Règne du calife Abbasside al-QA’IM BI-AMR ALLAH (1031-1075) Extrait du « Kitab al-Fakhri » par ibn al-Tiqtaqa.

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Court d'un sultan Seldjoukide avec des fonctionnaires  Abbasside
Scène de Court (seldjoukide/Abbasside)

Règne du calife Abbasside al-QA’IM BI-AMR ALLAH (422 / 1031 — 467 / 1075) Extrait du « Kitab al-Fakhri » par ibn al-Tiqtaqa.

Après lui régna son fils Abou Djafar ‘Abd Allah al-Qâ’im bi-amr Allah. On lui rendit l’hommage d’investiture en l’an 422 (1031).

Qâ’im fut un des meilleurs khalifes abbâsides et un des plus pieux.

Il demeura longtemps khalife et grâce à lui la dignité du khalifat s’accrut et sa force augmenta.

C’est sous son règne que prit fin la dynastie des Bouyides et qu’apparurent les Seldjouqides.

Cavalier Turc Seldjoukide
Cavalier Turc Seldjoukide

HISTOIRE DE LA DYNASTIE SELDJOUQIDE [80] ; SES COMMENCEMENTS ET SA FIN

C’est une dynastie dont la puissance fut considérable, son empire s’étendit au loin et ses ordres s’exécutèrent à la face même du khalifat.

Puis elle se rendit maîtresse du khalifat, la prière fut faite dans les chaires en son nom, et les noms de ses souverains furent frappés sur les monnaies d’or et d’argent.

Pièce d'échec a l'éfgie du sultan seldjoukide Tughril Beg à la prière, , Kashan, fin du 13ème siècle, en céramique émaillée, hauteur 17 "(43 cm)
Pièce d’échec a l’effigie du sultan seldjoukide Tughril Beg à la prière, Kashan, fin du 13ème siècle

Récit des commencements de la dynastie seldjouqide.

C’étaient des gens d’origine turque khazare. Ils étaient au service des rois turcs. Quand leur grand-père Saldjûq grandit, les marques de la noblesse brillaient sur lui et les indices d’une haute fortune se montraient dans toutes ses allures.

Le roi des Turcs l’approcha de sa personne, en fit son ami particulier et lui donna le surnom de Chabâchî, ce qui dans leur langage signifie chef de l’armée. Alors Saldjûq apparut comme un homme doué de sentiments élevés et chercha à gagner les cœurs par sa générosité et son intelligence, et les grands s’attachèrent à lui.

On raconte que la femme du roi des Turcs dit à son époux :

« Je pressens que Saldjûq s’emparera du pouvoir à ton détriment. Mon avis est que tu le fasses périr, car les gens se portent beaucoup vers lui. »

Il lui répondit :

« Je verrai plus tard ce que je ferai à son sujet. »

Saldjûq eut quelque pressentiment de ces projets et le changement dans les dispositions du roi ne lui échappa pas.

Alors il rassembla sa famille et ses clients et quiconque voulut le suivre. Il leur fit prêter un serment [d’obéissance] et, attirant ainsi tous ceux qui se trouvaient sous son obéissance, il devint un chef jouissant d’une grande autorité sur les Ghouzz. Avec tous ces gens il quitta les pays des Turcs pour les pays des musulmans.[81]

Dès qu’il y fut entré, il professa extérieurement l’islamisme, afin que les Musulmans l’aidassent et lui permissent de jouir de leurs pâturages et de leurs d’habitation. Il fit donc halte à Djanad[82]armée et commença à faire des incursions dans les diverses tribus turques qui se trouvaient proches de lui.

Le roi des Turcs percevait un tribut de ces pays qui lui étaient contigus. Saldjûq l’intercepta et chassa les lieutenants du roi des Turcs.

— Saldjûq mourut âgé de cent ans.

Ses enfants crurent encore en force, en richesse et en puissance.

Ils se rendirent maîtres de tous les pays de l’Empire persan qui leur semblèrent faibles, et leur puissance alla toujours croissant jusqu’au moment où Toghroul-beg,[83] le premier d’entre eux qui prit le titre de sultan, étendit son pouvoir sur toute une partie des pays persans, et son autorité alla toujours s’accroissant jusqu’au moment où Al-Baçâcîri[84] s’empara de Bagdad, la pilla, en massacra la population et en fit sortir le khalife Abbasside al-Qâ’im, qu’il enferma dans la citadelle d’Al-Hadîtha.

Et cette révolte, dont Al-Baçâcîri fut l’auteur, fut vraiment une grande révolte.

Ce fut alors que Qâ’im écrivit à Toghroul-beg, le priant de se rendre à Bagdad pour lui prêter secours contre Al-Baçâcîri.

Alors Toghroul-beg se mit en marche vers Bagdad avec son armée.

A cette nouvelle, Al-Baçâcîri voyant ses affaires complètement ruinées, quitta Bagdad.

Toghroul-beg y entra et lit revivre l’éclat de l’autorité des khalifes abbassides.

Son nom fut prononcé à la prière dans les chaires de Bagdad avec la mention de son titre de sultan.

Et Toghroul-beg fut en effet le premier sultan seldjouqide qui ait porté ce titre en présence des khalifes.

Pour ce qui est de la manière dont finit cette dynastie seldjouqide, ses affaires ne cessèrent d’aller de mal en pis jusqu’à leur ruine complète, sous le règne de Nasir, c’est-à-dire en 590 (1193 de J.-C. — Allah soit exalté !— Qâ’im mourut en l’an 467 (1074 de J.-C).

 

Bol seldjoukide du 12eme siècle
Bol seldjoukide du 12eme siècle

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE QA’IM

Il eut pour vizir Fakhr ad-Daula Abou Nasr Muhammad, fils de Muhammad, fils de Djahîr.[85]

VIZIRAT D’IBN DJAHÎR

Fakhr ad-Daula était un des hommes les plus intelligents et les plus fins. A ses débuts, il était pauvre et misérable ; mais il eut des chances nombreuses.

Il lui arriva ceci entre autres choses. Un jour il était assis à Karkh[86] ; vint à passer auprès de lui un de ces lavandiers qui lavent dans les maisons en ruine, ayant de vieux chatons dont la couleur était passée.

Il les lui acheta pour trois dinars et frotta quelques-unes de ces pierres, et voilà qu’une d’elles se trouva être un rubis rouge, une autre était une magnifique turquoise.

Il fit faire pour chacune de ces deux pierres un anneau d’or. Puis les circonstances l’amenèrent à être envoyé en qualité d’ambassadeur auprès du roi des Grecs.

Il fit hommage des deux bagues au roi qui lui donna 20.000 dinars. Ce fut là l’origine de sa richesse et de sa fortune.

Puis, passant d’emplois en emplois, il finit par entrer au service d’Ibn Marvân, seigneur de Diyâr-Bakr.[87]

Il y demeura quelque temps et rassembla de grandes richesses. Puis son ambition se haussa au point qu’il prétendit devenir vizir du khalife. Alors il envoya en secret un messager auprès du khalife, se proposa à lui et lui offrit 30.000 dinars.

Qâ’im envoya un de ses confidents en ambassade à Ibn Marvân, et son but, en envoyant cet ambassadeur, était qu’il eût une entrevue avec Fakhr ad-Daula et qu’il traitât avec lui la question du vizirat.

L’envoyé se rencontra donc secrètement avec Fakhr ad-Daula et traita avec lui sur les bases qui lui convinrent.

Puis, lorsque l’ambassadeur voulut s’en retourner à Bagdad, Fakhr ad-Daula sortit aussi de la ville sous couleur de l’accompagner quelque temps et de lui faire ses adieux, puis, il descendit avec lui à Bagdad.

Il avait auparavant disséminé ses richesses en différents pays et il en avait fait parvenir une partie à Bagdad.

Lorsque l’envoyé arriva à Bagdad en compagnie de Fakhr ad-Daula, Qâ’im envoya vers celui-ci les membres de sa cour pour lui faire accueil, et ensuite il le revêtit des insignes du vizirat. Et Fakhr ad-Daula prit en main les affaires du vizirat de la manière la plus heureuse du monde.

Or, les régions frontières de l’Iraq étaient en rébellion contre l’autorité du khalife ; comme les princes qui les gouvernaient étaient grands amis de Fakhr ad-Daula, il échangea avec eux des correspondances, leur envoya des ambassades et reçut les leurs, cherchant à les gagner. En effet, ils rentrèrent dans l’obéissance au khalife.

Dans la suite, Fakhr ad-Daula fut destitué du vizirat à cause d’une brouille qui survint entre lui et Nizâm al-Moulk,[88] vizir du sultan, puis il fut rappelé à ses fonctions. Lors de sa réintégration dans sa dignité, Ibn Fadl[89] le poète dit ces vers à sa louange :

Le droit est enfin rentré à sa place primitive, et certes tu en es plus digne que tous les hommes ensemble.

Tu as été le glaive qu’une main a tiré du fourreau mais qu’elle n’a pas tardé à y remettre.[90]

Lorsqu’il redevint vizir, le peuple en témoigna une très grande joie. On raconte qu’un porteur d’eau tua le seul bœuf qu’il possédât et en distribua la chair en aumônes. Le vizir lui fit don d’une mule avec son harnachement et lui fil remettre, en outre, une certaine quantité d’or,

A la mort de Qâ’im, le vizir Fakhr ad-Daula mena à bien son entreprise de faire reconnaître Mouqtadî.

La durée de son vizirat sous les deux khalifes Qâ’im et Mouqtadî est de quinze ans et un mois. Il mourut après cela en l’an 483 (= 1090 de J.-C.).[91]

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 Reproduction d’une porte  de la ville ronde de Madinat al-Salam, Baghdad source : Osprey, McBride, Nicolle , « Saracens Stronghold »

 

VIZIRAT DE RAÏS AR-ROU’ASA (LE CHEF DES CHEFS) ‘ALI, FILS DE HOUSAIN, FILS D’AHMAD, FILS DE MUHAMMAD, FILS D’OMAR, FILS D’AL-MOUSLIMA

Il fut vizir de Qà’im avant Ibn Djahîr et ce fut à son sujet que se produisit la révolte d’Al-Baçâcîri.

Il était, avant son élévation au vizirat, un des magistrats assesseurs[92] du qâdî de Bagdad et comptait parmi les gens savants en jurisprudence et qui ont une certaine connaissance des sciences religieuses et de la transmission des traditions.

Sa situation prit de l’éclat et son rang s’éleva, mais une fâcheuse affaire se produisit entre lui et Al-Baçâcirî Abou-l-Hârith le turc, un des émirs.

Les circonstances amenèrent à la fin Al-Baçâcîri à s’enfuir. Mais il rassembla des troupes et, arrivant à Bagdad il s’en empara. Une foi  saisit alors du Raïs ar-Rou’asâ Ibn al-Mouslima, et en tira une vengeance exemplaire.

Voici une partie de ce qu’il lui fit souffrir : il le jeta en prison, puis l’en fit sortir chargé de chaînes, portant une robe de laine et un haut bonnet de feutre rouge, ayant à son cou un collier avec de petits morceaux de cuir semblables aux amulettes.

On le fit monter sur ne âne et on lui fit faire le tour des divers quartiers de Bagdad, tandis que derrière lui un homme le frappait dune lanière et criait qu’on le vint voir.

Pendant ce temps, Raïs ar-Rou’asâ récitait ce verset du Coran :

« Dis : O Allah qui possèdes l’empire, tu le donnes à qui il te plait et tu l’arraches à qui tu veux.[93] »

Al-Baçâcîrî le fit donc ainsi promener dans la ville, mais lorsqu’il passa auprès de Karkh,[94] les gens de ce faubourg lui lancèrent leurs vieilles savates et lui crachèrent à la face.

Puis on le fit tenir debout devant le palais du khalifat du côté de l’Occident. Enfin, on le fit revenir.[95]

Un pieu avait été planté pour lui à la porte dite Porte du Khorasan.[96]

On le fit descendre d’âne et on cousit sur lui la peau d’un bœuf qu’on venait d’écorcher, on lui en plaça les cornes sur la tête, et on le suspendit au moyen d’un crochet qui lui entrait dans la gorge.

On le laissa vivant au poteau jusqu’à sa mort, qui survint le même jour. (fin)

notes du traducteur:

[80] L’histoire des Seldjouqides de Perse (en langue persane) vient d’être publiée, avec une introduction allemande, par M. Karl Süssheim, Das Geschenk aus derSaldschukengeschichte, Leide, 1909 et Le Caire, 1326. Voy. dans le J. A. P., septembre-octobre 1909, p. 343, une appréciation de cet ouvrage par M. Cl. Huart. On peut consulter toujours avec fruit le travail, déjà ancien, de Ch. Defrémery (Histoire des Seldjoukides), paru dans le Journal asiatique de Paris, 1847-1848.

[81] Tout ce récit est presque textuellement emprunté à Ibn al-Athir, Chronicon. VIII, p. 321 et sq.

[82] L’édition n’a pas relevé ce mot dans l’index des noms des lieux. Il faut dire qu’à la vérité la confusion avec le nom commun djound (armée) est facile, je n’aurais pas soupçonné qu’il s’agissait ici d’un nom de lieu sans le texte d’Ibn al-Athir (Chronicon, IX, p. 322), auquel notre auteur a presque textuellement emprunté son récit.

[83] Le premier grand sultan Seldjouqide, qui régna de 429 (= 1037) à 455 (= 1063). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, p. 153; Ibn al-Athir, Chronicon, IX, p. 322 et suiv. Voy. aussi la notice substantielle d’Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice n° 701.

[84] Sur le rôle joué par ce grand feudataire, voy. Ibn al-Athir, Chronicon, IX, 380 et suiv. et Index, p. 175. Nombreuses références dans Sacy, Chrestomathie arabe, I. pp. 234, note 13, et 326.

[85] La biographie de ce vizir est donnée par Khalil ibn Aibak as-Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit de Paris, n° 5860, f° 39 recto, et par Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 711. Ibn al-Athir, Chronicon, X. pp. 11, 39-41 et Index, p. 479.

[86] Sur ce quartier de Bagdad, où habitaient surtout les chi’ites, voy. ci-dessus.

[87] Cet Ibn Marvân est celui qui est plus connu sous le nom de Nasr ad-Daula ibn Marvân et dont le nom est Ahmad, le troisième prince de cette petite dynastie des Marvânides, qui régna sur le Diyâr-Bakr pendant le onzième siècle. Ahmad régna de 402 (= 1011) à 453 (= 1061). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, p. 118 ; Ibn al-Athir,Chronicon, IX, p. 244 et suiv.

[88] Ce vizir est trop connu pour qu’il soit besoin de donner ici sa biographie. C’est lui qui fonda à Bagdad la fameuse université qui porte son nom, la Nizâmiyija. Cf. Wüstenfeld, DieAcademien der Araber, pp. 29 et sq. ; Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 178; Hammer-Purgstall, VI, 121.

[89] Il s’agit ici du poète qui est beaucoup plus connu par son sobriquet Sourr-Dourr (groupe de perles) et dont le nom véritable est Abou Mansour ‘Ali, fils de Hasan, fils de Fadl, mort dans le Khorasan, en 465 (= 1073). Cf. Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notices 485 et 672; Brockelmann, Geschichte der arabischen Litteratur, I, pp. 251-252 ; Hammer-Purgstall, Litteraturgeschichte der Araber, VI, 797. Sur l’origine de son sobriquet, voy. Ibn Khallikan, loc. cit.

[90] La poésie, dont ces deux vers sont extraits, est donnée par Ibn Khallikan, loc. cit.

[91] Cf. Ibn Khallikan, loc. cit. ; Ibn al-Athir, Chronicon, X. p. 161. Il mourut à Mossoul, ibidem.

[92] Son grand-père, Abou-l-Faradj Ahmad était également notaire. Il mourut en l’année 315 de l’Hégire (=927 de J.-C.). Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, IX. p. 240.

[93] Coran, III, 25.

[94] C’est le quartier chi’ite de Bagdad, dont il a été plusieurs fois question dans ce livre. Sous le vizirat de Raïs ar-Rou’asâ, il y eut une émeute dans ce quartier, où la populace se laissa aller aux plus graves excès contre les chi’ites. Voy. l’intéressant récit que donne de ces événements Ibn al-Athir, Chronicon IX, p. 394 et suiv.

[95] Au camp d’al-Baçâciri. Ibn al-Athir, op. cit., IX, p. 443.

[96] Cette porte est une des trois qui donnent entrée aux quartiers de la rive gauche de Bagdad. Les autres portes étaient : Bâb ach-Chammâsiyya et Bâb-Barâdân. Cf. Al-Khatib al-Baghdadi, Introduction topographique à l’histoire de Bagdad, éd. et trad. Salmon. Index.

Extrait du « Kitab al-Fakhri » par ibn al-Tiqtaqa.

(Wikipedia Bio)

Abu-Jàfar Abd-Al·lah Al-Qâ’im bi-‘amr Allah ben al-Qâdir1 surnommé al-Qâ’im2, est né en 1001. Il a succédé comme calife abbasside de Bagdad à son père Al-Qâdir en 1031. Il est mort en 1075 après un règne de quarante-quatre ans. Son petit-fils Al-Muqtadi qu’il avait désigné lui-même, lui a succédé.

Son père Al-Qâdir s’était pratiquement débarrassé de la tutelle des Bouyides adeptes du chiisme duodécimain et avait rétabli un sunnisme basé sur l’hanbalisme avec l’aide des Turcs Ghaznévides.

En 1031, Al-Qâ’im a nommé le chiite Al-Basâsiri commandant des troupes Turques en Irak.

En 1041, Al-Qa’im fit renouveler la proclamation de la « profession de foi » d’Al-Qâdir (Risâla al-qâdiriya3). Jusqu’en 1055, Al-Qa’im a pu tenir tête aux Bouyides en jouant de leurs divisions internes. Bagdad était souvent laissée sans souverain. Les Bouyides devaient souvent quitter la capitale pour défendre leurs frontières.

Al-Basâsiri accusait l’émir bouyide Al-Malik ar-Rahîm Khusraw Fîrûz de faire des propositions d’ouverture aux Seldjoukides, et l’émir accusait Al-Basâsiri de projeter le renversement du calife par l’anti-calife Fatimide Al-Mustansir bi-llah. Le peuple s’insurgea contre Al-Basâsiri et Malik Rahim. Pour calmer la situation Al-Qa’im a envoyé Al-Basâsiri en exil.

Dynastie des Seldjoukides سلجوقيان/Salcūqiyān (fa) Selçuklular / Selçükîler (tr) الدولة السلجوقية (ar) 1037 – 1194
Dynastie des Seldjoukides
سلجوقيان/Salcūqiyān (fa)
Selçuklular / Selçükîler (tr)
الدولة السلجوقية (ar)
1037 – 1194

Irruption des Seldjoukides

En 1055, Tuğrul Bey souverain sunnite des Turc Seldjoukides fut appelé à Bagdad par le calife et par le chef de la garde, Al-Basâsiri, qui désiraient tous deux se débarrasser de la tutelle des Bouyides. Tuğrul Bey entra à Baghdâd4. Un émeute dans la population de Bagdad lui donna le prétexte d’arrêter le dernier Bouyide, Malik Rahim et de prendre le pouvoir. Al-Qa’im reconnut la tutelle de Tuğrul Bey en lui attribuant le nouveau titre de sultan (1058).

 

Coup d’État d’Al-Basâsiri

En décembre 1058, Al-Basâsiri profita d’une absence d’Al-Qâ’im et de Tuğrul Bey pour entrer dans Bagdad avec 400 cavaliers et fit proclamer dans les mosquées le califat chiite Fatimide. Les emblèmes du califat furent envoyées au Caire. Mais Al-Basâsiri n’a pas été réellement soutenu par les Fatimides. Tuğrul Bey défit et tua Al-Basâsiri devant Baghdâd et ramena en triomphe le calife dans sa capitale (janvier 1060)5.

Les rapports entre le calife et le sultan restèrent tendus et soupçonneux. Lorsque Tuğrul Bey a demandé d’épouser une fille d’Al-Qa’im cela lui a été d’abord refusé puis finalement accepté.

nizam al mulk vizir seldjoukides

Alp Arslan et Nizâm al-Mulk

La situation s’est détendue lors de la succession Tuğrul Bey par Alp Arslan (1063).

Alp Arslan ne résida pas à Bagdad. Il prit comme vizir de Nizâm al-Mulk pour le représenter à Bagdad.

Alp Arslan est tué par traîtrise, en 1072.

Son fils Malik Chah Ier lui succède et confirme Nizâm al-Mulk dans son poste.

La politique religieuse du calife, favorable au hanbalisme, s’est heurtée aux initiatives de Nizâm al-Mulk.

Le vizir favorisait le hanafisme et l’acharisme.

Il fonda la madrasa Nizâmiya (de Nizâm) à Bagdad en 1067.

fin du règne d’Al-Qâ’im

Al-Qâ’im qui était parvenu, au long d’une époque troublée, à défendre tant bien que mal l’institution califale mourut en 1075.

Il eut pour successeur son petit-fils qu’il avait désigné lui-même et qui régna sous le nom d’Al-Muqtadi.

Notes et références

  1. arabe : al-qā’im bi-amr allah ben al-qādir,
    القائم بأمر الله بن القادر
  2. arabe : al-qā’im, القادر, inébranlable (grâce à la volonté de Dieu)
  3. arabe : risāla, رسالة, message ; lettre ; épître qui faisait de l’Hanbalisme la doctrine officielle du Califat.
  4. René Grousset, 1885-1952, L’empire des steppes. Attila, Gengis-khan, Tamerlan (1938), p 199
  5. René Grousset, 1885-1952, L’empire des steppes. Attila, Gengis-khan, Tamerlan, (1938), p 200
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