Gouvernement Omeyyade d’Okba ibn Nâfi’ al-Fihri en Ifriqiya et fondation de la ville de Qayrawan en 670 par ibn al-Athir :

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Vue sur Kairouan en 1899
Vue sur Kairouan en 1899, Tunisie. 

Gouvernement Omeyyade d’’Ok’ba ben Nâfi’ al-Fihri en Ifrîkiyya et fondation de la ville de K’ayrawân

D’après Aboû Dja’far T’abari, Maslama ben Mokhalled était en l’an 50 (28 janv. 670) gouverneur de l’Ifrîkiyya, et ‘Ok’ba, à qui il avait succédé, avait construit K’ayrawân ; mais les chroniqueurs maghrébins placent à cette année le début du gouvernement d’’Ok’ba ben Nâfi’, qui dura jusqu’en 55 (5 décembre 674), et la fondation de K’ayrawân, et font de Maslama le successeur d’’Ok’ba.

Comme ces faits doivent leur être mieux connus, je vais suivre la version qu’ils ont consignée dans leurs livres.

Mo’âwiya ben Aboû Sofyân, disent-ils, destitua Mo’âwiya ben Hodeydj et le remplaça dans ce gouvernement, en l’an 50, par ‘Ok’ba ben Nâfi’ Fihri, qui était resté à Bark’a et à Zawîla depuis qu’il les avait conquises du temps d’ ‘Amr ben el-‘Açi et d’où il avait pratiqué la guerre sainte et fait des conquêtes.

Avec les dix mille cavaliers que Mo’âwiya lui envoya en même temps que sa nomination, ce chef pénétra en Ifrîkiyya, et le concours que lui prêtèrent les Berbères convertis lui procura une nombreuse armée.

Son épée s’abattit sur les habitants qui, à l’arrivée d’un chef musulman, se soumettaient et, au moins en partie,  faisaient profession de l’Islam, puis qui, quand il s’en allait, se révoltaient et abjuraient.

Vue sur  la ville Kairouan (Tunisie)  fondé par le général  et compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri au début de l'état Omeyyade sous Muawiya Ier.
Vue sur la ville Kairouan (Tunisie) fondé par le général et compagnon Okba ibn Nafi al-Fihri au début de l’état Omeyyade sous Muawiya Ier., Tunisie. 

Fondation de Kairouan

Il crut alors devoir bâtir une ville où habiteraient les troupes musulmanes avec leurs familles et leurs biens, et où elles seraient en sécurité contre les soulèvements des indigènes.

Il arriva sur l’emplacement de K’ayrawân, qui n’était alors qu’une cuvette dont les fourrés étaient pleins de bêtes fauves, de serpents, etc.

Comme le ciel exauçait ses prières, il commença par invoquer Dieu, puis prononça ces mots :

« Serpents et bêtes féroces ! nous sommes les Compagnons de l’Apôtre de Dieu ! éloignez-vous, car nous allons nous fixer ici, et nous tuerons tous ceux d’entre vous que nous trouverons dorénavant en ces lieux. »

On vit alors les reptiles s’éloigner en emportant leurs petits, et ce spectacle amena la conversion d’une tribu berbère nombreuse.

La grande mosquée omeyyade d'Okba ibn Nafi al-Fihri à Kairouan en Tunisie
La grande mosquée omeyyade d’Okba ibn Nafi al-Fihri à Kairouan en Tunisie

 

Il fit abattre les arbres et construire la ville ainsi que la grande mosquée ; la masse édifia de petites mosquées et des demeures, et les maisons s’étendirent sur une longueur de 3.600 brasses.

En 55 (5 décembre 674), toutes les constructions étaient achevées et habitées, sans que, pendant le cours de la construction, on cessât de faire des expéditions et de recueillir du butin.

De nombreux Berbères se convertirent, le domaine habité par les musulmans s’agrandit, les cultures des hommes du djund fixés en ces lieux prospérèrent, le séjour en était sûr, de sorte que l’Islam y fut solidement implanté.

Le cimetière des Awlad Farhan, sous les remparts de la médina, Kairoua
Le cimetière des Awlad Farhan, sous les remparts de la médina, face au minaret de la mosquée Kairouan en Tunisie, ville édifié par le compagnon Okba ibn Nafi  al-Fihri radi Allah anhu.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab  «Al-Kamil fi al-Tarikh  »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade 

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