Règne du calife Abbasside Abd al-Karîm at-Tâ’i`bi-llah dit At-Ta’i (973-991) Extrait du « kitab al-Fakhri » de ibn al-Tiqtaqa :

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Poterie Abbasside d'Iraq, du 9 ou 10 eme siècle avec une représentation figuré
Poterie Abbasside d’Iraq, du 9 ou 10 eme siècle avec une représentation figuré. 

Règne du calife Abbasside   At-Ta’i (363 / 973 — 381 / 991) Extrait du « kitab al-Fakhri » de ibn al-Tiqtaqa

Après Moutî’ régna son fils ‘Abd al-Karim Abou Bakr Tâ’i’ liamr Allah.

On lui rendit l’hommage d’investiture en l’an 363 (973).[76]

Tâ’i’ était très fort.

Il y avait chez lui, dans ses jardins, un bélier de montagne qu’on gardait comme étalon et dont personne n’osait s’approcher.

Tâ’i’ s’avança vers lui.

Le bélier le chargea, mais Tâ’i’ l’attendit de pied ferme jusqu’à ce qu’il lui eût saisi les cornes.

Puis il fit appeler un menuisier à qui il commanda de scier les deux cornes du bélier, ce que fit le menuisier tandis que Tâ’i’ maintenait l’animal.

Ce fut sous le règne de ce khalife que s’accrut la puissance des Bouyides.

Adoud ad-Daula arriva à Bagdad et la puissance des Bouyides prit une grande extension.

Ils se saisirent de la personne de Tâ’i’ en l’an 381 (991)[77] et on rendit les hommages d’investiture à Qâdir.

FIN DU RÈGNE DE TÂ’I’ LIAMR ALLAH.

notes du traducteur:

[76] Ces événements sont racontés par Dzahabî, manuscrit cité, dans les folios 245 verso et suiv.

[77] Le 19 Chaban de cette année (= 1er novembre 991). Dzahabî, manuscrit cité, f° 248 r°.

Extrait du « kitab al-Fakhri » de ibn al-Tiqtaqa

(wikipedia bio)

Médaillon du calife Abbasside At-Ta'i et du bouyyide  Izz al-Dawla  Bakhtiyar 
Médaillon du calife Abbasside At-Ta’i et du bouyyide  Izz al-Dawla  Bakhtiyar

Abû Bakr `Abd al-Karîm at-Tâ’i`bi-llah1 surnommé At-Tâ’i`2 est né en 932.

Il a succédé comme calife abbasside de Bagdad à son père Al-Muti`, contraint d’abdiquer pour cause de paralysie, en 974. Il est amené à abdiquer en 991.

Les vizirs Bouyides mettent sur le trône son cousin Al-Qadir fils d’Al-Muttaqi. At-Tâ’i` est mort dix ans plus tard en 1001.

On ne sait pas grand-chose de la vie d’At-Ta’i`.

Carte de la zone frontière byzantine arabe-de la fin du 7 au 10 siècles, avec les principales colonies et des forteresses (noms arabes en italique). sources utilisées: John Haldon, The Palgrave Atlas of Byzantine History. London 2005, p. 109; W.E. Kaegi, Byzantium and the early Islamic conquests. Cambridge 1995, p. 241; John Haldon, Byzantium in the Seventh Century: The Transformation of a Culture. Cambridge 1997, p. 106
Carte de la zone frontière arabo-byzantine du 7 au 10 siècles, avec les principales colonies et forteresses (noms arabes en italique). Sources utilisées: John Haldon, The Palgrave Atlas of Byzantine History. London 2005, p. 109; W.E. Kaegi, Byzantium and the early Islamic conquests. Cambridge 1995, p. 241; John Haldon, Byzantium in the Seventh Century: The Transformation of a Culture. Cambridge 1997, p. 106

Les Byzantins en Syrie et au Nord de l’Irak

En 974, l’empereur Byzantin Jean Ier Tzimiskès a mené une campagne victorieuse en Anatolie, il s’est emparé à l’automne d’Amida3 et le 12 octobre de Nisibe4 évacuée par sa population.

L’émir Hamdanide de Mossoul, Abû Taghlib a fait sa soumission.

Il semble que Jean Ier a été tenté par une expédition sur Baghdad mais il y a renoncé.

Au printemps 975, l’empereur a entamé une campagne plus sérieuse en Syrie.

Il est pari d’Antioche en avril, s’est emparé de Émèse5 qui a payé tribut sans résistance, puis d’Apamée, et Baalbek laquelle a été durement châtiée pour avoir voulu résister.

Il a contraint le gouverneur de Damas à lui payer un tribut.

Ensuite, il s’est dirigé vers la Palestine.

Il s’est rendu maître de Tibériade, de Beyrouth, de Nazareth, d’Acre, de Césarée et du mont Thabor.

Jérusalem lui a semblé à portée de main cependant il y a renoncé.

La présence des garnisons Fatimides dans les villes littorales (Tripoli) obligeait l’empereur romain byzantin  à maintenir de fortes troupes sur place et a en assurer le ravitaillement.

La fidélité plus que fluctuante des émirs musulmans de Syrie dont beaucoup restent en place montrent les limites des résultats de cette expédition.

La mort rapide de Jean Ier n’a pas permis la consolidation les résultats obtenus (976).

L'antique ville arabe de Mardin dans l'actuelle Turquie à la frontière Turco-syrienne
L’antique ville arabe de Mardin dans l’actuelle Turquie à la frontière Turco-syrienne

L’empire divisé

La Syrie est divisée entre les Fatimides, les Turcs, les Qarmates.

Les Bouyides étaient eux-mêmes divisés et ce faisaient la guerre.

En 977, à la mort de Rukn ad-Dawla, il se constitue deux états Bouyides distinct : l’un centré sur Ray dirigé par Fakhr ad-Dawla l’autre centré sur Hamadān et le Fars dirigé par Mu’ayyad ad-Dawla.

Fin du règne

Après dix-sept ans de règne At-Ta’i` est démis de ses fonctions et emprisonné.

Ses biens accaparés par les vizirs.

À sa place, on rappela de son exil Al-Qadir fils d’Al-Muttaqi et petit-fils d’Al-Muqtadir qui convoitait depuis longtemps la place de calife (991).

Notes

  1. arabe : abū bakr ʿabd al-karīm aṭ-ṭāʾiʿ bi-llāh,
    أبو بكر عبد الكريم الطائع بالله
  2. arabe : aṭ-ṭāʾiʿ, الطائع, celui qui obéit (à Dieu)
  3. Amida : actuellement Diyarbakir dans la province turque éponyme
  4. Nisibe : actuellement Nusaybin en Turquie dans la province de Mardin à la frontière avec la Syrie
  5. Émèse : actuellement Homs en Syrie (arabe : ḥimṣ, حمص)

 

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