Administration Omeyyade d’Ubayd Allah ibn al-Habhab al-Mawsili al-Makhzoumi en Ifrîkiyya et en Espagne et la révolte des berbères de Tanger par ibn al-Athir

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al-Qayrawan la capitale de l'Occident en ce temps. (Tunisie)
al-Qayrawan la capitale de l’Occident en ce temps. (Tunisie)

Administration Omeyyade d’Obeid Allah ibn al-Habhab al-Mawsili al-Makhzoumi en Ifrîkiyya et en Espagne et la révolte des berbères de Tanger par ibn al-Athir :

En 117 (30 janvier 735), Hichâm ben ‘Abd el-Melik nomma gouverneur d’Ifrîkiyya et d’Espagne ‘Obeyd Allâh ben el-H’abh’âb et lui donna l’ordre de s’y rendre (aussitôt).

Ce chef, qui gouvernait alors l’Egypte, laissa son fils dans ce dernier pays et se rendit en Ifrîkiyya.

Il nomma en Espagne ‘Ok’ba ben el-H’addjâdj et à Tanger son fils Ismâ’îl.[56]

H’abîb ben Abou ‘Obeyda ben ‘Ok’ba ben Nâfi’ al-Fihri, qu’il envoya à la tête d’une expédition dans le Maghreb, atteignit le Soûs el-Ak’ça et le Soudan sans jamais subir de revers ; il revint sain et sauf, après avoir recueilli un butin considérable, fait des prisonniers et rempli le Maghreb de la terreur de son nom.

Parmi ses prisonniers figuraient deux jeunes filles berbères dont chacune n’avait qu’une mamelle.

Ksar ben Haddou dans le Souss-Massa-Draâ
Ksar ben Haddou dans le Souss-Massa-Draâ, Maroc. 

En (la dite année) 117 (30 janvier 735), il envoya en Sardaigne un corps de troupes qui fit des conquêtes dans cette île et revint après l’avoir pillée et y avoir fait du butin.

En 122 (6 décembre 739), ‘Obeyd Allâh envoya H’abîb avec son fils ‘Abd er-Rah’mân ben H’abîb faire une expédition en Sicile.

Mis à la tête de la cavalerie, ‘Abd er-Rah’mân battit tous ceux qu’il rencontra avec un succès inouï.

Vue aérienne sur la ville de Syracuse en Sicile.
Vue aérienne sur la ville de Syracuse en Sicile.

Il arriva ainsi jusqu’à la ville de Syracuse, l’une des plus importantes de la Sicile.

Les Syracusains, d’abord battus, furent ensuite assiégés et durent, pour obtenir la paix, se soumettre à payer un tribut.

Il rejoignit ensuite son père H’abîb, qui avait l’intention de ne pas quitter la Sicile avant de l’avoir entièrement soumise, mais qui reçut alors d’Ibn el-H’abh’âb une lettre le rappelant en Ifrîkiyya.

Tandjah fals omeyyade frappé a tanger Maroc

En effet, ce dernier avait nommé son fils Ismâ’îl gouverneur de Tanger et placé à côté de lui ‘Omar[57] ben ‘Abd Allâh Morâdi.

Administrateur mauvais et injuste, Ismâ’îl voulut prélever le quint sur les Berbères musulmans, prétendant, ce qui ne s’était jamais fait, que cela était dû aux (autres) musulmans.[58]

En apprenant le départ pour la Sicile des troupes conduites par H’abîb ben Abou[59] ‘Obeyda, les Berbères, pleins d’espoir, rompirent le traité de paix qui les liait à Ibn el-H’abh’âb, et tous, musulmans et infidèles, se liguèrent contre lui, de sorte que la situation devint très périlleuse.

Les Berbères de (la région de) Tanger choisirent pour leur chef le berbère Meysera es-Sak’k’â, Madghoûri, [60] qui était khâredjite çofrite[61] et porteur d’eau (sak’k’â) à Kairouan.

Ils marchèrent contre Tanger et tuèrent ‘Omar ben ‘Abd Allah, qui voulut leur tenir tête.

Ils s’emparèrent de cette ville et élevèrent au khalifat Meysera, qu’ils saluèrent du titre de Prince des croyants (Émir el-mouminîn), et qui, réunissant autour de lui de nombreux Berbères, établit solidement son pouvoir dans les environs de Tanger.

La meditéranée au temps de la conqète arabe
« Le Maghreb et la Méditerranée au temps de la conquête arabe » (Omeyyade)

A cette époque (aussi) se montrèrent en Ifrîkiyya des gens qui prêchaient les doctrines khâredjites.

Ibn elH’abh’âb envoya à H’abîb, alors en Sicile, un messager pour le rappeler auprès de lui, à l’effet de combattre Meysera es-Sak’k’â, dont le pouvoir grandissait, et H’abîb obéit.[62]

Ibn el-H’abh’âb, qui avait déjà envoyé Khâled ben H’abîb[63] avec une armée contre Meysera, le fit suivre de H’abîb ben Abou ‘Obeyda sitôt que celuici fut arrivé.

Entre Khâled et Meysera une bataille d’un acharnement inouï eut lieu dans les environs de Tanger.

Meysera (berbère) rentra alors dans cette ville, mais sa conduite mécontenta les Berbères qui l’avaient élevé au khalifat ; ils le mirent à mort et le remplacèrent par Khâled ben H’amîd Zenâti.

Tangiers fals omeyyade de damas frappé a tanger

Une sanglante bataille eut lieu contre celui-ci à la tête des Berbères d’une part, et d’autre part Khâled ben H’abîb, qui commandait les Arabes et les troupes Omeyyade de Hichâm.

Les Arabes, qui d’abord tenaient bon, furent mis en déroute grâce à une embuscade préparée par les Berbères, Khâled ben H’abîb, honteux de fuir devant ces derniers, résista avec les siens et tous furent tués.

Les Arabes perdirent leurs meilleurs fantassins et leurs plus braves cavaliers dans cette affaire qu’on nomma « la bataille des nobles[64] ».

C'est sur le fleuve Sebou qui aurai eu lieu la bataille des nobles qui opposa les Omeyyades au hérétiques berbères de l'actuel Maroc en 741
C’est sur le fleuve Sebou qui aurai eu lieu la bataille des nobles qui opposa les Omeyyades au hérétiques berbères de l’actuel Maroc en 741

La conséquence de cette défaite fut que la révolte gagna tout le pays et que le désordre se mit partout.

A la nouvelle de ces événements, les Espagnols se soulevèrent contre leur gouverneur ‘Ok’ba ben el-H’addjâdj, à la place de qui ils nommèrent ‘Abd el-Melik ben K’a’tan.

La situation devint fort difficile pour Ibn el-H’abh’âb.

Le calife Omeyyade Hichâm ben ‘Abd el-Melik, en apprenant ce qui se passait, s’écria :

« Je leur montrerai ce qu’est la colère d’un Arabe ! J’enverrai une armée dont la tête de colonne sera chez les rebelles, alors que la queue sera encore près de moi. »

Ibn el-H’abh’âb, obéissant à l’ordre de rappel que lui envoya le khalife, partit en djomâda 123.[65]

Hichâm le remplaça par Kolthoûm ben ‘Iyad’ K’ocheyri, qu’il fit partir avec une armée considérable, tout en envoyant aux pays qu’il devait traverser l’ordre de lui fournir encore des troupes.

Plan des mosquées historique de la ville de Kairouan (Tunisie)
Plan des mosquées historique de la ville de Kairouan (Tunisie)

L’avant-garde de Kolthoûm, commandée par Baldj ben Bichr, [66] arriva en Ifrîkiyya et gagna Kayrawân.

Ce dernier se montra tyrannique et hautain à l’égard des habitants de cette ville et voulut installer ses soldats dans leurs demeures.

Les Kairâwâniens firent parvenir à H’abîb ben Aboû Obeyda, qui défendait alors Tlemcen contre les Berbères, les sujets de plainte qu’ils avaient contre Kolthoûm et Baldj, et H’abîb écrivit à Kolthoûm :

« Baldj a agi de telle et telle manière ; sors donc du pays si tu ne veux pas que je fasse marcher mes cavaliers contre toi. »

Kolthoûm s’excusa et alla rejoindre H’abîb, Baldj ben Bichr commandant toujours son avant-garde.

Tlemcen au 18eme siècle (Algérie)
Tlemcen au 18eme siècle (Algérie)

Des difficultés s’élevèrent par suite des manières méprisantes et injurieuses de Baldj à l’égard de H’abîb ; puis ils se raccommodèrent et s’entendirent pour tenir tête aux Berbères, qui venaient de Tanger les attaquer.

Malgré le conseil de H’abîb d’opposer les fantassins aux fantassins, la Cavalerie à la cavalerie, Kolthoûm marcha avec ses cavaliers contre les fantassins berbères. Il fut défait et se replia en désordre vers Kolthoûm, [67] ce qui découragea l’armée.

Le combat continua néanmoins et, à son tour, la cavalerie berbère dut plier ; mais l’infanterie tint bon, et les nombreux bataillons dont elle se composait se battirent avec acharnement.

Enfin, Kolthoûm ben Iyâd, H’abîb ben Abou ‘Obeyda et les principaux officiers arabes furent tués ; leur armée battue se débanda : les Syriens passèrent en Espagne, commandés par Baldj ben Bichr et ‘Abd er-Rah’mân ben H’abîb ben Abou ‘Obeyda, et d’autres regagnèrent K’ayrawân.[68]

A.la suite de cette affaire, qui porta un coup sensible à la puissance des Arabes, parut dans la ville de Gabès un homme nommé ‘Okkâcha[69] ben Ayyoûb Fezâri, qui professait les opinions des Khâredjites çofrites.

Un corps de troupes fut envoyé de K’ayrawân contre lui, mais fut, à la suite d’un combat acharné, mis en déroute ; des troupes fraîches marchèrent alors contre lui, lui livrèrent une bataille où il perdit beaucoup des siens et il dut, malgré la vive résistance qu’il leur avait opposée, se jeter dans le désert.

Ancien Cimetière de l'Illustre Mosquée Omeyyade de Okba ibn Nafi de Kairouan (Tunisie)
Ancien Cimetière (Oulad Farhan) de l’Illustre Mosquée Omeyyade de Okba ibn Nafi de Kairouan (Tunisie)

Hichâm ben ‘Abd el-Melik, quand il apprit la mort violente de Kolthoûm, envoya en Ifrîkiyya, en qualité d’émir, H’anz’ala ben Çafwân Kelbi, [70] qui arriva dans ce pays [P. 144] en rebî II124 (11 févr.-12 mars 742).

Il n’était que depuis peu de temps à Kayrawân quand ‘Okkâcha le Khâredjite marcha contre lui à la tête de nombreux Berbères que, à la suite de sa défaite, il avait levés pour prendre sa revanche.

Il avait comme auxiliaire le Çofrite ‘Abd el-Wâh’id ben Yezîd Hawwâri Madghami (sic), qui avait aussi sous ses ordres de nombreux partisans.

Ces deux chefs, divisant leurs forces, marchèrent, chacun de son côté, sur K’ayrawân.

Quand ‘Okkâcha s’approcha, H’anz’ala marcha contre lui, [71] l’attaqua pendant qu’il ne disposait que de ses seules forces et le mit en fuite, malgré la vive résistance qu’il lui opposa, non sans avoir tué une quantité innombrable de Berbères.

H’anz’ala regagna ensuite K’ayrawân, car il craignait qu’’Abd el-Wâh’id ne vînt attaquer cette ville.

Il envoya contre ce chef un corps d’armée considérable qui comptait quarante mille hommes, mais qui, en s’approchant de l’ennemi, ne trouva plus d’orge pour nourrir ses montures, et qui dut y suppléer par du blé.

Les Bannières Blanches du Califat Omeyyade
Les Bannières Blanches du Califat Omeyyade

Le lendemain, il se heurta contre les troupes d’Abd el-Wâh’id, mais il fut mis en déroute et dut se replier sur K’ayrawân.

Quant aux chevaux, ils périrent à cause de la nourriture qu’on leur avait donnée, si bien qu’à leur arrivée on en compta vingt mille de moins.

‘Abd el-Wâh’id, poursuivant sa marche, vint camper à trois milles de K’ayrawân, au lieu dit El-Açnâm (les idoles), à la tête de trois cent mille combattants.

H’anz’ala, de son côté, leva tous les habitants valides, de K’ayrawân, leur distribua des armes et de l’argent et se constitua ainsi des troupes nombreuses.

A l’approche des Khâredjites commandés par ‘Abd el-Wâh’id, H’anz’ala sortit de la ville, et les préparatifs eh vue d’un engagement commencèrent.

Alors les uléma, parcourant les rangs des K’ayrawâniens, les encouragèrent à la guerre sainte et à la lutte contre les Khâredjites, en leur rappelant comment ces hérétiques réduisaient femmes et enfants en esclavage et, d’autre part, massacraient les hommes.

Ces gens, alors, mirent en pièces les fourreaux de leurs épées, tandis que leurs femmes, se précipitant vers eux, relevaient encore leur courage.

Tout frémissants, ils se précipitèrent comme un seul homme contre les Khâredjites ; mais ceux-ci résistèrent à leurs adversaires, et une furieuse mêlée s’engagea où les deux partis déployèrent une ténacité égale.

La protection divine se déclara enfin contre les Khâredjites et les Berbères en faveur des Arabes, qui firent un grand massacre de leurs adversaires et les poursuivirent l’épée dans les reins jusqu’à Djeloûla.

Les vainqueurs ignoraient qu’ ‘Abd el-Wâh’id était mort, et ils ne l’apprirent que quand sa tête fut apportée à H’anz’ala ; tous alors se prosternèrent pour rendre hommage à Dieu.

180 000 berbères hérétiques exécuté par le général Handhala ibn Safwan al-Kalbi, 742-44 (puisse Allah lui faire miséricorde)
180 000 berbères hérétiques exécuté par le général Handhala ibn Safwan al-Kalbi, 742-44 (puisse Allah lui faire miséricorde)

Il n’y eut, dit-on, jamais de plus épouvantable massacre au Maghreb, car l’ordre de H’anz’ala de compter les victimes ne put être exécuté, et ce fut en se servant de cannes qu’on arriva à fixer le nombre des morts à cent quatre-vingt mille.

‘Okkâcha fut ensuite fait prisonnier ailleurs avec une autre troupe de partisans, et fut amené à H’anz’ala, qui le fit exécuter.

H’anz’ala envoya alors la nouvelle de sa victoire à Hichâm ben ‘Abd el-Melik.

El-Leyth ben Sa’d disait : « Après la bataille de Bedr, il n’y en a aucune que j’aurais désiré voir plus que celle livrée par les Arabes à El-Açnâm[72] ».

En 122 (6 déc. 739), dit-on, fut tué Kolthoûm ben Iyâd K’ocheyri dans une bataille contre les Berbères soulevés.

Il avait été envoyé avec les Syriens en Ifrîkiyya par le khalife  Hichâm.[73]

Dinar du calife Omeyyade de Damas Hisham ibn Abd al-Malik
Dinar du calife Omeyyade de Damas Hisham ibn Abd al-Malik
Vue satélite de la région de Qalat ibn Kharroub au nord du maroc dans la région de Tanger
Vue satellite de la région de Qalat ibn Kharroub au nord du Maroc dans la région de Tanger al-Bakri 1014-1094  reviens sur  les Arabes  des Banu Khawlan de Qalat ibn Kharoub région de Tanger au Maroc issu du jund omeyyade de la conquête : « La Cala-t -ibn Kharroub « château d’Ibn Kharroub » est à une journée de Tanger. C’est une grande ville,(…) Dans le voisinage de cette place forte est un grand village , occupé par des Arabes de la tribu de Khaulan (Banu Khawlan), et renfermant une nombreuse population qui vit dans l’abondance. » al-bakri op cit. p.249

notes :

[56] Il était assisté de ‘Omar ben ‘Abd Allâh Morâdi, ainsi qu’il est dit plus bas ; mais celui-ci est maintes fois qualifié du titre de gouverneur de Tanger.

[57] Bien qu’on trouve aussi ce nom écrit Amr, Omar paraît bien être l’orthographe exacte (voir quelques lignes plus haut ; de Slane, Berbères, I, 216, 237, 360, etc.).

[58] Littéralement, « qu’ils étaient un fey‘ pour les musulmans », et le Bayân (I, 38) emploie la même expression. Amari entend le mot fey‘ au sens ordinaire de « sommes ou butin prélevés sur les infidèles vaincus» (Biblioteca, trad., I, 362 et 297) ; M. de Slane, comparant divers passages de chroniqueurs, estime qu’il s’agit d’un prélèvement du cinquième opéré sur la population pour en faire des esclaves (Hist. des Berbères, I, 215, 216, 359, n. 5, et 367 ; voir aussi Bayân, I, 39). Cf. Dozy, Histoire des musulmans d’Espagne, I, 241 : «. … pour ordonner aux Berbères de son district de payer un double tribut, comme s’ils n’eussent pas été musulmans. »

[59] Le mot Abou manque dans le texte, ainsi que dans la traduction d’Amari ; on doit le rétablir d’après ce qu’on lit quelques lignes plus haut, et ainsi qu’on le trouve dans Noweyri (ap. Hist. des Berbères, I, 355, 360-362).

[60] Ce mot est ailleurs orthographié Mat’ghari et Madghari (Amari, Biblioteca, trad., I, 362 ; De Slane, Berbères, I, 216, 237, 360 ; Fournel, I, 287).

[61] Sur les Khâredjites, voir entre autres la note 5, p. 203 du tome I de l’Histoire des Berbères.

[62] Tout ce qui précède de ce chapitre figure dans la Biblioteca, I, 360.

[63] Khâled ben Aboû H’abîb, selon Noweyri (ap. Hist. des Berbères, I, 360 ; Ibn Khaldoun, ibid., I, 217, et le Bayân, I, 40).

[64] Cette bataille fut livrée sur les bords du Chélif (voir Berbères, I, 217, 360; Dozy, Musulmans d’Espagne, I, 243; Fournel, I, 289).

[65] Ou, plus exactement, en djomâda I 123 (avril 741), d’après ce qui est dit ailleurs (Noweyri apud Berbères, I, 361; Bayân, I, 41).

[66] Baldj était le neveu ou le cousin de Kolthoûm (Fournel, I, 292; Dozy, Mus. d’Esp., I, 244; Ibn el-Koutiyya, etc.).

[67] Il faut probablement corriger ce passage et y lire « H’abîb ».

[68] Cette bataille est décrite par Dozy (Mus. d’Esp., I, 246); elle eut lieu non loin de Tanger, sur les bords du Wâdi Seboû, dans un endroit dont on trouve le nom écrit Bakdoûra, Nafdoûra, Nabdoûra et Nakdoûra (Berbères, 1, 217 et 362; Mus. d’Esp., l. l.; Ibn el-Koutiyya, 231 et 266; Bayân, I, 42; Fournel, I, 294; Achbar machmua, p. 248). Des fuyards qui regagnèrent l’Ifrîkiyya, Ibn el-Koûtiyya (texte, p, 266, I. 14), nous dit : « Ils y constituèrent une partie du djond syrien jusqu’à l’époque de Yezîd ben H’âtim [ben] el-Moballeb, gouverneur (‘âmil) nommé par El-Mançoûr. Ce chef les fondit avec les sujets (proprement dits, ra’iyya) et constitua le djond avec les Arabes du Khorasân qui étaient arrivés avec lui. Cette situation est restée la même jusqu’à l’époque actuelle ». Ce passage, traduit assez fidèlement par Cherbonneau (Journ. as., 1856, II, 443), est ainsi rendu par le nouveau traducteur (l. l. p. 231) : « tandis que dix mille autres se réfugiaient en Ifrîkiyya, où ils avaient formé le corps des troupes syriennes jusqu’à l’époque du gouvernement de Yezîd ben H’âtim el-Mohalleb, gouverneur nommé par El-Mançoûr (l’abbasside). Plus tard, ils avaient été rendus à la vie civile, et les troupes que ce prince emmenait dans ses conquêtes étaient formées d’Arabes du Khorasân, ainsi que cela est encore aujourd’hui. » On sait qu’il n’existe aucun Omeyyade, puisqu’il s’agit ici, en l’année 123, de faits contemporains de cette dynastie, du nom d’El-Mançoûr. Celui qui est ainsi désigné est le célèbre khalife abbaside de ce nom, qui nomma, une trentaine d’années plus tard, c’est-à-dire en 154, ledit Yezîd gouverneur de l’Ifrîkiyya (voir plus loin, t. V, p. 460 du texte; Berbères, I, 223 et 384 ; Fournel, I, 375, etc.).

[69] D’après le Kâmoûs, les deux lectures ‘Okkâcha et ‘Okâcha sont permises.

[70] H’anz’ala gouvernait l’Egypte depuis 119 ; voir le récit de Noweyri (Berbères, I, 362; Bayân, I, 45).

[71] A El-K’arn, à ce qu’on voit ailleurs (Berbères, I, 363, etc.).

[72] On retrouve les mêmes détails dans le Bayân, I, 47. Ibn Sa’d est un célèbre traditionniste mort en 175 hég.

Traduction française de ibn al-Athir du kitab  «Al-Kamil fi al-Tarikh  »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade 

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