Arrivée des forces Ayyoubide en Ifriqiya (1172), mort de l’Almohade Abu Yaqub Yusuf (1184), et guerre contre les Francs en Andalousie par ibn al-Athir :

Publié le Mis à jour le

Exercice des ghulam et mamelouks  Ayyoubide devant le sultan Salahudn al-Ayyoubi en Egypte.
Exercices des Ghulam et Mamelouks Ayyoubide devant le sultan Salahudin al-Ayyoubi en Egypte.

Arrivée des  Turc (Mamelouk des Ayyoubides) en Ifrîkiyya, où ils conquièrent Tripoli et d’autres villes[84] en 1172

En 568 (22 août 1172) une troupe de Turcs ayant à sa tête K’arak’oûch [85] mamlouk de Tak’i ed-Dîn ‘Omar, neveu de Salâh’ ed-Dîn Yoûsof ben Ayyoûb (Saladin al-Ayyoubi l’Ayyubide), dans une rédaction qui attribue à ‘Omar, frère du Prince des croyants (abbassides) , le commandement des troupes envoyées par Ya’koûb [lisez Aboû Ya’koûb Yoûsof], sortit d’Egypte[86] et se rendit dans les montagnes de Nefoûsa, où elle opéra sa jonction avec Mas’oûd ben Zemmâm, connu sous le nom de Mas’oûd el-Ballât.[87]

Ce chef, l’un des principaux de la région, avait pu autrefois se soustraire à l’autorité des Almohades d’’Abd el-Mou’min.[88]

La réunion des partisans de ces deux chefs constitua une force considérable, et ils mirent le siège devant Tripoli, qu’ils bloquèrent et serrèrent de très près.

Cette ville fut prise, K’arâk’oûch s’y empara du gouvernement, installa sa famille dans le palais et poursuivit ses conquêtes en Ifrîkiyya, sans qu’il pût cependant se rendre maître de Mehdiyya, de Sfax, de Gafça, de Tunis et des territoires et bourgades dépendant de ces villes.

De nombreux soldats constituèrent une armée de plus en plus forte à K’arâkoûch, dont l’autorité dans ces pays trouvait chez les Arabes une aide fondée sur leurs dispositions innées à détruire, à piller, à couper les arbres, les palmiers, etc.

Il réunit ainsi des richesses considérables qu’il mit en sûreté à Gabès, et, l’orgueil lui montant au cerveau, il se flatta de conquérir l’Ifrîkiyya tout entière, grâce à l’éloignement du maître de ce pays, Aboû Ya’koûb Yoûsof.

Nous verrons plus tard comment les choses se passèrent.

al-Faris Cavalier  Arabe avec son arc
al-Faris Cavalier Arabe avec son arc

Campagne de Yoûsof ben ‘Abd el-Mou’min contre les Francs en Espagne[89] la bravoure des chevaliers arabes (hilalliens du jund)

En la même année, Yoûsof partit de Séville à la tête de ses troupes pour faire campagne contre les Francs et alla assiéger Huete, ville qui est située à l’est et non loin de Tolède.

De nombreux : Francs vinrent se ranger sous les drapeaux d’Alphonse roi de Tolède [Alphonse IX de Castille], mais ne livrèrent pas de bataille rangée aux musulmans.

Or ceux-ci vinrent, à cause de leur grand nombre, à manquer de vivres et furent ainsi forcés de quitter le territoire franc pour retourner à Séville.

Jusqu’à 571 (21 juillet 1175), Yoûsof y séjourna, organisant ses troupes et faisant faire d’incessantes incursions [P. 257] en territoire franc.

Il y eut de nombreux combats et razzias où les Arabes déployèrent une bravoure indescriptible : en vain le champion arabe s’avançait entre les deux armées pour provoquer en combat singulier les chevaliers francs les plus réputés, nul n’osait relever son défi.

Aboû Ya’koûb Yoûsof regagna alors Merrâkech.[90]

 Saladin as depicted on a Dirham coin, Circa. 1190

La flotte sicilienne se présente devant Alexandrie et est mise en déroute

En moharrem 570 (août 1174), les Alexandrins et l’armée Ayyoubide d’Egypte remportèrent une victoire sur la flotte des Francs de Sicile.

Nous avons dit en effet que les Égyptiens avaient député au roi des Francs sur le littoral de Syrie ainsi qu’au prince de Sicile pour leur demander d’attaquer l’Egypte, de manière à leur permettre à eux-mêmes de se soulever et de chasser Salâh ed-Dîn (Saladin) al-Ayyoubi.

 

Le prince de Sicile équipa en conséquence une flotte considérable, etc.[91]

Abū Ya‘qūb Yūsuf; 1135 – 14 October 1184)[1] was the second Almohad Amir or caliph

 Révolte du prince de Gafça et conquête de cette ville par Yoûsof[92]

En 576 (27 mai 1180), Yoûsof s’avança en Ifrîkiyya et fit la conquête de Gafça. Le prince de cette ville, ‘Ali ben el-Mo’izz ben el-Mo’tazz, ayant vu que les Turcs étaient entrés en Ifrîkiyya, en avaient conquis une partie et avaient obtenu la soumission des Arabes, fut pris aussi de l’envie de se rendre indépendant et de secouer la suzeraineté de Yoûsof.

Il se révolta ouvertement et, soutenu par les habitants de Gafça, il massacra la garnison almohade de cette ville en chawwâl 572 (1er avril 1177).

Le gouverneur de Bougie informa Yoûsof de l’état de trouble où se trouvait le pays, de la reconnaissance faite par de nombreux Arabes du Turc K’arâk’oùch qui était entré en Ifrîkiyya, et du massacre de la garnison almohade de Gafça par Ali d’accord avec les habitants de cette ville.

Yoûsof commença par assurer les frontières qui pouvaient donner lieu à quelque crainte, et ce ne fut qu’après avoir pris ce soin qu’il passa en Ifrîkiyya avec ses troupes en 575 (7 juin 1179). Pendant trois mois il assiégea Gafça, qui était bien fortifiée et dont les habitants étaient braves, et coupa les arbres des environs.

La situation devenant pénible, ‘Ali sortit à l’insu de la population et de l’armée et arriva jusqu’à la tente de Yoûsof, où il se fit connaître au chambellan du prince.

Ce dernier, très surpris qu’Ali eût pu, sans sauf-conduit, arriver jusqu’à sa tente, le laissa néanmoins pénétrer jusqu’à lui, et ‘Ali, après lui avoir baisé la main, essaya de se justifier et le pria d’agir avec une générosité digne de lui-même en faisant grâce aussi bien à lui ‘Ali qu’aux habitants.

C’est ce que fît Yoûsof, qui pénétra dans la ville au commencement de l’année 576 (27 mai 1180) et envoya ‘Ali au Maghreb, où il le traita avec honneur et lui assigna un fief considérable.[93] Il réinstalla une garnison almohade à Gafça, et pardonna également à Mas’oûd ben Zemmâm, émir des Arabes, qui vint se présenter à lui, et qui fut aussi envoyé à Merrâkech.

Yoûsof se rendit ensuite à Mehdiyya, où il reçut un messager du roi de Sicile, qui venait solliciter la paix, et qui obtint une trêve [P. 310] de dix ans. Mais l’Ifrîkiyya, ravagée par la famine, ne pouvait nourrir ni les hommes ni les chevaux, et il regagna précipitamment le Maghreb.

La mosquée Almohade Hassan de Rabat construite par  sultan almohade Abû Yûsuf Ya'qûb al-Mansûr (r. 1184-1199)
La mosquée Almohade Hassan de Rabat au Maroc, fut construite par le sultan almohade Abû Yûsuf Ya’qûb al-Mansûr (r. 1184-1199)

 Mort de Yusuf l’Almohade et avènement de son fils Yaqub al-Mansur [94]

En 580 (13 avril 1184), Yoûsof passa du Maghreb en Espagne avec des troupes nombreuses, tant cavaliers que fantassins, et alla à l’ouest de ce pays assiéger Santarem, qui appartenait aux Francs. Au bout d’un mois, il tomba malade et mourut en rebi’ I (11 juin 1184) ; on le transporta en cercueil à Séville.[95]

Il avait régné vingt-deux ans et un mois.[96] Comme de son vivant il n’avait désigné aucun de ses fils pour le remplacer, les chefs almohades, d’accord avec la famille d’Abd el-Mou’min, choisirent le fils du défunt Aboû Yoûsof Ya’koûb, et l’installèrent sitôt que son père fut mort, car le voisinage de l’ennemi rendait l’entente urgente.

Le nouveau prince tint très dignement sa place, maintint haut l’étendard de la guerre sainte et gouverna sagement ; plein de piété, il appliquait les peines légales aux grands aussi bien qu’aux petits ; sa main ferme contint tout son vaste empire dans une obéissance parfaite.

Après avoir réorganisé les places frontières d’Espagne et y avoir installé de nombreuses garnisons, il répartit aussi des troupes dans le reste du pays et mit tout en ordre, puis retourna à Merrâkech.

Son père Yoûsof avait gouverné sagement et avec plus de douceur qu’Abd el-Mou’min ; il aimait  et favorisait les savants, avait recours à leurs lumières, leur confiait des fonctions et les attirait à sa cour ; les populations lui obéissaient volontiers, et des territoires qui avaient résisté à son prédécesseur lui firent leur soumission ; il ne changea rien au prélèvement des impôts tel que l’avait fixé son père.

Son autorité resta toujours incontestée, grâce à la manière dont il gouverna et dont il ne se départit pas jusqu’à la fin de sa vie.

Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d'époque Hammadide
Citadelle (casbah) au-dessus du port de Béjaïa d’époque Hammadide  (11eme siècle), Algérie. 

 Bougie est conquise par les Almoravides puis reconquise par les Almohades.[97]

En cha’bân 580 (6 nov. 1184), ‘Ali ben Ish’âk’, connu sous le nom d’Ibn Ghâniya, qui était l’un des principaux officiers des Almoravides, les anciens maîtres du Maghreb, partit de Mayorque, où il régnait, et alla conquérir Bougie.

En effet, à la nouvelle de la mort de Yoûsof ben ‘Abd el-Mou’min, il équipa les vingt bâtiments qui constituaient sa flotte, alla jeter l’ancre sur le littoral de Bougie, et après avoir débarqué les deux cents cavaliers almoravides et les quatre mille fantassins dont il était accompagné, il occupa cette ville sans coup férir.

Ce succès tint à l’absence du gouverneur qui, peu de jours auparavant, était parti pour Merrâkech sans laisser ni troupes ni défenseurs à Bougie, qu’aucun ennemi ne semblait alors menacer et que l’on croyait à l’abri d’un pareil coup d’audace d’Ibn Ghâniya.

Celui-ci fut rejoint par les survivants des Benoû H’ammûd, et cet accroissement de forces augmenta sa confiance.

En apprenant cet événement, le gouverneur de Bougie, interrompant son voyage, revint sur ses pas à la tête de trois cents cavaliers almohades, auxquels il en joignit environ un millier d’autres recrutés parmi les Arabes et les tribus de ces régions.

Dès que l’Almoravide fut informé qu’il approchait, il marcha à sa rencontre avec mille cavaliers et engagea l’action, mais elle fut de courte durée, car tous les auxiliaires du gouverneur se retournèrent contre lui, de sorte qu’il dut fuir avec ses Almohades et se retirer vers Merrâkech.

L’Almoravide regagna Bougie, et conquit ensuite tous les cantons qui en dépendent ; mais Constantine résista, et il dut en faire le siège jusqu’en çafar 581 (3 mai 1185). À cette date, une armée almohade partie de Merrâkech vint assiéger Bougie par terre et par mer, et les deux frères d’Ali ben Ish’âk’, c’est-à-dire Yah’ya et ‘Abd Allah, durent s’enfuir de là et rejoindre ‘Ali, qui leva le siège de Constantine et s’avança dans l’Ifrîkiyya.

L’armée almohade venue de Merrâkech et qui reconquit Bougie comptait, comme troupes de terre, vingt mille cavaliers envoyés par Ya’k’oûb, qui avait été mis au courant des événements par le gouverneur de Bougie et à qui celui-ci avait représenté les dangers que risquait de provoquer toute négligence.

Les Ghulam et Mamelouks de l'armée Ayyoubide
Les Ghulam et Mamelouks de l’armée Ayyoubide. Les Ayyoubides, les Almoravides reconnaissais Baghdad et les Abbassides comme calife légitime tout comme les arabes d’Ifriqiya et ne voulais pas de la secte Asharite Almohade.

.

L’Ifrîkiyya, d’abord conquise par les Almoravides et les Arabes, rentre sous l’autorité des Almohades.[98]

Sous l’année 580, nous avons dit que Bougie, d’abord conquise par l’Almoravide ‘Ali ben Ish’âk’, fut reprise par l’armée almohade de Ya’k’oûb ben Yoûsof, et qu’ ‘Ali s’enfonça en Ifrîkiyya.

Les Banu Soleym, les Banu Riyâh’ et les autres Arabes de ces régions se joignirent à lui, aussi bien que les Turcs que nous avons dit être venus d’Egypte Ayyoubide dans ce pays sous la conduite de Cheref ed-Dîn K’arâk’oûch ; là aussi se trouvait parmi les Turcs d’Egypte, Bouzâba, mamlouk de Tak’i ed-Dîn, le neveu de Saladin.[99]

Réunis ainsi, ils formaient une troupe nombreuse et puissante, et tous ces alliés étaient hostiles au pouvoir almohade.

Ils reconnurent pour chef ‘Ali ben Ish’âk’, parce qu’il appartenait aune famille qui exerçait le pouvoir depuis longtemps, et lui donnèrent le titre d’Émir des musulmans.

Ils conquirent l’Ifrîkiyya tout entière de l’est à l’ouest, moins les deux villes de Tunis et de Mehdiyya, que les Almohades occupaient et où, se maintenant malgré tout, ils résistèrent à l’intimidation, au blocus et à la force.

Tous les fauteurs de troubles dans ce pays se joignirent à l’Almoravide insurgé, [P. 343] aussi bien que tous ceux qui ne cherchaient qu’à piller et à faire le mal ; ils ravagèrent les villes, les places fortes et les villages, violèrent les femmes et abattirent les arbres. ‘Abd el-Wâh’id ben ‘Abd Allah Hintâti, alors gouverneur almohade d’Ifrîkiyya, résidait à Tunis, d’où il écrivit à Merrâkech à Ya’k’oûb, prince Almohade du Maghreb, ce qui se passait.

L’Almoravide se dirigea vers la presqu’île de Bâchoû, qui est voisine de Tunis et renfermait de nombreux villages.[100]

Il en entreprit le blocus, puis il accorda l’amân aux habitants, qui le demandèrent ; mais ses soldats y ayant pénétré, y pillèrent toutes les richesses, les bêtes de somme et les vivres, dépouillèrent les hommes de leurs derniers vêtements, s’emparèrent des femmes et des enfants et laissèrent toute la population exténuée et sans ressources.

Ces malheureux se dirigèrent ensuite sur Tunis ; là, ceux qui avaient assez de vigueur pour cela travaillèrent pour se procurer de quoi se sustenter, tandis que les plus faibles vivaient de la charité publique.

Mais l’hiver étant survenu, ils furent fort éprouvés par le froid, et en outre la peste les accabla : on compta 12.000 morts dans une seule localité, ce qui peut faire juger du l’esté.

L’Almoravide, une fois maître de l’Ifrîkiyya, fit remplacer dans la khotba le nom des fils d’ ‘Abd el-Mou’min par celui du khalife Abbasside En-Nâçir lidîn-illâh, à qui il fit demander (l’investiture sous forme de) robes d’honneur et d’insignes noirs.

En 582 (23 mars 1186), il alla mettre le siège devant Gafça, dont les habitants, après avoir expulsé la garnison almohade, reconnurent son autorité ; il y organisa une milice formée d’Almoravides et de Turcs, et non content de la solidité des fortifications, il y laissa une garnison.

Au reçu de ces nouvelles, Ya’koûb ben Yoûsof forma une armée choisie de 20.000 cavaliers seulement, à cause du peu de vivres que l’on pouvait trouver dans ces régions et de l’état de ruine et de dévastation où elles se trouvaient, et se mit en marche vers Tunis en çafar 583 (Il avril 1187).

Il fit marcher contre ‘Ali ben Ish’àk’, qui était alors à Gafça, un corps de 6.000 cavaliers commandés par son neveu fils de son frère ; mais quand on en vint aux mains, une troupe de Turcs qui accompagnait le corps Almohade fit défection, ce qui amena la défaite de ce dernier et la mort de plusieurs des officiers qui le commandaient, en rebî’ I 583 (10 mai 1187).

Ya’koûb, après avoir reçu cette nouvelle, continua de résider à Tunis jusqu’à la mi-redjeb (20 septembre) de cette année, et mena alors ses troupes contre l’Almoravide et les Turcs : la rencontre eut lieu proche  de Gabès[101] et aboutit à la défaite d’Ibn Ghâniya et des siens, dont il fut fait une extermination presque complète ; le faible nombre qui échappa se jeta dans l’intérieur.

Le même jour, Ya’koûb se dirigea contre Gabès, et quand il l’eut conquise, il en tira les femmes et les enfants de K’arâk’oûch pour les expédier au Maghreb.

Il marcha ensuite sur Gafça, qu’il assiégea pendant trois mois, et au cours de cette période, il ravagea les environs et en abattit les arbres.

Les Turcs alors lui firent demander quartier pour eux-mêmes et pour les habitants, ce qui leur fut accordé.

Les Turcs sortirent sains et saufs, et le prince, qui avait remarqué leur bravoure et leur férocité, les envoya en garnison dans les places frontières ; mais les Almoravides qui étaient dans la ville furent mis à mort, les murs en furent démantelés et il n’y laissa plus subsister qu’une simple bourgade. Ainsi se réalisa la prédiction, rappelée plus haut, du Mahdi Ibn Toûmert, que ses murs seraient détruits et ses arbres coupés.[102]

La ruine de Gafça opérée et l’Ifrîkiyya remise en ordre, Ya’k’oûb rentra à Merrâkech en 584 (1er févr. 1188).

Remparts de la forteresse Omeyade de  Silves  al-Gharb al-Andalus Portugal  À l'époque musulmane, la principale ville de la région (Gharb al-Ândalus, الغرب الأندلس en arabe) est Silves. Au début du xie siècle, le califat de Cordoue éclate en plusieurs petits royaumes ou taïfas. L'Algarve est partagée entre le taïfa d'Algarve et celui de Silves. Ces deux royaumes sont conquis par le taïfa de Séville en 1051 et 1063, respectivement. Après la chute des Almoravides en 1147, le taïfa de Silves retrouve brièvement son indépendance avant de tomber sous le joug des Almohades en 1151.
Remparts de la forteresse Omeyyade de Silves al-Gharb al-Andalus Portugal  du 8eme siècle, à l’époque musulmane, la principale ville de la région (Gharb al-Ândalus, الغرب الأندلس en arabe) est Silves. Au début du xie siècle, le califat Omeyyade de Cordoue éclate en plusieurs petits royaumes ou taïfas. L’Algarve est partagée entre le taïfa d’Algarve et celui de Silves. Ces deux royaumes sont conquis par le taïfa de Séville en 1051 et 1063, respectivement.
Après la chute des Almoravides en 1147, le taïfa de Silves retrouve brièvement son indépendance avant de tomber sous le joug des Almohades en 1151.

 Silves al-Gharb al-Andalus est prise par les Francs, puis reprise par les musulmans.[103]

En 586 (7 févr. 1190) le roi franc Ibn er-Renk’[104] conquit Silves, dans l’ouest de l’Espagne, l’une des principales villes musulmanes de ce pays.

Au reçu de cette nouvelle, Aboû Yoûsof Ya’k’oûb, émir d’Espagne et du Maghreb, équipa une armée nombreuse et, franchissant le détroit qui le séparait de l’Espagne, il fit aussi passer par mer un important corps de troupes.

Il mit le siège devant celle ville et la combattit si vigoureusement que ses défenseurs durent demander grâce, ce qui leur fut accordé, et ils se retirèrent dans leur pays.

Il fit prendre également par une armée Almohade, à laquelle étaient adjoints de nombreux Arabes, quatre villes conquises par les Francs depuis quarante ans.

Les audacieuses attaques de ces guerriers furent cause que le roi franc de Tolède [Alphonse IX de Castille, 1158-1214 de J.-C] intimidé fit demander la paix, qui lui fut consentie pour une période de cinq ans ; après quoi Aboû Yoûsof retourna à Merrâkech.

Mais il y avait chez les Francs un parti hostile à cette trêve ; seulement, comme il ne pouvait manifester son opposition, il attendit pour relever la tête que commençât l’année 591 (15 déc. 1194), où il arriva ce que nous dirons.

 

Notes du Traducteur :

[84] Ce chapitre figure dans les Histoire. arabe. des croisades., i, 590.

[85] Deux mamlouks du nom de Karakouch ont joué un rôle à cette époque : le premier et le plus célèbre est l’eunuque Behâ ed-Dîn Karakouch ben ‘Abd Allah Asadi Nâciri Çaklabi (aussi appelé Aboû Sa’îd par Defrémery, Hist. ar. des cr. ii, 1, p. 19), qui tint une place importante parmi les conseillers du Saladin, qui mourut en 597 (11 oct. 1200), et à qui une intéressante monographie a été consacrée par M. Casanova (Mém. de la mission arch. du Caire, vi, p. 447 ; à la p. 483, l. 20 et 28, lire 561 au lieu de 661) ; le second est Cheref ed-Dîn Karakouch Armeni Moz’afferi Nâçiri, mamlouk de Moz’affer Taki ed-Dîn, qui fut crucifié à Weddân en 609 (2 juin 1212), qui eut au moins deux fils et dont le rôle dans l’histoire du Maghreb est exposé notamment par Tidjâni (Journ. As., 1852, ii, 152 et s.), dont Ibn Khaldoun a suivi le récit (H. des Berb.. ii, 91). Cheref ed-Dîn, dont il est ici question, arriva au Maghreb, selon le dire formel de notre texte, en 568, mais des dates postérieures sont aussi indiquées (Tidjâni, pp. 159-160, et 163 : Merrâkechi, tr. fr., p. 221 et 250 ; H. des Berb., ii, 91 ; cf. i, 71 ; Zerkechi, tr. fr., p. 18). Les deux Karakouch ont été confondus et regardés comme n’étant qu’un, par exemple dans l’index d’ibn el Athîr, p. 498 ; dans le t. III des H. ar. des cr., p. 90, ainsi que par l’auteur de l’index de ce tome : ils avaient cependant, avec raison, été distingués dans l’index du t. I de cette collection, ainsi que l’avait fait Defrémery (J. as., 1869, i, 524), et comme le fait aussi M. H. Derenbourg, Vie d’Ousâma, p. 432 et 450). Cf. L’Afrique sept, au XIIe s. de notre ère, p. 4, n. 2.

[86] C’est à la fin de 574 que Merrâkechi (p. 221 ; cf. 250) place la première arrivée des Turcs au Maghreb ; voir la note précédente.

[87] Dans Ibn Khaldoun, Mas’oûd ben Zemâm el-Bolt, chef des Benoû Riyâh (H. des Berb., i, 56, 71, 138 ; ii, 92).

[88] « Et de ses enfants », ajoute le texte des H. ar. des cr., ce qui est contredit par le récit d’Ibn Khaldoun.

[89] Ce chapitre figure dans les Hist. ar. des cr., I, 591.

[90] Comparez le récit de Merrâkechi (ibid.) et de VII. des Berb. (ii, 200). Au lieu de « Huete », Tornberg a mal restitué un mot écrit d’une manière imparfaite et en a fait « Honda ».

[91] Ce chapitre figure en entier dans la Biblioteca (i, 495) et dans les H. ar. des cr. (i, 611).

[92] De courts fragments de ce chapitre se retrouvent dans l’Hist. des Berb., ii, 593, et le dernier alinéa, dans la Biblioteca, i, 499 ; il figure en entier dans les Hist. ar. des cr., i, 645.

[93] Sur ‘Ali (Ibn er-Rend), comparez les récits d’Ibn Khaldoun (ii, 34 et 203), de Zerkechi (p. 15-16) et de Merrâkechi (p. 218).

[94] Le premier alinéa de ce chapitre se retrouve dans les Hist. ar. des cr. (i, 665).

[95] Voyez Recherches, de Dozy, 3e éd., ii, p. 443 ; H. des Berbères, ii, 205.

[96] Deux mss lisent « et quelques mois ».

[97] 3) On retrouve ce chapitre dans les H. ar., etc. (i, 667). Sur les faits dont il y est question, cf. Zerkechi, p. 18 ; Hist. des Berbères, ii, 208, et Merrâkechi, trad. fr., p. 233.

[98] Ce chapitre se retrouve presque tout entier dans les H. ar. des cr., i, 669.

[99] Sous l’année 582 (t. xi, 345 : H. ar. des cr., i, 672), notre auteur explique les événements auxquels il est fait ici allusion. En cette année, Saladin rappela en Syrie Tak’i ed-Dîn qui gouvernait en Egypte, et refusa de le recevoir. Alors Tak’i ed-Dîn réunit des milices et des troupes pour se rendre au Maghreb, où l’appelait son mamlouk K’arâk’oûch, qui s’était rendu maître des montagnes de Nefoûsa, de Barka, etc. Saladin, à cette nouvelle, rappela son neveu à la cour et lui attribua divers fiefs. Mais Taki ed-Dîn avait déjà fait partir son avant-garde sous le commandement de son mamlouk Bouzâba, lequel avait rejoint K’arak’oùch. — Behâ ed-Dîn (H. ar. etc., iii. 90) fait également allusion à ces incidents. Tidjâni les raconte d’une manière un peu différente et donne plus de détails sur les débuts de K’arâk’oûch en Ifrîkiyya (J. As., 1852, ii, 158 ; H. des Berb., ii, 91 ; cf. L’Afr. sept. au XIIe s. de notre ère, p. 5). — Sur l’orthographe du nom Bouzâba, cf. H. Derenbourg, Vie d’Ousâma, p. 450.

[100] Il s’agit là d’une région bien connue (Edrisi, 138 et 118 ; Bekri, 109 et ! 10, etc.), et non d’une île, ainsi que le dit la traduction des H. ar. des cr.

[101] À El-Hamma (Berbères, ii, 211 ; L’Afr. sept. au XIIe s., p. 4, n. 1).

[102] Tidjâni raconte comment Karakouch, ayant fini par se brouiller avec les Benoû Ghâniya, fut crucifié à Waddân en 609 (Journ. as., 1852, ii, 154),

[103] Ce chapitre se retrouve dans les Histoires. arabes. des croisades (ii, 1ère partie, p. 35).

Traduction française de ibn al-Athir du kitab «Al-Kamil fi al-Tarikh »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s