Règne du calife Abbasside al-Mustarchid ABOU MANSOUR (1118 -1135) Par ibn al-Tiqtaqa du kitab « al-Fakhri »

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Bol avec  un homme armée d'une épée et d'un bouclier, 10eme siècle Nishabur, Abbasside.
Bol avec un homme armée d’une épée et d’un bouclier, 10eme siècle Nishabur, Abbasside.

Règne du calife Abbasside al-Mustarchid ABOU MANSOUR (512 / 1118 — 529 / 1135) Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »  

Après Moustazhir régna son fils Moustarchid Abou Mansour Fadl, fils de Moustazhir billah.

Il reçut les hommages d’investiture au khalifat en 512 (1118). Moustarchid était un homme de talent.

Lorsqu’il fut élevé au khalifat, son frère l’émir Abou-l-Hasan prit la fuite, se cacha et se retira à Hilla, demandant asile à Doubais,[113] fils de Sadaqa, maître de Hilla.

Or, Doubais, fils de Sadaqa, était l’un des hommes les plus généreux du monde.

C’était un grand seigneur, patron de nombreux clients. Il savait protéger et défendre.

Tous ses jours étaient des fêtes et, de son temps, Hilla fut le lieu où les hommes accouraient de toutes parts, le refuge des malheureux qui s’y rendaient remplis d’espoir, l’asile du banni et le refuge du proscrit craintif.

Doubais combla d’honneurs sans limites l’émir Abou-l-Hasan, lui assigna en propre une habitation et lui donna de nombreuses marques de dignité et Abou-l-Hasan demeura chez lui un certain temps dans la plus heureuse situation.

Mais lorsque son frère Moustarchid billah apprit qu’il était chez Doubais, il en fut inquiet et craignit qu’il ne lui arrivât quelque affaire de ce côté-là.

Il envoya donc le grand syndic des chiites, ‘Ali, fils de Tirâd le Zainabite,[114] à Hilla avec son anneau et un sauf-conduit et lui commanda d’exiger de Doubais la reconnaissance de sa qualité de khalife et de lui demander la remise entre ses mains de l’émir Abou-l-Hasan.

Doubais dit :

« Quanta l’hommage à rendre au khalife, je m’empresse d’obéir à l’ordre de l’Emir des Croyants — et il prononça le serment d’hommage, — mais pour ce qu’il est de vous livrer mon client, non, par Dieu ! je ne vous le livrerai pas, lui qui est mon client et mon hôte, quand je devrais périr en le défendant, à moins qu’il n’y consente lui-même. »

L’émir Abou-l-Hasan refusa de se rendre auprès de son frère en compagnie du grand syndic. Celui-ci partit donc seul. Par la suite, Moustarchid s’empara de lui et lui imposa dans une de ses maisons une réclusion qui n’avait rien de dur.

Il se produisit entre le khalife Moustarchid et entre le sultan Massoud[115] une brouille.

L’affaire devint sérieuse et aboutit à la guerre. Le khalife Moustarchid se mit en campagne, menant avec lui l’armée et les grands dignitaires de l’empire. Massoud de son côté, se prépara à les recevoir. Lorsqu’ils se rencontrèrent et que le combat s’engagea, l’armée du khalife Moustarchid fut rompue et la victoire se déclara pour le sultan Massoud.

Ses soldats enlevèrent à l’armée du khalife de grandes richesses.

On raconte que les caisses qui contenaient l’argent étaient portées par 170 mulets.

La somme se montait à 4 millions de dinars.

Cinq cents chameaux portaient les bagages et le khalife avait avec soi 10.000 turbans et 10.000djoubba[116] et 10.000 robes, le tout en étoiles magnifiques. Il les avait ainsi disposés à l’avance pour en faire des dons d’honneur, au cas où il serait vainqueur.

On dit que le total de ce qui fut pillé se monta à 50 millions de dinars.

Massoud défendit l’effusion du sang. Il fit arrêter les partisans du khalife et les transporta dans la citadelle de Hilla. Pour ce qui est du khalife, il lui assigna une tente pour habitation et lui donna tout un personnel de domestiques et de gardes. Puis Massoud, et le khalife avec lui, se mit en marche pour Marâgha.

Une lettre du sultan Sandjar parvint à Massoud, lui ordonnant de bien traiter le khalife et de le faire retourner à Bagdad, chargé de dignités et d’honneurs, et de remettre sa situation dans son état primitif et de lui rendre ses richesses, et de lui constituer une suite, un train et des richesses plus grandes et plus belles que celles qu’il avait perdues, et de le ramener à Bagdad avec la plus grande pompe possible, Massoud se conforma à tout cela et lui donna en fait d’équipages, de richesses, de tentes et d’argent produit des impôts, de belles choses.

Puis il résolut de s’en retourner à Bagdad. Mais Massoud et ses soldats ayant eu un moment d’inattention, une troupe de Bathéniens se jeta sur Moustarchid.

Ils le frappèrent de leurs couteaux alors qu’il était dans sa tente.

Ce fait se produisit dans un village distant de Marâgha d’un parasange. Ils tuèrent avec lui un certain nombre de ses compagnons. Massoud, dès qu’il apprit cela, monta à cheval tout ému et laissant paraître un grand trouble.

Il s’empara des auteurs de ce meurtre et les fit périr. Moustarchid fut ensuite transporté à Marâgha sur la tête des émirs et des oulémas.

C’est à Marâgha qu’il fut enterré. Son tombeau s’y trouve encore aujourd’hui. Il y est bien connu. Il se trouve sous une belle coupole, que j’ai vue lorsque je vins à Marâgha en 697 (= 1297 de J.-C.).[117]

On fut divisé d’opinion, lors du meurtre de Moustarchid, au sujet de la cause de ce meurtre.

Des gens dirent que Massoud n’en avait rien su et n’y avait pas donné son consentement, d’autres dirent que bien au contraire c’était lui qui avait conclu l’affaire avec les Bathéniens pour l’assassinat du khalife et qu’il le leur avait commandé parce qu’il craignait le khalife qui a eu assez de courage pour rassembler des troupes et traîner après soi des armées. Or, il ne pouvait pas le tuer publiquement.

Les bons traitements dont il le combla, il les fit donc aux yeux de tous, puis, d’une manière cachée, il le fit périr.

Il fit sortir ensuite des prisons une certaine quantité de criminels qu’il fit mettre à mort en donnant à croire aux gens que c’étaient là les meurtriers du khalife.

Mais ces meurtriers, il les fit secrètement échapper.

Cela se passait en l’an 529 (= 1134 de J.-C).

La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan  seldjoukide Mas'ud tiré d'un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.
La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas’ud tiré d’un manuscrit de Hafiz-i abru majma -al-tawarikh.

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOUSTARCHID

Parmi ses meilleurs vizirs on compte Abou ‘Ali Hasan, fils d’Ali, fils de Sadaqa.[118]

Il avait des talents, était habile à trouver des expédients, connaissait les règles du gouvernement et était honnête homme.

Moustarchid l’éleva au vizirat en l’an 513 (=1119) et lui donna les surnoms de Djalal ad-Din, chef des vizirs (Sayyid al-ouzarâ), maître de l’Orient et de l’Occident, auxiliaire de l’Émir des Croyants.

Il connaissait la comptabilité et savait surveiller la gestion de la province, mais on ne lui peut imputer rien qui marque de la générosité.

Dans la suite, Moustarchid le fit arrêter et le dépouilla du vizirat. Ce ne fut pas par un effet de la volonté du khalife, ce fut la nécessité qui exigea qu’on s’assurât de sa personne.[119] En effet, le vizir du sultan s’acharnait contre lui. Mais, peu de temps après, cet obstacle cessa.

Moustarchid le rappela[120] donc au vizirat et le fit revêtir des insignes de cette qualité, et il ordonna aux plus grands personnages de l’empire de le précéder à pied en courant lorsqu’il se rendait au diwan. Et c’est le premier vizir devant lequel les grands personnages de l’empire aient marché à pied. Ibn Sadaqa, le vizir, était un jour assis sur le siège du vizirat, lorsque Sadid ad-Daula, fils d’al-Anbâri,[121] rédacteur du protocole, se présenta à lui. Il avait dans sa manche des vers où il attaquait le vizir. Le papier étant tombé de sa manche, le vizir, étendant vite la main, s’en empara.

Parmi les vers qui s’y trouvaient, on rencontre ceux-ci :

« Tu es celui dont l’existence est une perversité dans ce monde de perversité. »

Lorsque Sadîd ad-Daula vit ce papier entre les mains du vizir, sa crainte et sa confusion furent telles que ses forces l’abandonnèrent.

Le vizir, ayant lu les vers, comprit la chose et détourna la satire de lui-même sur Sadîd ad-Daula, à qui il dit: « Je connais ces vers, parmi lesquels on trouve celui-ci :

« C’est par ignorance qu’on l’a surnommé Sadîd (droit) car il manque complètement de droiture (sadâd). »

Le vizir fit ce vers sur-le-champ. Sadid ad-Daula, fils d’Al-Anbâri, demeura tout honteux et ne répondit rien. Lorsque le sultan Sandjâr résolut de marcher sur Bagdad, il prodigua au khalife les menaces pour l’effrayer.

Le vizir Ibn Sadaqa lui écrivit : « Par Allah, si tu te mets en mouvement, je te couperai entièrement les communications derrière toi. Si tu t’avances d’un parasange, j’avancerai vers toi de deux parasanges. » Dans les derniers temps de son administration, le vizir Ibn Sadaqa tomba malade.

Moustarchid le vint visiter et lui dit ce vers :

Grâce à toi nous avons repoussé les malheurs, si bien que lorsqu’ils l’ont assailli, toi nous manquant, nous n’avons plus de moyen de les repousser de toi.

Et son état ne cessa d’empirer jusqu’à ce qu’il mourût en 522 (= 1128 de J.-C.).[122]

EAT SELJUQ Sanjar, 1118-1157, AV dinar (2.47g), Nishapur, ND, A-1686, caliph al-Mustarshid, nice VF. Estimate

VIZIRAT DU CHERIF ABOU-L-QASIM, FILS DE TIRAD LE ZAINABITE

Ce vizir se nommait Abou l-Qasim ‘Ali, fils de Tirâd, fils de Muhammad, administrateur principal de la grande mosquée, fils d’Abou-l-Kasim ‘Ali, grand syndic des ‘Alides, fils de Hasan, fils de Muhammad, fils d’Abd alWahhâb, fils de Soulaimân, fils d’Abd Allah, fils de Mohammed, fils d’Ibrahim l’imâm, fils de Mohammed, fils d’’Ali, fils d’Abd Allah, fils d’’Abbâs, mais ils sont connus sous le nom de Zainabites parce que leur mère fut Zainab, fille de Soulaimân, fils d’’Ali, fils d’Abd Allah, fils d’Abbas. Elle leur a donné son nom.

Le vizir Abou-l-Qasim était très versé dans les règles du vizirat et les principes du gouvernement; c’est lui qui ameuta la population pour la déposition du khalife Rachid, il fut l’agent le plus actif de cette déposition et s’employa énergiquement pour faire rendre à Mouttaqî l’hommage d’investiture au khalifat.

Il s’était entendu pour cela avec le sultan Massoud et fut vizir de deux khalifes, Moustarchid et Mouktafî, et lorsque Moustarchid lui eût confié le vizirat et l’eût proclamé solennellement ministre, il lui dit : « Tous ceux qu’on a élevés au vizirat s’en sont trouvés honorés, mais toi, au contraire, tu honores le vizirat en en remplissant les fonctions. » On lui porta du palais du khalife un trône fort richement orné.

Le khalife ordonna aux grands dignitaires de l’empire de marcher à pied devant le vizir lorsqu’il se rendrait au diwan. Les choses demeurèrent en cet état pendant peu de temps, puis Moustarchid le fit arrêter et le destitua du vizirat. Ensuite, il le rappela et lui fît une situation plus brillante que jamais.

Lorsque Moustarchid partit pour aller combattre Massoud, ainsi que nous l’avons exposé plus haut, le vizir Abou-l-Qasim partit avec lui.[123]

Et lorsqu’il advint à Moustarchid ce qui lui advint, Abou-l-Qâsim fut en grande considération auprès du sultan Massoud. Celui-ci l’approcha de sa personne, augmenta son rang et ses dignités et l’emmena avec lui lorsqu’il marcha sur Bagdad.

Ce vizir servit le sultan Massoud en procédant à la destitution de Rachid et à l’intronisation de Mouktafî avec un zèle dont le sultan Massoud lui fut reconnaissant et lui sut le plus grand gré.

Le reste de l’histoire d’’Abou-l-Qasim viendra lorsque nous parlerons de son vizirat sous le règne de Mouktafî.

Baghdad à l'époque Abbasside avec ces bateaux   ronds voguant sur l’Euphrate et le tigre
Baghdad à l’époque Abbasside avec ces bateaux ronds voguant sur l’Euphrate et le tigre

VIZIRAT DU VIZIR ABOU NASR AHMAD, FILS DU VIZIR NIZÂM AL-MOULK, AU SERVICE DE MOUSTARCHID

Ce vizir était généreux, beau de physique.

Il fut vizir de Moustarchid billah, et sa conduite fut louée.

Lorsque Moustarchid résolut de construire la muraille d’enceinte de Bagdad, il répartit sur la population une contribution de 25.000 dinars.

Alors le vizir Abou Nasr s’en chargea et la p aya de ses deniers, à la place de la population.

Son vizirat ne fut pas long, et il mourut en l’année 544 (1149).

Le cadis dispense de la justice, tiré du manuscrit abbasside des al-Maqamat (les scéances)  du savant arabe al-Hariri
Le cadis dispense de la justice, tiré du manuscrit abbasside des al-Maqamat (les scéances) du savant arabe al-Hariri

VIZIRAT D’ANOUCHARWAN, FILS DE KHALID, FILS DE MOUHAMMAD AL-QÂCHÂNI, AU SERVICE DE MOUSTARCHID

C’était un des hommes supérieurs les plus distingués et les meilleurs de la population. Il fut investi du vizirat au service des sultans et des khalifes.

Il demandait toujours à être dispensé du vizirat; on lui répondait favorablement, puis on le sollicitait pour cela, et il acceptait à contrecœur.

C’est en son honneur qu’Ibn Al-Hariri[124] composa les Séances(maqâmâts) haririennes, et c’est à lui qu’il fit allusion au début de ses Séances, en disant : « Une personne dont le conseil est un ordre, et à la laquelle obéir est un bonheur inattendu, m’engagea à[125]… »

Al-Arradjâni,[126] le poète, demanda au vizir Anoûcharwân une tente, ayant résolu de faire un voyage. Anoûcharwân n’ayant pas de tente, lui lit tenir une grosse somme d’argent, en lui disant : « Achète une tente avec cet argent. » Al-Arradjâni dit alors à ce sujet :

Quel excellent homme qu’Ibn Khalid ! Il a ressuscité pour nous la générosité après sa disparition, je lui ai demandé une tente pour m’y abriter, et il m’a donné généreusement de quoi remplir une tente d’or.

Anoûcharwân, fils de Khalid, était très modeste, connu comme tel, se levant pour toute personne qui entrait chez lui. Aussi Ibn al-Habbâriyya, le poète, lança-t-il contre lui l’épigramme suivante :

Cette fameuse modestie dont tu te pares est une modestie d’ostentation, et c’est à cause d’elle qu’on t’accuse d’orgueil.

Tu ne bouges pas quand il s’agit de donner le cadeau à celui qui l’espérait, et tu te lèves pour lui : c’est là se lever contre les solliciteurs et non pour eux.

C’est à son sujet aussi que ce poète a dit, faisant allusion à son habitude de se lever fréquemment :

Je vis sa boisson eu train d’être mise dans de petites outres, entre les mains du domestique,

Et je me dis : « Il n’absorberait pas des drogues s’il n’était pas malade. »

Mais lui, cependant, n’en a guère besoin : il est tout le temps debout.

Il y avait, entre Anoûcharwân fils de Khalid et le vizir Az-Zainabî, une inimitié, une haine réciproque et une rivalité au sujet du vizirat. Le vizir Az-Zainabî ayant été destitué et Anoûcharwân étant arrivé au pouvoir,[127] les gens cherchèrent à se concilier ses bonnes grâces en dénigrant Az-Zainabi. Al-Hais Bais,[128] le poète, se présenta alors chez le vizir, et lui récita une qasîda, dont voici le commencement :

Je remercie mon sort dans mon cœur et par ma bouche, puisqu’il a remplacé un bienfaiteur par un bienfaiteur.

… faisant ainsi allusion à Anoûcharwân et à Az-Zainabî. Les gens admirèrent son procédé et y reconnurent la preuve de sa fidélité et de son indépendance.

Puis, Anoûcharwân, fils de Khalid, mourut, et Az-Zainabî fut rappelé au vizirat. Les gens cherchèrent alors à se concilier ses bonnes grâces en injuriant Anoûcharwân. Mais Al-Hais-Bais se présenta chez lui et lui récita :

Que ta vie soit conservée, et que ta sandale ne te fasse pas glisser ! Car j’ai perdu mon courage le jour de la perte d’Ibn Khalid.

Anoûcharwân mourut en l’année 532 (1137).[129] (fin)

 

Notes du traducteur :

[113] Nour ad-Daula Abou-l-A’azz Doubais fils de Saïf ad-Daula Abou’l Hasan Sadaqa, fils d’Ali, fils de Mazyad al-Asadî, est le cinquième prince de cette petite dynastie et le deuxième du nom. Il régna sur les Arabes de la vallée du Tigre de 501 (= 1107) à 529 (= 1134), époque à laquelle il fut assassiné par ordre du sultan Massoud le Seldjouqide. Cf. Ibn Khallikan, Wafayât, notice 225 ; Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, pp. 119-120; Ibn al-Athir, Chronicon, X, 373 et suiv. La biographie de ce principicule est donnée par Khalil ibn Aibak as-Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit arabe de Paris, n° 2064, f° 50 r° et v°.

[114] L’ambassade d’Ibn Tirâd est racontée par Ibn al-Athir, Chronicon, X, 376-378. Précédemment le même Doubais avait eu maille à partir avec le Sultan seldjouqide Massoud, au sujet d’un homme que Doubais avait également protégé contre le châtiment du sultan. Voy. Ibn al-Athir, op. cit., X, p. 307.

[115] Ghiyâth ad-Din Massoud, sultan seldjouqide, qui régna sur l’Iraq et le Kurdistan de 527 (= 1133) à 547 (= 1152). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, p. 154; Ibn Khallikan, Wafayât al-a’yân, éd. Wüstenfeld, notice 730; Defrémery, Histoire des Sultans Seldjouqides, passim.

[116] Robe ample et sans manches. Sur sa description, voy. Dozy, Dictionnaire détaillé des noms de vêtements, pp. 107 à 117.

[117] Tous ces événements sont racontés en détails par Ibn al-Athir, Chronicon, X, p. 14 et suiv.

[118] Ce vizir fut appelé au pouvoir en l’année 513 (= 1119), après le fils de Rabib ad-Daula, qui était lui-même vizir du sultan Massoud. Ibn al-Athir, Chronicon, X, p. 394.

[119] Cette première disgrâce du vizir Ibn Sadaqa eut lieu en l’année 516, sur l’instigation du vizir du sultan Massoud. Cf. Ibn Al-Amin. ibidem p. 423. Le khalife appela alors, pour l’intérim du vizirat, le syndic des ‘Alides. Ibn Tirâd az-Zainabi : mais bientôt le sultan seldjouqide imposa au khalife un vizir de son choix, le fils du grand Nizâm al-Moulk, ainsi qu’on le verra plus loin.

[120] Ce retour d’Ibn Sadaqa au vizirat eut lieu l’année suivante, en 517. Voy. les détails dans Ibn al-Athir, Chronicon, X, pp. 433-444.

[121] Sur ce personnage, voyez Ibn al-Athir, op. cit., X. 399 et suiv. et Index, p. 303.

[122] Le premier Radjab (= 1er juillet 1128). Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, X. p. 459.

[123] Cf. Ibn al-Athir (Chronicon. XI. p. 15), qui donne la liste des grands personnages qui accompagnèrent Moustarchid dans son expédition contre le sultan Massoud.

[124] Comme on le voit, l’auteur des maqâmâts est appelé ici Ibn Al-Hariri, contrairement à tous ses biographes qui l’appellent Al-Hariri tout court.

[125] En dehors de la préface de Hariri, où l’on trouve raconté son entretien avec le vizir Anoûcharwân, cela est rapporté par Ibn Khallikan. Voyez le n° 546. Cf. S. de Sacy,Chrestomathie, III, p. 174.

[126] Nâsih ad-Din Abou Bakr Ahmad, fils de Mohammad, fils de Housain al-Qâdi al-Arradjâni, célèbre poète, né en 460 (= 1068), mort en 544 (= 1149). Sa biographie est donnée par Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 62. Cf. Brockelmann, Gesch.der arab. Litt., I. 254; Cl. Huart, Hist. de la Litt. arabe, p. lit; de Hammer, Litt. Gesch. der Araber, VII, 988. Il était qâdî de la ville de Toustar. Cf. Ibn al-Athir. Chronicon, VI, 96-97, qui cite de lui cinq vers.

[127] Ce vizirat d’Anoûcharwân eut lieu en l’année 526 de l’Hégire. Précédemment. Anoûcharwân occupa à diverses reprises le vizirat pour le sultan Massoud. Cf. Ibn al-Athir,Chronicon, X. pp. 452 et 480.

[128] Ce poète se nommait en réalité Chihâb ad-Din Sa’d, fils de Muhammad. Il était aussi jurisconsulte chafiite estimé de la ville de Rey. Il mourut en 547 (= 1119 de J.-C). Ses contemporains lui reprochaient d’être trop fier. Sa biographie est donnée par Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 257; traduction de Slane. I, 559. Voy. aussi Abou Châma,Kitab ar-raudalain, éd. du Caire, I, 135; Khalil ibn Aibak as-Safadî, Al-Wâfi bil-Wafayât, manuscrit arabe de Paris, n° 2064, f° 122 r° ; Ibn al-Athir, Chronicon, XI, p. 300.

[129] Précédemment Anoûcharwân avait été destitué par le khalife en 529 et par le sultan en 530. Il occupait, en effet, le vizirat alternativement tantôt pour le khalife, tantôt pour le sultan seldjouqide Massoud. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, XI, pp. 9, 11, 29.

Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »  

La Cavalerie Abbasside
La Cavalerie Abbasside

(Wikipdia bio) Abû al-Mansûr « Al-Mustarchid bi-llah » al-Fadhl ben Ahmad al-Mustazhir1 surnommé Al-Mustarchid2. Il est né en 1092. Il a succédé comme vingt-neuvième Calife abbasside de Bagdad à son père Al-Mustazhir en 1118. Il est mort assassiné en 1135. Son fils Ar-Râchid lui a succédé.

Le Calife Abbasside Al-Mustazhir et le Sultan Seldjoukide Muhammad Ier sont morts la même année. La succession califale n’a pas provoqué de heurts, alors que les Seldjoukides étaient divisés : le nouveau Sultan fut Mahmud II. Al-Mustarchid essaya de profiter de cette circonstance pour recouvrer son indépendance et le contrôle de ses troupes. Orateur de talent, il rassembla derrière lui la population de Bagdad.

Zengide
Zengide

Règne de Mahmud II le Seldjouk

Zengi

`Imad ad-Dîn Zengi était le fils de Aq Sunqur al-Hajib, gouverneur d’Alep sous le Sultan sldjoukide Malik Chah Ier.

De nombreux soulèvements eurent lieu, visant à le renverser le Sultan. Zengi resta fidèle au Sultan et parvint à gagner sa confiance et son respect.

Le Square de Karbalā (Meydān-e Karbalā), 1902.  Les Mazyadides sont une dynastie d'émirs arabes ayant régné sur le nord de l'Irak au xe siècle et au xie siècle. La dynastie des Mazyadides a été fondée en 998 par Ali ibn Mazyad, chef de la tribu des Banu Asad. Ils ont été implantés dans la région par les Bouyides, pour assurer la sécurité de cette dynastie. Ils feront d'Hilla  une bande  de terre ver Koufa sur l’Euphrate entre Kerbala et Najaf leur capitale politique.
Le Square de Karbalā (Meydān-e Karbalā), 1902. Les Mazyadides sont une dynastie d’émirs arabes ayant régné sur le nord de l’Irak au xe siècle et au xie siècle.
La dynastie des Mazyadides a été fondée en 998 par Ali ibn Mazyad, chef de la tribu des Banu Asad. Ils ont été implantés dans la région par les Bouyides, pour assurer la sécurité de cette dynastie. Ils feront d’Hilla une bande de terre ver Koufa sur l’Euphrate entre Kerbala et Najaf leur capitale politique.

Dubays

Dubays était de la tribu arabe des Banu Mazyad3, Dubays était un général sans scrupule.

En 1123, Dubays avec un frère du Sultan commença un raid vers Bagdad. Les Seldjoukides menés par Zengi ont administré un cuisant revers à l’armée de Dubays. Ils purent ainsi sauver le Califat d’un danger certain. Dubays se rallia après sa défaite aux Croisés et participa avec eux au siège d’Alep, dans l’espoir de pouvoir s’en emparer.

Les relations entre le Sultan et le Calife se sont détériorées vers 1125. Le Calife envoya une armée pour prendre Wâsit. Zengi alors gouverneur de Bassora vint à la rencontre des armées du Calife. Les troupes du Calife battues près de Bagdad ont rendu les armes. Zengi joua un grand rôle pour mettre fin au conflit et apaiser la situation. Le Calife s’est enfermé dans son palais (1126). Zengi devint l’Atabeg de Mossoul en 1127 et d’Alep en 1128, unifiant les deux villes sous son règne personnel. Il fonda la dynastie des Zengides.

Cavalier lourd ghulam seldjoukide et fantassin Seldjoukides
Cavalier lourd ghulam seldjoukide et fantassin Seldjoukides

La succession de Mahmud II Le Seldjouk

En 1131, le Sultan Mahmud II est décédé. Le gouverneur de l’Azerbaïdjan, Ghiyath ad-Dîn Mas`ûd ben Muhammad4 chercha à s’emparer du trône seldjoukide en Irak avec le soutien de Zenki. Un premier prétendant au titre de Sultan d’Irak fut plus prompt à se faire reconnaître par le Calife : Dawud5 (David) un fils de Mahmud.

En 1132, ce fut le tour de Tuğrul II6, frère de Mas`ûd ben Muhammad. Une bataille éclata alors entre les deux frères et se scella par la défaite de Zengi qui vit une importante partie de son armée capturée. Ce fut ce qui le poussa à aller se réfugier à Tikrit.

Les Turcs se sont sentis menacés par cette victoire du Calife. Ils ont refait leur unité autour d’un seul prétendant Seldjoukide, Mas`ûd, le frère de Mahmud. Enfin Mas`ûd parvenait à ses fins et devenait Sultan d’Irak. Mas`ûd s’est présenté à Bagdad pour obtenir sa couronne des mains du Calife. Al-Mustarchid en profita pour le sermonner lors de la cérémonie (janvier 11337).

Zengi reprit le combat en Syrie, il a mis le siège à Damas. Ce siège fut un échec car il a été rappelé par des troubles plus à l’est. Il n’a pu rien faire de plus contre les croisés avant la mort du Calife.

Fin du règne

En juin 1135, Al-Mustarchid, est vaincu et capturé par le nouveau Sultan Seldjoukide Mas`ud, abandonné par la plupart des émirs, il est fait prisonnier. Mas`ud l’a fait assassiner deux mois plus tard : on a retrouvé le Calife nu sous sa tente, les oreilles et le nez coupés, le corps transpercé d’une vingtaine de coups de poignard. On a soupçonné qu’il a été tué par un membre de la secte des nizarites. Pour lever les soupçons qui pesaient sur lui, le Sultan reporta l’accusation sur son vieil ennemi Dubays qu’il a fait mettre à mort.

Le fils d’Al-Mustarchid, Ar-Râchid lui a succédé comme Calife.

Notes

  1. arabe : abū al-manṣūr « al-mustaršid bi-llāh » al-faḍl ben ʾaḥmad al-mustaẓhir,
    أبو المنصور « المسترشد بالله » الفضل بن أحمد المستظهر
  2. arabe : al-mustaršid, المسترشد, celui qui est conduit (par Dieu)
  3. Banu Mazyad : C’est une sous branche de la tribu des Banu Asad faisant partie des Quraychites installée en Irak (1012-1150). Leur capitale était Hilla.
  4. Abû al-Fatih Ghiyâth ad-Dunyâ wa ad-Dîn Mas`ûd ben Muhammad,
    arabe : abū al-fatiḥ ḡiyāṯ ad-dunyā wa ad-dīn masʿūd ben muḥammad,
    أبو الفتح غياث الدنيا والدين مسعود بن محمد
  5. Abû al-Fatih Ghiyâth ad-Dunyâ wa ad-Dîn Dawud ben Mahmûd,
    arabe : abū al-fatiḥ ḡiyāṯ ad-dunyā wa ad-dīn dawūd ben maḥmūd,
    أبو الفتح غياث الدنيا والدين داود بن محمود
  6. Rukn ad-Dunyâ wa ad-Dîn Tughrîl ben Muhammad,
    arabe : rukn ad-dunyā wa ad-dīn ṭuḡril ben muḥammad,
    ركن الدنيا و الدين طغرل بن محمد
  7. La date de prise du pouvoir comme Sultan par Mas`ûd est problématique. Le Dictionnaire Historique de l’Islam donne 1134 et le site sur les dynasties arabo-musulmanes (ar) السلاجقة/آل سلجوق في العراق [archive] donne 1135
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