Règne du calife Abbasside al-Radi (934-940) par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri ».

Publié le Mis à jour le

Abbasid Dynasty, Al-Radi (934-40), AV Dinar, 3.95g, Misr, AH323

Règne du calife Abbasside al-Radi  (934-940) par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri ».

Après Qâhir régna son frère Radi billah.

Ce khalife se nommait Abou-l-‘Abbas Ahmad,[22] fils de Mou’tadid. Il reçut l’hommage d’investiture en l’année 322 (= 934).

Il était poète, s’exprimait très correctement et était fort intelligent.

Il fut le dernier des khalifes sous un certain nombre de points de vue.

Il fut, entre autres choses, le dernier khalife dont les poésies fussent réunies en un seul recueil, le dernier qui ait gouverné seul son empire et le dernier qui ait prononcé la khotba (prêche) en chaire le vendredi.

Il est le dernier aussi qui se soit assis familièrement avec des commensaux[23] et qui se soit rendu accessible aux savants; enfin, ce fut le dernier chez qui les dignités, les gratifications, les divers emplois des domestiques et des chambellans aient été réglés suivant les principes des anciens khalifes.

Ce fut sous son règne, en l’année 322 (934 de J.-C.), que l’autorité de Mardâwîdj prit une grande extension à Ispahan.[24]

Ce fut un homme qui se révolta dans ces régions et on raconta qu’il voulait s’emparer de Bagdad, transporter l’empire en Perse et détruire la dynastie arabe.

Mais sous le règne de Radi la nouvelle arriva que les pages de Mardâwidj avaient conspiré contre lui et l’avaient mis à mort.

Et ce fut encore sous le règne de Radi que s’éleva l’autorité d’Abou-l-Hasan Ali, fils de Bouwaih,[25] et, sous ce même règne de Radi, l’autorité du khalifat ‘abbâside s’affaiblit.

La Perse était aux mains d’Ali, fils de Bouwaih, tandis que Rey, Ispahan et Djabal étaient au pouvoir de son frère Hasan, fils de Bouwaih, et Mossoul, Diyâr-Bakr, Diyâr Rabi’a et Moudar aux mains des Hamdanides,[26] l’Egypte et la Syrie aux mains de Mohammed, fils de Toughdj,[27] puis aux mains des Fatimides, l’Espagne aux mains d’Abd er-Rahman,[28] fils de Mohammed l’Omeyyade, le Khorasan et les pays orientaux dans les mains de Nasr,[29] fils d’Ahmad le Samanide.

— Radi mourut en l’année 329 (940 de J.-C).

Carte du Sharq al-Aswat (Moyen-orient)
Carte du Sharq al-Aswat (Moyen-orient)

HISTOIRE DU VIZIRAT AU TEMPS DE RADI

Le premier vizir qu’il eut fut Abou ‘Ali, fils de Mouqla.

Ce fut là le troisième des vizirats d’Ibn Mouqla. Il dépensa, pour obtenir ce vizirat, 500.000 dinars, si bien que Radi le nomma vizir.

Ensuite les troupes se mutinèrent et une sédition se produisit, qui rendit nécessaire le renvoi du vizir. Radi le destitua[30] donc et nomma à sa place ‘Abd er-Rahman, fils d’Isa, fils de Dâwoud, fils de Djarrâh.

Ce que nous venons de dire de l’histoire d’Ibn Mouqla peut suffire.

Les Fatimides contrôlent l’Egypte

VIZIRAT D’ABD ER-RAHMAN, FILS D’ISA, FILS DE DJARRÀH, SOUS LE RÈGNE DE RÀDÎ

Radi, lorsqu’il eût fait arrêter Ibn Mouqla, fit venir ‘Ali, fils d’Isa, fils de Djarrâh, et lui offrit le vizirat.

‘Ali refusa et s’excusa, alléguant sa faiblesse de santé. Le khalife alors lui demanda qui il devait investir du vizirat.

‘Ali lui conseilla de prendre son frère ‘Abd er-Rahman, fils d’Isa.[31]

Le khalife le lit venir et l’investit du vizirat, et Abd er-Rahman monta à cheval et fit la promenade solennelle, précédé par tout le cortège officiel.

Les jours de son vizirat furent courts.

Les affaires prenant pour lui une mauvaise tournure, il demanda à être déchargé des fonctions de vizir. Radi le fit alors arrêter.[32]

La vie de ce vizir n’offre rien qui mérite d’être rapporté.

L'ancien Baghdad source : Mohammed Gharib→Al-Emam Al-Ghazzaly series
L’ancien Baghdad source : Mohammed Gharib→Al-Emam Al-Ghazzaly series

VIZIRAT D’ABOU DJAFAR MUHAMMAD, FILS DE QASIM AL-KARKHI, SOUS LE RÈGNE DE RADI BILLAH

Lorsque Radi eut fait arrêter Abd er-Rahman, fils d’Isa, il nomma vizir Abou Djafar Muhammad, fils de Qasim al-Karkhi.[33]

C’était un homme très court de taille, d’une petitesse si excessive qu’on fut forcé de rogner de quatre doigts les pieds du trône du khalifat pour qu’il devînt possible au vizir al-Karkhi de s’entretenir avec le khalife.

Les gens tirèrent de ce fait de fâcheux augures et dirent :

« C’est là l’indice de la destruction de la dynastie. »

Et il en fut comme ils l’avaient dit. Ce vizir se vit accablé par le désordre et la confusion, qui se mirent dans les affaires de l’Etat. Alors il se cacha.[34]

Voici ce qu’on raconte. Lorsqu’il voulut se cacher, il enleva la partie supérieure d’une grande jarre de terre et s’assit à l’intérieur.

Cette jarre fut ensuite transportée au dehors comme si ce n’eût été qu’une jarre et rien de plus, mais le vizir était caché dedans.

Il demeura ainsi jusqu’au jour où, s’étant montré, il fut contraint de payer de l’argent au Trésor, puis libéré.

 

L'armée Califale Abbasside au 10eme siècle  (Osprey) Abbasid Caliphal Armies from the mid-9th to mid-10th centuries:  1Senior Amir,  2armoured Ghulam cavalryman  3and Persian infantry guardsman.
L’armée Califale Abbasside au 10eme siècle (Osprey) :
1) Emir Senior 9-10eme siècle 
2) Cavalier Ghulam en armure  10eme siècle 
3) Garde Fantassin Persan  10eme siècle  

VIZIRAT DE SOULAYMAN, FILS DE HASAN, FILS DE MAKHLAD, SOUS LE RÈGNE DE RADI BILLAH

Al-Karkhî ayant été incapable de soutenir le fardeau du vizirat et s’étant caché, Radi billah manda auprès de lui Soulaimân, fils de Hasan, fils de Makhlad, l’investit du vizirat et le revêtit des insignes du vizirat.

Mais ce vizir fut bientôt impuissant à gouverner, à cause de la prépondérance absolue que les soldats avaient dans le gouvernement.

Alors, le khalife Radi voyant l’impuissance de son vizir Soulaimân, fils de Hasan, fils de Makhlad, envoya chercher Ibn Râ’iq,[35] qui était le plus grand émir.

Il chercha à le gagner, lui confia les affaires, le nomma émir des émirs (Emir al-Oumarâ)[36] et le chargea du gouvernement de l’empire.

Les chefs de l’armée firent cause commune avec lui. Et, se réunissant en une seule bande, se présentèrent devant le khalife.

Celui-ci les fit asseoir à une place plus élevée que celle du vizir. Ibn Râ’iq, émir[37] des émirs, revendiqua pour lui seul les affaires du gouvernement. Il nomma les gouverneurs et les fonctionnaires, c’est à lui que fut déférée la correspondance de l’État.

La décision de toutes les affaires fut remise à son jugement et il ne resta au vizir que le titre de vizir, sans autorité et sans pouvoir.[38]

A partir de cette époque, le khalifat abbâside fut eu butte aux entreprises violentes.

Le pouvoir lui échappa et les étrangers, les émirs, les hommes d’épée se rendirent maîtres du pouvoir au détriment de la dynastie.

Ils firent rentrer les impôts et, écartant des affaires la main du khalife, lui assurèrent peu de chose et une petite pension alimentaire, et depuis ce temps-là l’autorité du khalifat demeura très faible.

L'ancienne ville de Baghdad tiré du " 7ème voyage de Sinbad"
L’ancienne ville de Baghdad tiré du  » 7ème voyage de Sinbad »

VIZIRAT D’ABOU-L-FATH FADL, FILS DE DJAFAR, FILS D’AL-FOURÂT, AU SERVICE DE RADI BILLAH

Lorsque l’émir des émirs Ibn Râ’iq s’empara du pouvoir, il conseilla à Radi billah de conférer le vizirat à Fadl, fils de Djafar, fils d’al-Fourât.[39] Il pensait que celui-ci ferait rentrer à son profit l’argent de l’impôt. Radi le fit donc 384 appeler et l’investit du vizirat.

Abou-l-Hasan Thâbit,[40] fils de Sinan, a raconté ce fait qu’il tenait d’Abou-l-Housain ‘Ali, fils de Hicham[41] : Lorsque Fadl, fils de Djafar, fils d’al-Fourât, fut investi du vizirat, je fis la rencontre d’Ibn Mouqla, qui, dépossédé de son emploi, en était réduit à se cacher.

Tu as tort, lui dis-je, de tarder ainsi à aller voir ce ministre et à lui présenter tes félicitations. » Il me répondit : Je me défie de lui et je n’ai pas besoin de me rencontrer avec lui. » Je lui dis alors : Il convient que tu lui écrives un billet dans lequel tu t’excuses de n’être pas allé le voir et dans lequel tu lui présentes tes félicitations.

Ce billet suppléera ainsi « ta présence auprès du vizir. » Il me répondit: a Je crains qu’il ne me fasse une réponse telle que cela nécessite ma présence. »

Et il me récita ces vers de sa composition :

Combien de femmes m’ont dit : « Tu as perdu en négligeant ce nouveau vizir. »

Et moi je leur ai répondu : « Puissiez-vous vivre toujours dans la joie, et ne jamais rien dire qui ne soit juste !

« Est-ce qu’un homme tel que moi peut se résoudre à se montrer humilié, solliciteur. »

dirham  du calife Abbasside al-Radi, 934-940, R dirham (2.43g), Surra man Ra'a, AH327, A-255

VIZIRAT D’ABOU ABU ALLAH AL-BARIDI, SOUS LE REGNE DE RADI BILLAH[42]

C’était un homme d’un caractère téméraire, ambitieux, plein de noblesse d’âme, plein de préoccupations élevées.

Il passa successivement d’emplois en emplois et sa fortune subit de grandes vicissitudes.

Après avoir été tour à tour malheureux et heureux, après avoir connu les extorsions et les destitutions, son ambition, sa force dame et son amour des grandes pensées l’amenèrent à rassembler des soldats et à affronter les dangers.

Il s’empara ensuite des provinces du Khouzistan et de Basra.

Ce fut alors que Radi le nomma vizir.

Dans la suite il le destitua[43] et donna le vizirat à Soulaimân, fils de Hasan, fils de Makhlad.

Nous en avons déjà parlé et il n’est pas besoin d’y revenir.

Ce fut le dernier des vizirs de Radi.

FIN DU RÈGNE DE RADI BILLAH, FILS DE MOUQTADIR ET DE L’ADMINISTRATION DE SES VIZIRS.

note du traducteur:

[22] On n’est pas d’accord sur le nom de ce khalife. Les uns l’appellent Ahmad, les autres Muhammad. Je crois qu’il y a plus de présomption en faveur du premier, parce que le surnom patronymique (kounya). Abou-l’ Abbâs accompagne généralement le nom Ahmad. Toutefois cela n’est pas une régie absolue. Voy. la biographie de ce khalife dans Dhahabî, manuscrit cité, f° 147, r°-v°, et dans Khalil ibn Aibak as Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, ms. de Paris, n° 5860, f° 216 v°.

[23] Cf. Dzahabî, manuscrit cité, f° 110 r°.

[24] Ceci est raconté aussi p ar Dzahabî, Tarikh al-Islâm, manuscrit cité, f. 102 r° in fine et Ibn al-Athir, Chronicon, VIII. p. 213.

[25] Voy. ci-dessus, et Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, p. 204.

[26] Cette dynastie occupa le pouvoir de l’année 317 (=929 de J.-C), jusqu’à l’année 394 (= 1003 de J.-C.). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, pp. 111-113. Voy. aussi les Prairies d’or, VIII, 346-350 et passim.

[27] Ce prince est plus connu sous le nom d’Abou Bakr Muhammad al-Ikhchîdz, le fondateur de la dynastie Ikhchidzite. Il demeura au pouvoir de 323 (= 935 de J.-C.) à 334 (= 946 de J.-C.). Voy. sa biographie dans Ibn Khallikan, Wafayât, notice 700; Dzahabî, Tarikh al-Islâm, manuscrit cité, f° 174 r°. Cet auteur fait commencer son règne en Egypte depuis 321 selon une version que rapporte également Ibn Khallikan, loc. laud. — Voy. aussi Dzahabî, ms. cité, f° 161 r°. Cf. 21 et suiv. — Dans le texte arabe, lis Toughdj.

[28] Il s’agit ici d’Abd er-Rahman III, surnommé al-Khalifa an-Nasir et qui régna de 300 (= 912) à 350 (= 961). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties. p. 398.

[29] C’est Nasr II, fils d’Ahmad, fils d’Ismâ’îl, qui régna de 301 (= 913) à 331 (= 942). Cf. Stanley Lane-Poole, op. cit., p. 132; Ibn al-Athir, op. cit., VIII, 154-156, 291-294.

[30] C’est à la suite d’une intrigue des chefs de l’armée qu’Ibn Mouqla tomba du pouvoir. Voy. Dzahabî, Tarikh al-Islâm, ms. cité, f° 106 v° in fine et 107r° ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, p. 258 et sq.

[31] Voy. Dzahabî, Tarikh al-Islâm, loc. laud., où les diverses phases de cette intrigue sont racontées avec quelques détails. Sur le vizir lui-même, voyez une notice intéressante dans Khalil ibn Aibak as Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit de Paris, n° 2066, f° 157, r° et v°; Ibn al-Athir. op. cit., VIII. pp. 211, 231.

[32] L’arrestation de ce vizir eut lieu en Radjab 324 (= 935). Il avait eu une administration financière déplorable. Cf. Dzahabî, Tarikh al-Islâm ms. cité. 1°, 107 r° in fine. Ibn Al-Athir, Chronicon, VIII, 235.

[33] Ce vizir, en prenant possession du pouvoir, mit à la torture son prédécesseur, ‘Abd er-Rahman, et son frère ‘Ali, qui ne recouvrèrent la liberté qu’après avoir payé chacun 70.000 dinars Cf. Dzahabî, ms. cité. f° 107 r° ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 235.

[34] En Chawwâl 324 (= 935 de J.-C.). Cf. Dzahabî, ms. cité, f° 107 v°, l. 5 ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 240.

[35] Ce grand émir. Emir al-Oumarâ, dont le nom est Abou Bakr Muhammad, était devenu tout-puissant à Bagdad, où l’autorité des khalifes était tout illusoire. Sous le khalifat de Radi. Il fut le véritable maître de l’empire. Voy. notamment l’excellente notice d’Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 498 (et aussi 708 ; trad. de Slane, III, 267-271 ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII. Index, pp. 545-546 ; Massoudi, Prairies d’or, VIII, 207-208 ; IX, 26-27 ; 31-33; Defrémery, Mémoire sur les émirs al-oméra, dans les Mémoires présentés par divers savants à l’Acad. des Inscript. et B. L., II, 114, 115; 124, 131, 163: G. Weil, Gesch. der Chalifen, II, 663-665 et passim.

[36] Voy. le mémoire de Defrémery cité à la note précédente.

[37] Il faut lire le mot émir au nominatif, comme apposition. Le fatha donné par l’édition se trouve dans le manuscrit, mais il est injustifiable.

[38] Le même récit est donné par Dzahabî, manuscrit cité, f° 107 v°.

[39] Ce vizirat d’Ibn al-Fourât date de 325 (= 936). Cf. Dzahabî, manuscrit cité, f° 108 r°, in fine. Ibn al-Fourât mourut en 327 (= 938). Dzahabî, op. laud., f° 136 verso.

[40] L’édition et le manuscrit portent Abou-l-Hasan fils de Thâbit, mais il faut supprimer le mot fils de. Thâbit est en effet le nom même du fameux médecin et annaliste, comme son grand-père Thâbit, fils de Qourra, et mourut en 365 =973. Cf. Brockelmann, Geschichte der arabischen Litteratur. I, 324; Ibn al-Qitti, Tarikh al-houkamâ, éd. Lippert, pp. 109-111; Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 128; trad. de Slane, I, 289-290; Docteur L. Leclerc, Histoire de la médecine arabe, I. p. 368; Hammer-Purgstall, Litteraturgeschichte derAraber, IV, p. 352 ; V. pp. 513-514 ; Massoudi. Prairies d’or, III, 443; IV, 55 ; Ibn al-Athir, Chronicon. V’III, p. 476; Hartwig Derenbourg, Un passage tronqué du Fakhrî, dansOrientalische Studien Theodor Nöldeke zuni siebzigsten Geburslag, I, p. 195 p. 2 du tirage à part, note 2. Il faut corriger dans celle dernière note 363 date supposée de la mort de Thâbit, fils de Sinan, en 365, conformément au texte d’Ibn al-Athir, loc. laud.

[41] La biographie de ce traditionniste est donnée par le manuscrit de Paris, n° 2134, f° 69 v°, Tarikh Bagdad, Histoire de Bagdad., par Mouhibb ad-Dîn ibn an-Naddjâr. Ce manuscrit a été attribué à tort à Al-Khatib al-Baghdâdi, ainsi que je crois lavoir démontré dans le Journal asiatique de Paris, numéro de mars-avril 1908, pp. 287-242. Cf. Brockelmann,Gesch. der arab. Litt., I, 829 et 860. Voy. aussi l’Introduction topographique à l’Histoire de Baghdâd, par G. Salmon, Paris, 1901.

[42] Cet intitulé ne se trouve pas dans l’édition, ni dans le manuscrit. Il doit être ajouté, car le récit qui suit ne se rapporte pas à Ibn al-Fourât, mais à son successeur, Al-Baridî. Cf. Massoudi, les Prairies d’or, VIII, 309 ; le Livre de l’Avertissement, 494 ; voy. aussi Dzahabî, manuscrit cité, f. 110 recto, l. 16. D’après ce passage, le nom du vizir serait Abou ‘Abd Allah Ahmad fils de Muhammad al-Baridi, contrairement aux Prairies d’or, où il est nommé Abou ‘Abd er-Rahman, fils de Muhammad. Le texte de Dzahabî est confirmé par ‘Arîb, Tabaricontinuatus, éd. M. J. de Goeje, p. 138. Cf. Ibn Taghri-Bardi, Annales, II, pp. 285 ; Ch. Defrémery, Mémoire sur les émirs el-oméra, p. 147-149; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, p. 266 ; H. Derenbourg, Un passage tronqué, etc., p. 196.

[43] Plus exactement, c’est Badjkam qui destitua ce vizir. Cf. Dzahabî, manuscrit cité, f° 110 recto, ligne 26 et suiv. La destitution de l’ancien ministre et la nomination de son successeur eurent lieu en l’année 328 (= 989 de J.-C). Dzahabî, loc. laud. ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, p. 271.

Par al-Tiqtaqa du « Kitab al-Fakhri » 

(wikipedia bio) Abû al-`Abbâs « ar-Râdî bi-llâh » Muhammad ben Ja`far al-Muqtadir1 surnommé ar-Râdî, ou ar-Râdhî 2 est le fils de Al-Muqtadir. Il est né en 907. Il a succédé à son oncle Al-Qâhir comme calife abbasside en 934. Il est mort en 940.

À la mort de son père Al-Muqtadir en 932, les courtisans qui l’avaient renversé avaient préféré mettre au pouvoir son oncle Al-Qâhir par crainte de sa vengeance.

La tutelle d’Ibn Râ’iq

Apprécié pour sa piété, Ar-Râdî a été le jouet de ses vizirs. Dépourvu de ressources financières il est tombé aux mains d’un efficace mais cruel gouverneur, Muhammad ben Râ’iq3 pour lequel Ar-Râdî va inventer pour lui en 936 le titre d’« Émir des émirs »4. Ibn Râ’iq va devenir le véritable maître de l’empire et son nom était cité avec celui du calife lors des prières publiques. Pour combattre les volontés d’indépendance des gouverneurs régionaux, Ibn Râ’iq s’est adjoint Bajkam (ou Bejkem) 5, un commandant originaire du Daylam et sa horde turque. Après deux ans de machinations, ce groupe est devenu insupportable. Ibn Râ’iq a décidé à renverser Bajkam. Bajkam devance son adversaire en entrant dans la ville avec ses troupes. Ibn Râ’iq disparaît et Bajkam prend sa place (938).

Dirham_of_al-Muttaqi Silver dirham of 940 941 CE, with the names of Caliph al-Muttaqi and the amir al-umara Bajkam

La tutelle de Bajkam

Bajkam a entraîné le calife à attaquer les Hamdanides à Mossoul. Ibn Râ’iq allié avec des Qarmates profite de l’absence du calife pour prendre Bagdad. Bajkam est contraint de faire rapidement demi-tour laissant les Hamdanides assoir leur indépendance (940). En réalité le califat avait besoin des Hamdanides pour protéger ses frontières du nord, faute de quoi il aurait été assailli par les Byzantins. Ibn Râ’iq, à l’approche de Bajkam, fait acte de soumission et est pardonné. Il a reçu le gouvernorat de Damas qu’il a assumé jusqu’en 946.

 

Ikhchîd est le titre que portaient les princes de la Ferghana, l'un d'entre eux grand-père de Muhammad ben Tughj s'était mis au service du calife abbasside Al-Mu`tasim. Près d'un siècle plus tard, Muhammad ben Tughj commandant au service du calife Ar-Râdî est chargé de défendre l'Égypte contre les offensives des Fatimides. Il devient autonome et envahit la Syrie ainsi qu'une partie de la péninsule arabe.
Ikhchîd est le titre que portaient les princes de la Ferghana, l’un d’entre eux grand-père de Muhammad ben Tughj s’était mis au service du calife abbasside Al-Mu`tasim.
Près d’un siècle plus tard, Muhammad ben Tughj commandant au service du calife Ar-Râdî est chargé de défendre l’Égypte contre les offensives des Fatimides. Il devient autonome et envahit la Syrie ainsi qu’une partie de la péninsule arabe.

Les Ikhchîdîdes

Les gouverneurs Ikhchîdîdes6 d’Égypte, avaient eux aussi pris leur indépendance à l’égard du califat depuis leur installation en 935. Ce fut l’affaire Ibn Râ’iq en tant que gouverneur de la Syrie d’empêcher les Ikhchîdîdes de s’étendre en Palestine. Après quelques combats, Ibn Râ’iq a pu se consacrer à la défense du Nord.

L'émirat Perse Chiite Bouyide ver 970 c'est la dynastie qui mis sous tutelle le califat Abbasside
L’émirat Perse Chiite Bouyide ver 970 c’est la dynastie qui mis sous tutelle le califat Abbasside

Emergence des Bouyides

Un nouvel adversaire est apparu à l’Est : la dynastie persane chiite, originaire du Daylam, des Bouyides. Vers 933 `Alî (‘Imad al-Daula/Emad o-dowleh) occupe le Fars et Ahmad (Mu’izz ad-Dawla/Mo’ez o-dowleh) et Hasan (Rukn ad-Dawla/Rokn o-dowleh) s’emparent du Khuzestân et de la province de Kerman (934).

Bajkam, inquiet de leur progression, est parti en campagne. Alors qu’il était sur le point de prendre l’avantage il a dû revenir en hâte vers Bagdad à cause de la trahison de certains de ses capitaines qui avaient voulu profiter de son absence. Les Bouyides ont eux aussi profité de ce retrait pour consolider leurs positions. Plus tard, les trois frères se sont coalisés et ont pris Bagdad (945).

Mort d’Ar-Râdî

Ar-Râdî est mort à trente-trois ans en 940. On considère assez souvent qu’il est le dernier véritable calife abbasside et le dernier à remplir toutes les fonctions de sa charge comme :

  • Faire le sermon du vendredi.
  • Discuter avec les philosophes et les savants des affaires religieuses ;
  • Tenir conseil sur les affaires de l’État ;
  • Distribuer de l’aide pour les nécessiteux ;
  • S’interposer pour tempérer la sévérité excessive de certains officiers ;

Malgré cela il fut le plus dépendant de tous. Tous ces actes n’étaient que formels, car il était sans pouvoir.

Le califat avait perdu l’Ifriqiya, l’Égypte, la Perse et toute la partie Est de l’empire, une partie de la Syrie et de l’Irak, Mossoul. L’Arabie est aux mains des Qarmates, et les villes de Bassora, de Wâsit et Koufa sont en révolte. L’avancée des Byzantins a été stoppée par l’intervention des Hamdanides sous les ordres Sayf ad-Dawla `Alî.

Les poèmes d’Ar-Râdî

Ar-Râdî est le dernier calife dont il subsiste des poèmes. Ces poésies donnent l’impression d’un profond sentiment religieux, de la fragilité des grandeurs humaines et du caractère passager des choses d’ici-bas.

Notes

  1. arabe : abū al-ʿabbās « ar-rāḍī bi-llāh » muhammad ben jaʿfar al-muqtadir,
    أبو العباس « الراضي بالله » محمد بن جعفر المقتدر
  2. arabe : ar-rāḍī, الراضي, celui qui se soumet (à Dieu)
  3. arabe : muḥammad ben rāʾiq, محمد بن رائق
  4. ʾamīr al-ʾumarāʾ, أمير الأمراء
  5. persan/arabe : bajkam بجكم
  6. arabe : al-iḫšīdīūn الإخشيديون ; venant de al-iḫšīd آلإخشي : titre porté par les princes de Sogdiane dont les Ikhchîdîdes sont originaires.
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