Mort d’’Ok’ba ben el-H’addjâdj al-Saluli, Novembre 734 – Décembre 740 gouverneur Omeyyade d’al-Andalus et arrivée de Balj ibn Bisr al-Qusayri en Andalousie par ibn al-Athir :

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frappé entre 711 etr 750 omeyyade al andalus

Mort d’’Ok’ba ben el-H’addjâdj al-Saluli, Novembre 734 – Décembre 740 gouverneur Omeyyade d’al-Andalus et arrivée de Balj ibn Bisr al-Qusayri en Andalousie

En 123 (25 nov. 740) mourut ‘Ok’ba ben el-H’addjâdj Seloûli, gouverneur d’Espagne.

On dit aussi que les Espagnols se révoltèrent contre lui, le déposèrent[74] et mirent à sa place ‘Abd el-Melik ben K’at’an, qui arriva ainsi au pouvoir pour la seconde fois en çafar 123 (25 déc. 740).

Nous avons, sous l’année 117, raconté le soulèvement des Berbères en Ifrîkiyya.

Ils tinrent serré de très près Baldj ben Bichr ‘Absi[75] et le réduisirent, lui et les siens, à la dernière extrémité.

Ceux-ci résistèrent cependant jusqu’à cette année 123, où ils firent demander à ‘Abd el-Melik ben K’at’an des navires pour les transporter en Espagne, en dépeignant leur triste situation et ajoutant qu’ils devaient se nourrir de leurs montures.

Mais ‘Abd el-Melik refusa de les laisser venir en Espagne et leur fit la promesse, qu’il ne tint pas, de leur envoyer des secours.

Il dut cependant céder à cause de l’accroissement de la puissance des Berbères en Espagne, et consentir à l’arrivée de Baldj et de ses troupes.

D’après une autre version, ‘Abd el-Melik consulta ses compagnons sur la réponse à faire à Baldj, et comme on lui représentait les dangers qui pouvaient résulter d’un acquiescement :

« Je redoute, dit-il, que le Prince des croyants ne me reproche d’avoir causé la mort de ses troupes. »

Il consentit donc à les recevoir, mais pour une année seulement, au bout de laquelle ils devraient retourner en Ifrîkiyya.

Cette condition fut acceptée, et Baldj fournit des otages (pour assurer l’exécution de sa promesse).

A leur arrivée, ‘Abd el-Melik et les musulmans (d’Espagne) purent voir l’état de pauvreté et de dénuement auquel les épreuves du siège subi par eux avaient réduit les nouveaux venus ; aussi reçurent-ils des vêtements et furent-ils traités généreusement.

Madinat al-Sidonia
Madinat al-Sidonia, Espagne, al-Andalus. 

Ils allèrent alors attaquer [P. 189] des troupes berbères à Sidonia ; ils remportèrent la victoire, et sur les ennemis qu’ils tuèrent ils firent un butin considérable en argent, en chevaux et en armes, de sorte que les compagnons de Baldj, maintenant dans une situation meilleure, se trouvèrent pourvus de montures.

‘Abd el-Melik ben K’at’an, de retour à Cordoue, signifia à Baldj et à ses gens d’avoir à quitter l’Espagne ; ils y consentirent, mais en demandant à s’embarquer ailleurs qu’à Algésiras, pour éviter de retrouver les Berbères qui les avaient assiégés.

‘Abd el-Melik refusa, en alléguant qu’il n’avait de vaisseaux qu’en cet endroit ; à quoi les autres répondirent qu’ils n’iraient pas de nouveau affronter les Berbères et ne se dirigeraient pas sur l’endroit où ils savaient les trouver ; ils redoutaient, disaient-ils, de rencontrer la mort en se rendant sur le territoire même de leurs ennemis.

Comme ‘Abd el-Melik insistait pour les faire partir, ils prirent les armes contre lui, le battirent et l’expulsèrent du château, au commencement de doû’l-ka’da de cette année (mi-septembre 741).

Les compagnons de Baldj conseillèrent à celui-ci de mettre à mort ‘Abd el-Melik, qu’il avait en son pouvoir.

Le gouverneur, que son grand âge, car il avait quatre vingt-dix ans, faisait ressembler à un jeune oiseau, fut donc tiré de son palais et massacré, puis crucifié, et Baldj resta maître du gouvernement de l’Espagne.

Les deux fils d’Abd el-Melik, K’at’an et Omeyya, purent se sauver, l’un à Mérida, l’autre à Saragosse, avant le meurtre de leur père.

Nous dirons plus tard ce qu’ils firent.

Guerriers Omeyyades
Guerriers Omeyyades

 Guerre entre Baldj et les deux fils d’Abd el-Melik ; mort de Baldj, qui est remplacé comme gouverneur d’Espagne par Tha’leba ben Selâma.

En 124 (14 nov. 741) une lutte acharnée eut lieu en Espagne entre Baldj et les deux fils d’Abd el-Melik ben K’at’an, Omeyya et K’at’an.

Ces deux princes, avons-nous dit, s’étaient enfuis de Cordoue, et après l’exécution de leur père, ils se firent un parti tant dans le pays que chez les Berbères et parvinrent à rassembler un nombre de soldats qu’on évalue à cent mille.

A cette nouvelle, Baldj et les siens s’avancèrent contre eux et leur livrèrent une sanglante bataille où ils restèrent vainqueurs et où ils tuèrent beaucoup de monde.

Mais Baldj, atteint de plusieurs blessures, (P. 195) ne rentra à Cordoue que pour y mourir sept jours plus tard, en chawwâl de cette année (août 742) ; son administration avait duré onze mois.[76]

Ses compagnons le remplacèrent par Tha’leba ben Selâma ‘Idjli, [77] conformément aux ordres de Hichâm ben ‘Abd el-Melik, qui l’avait désigné comme le successeur éventuel de Baldj et de Kolthoûm.

Sous Tha’leba, les Berbères se révoltèrent dans les environs de Mérida, et il fit contre eux une expédition où il en tua un certain nombre ; puis, revenant à la charge, il leur fît mille prisonniers, qu’il ramena à Cordoue.[78]

Le maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades  par osprey
Le Maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades par Angus McBride osprey

Gouvernement de Handhala ibn Safwan al-Kalbi, 742-44 en Ifrîkiyya et d’Abu al-Khattar al-Husam ibn Darar al-Kalbi en Espagne :

En redjeb 125 (29 avril 743), Abou’l-Khat’t’âr Hosâm ben D’irâr le Kelbite arriva en Espagne en qualité de gouverneur.

Pendant que les gouverneurs K’aysites d’Espagne se succédaient les uns aux autres, il composa une poésie où il parlait de la bataille de Merdj Râhit[79] et des pertes subies par les Kelbites qui y figurèrent à côté de Merwân ben el-H’ak’am et combattirent les K’aysites commandés par D’ah’h’âk ben K’ays Fihri.

En voici un fragment :

[Tawîl] « Les fils de Merwân ont donné notre sang aux K’aysites ; mais s’ils ont tort, c’est Dieu qui rendra un jugement équitable ! Il semble que vous n’ayez pas vu Merdj Râkit’ et que vous ne sachiez pas qui s’y est signalé. Nos gorges ont servi à vous défendre contre des coups de lances excellentes, alors que vous n’aviez ni cavaliers ni fantassins qui pussent compter.[80] »

Hichâm ben ‘Abd-el-Melik, lorsqu’il entendit cette poésie, s’enquit de l’auteur et apprit que c’était un Kelbite.

Il écrivit alors à H’anz’ala ben Çafwân le Kelbite, qu’il avait nommé gouverneur d’Ifrîkiyya en 124 (14 nov. 741), de confier l’administration de l’Espagne à Abou’lKhat’t’âr. H’anz’ala obéit, et Abou’l-Khat’t’âr entra à Cordoue un vendredi où Tha’leba ben Selâma, alors gouverneur de la ville, allait faire exécuter les mille prisonniers berbères dont nous avons parlé. Mais alors ceux-ci lui furent remis, et ils ne durent leur vie qu’à cette circonstance.

Les Syriens qui étaient en Espagne [P. 29] voulaient retourner dans leur patrie avec Tha’leba ben Selâma ; mais Abou’l-Khat’t’âr sut se les attacher par ses bienfaits et les décider à rester.

Il installa chaque groupe dans des lieux semblables à ceux qu’ils occupaient dans leur pays d’origine, et cette ressemblance les fit renoncer à leur projet de départ. D’autres prétendent que la répartition des Syriens entre les diverses provinces ne fut faite que parce que le séjour de Cordoue leur était trop difficile.[81]

Sous l’année 139, nous disons maintes choses concernant Abou’l-Khat’t’âr.

[P. 234] (Dans la lutte que soutint Merwân ben Mohammed contre Yezîd ben el-Welîd), Thâbit ben No’aym Djodhâmi embrassa le parti du premier par reconnaissance.

En effet, Hichâm, qui l’avait envoyé en Ifrîkiyya à la suite du meurtre par les habitants de Kolthoûm ben ‘Iyâd’, l’avait emprisonné parce qu’il maltraitait le djond, et il avait recouvré sa liberté grâce à Merwân, qui, dans une de ses visites au prince, intercéda en sa faveur, et qui ensuite le compta au nombre de ses partisans.

notes:

[74] Les deux versions sont aussi rapportées par le Bayân (II, 29) ; Ibn el-Koûtiyya et Noweyri ne mentionnent que la seconde, de même que le tome I du Bayân, p. 41.

[75] Dans Ibn el-Koûtiyya (266, trad. p. 231), il est appelé ‘Anberi, c’est-à-dire descendant de Temîm ; mais Baldj était ‘Absi, c’est-à-dire descendant de K’ays.

[76] Voyez le récit de ces événements dans Dozy, Musulmans d’Espagne, I, 256 et s. On trouve des détails sur l’affaire d’Aqua Portora, à la suite de laquelle Baldj mourut, soit un, soit sept jours plus tard, dans les Mus. d’Espagne (I, 264) ; Ibn el-Koûtiyya (p. 267 et 233) ; Bayân (II, 32). Sur l’emplacement de cette localité, voir le Madjmoua, p. 243.

[77] On le dit aussi ‘Amili, ou descendant de ‘Amila, des K’od’âta (infra, p. 216). ‘Idjl était fils de Bekr, fils de Wâ’il.

[78] D’abord battu et forcé de se renfermer dans Mérida, il put surprendre les assiégeants et les battre à son tour (voir Dozy, l. l., 265).

[79] Cette bataille, livrée en 684 (64 ou 65 de l’heg., voir Ibn el-Athîr, iv, 123), éleva entre les Kelbites et les K’aysites un souvenir inoubliable de sang et de vengeance (Dozy, ibid., 133 ; Mas ‘oûdi, y, 201; Weil, I, 348). Noweyri attribue la poésie qui suit à Abou ‘l-Khat’t’âb ben Çafwân (Berbères, I, 358), et il en place, de même que le Bayân, la rédaction en 114, à l’époque où ‘Obeyda ben ‘Abd er-Rah’mân gouvernait l’Ifrîkiyya.

[80] Ces vers se retrouvent, quelquefois avec plusieurs autres, chez divers auteurs et présentent maintes variantes (Dozy, l. L, I, 223; Bayân, I, 37 ; Berbères, I, 358 : Ibn el-Koûtiyya, p. 267 ; Ibn el-Abbâr, dans les Notices de Dozy, p. 47).

[81] Parce qu’on ne pouvait les y souffrir, à ce qu’on voit par Ibn el-Koutiyya (p. 268, av. dern. ligne).

Traduction française de ibn al-Athir du kitab  «Al-Kamil fi al-Tarikh  »

Abu al-Hasan Ali ‘izz al-Din ibn al-Athir historien arabe sunnite (né en 1160 à Cizre, mort en 1233 à Mossoul). Son œuvre principale est Al-Kamil fi al-Tarikh (La Perfection des histoires. 1231), considérée comme l’un des plus importants livres d’histoire du monde musulman. Il est également l’un des principaux chroniqueurs arabo-musulmans des croisades dont il fut un témoin oculaire, ayant participé à la guerre sainte (djihad) contre la troisième croisade 

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