La dynastie Alide des Idrissides 789–985 par Ibn Khaldoun al-Hadrami :

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Le Bain , hammam Idrisside de Volubilis est le plus ancien hammam islamique connu au Maroc et l'unique monument médiéval à l’élévation partiellement conservée. Il est situé en contrebat au sud-ouest du site, sur la rive droite de l'oued Khoumane. Des fouilles récentes ont montré que ce monument exceptionnel faisait partie du quartier général fondé par Idris Ier (r. 789-793) à l'extérieur de l'enceinte romaine. (qantara).
Le Bain , hammam Idrisside de Volubilis est le plus ancien hammam islamique connu au Maroc et l’unique monument médiéval à l’élévation partiellement conservée. Il est situé en contrebat au sud-ouest du site, sur la rive droite de l’oued Khoumane. Des fouilles récentes ont montré que ce monument exceptionnel faisait partie du quartier général fondé par Idris Ier (r. 789-793) à l’extérieur de l’enceinte romaine. (qantara).

Ibn Khaldoun dans la partie consacré au tribus berbères en particulier celle des Matghara et Bani Faten nous explique le contexte tribal berbère lors de la fondation des Idrissides. :

‘Quelque temps après ces événements, Idrîs, fondateur de la dynastie idrisside, fit son apparition dans le Maghreb.

La tribu d’Auréba embrassa sa cause et entraîna, par son exemple, l’adhésion des autres peuples berbères. Behloul-Ibn-Abd-el-Ouahed, chef des Matghara , se laissa alors gagner par Ibrahîm-Ibn- el-Aghleb, gouverneur de Cairouan, et reconnut l’autorité du khalife abbasside Haroun-er-Rechîd ; mais s’étant ensuite réconcilié avec Idrîs, il conserva le commandement de sa tribu.

Dès ce moment, l’influence des Matghara s’affaiblit; la désunion se mit parmi eux, et les différentes dynasties qui régnèrent ensuite dans le Maghreb les accablèrent du poids de leur domination et les réduisirent au rang de tributaires’   (.)  

Le Royaume idrisside à la mort d’Idris II source :E.B., « Idris Ier (788-791) », in Encyclopédie berbère, 24 | Ida – Issamadanen [Online], Online since 01 June 2011, connection on 12 October 2014. URL : http://encyclopedieberbere.revues.org/1524
Le Royaume idrisside à la mort d’Idris II source :E.B., « Idris Ier (788-791) », in Encyclopédie berbère »
En l’an 145 (762-3), Mohammed, fils d’Abd-Allah, fils de Hacen , fils d’El-Hacen [petit-fils de Muhammad], perdit la vie à Médine après avoir pris les armes contre [le khalife abbasside] El- Mansour; ensuite, en l’an 169 (785-6), sous le règne d’El-Hadi, un cousin du précédent, le nommé Hocein, fils d’Ali, fils de Hacen III , fils de Hacen II, fils d’El-Hacen, petit-fils  de Muhammad, se révolta aussi et trouva la mort à Fakh, endroit situé à trois milles de la Mecque.

Un grand nombre de ses parents périrent avec lui, mais son oncle Idrîs, fils d’Abd-Allah, parvint à gagner le Maghreb et à se mettre, en l’an 172(788-9), sous la protection d’Abou-Leila-Ishac-Ibn-Mohammed-Ibn-Abd-el-Hamîd, commandant des Auréba et membre de cette tribu.

Sur l’invitation de ce chef, les Zouagha, les Louata, les Sedrata, les Ghaïatha, les Nefza, les Miknaça, les Ghomara et les autres tribus du Maghreb prêtèrent le serment de fidélité au prince réfugié et prirent l’engagement de le soutenir.

De cette manière Idrîs se trouva placé à la tête d’un empire.

L’autorité souveraine demeura dans sa famille jusqu’à la chute de leur dynastie. (..) 

Selon R. Bourouiba, les Idrissides, descendants du Prophète, auraient construit cette mosquée qui est la plus ancienne d’Algérie encore intacte, dans un style inspiré de la Grande Mosquée de Damas. De par ses nefs parallèles au mur de la qibla, la mosquée du Vieux Ténès s’apparente à la première mosquée de Médine que le Prophète aurait aidé à édifier de ses propres mains, dont le modèle fut repris à Damas (705-715). Cette mosquée serait donc un exemplaire maghrébin d’un type crée en Égypte (mosquée de ‘Amr à Fustat, VIIe siècle) ou en Syrie, et qu’on retrouve aussi dans le plus ancien sanctuaire de Fès (mosquée al-Qarawiyyîn, IXe siècle).
La mosquée Sidi Maiza du vieux Tènès en Algerie, entre 875 et 975  JC selon R. Bourouiba, les Idrissides, auraient construit cette mosquée qui est l’une des plus ancienne d’Algérie encore intacte, dans un style inspiré de la Grande Mosquée de Damas. De par ses nefs parallèles au mur de la qibla, la mosquée du Vieux Ténès s’apparente à la première mosquée de Médine que le Prophète aurait aidé à édifier de ses propres mains, dont le modèle fut repris à Damas (705-715). Cette mosquée serait donc un exemplaire maghrébin d’un type crée en Égypte (mosquée de ‘Amr à Fustat, VIIe siècle) ou en Syrie, et qu’on retrouve aussi dans le plus ancien sanctuaire de Fès (mosquée al-Qarawiyyîn, IXe siècle). (qantara)

Origines et contexte de la fondation des Idrissides : 

Les Abbassides fixèrent leur séjour à Baghdad et se débarrassèrent des Omeyyades par le massacre et l’emprisonnement. Quelques membres de la famille vaincue échappèrent à la mort en fuyant leur pays, et l’un de ces proscrits, Abd-er-Rahman, fils de Moaouïa-lbn-Hicham, atteignit l’Espagne et fonda dans ce pays une nouvelle dynastie Oméyyade.  

Toute la région au-delà du Détroit se détacha alors de l’empire abbasside et ne vit plus flotter sur ses forteresses le drapeau noir de cette famille. Les Alides, descendants du gendre du Prophète, contemplèrent d’un œil jaloux la vaste puissance temporelle et spirituelle que Dieu, dans sa bonté, avait accordée aux enfants d’El-Abbas, et le Mehdi Mohammed-Ibn- Abd- Allah, surnommé En-Nefs-ez-Zekïa (l’âme pure), s’insurgea contre Abou-Djâfer-el-Mansour l’Abbasside. On sait qu’à la suite de plusieurs batailles, les Alides furent écrasés par les Abbassides.

Idrîs-Ibn-Abd-Allah, frère du Mehdi, s’échappa d’un de ces conflits et chercha un asile dans le Maghreb- el-Acsa.

Les Auréba, les Maghîla et les Sadîna, peuples berbères, accordèrent leur protection au fugitif et, dans leur zèle pour la cause de ce prince et de ses enfants, ils parvinrent à fonder un empire et à conquérir le Maghreb central. Des émissaires idrissides réussirent à détacher du parti des Abbassides les Beni- Ifren, les Maghraoua et d’autres tribus zenatiennes.

En 681, la conquête islamique se répandit dans tout le Maghreb, mais Volubilis va cependant obtenir une certaine indépendance au viiie siècle à en juger d'après les monnaies préidrissides. Un quartier est occupé par les nouveaux maîtres du Maghreb au bord de l'oued28. Les habitants de la cité se convertissent peu à peu à la religion musulmane, et une monnaie locale est frappée ici de 722 à 78936. L'époque islamique a livré des thermes et également des cimetières37
Vue sur Oulili ou Walila Volubilis En 681, la conquête Omeyyade se répandit dans tout le Maghreb, mais Volubilis va cependant obtenir une certaine indépendance au 7eme siècle à en juger d’après les monnaies préidrissides. Un quartier est occupé par les nouveaux maîtres arabes omeyyades du Maghreb au bord de l’oued.
Les habitants de la cité se convertissent peu à peu à la religion musulmane, et une monnaie locale est frappée ici de 722 à 789. L’époque islamique a livré  aussi des thermes et également des cimetières  

La puissance de la famille d’Idrîs fut anéantie par les Fatimides ; mais, pendant toute sa durée, les Alides de l’Orient n’a vaient jamais ralenti leurs efforts pour s’emparer du khalifat.  (..) 

En l’an 470 (786-7), sous le khalifat Abbasside d’El-Hadi, on vit arriver en Maghreb Idrîs l’ancien, fils d’Abd-Allah, fils de Hacen, fils d’El-Hacen, qui vint y chercher un refuge.

Soutenu par les tribus berbères d’Auréba, de Sedîna et de Maghîla, il détacha ce pays pour toujours de l’empire des Abbacides et y fonda un royaume pour lui-même.

En 474 (790-4), il envahit le Maghreb central et reçut la soumission des Maghraoua.

Alors leur chef, Mohammed-Ibn-Khazer, lui remit la ville de Tlemcen qu’il venait d’enlever aux Ifrènides et lui procura ainsi le moyen d’arracher toutes les provinces du Maghreb central à la domination des Aghlabides.

Dirham Idrisside au om de Muhammad ibn Idriss (al Muntasir Billah en 226 de l'hégire a El Aliya Fes

Après la mort d’Idrîs, ses états et la ville de Tlemcen passèrent à son fils, Idrîs-Ibn-Idrîs, qui jouit dès lors du même appui que son père avait reçu de la famille Khazer.

Idris I régnait encore quand son frère, Soleiman-Ibn-Abd- Allah, vint le trouver après avoir quitté l’Orient.

Le réfugié s’établit dans Tlemcen et obtint de l’affection fraternelle le gouvernement de cette ville la dynastie Solimanide.

Son fils, Mohammed-Ibn-Soleiman, lui succéda, avec l’autorisation d’idrîs II.

De cette manière, Tlemcen et les villes qui en dépendent devinrent l’apanage des Beni-Soleiman (Solimanide).

Les forteresses maritimes de cette province se partagèrent bientôt entre les descendants de Soleiman : les fils d’idrîs, fils de Mohammed-lbn-Soleiman, gardèrent Tlemcen ; ceux d’Eïça- Ibn-Mohammed se fixèrent à Archgoul, et la famille d’Ibrahîm- Ibn-Mohammed eut le gouvernement de Ténès.

Dans la province de Tlemcen, le pays ouvert fut abandonné aux Beni-ifren et aux Maghraoua, et, dans le Maghreb central, les plaines continuèrent d’être en la possession de Mohammed-Ibn-Khazer.

 Ibn Abi Zar nous explique les circonstances de l’arrivée des arabes ifriqiyiens et andalous à Fès sous Idris II : « Idris II lorsqu’il eu achevé la construction de la ville (de Fès) et l’eut entourée de murailles et dotée de portes, y établis les tribus, donnant aux Arabes Qaysites depuis la porte d’Ifriqiya jusqu’à la porte de fer dans le quartier des Kairouannais, il installa la tribu de Azd à coté d’eux, et les Yahsub à coté de ces dernières, de l’autre coté il installa les tribus (berbères) de Sanhaja, Luwata, Masmuda et al-Shaykhan chacune a sa place, leur ordonnant de labourer la terre et de la cultiver » (Ibn Abi Zar, al-Rawd al-Qirtas, tr, Huici, 1964 I, p89-90)
Ibn Abi Zar nous explique les circonstances de l’arrivée des arabes ifriqiyiens et andalous à Fès sous Idris II : « Idris II lorsqu’il eu achevé la construction de la ville (de Fès) et l’eut entourée de murailles et dotée de portes, y établis les tribus, donnant aux Arabes Qaysites depuis la porte d’Ifriqiya jusqu’à la porte de fer dans le quartier des Kairouannais, il installa la tribu de Azd à coté d’eux, et les Yahsub à coté de ces dernières, de l’autre coté il installa les tribus (berbères) de Sanhaja, Luwata, Masmuda et al-Shaykhan chacune a sa place, leur ordonnant de labourer la terre et de la cultiver » (Ibn Abi Zar, al-Rawd al-Qirtas, tr, Huici, 1964 I, p89-90)

Les choses restèrent en cet état jusqu’à !a formation de l’empire fatimide. Alors, en l’an 298 (940-1), Obeid-Allah le Mehdi envoya en Maghreb une armée ketamienne sous les ordres d’Arouba-Ibn-Youçof le ketamien. Ce chef rentra en Ifrîkïa après- avoir conquis la partie orientale du Maghreb.

Une autre armée ketamienne , commandée par Messala-Ibn -Habbous , pénétra dans le même pays, s’empara des états idrissides et obligea les. membres de cette famille à reconnaître la souveraineté d’Obeid- Allah. Yahya-lbn-Idrîs-tbn-Omar, dernier des rois Idrissides, abdiqua le pouvoir et fit sa soumission au vainqueur.

En récompense de sa conduite, Messala lui confia le gouvernement de Fez et reprit le chemin de Kairouan après avoir choisi Mouça- Ibn-Abi-‘l-Afïa, émir des Miknaça et seigneur de Teçoul et de Tèza, pour commander dans les plaines du Maghreb.

Yahya II ben Yahya (249-252 863-866) dirham

Mohammed- Ibn-Khazer, petit-fils de ce Mohammed-Ibn-Khazer-lbn-Hafs qui avait soutenu la cause d’Idrîs l’ancien, se mit alors en révolte et porta les Zenata et les peuples du Maghreb central à proscrire les partisans de la dynastie fatimide.

En l’an 309 (924- 922), le Mehdi Obeid-Allah fit marcher contre lui une armée ketamienne sous la conduite de Messala -lbn- Habbous, gouverneur du Maghreb. Ibn-Khazer rassembla les Maghraoua et les autres peuples zenatiens afin de résister à cette attaque.

L’armée de Messala fut mise en déroute et ce général, s’étant élancé sur Mohammed-ibn-Khazer, mourut de la main de ce chef. ! 

L’année suivante, Obeid-Allah envoya son fils, Abou-‘l-Cacem, contre Ibn-Khazer. A l’approche de ce prince, les Zenata prirent la route du Désert et, se voyant traqués par lui jusqu’au Molouïa, ils coururent se réfugier dans le territoire de Sidjilmessa.

Abou-‘l-Cacem se jeta alors sur le Maghreb, qu’il parcourut en tous sens, afin de le soumettre à l’autorité du gouvernement- fatimide.

Ruines de Sijilmassa, Maroc.
Ruines de Sijilmassa ville kharijite, Maroc.

Ayant alors confirmé Ibn-Abi-‘l-Afïa dans son commande ment, il rentra en Ifrîkïa, sans avoir à souffrir, en marche, de la moindre ruse de guerre.

Vers cette époque, [Abd-er-Rahman-]en-Nacer, seigneur de Cordoue conçut l’espoir d’occuper le Maghreb occidental, et, après avoir écrit aux princes idrissides et aux chefs zenatiens pour leur faire connaître ses intentions, il leur envoya, l’an 316 (928-9), son conseiller privé, Mohammed-Ibn-Abd-Allah-lbn- Abi-Eïça.

La réponse d’Ibn-Khazer ne se fit pas attendre : il s’empressa d’expulser du Zab les partisans des Fatemides et de leur enlever Chelif et Ténès. Il prit aussi la ville d’Oran, y plaça comme gouverneur son fils El-Kheir et soumit à l’autorité des Omeyyades toutes les parties du Maghreb central, à l’exception de Téhert. Son zèle pour cette cause trouva un imitateur dans Idrîs, fils d’Ibrahîm-Ibn-Eïça-Ibn-Mohammed-Ibn-Soleiman et seigneur d’Archgoul.

En l’an 317 (929-30), En-Nacer  l’Omeyyade enleva Ceuta aux Idrissides.

Plus tard, Mouça-Ibn-Abi-‘l-Afïa passa du côté des Omeyyades et prêta son appui à Mohammed-Ibn-Khazer.

Felfoul, frère de celui-ci, alla se joindre aux Fatimides et, en récompense de sa défection, il obtint du Mehdi Obeid-Allah le gouvernement de Téhert.

Ayant alors marché sur Fez, chassant devant lui les populations nomades , tant zenatiennes que miknaciennes , il réussit à soumettre le Maghreb. (..) 

Ruines de la première mosquée Idrisside, à Tlemcen, la mosquée Agadir fondé en 790 JC par Idriss ier (Algerie)
Ruines de la première mosquée Idrisside, à Tlemcen, la mosquée Agadir fondé en 790 JC par Idriss ier (Algérie).

Fondation de la première mosquée Idrisside à Tlemcen (Algérie) en 790 JC

 Quand Idrîs premier, fils d’Abd-AHah-Ibn-el-Hacen, se ré fugia dans le Maghreb-el-Acsa, il soumit ce pays à son autorité et marcha, l’an 474 (790-1 ) , contre le Maghreb central.
Mohamed -Ibn-Khazer-lbn-Soulat, émir des Zenata et de Tlemcen, vint lui rendre hommage et porta les Maghraoua et les Beni-Ifron à suivre son exemple.
Idrîs obtint de ce chef la possession de Tlemcen et, après un séjour de quelques mois, pendant lequel il posa les fondations de la grande mosquée et en fit construire la chaire, il reprit le chemin du Maghreb-el-Aqsa.
Quand son frère, Soleiman-lbn-Abd-Allah, arriva de l’Orient, il l’établit dans cette ville comme gouverneur.
La mort d’Idrîs affaiblit extrêmement la puissance de cetle famille; mais son fils, Idrîs II, rallia autour de lui les Berbères du Maghreb et partit, l’an 199 (814-5), pour Tlemcen.
Ce fut lui qui en restaura la mosquée et embellit la chaire du prédicateur.
Il y passa trois ans et, s’étant assuré l’obéissance des Zenata, dont il avait soumis le pays, il leur donna pour chefs les fils de son cousin, Mohammed-lbn-Soleiman.
Après sa mort, les conseils de sa veuve Kenza amenèrent le partage du royaume des deux Maghrebs entre les membres de sa famille.
Tlemcen passa alors sous l’autorité d’Eïça, fils de Mohammed-Ibn-Soleiman, et les provinces qui en dépendent échurent aux autres fils de ce Mohammed. (..) 
La mosquée fût construite par le fondateur de la dynastie des Idrissides. La cour (Sahn) de la grande mosquée de Moulay Driss Zerhoune se distingue par son minaret carré.
Vue aérienne sur la mosquée de Moulay Dris  Zerhoun avec le tombeau d’Idriss Ier  prés de Volubilis qui fût construite par le fondateur de la dynastie des Idrissides, Idris Ier mort en 793, elle serrai donc la 2eme mosquée Idrisside reconnaissable avec son  minaret carré. 

Récit  de l’empire fondé par les Idrissides chez les berbères Ghomara

Mohammed-Ibn-Idrîs s’étant conformé aux conseils de Kenza’, son aïeule paternelle, partagea les provinces du Maghreb entre ses frères.

Tîkîças, Tergha, Belad-Sanhadja et Ghomara devin rent ainsi le partage d’Omar-Ibn-Idrîs; Tanger, Ceuta, El-Basra et les régions ghomarites qui en sont voisines échouèrent à El- Cacem[-Ibn-Idrîs],

Quelque temps après, Omar s’empara des états d’El-Cacem, lequel avait encouru le mécontentement de son frère Mohammed; mais, plus tard, les princes descendus d’El-Cacem par son fils Mohammed recouvrèrent ce que leur aïeul avait perdu.

Mohammed, fils d’Ibrahîm.fils de Mohammed, fils d’El-Cacem, bâtit, auprès de Ceuta, le château de Hadjer-en-Nesr, afin de procurer à sa famille un lieu de refuge assuré et, à son royaume, un boulevard capable de le protéger.

Tant que la famille de Mohammed-Ibn-Idrîs conserva le pouvoir, elle fit de Fez la capitale de son empire.

En 789, Idrîs Ier, un descendant de Hasan surnommé Az-Zakî (vertueux) fils aîné d'`Alî et de Fâtima fille de Mahomet, s'enfuit pour échapper aux persécutions abbassides. Il s'installa à Volubilis, peut-être alors dominée par les Awraba, et la ville lui sert de base pour ses expéditions militaires dans le processus de création du royaume idrisside28. Des monnaies d'argent et de bronze sont frappées là de 789 à 825
En 789, Idrîs Ier, s’installa à Volubilis, peut-être alors dominée par les berbères  Awraba, et la ville lui sert de base pour ses expéditions militaires dans le processus de création du royaume idrisside. Des monnaies d’argent (dirham) et de bronze sont frappées là de 789 à 825

Dans la suite, elle fut remplacée par celle d’Omar-Iba-Idris.

Yahya, fils d’Idrîs et petit-fils d’Omar, en fut le dernier qui régna.

Il avait été déclaré souverain de Fez par Messala-Ibn-Habbous, auquel il venait de prêter le serment de fidélité en se reconnaissant le vassal d’Obeid-Allah le fatemide.

En l’an 309 (921-2), Messala lui enleva le pouvoir.Quatre années plus tard, un descendant d’El-Cacem prit les armes contre les Fatimides.

Ce prince, appelé El-Hacen-Ibn- Mohammed-Ibn-el-Cacem-Ibn-Idrîs et surnommé El-Haddjam (le phlébotomiste) parce qu’il avait l’habitude, en combattant, de frapper ses adversaires à la veine du bras, se distingua par sa bravoure et par son intrépidité.

Porté au trône par les habitants de Fez, qui s’étaient soulevés contre leur gouverneur Rîhan, il mit en déroute les troupes que Mouça-Ibn-Abi-‘l-Afia mena contre lui.

Sa mort permit enfin à Mouça de s’emparer de Fez, d’occuper les provinces du Maghreb et d’en repousser les Idrissides.

Refoulés jusque dans leur forteresse de Hadjer-en-Nesr, ils passèrent, de là, dans les montagnes des Ghomara et les régions du Rîf.

Les Ghomara leur demeurèrent fidèles et dé ployèrent une telle bravoure en soutenant leur cause qu’ils les mirent en état de fonder, dans ce pays, un nouvel empire.

Les Idrîcides se partagèrent alors les contrées qu’ils avaient soumises à leur autorité : les descendants de Mohammed [Beni-Mohammed] en obtinrent la portion la plus grande, et ceux d’Omar restèrent maîtres de Tîkîçaz, de Nokour et du Rîf.

En-Nacer-Abd-er-Rahman l’Omeyyade  ayant conçu le projet de conquérir le Maghreb et d’en expulser les Fatemides, décida les Beni-Mohammed à lui céder la ville de Ceuta, dont il prit pos session en l’an 319 (931).

Intérieur de la mosquée Idrisside de la ville de Moulay Idriss Zerhoun
Intérieur de la mosquée Idrisside de la ville de Moulay Idriss Zerhoun

Il se fit remettre la place par Er- Rida-Ibn-Eïçam, chef des Medjekéça, qui y exerçait le comman dement au nom des Idrîcides. Quand Abou-‘l-Cacem [-el-Caïm, le fatimide] envoya une armée en Maghreb pour combattre Ibn-Àbi-‘l-Afïa, lequel venait de reconnaître la souveraineté des Omeyyades espagnols, les Beni- Mohammed prêtèrent leur appui au général fatimide, Meiçour, et trouvèrent ainsi le moyen d’agrandir leurs états en renversant le pouvoir d’un ancien ennemi.

Leur exemple fut suivi par les Beni-Omar, seigneurs de Nokour. En l’an 325 (936-7), Ibn-Abi-‘l-Afia répara ses pertes et quitta le Désert où il s’était réfugié.

Rentré alors en Maghreb, d’où Meiçour venait de s’éloigner, il tourna ses armes contre les Beni-Mohammed et les Beni-Omar.

Il mourut quelque temps après et, en l’an 333, En-Nacer en voya en Maghreb son vizir , El-Cacem-Ibn-Mohammed-Ibn- Tamlès, avec la commission d’attaquer les descendants d’Idrîs.

Il écrivit, en même temps, aux princes maghraouiens, Mohammed- Ibn-Khazer et El-Kheir, fils de celui-ci, les invitant à seconder le vizir et à soutenir [Medîn , fils d’]Ibn-Abi-‘l-Afîa dans sa guerre contre les Idrissides.

Abou-‘l-Aïch, fils d’Idrîs-Ibn-Omar, et généralement connu sous le nom d’Ibn-Methala, s’empressa de faire sa soumission et d’expédier une ambassade à En-Nacer.

Son fils Mohammed, qu’il envoya ensuite à la cour des Omeyyades pour renouveler ses assurances de dévouement, reçut d’En- Nacer un accueil fort honorable et la promesse que tous les articles de l’amnistie accordée à son père seraient fidèlement observés.

Les Beni-Mohammed suivirent l’exemple de leur parent et obtinrent les mêmes avantages que lui, en faisant leur sou mission. Deux de ces princes se rendirent en personne à la cour d’En-Nacer : le premier, qui se nommait Mohammed, était fils d’Eïça-Ibn-Ahmed-Ibn-Mohammed; l’autre, appelé El-Hacen , avait pour père El-Cacem, fils d’Ibrahîm-Ibn-Mohammed.

Depuis le temps où El-Hacen-Ibn-Mohammed-El-Haddjam s’était emparé du commandement, à la suite de sou insurrection contre Ibn-Abi-‘l-Afïa, les Idrissides avaient toujours reconnu pour chefs leurs parents de la famille Mohammed.

État des Idrissides, après la mort d'Idriss II en 809 AD
État des Idrissides,  en 809 JC

C’est ainsi qu’après la fuite de Mouça-Ibn-Abi-‘l-Afra, ils mirent à leur tête El-Cacem-Ibn-Mohammed, surnommé Kennoun. Ce prince éten dit son autorité sur tout le Maghreb, à l’exception de Fez, et se montra partisan zélé des Fatimides.

Il mourut, l’an 337 (948-9), dans la forteresse de Hadjer-en-Nesr. Son fils et successeur, Abou-l- Aïch- Ahmed se distingua par sa connaissance de la loi et des traditions historiques; sa générosité et sa bravoure égalaient son savoir; aussi le désignait-on ordinairement par l’appellation d’Ahmed-el-Fadel (Ahmed rempli de mérite).

Emporté par sa prédilection pour la dynastie Omeyyades, Ahmed rompit avec les Fatimides pour embrasser le parti d’En-Nacer, et fit célébrer la prière au nom de ce souverain dans toutes les mosquées de ses états.

Quand les peuples du Maghreb entier, jusqu’à Sidjilmessa, lui eurent prêté le serment de fidélité, les habitants de Fez suivirent leur exemple et reçurent de lui pour gouverneur le nommé Mohammed-Ibn-el-Hacen. En l’an 338 (949-50), Mohammed, fils d’Abou-‘l-Aïch-Ibn- Methala et petit-fils d’Idrîs-lbn-Omar, se rendit en Espagne comme envoyé de son père auprès d’En-Nacer, et il se trouvait encore dans la capitale du royaume Omeyyades, quand il apprit la mort de l’auteur de ses jours.

Nommé par En-Nacer au commandement qui venait de vaquer, il obtint de lui un escorte et partit pour le siège de son gouvernement; mais déjà son cousin Eïça, fils d’Abou-‘l-Aïch et petit-fils de Kennoun, avait profité de son absence pour s’emparer de Tîkîças et des trésors amassés par Ibn-Methala.

A l’approche de leur nouveau gouverneur, les Berbères ghomarites marchèrent contre l’usurpateur et , lui ayant coupé le chemin , ils le criblèrent de blessures et massa crèrent tous ses compagnons. Cet événement eut lieu dans le pays des Ghomara.

En cette même année, En-Nacer fit passer en Maghreb quelques-uns de ses généraux.

Ahmed -Ibn-Yala y arriva le premier avec un corps de troupes destiné à agir contre les Beni-Mohammed.

Invités par lui à démanteler la forteresse de Tétouan, ces princes y donnèrent leur consentement avec beaucoup de répugnance, et s’excusèrent de la résistance qu’ils avaient montrée d’abord à cette sommation.

Après le départ de cet officier, ils refusèrent de remplir leurs engagements; aussi, en l’an 339, En- Nacer envoya contre eux une armée sous les ordres de Hamîd- Ibn-Yezel-el-Miknaçi.

Comme les Idrissides s’étaient avancés jus qu’à la rivière Laou pour s’opposer au progrès de l’ennemi , Hamîd leur infligea un châtiment si rude qu’il ne leur resta plus qu’à faire une prompte soumission.

La ville de Tanger sortit alors des mains d’Abou-‘l-Aïch, émir des Beni-Mohammed, et passa dans celles d’En-Nacer.

idriside

Les vainqueurs laissèrent Abou-‘l- Aïch en possession d’Asîla, sous la condition d’y faire reconnaître la suzeraineté des Omeyyades. Les armées d’En-Nacer s’avancè rent alors graduellement à travers les plaines du Maghreb, en soumettant les populations qui y faisaient leur séjour.

Les émirs Zitnato-maghraouiens se rallièrent aux Omeyyades ; les Beni-Ifren et les Miknaça en firent de même, de sorte que l’empire des Beni- Mohammed fut gravement ébranlé.

Leur émir, Abou-‘l-Aïch, ayant confié le commandement à son frère, El-Hacen-Ibn-Kennoun, obtint d’En-Nacer l’autorisation de passer en Espagne, afin de prendre part à la guerre sainte, et à chacune des trente stations qui séparaient Algésiras de la frontière chrétienne, il trouva un palais disposé pour sa récep tion.

Après avoir reçu d’En-Nacer un accueil très-gracieux et un traitement de mille pièces d’or par jour, il alla combattre les infidèles, et trouva le martyre ea l’an 343 (954-5).

Djouher-el-Kateb, général d’El-Moezz le fatemide, fit alors une expédition en Maghreb, d’après les ordres de son souverain, et détrôna les princes qui régnaient dans cette contrée. El-Hacen- Ibn-Kennoun s’enferma dans le château d’En-Nesr, boulevard de la dynastie idrîcide, et, de là, envoya à Djouher une déclaration d’obéissance.

Par cette démarche, il conjura le danger dont il se voyait menacé; mais, à peine eut-il appris l’évacuation du Maghreb par le général fatemide, qu’il y rétablit de nouveau l’autorité d’En-Nacer.

Depuis lors, il resta toujours fidèle à ce souverain qui mourut en l’an 350 (961). El-Hakem [successeur d’En-Nacer] prit alors la résolution de mettre les frontières du Maghreb à l’abri d’insultes, afin de consolider l’influence des Omeyyades dans tout ce pays, et il trouva chez ses alliés, les princes zenatiens, le plus vif empressement à le seconder dans son projet.

Il en résulta une guerre entre ces chefs et les princes sanhadjiens, Bologguîn et Zîri, guerre dont nous avons déjà parlé.En 362 (972-3), El-Moëzz-Màdd envoya une première expédition en Maghreb sous la conduite de Bologguîn, fils de Zîri.

Cet officier défit les Zenata, et s’étant porté en avant, mit El- Hacen-Ibn-Kennoun dans la nécessité de répudier l’autorité des Omeyyades et de faire sa soumission au gouvernement fatimide.

La même année, aussitôt après la retraite de Bologguîn, El- Hakem fit passer en Maghreb un corps de troupes sous la con duite de son vizir, Mohammed-Ibn-Cacem-Ibn-Tamlès, auquel il avait donné l’ordre d’attaquer El-Hacen-Ibn-Kennoun et les Beni-Mohammed.

La victoire se déclara pour le prince idrisside, à la suite d’une bataille dans laquelle Ibn-Tamlès et la majeure partie de ses troupes, tant espagnoles qu’africaines, trouvèrent la mort. Les débris de cette armée parvinrent à regagner Ceuta d’où ils adressèrent à El-Hakem une demande de secours.

Le souverain omeyyade y répondit en faisant partir pour l’Afrique un de ses clients, le célèbre Ghaleb, général dont la grande habileté était universellement reconnue.

Ayant mis à sa disposi tion autant d’argent et de troupes que les circonstances avaient rendus nécessaires, il lui ordonna de détrôner les Idrîcides et de les envoyer en Espagne. « Pars, lui dit-il ; pars, Ghaleb, comme » un homme qui ne devra revenir vivant à moins d’être victorieux, et qui ne pourra se faire pardonner une défaite à moins » de mourir sur le champ de bataille *. » El-Hacen, ayant entendu la nouvelle de ces préparatifs, évacua la ville de Basra et envoya son harem et ses trésors à Hadjer- en-Nesr, forteresse idrissides qui s’élevait auprès de Ceuta.

Monnaie idrisside, année 840, frappé à Al_Aliyah_Morocco_840_CE

Ghaleb l’assiégea alors dans Casr-Masmouda ; puis, à la suite de plusieurs journées de combats, il réussit à corrompre, avec de l’argent, les chefs des Berbères ghomarides et des milices qui servaient sous le drapeau de son adversaire.

El-Hacen fut aban donné par ses troupes et dut se jeter dans le Hadjer-en-Nesr et y soutenir un siège.

Pendant ce temps, El-Hakem organisa un corps de renforts, composé d’Arabes attachés au service du gouvernement Omeyyades et de troupes tirées des garnisons qui couvraient les frontières de l’empire.

En 363 (973-4), cette armée passa le Détroit sous la conduite de Yahya-Ibn-Mohammed-Ibn- Hachem-et-Todjîbi, vizir arabe commandant de la Frontière supérieure (Aragon).

Ce général, accompagné de sa famille et des gens de sa maison, opéra sa jonction avec Ghaleb sous les murs de la forteresse assiégée.

Ils attaquèrent alors la place si vigoureusement qu’El-Hacen consentit à la livrer pour avoir la vie sauve.

Ruines de la mosquée d’Aghmat au Maroc construite en 859 par Wattas ibn Kardus au temps des Idrissides de Fès, Maroc
Ruines de la mosquée d’Aghmat au Maroc construite en 859 par Wattas ibn Kardus au temps des Idrissides de Fès, Maroc

Ghaleb tourna ensuite ses armes contre les princes idrîcides éta blis dans le Rîf, et tout en les dépossédant de leurs châteaux, il leur fit grâce comme à leur cousin. De là, il alla prendre posses sion de Fez, et il donna à Mohammed-Ibn-Ali-Ibn-Caschouch le commandement du quartier des Cairouanides, pendant qu’Abd- el-Kerîm-Ibn-Thâleba-el-Djodami s’installait, par ses ordres, dans celui des Andalous.

Ayant ainsi pacifié le Maghreb, établi des gouverneurs dans toutes les provinces et enlevé ce pays à la domination des Fatimides, il partit pour Cordoue, emmenant avec lui El-Hacen-Ibn-Kennoun et les autres princes  idrissides de la famille d’Idrîs. Ces événements se passèrent en l’an 364 (974-5).

El-Hakem et tous les notables de Cordoue montèrent à cheval pour aller au-devant du vainqueur, et l’entrée triomphale de ce chef fut une des plus belles dont la capitale de la dynastie omé- ïade eut jamais été témoin.

Vue de 1920 des remparts Idrisside de Fès
Vue de 1920 des remparts Idrisside de Fès

Ne se bornant pas à pardonner au prince idrisside et à exécuter toutes les clauses de la capitulation, le souverain Omeyyade prodigua des cadeaux, des pelisses d’honneur, des bétes de somme, des pensions et des gratifications à lui et à tous ses compagnons ; il inscrivit même sept cents guerriers maghrebins de leur suite sur les contrôles de l’armée.

Trois années plus tard, El-Hakem chercha querelle à El-Hacen au sujet d’une masse d’ambre que celui-ci, étant encore sur le trône, avait reçue d’un des ports maghrebins et dont il avait fait faire un tabouret pour s’y appuyer, tantôt le coude, tantôt la téte.

Il demanda la remise de ce meuble en déclarant que ses bonnes grâces seraient assurées pour toujours au prince idrîcide s’il voulait le lui livrer.

El-Hacen repoussa cette proposition, et bien qu’il fût au courant des intrigues que ses cousins ourdis saient contre lui, il céda à son mauvais naturel et persista dans son refus. Une prompte disgrâce et la confiscation, non seule ment du morceau d’ambre, mais aussi de toutes ses richesses, furent le résultat de son obstination.

L’autorité des Omeyyades s’étant raffermie dans le Maghreb, tous les émirs nommés par El-Hakem réunirent leurs forces, afin de repousser Bologguîn.

Le vizir El-Mashafi donna alors le gouvernement de ce pays à Djâfer-Ibn-Ali1 et rappela en Espagne Yahya-Ibn-Mohammed-Ibn-Hachem.

Trouvant ensuite que l’en tretien des princes idrîcides coûtait fort cher à l’état, il les en voya tous en Orient, sans même retenir El-Hacen ; mais, avant de les laisser partir, il leur fit prendre l’engagement de ne plus rentrer en Afrique.

En l’an 365 (975-6), les Idrissides s’embarquèrent à Almeria, et, arrivés au Caire, ils trouvèrent, auprès d’El-Azîz, fils d’El- Moëzz-Mâdd, l’accueil le plus bienveillant et le plus honorable.

Ce prince leur promit même de les aider à prendre leur revanche, et, quelque temps après, il fit partir El-Hacen pour le Maghreb avec une lettre par laquelle les descendants de Zîri-Ibn-Menad, famille qui régnait alors à Cairouan, furent invités à lui prêter secours.

El-Hacen pénétra alors dans le Maghreb et appela le peuple aux armes ; mais, ayant été défait par les troupes qu’El- Mansour-Ibn-Abi-Amer [le grand vizir arabe des omeyyades andalous] avait envoyé à sa rencontre, il tomba encore au pouvoir de ses ennemis.

On le fit partir sous bonne escorte pour l’Espagne, mais il fut assas siné avant d’y arriver !.

La dynastie des Idrîcides succomba, de cette manière, dans le Maghreb; mais elle se releva plus tard sous les auspices des Beni-Hammoud, famille qui étendit son autorité sur Tanger, Ceuta et le pays des Ghomara, ainsi que le lecteur le verra dans le chapitre suivant.

Fait prisonnier dans sa jeunesse par un corps de troupes que les Idrissides avaient envoyé contre les Berghouata, Soggout fut vendu au cheikh Haddad, affranchi d’un de ces princes.

Etant ensuite passé sous le pouvoir d’Ali-Ibn- Hammoud, l’idrisside, il s’éleva par ses talents à une haute position sous cette dynastie et finit par s’asseoir sur le trône de Tanger et Ceuta. Après avoir obtenu la soumission des tribus ghomarides, il commença un règne qui devait se prolonger jus qu’à l’établissement de l’empire almoravide.

Vue sur la ville fondé par Idris Ier fondateur de la dynastie des idrissides, elle ce situe près de l'antique Volubilis
Vue sur la ville de Moulay Idriss Zerhoun, fondé par Idris Ier en 789,  fondateur de la dynastie des idrissides, elle ce situe près de l’antique Oulili ou Volubilis, dans la région de Meknès Maroc.

ORIGINE ET CHUTE DE LA DYNASTIE DES IDRISSIDES. — RÉTABLISSEMENT DE LEUR AUTORITÉ DANS PLUSIEURS ENDROITS DU MAGHREB.

Dans le mois de Dou-‘l-Câda, 169 (mai, 786), Hocein, fils d’Ali, fils de Hacen III, fils de Hacen II, fils de Hacen-es-Sibti, se révolta contre le khalife Abbasside El-Hadi.

Il prit les armes à la Mecque et réunit autour de lui plusieurs membres de sa famille, parmi lesquels se trouvèrent ses oncles Idrîs et Yahya. Il fut tué à Fekhh, endroit situé à trois milles de la Mecque, dans un conflit avec les troupes du khalife, commandées par Mohammed-Ibn- Soleiman-Ibn-Ali.

Un grand nombre de ses parents resta sur le champ de bataille ; ses partisans prirent la fuite et beaucoup d’entre eux furent faits prisonniers.

Yahya, fils d’Idrîs, se sauva dans la province de Deilem au Tabaristan , où il se révolta plus tard, et son père réussit à atteindre l’Egypte.

La direction de la poste aux chevaux établie en ce pays appartenait alors à Ouahed-el- Meskîn, affranchi de Saleh, fils du feu [khalife] El-Mansour.

Ce fonctionnaire, partisan secret de la famille d’Ali, ne vit rien de plus méritoire que de fournir des chevaux à Idrîs et de l’aider ainsi à s’enfuir vers le Maghreb.

En l’an 172 (788-9), Idrîs, accompagné de son affranchi Rached, atteignit Oulîli, dans le Maghreb-el-Acsa, et se mit sous la protection d’Ishac-Ibn-Mohammed- Ibn-Homeid, grand émir de la tribu Auréba.

Bientôt après, il annonça ouvertement ses prétentions au khalifat et rallia à sa cause les Zouagha, les Louata, les Sedrata, les Ghaïatha, les Nefza, les Miknaça, les Ghomara et toutes les autres peuplades berbères qui habitaient le Maghreb.

Le jour où ses nouveaux partisans furent réunis autour de ses drapeaux pour le soutenir et lui prêter le serment de fidélité, il leur tint le discours sui vant :

« Louange àDieu I que sa bénédiction soit sur son Prophète » 0 hommes, n’abaissez pas la tête devant un autre que nous ; car » vous ne trouverez chez personne des droits plus clairs que les » nôtres. »

Les ruines de Volubilis avec au fond à flanc de colline (la tache blanche) le village de Moulay Idris où se trouve le tombeau d'Idriss Ier
Les ruines de Volubilis avec au fond à flanc de colline (la tache blanche) le village de Moulay Idris  Zrhoun où se trouve le tombeau d’Idriss Ier ( non loin de Meknès, Maroc) 

Son frère Soleiman, dont nous parlerons plus tard, vint ensuite se fixer dans le pays des Zenata, tantôt à Tlemcen et tantôt aux environs de cette ville.

Quand Idrîs eut établi sa domination dans le Maghreb, il marcha contre les Berbères de ce pays qui professaient soit le magisme [idolâtrie], soit le judaïsme, soit la religion chrétienne.

Telles étaient les tribus de Fendelaoua, de Behloula, de Medîouna et les peuplades du territoire de Fazaz.

S’étant alors emparé de Temsna, de la ville de Chella et de Tedla, il obligea les habitants, dont la majeure partie était juive ou chrétienne, d’embrasser l’islamisme de leur bon gré ou mal gré.

Après avoir ruiné leurs places fortes, il marcha sur Tlemcen l’an < 73 (789-90).

Mohammed-Ibn-Khazer-Ibn-Soulat, chef de cette ville dont la population se composait d’Ifrénides et de Maghraouiens, vint au devant de lui et obtint, par une prompte soumission, la sé curité pour lui-même et pour les Zenata.

Devenu maître de Tlemcen, Idrîs y posa les fondations de la grande mosquée et fit construire une chaire sur laquelle on inscrivit son nom.

De nos jours, cette inscription se voit encore sur la face de la chaire. Idrîs était de retour à Oulîli, quand [le khalife Haroun-] Er-Rechîd envoya en Afrique Soleiman-Ibn-Horeiz, surnommé Es-Chemmakh.

1.400.1.1 Khalaf ben al-Muda' (175-176 791-792) dirham idrisside

Cet émissaire, affranchi d’El-Mehdi, père d’Er- Rechîd, avait reçu de celui-ci la commission d’assassiner Idrîs, et il arriva porteur d’une lettre adressée par le khalife à Ibn-el- Aghleb.

Ayant obtenu de ce gouverneur les moyens de continuer sa route, il alla voir Idrîs et se présenta comme déserteur de la cause des Abbassides et comme pratiquant la médecine.

L’imam Idrîs l’admit dans son intimité, et s’étant un jour plaint d’un mal de dents, il reçut de son protégé une brosse à dents dont l’emploi, dit-on, lui fut fatal ‘. Il fut enterré à Oulîli en l’an 175 (791-2).

Es-Chemmakh prit la fuite, et Rached se mit sur ses traces , à ce que l’on raconte , et l’atteignit sur le bord du Molouïa.

Chaeun d’eux porta à son adversaire un coup de sabre, et Es-Chemmakh, bien qu’il en eut la main tranchée, parvint à s’échapper en traversant le fleuve.

Après la mort d’Idrîs, les Auréba et les autres tribus berbères reconnurent pour souverain l’enfant qui devait bientôt naître de sa concubine Kenza.

Tombe d'Idriss Ier dans la ville de Moulay Idris Zerhoun près de Oulili (Volubilis) ( Le mausolée date du 18eme siècle)
Tombe d’Idriss Ier dans la ville de Moulay Idris Zerhoun près de Oulili (Volubilis) ( Le mausolée date du 18eme siècle)

Ils l’elevèrent avec le plus grand soin et, en l’an 188 (804) , ils lui jurèrent fidélité dans la mosquée d’Oulîli.

Ce prince, que l’on appela Idrîs-el-Asgher (Idrîs le jeune ou Idris II), avait alors onze ans et se trouvait sous la tutelle d’Abou-Khaled-Yezîd-Ibn-el-Yas-el-Abdi ; car Ibn-el- Aghleb était parvenu, deux années auparavant, à faire assassiner Rached.

Quand Idrîs II eut atteint l’âge de la majorité, on lui re- nouvella le serment de fidélité, et, ayant ainsi établi de nouveau l’autorité de la dynastie, on lui soumit toutes les villes du Maghreb.

Idrîs avait pour vizir un membre de la tribu [arabe] d’Azd appelé Mosab-Ibn-Omeir al-Azdi  et surnommé El-Meldjoum (le bridé) à cause d’une cicatrice qu’un coup de sabre lui avait laissée sur le nez.

Plus de cinq cents guerriers appartenant à divers tribus arabes établies en Maghreb et en Espagne se mirent aux ordres d’Idrîs II, lui formèrent un corps de serviteurs dévoués et méritèrent toute sa confiance à l’exclusion des Ber bères.

L’appui de cette troupe contribua beaucoup à l’agrandis sement de son autorité.

La plus vielle mosquée du Maroc (856-857) Il y fit construire une nouvelle mosquée qu’il appela la Mosquée Ash-Shurafa’, la Mosquée des Nobles. L’édifice étant situé dans le quartier des Kairouanis, il porta au final leur nom pour s’appeler Mosquée Al-Qarawiyyin. Le IXe siècle fut une ère de prospérité et de stabilité politique pour le Maroc idrisside. Du fait des nombreux immigrants arabo-berbères, sa population augmenta considérablement et Fès, la capitale, devint une grande métropole musulmane. Tout naturellement, la Mosquée Al-Qarawiyyin devenait de plus en plus petite devant l’afflux de gens qui venaient y prier ou s’instruire. Parmi les nombreux immigrants arrivés à Fès, figurait un riche Arabe originaire de Kairouan et s’appelant Muhammad Ibn `Abd Allah Al-Fihri. Cet homme n’avait que deux filles, Fatimah et Maryam à qui il s’efforça de donner la meilleure éducation. À sa mort, les deux sœurs se partagèrent les deux tiers de sa fortune. Constatant l’étroitesse de la Mosquée Al-Qarawiyyin, Fatimah, surnommée Umm Al-Banin, décida, au nom de son défunt père, de faire usage de son argent de la meilleure manière qui soit : financer la reconstruction et l’agrandissement de la Mosquée. Elle s’employa par ailleurs à acheter des terrains contigus à la Mosquée pour les lui léguer en tant que biens de mainmorte. C’était en 859. Fatimah Al-Fihriyyah fit ainsi construire une perle architecturale destinée à devenir la Mosquée Al-Qarawiyyin telle que nous la connaissons aujourd’hui.
La mosquée al-Qarawiyyin  à Fès est l’une des plus vielle mosquée du Maroc (856-857) après la fondation de la ville de Fès par par Idris II  et son régent Rashed en 808 il fit construire une mosquée qu’il appela la Mosquée Ash-Shurafa’. L’édifice étant situé dans le quartier des Kairouanais, il porta au final leur nom pour s’appeler Mosquée Al-Qarawiyyin.
 Constatant l’étroitesse de la Mosquée Al-Qarawiyyin, Fatimah al-Fihriya venu de  Kairouan , surnommée Umm Al-Banin, décida, de  financer la reconstruction et l’agrandissement de la Mosquée.. C’était en 859. Fatimah Al-Fihriyyah fit ainsi construire une perle architecturale destinée à devenir la Mosquée Al-Qarawiyyin telle que nous la connaissons aujourd’hui.
 
Idriss II fils du premier, fondation de Fès et de la Qarawiyyyin  : 
En l’an 192 (807-8), Idrîs fit mourir Ishac-Ibn-Mahmoud , chef des Auréba, ayant découvert qu’il entretenait des intelli gences avec Ibrahîm-Ibn-el-Aghleb.
La ville d’Oulîli ne pouvant plus suffire au nombre toujours croissant des troupes et d’autres serviteurs de l’empire, Idrîs II chercha un emplacement pour y fonder une nouvelle capitale.
Le sol sur lequel devait s’élever la ville de Fez appartenait alors aux Beni-Borghos et aux Beni-‘l-Khair, tribus zouaghiennes.
Parmi les Beni-Borghos se trouvèrent des mages, des juifs et des chrétiens ; les mages avaient même un temple du feu à Chibouba  , endroit qui fait partie de la ville de Fez.
Ces deux peuplades durent embrasser l’islamisme et en faire profession entre les mains d’Idrîs.
Comme elles se livraient à des guerres intestines, leur nouveau maître chargea son secrétaire, Abou-‘l-Hacen-Abd- el-Mélek-el-Khazredji, de mettre un terme à ces désordres.
Arrivé à [l’emplacement de] Fez, Idrîs II fit dresser ses tentes à l’endroit nommé Guerouaoua !, et, en l’an 192 (807-8), il com mença la construction de la ville, en traçant les fondations du quartier des Andalousiens (Adoua-t-el-Andelos).
Vue aérienne de la mosquée idrisside de al-Qarawiyyîn à Fes fondé en 850
Vue aérienne de la mosquée idrisside de al-Qarawiyyîn à Fes fondé en 856-7 (Maroc)
L’année sui vante il bâtit le quartier des Kairouanais (Adoua-t-el-Caraouiïn) et y fixa son séjour.
Il posa les fondations du Djamê-es-Chorefa (mosquée des chérifs).
Le quartier des Kairouanais s’étendait depuis Bab-es-Silsela (porte de la chaîne) jusqu’à l’étang nommé Ghadîr-Hamza et à l’endroit appelé El-Djorf (la berge).
Ayant raffermi son autorité comme khalife, il confia aux Auréba , soutiens de sa cause , les dignités les plus élevées de l’empire, et, en l’an 197(812-3), il marcha contre les Masmouda et les réduisit à la soumission, après avoir occupé leurs villes.
En l’an 199, il entreprit une expédition contre Tlemcen, et s’en étant rendu maître, il fit comme son père et reçut de Mohammed-Ibn-Khazer le serment d’obéissance.
Pendant les trois années qu’il passa dans cette ville, il en fit rebâtir la mosquée et restaurer la chaire.
Après avoir soumis les Berbères et les Zenata, Idrîs II se trouva assez puissant pour supprimer le Kharedjisme [dans ses états] et enlever aux Abbassides tout le pays qui s’étend depuis le Sous-el-Acsa jusqu’au Chelif.
Ibrahîm -Ibn-el-Aghleb eut recours à la corruption, afin de protéger ses frontières, et, étant parvenu à gagner Behloul-Ibn-Abd-el-Ouahed, chef des Matghara, il le décida à repousser l’autorité d’Idrîs, à recon naître la souveraineté de Haroun-er-Rechîd et à se rendre à Kairouan.
Cette défection confirma les doutes qu’ldrîs II entretenait au sujet de la fidélité des Berbères et le porta à demander la paix et à désarmer l’animosité qu’Ibrahîm lui témoignait.
Bientôt les arabes Aghlabides ne purent plus opposer une résistance efficace aux progrès des alides  Idrissides, et ils s’en excusèrent auprès des khalifes abbassides en leur représentant ldrîs comme un homme peu capable et en attaquant sa généalogie par des objections plus faibles que des toiles d’araignée.
En l’an 213 (828-9), Idrîs mourut, et son fils Mohammed le remplaça dans la souveraineté.
La mosquée Idrisside al-Andalusiyyin (des andalous) fut érigée en 859-860 sous le règne de la Dynastie Idrisside par une femme appelée Mariyam el Fihriya, sœur de Fatima el Fihriya, fondatrice de la Mosquée El-Qaraouiyyîn, l'autre grande mosquée historique de Fès.
La mosquée Idrisside al-Andalusiyyin (des andalous) fut érigée en 859-860 sous le règne de la Dynastie Idrisside par une femme appelée Mariyam el Fihriya, sœur de Fatima el Fihriya, fondatrice de la Mosquée El-Qaraouiyyîn, l’autre grande mosquée historique de Fès.
D’après les conseils de sa grand’mère Kenza, ce jeune prince se décida à admettre ses frères au partage du royaume paternel : à El-Cacem il céda les villes de Tanger, Basra, Ceuta, Tetouan et Hadjer-en-Nesr avec leurs dépendances et leurs tribus; à Omar il donna Tîkîças et Tergha avec le com mandement des tribus sanhajiennes et ghomarites établies dans le territoire qui sépare ces deux villes ; il accorda à Dawoud le pays des Houara *, Teçoul, Tèza et le gouvernement des tribus miknaciennes et ghaïathi des qui occupaient la région intermédiaire; il remit à Abd-Allah Aghmat, Anfîs, les montagnes habitées par les Masmouda, le pays des Lamta et le reste du Sous-el-Acsa; il livra à Yahya les villes d’Azîla et d’El-Araïch avec leurs dépendances et le pays des Ouergha ; il nomma Eiça au gouvernement des villes de Chella, Salé, Azemmor, Temsna et des tribus voisines ; enfin, il remit à Hamza la ville et les dépendances d’Oulîli.
Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès au nord du Maroc
Vue panoramique de la Médina Idrisside de Fès au nord du Maroc, fondé vraisemblablement par Idriss II en 807 JC
Ses autres frères, étant encore en bas âge, restèrent sous sa tutelle et sous celle de sa grand’mère.
Tlemcen devint l’apanage du fils de Soleiman-Ibn-Abd-Allah [frère d’Idrîs 1er].
Quelque temps après ce partage des états idrîcides, Eïça se mit en revolte à Azemmor dans l’espoir d’ôter le trône à son frère Mohammed.
Celui-ci invita El-Cacem à marcher contre le rebelle et, sur son refus, il confia cette mission à son frère Omar.
Eïça succomba, et Omar obtint de Mohammed l’autorisation de s’approprier les états du vaincu.
Le tombeau du deuxième sultan Idrisside Idriss II (188-213 H 803-829 J.-C.) à Fès au Maroc.
Le tombeau du deuxième sultan Idrisside Idriss II (188-213 H 803-829 J.-C.) à Fès au Maroc.
Il reçut alors de Mohammed l’ordre de marcher contre El-Cacem dont la désobéissance méritait d’être punie ; et, par suite d’une nouvelle victoire, il en occupa les états avec la permission de son chef. De cette manière, il se vit maître de tout le Rîf maritime depuis Tîkîças jusqu’au pays des Ghomara; delà, jusqu’à Ceuta, de Ceuta à Tanger, et puis toute la région qui borde la grande mer. ainsi qu’Azîla, Salé, Azemmor et le pays des Temsna.
El-Cacem se jeta alors dans la dévotion et bâtit un hermitage (ribat) sur la côte, près d’Azîla, dans lequel il resta jusqu’à sa mort. Omar continua à servir son frère Mohammed avec dévouement et, en l’an 220 (835), pendant que celui-ci régnait encore, il mourut à Fedj-el-Férès, dans le pays des Sanhadja 1 et fut enterré à Fez.
Cet Omar fut l’ancêtre des Hammoudites , famille qui succéda, en Espagne, à celle des Omeyyades.
Ses états passèrent à son fils Ali, d’après l’ordre de l’émir Mohammed. Mohammed [fils d’Idrîs II] mourut en l’an 221 (836), sept mois après la mort de son frère Omar.
Dans sa dernière maladie il désigna pour successeur son fils Ali, qui était alors âgé de neuf ans.
Les Auréba et autres Berbères, amis et serviteurs de la dynastie, s’empressèrent de prêter serment au jeune prince et de maintenir ses droits pendant sa minorité.
Il mourut en l’an 234 (848-9), après un règne prospère de treize ans. Yahya, autre fils de Mohammed et successeur désigné d’Ali, se chargea de l’autorité suprême.
Pendant son règne, le territoirc et la puissance de l’empire prirent un grand accroissement.
De beaux monuments attestent encore l’excellence de l’adminis tration de Yahya : à ses soins éclairés Fez dut la construction de ses bains, de ses faubourgs et de ses caravansérails ; aussi était-elle devenue une ville très-florissante dans laquelle re fluaient jusqu’aux habitants des villes éloignées.
Fatima al-Fihriya
Fatima al-Fihriya, fondatrice de la mosquée et l’université de la Qarawiyyin
Au nombre des personnes qui vinrent alors s’établir à Fez, on cite une femme de Kairouan nommée Omm-el-Benîn (mère des fils), fille de Mohammed-el-Fihri (de la tribu arabe de Qoreich).
Selon Ibn-Abi-Zerâ, elle s’appelait Fatema et appartenait à une tribu berbère, les Hoouara.
Cette femme, ayant hérité de grandes richesses, à la mort de ses proches, résolut de dépenser sa for tune en œuvres de bienfaisance, et fonda la grande mosquée du quartier des Kairouanides (kairouanais).
Ce fut en l’an 245 (859) qu’elle fit poser les fondements de cet édifice dans un champ inculte dont Idrîs lui avait fait la concession.
Dans la cour de la mosquée, elle fit creuser un puits pour l’usage du public : on dirait même que la sollicitude des souverains de Fez pour le bien-être du peuple leur avait été inspirée par la conduite d’Omm-el-Benîn.
La mosquée d’Idrîs étant devenue trop petite pour le nombre toujours croissant des fidèles, on fit par la suite célébrer l’office du vendredi dans celle du quartier des Cairouanides.
En l’an 345 (956-7), environ un siècle après l’érection de cet édifice, Ahmed-Ibn-Saîd-Ibn-Bekr en fit construire le minaret, comme on le voit par une inscription gravée sur pierre et placée au coin oriental de la tour.
El-Mansour-Ibn-Abi-Amer al-Maaferi le vizir omeyyade andalous fit aggrandir cette mosquée et bâtir un aqueduc pour fournir de l’eau à une fontaine située auprès de la porte d’El-Hofat.
Les derniers souverains almoravides firent aussi des additions [à cette mosquée], et leur exemple fut suivi par les souverains almohades et mérinides ; tous ont continué à l’embellir, à l’entretenir avec un soin particulier, comme on le peut voir dans les ouvrages qui retracent l’histoire du Maghreb.
La dynastie arabe des Idrissides : C. El Briga « Idrisides » Encyclopédie berbère, 24 Ida Issamadanen, Aix-en-Provence, Edisud, 2001, p. 3637-3638
La dynastie arabe des Idrissides : C. El Briga « Idrisides » Encyclopédie berbère, 24 Ida Issamadanen, Aix-en-Provence, Edisud, 2001, p. 3637-3638

Yahya mourut l’an et eut pour successeur son fils Yahya.

Le nouveau souverain s’abandonna à son mauvais naturel et osa porter atteinte à l’honneur des femmes.

Par un de ces méfaits il donna un si grand scandale ! que le peuple l’expulsa du quartier des Cairouanides.

Il alla se cacher dans le quartier des Andalousiens où il mourut de chagrin dans la même nuit.

Cette révolte fut suscitée par Abd-er-Rahman-Ibn-Abi-Sehl-el- Djodami, et elle eut pour résultat l’enlèvement de l’empire aux descendants de Mohammed-Ibn-Idrîs.

La nouvelle de la mort de Yahya fut portée à son cousin Ali- Ibn-Omar, souverain du Rîf: de pressantes invitations lui arri vèrent en même temps de la part des grands officiers de l’empire, tant arabes que berbères, ainsi que des affranchis et clients de la maison royale.

Cédant à leurs instances, Ali se rendit à Fez, reçut d’eux le serment de fidélité et réunit sous son autorité toutes les provinces du Maghreb.

Quelque temps après cet événement, un partisan des doctrines hérétiques des Sofrites, nommé Abd-er-Rezzac, leva l’étendard de la révolte dans les montagnes de Medîouna, d’où il marcha sur Fez et s’empara du quartier des Andalousiens.

Ali-Ibn- Omar s’enfuit chez les Auréba ; mais, le peuple du quartier des Kairouanides résista vigoureusement au rebelle, après avoir pro clamé Yahya , surnommé Es-Saram  , fils d’El-Cacem , fils d Idrîs.

Ce prince vint à leur secours avec une armée, livra plu sieurs batailles à Abd-er-Rezzac, et parvint à l’expulser du quartier des Cairouanides.

Il donna le commandement de cette partie de la ville à Thâleba-Ibn-Mohareb-Ibn-Abd-Allah, natif du faubourg (rebed) de Cordoue et descendant du célèbre émir Mohelleb-Ibn-Abi-Sofra *.

Ruines de Basra ou Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») est un site archéologique du Maroc, devenue capitale des Idrissides, dynastie ayant régné de 789 à 985, lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides.
Ruines d’ al  Basra al-Hamra (« Basra la rouge ») au Maroc, nommée d’après la ville de Bassora, en Irak devenue capitale des Idrissides, (789 à 985) lorsque ces derniers sont chassés de Fès par les Fatimides fondée au début de l’état Idrisside comme Asila entre 180 de Hégire/ 796 JC; ( régence de Rachid ) et 803/197 H. ( régence d’Idriss II ), la ville d’al-Basra  s’éleva rapidement d’un simple village à une résidence estivale des émirs idrissides. Ibn Hawqal, géographe arabe du 9eme ème siècle, rapporte qu’elle est une ville d’étendue moyenne protégée de remparts et ses productions sont nombreuses: Le coton en particulier, qui est exporté à destination de l’Ifriqiya (Tunisie-constantinois). 

Thaleba eut pour successeur son fils Abboud, lequel transmit l’autorité à son fils Mohareb-Ibn-Abboud. [Yahya-Ibn-el-Cacem] continua à gouverner [le MagbrebJ jus qu’à l’an 292 (904-5), quand il fut tué dans un combat avec Er- Rebiâ-Ibn-Soleiman [général de Yahya-Ibn-Idrîs].

Il eut pour successeur Yahya-Ibn-Idrîs-Ibn -Omar *, seigneur du Rîf et neveu d’ Ali-Ibn-Omar.

L’autorité du nouveau souverain s’étendit sur tous les états idrîciens, et son nom fut proclamé du haut de toutes les chaires du Maghreb. Il fut le prince le plus puissant de cette famille, et, par ses connaissances dans la loi et les traditions, il s’acquit une haute distinction.

Pendant les changements dont nous venons de parler, les Fatemides étaient parvenus à fonder un royaume en Ifrîkïa, à s’emparer de Cairouan età bâtir El-Mehdïa.

En l’an 305(947-8) !, ils conçurent l’espoir de conquérir le Maghreb, et donnèrent à Messala-Ibn-Habbous , chef des Miknaça et gouverneur de Tèhert, l’ordre d’entamer les hostilités contre les Idrîcides.

Messala pénétra dans ce pays à la tête d’une nombreuse armée composée de troupes miknaciennes et ketamiennes.

Yahya-Ibn- ldrîs marcha contre lui avec ses bandes arabes, son corps d’af franchis, les guerriers de la tribu d’Auréba et toutes les autres peuplades berbères qui s’étaient attachés à l’empire des Idrîcides.

Dans la rencontre qui eut lieu, la fortune se déclara contre lui; ses partisans furent mis en déroute, et bientôt après, il fut assiégé dans Fez par Messala.

Fals Idrisside (bronze) frappé au nom de Râchid Ibn Qâdim à Tâhirt (sans date). Source Hespéris, XXII, Fasc. II, 1936, p. 118
Fals Idrisside (bronze) frappé au nom de Râchid Ibn Qâdim à Tâhirt (sans date). Source Hespéris, XXII, Fasc. II, 1936, p. 118

Réduit ainsi à la dernière extrémité, il consentit a payer une contribution de guerre et à gouverner Fez au nom d’Obeid-Allah le fatemide.

Les autres provinces du Maghreb furent données par le vainqueur à son cousin Mouça- Ibn-‘l-Afïa, émir des Miknaça et seigneur de Teçoul et de Teza. Nous parlerons de ces événements dans l’histoire des Miknaça 3. Une inimitié profonde régnait entre Ibn-Abi-‘l-Afïa et Yahya- Ibn-ldrîs; aussi, en l’an 309 (921-2), le premier de ces chefs profita de la seoonde expédition des Fatimides en Maghreb pour indisposer Messala contre le prince de Fez.

Il en résulta l’arrestation de Yahya, la saisie de ses trésors et son bannissement dans la ville d’Azîla.

Rîhan le ketamien reçut de Messala le gouvernement de Fez. Plus tard, Yahya essaya de passer en Ifrîkïa, mais il fut arrêté et retenu en prison pendant deux ans par Ibn-Abi-‘l-Afïa. Quand il recouvra la liberté, il partit pour El-Mehdïa où il arriva l’an 331 (942-3), et il mourut dans cette ville pendant qu’Abou-Yezîd la tenait assiégée.

Ibn-Abi-‘l-Afïa obtint de cette manière le gouvernement du Maghreb. En l’an 313 (925-6) *, El-Hacen surnommé El-Haddjam * et fils de Mohammed-Ibn-el-Cacem-Ibn-Idrîs , expulsa Rîhan le ketamien de la ville de Fez. Il marcha ensuite contre Mouça-Ibn- Abi-‘l-Afïa et lui livra plusieurs batailles, dans une desquelles Minhal, fils de Mouça, et plus de deux mille guerriers [mikna ciens] perdirent la vie. A peine fut-il entré à Fez, que, par une trahison insigne , Hamed-Ibn-Hamdan l’aurébien le jeta dans les fers et livra la ville à Mouça.

Comme celui-ci exigea que le prisonnier lui fût remis, Hamed trouva des prétextes pour s’y refuser, et, ensuite, il le fit évader sous un déguise ment. El-Haddjam, rendu ainsi à la liberté, essaya de se laisser descendre du haut de la muraille de la ville, à l’aide d’une corde, mais il fit une chute dont il mourut la même nuit.

Hamed-Ibn- Hamdan s’enfuit à El-Mehdïa. Mouça-Ibn-Abi-‘l-Afïa tua en suite Abd-Allah, fils de Thàleba-Ibn-Mohareb, ainsi que Moham med et Youçof, fils de ce même Abd-Allah. Ayant enfin renversé la puissance des Idrîcides, il devint maître de tout le Maghreb.

Vue sur les remparts d'origine Idrisside de la ville de Tlemcen en Algérie de l'ouest
Vue sur les remparts d’origine Idrisside de la ville de Tlemcen en Algérie de l’ouest. En 790, Idrîss Ier obtient de Mohammed Ibn Khazar, émir des Zénata, la possession de la cité il pose les fondements de la mosquée-cathédrale, reprend la route du Maghreb el-Aksa (actuel Maroc), installant son frère Muhammad Ibn Soulayman comme gouverneur à Agadir-Tlemcen. Les Idrissides y règnent durant 140 ans, de 790 à 931. Sous les Idrissides Sulimanides, la ville se dote d’une enceinte défensive (à l’image) qui s’ouvre par cinq portes. Al-Bakri la décrit comme « une grande ville qui possède des bazars, des mosquées, des moulins et même une église fréquentée par les chrétiens. « 

Après la mort d’El-Haddjam, ses frères se retirèrent dans le Rîf et, s’étant établis à Basra, ils reconnurent pour chef leur frère aîné, Ibrahîm-Ibn-Mohammed-Ibn-el-Cacem. Ce fut alors, en l’an 317 (929), qu’Ibrahîm bâtit le château de Hadjer-en- Nesr pour servir de lieu de retraite à sa famille.

Vers la même époque, les fils d’Omer-Ibn-Idrîs occupèrent le pays des Ghomara, depuis Tîkîças jusqu’à Ceuta et à Tanger.

En l’an 319 (931), En-Nacer, le souverain omeyyade d’Espagne, entreprit de réduire le Maghreb et obligea Abou-‘l-Alch, fils d’Idrîs-Ibn- Omar, à lui livrer la ville de Ceuta.

Après la mort d'[Ibrahîm- Ibn-Mohammed] , ses frères reconnurent pour chef El-Cacem- Ibn-Mohammed-Ibn-el-Cacem , surnommé El-Kennoun et frère d’Ibrahîm et d’El-Haddjam.

Ce prince abandonna le parti d’Ibn- Abi-‘l-Affa [qui avait consacré ses services aux Oméïades] et embrassa la cause des Fatemides.

Après sa mort, l’autorité passa à ses enfants qui continuèrent à trouver l’appui des Ghomara et des autres tribus amies de la famille.

Les khalifes oméïades ayant alors étendu leur autorité sur le Maghreb, enlevèrent aux Zenata la possession des campagnes de cette province; ensuite, les Beni-Ifren occupèrent la ville de Fez et l’abandonnèrent aux Maghraoua. Pendant ce temps, les Idrissides étaient parvenus à établir un nouvel empire dans le Rîf avec le concours des Ghomara.

Les descendants de Mohammed et ceux d’Omar possédaient Basra, Hadjer-en-Nesr, Ceuta et Azîla quand ils en furent dé possédés par les Oméïades et déportés en Espagne. Quelque temps après, on les envoya à Alexandrie, d’où, plus tard, El- Azîz, le khalife fatimide, autorisa El-Hacen-Ibn-Kennoun de partir pour le Maghreb afin de reconquérir le royaume idrisside.

Dans cette expédition , El-Hacen fut défait par [les troupes d’]El-Mansour[-Ibn-Abi-Amer] et perdit la vie. Avec lui finit la dynastie des Idrîcides du Maghreb et la puissance de la tribu d’Aureba.

Les Idrissides réfugiés dans les montagnes des Ghomara, succédèrent à l’autorité des Omeyyades d’Espagne.

Quand les contingents berbères passèrent en Espagne pour soutenir El-Mostaïn [dans ses prétentions au khalifat], les Hammoudites, famille descendue d’Idrîs, y accompagnèrent les bandes ghomariennes et parvinrent à y fonder un royaume. » (Fin)

Les filiations des différente dynasties alides et fondateur d'états.
Les filiations des différente dynasties alides et fondateur d’états.
Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale, tr. par le baron de Slane
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2 réflexions au sujet de « La dynastie Alide des Idrissides 789–985 par Ibn Khaldoun al-Hadrami : »

    ballandalus a dit:
    22 janvier 2016 à 3 h 29 min

    A reblogué ceci sur Ballandalus.

    Haouraji Brahim a dit:
    1 juin 2016 à 18 h 05 min

    Le dirham Alide Idrisside frappé en 840 à Al Aliyah , cette derniére ville n’est pas marocaine, ni ancien nom du Maroc mais bien situé dans la ville de Lattaquié en Syrie.

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