Dirar Ibn Al-Azwar (ra) lors des futuhat au Bilad al-Sham (Syrie / Jordanie) par al-Waqidi

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Vue aérienne de la capitale des Omeyyades, Damas Dimashq Bilad al-Sham Syrie.
Vue aérienne de Damas Dimashq Bilad al-Sham Syrie.

EXTRAIT DU LIVRE INTITULÉ CONQUÊTE DE LA SYRIE (Futuh ash-Sham) D’Abu `Abdullah Muhammad Ibn Omar Ibn Waqid al Sahmi al-Aslamid dit al-Waqidi

XII DHÉRAR, FILS D’ALAZWAR  Dirar Ibn AlAzwar

ABOU OBEIDAH commandait en Syrie les troupes du khalife Omar, fils d’Alkhatthâb.

Apres avoir remporté divers avantages sur les Grecs, il mit à la tête de deux cents cavaliers Dhérar, fils d’Alazwar, guerrier distingué entre les Arabes, lui donnant l’ordre de se porter vers le nord de la Syrie, et de piller les villes maritimes.

Arrivés dans la plaine de Dâbic, lui et ses compagnons se couchent sur la terre pour prendre du repos.

Pendant qu’ils sont profondément endormis, Alhâïm, fils de Djabalah, conduisant une armée d’Arabes qui avaient embrassé le christianisme, accourt en toute hâte, tombe avec les siens sur une partie des compagnons de Dhérar, et les fait prisonniers, sans éprouver une longue résistance.

Cependant Dhérar, réveillé par les cris, est déjà monté sur son cheval.

Il élève la voix, et anime au combat les cent cavaliers qui lui restent, par le discours suivant :

« Courage ! précipitez-vous sur ces troupes viles et parjures, et abreuvez vos glaives du sang des phalanges ennemies.

Défendez la religion, objet de la vénération des hommes, et cherchez à complaire au Dieu de tous les êtres, au dispensateur des bienfaits.

Que celui d’entre vous qui désire échapper aux flammes éternelles, au jour où chacun recevra le prix de ses œuvres, s’élance à l’heure même sur l’ennemi, avec l’impétuosité du lion, et qu’il ne songe qu’à se rendre agréable à l’Envoyé qui n’a point trompé les hommes. »

L'entée des arabes du califat Rashidun à Lattaquié au Bilad al-Sham
L’entée des arabes du califat Rashidun à Lattaquié au Bilad al-Sham (Syrie)

XIII.

Il dit, et à l’instant un combat opiniâtre s’engage entre les musulmans et les Arabes qui s’étaient faits chrétiens.

Dhérar, malgré sa valeur, est enveloppé de toutes parts. Les chrétiens se saisissent de sa personne, le chargent de fers, et le conduisent à Antioche.

La nouvelle de la défaite de Dhérar étant parvenue à Abou Obéidah, lui et les musulmans gémissent sur son triste sort, et Khoulah, fille d’Alazwar, sœur du héros captif, exhale sa douleur en ces termes :

« Eh quoi ! n’y a-t-il personne qui puisse nous donner des nouvelles de mon frère !

Qu’on me dise » ce qui peut le contraindre à rester si longtemps éloigné de nous !

Hélas ! si j’avais su que nous dussions nous séparer pour ne plus nous revoir, je lui aurais réitéré les plus tendres adieux.

Lugubre oiseau, qui naguère me prédis son départ, n’apporteras-tu donc pas la joie dans nos cœurs, en nous annonçant l’arrivée prochaine de l’absent bien-aimé !

Chameaux se reposant devant le Trésor, connu localement sous le nom de al Khazneh, situé à Petra, , qui était la capitale siècle des arabes Nabatéens.
Ruines de l’ancienne Petra en Jordanie , une des premières villes à tomber à l’invasion des armées arabo-musulmane du califat rashidun. .

Comme tous nos jours étaient calmes et sereins quand mon frère était auprès de nous ! il faisait notre félicité, et nous faisions la sienne. Ah ! que Dieu combatte et extermine la séparation ! qu’elle est remplie d’amertume ! que ses traits sont meurtriers !

Ah ! que veut-elle de nous ! Je me rappelle les moments délicieux que nous avons passés avec mon frère ; pourquoi faut-il que la fortune inconstante nous ait éloignés l’un de l’autre ! Si jamais » il revient à sa demeure chérie, je couvrirai de baisers les pieds de sa monture.

O douleur ! puis-je oublier l’instant où il m’a été dit : Dhérar est dans les fers ; nous l’avons laissé sur le sol de l’ennemi, et nous lui avons dit un dernier adieu. Hélas ! les jours de l’homme ne sont qu’un prêt de peu de durée, et nous disparaissons comme une parole qui n’a point de sens.

Chaque fois que quelqu’un m’entretient de mon frère, je sens que mon cœur souffrant et plaintif ne peut s’attacher à d’autres qu’à lui. Salut à mon frère bien-aimé, à toute heure du jour, soit qu’il reste volontairement éloigné de nous, » soit qu’une dure nécessité le condamne à en être séparé ! »

a mosquée al-Shuaibiyah d'Alep en Syrie (637) construite par le noble compagnon et général du califat Rashidun Abu Ubaidah ibn al Jarrah (radi ALLAH anhu) en 637, la mosquée Al-Shuaibiyah a été construit près de la porte de Antioche , en absorbant l'ancien arc de triomphe romain.
 La Mosquée al-Shuaibiyah d’Alep en Syrie (637 JC) fut construite par le noble compagnon et général du califat Rashidun Abu Ubaydah ibn al Jarrah (radi ALLAH anhu) en 637, après la conquête d’Alep au Bilad al-Sham face au armées impériale Byzantines, la mosquée Al-Shuaibiyah a été construit près de la porte de Antioche , en absorbant l’ancien arc de triomphe romain.

XIV.

Une femme arabe dont le fils avait été fait prisonnier avec Dhérar, se trouvant alors dans la maison de Khoulah, fille d’Alazwar, déplore ainsi sa perte :

« O mon fils ! la tristesse a consumé mon cœur ; mes larmes ont brûlé le passage qui leur donne issue, et elles ont allumé le feu de la douleur ; mes entrailles ont caché des flammes cruelles qui les dévorent. J’interroge avidement tous ceux qui arrivent ici montés sur leurs chameaux, dans l’espoir qu’ils me donneront de tes nouvelles, ô mon fils ! et que ma couche, pendant la nuit, sera moins tourmentée.

Mais, hélas ! nul n’a pu jusqu’à présent m’instruire de ton sort ; nul n’a pu me dire que tu reviendras.

O mon fils ! depuis que je ne te vois plus, ma vie est abreuvée d’amertume, et mes yeux sont toujours noyés de larmes ; mes facultés sont anéanties, et ma demeure n’est plus qu’un désert. Si tu vis encore, je me résous à passer dans le jeûne une année entière ; mais s’il en est autrement, quel remède l’homme peut-il apporter à ce malheur ? »

Heraclius, Byzantine emperor 610-641 AD

XV.

Cependant Dhérar et ses compagnons sont présentés à Héraclius. On leur ordonne de se prosterner devant le roi : ils refusent d’obéir. « L’envoyé de Dieu, dit Dhérar, nous défend de nous prosterner devant les créatures. »

Une dispute théologique s’élève entre Héraclius et Dhérar. Mécontent des réponses hardies du guerrier musulman, et, de plus, excité à la vengeance par ceux qui l’entourent, le roi donne ordre que l’on fasse périr sur-le-champ Dhérar par le glaive.

Il reçoit quatorze coups de sabre, dont aucun, dit l’historien, ne fut mortel, Dieu voulant le sauver des mains de ses ennemis, pour qu’il continuât à défendre son envoyé.

Le roi ayant commandé qu’on lui coupât la langue, Yocana, chrétien qui s’était fait musulman, et qui, pour mieux réussir dans ses desseins, feignait de rester dévoué aux Grecs, engage Héraclius à ne point maltraiter ainsi Dhérar, et le supplie de le lui abandonner, ajoutant que si le lendemain il respirait encore, il le conduirait dès le matin à la porte de la ville, et que là il lui trancherait la tête ; châtiment qui affaiblirait considérablement les Arabes.

Le théâtre romain à Palmyre Syrie Sawa , Arak , et la ville historique de Palmyre étaient les premiers à tomber à Khalid. Sokhna , al-Qaryatayn et Hawarin ont été capturés après la bataille de Qarteen et la bataille de Hawareen
Le théâtre romain à Palmyre  en Syrie, les villes de Sawa , Arak , et la célèbre et antique ville  de fondation arabe nabatéene de Palmyre étaient les première  à tomber au mains des arabes musulmans sous Khalid ibn al-Walid al-Makhzoumi radi Allah anhu . Sokhna , al-Qaryatayn et Hawarin ont été capturés après la bataille de Qarteen et la bataille de Hawareen

Le roi approuve ce conseil.

Aussitôt Yocana, aidé de son fils qui faisait partie des deux cents cavaliers commandés par Dhérar, conduit ce héros dans sa maison. On panse toutes ses blessures, et on lui donne tous les secours nécessaires.

Dhérar, revenu enfin à lui, ouvre les yeux: convaincu que Yocana était demeuré fidèle à l’islamisme, il le remercie, ainsi que son fils, de leurs généreux soins, et s’entretient quelque temps avec eux des objets de son affection ; puis il prie ses bienfaiteurs de transmettre aux musulmans et à sa sœur le discours en vers qu’il va leur dicter : 

« O vous qui m’êtes si secourables ! je vous conjure, au nom de Dieu, de porter mes derniers adieux à la Mecque, et au mur sacré qui enferme le temple. Puissiez-vous, tant que vous vivrez, goûter mille délices ! que la gloire, la félicité et l’assistance céleste vous accompagnent sans cesse ! puissent-ils n’être point perdus auprès de Dieu, les bienfaits que je reçois de vous ! Déjà je sens que mes vives douleurs sont adoucies ; vos soins compatissants m’ont procuré du soulagement et du repos : c’est ainsi que les hommes doivent faire entre eux un noble échange d’actions généreuses. Non, et j’atteste ici le temple sacré de Dieu, la mort n’est pas ce qui m’afflige ; mais ce qui cause toute ma peine, c’est le sort malheureux d’une femme avancée en âge, que j’ai laissée dans des lieux déserts et incultes. Privée de toute ressource, elle manque de force pour résister aux coups de la fortune ; elle n’a point d’autre asile que les déserts, point d’autre nourriture que l’absinthe, l’aurone et l’herbe sauvage. J’étais son unique appui, après qu’elle eut perdu les hommes a qui elle avait engagé sa foi ; et quoique je fusse pauvre, je faisais tous mes efforts pour qu’elle subsistât honorablement. Je la nourrissais des bêtes fauves qui tombaient en mon pouvoir; tour-à-tour je lui apportais des lièvres, des gerboas, des petits de chamois, de jeunes gazelles, des fruits du lotus, et des génisses habitantes des déserts. Je défendais sa demeure contre toute attaque étrangère, et je lui prodiguais les soins les plus assidus, lorsqu’elle se trouvait dans l’affliction et dans la détresse. Mais aujourd’hui je n’ai eu en vue que la gloire de Dieu, en combattant avec ma lance ceux qu’il a maudits ; et j’ai voulu réjouir la plus excellente des créatures, Mahomet, dans l’espérance d’obtenir la victoire au jour du jugement. h ! celui qui redoute ce jour doit s’efforcer de plaire à son Dieu, en exterminant les adorateurs impies de la croix. Animée par cette crainte salutaire, ma sœur, comme moi, a livré bataille aux incrédules, et elle n’a point cessé de se précipiter sur eux la lance à la main. Elle me disait, au moment que nous allions nous séparer : O mon frère ! je sens que je ne pourrai point supporter ton absence ; ô mon frère ! quelle dure séparation ! qui viendra de ta part nous apporter l’heureuse nouvelle de ton retour ? Ah ! lorsque l’homme a quitté la terre qu’habitent les siens, la fortune a décidé d’avance s’il reviendra dans sa patrie, ou s’il périra loin d’elle. Allez donc, généreux amis, et portez à ma sœur un tendre salut. Dites-lui que son frère est mort dans un pays étranger, victime de la cruauté de ses ennemis ; dites-lui que c’est en défendant l’islamisme et le plus pur d’entre les hommes, qu’il a été renversé, couvert de blessures, mis en lambeaux. Colombes qui habitez l’arâk, portez le message d’un amant qui ne peut revenir de son ivresse. Colombes de Nadjd, allez redire les parafes d’un infortuné qu’il soupire sans cesse après l’armée des musulmans et leurs chefs glorieux ; dites-leur que Dhérar est chargé de fers, et qu’il gémit loin de sa patrie, dans des contrées inhabitées. Colombes de Nadjd, faites entendre les discours d’un être souffrant, seul et délaissé, et qui languit dans l’opprobre de la captivité. Si ma sœur bien-aimée s’informe de mon sort, dites-lui que mes larmes coulent en aussi grande abondance que les eaux des nuages. Colombes de Nadjd, gémissez aux lieux qui m’ont vu naître, et dites : Dhérar est vivement ému au souvenir de sa terre natale. Si vous approchez des tentes où repose ma famille, dites alors : C’est ainsi que la fortune fait succéder la douleur à la félicité. Dites : Le captif que vous connaissez est en proie à des flammes dévorantes, et tout son corps est abattu par la souffrance ; sa vie ne s’étend » pas au-delà de vingt-huit ans, et les grâces qui naguère brillaient sur son visage, aujourd’hui sont effacées par les larmes que lui ont fait répandre et l’absence et des maux sans remède. Il a quitté volontairement sa patrie, dans le dessein de combattre les infidèles, et ces enfants de l’ignominie se sont emparés de lui par la trahison. Amis compatissants, que Dieu vous comble de ses bénédictions ! hâtez-vous de déposer mon corps dans cette terre, et écrivez sur ma tombe l’étrange histoire de mes malheurs. Et vous, colombes d’Alhathim et de Zemzem, faites à ma mère le récit de ma fin déplorable, et montrez-lui le lieu de ma sépulture. »

Peut-être la fortune, devenue un jour propice, » permettra-t-elle à ma mère de visiter le tombeau abandonné d’un étranger ! »

Quand Dhérar eut cessé de parler, Yocana, qui avait écrit toutes les paroles sorties de sa bouche, plia la lettre qui les contenait, et chargea un homme affidé d’aller la porter aux musulmans.

7) La mosquée Ibrahimi à Hébron (617 JC) (également connu sous le nom d'Al-Haram al-Ibrahimi) en Palestine 637, suite au conquète du compagnon Abu Ubaydah ibn al-Jarrah (radiALLAH anhu) et du compagnon Khalid ibn al-Walid al-Makhzoumi (radi ALLAH anhu)
La mosquée Ibrahimi à Hébron (637 JC) (également connu sous le nom d’Al-Haram al-Ibrahimi) en Palestine  date de l’an 637, suite au conquêtes du compagnon Abu Ubaydah ibn al-Jarrah (radiALLAH anhu) et du compagnon Khalid ibn al-Walid al-Makhzoumi (radi ALLAH anhu)

Lorsque l’envoyé fut arrivé devant Abou Obéidah, il lui dit :

« J’ai à te remettre une lettre de la part d’un de ces guerriers qui languissent dans les fers à Antioche : il se nomme Dhérar, fils d’Alazwar. »

Alors Abou Obéidah prit la lettre, en rompit le cachet, et la lut au peuple réuni autour de lui. Au récit funeste que Dhérar faisait de ses malheurs, tous les Musulmans furent émus de compassion, et ils pleurèrent amèrement.

Khoulah, sœur de Dhérar, instruite de ce qui se passait, accourut hors d’haleine, et s’adressant à Abou Obéidah :

« Lis-moi, lui dit-elle, les vers de mon frère. »

Abou Obéidah en commença de nouveau la lecture, et presque au même instant, Khoulah fondit en larmes ; ses forces l’abandonnèrent, et sa douleur devint si vive, qu’Abou Obéidah, croyant qu’elle allait expirer, ne put achever de lire les vers de Dhérar.

Enfin Khoulah s’écria :

« Nous appartenons à Dieu, et nous retournerons vers lui : il est le seul puissant, le seul fort; je jure de venger Dhérar. »

Tout le peuple eut bientôt gravé dans sa mémoire les vers de Dhérar, et il ne fut aucun musulman qui ne se plût à réciter les infortunes de ce guerrier.

Abou Ofaéidah, impatient d’étendre ses conquêtes, ne tarda pas à se mettre en marche vers Antioche.

Il était accompagné de Khaled, fils d’Alwalid; d’Amrou, fils d’Al-as ; d’Abd-Arrahman, fils d’Abou Bekr, et d’une foule d’autres guerriers renommés par leur courage.

A la suite de l’année marchait une troupe de femmes plaintives qui ne formaient de vœux que pour la délivrance des objets de leur tendresse retenus dans les fers ; mais nulle ne manifestait une douleur aussi profonde que la fille d’Alazwar.

Le doux sommeil s’enfuyait de ses yeux abîmés par les larmes, et aucune parole de consolation ne pouvait pénétrer dans son cœur, pour calmer ses angoisses mortelles.

L'épee du plus grand général de tout les temps Khaled ibn al-Walid (radi ALLAH anhu)
L’épee du plus grand général de tout les temps Khaled ibn al-Walid (radi ALLAH anhu)

Cependant Yocana avait facilité l’évasion de Dhérar et de ses compagnons.

Ceux-ci, soutenus par quelques détachements qu’Abou Obéidah avait envoyés en avant, tombèrent bientôt sur les Grecs, et les firent repentir des cruautés qu’ils avaient exercées à leur égard.

Dhérar se précipita sur eux, frémissant de rage, et son glaive sut bien alors le venger de tous les maux qu’il avait soufferts.

Chaque fois qu’il étendait un ennemi à ses pieds, il disait d’une voix terrible :

« Vengeance de Dhérar ! »

Pendant qu’il faisait un tel massacre des Grecs, il aperçut non loin de lui un cavalier musulman qui donnait des preuves signalées de sa bravoure ; seul il rompait, dispersait des bataillons entiers, et ne cessait de crier, d’un ton plein de fureur:

« Vengeance de Dhérar! » Frappé de ce spectacle, Dhérar s’approche du cavalier qui portait des coups si formidables, le considère avec attention, et reconnaît sa sœur. « O fille d’Alazwar, » s’écrie-t-il, regarde-moi, je suis ton frère ! »

A ces mots, Khoulah s’élance vers Dhérar pour l’embrasser et s’entretenir avec lui. « O ma sœur ! dit »

Dhérar avec feu, il vaut mieux aujourd’hui combattre les infidèles que de perdre le temps en vains « discours.

Allons, que nos chevaux, se précipitant » ensemble, nous fassent jour à travers les bataillons » des Grecs, et que nos lances, poussées de front, » se teignent de leur sang odieux.

La vallée du Yarmouk e entre la Jordanie et la Syrie, En 634, Abû `Ubayda s'est dirigé vers la Syrie à la tête d'une armée de renforts faites de volontaires récemment arrivés à Médine. Cette armée d'invasion qui allait bientôt compter 24 000 hommes, était formée de tribus bédouines choisissant leur chef. Elle était formée de quatre corps d'armée. Abu `Ubayda commandait l'un d'eux. L'empereur de Byzance, faute de finances n'avait pas pu verser les subsides habituels aux tribus arabes chargées de protéger ses frontières. L'entrée en Syrie des troupes musulmanes a été facilitée. Les populations syriennes sont restées spectatrices de l'invasion musulmane. Abû Bakr avait assigné une province à chacun de ses généraux : Abu `Ubayda avait reçu la province d'Homs (Hims). Yazid ben Abî Sufyan reçut Damas. `Amru ben al-`Âs la Palestine (Filistin). La Jordanie (Urdun) revenait à Churahbil ben Hasana. Se voyant devant une armée de 150 à 200 000 hommes les quatre généraux écrivirent à Abû Bakr qui demanda à Khâlid ibn al-Walîd de venir à leur aide. Kâlid pris la tête des opérations et massa les troupes musulmanes sur les rives de la rivière Yarmuk.
La vallée du Yarmuk  entre la Jordanie et la Syrie, en 634, Abû `Ubayda radi Allah anhu s’est dirigé vers la Syrie à la tête d’une armée de renforts faites de volontaires récemment arrivés à Médine. Cette armée d’invasion qui allait bientôt compter 24 000 hommes, était formée de tribus bédouines choisissant leur chef. Elle était formée de quatre corps d’armée. Abu `Ubayda radi Allah anhu commandait l’un d’eux.
Abû Bakr avait assigné une province à chacun de ses généraux : Abu `Ubayda radi Allah anhu  avait reçu la province d’Homs (Hims). Yazid ben Abî Sufyan radi Allah anhu  reçut Damas. `Amru ben al-`Âs rad Allah anhu  la Palestine (Filistin). La Jordanie (Urdun) revenait à Churahbil ben Hasana radi Allah anhu . Se voyant devant une armée de 150 à 200 000 hommes les quatre généraux écrivirent à Abû Bakr qui demanda à Khâlid ibn al-Walîd de venir à leur aide. Khâlid ibn al-Walid radi Allah anhu pris la tête des opérations et massa les troupes musulmanes sur les rives de la rivière Yarmuk.

Rendons-nous » dignes, en soutenant la cause du très  Haut, des » récompenses glorieuses promises par son envoyé. »

A peine Dhérar eut achevé ces mots, que déjà il voit les Grecs plier de toutes parts et fuir devant les Musulmans victorieux. Les troupes d’Abou Obéidah arrivaient successivement, se jetaient avec impétuosité sur l’ennemi, et répandaient dans ses rangs la terreur et la confusion.

En ce jour, le fer des Musulmans moissonna un grand nombre de Grecs et d’Arabes qui avaient embrassé le christianisme.

Héraclius, trahi par plusieurs de ceux qu’il croyait lui être fidèles, et de plus, effrayé par un songe qui lui avait montré son empire penchant vers sa ruine, avait quitté Antioche, et s’était embarqué pendant la nuit, avec un petit nombre des siens, pour aller se réfugier dans les murs de Constantinople.

Lorsque le feu dévorant de la guerre eut cessé d’exercer ses fureurs, on remit les trésors et les captifs à Abou Obéidah, qui s’empressa de rendre grâces au très  Haut de l’heureux succès de ses armes.

Mais tout-à-coup Dhérar, fils d’Alazwar, qui venait de laver ses injures dans le sang de tant de Grecs, paraît, suivi de ses compagnons, au milieu des Musulmans étonnés; et tous les Musulmans saluent Dhérar et ses compagnons, et se réjouissent de leur délivrance.

Le tombeau de l'éminent compagnon Dirar bin Azwar radi Allah anhu au nord de la Jordanie
Le tombeau de l’éminent compagnon Dirar bin al-Azwar radi Allah anhu au nord de la Jordanie 

(Notice auteur)

Al-Waqidi (arabe:الواقدي) ou ‘Abu `Abdullah Muhammad Ibn Omar Ibn Waqid al Sahmi al-Aslami (arabe:أبو عبد الله محمد بن عمر بن واقد الأسلمي’) (né en 745, mort en 822) est un historien arabe musulman.

Waqidi est né à Médine en Arabie en 745. Quand le calife abbasside Haroun ar-Rachid a fait son pèlerinage à La Mecque, celui-ci se rendit à Médine. Il envoya son vizir, Yahya ben Khalid pour trouver un guide et ce fut Waqidi qu’il désigna. Il suivit le calife jusqu’à Bagdad où il fut promu qadi par `Abdullah ibn Harun et `Askar al-Mahdi pendant une période de quatre ans. On ignore encore quel camp il choisit pendant la guerre civile qui eut lieu dans l’Empire Abbasside entre les fils du calife Haroun ar-Rachid, mais il était encore qadi peu avant de mourir

Waqidi connaissait bien le Coran, les différents avis des savants sur les hadiths et l’histoire des conquêtes musulmanes qu’il expliqua dans ses différents livres. Son secrétaire, Ibn Sa’d al-Baghdadi, était également historien. Il s’est lui-même servi des travaux de Waqidi pour ses propres travaux.

Le seul livre de Waqidi qui ne fut pas perdu fut Kitab Al Tarikh wa Al Maghazi (chronique des campagnes du Prophète), qui existe encore en intégralité.

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