Règne du calife Abbasside al-Mouttaqi (940-944) par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri »

Publié le Mis à jour le

 ABBASID, AL-MUTTAQI (329-333h) Dinar, al-Mawsil 329

Règne du calife Abbasside al-Mouttaqi (940-944) par al-Tiqtaqa du « kitab al-Fakhri »

Après Radi régna son frère Mouttaqî lillâh Abou Ishaq Ibrahim, fils de Mouqtadir billah. Il fut proclamé khalife en l’an 329 (940 de J.-C.).[44]

Son histoire n’offre rien qui mérite d’être raconté.

Les événements furent plus forts que lui, et un des émirs du Dailam s’empara du pouvoir à son détriment.

Cet homme s’appelait Toûzoûn.[45] Alors Mouttaqî, avec son fils et sa famille, s’enfuit à Mossoul.

Il craignait pour lui-même, au cas d’un conflit dans Bagdad.

Dans ces temps se produisirent des guerres et des séditions.

Le palais du khalifat fut livré au pillage et on s’empara de tout ce qu’il contenait.

Puis Toûzoûn écrivit à Mouttaqi pour chercher à le gagner, il lui fit de grands serments, lui jurant qu’aucun mal de sa part ne l’atteindrait.

Mouttaqî se laissa prendre à ces promesses et, descendant le fleuve de Mossoul vers Bagdad, parvint à Sindiyya,[46] au confluent du Nahr Isa.[47]

Toûzoûn sortit à sa rencontre avec toute la population de Bagdad.

Toûzoûn, aussitôt qu’il aperçut le khalife, baisa la terre.

Il avait recommandé secrètement à une troupe de ses familiers d’entourer le khalife; ils l’entourèrent donc et le firent entrer dans la tente de Toûzoûn.

Ensuite, celui-ci, ayant fait arrêter le khalife, lui arracha les yeux.

Puis le déclarant déchu du khalifat[48] prêta l’hommage d’investiture à al-Moustakfi.

Mouttaqi mourut en l’année 350 (= 961 de J.-C).

Ruine de l'ancienne ville Omeyyade de  Wasit , Iraq.
Ruine de l’ancienne ville du général Omeyyade Hajjaj ibn Yussuf de Wasit en Iraq.

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOUTTAQÎ

Il confirma Soulaimân, fils de Hasan, fils de Makhlad,[49] dans son vizirat.

Mais, quatre mois après, il appela aux fonctions de vizir Abou-l-Khair Ahmad,[50] fils de Muhammad, fils de Maïmoun,[51] qui n’eut du vizirat que le titre et dont la vie n’offre rien qu’on doive mentionner.

Puis, des événements se produisirent qui amenèrent son arrestation et sa destitution.

Dirham_of_al-Muttaqi Silver dirham of 940 941 CE, with the names of Caliph al-Muttaqi and the amir al-umara Bajkam

VIZIRAT D’ABOU ABD ALLAH AL-BARIDI, SOUS LE REGNE DE MOUTTAQÎ

Nous avons déjà raconté la manière dont il s’empara de l’autorité ; nous avons parlé de l’énergie de son âme et nous avons dit de quelle manière il groupa les troupes autour de lui.

Dans la suite, sous le règne de Mouttaqî, il se rendit à Bagdad avec beaucoup de monde.

Mouttaqî, à sa vue, fit paraître une grande joie et lui conféra le vizirat, malgré lui.[52]

Un échange de messages eut lieu entre Mouttaqî et lui, qui aboutit à ce que le vizir usa de menaces envers le khalife et le terrifia.

Il lui fit porter alors 500.000 dinars.

Puis des conflits éclatèrent entre Al-Barîdî et les chefs de l’armée. Ils pillèrent sa maison.

Il se sauva alors à Wâsit. Il avait porté le titre de vizir moins d’un mois.[53]

 

Pièce abbasside du 10eme siècle
Pièce abbasside du 10eme siècle

VIZIRAT D’ABOU ISHAQ MUHAMMAD, FILS D’IBRAHIM[54] AL-ISKAFI, CONNU SOUS LE NOM D’AL-QARARÎTÎ, SOUS LE REGNE DE MOUTTAQI.

Le temps de son administration ne fut pas long.

Il occupa le vizirat quarante jours environ.[55]

La cause de son élévation au vizirat fut celle-ci : Il se présenta un jour chez l’Emir des émirs, Emir al-Oumarâ, dans un moment où celui-ci essayait, à force de mauvais traitements, de tirer quelque argent d’un certain nombre de fonctionnaires de l’administration, qui s’obstinaient à le lui refuser.

Al-Qarârîtî, prenant à part un des amis de l’émir des émirs, lui dit :

« Si l’émir me faisait parvenir au vizirat, je lui fournirais le double de ce qu’il demande en ce moment; je lui réunirais les fonds et il n’aurait pas besoin de se donner tant de tracas. »

Deux jours plus tard, Toûzoûn le faisait parvenir au vizirat.

Mais, après quelques jours, il le lit arrêter et porta au vizirat Al-Karkhî (l’homme de Karkh).

Celui-ci non plus n’eut pas un long vizirat, il ne demeura en charge que cinquante jours environ.[56]

Bagdad central, Irak, vu du quartier Rusafah regardant vers le sud vers le quartier d'Al-Karkh. Steve McCurry / Magnum Photos
Centre de Baghdad en, Irak, vu du quartier Russafah regardant vers le sud vers le quartier d’Al-Karkh.
source : Encyclopedia Britanica

 TROISIEME VIZIRAT D’AL-BARIDI [57]

Mouttaqî lui conféra le vizirat et lui écrivit de se rendre à Bagdad.

Al-Barîdî quitta donc Wâsit pour venir à Bagdad.

Le khalife le nomma vizir et il demeura dans le vizirat moins d’un mois, il ne mena à bien aucune affaire, et des conflits s’élevèrent entre Mouttaqi et lui.

D’ailleurs toute cette époque fut remplie de dissensions et de révoltes.

Lorsqu’Abou ‘Abd Allah al-Barîdî parvint au vizirat, Abou-l-Faradj al-Isfahânî,[58] l’auteur du Kitab al-aghâni (le livre des chansons),[59] l’attaqua dans un long poème qui commence ainsi :

 » Tombe, ô ciel, et tremble, ô terre ! Le fils d’Al-Barîdi est parvenu au vizirat. »

On trouve encore dans cette pièce les vers suivants :

« Au secours, ô gens de ma tribu ! Le feu consume ma poitrine, les gémissements, la soif ardente me tourmentent, et mon cœur est dévoré par sa flamme »

Depuis qu’un jeudi l’armée[60] a défilé avec Al-Barîdî revêtu de vêtements noirs (costume officiel).

L’imâm les lui a donnés : il a fait un choix indigne et s’est appuyé sur un soutien qui n’en est pas un.[61]

Ce sont des manteaux d’honneurs qui retirent[62] les honneurs et un étendard qui, une fois noué, a dénoué l’aiguillette.[63] « 

Prince avec son entourage Kitab al-Aghnani vol 17
Prince avec son entourage Kitab al-Aghnani vol 17 par Abu Faradj al-Isfahani

VIZIRAT D’ABOU-L-ABBAS AHMAD, FILS D’OUBEÏD ALLAH D’ISPAHAN, SOUS LE REGNE DE MOUTTAQÎ[64]

Ce vizir demeura au pouvoir cinquante jours environ.

Il n’avait ni science acquise dans les affaires, ni coup d’œil. A cette époque, l’autorité du vizirat et des vizirs s’affaiblit beaucoup.

Tiraz abbasside Tulunide d'Egypte 9-10eme siècle
Tiraz abbasside Tulunide d’Egypte 9-10eme siècle

VIZIRAT D’ABOU-L-HOUSAIN ALI, FILS D’ABOU ALI MOUHAMMAD, FILS DE MOUQLA, AU SERVICE DE MOUTTAQÎ

Elevé au vizirat par Mouttaqî, il n’y demeura pas longtemps. Lorsque Mouttaqî fut déposé, Ibn Mouqla était encore son vizir.

FIN DU RÈGNE DE MOUTTAQÎ ET DE L’ADMINISTRATION DE SES VIZIRS.

notes du traducteur:

[44] Il avait en ce moment 31 ans. Cf. Dzahabî, manuscrit cité, f° 110 v° et suiv., où l’on trouve d’intéressants détails sur le règne de ce prince.

[45] Voy. les Prairies d’or, VIII, 346 et suiv., Toûzoûn mourut en 334 (= 945) à Hit. Cf. Dzahabî, ms. cité, 160 v° ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 296-299 et index, p. 196.

[46] C’est une petite bourgade située près de Nahr ‘Isa ; voy. la note ci-après, vis-à-vis de Tibq. dans le district de Bâdoûrya. Cf. Massoudi. Prairies d’or, VIII, 377; Dzahabî, Tarikhal-Islâm. ms. cité, f° 159 v°, l. 19; Yakout, Mou’djam, s. v.

[47] Le canal qui porte ce nom limitait la vieille Bagdad Madinat al-Mansour, au sud. Il formait l’extrême limite du quartier de Karkh. Cf. G. Salmon, l’Introduction topographique àl’Histoire de Bagdad, p. 48, et figure 1, p. 37. Guy Le Strange, Bagdad during the abbasid Caliphate, apud Salmon.

[48] Le samedi 3 Safar 333 (= 944 de J.-C). Cf. les Prairies d’or, VIII, 344; Dzahabî, ms. cité, f° 159 verso.

[49] Cf. Massoudi, Prairies d’or, VIII, 345 ; Dzahabî, manuscrit cité, f° 114, r°, l. 1. Cet auteur ajoute qu’Ibn Makhlad n’avait du vizir que le titre, car toutes les prérogatives en étaient exercées par Al-Koûfî, le secrétaire de Badjkam. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, p. 275 et suiv.

[50] D’après Ibn al-Athir, Chronicon (passages cités à la note suivante) donne Abou-l-Housain, comme surnom patronymique (kounya) du vizir Ahmad, fils de Muhammad, fils de Maïmoun. Massoudi, au contraire, lui donne, comme kounya. Abou-l-Hasan, qui n’est peut-être qu’une forme fautive, pour Abou-l-Housain, d’Ibn al-Athir.

[51] Il était secrétaire particulier de Mouttaqi, avant son avènement au trône. Cf. Massoudi, Prairies d’or, loc. laud., et Dzahabî, manuscrit cité, ibid. La destitution de l’ancien vizir et la nomination de son successeur eurent lieu en l’année 329 (= 940 de J.-C). Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 278-279.

[52] Dzahabî, manuscrit cité. f. 111 r° l. 11. D’après cet auteur, c’est Al-Baridî qui sollicita le vizirat, que le khalife, vu sa popularité, n’osa pas lui refuser.

[53] Dzahabî, manuscrit cité, f. 111 recto l. 12-13: Ibn al-Athir, op. cit., VIII. p. 279.

[54] Dzahabî, manuscrit cité, f° 111 r°, l. 14) et Massoudi (Prairies d’or, VIII, 345) donnent fils « d’Ahmad » au lieu d’« Ibrahim ». De même Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 282 et passim.

[55] Quarante-trois jours exactement. Cf. Dzahabî, manuscrit cité, loc. laud. ; Ibn al-Athir, Chronicon, VIII, 282.

[56] Cinquante-trois jours. Voy. Dzahabî, manuscrit cité, loc. laud. Ce vizir se nommait Abou Djafar Muhammad, fils de Qasim al-Karkhi. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon. VIII, p. 282.

[57] L’édition porte deuxième, contrairement au manuscrit, dont la leçon a été adoptée, avec raison, par M. Ahhvardt. Cf. d’ailleurs Hartwig Derenbourg, Un passage tronqué duFakhrî, dans Mélanges Noldeke, I, p. 195.

[58] Sur ce fameux auteur, dont le nom entier est : Abou-l-Faradj ‘Ali, fils de Housain, fils de Muhammad, fils d’Ahmad al-Qourachi al-Isfahânî né en 284 = 897 ; mort en 356 = 967, voy. Brockelmann, Geschichte der arab. Litt., I, 146 ; Cl. Huart, Histoire de la Litt. arabe, p. 184 ; de Hammer Purgstall, Litt. Gesch. der Araber, V, 549.

[59] On connaît l’importance de cet ouvrage, capital pour l’histoire des Arabes païens et des trois premiers siècles de l’Hégire. L’auteur, sous prétexte de donner des fragments des cent chants dont Haroun er-Rachid confia le choix à trois de ses meilleurs musiciens, a réuni une foule de renseignements sur les poètes, leurs œuvres, avec des fragments de celles-ci et l’indication des circonstances où ces poésies ont été dites. Le récit est, d’autre part, animé par des anecdotes, des traits de caractères, des vers cités à propos. On sait tout le parti que Caussin de Perceval a tiré de cet ouvrage pour son Essai sur l’histoire des Arabes avant l’Islam à une époque où le Kitab al-aghâni était encore en manuscrit. Aujourd’hui, grâce aux excellentes tables dressées par M. I. Guidi en collaboration avec d’autres savants orientalistes, l’ouvrage est facilement utilisable. Voy. Hartwig Derenbourg, Revue critique, 14 octobre 1895, p. 222.

[60] Entre les mots : armée et jeudi, il y a un calembour intraduisible en français.

[61] Autre calembour entre s’appuyer et soutien.

[62] Calembour entre manteau et retirent.

[63] Le calembour entre les trois mots de ce dernier hémistiche est intraduisible. L’auteur veut dire que l’arrivée d’Al-Baridi au vizirat est un événement extraordinaire, capable de dénouer l’aiguillette. L’arrivée d’Al-Baridi au vizirat est indiquée ici par les mots « l’action de nouer l’étendard ». On sait, en effet, que l’investiture de fonctions publiques, surtout militaires, avait lieu, dès les débuts de l’islam au moyen d’une bande d’étoffe que le chef suprême nouait lui-même au bout de la lance du nouvel émir. Les exemples de ce genre sont très nombreux dans les textes arabes historiques, surtout ceux qui se rapportent au temps prophètique et des premiers khalifes. J’ajoute un dernier mot sur « dénouer l’aiguillette » : c’est une croyance très répandue chez les Musulmans. Les jurisconsultes, les praticiens ont même envisagé, pour le défendre, le salariat appliqué à celui qui se charge de dénouer l’aiguillette » Cf. Muhammad al-Bachir at-Touâtî, Madjmou’ al-ifâda fi ‘ilm ach-chahâda, Tunis, 1293, p. 70, ligne 2.

[64] Dzahabî, Tarikh al-Islâm, manuscrit cité, f° 157 v° in fine, dit que pendant toute cette période (331 et suiv.), Mouttaqî prit comme vizir dix hommes sans aucune valeur, qui ne jouissaient d’ailleurs d’aucune espèce d’autorité. Tel cet Abou-l-‘Abbas (dont il est question au texte, qui avait comme escorte d’honneur deux hommes en tout. Voy. aussi une simple mention dans Massoudi (Prairies d’or, VIII, 345), qui donne Abdallah comme nom du père de ce vizir. De même, Ibn al-Athir. Chronicon, VIII, 297, 302.

Extrait du Kitab al-Fakhri par al-Tiqtaqa

Homme Baghdadi peint par Eugene Napoleon Flandin
Homme Baghdadi peint par Eugene Napoleon Flandin

(wikipedia bio) Abû Ishâq “Al-Muttaqî llâh” Ibrâhîm ben Ja`far al-Muqtadir1 surnommé Al-Muttaqî2, est le fils de Al-Muqtadir. Il est né en 908. Il a succédé à son frère Ar-Râdî comme calife abbasside de Bagdad de 940 jusqu’en 944. Il est mort en 968.

Au moment de la mort d’Ar-Râdî, l’« émir des émirs » Bajkam était en campagne contre un émir persan, nommé Al-Baridî. Il avait été vizir et à l’instar d’autre avant lui, il tentait de construire une principauté indépendante ayant déjà pris le contrôle d’Al-Madâ’in au sud de Bagdad. Bajkam envoya son secrétaire pour organiser une consultation des descendants des Abbassides aussi bien que des descendants des Alides pour désigner le successeur. On a choisi d’Al-Muttaqî, frère cadet du Ar-Râdî. Al-Muttaqî a accepté cette charge. En signe de remerciement son premier geste a été d’envoyer une bannière et une robe d’honneur à Bajkam pour le confirmer dans son poste (941).

Mort de Bajkam

Bajkam a mis Al-Baridî en déroute. Avant de revenir à Wâsit où se tenait sa cour, Bajkam a participé à une partie de chasse au cours de laquelle il a été tué par une bande de maraudeurs Kurdes. Bagdad est retombée dans l’anarchie. Les troupes Daylamites et Turques sont allées au-devant d’Al-Baridî, lui permettant de reprendre Wâsit et Bagdad comme « émir des émirs ».

Baghdad la cité ronde
Baghdad la cité ronde

Intervention d’Ibn Râ’iq

Après quelques semaines il a été contraint de s’enfuir, remplacé par un Daylamite appelé Kurtekin. La tyrannie de ce dernier a été telle que le calife a fait appel à Ibn Râ’iq3 gouverneur de Syrie pour chasser Kurtekin. Pendant ce temps Al-Baridî s’était reposé à Wâsit d’où il est reparti pour attaquer Bagdad. Ibn Râ’iq a convaincu le calife de fuir avec lui vers Mossoul. Al-Muttaqî a bien été reçu par les Hamdanides qui ont organisé une campagne visant à le remettre sur le trône à Bagdad. L’émir Hamdanide de Mossoul, Al-Hasan « Nâsir ad-Dawla »4 s’est débarrassé d’Ibn Râ’iq en le faisant tuer et en annexant ainsi la Syrie à son domaine (941). Al-Hasan s’est installé à Bagdad d’où il a expulsé Al-Baridî.

Arbre généalogique de la dynastie Hamdanid
Arbre généalogique de la dynastie Hamdanide

Episode Hamdanide à Bagdad

Malgré leur puissance, leurs victoires sur les Byzantins et leurs origines arabes, les Hamdanides n’étaient pas bienvenus à Bagdad. Les troupes de mercenaires turques ne se sont pas laissées dominer. L’un de leurs chefs, Tuzun venait de vaincre Al-Baridî à Bassora, il est rentré triomphalement à Bagdad où il a été salué du nom d’« émir des émirs » (942). Tuzun dut quitter la capitale. Pendant son absence une conspiration a mis le calife en danger et l’a contraint à faire de nouveau appel à l’aide des Hamdanides. Le Calife s’enfuit à Mossoul.

Vestige Abbasside dans la ville de Raqqa en Syrie,  "La porte de Baghdad" .
Vestige Abbasside dans la ville de Raqqa en Syrie, « La porte de Baghdad » .

Fuite à Raqqa

En 944, les Hamdanides et Tuzun ont fait la paix. Al-Muttaqî se retire à Raqqa, ville qui avait été un temps la capitale de ses ancêtres.

mosquée abbasside toulounides de Ibn Tulun à Fustat en Egypte
La mosquée abbasside toulounides de Ibn Tulun à Fustat en Egypte

Visite des Ikhchidîdes (Egypte)

Réfugié à Raqqa depuis plusieurs mois sous la surveillance des Hamdanides, Al-Muttaqî a fait appel à son ancien vassal l’Ikhchidîde Muhammad ben Tughj. Celui-ci s’est empressé de répondre au calife, faisant une humble allégeance et offrant de somptueux cadeaux. Il a offert au calife la possibilité de se réfugier en Égypte et de se mettre ainsi à l’abri de Tuzun. Cette offre comme celle des Hamdanides avait surtout comme objectif de prendre le pouvoir sur le califat et annexer la Syrie.

Fin du règne

En refusant ces deux offres de tutelle, Al-Muttaqî s’est lui-même jeté dans les mains de Tuzun qui jurait de ses meilleures intentions à l’égard du calife. Tuzun déposa le calife et lui fit crever les yeux. Le jour même, Tuzun installa Al-Mustakfi cousin d’Al-Muttaqî pour lui succéder (944).

Tuzun est mort peu après. Al-Muttaqî a survécu jusqu’en 968.

Notes

  1. arabe : abū isḥāq “al-muttaqī llāh” ibrāhīm ben jaʿfar al-muqtadir,
    أبو إسحاق « المتقي لله » إبراهيم بن جعفر المقتدر
  2. arabe : al-muttaqī llāh, المتقي لله, qui a la crainte de Dieu
  3. Ibn Râ’iq avait été le premier titulaire du titre d’« émir des émirs » en 936, Il avait été évincé par Bajkam qui lui a donné le poste de gouverneur de la Syrie.
  4. arabe : nāṣir ad-dawla, ناصر الدولة, « défenseur de la dynastie »
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