que son vizir Ibn Moukla s’était caché par crainte du khalife, et lui aliénait les cœurs des soldats[4] et les mettait en défiance à son égard.

Sur ses conseils, ils se précipitèrent sur Qâhir, le dépouillèrent de l’autorité suprême et lui crevèrent les yeux, de manière qu’ils lui tombèrent sur les joues.[5] Puis on l’incarcéra dans le palais royal et il demeura ainsi quelque temps en prison. On l’en fit sortir ensuite lorsque les circonstances changèrent. Et tantôt on le retenait en prison, tantôt on l’élargissait.[6] Un jour, il sortit et s’étant mis debout près de la mosquée de Mansour,[7] il demandait l’aumône aux gens. Son intention était par là de couvrir d’opprobre Moustakfî.

Un des Hachémites[8] le vit, l’en empêcha et lui donna 500 dirhems.[9] Et il ne se passa pas sous son règne d’aucun d’événement fameux qui mérite d’être conté.[10]

pièce en argent du Buyyd Rokn al-Dawla fait a Mohammadiya en 351 Hégire 962JC
Une pièce en argent  é l’effigie? du Buyyd Rokn al-Dawla fait a Mohammadiya en 351 Hégire 962 JC

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE QÂHIR[11]

Il prit pour vizir Ibn Mouqla, vizir de son frère. Ce fut le second vizirat d’Ibn Mouqla. Nous avons donné précédemment quelques détails curieux sur sa vie, et il n’est pas nécessaire d’y revenir.

Il investit ensuite du vizirat Muhammad, fils de Qasim, fils d’Oubeïd Allah, fils de Soulaimân, fils de Wahb. Ce vizir n’eut pas une grande autorité et ne demeura pas longtemps au pouvoir. Le khalife le fit arrêter et le révoqua. Peu après, il fut pris de coliques dont il mourut.

ICI FINIT L’HISTOIRE DE QÂHIR ET DE SES VIZIRS.

L'armée Buwayhid  (Buyyides) 9-10 siècles (orprey 1th to 11th centuries: Senior officer in a regiment of ghulam cavalry, junior ghulam cavalryman and a parade elephant with mahout and ruler in howdah. 2 34 4
L’armée Buwayhid (Buyyides) 9-10 siècles (orprey)
1)  Officier  Senior dans  un régiment de cavalerie ghulam,
2) Junior cavalier 
3) Eléphant de parade avec le chef dans le Howdah

 

DYNASTIE BOUYIDE

Ce fut à cette époque qu’apparut la dynastie des Bouyides[12] (descendants de Bouwaih).

HISTOIRE DE LA DYNASTIE DES BOUYIDES ; SES DEBUTS ET SA FIN

Pour ce qui est de leur généalogie, elle remonte depuis Bouwaih en passant successivement par tous les rois des Perses, jusqu’à Juda, fils de Jacob, fils d’Isaac, fils d’Abraham, l’Ami d’Allah, et ainsi de suite jusqu’à Adam, père de l’humanité. Les membres de cette famille, sans être originaires du Dailam, furent surnommés Deïlémites, parce qu’ils séjournèrent dans cette région.

Pour ce qui est de son commencement, c’est une dynastie qui prit naissance d’une manière absolument inattendue et contrairement à toutes prévisions des hommes. Plus lard, elle abaissa les nations et domina le monde. Son autorité s’étendit sur le khalifat même.

Elle déposa et éleva des khalifes, elle créa des vizirs qu’elle destitua ensuite.

Ses princes soumirent à leurs décisions les affaires de la Perse et celles de l’Iraq, où d’un commun accord les grands du khalifat leur obéirent. Et tout cela après que cette famille avait eu à souffrir de la gêne, la pauvreté, l’humilité, la misère, les douleurs du besoin et de l’oppression, car leur grand-père Abou Choudjâ’ Bouwaih ainsi que son père et son grand-père étaient des gens du commun, de pauvres habitants du Dailam.

Bouwaih était pêcheur et Mouizz ad-Daula, après s’être rendu maître de tant de pays, reconnaissait de quelles faveurs Allah l’avait comblé et disait :

« J’étais autrefois un bûcheron portant ses fagots sur la tête ! »

Le commencement de leur grandeur fut tel que l’a rapporté Chahriâr,[13] fils de Roustoum le Deïlémite, en ces termes: Abou-Choudjâ’ Bouwaih, à l’origine de sa fortune, était un de mes amis intimes.

J’entrai chez lui un jour. Sa femme venait de mourir, c’était la mère de ses trois fils qui s’emparèrent de tant de pays. Ces trois fils étaient: Imad ad-Daula Aboul-Hasan Ali,[14] Roukn ad-Daula Abou ‘Ali Hasan[15] et Mouizz ad-Daula Abou-l-Housain Ahmad.[16]

La douleur que ressentit Abou Choudjâ Bouwaih de la perte de sa femme fut violente.

« Puis je le consolai et calmai sa peine et l’emmenai chez moi. Je lui présentai à manger et rassemblai auprès de lui ses trois fils, et tandis qu’ils étaient chez moi, voilà que passa devant la porte quelqu’un qui criait :

« L’astronome ! le magicien ! Celui qui explique les songes, qui écrit les « formules magiques et les talismans ! »

Abou Choudjâ’ Bouwaih l’appela et lui dit :

« J’ai eu hier un songe, explique-le-moi. Il m’a semblé que j’urinais et que de ma verge sortait un grand feu qui s’allongea et s’éleva si haut qu’il touchait presque le ciel. Puis, ce feu se divisa et forma trois branches ; de ces branches en naquirent un certain nombre d’autres et le monde entier resplendit de ces lumières.

— C’est là un songe de grande importance, dit l’astrologue, et je ne te l’expliquerai que si tu me donnes un vêtement et un cheval.

— Par Allah, répondit Bouwaih, je ne possède que les vêtements que j’ai sur le corps et, si je te les donne, je resterai nu. »

L’astrologue dit :

« Eh bien! 10 dinars.

— Par Allah, répondit « Bouwaih, je ne possède pas deux dinars, comment t’en donnerais-je ? »

Enfin il lui donna une bagatelle et l’astrologue lui dit:

« Sache que tu auras trois enfants qui « posséderont la terre et ses habitants, et dont la gloire s’élèvera aussi haut que s’est élevée cette flamme. Et ils auront pour fils des rois aussi nombreux que ces rameaux de flamme que tu a vu se séparer les uns des autres.

— Ne rougis-tu pas, lui dit alors Bouwaih, de te moquer de nous ? Je suis un homme réduit à la dernière misère, et mes enfants que voici sont pauvres et malheureux ; qu’y a-t-il de commun entre eux et la royauté. »

L’astrologue reprit: « Apprends-moi à quelle date est né chacun de tes fils. » Bouwaih le renseigna à ce sujet.

« L’astrologue se mit à regarder son astrolabe et ses tables astronomiques, puis, se levant, il baisa la main de ‘Imad ad-Daula Abou-l-Hasan ‘Ali, et dit :

« Par Allah ! c’est celui-ci qui régnera sur les contrées ; celui-ci régnera après lui », ajouta-t-il en saisissant la main du frère de ‘Imad ad-Daula, Abou ‘Ali Hasan. Alors Abou Choudjâ’ Bouwaih se mit en colère contre l’astrologue et dit à ses fils :

« Souffletez-le, car ses moqueries à notre égard ont dépassé la limite. »

Et ils le souffletèrent, tandis que nous, nous riions de lui. « Il n’y aura pas de mal à cela dit alors « l’astrologue, si vous vous rappelez cette circonstance, « lorsque vous serez les maîtres. » Alors Abou Choudjâ’ lui donna dix dirhems, et il partit.

Quant à l’élévation des fils d’Abou Choudjâ’ Bouwaih, (en 370)  ils prirent l’uni l’orme des soldats, rejoignirent les armées et ne cessèrent, au service des rois de Perse qui se succédèrent, de passer de grade en grade, jusqu’au jour où la situation de Imad ad-Daula devint prépondérante.

Il fut promu au gouvernement de Karadj,[17] que lui confia Mardâwîdj.[18] Puis il passa au gouvernement d’une autre province, au point, qu’il finit par réunir sous son autorité plusieurs territoires du Fârs.

Manuscrit astrologie et d’Occultisme d'Abū Maʿshar, Jaʿfar ibn Muḥammad al-Balkhī, 1501-1600
Manuscrit d’astrologie et d’Occultisme d’Abū Maʿshar, Jaʿfar ibn Muḥammad al-Balkhī, 1501-1600

 

Dans la suite, son pouvoir s’étendit tellement qu’il écrivit au khalife Radi, le priant de lui donner comme apanage les districts du Fârs à charge pour lui de faire porter chaque année au palais même du khalifat, outre les impôts et contributions ordinaires, une somme de huit cent millions de dirhems.

Le khalife devait lui envoyer le manteau d’honneur du sultanat et le diplôme d’investiture, Radi, en effet, les lui envoya par un messager qu’il lui dépêcha et auquel il recommanda de ne remettre à Imad ad-Daula le manteau d’honneur et le diplôme qu’après avoir reçu de lui la somme entière.

Le messager arrivé auprès d’Imad ad-Daula, celui-ci le trompa et lui enleva le manteau d’honneur dont il se revêtit. Il prit aussi le diplôme, dont il donna lecture aux principaux assistants. Son audace grandit. Il promit l’argent au messager et usa envers lui d’atermoiements.[19]

Le messager mourut chez Imad ad-Daula, et les affaires du khalifat furent bouleversées.

Imad ad-Daula suspendit tout paiement et se rendit tout à fait indépendant.

Il fut le premier roi de la dynastie Bouyide. Puis ils régnèrent l’un après l’autre, jusqu’à la chute de leur dynastie. »

Pour ce qui est de la fin de cette dynastie, dans les derniers temps sa situation s’affaiblit et sa faiblesse ne cessa de croître jusqu’au moment où l’ordre de succession amena au trône ‘Izz ad-Daula, fils de Djalal ad-Daula.[20] Abou Tahir. Il se produisit entre celui-ci et Abou Kâlîdjâr,[21] des guerres qui forcèrent ‘Izz ad-Daula à fuir devant son rival. Il se fixa à Chiraz et mourut l’an 441. A sa mort, le pouvoir royal prit fin dans leur famille.

 

notes du traducteur :

[1] Le jeudi 28 chawwâl (= 3 novembre 932 de J.-C). Cf. les Prairies d’or, VIII, 287 et Dzahabî, Tarikh al-Islâm, ms. cité, f° 59 r°, qui donne le portrait de ce prince. Voyez aussi sa biographie dans Khalil ibn Aibak as-Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit de Paris, n°5860, f° 130 r° et v°. Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 180.

[2] Les historiens racontent même qu’il se promenait dans son palais une pique à la main ; il en frappait tous ceux qui le mécontentaient. Voy. par ex. les Prairies d’or, VIII, 289 ; Ibn al-Athir, op. cit., VIII, 208 et suiv.

[3] Dzahabî (loc. cit.) dit seulement cinquante mille, et ajoute (f° 102 r°) qu’on ne trouva, à la mort de cette princesse, que cent trente mille dinars.

[4] Dzahabî, loc. cit. : Ibn al-Athir, Chronicon. VIII, 208, d’où ce récit a été certainement extrait.

[5] Voy. notamment les Prairies d’or, VIII, 287, et Dzahabî, ms. cité, f° 103 r° ».

[6] Tout ce passage se trouve presque mot pour mot chez Dzahabî, Tarikh al-Islâm, ms. cité, f° 104 r°. Cet auteur cite Massoudi à ce sujet, et comme le passage ne se trouve pas dans les Prairies d’or, il faut croire que Dzahabî l’a copié dans l’Histoire moyenne (al-asat) de Massoudi, où Ibn at-Tiqtaqâ aurait également puisé.

[7] Cette mosquée a été construite par le khalife Mansour dans la ville qu’il fonda, madînat al-mansour, et à côté de son propre palais. Qasr adz-dzahab (le Palais de l’or). Elle aurait eu, au début. 200 coudées de chaque côté. Haroun er-Rachid la fit démolir puis reconstruire avec des briques cuites au feu, en l’an 192 ou 193. Devenue étroite pour contenir tous les fidèles, elle fut de nouveau démolie et agrandie en 280, sous le règne de Mou’tadid. Cf. Al-Khâtib al-Baghdadi, Introduction topographique à l’histoire de Bagdad, éd. Salmon. p. 145 et suiv. M. Guy Le Strange (Baghdâd during the abasid Caliphate, Oxford, 1900, in-8°) pense que des fouilles effectuées à l’emplacement de cette mosquée mettraient à jour tout ou partie de cet édifice. Au quatorzième siècle. Ibn Batouta, Voyages, trad. Defrémery et Sanguinetti, II. pp. 107, 109 et 111) a vu cette mosquée encore debout ainsi que sept autres, réparties sur les deux rives du Tigre. Al-Khâtib al-Baghdadi (op. cit.. p. 146) fait mention d’une inscription placée à l’extérieur, au-dessus de la porte de la mosquée, dite porte du Khorasan et portant le nom du khalife Haroun er-Rachid, l’ordre qu’il avait donné relativement à la construction de cette mosquée, le nom de l’architecte, du charpentier et la date.

[8] Il s’appelait Abou ‘Abd Allah, fils d’Abou Moussa al-Hâchimî. Cf. Dzahabî, ms. cit., f° 104 r°.

[9] Ou mille. Dzahabî, loc. cit.

[10] C’est un des règnes qu’Ibn al-Tiqtaqâ a, pour ainsi dire escamotés. Il y a eu assez d’événements méritant d’être relatés, mais il méprise ces petits khalifes ‘Abbasides et n’en fait mention que pour ne pas sauter un chaînon de cette dynastie. Voy. d’intéressants détails sur ce règne dans Dzahabî, ms. cité, f° 101 v° à 104 r° et Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 180 et suiv.

[11] Qâhir mourut en Djoumada I 339 (= 949 de J.-C), âgé de 58 ans. Cf. Dzahabî, manuscrit cité, f° 104 r°, l. 9 et 185 r° et v°.

[12] Voy. aussi, sur les débuts de cette dynastie, un passage de Dzahabî, Tarikh al-Islâm, manuscrit cité, f° 102 r° et v°.

[13] Je ne trouve pas de renseignements sur ce personnage. Ibn al-Athir (Chronicon, VIII, p. 197) le nomme seulement une fois et lui fait tenir le même récit qu’ici. Il est probable qu’Ibn at-Tiqtaqâ lui a emprunté tout ce passage.

[14] C’est l’aîné des trois fils de Bouwaih. Il est regardé comme le véritable fondateur de cette dynastie. Il mourut, âgé de 57 ou 58 ans, en 338 ou 339, à Chiraz, après un règne de 10 ans environ. Cf. Ibn Khallikan, op. cit., notice 491, et Dzahabî, Tarikh al-Islâm, ms. cité, f° 182 verso et aussi 163 recto, l. 1. Cet auteur le fait mourir en 338 (= 949). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, p. 141.

[15] La biographie de ce prince est donnée par Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 175. Il mourut en 366, à Rey, âgé de 82 ans environ et après un règne de 44 ans. Cf. Dzahabî, Tarikh al-Islâm, ms. cité, f° 311 r°. Cf. Stanley Lane-Poole, Ibid.

[16] Il était surnommé Al-Aqta’ le Manchot), ayant perdu sa main gauche et une partie des doigts de la main droite dans une bataille contre les Kurdes de la province de Kerman. Il mourut, âgé d’environ 53 ans, en l’année 356 (= 966). Il était le plus jeune des trois fières. Cf. Ibn Khallikan, Wafayât, notice 71. Dzahabî, Tarikh al-Islâm, manuscrit cité, f° 272 v°-273 r° ; Stanley Lane-Poole, Ibid.

[17] Quatre localités portent ce nom. Celle dont il s’agit ici est une ville située à moitié chemin d’Hamadhan et d’Ispahan. Elle comprenait plusieurs quartiers et ses campagnes étaient riches en blé et en troupeaux. Elle s’étendait sur une longueur de près d’un parasange. Cf. Barbier de Meynard, Dictionnaire géographique de la Perse, pp. 478-479.

[18] Prince de Djourdjân de la dynastie des Ziârides, qui régna de 316; (= 928) à 323 (= 935). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, 137 ; les Prairies d’or, IX, 15-29 et 85 ; Ibn Khallikan, Wafayât, notice 550, p. 49; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, p. 199.

[19] Cf. Ibn, Tarikh al-Islâm, manuscrit cité, f° 104 r°, l. 20 et suiv.

[20] Ce prince régna de 416 (= 1025) à 430 (= 1043). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, p. 141 ; Ibn al-Athir. Chronicon. IX, p. 353 et suiv.

[21] C’est le sultan bomvaihide du Fars, connu sous le nom d’Al-Marzoubân. Monté sur le trône vers 415 (= 1024), il réunit à son empire celui de ‘Izz ad-Daula, fils de Djalal ad-Daula susnommé, en l’année 435 (= 1043), ainsi que cela est raconté en détails par Ibn al-Athir, Chronicon. IX. 352 et suiv.

L'émirat Perse Chiite Bouyide ver 970 c'est la dynastie qui mis sous tutelle le califat Abbasside
L’émirat Perse Chiite Bouyide ver 970 c’est la dynastie qui mis sous tutelle le califat Abbasside

par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri » :

(bio wikipedia)

Abû al-Mansûr « al-Qâhir bi-llâh » Muhammad ben Ahmad al-Mu`tadid1 surnommé Al-Qâhir23 est le troisième fils d’Al-Mu`tadid. Il naquit en 899, et succéda à son frère Al-Muqtadir par un coup d’État, comme calife abbasside de 932 à 934. Il mourut aveugle et misérable en 951.

Après la mort d’Al-Muqtadir, en 932 on hésita entre son fils et son frère comme successeur. Ceux qui avaient contribué à la chute du calife préférèrent choisir son frère qui avait lui-même tenté un coup d’État en 929, plutôt que son fils, Muhammad ben Ja`far al-Muqtadir, le futur Ar-Râdhî, dont ils pouvaient craindre la vengeance.

Sous des apparences de piété il cachait une grande cruauté. Il fit torturer la mère, les enfants et les proches d’Al-Muqtadir, pour prendre leur fortune.

Plus faible encore que son frère, Al-Qâhir dépendait complètement de l’émir Mu’nis et des vizirs. Mu’nis organisa une conspiration pour le contraindre à l’abdication. La conspiration ayant été découverte, le grand émir fut assigné à résidence dans ses appartements (933). Le malheureux prétendant à sa succession fut emmuré vivant. Mu’nis et les membres de la conspiration furent décapités.

Al-Qâhir devint alors complètement tyrannique aussi bien envers les ennemis que les amis, rendant son règne insupportable. Lors d’une nouvelle conspiration, le calife fut pris la nuit dans son palais alors qu’il était enivré. Ayant refusé d’abdiquer, les insurgés lui crevèrent les yeux et l’emprisonnèrent (934).

C’est Ar-Râdhî, le fils aîné d’Al-Muqtadir son concurrent pour l’investiture qui lui succéda(3).

La fin de sa vie

Après onze années de prison, l’ex-calife fut libéré. On put ainsi le voir errer habillé comme un mendiant jusqu’à sa mort en 951.

Notes

  1. arabe : abū al-mansūr al-qāhir bi-llāh muḥammad ben ʾaḥmad al-mu`taḍid,
    أبو المنصور « القاهر بالله » محمد بن أحمد المعتضد
  2. arabe : al-qāhir, القاهر, l’irrésitible
  3. The Caliphate, its rise, decline and fall, by William Muir Chapter LXXIII, Al-Muktadir Al-Kahir, and Ar-Radi
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