Mort en 1163 d’Abd al-Mumin premier calife-imam de la dynastie Almohade et mort en 1171 de l’émir Ibn Mardanish de Murcie par ibn al-Athir :

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Cette mosquée fut construite par Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali  premier "calife" Almohade ( en 524–58 de l'Hégire 1130–63 JC ) à 100 km au Sud de Marrakesh, à Tinmel, Haut-Atlas, Maroc.  Source: [http://www.discoverislamicart.org/database_item.php?id=monument;ISL;ma;Mon01;9;en&cp]
Cette mosquée fut construite par Abd al-Mu’min Ibn ‘Ali premier « calife » Almohade ( en 524–58 de l’Hégire 1130–63 JC ) à 100 km au Sud de Marrakesh, à Tinmel, Haut-Atlas, Maroc.

Ibn Merdenîch conquiert Grenade sur ‘Abd el-Mou’min l’Almohade, puis en est chassé[72]

En 557 (20 déc. 1161), les Grenadins, qui reconnaissaient alors l’autorité d’Abd el-Mou’min, députèrent à Ibrahim ben Hemochk pour lui demander de venir prendre possession de leur ville.

Ce chef, qui était le beau-père d’Ibn Merdenîch, avait d’abord embrassé l’Unitéisme (Muwahidun, Almohade), était devenu partisan d’Abd el-Mou’min et l’avait excité à attaquer son beau-père, mais il avait ensuite abandonné le parti des Almohades et s’était réconcilié avec Ibn Merdenîch.[73] Ibn Hemochk, agréant cette offre, se rendit à Grenade avec les députés,  mais il y trouva un groupe d’Almohades qui se retrancha dans le fort.

Quand Aboû Sa’id ‘Othmân ben ‘Abd el-Mou’min, alors à Malaga, eut vent de cette affaire, il réunit ses troupes pour marcher au secours de ses partisans de Grenade, et de son côté Ibrâhîm ben Hemochk adressa une demande de secours à Ibn Merdenîch, chef de l’Espagne orientale, qui lui envoya deux mille cavaliers musulmans et francs.

Cette troupe livra dans les environs de Grenade un combat aux Almohades qui se trouvaient dans cette ville, avant qu’Aboû Sa’îd pût arriver.

Les Almohades se battirent courageusement, mais furent mis en fuite ; puis Aboû Sa’îd livra à son arrivée un nouveau combat où beaucoup des siens tombèrent ; lui-même cependant tint ferme avec une troupe de chefs et de braves cavaliers et fantassins, qui se firent tuer jusqu’au dernier, et Aboû Sa’îd dut alors s’enfuir à Malaga.

‘Abd el-Mou’min apprit ces nouvelles pendant qu’il était déjà en marche vers Salé, et il expédia aussitôt son fils Aboû Ya’koûb Yoûsof avec 20.000 combattants et plusieurs des cheikhs almohades qui s’avancèrent à marches forcées.

À cette nouvelle, Ibn Merdenîch se dirigea avec son armée vers Grenade pour soutenir Ibn Hemochk ; et ces deux contingents réunis formaient une nombreuse armée.

Le premier de ces chefs était campé en dehors de la ville, à Ech-Cherî’a[74] ; les deux mille cavaliers qui avaient formé la première armée d’Ibn Hemochk campèrent en dehors du Fort rouge,[75] et ce chef avec les siens dans ce fort même.

Les troupes almohades parurent sur une montagne proche de Grenade, auprès de laquelle elles séjournèrent quelques jours ; puis elles firent tenter par quatre mille cavaliers une attaque nocturne contre les troupes campées en dehors du Fort rouge, tandis qu’elles les enceignaient de toutes parts.

Ces soldats ne purent pas même monter à cheval et furent massacrés jusqu’au dernier.

L’armée almohade tout entière s’avança ensuite et s’installa dans les environs immédiats de Grenade.[76] Ibn Merdenîch et Ibn Hemochk, comprenant qu’ils ne pouvaient résister, s’enfuirent la nuit suivante et se retirèrent dans leurs Etats.

Les Almohades conquirent Grenade au cours de la même année. Quant à ‘Abd el-Mou’min, il repartit de Salé pour rentrer à Merrâkech.

Koutoubia , qui a été fondé par Abdul Momin en 1147 à Marrakech .
La Koutoubia , qui a été fondé par  l’Almohade Abd al-Mumin en 1147 à Marrakech  au Maroc

Mort d’’Abd el-Mou’min et avènement de son fils Yoûsof [77]

Le 20 djomâda II 558 (25 mai 1163), ce prince, qui régnait sur le Maghreb, l’Ifrîkiyya et l’Espagne, mourut à Salé, où il s’était rendu en venant de Merrâkech. [P. 192]

Quand il se vit malade et près de sa fin, il convoqua les cheikhs almohades qui l’accompagnaient et leur dit que, après avoir mis à l’épreuve son fils Mohammed,[78] il ne le jugeait pas en état d’exercer le pouvoir, et que, croyant son autre fils Yoûsof plus apte à supporter ce fardeau, il leur conseillait de le prendre pour leur chef. Ce fut donc, d’après ses dernières recommandations, à Yoûsof qu’on prêta serment en le saluant du litre de Prince des croyants.

Mais la mort d’Abd el-Mou’min fut tenue secrète, et on transporta son corps en litière, comme s’il était seulement malade, jusqu’à Merrâkech. Aboû H’afç, autre fils du défunt, était alors chambellan, et il continua de remplir les mêmes fonctions auprès de son frère et de porter au peuple les ordres du Prince des croyants.[79]

Yoûsof exerça le pouvoir aux lieu et place de son père jusqu’à ce que son autorité fût reconnue dans toutes les provinces, et ce fut alors seulement qu’il annonça la mort d’Abd el-Mou’min.

Ce dernier prince, qui avait régné trente-trois ans et quelques mois, était intelligent, décidé, avait le jugement droit, était bon administrateur, se montrait généreux ; mais il versait facilement le sang des musulmans coupables d’une faute légère.

Il respectait hautement la religion et sut la consolider ; dans tous ses Etats il fit respecter l’obligation de la prière, et la mort frappait celui qu’il surprenait à ne pas prier quand le moment était venu.

Dans tout le Maghreb il établit le rite malékite en ce qui concerne les applications de la loi, et la doctrine d’Aboû’l-H’asan Ach’ari en ce qui a trait aux principes religieux. Aux réunions qu’il tenait figuraient principalement les gens de science et de religion ; il recourait à eux, recherchait leur conversation et leur permettait de lui parler.

Les tribus djebala d’après « Jbala. Histoire et société. Etudes sur le Maroc du Nord-Ouest » CNRS, Paris Casablanca, 1991. . Vignet-Zunz, « Djebala », in Encyclopédie berbère, 16 | Djalut – Dougga [Online], Online since 01 June 2011, connection on 15 October 2014. URL : http://encyclopedieberbere.revues.org/2176
Les tribus djebala d’après « Jbala. Histoire et société. Etudes sur le Maroc du Nord-Ouest » CNRS, Paris Casablanca, 1991. . Vignet-Zunz, « Djebala », in Encyclopédie berbère, 16 | Djalut – Dougga 

 Insurrection des Ghomâra au Maghreb

Quand, en 559 (29 nov. 1163), la mort d’Abd el-Mou’min fut divulguée, toutes les tribus des Ghomâra, qui forment un peuple nombreux, se soulevèrent sous la conduite d’un grand chef nommé Miflàh’ ben ‘Ami’ et se cantonnèrent dans leurs montagnes, qui forment des citadelles presque inaccessibles.

Aboû Ya’koûb Yoûsof, successeur d’Abd el-Mou’min, marcha contre eux avec ses deux frères, ‘Amr[80] et ‘Othmân, à la tête d’une forte armée d’Almohades et d’Arabes.

Les combats livrés par eux en 561 (6 nov. 1165) mirent les Ghomâra en déroule ;  ceux-ci perdirent de nombreux guerriers, parmi lesquels Miftâh’ ben ‘Amr et d’autres chefs, et leur pays fut conquis de vive force.

De nombreuses tribus de ces régions étaient toutes disposées à la révolte, mais attendaient l’issue de la lutte pour se prononcer ; le massacre des Ghomâra rabattit leur audace et les décida à la soumission, de sorte qu’il ne resta plus aucun fauteur de troubles et que le calme régna dans tout le Maghreb.[81]

Muhammad ibn abd Allab ibn Sad ibn Mardanis (Peñíscola 1124 (518 de l'Hégire) - Murcie mars 1172), connu par les chrétiens sous le surnom du Roi Loup, d’origine mozarabe, réussit à être roi de toute la zone orientale de Al-Andalus. source Le Musée d'art islamique à Las Claras de Murcie
Muhammad ibn abd Allab ibn Sad ibn Mardanis (Peñíscola 1124 (518 de l’Hégire) – Murcie mars 1172), connu par les chrétiens sous le surnom du Roi Loup, d’origine mozarabe, réussit à être roi de toute la zone orientale de Al-Andalus. source Le Musée d’art islamique à Las Claras de Murcie

 Combats livrés à Ibn Merdenîch par les troupes Almohade du fils d’Abd el-Mou’min

Mohammed ben Sa’d ben Merdenîch régnait dans l’Espagne orientale et vivait en bonne intelligence avec les Francs.

Il refusa de reconnaître ‘Abd el-Mou’min aussi bien que son successeur ; sa puissance s’accrut surtout du temps de ce dernier.

Mais en 565 (24 sept. 1169), Yoûsof ben ’Abd el-Mou’min fit marcher contre lui une armée qui parcourut et ravagea le territoire, s’empara de deux villes et jeta la terreur dans le cœur de ses troupes et de ses milices. Elle y séjourna assez pour le parcourir et en emporter les dépouilles.[82]

548-taifas-murcia-muhammad-ben-sad-dinar-1000 Dinar, Taifa de Murcie, ben Muhammad Ibn Sad Mardanich «The Wolf King ' ...

Mort d’Ibn Merdenîch, dont les Etats passent aux mains de Yoûsof ben ‘Abd el-Mou’min

En 567 (3 sept. 1171), mourut l’émir Mohammed ben Sa’d ben Merdenîch, qui régnait dans l’Espagne orientale, c’est-à-dire à Murcie, Valence, etc.

La dernière recommandation qu’il adressa à ses enfants fut d’aller, dès qu’il serait mort, trouver Aboû Ya’koûb Yoûsof, qui venait de débarquer à la tête de 100.000 combattants. Ils suivirent ce conseil, et leur démarche remplit de joie le cœur de Yoûsof, qui prit possession de ce territoire ; il épousa la sœur des princes ralliés, les traita honorablement, leur assigna un rang élevé et les installa à la cour après leur avoir distribué des sommes considérables.[83]

Notes du Traducteur:

 

[72] Ce chapitre figure dans les Hist. ar. des cr. : (i, 523). Il faut voir le récit des faits tel qu’il est exposé par Dozy, (Recherches etc. 3e éd., i, 372). Ce savant parle (p. 364) du récit d’Ibn el-Athir comme n’étant pas traduit ; il n’a pas songé à consulter le recueil cité, où en effet, il n’y avait pas de raison d’insérer ce chapitre, non plus du reste que plusieurs de ceux dont nous avons donné l’indication.

[73] Ces derniers mots ont été ajoutés d’après le texte publié dans les H. ar., et énoncent un fait conforme à ce que nous avons vu p. 571. Tornberg n’a pas relevé cette variante, non plus d’ailleurs que quelques autres.

[74] Cheri’a (abreuvoir) désigne un quartier ou un faubourg dans diverses villes du Maghreb (Dozy, Recherches, i, 383).

[75] Ce que l’on appelle aujourd’hui l’Alhambra est de construction postérieure et remonte à l’époque des Naçrides ou Benoû Ahmar. Notre Fort rouge doit être ce qu’on nomme l’Alcazaba de l’Alhambra, dont des restes subsistent encore (Dozy, Recherches, I, 385).

[76] Cette bataille fut livrée le 28 redjeb ou 13 juillet 1162, d’après Ibn Çâhib eç-çalât (Dozy, t. I., où l’on trouve, à la p. 380, la traduction d’un fragment de notre auteur).

[77] On retrouve ce chapitre dans les Hist. ar. des cr., (i, 529).

[78] On a vu plus haut (p. 118) les moyens employés par ‘Abd el-Mou’min pour faire reconnaître Mohammed en qualité d’héritier ; voyez aussi ce que disent Ibn Khaldoun (ii, 195), Merràkechi (p. 202). Zerkechi (p. 15), Ibn Khallikan (iv, 470) et !e Kartâs (texte, p. 132).

[79] Aboû Hafç ‘Omar, selon Merrâkechi (p. 203), s’effaça volontairement devant son frère.

[80] Il faut, si je ne me trompe, lire ‘Omar.

[81] Comparez Merrâkechi (trad., p. 217, avec la note).

[82] Voir ibid., p. 214 ; Berbères, ii, 197 ; Kartâs, p. 137 ; trad. latine, 184. Ce chapitre figure dans les H. ar. des cr.. i, 573, dans une rédaction qui attribue à ‘Omar, frère du Prince des croyants,le commandement des troupes envoyées par Ya’koûb [lisez Aboû Ya’koûb Yoûsof].

[83] Merrâkechi (trad. fr., p. 210) fait un récit analogue ; voir également Hist. des Berb., ii, 199 et 200 ; Ibn Khallikan.. iv, 471. On retrouve ce chapitre dans les H. ar. des cr., i, 585.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab «Al-Kamil fi al-Tarikh »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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