Règne du calife Abbasside al-Mustansir bi-llah (1226 -1242) Par ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »

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L'université al-Mustansiriya fondé par le calife Abbasside al-Mustansir
L’université al-Mustansiriya fondé par le calife Abbasside al-Mustansir 

Règne du calife Abbasside al-Mustansir bi-llah (623 / 1226 — 640/1242) Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »

Après Zahir, régna son fils Abou Djafar Mansour Moustansir billah, qui fut reconnu khalife en 623.

Moustansir était un prince énergique, généreux, qui rivalisait avec le vent en libéralité et en générosité.

Ses actes de bienfaisance et ses dons furent trop célèbres pour être indiqués, et trop considérables pour être comptés.

On peut dire, sans exagérer, qu’il n’eut pas de pareil parmi les khalifes de la famille ‘abbâside.

Il érigea de grands monuments, entre autres — et c’est le plus important — l’Université Moustansiriyya, dont la beauté dépasse toute description, et qui est trop célèbre pour qu’il soit besoin de la faire connaître; le caravansérail et le pont en pierre de Harbâ; le caravansérail de Nahr Sâbous,[206] dans le district de Wâsit; le caravansérail d’Al-Khirnini,[207] et une foule d’autres monuments : mosquées, casernes fortifiées, hôtelleries gratuites.[208]

Moustansir disait souvent :

« Je crains qu’Allah ne me rétribue pas pour les libéralités et les dons que je fais, car il a dit dans le Coran[209] : Vous n’atteindrez à la [vraie] piété que lorsque vous aurez fait l’aumône de ce que vous chérissez le plus. » Or, moi, par Allah ! je ne fais pas de différence entre la poussière de la terre et l’or. »

Le règne de ce prince fut une période de bonheur.

L’empire se développait dans la paix; les richesses affluaient et les provinces étaient prospères.

Sous son règne eut lieu la prise d’Irbil.

Il envoya contre cette ville Iqbal l’Echanson, accompagné de l’inspecteur général des troupes, aussitôt après la mort du possesseur d’Irbil, Mouzaffar[210] ad-Dîn, fils de Zain ad-Dîn ‘Ali Koûdjouk.

Moustansir mourut en l’année 640 (1242).

SLAMIC COINS. Abbasid. Abbasid Gold. al-Mustansir, Gold Dinar, Madinat al-Salam 637h, 4.71g (A 271). Crudely struc...

HISTOIRE DU VIZIRAT SOUS LE REGNE DE MOUSTANSIR

En montant sur le trône du khalifat, Moustansir maintint pendant quelques années dans sa charge le Qoummî, le vizir de son père et de son grand-père.

Il le fit ensuite arrêter, et ce vizir eut le sort que nous avons raconté précédemment.

La court de la Madrasah abbasside d' al-Mustansiriyya avant la restoration
La court de la Madrasah abbasside d’ al-Mustansiriyya avant la restauration

VIZIRAT DE NASIR AD-DÎN ABOU-L-AZHAR AHMAD, FILS DE MUHAMMAD, FILS D’AN-NÂQID

Après le Qoummi, Moustansir prit pour vizir Abou-l-Azhar Ahmad, fils d’an-Nâqid, qui était, au début de sa carrière, administrateur du domaine privé du khalife.

Il demeura quelque temps dans ces fonctions, puis les quitta pour devenir ostodâr et ensuite vizir.

Il se chargea du fardeau du vizirat avec beaucoup de talent, et s’occupa de l’administration de l’empire dans des conditions satisfaisantes.

C’était un homme d’une grande probité, d’une politique ferme et qui était très redouté des fonctionnaires des finances.

Il a mis un terme à la maladie des concussions et des malversations. On lança, dit-on, contre lui une épigramme en deux vers; lorsque le vizir l’entendit [loin de se fâcher], il en fut satisfait.

La voici.

Notre vizir est très abstinent; les gens aussi s’abstiennent de lui rien demander. Si bien que, des deux côtés, on est privé de toute jouissance.

Son époque ressemble au mois du jeûne[211] : elle est exempte de péchés, mais on y souffre de la faim et de la soif.

Sa fortune politique ne le quitta pas jusqu’à la fin de sa  vie.

A propos de sa chance incroyable, on raconte l’anecdote suivante, qui fut une coïncidence des plus extraordinaires.

Avant son vizirat, il fit, dit-on, préparer, à l’occasion d’une fête religieuse, beaucoup de pâtisserie fourrée dite sanboûsadj.

Voulant jouer une farce à un de ses amis, il donna ordre de fourrer soixante-dix pièces avec des graines de lin et du son et de les mettre à part.

On prépara aussi beaucoup de ces pâtisseries selon la manière habituelle.

Ensuite, s’étant rendu au palais du khalife, il fut requis de préparer une certaine quantité de ladite pâtisserie.

Il répondit qu’il en avait déjà de toute prête et ordonna à un esclave d’aller chercher le sanboûsadj qu’il avait chez lui.

L’esclave partit, et, ne sachant pas qu’il y en avait une partie fourrée avec de la graine de lin, il mêla le tout et le mit sur des plateaux pour le porter au palais du khalife. Mais les jeunes femmes de la maison et les esclaves survinrent et réclamèrent leur part de ces friandises.

Ils en prirent une centaine. L’esclave porta ensuite les plateaux avec leur contenu au palais du khalife.

Dès que les pâtisseries y furent apportées, Ibn an-Nâqid s’en retourna chez lui, et demanda aussitôt ce qu’on avait fait du sanboûsadj fourré avec de la graine de lin : « Nous n’en savions rien, lui répondit-on; l’esclave un tel est venu, il a tout mêlé ensemble, puis l’a emporté. »

Le vizir n’eut plus aucun doute que sa dernière heure avait sonné, et il faillit tomber en défaillance, de peur et de honte. « Mais, n’en est-il donc rien resté ? demanda-t-il.

— Si, répondit-on ; les jeunes femmes de la maison et les esclaves en ont pris environ une centaine.

— Apportez-les », s’écria-t-il.

Les sanboûsadjs ayant été apportés, on les ouvrit devant lui et on trouva que les soixante-dix sanboûsadjs remplis de graine de lin étaient restés entre les mains des jeunes femmes delà maison et des esclaves, dans l’ensemble de ce qu’ils avaient pris pour eux.

Il n’en était pas parti un seul au palais du khalife.

Nasir ad-Dîn mourut en l’année 642 (1224 de J.-C.) sous le khalifat de Mousta’sim.

Abbasid, al-Mustansir (623-640h), dirham, Madinat al-Salam 636h

FIN DU RÈGNE DE MOUSTANSIR ET DE L’HISTOIRE DE SES VIZIRS.

Notes du traducteur:

[206] Cette localité, qui tire son nom d’un cours d’eau qui la traversait, était située à une journée de Wâsit et comprenait un certain nombre de petits villages. Cf. Yakout, Mou’djam, IV, 840.

[207] Je n’ai trouvé aucun renseignement sur ce nom propre.

[208] Il y en avait un certain nombre à Bagdad, presque dans tous les quartiers et sur les deux rives. Chaque hôtellerie avait à sa tête un homme de confiance chargé de distribuer aux pauvres, tous les jours du mois de Ramadan, un dîner copieux, composé de viande de mouton, de légumes et de deux livres de pain blanc. Cf. Ibn al-Athir, Chronicon, XII, p. 184.

[209] III, 86.

[210] Ce prince mourut en 630 (= 1232 de J.-C). Cf. Stanley Lane-Poole, The Mohammadan Dynasties, p. 165.

[211] Ramadan.

Par Jalāl-ad-Dīn Abu Ja’far Muhammad dit ibn al-Tiqtaqa de son kitab « al-Fakhri »

(Wikipedia bio)

"Le calme" avant la tempête Mongole  , Carte Afro-Eurasiatique
« Le calme » avant la tempête Mongole , Carte Afro-Eurasiatique

Abû Ja`far al-Mustansir bi-llah al-Mansûr ben az-Zâhir1 surnommé Al-Mustansir2 est né en 1192. Il a succédé son père Az-Zâhir comme trente sixième calife abbasside en 1226. Il est mort le 5 décembre 12423. Son fils Al-Musta’sim lui a succédé.

Pendant son règne Al-Mustansir voit les Ayyoubides se disputer la Syrie et Jérusalem entre eux et avec les croisés de la sixième croisade. En 1227, An-Nasir Dâ’ûd est devenu roi Ayyoubide de Damas.

"Dieu le veut" par burenerdene
« Dieu le veut » par Burenerdene

Sixième croisade

La même année 1227, Grégoire IX accéda à la charge pontificale. À sa requête, l’empereur romain germanique Frédéric II et son armée embarquèrent en direction de la Syrie Une épidémie les obligèrent à retourner en Italie. Frédéric est reparti vers la Syrie en 1228. Il arriva à Acre en septembre. Al-Kamil, le sultan ayyoubide d’Égypte qui avait vaincu la cinquième croisade, avait rapidement partagé son territoire avec un de ses frères en Syrie, alors que son neveu An-Nasir Dâ’ûd revendiquait la Palestine. Le 18 février 1229, Fréderic signa un traité d’alliance avec Al-Kamil, valable dix ans, afin de s’allier avec lui contre Al-Nasir, en échange de la promesse de recouvrer la souveraineté sur Jérusalem, Nazareth et Bethléem. Fréderic n’obtint pas l’autorisation de rebâtir les murs de Jérusalem détruits parSaladin en 1187, mais il entra en roi dans la ville Il se couronna lui-même roi le 18 mars.

L'empereur germanique Frédéric et le sultan Ayyoubide  Muhammad al-Kamil.
L’empereur germanique Frédéric et le sultan Ayyoubide Muhammad al-Kamil.

Frédéric ne fut pas capable d’unifier les deux parties d’Acre, il n’eut pas le temps d’engager la guerre avant de devoir s’intéresser aux affaires politiques de la dynastie Ayyoubide. Comme Frédéric avait à s’occuper d’autres affaires dans son pays, il quitta Jérusalem en mai

Le traité expira en 1239 et Jérusalem fut reprise par les Mamelouks en 1244.

L'université al-Mustansiriya
L’université al-Mustansiriya

Fin du règne

Le dernier apport d’Al-Mustansir est sa contribution à la construction de la madrasa dite « Al-Mustansiriyya » de 1227 à 1233 sur la rive du Tigre.

Il s’agissait à l’époque de la première « université » islamique.

Cette madrasa est aujourd’hui une partie de l’université de Bagdad.

Notes

  1. arabe : abū jaʿfar al-mustanṣir bi-llāh al-manṣūr ben aẓ-ẓāhir,
    أبو جعفر المسنتصر بالله المنصور بن محمد الظاهر
  2. arabe : al-mustanṣir bi-llāh, المسنتصر بالله, « celui qui recherche l’aide de Dieu »
  3. 6 Jumada ath-thani 640 A.H.
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