Expédition Omeyyade d’’Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi contre les Francs, raid ver la Sicile et Abd al-Rahman al-Ghafiqy par Ibn al-Athir :

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Carte du califat Omeyyade sous  le calife Hisham 724–743 qui marque l'apogée Militaire du Califat Islamique Omeyyade  avec les conquète du général arabe Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi (gouverna l'espagne et la France de 721 –à janvier 726) dans le pays des francs.
Carte du califat Omeyyade sous le calife Hisham 724–743 qui marque l’apogée Militaire du Califat Islamique Omeyyade avec les conquète du général arabe Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi (gouverna l’espagne et la France de 721 –à janvier 726) dans le pays des francs.

Expédition Omeyyade d’’Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi contre les Francs

En 107 (18 mai 725), ‘Anbasa ben Soh’aym Kelbi, gouverneur d’Espagne, à la tête d’une nombreuse armée, fit une expédition dans le pays des Francs.

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Il assiégea la ville de Carcassonne, dont les habitants durent, pour obtenir la paix, céder la moitié de leur territoire, livrer les prisonniers musulmans et le butin qu’ils avaient fait, payer tribut et conclure avec les musulmans une alliance offensive et défensive.

Les remparts wisigoths de Carcassone, France, En 725, le Wali  Omeyyade Anbisa ibn Suhaym al-Kalbi prend Carcassonne à la suite de la conquête du royaume wisigoth d'Espagne par les musulmans. La Cité reste entre les mains des musulmans jusqu'en 752 (Révolution Abbasside anti-Omeyyade), date à laquelle elle est prise par les Francs conduits par Pépin le Bref.
Les remparts wisigoths de Carcassone, France, nn 725, le Wali Omeyyade Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi prend Carcassonne à la suite de la conquête du royaume wisigoth d’Espagne par les musulmans. La Cité reste entre les mains des musulmans jusqu’en 752 (Révolution Abbasside anti-Omeyyade), date à laquelle elle est prise par les Francs conduits par Pépin le Bref.

 

Alors ‘Anbasa ibn Suhaym al-Kalbi se retira.

Il mourut en cette même année 107, au mois de cha’bân (décembre 725), après avoir gouverné l’Espagne quatre ans et quatre mois.

Anbasa ibn suhaym al-Kalbi seceau omeyyade al andalus

Ifriqiya

Bichr ibn Safwân al-Kalbi émir d’Ifriqiya le remplaça en dhoûl-ka’da de cette année (mars 726) par Yah’ya ibn Selama al-Kalbi.

En 109 (27 avril 727), Bichr ben Çafwân, gouverneur d’Ifrîkiyya, fit en Sicile une expédition d’où il rapporta un butin considérable ; il rentra à Kayrawân et y mourut l’année même.[39]

Hichâm (le calife Omeyyade) lui donna pour successeur ‘Obeyda ben ‘Abd er-Rah’mân ben Abou’l Agharr al-Sulaymi, qui destitua Yah’ya ben Selama Kelbi de son poste de gouverneur d’Espagne et le remplaça par H’odheyfa ben el-Ah’waç Achdjal.[40]

Casque de l'époque Rashidun ou Omeyyade retrouvé a Ninive en Iraq (7eme siècle)
Casque de l’époque Rashidun ou Omeyyade retrouvé a Ninive en Iraq (7eme siècle)

Celui-ci arriva dans son gouvernement en rebî’ I 110 (13 juin-12 juill. 728) et n’y passa que six mois, au bout desquels il fut destitué et remplacé par ‘Othmân ben Abou Nis’a al-Khath’ami.

En 111 (4 avril 720), ‘Obeyda ben ‘Abd er-Rah’mân, gouverneur d’Ifrîkiyya, révoqua ‘Othmân ben [Aboû] Nis’a[41] de son gouvernement d’Espagne et le remplaça par El-Haythem ben ‘Obeyd al-Kinâni, [42] qui arriva dans cette province en moharrem 111 (4 avril-3 mai 729) et mourut en dhoû’l-hiddja (fév.-mars 730) de cette même année, n’ayant tenu cette fonction que dix mois.

En 112 (25 mars 730), les Andalous choisirent pour les gouverner, après la mort d’El-Haythem, Mohammed ben ‘Abd el-Melik[43] Achdja’i ; au bout de deux mois d’administration il fut remplacé par ‘Abd er-Rah’mân ben ‘Abd Allâh al-Ghâfiki.

Epée Omeyyade de la bataille de Poitiers (Moussais la bataille) en 732, France.
Epée Omeyyade de la bataille de Poitiers (Moussais la bataille) en 732, France.

Mort violente d’’Abd er-Rah’mân, émir d’Espagne en France ; administration d’’Abd el-Melik ben K’at’an.

En cette année 113 (14 mars 731), une expédition fut faite par ‘Abd er-Rah’mân ben ‘Abd Allâh Ghâfiki, qui gouvernait l’Espagne au nom d’Obeyda ben ‘Abd er-Rah’mân Solami, lequel avait été placé en 110[44] par Hichâm ben ‘Abd el-Melik à la tête de l’Ifrîkiyya et de l’Espagne.

Site présumé de la bataille de Tours/Poitiers à Moussais la bataille dans le vieux Poitiers qui opposé l'armée Omeyyade au Francs
Site présumé de la bataille de Tours/Poitiers à Moussais la bataille dans le vieux Poitiers qui opposé l’armée Omeyyade au Francs

A son arrivée en Ifrîkiyya, ‘Obeyda trouva que Mostanîr ben Hâreth H’oraythi était occupé à une expédition en Sicile, île où ce chef resta jusqu’à l’arrivée de l’hiver ; il en partit alors, mais tous ses soldats périrent dans un naufrage, tandis que Mostanîr lui-même put se sauver avec le bateau qui le portait.

‘Obeyda, pour le punir, le jeta en prison et le fit battre de verges, puis promener ignominieusement dans les rues de Kayrawân.[45]

Afariq, berbère chrétiens sous ules byzantins lors de la conquète arabe rashidun et omeyyade de l'ifriqiya

‘Obeyda confia ensuite le gouvernement de l’Espagne à ‘Abd er-Rah’mân ben ‘Abd Allâh, qui organisa une expédition contre la France.

Ce chef pénétra fort avant dans ce territoire et y fit un butin considérable, où figurait une statue d’homme en argent enrichie de grosses perles, de rubis et d’émeraudes, qui fut brisée et distribuée aux soldats.

Au reçu de cette nouvelle, ‘Obeyda entra dans une violente colère et lui écrivit une lettre de menaces.

‘Abd er-Rah’mân, qui était un homme de bien, lui répondit :

« Après les salutations d’usage ; si les deux mêmes et la terre pouvaient être donnés en récompense, [46] Dieu les attribuerait à ceux qui le craignent. »

La même année, mais d’autres disent, ce qui est plus exact, en 114 (2 mars 732), il entreprit dans le pays des Francs une nouvelle expédition, où lui et les siens trouvèrent le martyre.

 

Le martyr d'Abd al-Rahman al-Ghafiqy le général Omeyyade a Moussais la bataille entre Tours et Poitiers d'un coup de lance (turban noir) 732 , image de Graham Turner pour osprey.
Le martyr d’Abd al-Rahman al-Ghafiqy le général Omeyyade a Moussais la bataille entre Tours et Poitiers d’un coup de lance (turban noir) 732 , image de Graham Turner pour osprey.

‘Obeyda partit ensuite d’Ifrîkiyya pour la Syrie, emmenant avec lui une quantité considérable de cadeaux, d’esclaves des deux sexes, de montures, etc., et alla solliciter sa grâce auprès de Hichâm, qui la lui accorda, mais en le destituant.

Antérieurement, il avait nommé en Espagne, pour remplacer ‘Abd er-Rah’mân tué, ‘Abd el-Melik ben K’at’an.

Hichâm chargea du gouvernement de l’Ifrîkiyya ‘Obeyd Allâh[47] ben el-H’abh’âb, alors gouverneur de l’Egypte, qui rejoignit son nouveau poste en 116 (9 février 734). ‘Obeyd Allâh tira El-Mostanîr de prison et le chargea d’administrer Tunis.

‘Obeyd Allâh équipa ensuite un corps d’armée, dont il confia le commandement à H’abîb ben Abou ‘Obeyda, [48] et qu’il expédia contre le Soudan.

Ces troupes remportèrent des succès sans pareils et s’emparèrent de tout ce qui leur plut.

Il (‘Obeyd Allâh ?) fit aussi une campagne maritime, [49] puis se retira.

[P. 134] En 115 (20 février 733), ‘Abd el-Melik ben K’at’an, gouverneur d’Espagne, entreprit une expédition contre le territoire de Bachkans (Biscaye) et en revint sain et sauf.

[P. 137][50] En 116 (9 février 734), Hichâm déplaça ‘Obeyd

Allâh ben el-H’abh’âb Mawcili d’Egypte, où il était gouverneur, et le nomma en Ifrîkiyya, où ce chef se rendit.

Ibn el-H’abh’âb envoya la même année une armée en Sicile : la flotte des Roûm se porta au-devant d’elle et fut battue à la suite d’un combat acharné.

Cependant, plusieurs musulmans tombèrent en captivité, entre autres ‘Abd er-Rah’mân ben Ziyâd, [51] qui ne recouvra la liberté qu’en 121 (17 décembre 738).

La même année ce gouverneur envoya également des troupes dans le Soûs et au Soudan, d’où elles revinrent victorieuses et chargées de butin.

En 116 (9 février 734), ‘Obeyd[52] Allâh ben el-H’abh’âb nomma en Espagne ‘Ok’ba[53] ben el-H’addjâdj K’aysi, qui prit l’administration de cette province au mois de chawwâl (novembre 734), en remplacement de ‘Abd el-Melik ben K’at’an, destitué.

‘Ok’ba entreprit chaque année une expédition ; il conquit la Galice, Alava, [54] etc.

D’après une autre version, plus exacte, ‘Obeyd[55] Allâh ben el-H’abh’âb ne fut nommé en Ifrîkiyya qu’en 117 (30 janvier 735).

Nous reparlerons de lui.

Bannière Omeyyade
Bannière Omeyyade

Notes :

[39] ) Ces trois lignes figurent dans la Biblioteca, I, 359 ; cf. Berbères, I, 357.

[40] Sur la suite de ces gouverneurs, voir Merrâkechi (trad. fr., p. 11, n.) ; ci-dessous, t. V du texte, p. 373 ; Madjmoua, p. 240. On en retrouve aussi la liste, avec l’indication de la durée du pouvoir de chacun d’eux, dans le ms 1592 du Catalogue d’Alger, fol. 127.

[41] Les deux vocalisations Nis’a et Nes’a existent, au témoignage de Dhehebi (Moschtabih, p. 557).

[42] On lit aussi « Kilâbi ».

[43] Plus loin (t. V, p. 374) notre chroniqueur écrit « ben ‘Abd Allâh », comme fait aussi le Bayân (II, 27).

[44] Quelques lignes plus haut, notre auteur même semble donner la date 109. ‘Obeyda arriva en Ifrîkiyya en rebi’ I 110, d’après le Bayân.

[45] Ce passage concernant la Sicile n’a pas été relevé par Amari dans sa Biblioteca. Cf. Berbères, I, 359, n. 3, où on lit le nom « Mostatîr », probablement par suite d’une faute d’impression.

[46] ) Ces mots sont extraits du Coran, xxi, 31.

[47] Ce nom est écrit « ‘Abd Allâh » par Beladhori, p. 231, et par le Nodjoûm ; cf. Fournel, I, 282.

[48] Ou H’abîb ben Abou ‘Obda ? Voir Merrâkechi, trad. fr., p. 9, n. C’est aussi sous l’année 116 que cette expédition contre le Soudan est mentionnée par le Nodjoûm, I, 306.

[49] Je crois que cette dernière phrase fait allusion à l’expédition contre la Sicile qui est rappelée plus bas.

[50] L’alinéa qui suit figure dans la Biblioteca (1, 360).

[51] C’est-à-dire, si je ne me trompe, Abou Khâlid Ifrîki, kâdi d’Ifrîkiyya, qui mourut en 157 (Nodjoûm, I, 420).

[52] Je corrige le texte, qui porte ‘Abd.

[53] Je corrige le texte, qui porte ‘Atiyya (voir sous l’année 117 ; Madjmoûa, p. 241, et Merrâkechi, p. 11 n.). On voit que la nomination de ce chef en Espagne est de 116 (de même le Bayân, II, 38, ci-dessous, texte, t. v, p. 374) ou de 117 (voir plus bas). Le traducteur d’Ibn el-Koûtiyya a imprimé « 110 » tant dans la traduction que dans le texte (p. 230 et 265), et sans avertir le lecteur. L’omission du nom de nombre « six » est probablement due au copiste même du ms unique de Paris, car la traduction Cherbonneau (p. 442) porte aussi « 110 ».

[54] Je lis ainsi, au lieu de Elbata du texte.

[55] Je corrige le texte, qui porte ‘Abd.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab «Al-Kamil fi al-Tarikh »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade

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