Règne du calife Abbasside al-MOUQTAFI (1135-1160) Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »

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Bab Al-Qadim Porte al-Wastani, dernière porte de l'ancienne ville Abbasside  de Bagdad, la photo date de 1912.
Bab Al-Qadim Porte al-Wastani, dernière porte de l’ancienne ville Abbasside de Bagdad, la photo date de 1912.

Règne du calife Abbasside al-MOUQTAFI (530 / 1135 — 555 / 1160) Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »  

Après Rachid régna son oncle paternel, Mouqtafî liamr Allah Abou ‘Abd Allah Muhammad, fils de Moustazhir billah. Il reçut le serment d’investiture du khalifat en l’année 530 (1135).

Mouqtafî fut un des meilleurs khalifes Abbassides.

Lorsque Massoud l’installa et lui lit prêter le serment d’investiture, il lui envoya dire par un messager : « Indique-[moi] tout ce dont tu auras besoin, toi et tous ceux qui sont à ta charge, afin que je te constitue des fiefs pour cette somme. »

Massoud avait, en effet, pris tout ce qui se trouvait tians le palais du khalifat: or, meubles, ustensiles et autres objets.

Alors Mouqtafî lui envoya dire :

« Nous avons à la maison 80 mulets pour transporter du Tigre l’eau destinée à la boisson de ceux qui sont à notre charge.

Juge toi-même ce qu’il faudra à un homme dont la maison consomme pour la boisson, chaque jour, une quantité d’eau que transportent 80 mulets. »

— « Nous avons installé au khalifat, dit alors Massoud, un homme considérable. Puisse Allah le Très-Haut nous préserver de son mal ![133] »

Sous le règne de Mouqtafî eurent lieu des guerres civiles et des guerres politiques entre lui et les sultans de la Perse, dans lesquelles la victoire lui resta.

Sous son règne aussi, les émeutiers et les fauteurs de troubles s’agitèrent; mais il s’occupa d’une manière parfaite de les réduire à l’impuissance.

Mouqtafî mourut en l’année 555 (1160).

ISLAMIC COINS. ABBASID CALIPHATE. al-Muqtafi (530-555h), Gold Dinar, Madinat al-Salam 552h

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOUQTAFÎ

Le premier de ses vizirs fut Az-Zainabî Abou-l-Qasim Ali, fils de Tirâd al-‘Abbâsî, vizir de Moustarchid, frère de Mouqtafî.

Il le prit comme vizir au moment où il reçut lui-même le serment d’investiture, car c’est Az-Zainabî qui s’occupa de son investiture et qui le désigna au choix de Massoud. Az-Zainabî demeura un certain temps comme vizir de Mouqtafî, puis ils eurent l’un à l’égard de l’autre une méfiance, à la suite de laquelle le vizir, craignant le khalife, chercha un asile au palais du Sultan Massoud et y demeura pendant un certain temps en sûreté contre Mouqtafî, jusqu’à ce que le khalife reçut à son sujet un message de la part du Sultan.[134]

Il l’autorisa alors à revenir à sa maison, entouré de respect. Az-Zainabî revint à sa maison, et y demeura en disponibilité.[135]

Sa puissance disparut, sa situation s’affaiblit, et il éprouva une grande misère et une gène bien dure, au point que, ayant désiré, pendant sa maladie, quelques fleurs odorantes, il ne put pas se les payer.

Il avait dépensé la majeure partie de sa fortune, lorsqu’il était réfugié au palais du Sultan, pour ses parents par alliance, sa suite et ses partisans.

Ses dons allaient faire profiter la plupart des grands de l’empire et d’autres qu’eux, parmi les savants, les visiteurs et les solliciteurs. Lorsqu’il fut atteint de la maladie dont il mourut, Mouqtafî lui écrivit un billet, dans lequel il chercha à se le concilier et lui promettant toute sorte de biens. Alors le vizir appliqua à la circonstance le vers suivant :

Elle[136] est venue, quand les fossés de la mort me séparent d’elle; et elle m’a accordé gracieusement ses faveurs, quand elles ne peuvent plus me profiter.

« Mon testament, dit-il, c’est qu’on prenne soin de mes femmes et de mes enfants. »

Lorsqu’il mourut,[137] Mouqtafî se chargea de tout ce dont ses enfants, grands et petits, auraient besoin et leur servit de larges pensions.

Le  fleuve Tigre dans la province de Salahudin , Iraq.
Le fleuve Tigre dans la province de Salahudin , Iraq.

VIZIRAT DE NIZAM AD-DIN ABOU NASR MOIZAFFAR, FILS D’ALI, FILS DE MUHAMMAD, FILS DE DJAHIR AL-BAGHDADÎ, AU SERVICE DE MOUQTAFÎ.

Ce vizir[138] avait une certaine connaissance des sciences et une compétence en matière de hadith (traditions) du Prophète (sur lui soient les bénédictions d’Allah!).

Son vizirat ne fut pas long, et il n’eut pas d’histoire méritant d’être relatée.

'Bifolio d'un noble Coran, d'Iraq ou d'Iran du 12eme siècle
‘Bifolio d’un noble Coran, d’Iraq ou d’Iran du 12eme siècle

VIZIRAT DE MOU’TAMAN AD-DAULA ABOU-L-QASIM ALI, FILS DE SADAQA,[139] AU SERVICE DE MOUQTAFÎ

Sa famille est une famille célèbre par les vizirs qu’elle a donnés, connue par les hauts fonctionnaires qu’elle a fournis.

Mou’taman ad-Daula était agréable de physique et de caractère; mais il n’avait aucune connaissance des règles du vizirat.

Il était fervent adorateur et très charitable.

Mouqtafî liamr Allah l’investit du vizirat.

Moutaman ad-Daula, le vizir dont il est question, s’occupait peu de science, il était faible dans la lecture des livres.

Il s’était constamment appliqué à la lecture d’une seule section du Coran et d’un seul livre de littérature.

Cette section du Coran et ce livre étaient toujours devant lui et il y lisait très bien.

De sorte que son ignorance passa inaperçue des gens, pendant la durée de son vizirat.

Lorsqu’il mourut, cela se divulgua.

Il n’eut pas d’histoire méritant d’être relatée.

 

ad-Dawr ou Dour en iraq dans la province de Salahudun dans la région de Tikrit et d'ad Dawr lieu ou naquis le vizir Abbasside  ABOU-AL-MOUZAFFAR YAHYA ibn HOUBAIRA
Ad-Dawr ou Dour en iraq dans la province de Salahudun dans la région de Tikrit et d’ad Dawr lieu ou naquis le vizir Abbasside ABOU-AL-MOUZAFFAR YAHYA ibn HOUBAIRA

VIZIRAT D’AUN AD-DIN ABOU-L-MOUZAFFAR YAHYA,[140] FILS D’HOUBAIRA, AU SERVICE DE MOUQTAFI

Ce vizir grandit tout d’abord dans un village connu sous le nom de ad-Dawr (Doûr),[141] de la province du Petit-Tigre (Doudjail).

Ce village est connu aujourd’hui sous le nom de « Doûr al-Wazîr » (les maisons du vizir), du nom d’Ibn Houbaira.

Le père de celui-ci était laboureur au village susdit: il incitait son fils à acquérir la culture littéraire et à enrichir son esprit des connaissances utiles.

Il l’emmenait fréquemment, quand il était jeune, à Bagdad et le présentait aux séances tenues par les grands savants, et aux savants qui tiennent le premier rang dans les séances.

D’ailleurs, le fils lui-même avait des dispositions spéciales comme on l’a dit :

«… Elle possède par elle-même une gaîté[142]… »

Son père étant mort, tandis que lui était encore enfant, il s’occupa exclusivement[143] d’étude.

Les vicissitudes du sort le ballottèrent, il éprouva des malheurs et endura les horreurs de la pauvreté.

Il changea successivement de fonctions et il ne sortait d’un emploi que pour en occuper un plus important.[144]

Il ne cessa pas de passer ainsi d’un emploi à un autre plus élevé, jusqu’à ce qu’il fût investi du vizirat, sous Mouqtafî.

Il demeura dans cette fonction pendant un certain temps, avec un traitement[145] annuel de 100.000 dinars.

Il était noble, généreux, bienveillant.

Il n’arrivait jamais au bout de l’année ayant encore dans son coffre un seul dirhem de son traitement.

Mouqtafî et Moustandjid disaient : « Jamais les Abbâssides n’ont eu un vizir comme Yahya fils d’Houbaira, sous tous les rapports. »

Il déploya dans la lutte contre les Seldjouqides une grande puissance et d’excellentes ruses. Il était digne, doux, modeste.

Lorsqu’il fut investi du vizirat, il entra au diwan, portant les insignes du vizirat et voyant un des jeunes serviteurs du diwan se tenant debout à l’écart, il le fit approcher, lui sourit et ordonna de lui donner une quantité d’or et un costume.

Puis il dit : « Il n’y a aucun dieu en dehors d’Allah !

Je me souviens qu’en entrant une fois dans ce bureau, je m’étais assis sur un siège, lorsque ce jeune esclave vint me tirer par le bras, en me disant : « Lève-toi, ce n’est pas ici ta place. »

Or, je viens de le voir debout et il était facile de lire la crainte sur son visage.

J’ai voulu alors, en le traitant avec familiarité, dissiper la peur qui l’étreignait.

Un autre jour, le vizir voyant un soldat au ministère dit à son huissier : « Donne à ce soldat 20 dinars et six charges d’âne de froment, et dis-lui qu’il ne remette plus les pieds au diwan. Qu’on ne voit plus son visage. » Les assistants s’interrogèrent des yeux les uns et les autres, intrigués qu’ils étaient de savoir le motif de tout cela. Le vizir s’en étant aperçu, leur dit : « Ce soldat était commissaire de police dans notre village. Un des habitants du village avant été assassiné, ce commissaire vint arrêter quelques habitants du village et m’emmena avec eux, ligoté au milieu d’une bande de Persans. Il m’accabla d’outrages et de coups. Ensuite, s’étant fait remettre de l’argent par chacune des personnes arrêtées, il leur rendit leur liberté, et je restai seul avec lui. Alors, il me dit : « Donne-moi quelque chose et reprends ta liberté. « Je te jure par Allah, lui dis-je, que je ne possède absolument rien. « Il se mit alors à me frapper de nouveau et à m’accabler d’outrages, après quoi il me laissa partir, en me disant : « Va, qu’Allah te maudisse ! » C’est pourquoi je n’aime pas voir son visage. »

Parmi ses plus sages réflexions, on cite la suivante.

On sait que les vizirs qui l’ont précédé se faisaient donner des surnoms honorifiques, entre autres celui de Sayyid al-Ouzârâ (le Seigneur des Vizirs). [Une fois vizir], Ibn Houbaira ordonna à ses secrétaires de ne plus écrire ce titre parmi les siens.

Et il dit à ce sujet : « En réfléchissant à cette question, j’ai vu qu’Allah (qu’il soit exalté !) a donné à Aaron ce titre de vizir, puisqu’il a dit dans le Coran, mettant ce discours dans la bouche de Moïse[146] : « Donne-moi un vizir [choisi] dans ma famille.

Que ce soit mon frère Aaron. Fortifie-moi par lui. »

J’ai entendu aussi que le Prophète (sur lui soit le salut!) aurait dit : « J’ai deux vizirs parmi les habitants des cieux, [les archanges] Gabriel et Michel, et deux vizirs parmi les habitants de et de la terre, Abou Bakr et ‘Omar. » Il a dit aussi (sur lui soit le salut!) : « Allah (qu’il soit exalté !) a choisi pour moi des compagnons, dont il a fait et mes vizirs et mes auxiliaires. »

Un des familiers d’Ibn Houbaira a raconté à son sujet l’anecdote suivante :

« Nous étions, dit-il, chez lui, un jour, lorsque l’huissier entra et dit : « Seigneur, il y a à la porte un homme du Sawâd qui se dit être un tel, fils « d’un tel. Il porte avec lui un sac roulé en boule et demande à être introduit auprès de vous. » Le vizir ayant reconnu de qui il s’agissait, dit à l’huissier : « Fais-le entrer. » Nous vîmes alors entrer un grand vieillard de la population du Sawâd, portant un vêtement grossier en cotonnade, un turban de coton[147] bigarré et, aux pieds, des souliers d’étoffe dits djoumdjoum.[148]

Il salua le vizir et ajouta : « Monseigneur, la mère des petites (il voulait dire ma femme) ayant su que je venais à Bagdad, m’a dit : « Salue de ma part le vieux Yahya, fils d’Houbaira et dis-lui combien nous regrettons de ne l’avoir pas vu depuis longtemps. »

Elle a même préparé ces petits pains à ton intention. »

Le vizir sourit et lui dit, avec beaucoup d’amabilité : « Que Dieu la récompense. » Puis il ouvrit le sac et y trouva des pains d’orge trempés dans une marmelade de mûre.

Le vizir en prit deux, en disant : « Voilà ma part de ce présent. »

Et il distribua le reste aux hauts fonctionnaires qui étaient là. Ensuite il demanda au paysan de quelles choses ils pouvaient avoir besoin, lui et sa femme, et les lui donna. Après quoi, s’adressant aux assistants, il leur dit : « Cet homme était mon voisin au village, et nous étions associés dans une petite culture. Je le connais pour être un brave homme. »

Parmi les circonstances où il employa la ruse, on cite le cas suivant.

Il y avait dans une ville de la Perse un homme qui, chaque fois que l’on prononçait le prône[149] du vendredi à la mosquée-cathédrale, se levait, proférait des injures à l’adresse du khalife et formait des vœux pour le Sultan.

Lorsque la chose parvint à Ibn Houbaira, il fit venir un Bagdadien et lui enjoignit de se rendre à la ville en question, en lui remettant 10 dinars en or et une bouteille contenant de la teinture d’indigo. « Lorsque, une fois entré dans la ville, — lui recommanda-t-il, — tu assisteras à l’office du vendredi à la mosquée-cathédrale, dès que tu verras l’homme qui injure le khalife, va à sa rencontre, déguisé en commerçant de passage, et réponds amen à tout ce qu’il dit. Fais semblant de pleurer quand tu l’entendras injurier le khalife, et ajoute : « Oh ! oui, que Dieu l’accable de malheurs ! Si j’ai quitté ma famille et ma patrie et si je suis tombé dans la misère, c’est bien par sa faute. » Tu agiras de la même façon le vendredi suivant et tu lui diras : « J’ai juré de te remplir la bouche de dinars d’or », et, en ce disant, bourre-lui la bouche de ces dinars et sors. Hâte-toi ensuite de te lotionner le visage et la barbe avec cette teinture, qui a la vertu de brunir le visage et de rendre noirs les poils de la barbe. Puis, déguise-toi, de façon à ne pas être reconnu, car, autrement, tu pourrais périr. » L’homme exécuta les ordres du vizir.

Et comme les dinars étaient empoisonnés, dès que l’insulteur du khalife rentra chez lui, il ne cessa pas d’être en proie à d’horribles convulsions et mourut le jour même. Quant à l’envoyé du vizir, il fit usage de la teinture, et, étant devenu ainsi méconnaissable, il retourna à Bagdad.

Parmi les ruses de ce vizir, on cite aussi la suivante.

Il avait l’habitude d’écrire aux rois des pays voisins de toutes petites dépêches sur du parchemin très fin.

Il faisait ensuite dans l’épiderme du pied du courrier une incision suffisante pour y enfermer la dépêche, la laissait se cicatriser, puis envoyait le courrier à telle destination qu’il voulait.

Sa fermeté d’âme et son sang-froid étaient tels qu’un jour, alors qu’il siégeait au diwan, ayant devant lui les émirs, les hauts fonctionnaires et les grands dignitaires, un énorme serpent tomba du plafond et vint s’abattre sur l’épaule du vizir, puis descendit jusque sur ses genoux.

Tous les hauts fonctionnaires qui étaient là sautèrent de leurs places et quittèrent précipitamment leurs sièges. Quant au vizir, il continua à rester assis, sans bouger de sa place, ni quitter le coussin qui lui sert de siège, comme si rien n’était tombé sur lui.

Ensuite, sur son ordre, les esclaves tuèrent le serpent devant lui.

Bref, Ibn Houbaira était du nombre des vizirs les plus distingués, les plus notables et les plus illustres.

Il gouvernait l’empire et l’administrait avec beaucoup détalent. Il surpassait ses contemporains par ses connaissances et ses ouvrages, voici deux vers, pris parmi beaucoup d’autres, dont il est l’auteur.

La dignité de l’homme s’accommode mal avec son avidité [après la fortune].

L’une augmente quand l’autre diminue.

Cependant, quand la fortune d’un homme diminue, ses amis deviennent plus rares, et l’on trouve mauvais chez lui tout ce qu’on admirait autrefois.

Vers la fin de sa vie, Ibn Houbaira fut atteint d’un engorgement [des voies respiratoires] par la pituite.[150] Il mourut un jour qu’il était prosterné en faisant sa prière, en l’année 560 (1164).

La place centrale de la ville seldjoukide, nommée Meydān-e Kohneh (« place Kohneh » aussi appelée Meydān-e Qadim, « vieille place »), située à l’emplacement d’une grande place de l’époque pré-islamique, prend de l’importance et devient le centre de la ville, à proximité du bazar et de l’actuelle Masjed-e Jomeh (« Mosquée du Vendredi »). Les Seldjoukides embellissent la ville et quelques bâtiments de l’époque subsistent encore : en plus de la Mosquée du Vendredi, on peut citer les tombes de Malik Chah et de Nizam al-Mulk et les minarets Ali, Sareban, Paminar et Ziyar.
La place centrale de la ville seldjoukide, nommée Meydān-e Kohneh a Isphahan, prend de l’importance et devient le centre de la ville, à proximité du bazar et de l’actuelle Masjed-e Jomeh (« Mosquée du Vendredi »). Les Seldjoukides embellissent la ville et quelques bâtiments de l’époque subsistent encore : en plus de la Mosquée du Vendredi, on peut citer les tombes de Malik Chah et de Nizam al-Mulk et les minarets Ali, Sareban, Paminar et Ziyar.

FIN DU RÈGNE DE MOUQTAFÎ LIAMR ALLAH ET DE L’HISTOIRE DE SES VIZIRS.

Notes du traducteur:

[133] Tout ce passage semble emprunté textuellement à Ibn al-Athir, Chronicon, XI, p. 28.

[134] La brouille qui s’est produite entre le vizir et le khalife avait pour origine l’indépendance trop grande que le vizir avait prise vis-à-vis de son souverain; il contrecarrait, dit Ibn al-Athir, tous ses projets et n’obtempérait jamais à ses ordres. Pendant sa retraite dans la maison du sultan, l’intérim du vizir fut assuré d’abord par son cousin, le grand qâdî Az-Zainabi, ensuite par Sadid ad-Daula ibn al-Anbâri. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, XI, p. 50.

[135] Ibn al-Athir, op. cit., p. 59.

[136] La bien-aimée.

[137] Il mourut en l’année 538 (1143), au mois de Ramadan. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon. XI, 64.

[138] Il succéda à Sadid ad-Daula ibn al-Anbari, dont il a été question ci-dessus comme intérimaire au vizirat après Az-Zainabî. Il arriva au pouvoir après la mort de Sadid ad-Daula, en l’année 535 de l’Hégire (= 1140 de J.-C). Auparavant, il occupait les fonctions d’Ostodâr du khalife. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon. XI, p. 52.

[139] Le manuscrit arabe de Paris, n° 2133 (Supplément à l’histoire de Bagdad par Mouhibb ad-Dîn an-Nadjdjâr, f° 146 r°, donne une intéressante notice sur le père de ce vizir.

[140] La biographie de ce vizir est donnée avec beaucoup de détails par Ibn Khallikan, Wafayât al-a’yân, éd. Wüstenfeld, n° 817; le manuscrit arabe de Paris, n° 2133 (Ibn ad-Doubaitî al-Wâsitî, Tarikh Bagdad, f° 19 v°), donne une intéressante notice sur le petit-fils de ce vizir.

[141] Ce village était situé un peu en aval de Takrit, sur la rive gauche du Tigre. C’est là que prenait son point de départ un grand canal parallèle au neuve, qui aboutissait à Al-Moubârak, en amont de Fam-as-Silh. Cf. al-Khâtib Al-Bagdhadî, Introduction topographique à l’histoire de Bagdad, éd. et trad. G. Salmon. p. 36 ; Ibn Khallikan, Wafayât, éd. Wüstenfeld, notice 817, p. 72.

[142] Hémistiche d’un vers, dont le sens nous paraît certain. Peut-être s’agit-il d’une chanteuse, qui est naturellement gaie sans avoir besoin d’être mise en train par la musique, par exemple !

[143] Dans le manuscrit, la 2e lettre du mot n’a pas de points diacritiques.

[144] Il fut nommé d’abord Ministre des Finances (Diwan az-zimâm) en l’année 542 (= 1147) et quitta ces hautes fonctions pour le vizirat en l’année 544 (1149). Cf. Ibn al-Athir,Chronicon, XI. 81, 96 ; Ibn Khallikan, loc. cit.

[145] Il est remarquable que l’auteur emploie le terme « mensualité » pour dire traitement annuel.

[146] Coran, XX, 30, 31, 32.

[147] Sur cette étoffe voy. l’article de Dozy, Suppl., II. 288.

[148] « Souliers des derviches, faits de coton et dont la semelle consiste en une vieille pièce d’étoffe. » Vullers, apud Dozy, Suppl., I. 211.

[149] C’est la khotba, où l’on mentionne le nom du khalife.

[150] D’après d’autres auteurs, il mourut empoisonné par ses ennemis politiques. Cf. Ibn Khallikan, Wafayât, notice citée, pp. 79-80: Ibn al-Athir, Chronicon. XI, 211.

 

Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »  

(Wikipedia Bio) Abû `Abd Allah Al-Muqtafî li-‘Amr Allah Muhammad ben ‘Ahmad al-Mustazhir1, surnommé Al-Muqtafî2, est né en 1096. Son père était le vingt-huitième calife Al-Mustazhir. Il a succédé à son petit-neveu Ar-Râchid comme trente-et-unième calife abbasside deBagdad en 1136. Il est mort en 1160. Son fils Al-Mustanjid, lui a succédé.

Le règne du Calife Al-Muqtafî commence sous la tutelle du Sultan Seldjoukide Mas`ûd qui l’a mis sur le trône. Mais les querelles internes chez les Seldjoukides lui ont permis d’étendre son autorité sur tout l’Irak alors qu’elle était réduite à Bagdad au départ.

Après le décès des Mas`ûd (1152), deux prétendants au titre de Sultan d’Irak se succèdent :

  • Malikchah III3 de 1152 à 1153.
  • Muhammad II4, frère du précédent, de 1153 à 1159.

En 1156, Al-Muqtafî a reconnu Süleyman Chah5, fils de Muhammad II, comme Sultan à la condition que celui-ci respecte l’autonomie du Califat. Mais lorsque Suleïman Chah a été battu par son père le Sultan en titre Muhammad II, Al-Muqtafî s’est retrouvé assiégé dans Bagdad. Ce siège fut levé après plusieurs mois car le Sultan avait des problèmes plus sérieux sur ses frontières de l’Est. Al-Muqtafî s’est retrouvé en position de pouvoir contrôler toutes les opérations militaires en Irak.

Al-Muqtafî retrouva cependant les bonnes grâces de Seldjoukides lorsque le Sultan a épousé une de ses filles.

Le roi croisé Louis VII, va à l'aide du roi  croisé de Jérusalem Baudouin III contre les Musulmans, en 1148 lors de la deuxième croisade.
Le roi croisé Louis VII, va à l’aide du roi croisé de Jérusalem Baudouin III contre les Musulmans, en 1148 lors de la deuxième croisade.

Deuxième croisade

La croisade a fait rage pendant cette période.

Zengi fut comblé d’honneurs du fait de sa bravoure.

Une fois cependant il fit un appel à l’aide de Bagdad : le Sultan seldjoukide et le Calife abbasside  lui envoyèrent 20 000 hommes en renfort.

SELJUQ, GREAT SELJUQ, CITING AL- MUQTAFI VALI AHD ABU SHUJA MUHAMMAD B. MAHMUD, ASKAR MUKARRAM MINT, DATE 548(3

Fin du règne

En 1159/1160, le Sultan seldjoukide Muhammad II est décédé.

Son fils, Süleyman Chah, lui a succèdé comme Sultan Seldjoukide.

En 1160, le Calife Abbasside Al-Muqtafî est décédé. Son fils Al-Mustanjid lui a succédé comme calife Abbasside.

Notes

  1. arabe : al-muqtafī li-ʾamr allāh,
    أبو عبد الله المقتفي لأمر الله محمد بن أحمد المستظهر
  2. Ne pas confondre
    Al-Muqtafî, arabe : al-muqtafī li-ʾamr allāh,
    المقتفي لأمر الله, Sur le (bon) chemin par la volonté de Dieu
    avec son quasi homonyme et dix-septième calife
    Al-Muktafî, arabe : al-muktafī bi-llāh,
    المكتفي بالله, A qui Dieu suffit
  3. « Mu`in ad-Duniyâ wa ad-Dîn » Malikchah, arabe : muʿīn ad-duniyā wa ad-dīn malikšāh ben maḥmūd,
    معين الدنيا و الدين ملكشاه بن محمود,
    Désigné par le monde et la religion
  4. Rukn ad-Duniyâ wa ad-Dîn Muhammad, arabe : rukn ad-duniyā wa ad-dīn muḥammad ben maḥmūd,
    ركن الدنيا و الدين محمد بن محمود
  5. Ghiyath ad-Dîn wa ad-Duniyâ Sulayman Chah,
    arabe : ḡiyāṯ ad-dīn wa ad-duniyā sulaymān šāh ben muḥammad,
    غياث الدنيا و الدين سليمان شاه بن محمد
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