Mort du calife Abu Bakr (ra), avènement d’Omar (ra) et bataille d’al-Qadisiyya, fondation de Kufa, Basra et prise de Madaîn (Ctésiphon) par al-Tabari :

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Ruines de l'ancienne cité de Hira en Iraq
Ruines de l’antique  cité de Hira en Iraq

CHAPITRE XXX Campagne DE MOUTHANNA FILS DE HÀRITHA CONTRE LES PERSES Sassanide 

Au moment de quitter l’Iràq Khàlid avait confié les affaires de l’Iràq de Hîra du Sawàd et de tous les lieux dont il avait fait la conquête à Mouthanna fils de Hàritha conformément à l ordre d Abou Bekr et il lui avait laissé la moitié de ses troupes savoir neuf mille hommes.

La situation des Perses était devenue très précaire car ils ne pouvaient se mettre d’accord pour nommer un roi.

Ayant enfin réuni leurs suffrages sur Schehrîràn,  Schehrabràz fils d’Ardeschir un descendant de Schàpour ils lui dirent :

« L affaire la plus impérieuse pour nous c est de nous occuper des Arabes qui ont envahi notre pays et qui se sont emparés du Sawàd de l’Iràq et de Hîra .  »

Vue panoramique sur l'antique   ville reconstruite de Babylone en Iraq. .
Vue panoramique sur l’antique ville reconstruite de Babylone en Iraq. .

En conséquence le roi fit partir pour l’Iràq trente mille hommes sous les ordres d’un général nommé Hormouzd Ujàdouï qui emmena avec lui un grand nombre d éléphants.

A cette nouvelle Mouthanna marcha au devant de l’armée perse.

La rencontre eut lieu aux confins du Sawàd près de Babylone.

Le combat fut ardent.

Les Perses poussèrent leurs éléphants au milieu des musulmans pour rompre leurs rangs Mouthanna recommanda à ses soldats de s attaquer immédiatement aux éléphants qui reçus par eux à coups de flèches et aveuglés se tournèrent en arrière et se jetèrent sur le camp même des Perses.

Ceux ci se mirent à fuir et les musulmans en tuèrent un grand nombre.

Lorsque cette nouvelle arriva à Madàïn le roi venait de mourir et l’on était divisé sur le choix de son successeur.

La direction des affaires tomba alors entre les mains de femmes.

Le Sawàd, Hira et toutes les contrées situées au delà du Tigre demeurèrent en la possession de Mouthanna.

Mouthanna ayant été informé qu’ Abou Bekr était gravement malade confia le commandement de l’armée à un officier et partit pour Médine .

Il trouva le calife encore vivant mais près de mourir et ayant déjà désigné Omar comme son successeur.

En voyant Mouthanna bou Rekr fit appeler Omar et lui dit :  » Le jour même de ma mort occupe toi des affaires des musulmans et tout d’abord tu songeras à renvoyer dans l’ Iràq Mouthnna que les Perses ont appris à craindre. Et quand Khàlid en aura fini avec la Syrie renvoie le aussi dans l’lràq avec son armée . ‘

Abou Bekr expira le soir du même jour Omar renvoya Mouthanna dans l’Iràq fit partir la lettre par laquelle il destitua Khâlid et confia le commandement de l’armée à Abou Obaïda fils de Djerrà’h

La forteresse de Khaybar, Arabie Saoudite
La forteresse de Khaybar, Arabie Saoudite

CHAPITRE XXXI MORT d’ABOU BEKR

On rapporte qu Abou Bekr ayant été invité à un repas par un des principaux juifs de Khaïbar et que le calife se trouvant à table avec Hàrith fils de Kalada qui était le médecin des Arabes on leur présenta un plat de riz Abou Bekr en ayant mangé une bouchée Hàrith en prit de même une bouchée mais il la rejeta aussitôt en s écriant ; « Il ya dans ce riz un poison qui tue au bout d’une année ! »

Et il en fut ainsi au bout de cette même année Abou Bekr tomba malade le lundi sept jours après le commencement du mois de djoumàda second et mourut quinze jours après le mardi huit jours avant la fin du mois.

Le même jour mourut à la Mecque Attâb fils d’Asîd le gouverneur de cette ville.

Abou Bekr pendant toute sa vie avant comme après la fondation de l’islam s ‘occupa de commerce il possédait aussi un certain nombre de brebis.

Lorsqu il fut élevé au califat sa famille était nombreuse.

Sa première femme qui était la mère d ‘Aïscha,  et qu’ il avait épousée avant l’ islamisme était Oumm Roumàn fille d’ Amir fils d ‘Amira de  la tribu de Kinàna .

Il avait épousé une autre femme de la tribu de Kinàna nommée Esmà dont il eut un fils nommé Abd er Rahmàn.

Après avoir embrassé l ‘islamisme il avait épousé Esmà fille d’Omaïs qui lui donna son fils Mohammed .

Lorsqu il fut arrivé à Médine avec le Prophète il y fit venir ses femmes et ses enfants et le Prophète lui donna une maison en face de celle d ‘Othmàn fils d’ Affàn .

A Médine il épousa une femme nommée Habîba fille de Khàridja fils de Zaïd qui lui donna une fille qu il nomma Oumm Kolthoum Habîba avait une maison à Soun’h faubourg de Médine à une portée de voix de la ville Abou Bekr résidait tantôt à la ville dans la maison que le Prophète lui avait donnée tantôt à Soun’ h dans la maison de sa femme.

Représentation ottomane  du calife Rashidun Abu Bkr as-Sidiq radi Allah anhu recevant les allégeances lors de sa nomination au califat.
Représentation ottomane du calife Rashidun Abu Bakr as-Sidiq radi Allah anhu recevant les allégeances lors de sa nomination au califat. 

Or lorsque Abou Bekr fut élevé à la dignité de calife ayant à sa charge toutes ces femmes et ces enfants il continua à faire le commerce pour gagner sa subsistance mais la chose publique en souffrait.

Alors il dit aux musulmans :  » Il faut absolument que je gagne ma vie il me faut donc un secrétaire qui rédige les écritures il doit recevoir une rétribution . Puis il me faut un juge chargé de connaitre les différends des parties celui ci aussi doit être payé .  »

En conséquence on lui alloua sur le trésor une somme annuelle de six mille dirhems pour lui et sa famille pour le secrétaire et le juge.

Ensuite Omar lui dit : « Je veux remplir pour toi les fonctions de juge je ne demande point de rétribution Oth’màn lui fit la même proposition pour les fonctions de secrétaire Et fut fait ainsi et Abou Bekr employa pour soi les honoraires du juge et du secrétaire.

Pendant son califat qui dura deux ans et quatre mois il dépensa du trésor public huit mille dirhems.

Au moment de sa mort il exprima la volonté que tout ce qu il laisserait jusqu’au lit sur lequel il était couché fut restitué au trésor et l’on fil ainsi .

Il laissa en mourant trois femmes trois fils et trois filles Omar ne leur donna aucune part de l héritage .

Abou Bekr avait dans les différentes provinces des agents dont plusieurs avaient déjà été établis par le Prophète et qu Abou Bekr avait maintenus.

Ses généraux en Syrie étaient Abou Obaïda fils de Djerrà’h;  Yezîd fils d ‘Abou Sofyàn,  Schoura hbîl fils de Hasana et Khàlid fils de Walîd .

Les montagnes du Hijaz
Les montagnes du Hijaz

Quand Abou Bekr mourut son père Abou Qo’hâfa vivait encore à la Mecque il mourut six mois après Abou Bekr,  Abou Qo’hàfa s appelait de son vrai nom Othmân Abou Bekr s’appelait Abdallah et le Prophète lui donna le nom d’Atîq .

Abou Bekr préférait ce dernier nom à cause de sa signification de bon augure .

Quelques uns disent qu  »il avait reçu le nom d ‘Atïq comme sobriquet du temps qu il était païen.

D’autres ajoutent qu on l’avait appelé ainsi à cause de la blancheur de son visage Aïscha rapporte que le Prophète avait dit un jour à Abou Bekr :  Tu as été affranchi AtIq par Dieu du feu de l’enfer » et que c’ est depuis ce jour là qu on l ‘appelait Atiq .

Voici la généalogie d ‘Abou Bekr : Abdallah Abou Bekr fils d ‘Othmàn fils d ‘Amir fils d ‘Amrou fils de Ka’ b fils de Sa’ d fils de Taïm fils de Morra fils de Lowayy .

Abou Bekr avait le teint blanc et le corps sec le visage maigre les pommettes saillantes.

La couleur de son visage était jaunâtre il teignait avec du henna sa barbe qui était blanche.

Abou Bekr comme nous l’ avons dit plus haut tomba malade le lundi sept jours après le commencement du mois de djoumàda second.

Sa maladie dura quinze jours et il mourut le mardi à l ‘heure de la prière du soir huit jours avant la fin du mois la treizième année de l’ hégire âgé de soixante trois ans après avoir exercé le califat pendant deux ans et trois mois.

La maison du calife rashidun Abu Bakr as-Sidq radi Allah anhu à Medine. Arabie Saoudite.
La maison du calife rashidun Abu Bakr as-Sidq radi Allah anhu à Medine. Arabie Saoudite.

Il avait ordonné avant d ‘expirer que sa femme Esmâ fille d ‘Omaïs serait chargée de procéder à la lotion funéraire de son corps et que son fils Abd er Rahmàn devrait verser l’eau il désirait qu’aucune autre personne ne le vît dans sa nudité.

Comme il avait rendu l’àme an moment du coucher du soleil on procéda sur l ordre d’Omar immédiatement à la lotion funéraire à l’heure de la prière du soir.

Après avoir placé le corps sur la civière qui avait servi à l’enterrement du Prophète on le mit en terre dans l’entre temps des deux prières du soir et du coucher.

Omar  Tal’ha et Abd er Ra hmàn fils d’ Abou Bekr descendirent dans la tombe et y placèrent le corps Abou Bekr avait exprimé le désir d’ être enterré à côté du Prophète de manière que sa tête fut à la hauteur des épaules de Mo’hammed.

Lorsque Omar mourut on l ‘enterra à côté d’Abou Bekr la tête à la hauteur des épaules de celui ci .

C est dans cette position que se trouvent ces tombes encore aujourd hui.

Masjid An-Nabawi à Médine (Arabie Saoudite)
Masjid An-Nabawi à Médine (Arabie Saoudite), ou ce trouve Abu Bakr (radi Allah anhu) et Omar (radi Allah anhu) au coté du prophète Muhammad sallaLlahu alayhi wa salam

 CHAPITRE XXXII NOMINATION D’ OMAR FILS De KHATTÀB au Califat : 

Mohammed ben Djarir rapporte : Lorsque Abou Bekr fut tombé malade et que sa maladie devint sérieuse il se préoccupa du sort des musulmans et du choix de son successeur Alors il songea à Omar.

Il fit appeler Abd er Rahmàn fils d’Auf et lui dit  : « Je veux donner le califat à Omar qu’en penses tu ? »

C’est fort bien  ! répliqua Abd er Rahmàn mais Omar est un homme rude et sévère.

Abou Bekr dit :  » Il se montre rude et sévère aujourd hui quand je suis trop doux envers les hommes lorsqu’il dirigera lui même les affaires il deviendra indulgent  »

Puis il recommanda à Abd er-Rahmàn de ne faire part à personne de cette conversation.

Ensuite il fit venir Othmàn fils d’Affan et lui adressa la même question Othmàn répondit  : « C est très bien Omar est le meilleur de tous les hommes  »

Abou Bekr lui recommanda également le silence sur leur entretien.

Le lendemain il réunit les Mohàdjir et les Ancàr et leur parla ainsi :  » Vous savez ô musulmans comment je me suis acquitté de mes fonctions. Maintenant je veux les confier à un homme qui n est ni de ma famille ni de mes proches.  Accepterez vous celui que je vais désigner pour vous commander comme calife ?  »

Tous s écrièrent :  » Nous l’acceptons Abou Bekr reprit J’ai choisi Omar fils de Khattàb car je l’ai reconnu comme le plus apte pour exercer le pouvoir’ .

Tous donnèrent leur adhésion Abou Bekr ordonna ensuite à Othmân de rédiger son testament dans le sens qu’il venait de dire .

Personne n éleva d’objection excepté Tal’ha qui dit à Abou Bekr : ‘ Tu sais ce que les hommes ont souffert toi vivant d Omar et de sa sévérité maintenant tu lui confies même le pouvoir suprême. Comment pourras tu justifier cela devant Dieu ? »

Abou Bekr répliqua :  « Je dirai devant Dieu J’ai placé à la tête de ton peuple le meilleur de tous .’  Tal’ha se tut. 

L'épée du calife Uthman ibn affan (gauche) et celle du calife Omar ibn al-Khatab (droite)
L’épée du calife rashidun Abu Bakr as-Sidiq  radi Allah anhu (gauche) et celle du calife rashidun Omar ibn al-Khatab   radi Allah anhu (droite)

 On enterra Abou Bekr le soir du même jour. Le lendemain les musulmans se réunirent Omar monta dans la chaire du Prophète.

Cette chaire avait trois marches le Prophète se tenait toujours sur la troisième.

Lorsque Abou Bekr fut nommé calife il se tenait sur la seconde marche et Omar ce jour là resta sur la première .

Il harangua le peuple rendit grâces à Dieu et s engagea à exercer la justice .

Le premier acte d’Omar après être descendu de la chaire fut d’adresser à Abou Obaïda une lettre par laquelle il le nommait général en chef de l’armée de Syrie eu destituant Khàlid fils de Walîd.

Les musulmans furent très affligés de la destitution de Khàlid voyant ainsi méconnaître les hauts faits qu il avait accomplis.

Cependant Abou Obaïda garda Khàlid avec lui jusqu après la prise de Damas et la soumission complète de la Syrie et Khàlid se distingua encore aux portes de Damas Puis lorsque Omar fit retourner l armee fde Khàlid de Syrie en Mràq Khàlid revint à Médine (..)

Califat Rashidun vs empire Sassanide
Califat Rashidun vs empire Sassanide

CHAPITRE XXXV OMAR ENVOIE UNE ARMEE EN PERSE

Lorsque Mouthanna était venu à Médine Abou Bekr qui était déjà malade avait recommandé à Omar de s occuper avant toutes choses de l’affaire de Monthanna et de le renvoyer dans l’lràq avec une armée.

Or le premier acte d’Omar fut de destituer Khàlid de son commandement.

Ensuite il convoqua les musulmans et leur adressa l’allocution suivante  :

« Musulmans Dieu a promis à son prophète de faire conquérir par son peuple la Syrie le pays de Roum et la Perse et Dieu ne manque jamais à ses promesses.  Maintenant n’hésitez point . Voici Mouthanna qui est venu vers vous de l’Iràq partez pour l’Iràq !  » .

Personne ne répondit à cet appel Omar reprit  : « Qui est ce qui sacrifiera sa vie et ses biens pour la cause de Dieu ?  »

Personne ne s offrit car tous étaient mécontents d’Omar parce qu il avait destitué Khàlid fils de Walid malgré les actions d’éclat qu il avait accomplies pour la cause de l’Islam Omar demeura confondu de ces refus et il se sentit honteux en présence de Mouthanna.

Les Mohàdjir les Ançàr et un grand nombre d’autres musulmans assistaient à la réunion .

Le lendemain Omar harangua de nouveau le peuple il récita beaucoup de versets du Coran mais en vain aucun musulman ne se présenta pour partir et l’assemblée se dispersa

Le troisième jour Omar fit un nouveau discours pour encourager les hommes à la guerre mais sans succès.

Vue satellitaire sur l'Arabie, l'Iraq et la Perse.
Vue satellitaire sur l’Arabie, l’Iraq et la Perse.

Alors Mouthanna se leva et dit :

 » Musulmans accourez à la guerre sainte.  Ne craignez point de trop grands dangers du côté de la Perse et de l’Iràq car ces contrées sont plus faciles à conquérir que toutes les autres.  La plus grande partie de l’lràq est déjà conquise; Hîra et le Sawàd sont entre nos mains les Perses se trouvent dans une situation précaire et les musulmans ont l’avantage sur eux. J’y ai déjà une forte armée mais je désire y retourner en ramenant des renforts afin de ranimer le courage des musulmans. »

A la suite de ce discours le premier qui se présenta fut Abou Obaïd fils de Mas’ud le Thaqîfite cet homme qui n’avait pas fait partie des compagnons du Prophète se leva et dit :  » Prince des croyants je consens à partir avec tous ceux des miens qui me suivront ! ».

Un autre se leva ensuite nommé Sa’d fils d’Obaïd qui était un personnage considérable Omar affligé de l’hésitation des autres dit  :

 » Musulmans vous ne pouvez pas rester toujours sur le territoire de la Mecque et de Médine et vous ne pouvez pas vous rendre dans les autres contrées.  Depuis que le Hedjâz existe on a généralement à la Mecque et à Médine fait le commerce avec la Syrie,  l’Iràq, l’ Abyssinie et le Yemeu et l’on a cherché dans ces pays des fruits du blé et d’autres marchandises et c ‘est ainsi qu’on a gagné sa subsistance. Mais aujourd’hui l univers entier est votre ennemi . Si vous ne voulez pas faire la guerre à vos ennemis il faut faire la paix avec eux sinon vous ne pouvez plus demeurer ici vous y seriez affamés et dans la misère.  »

Les assistants trouvant ce raisonnement juste déclarèrent tous qu ils étaient prêts à partir mille hommes se présentèrent ainsi Omar s’adressant à Mouthanna lui dit :

 » Tu as dans l’Iràq dix mille hommes que Khàlid t’a laissés en voilà encore mille qui suffiront pour renforcer ton armée. »

Il désigna ensuite Abou Obaïd comme général en chef .

Les soldats lui dirent :  » Donne nous un autre général quelqu »un des compagnons du Prophète l’un des combattants de Bedr » .

Omar répliqua :  » Vous avez hésité lorsque je vous ai exhortés à partir pendant trois jours personne n’a répondu à mon appel. Maintenant la préséance appartient à celui qui s’est offert le premier .  »

Et il maintint à Abou Obaïd le commandement des troupes qui devaient entrer en campagne ainsi que de celles qui se trouvaient déjà dans l’Iràq.

Les archers arabes du califat Rashidun dans la série : "Omar".
Les archers arabes du califat Rashidun dans la série : « Omar ».

Il ordonna à Mouthanna de partir devant pour leur porter cette nouvelle et lorsque Abou Obaîd  arriverait de lui remettre le commandement de ses propres soldats et de marcher lui même sous les ordres du nouveau général Mouthanna se mit en route et arriva à Hîra.

La situation des Perses était devenue meilleure.

On avait ellevé au trône Pouràndokht fille de Kesra qui nomma Roustem général en chef de l’armée et l’envoya contre les Arabes.

Elle lui dit Si tu parviens à chasser les Arabes du Sawàd et de Hîra et à reprendre cette province je t’abandonne le gouvernement de la Perse pendant dix ans .

Roustem partit de Madàïn et arriva à la frontière du Sawàd où il établit son camp.

Reine Purandokht, fille de Khosro II,

Toute la province était remplie de soldats musulmans.

Roustem envoya des messagers dans tous les bourgs et dans toutes les villes et fit recommander aux chefs de soulever les populations pour chasser les Arabes.

Cet ordre fut exécuté.  Toutes les villes se soulevèrent et les officiers arabes furent obligés de se retirer à Hîra .

Lorsque Mouthanna arriva de Médine il trouva tout le Sawâd en révolution les Perses maîtres du territoire les musulmans retirés à Hîra et Roustem campé aux confins de la province et sur le point d’y entrer.

Informé du retour de Mouthanna,  Roustem sans quitter son campement envoya vers Djàbàn qui était l’un des principaux dihqâns du Sawàd un messager nommé Narsî et lui fit dire :  » Recommande aux autres dihqâns de rassembler des troupes et de se réunir à toi afin d’attaquer Mouthanna j’irai à ton secours car la force des Arabes a décliné et Khàlid leur général a quitté l’armée « .

Carte de l'Irak et du Khuzestan, avec des inserts sur les alentours de Bagdad et Samarra, au cours de la période abbasside (8e-13e siècles)
Carte de l’Irak et du Khuzestan, , avec les villes du Sawad comme Kaskar

CHAPITRE XXXVI BATAILLE De NAMARIQ 

Djàbàn rassembla une armée dans le Sawàd et se disposa à attaquer Hira,  Monthanna attendait à Hira l’arrivée d’Abou Obaid avec l’armée de Médine .

Voyant que celui ci tardait à venir et qu il n arriverait pas avant un mois et que les Perses se dirigeaient vers la ville il marcha au devant d ‘eux Djàbàn fit halte près d’une grande ville nommée Namàriq et Roustem lui envoya trente mille hommes de l’armée perse tout en restant lui même dans son camp.

Lorsque Abou Obaïd arriva à Hîra Monthanna avait déjà quitté la ville il marcha sur ses pas et quand il l’eut rejoint il prit d’entre ses mains le commandement des troupes et la direction de la guerre .

Puis il se reposa pendant trois jours le quatrième jour il se disposa à attaquer Djàbàn donna le commandement de l aile droite de son armée à un général nommé Djeschnis et celui de l aile gauche à Merdànschàh.

Un combat meurtrier eut lieu et Dieu donna la victoire aux musulmans qui tuèrent un grand nombre de Perses et firent beaucoup de prisonniers Djàbàn fut fait prisonnier par un homme nommé Aktal fils de Schammàkh et Merdànschàh tomba entre les mains d’un homme nommé Matar qui le tua Aktal lui aussi voulut tuer Djàbàn mais celui ci lui demanda grâce et lui donna des pierres précieuses Aktal le laissa aller.

Cependant Djàbàn n’étant pas en état de courir errait dans le camp et fut reconnu on le fit prisonnier une seconde fois et on l’amena devant Abou Obaïd.

Le général dit  : « On ne peut pas le tuer car un musulman lui a accordé sa grâce ».

En conséquence il lui fit donner la liberté.  Dans cette bataille un butin immense et un grand nombre de prisonniers étaient tombés entre les mains des musulmans

Le califat Rashidun face au Perses Sassanide scène tiré de la série "Omar".
Le califat Rashidun face au Perses Sassanide scène tiré de la série « Omar ».

CHAPITRE XXXVII BATAILLE DE KASKAR

Il ya dans le Sawàd un canton appelé Kaskar qui au milieu de ses différents bourgs renferme une grande forteresse nommée Assaqàtiyya .

Ce canton était le plus fertile de tout le Sawàd et donnait toute sorte de produits.

Il y avait là quantité d’oiseaux dont chacun était aussi grand qu’un agneau .

Ces oiseaux y existent encore aujourd hui on les engraisse et on les porte comme cadeaux dans les demeures des rois on les appelle poulets de Kesra,  Narsî ce messager que Roustem avait envoyé vers Djàbàn pour l’engager à rassembler une armée et qui était le fils de la tante de Parwîz avait reçu de ce dernier en fief les districts de Kaskar.

Il y exerçait le pouvoir depuis dix ans lorsque les musulmans y portèrent leurs armes alors il s’était enfui à Madàïn où il demeura.

Puis quand Pouràndokht fit partir Roustem avec l’armée elle lui adjoignit Narsi.

Roustem avait donc envoyé Narsî vers Djàbàn et lui avait donné les instructions suivantes  : » Dis à Djàbàn de rassembler une armée et de marcher contre l’ennemi . Ensuite rends toi dans le Kaskar réunis les habitants autour de toi et tiens toi prêt à entrer en campagne.  »

Narsî après avoir fait partir Djàbàn arriva dans le Kaskar ramassa dans toutes les parties du canton une foule considerable s enferma dans Assaqàtiyya et y attendit l issue de la campagne de Djâbân.

Extension maximale de l'empire Sassanide.
Extension maximale de l’empire Sassanide.

L armée de ce dernier ayant été battue et lui même ayant été fait prisonnier tous ceux parmi les fuyards qui occupaient un rang élevé se rendirent auprès de Roustnm et les autres auprès de Narsî . Celui ci fit dire à Roustem  :  » Un grand nombre de soldats sont venus se placer sous mes drapeaux envoie moi une armée pour que je puisse entrer en campagne ».

Roustem fit partir au secours de Narsî un homme nommé Djàlînous avec vingt mille hommes Abou Obaïd campé à Namàriq fut averti au moment où il allait faire le partage du butin que Narsî avait rassemblé une armée nombreuse et que Roustem envoyait des troupes pour le soutenir.

Il leva aussitôt son camp pour attaquer Narsî avant l arrivée des renforts de l’armée perse Narsî de son côté instruit de la marche d’Abou Obaïd sortit de la forteresse .

La bataille eut lieu.  Les Perses furent mis en fuite les musulmans en tuèrent un grand nombre et firent beaucoup de prisonniers,  Narsî se sauva et vint auprès de Roustem.

Les musulmans s’emparèrent de la forteresse d’Assaqàtiyya et la saccagèrent,  Djàlînous arrivé à la frontière de Kaskar à une parasange d’Assaqàtiyya apprit la défaite de Narsî il fit halte et recueillit les fuyards Abou Obaïd quitta la forteresse en laissant à Mouthanna fils de Hàritha la libre disposition du butin marcha contre Djàlînous lui livra une bataille le mit en fuite tua un grand nombre de Perses et s empara de leurs bagages.

Il revint ensuite à Assaqâtiyya et établit son camp dans le canton de Kaskar.

Le Sawâd tout entier lui appartenait et il n y restait pas un seul soldat perse sauf Roustem qui campait à la frontière de la province Abou Obaïd fit transporter hors de la forteresse d’Assaqàtiyya tout le butin qu on avait fait et le distribua entre les soldats après en avoir mis de côte la cinquième partie.

Il y avait parmi les objets qui composaient le butin une grande quantité de provisions et dans le nombre des choses qui étaient complétement inconnues aux musulmans et que les Arabes n’avaient jamais vues.

Textil Égyptien avec motif tissé.  Scène montrant des Arabes contre des Perses dans une bataille , représentation copte egyptienne du 7eme siècle sois du Califat Rashidun, et qui est une copie d'une importation de soie sassanide, qui est à son tour fondée sur une fresque du roi Khosro II représantant  la lutte contre les forces éthiopiennes Axum au Yémen, au 5 et 6eme  siècle

Les habitants de Kaskar craignaient qu ‘Abou Obaïd ne dévastàt tons les bourgs du canton .

En conséquence il vint de chaque bourg des dihqàns des propriétaires et d’autres habitants auprès d’Abou Obaïd pour traiter avec lui Abou Obaïd leur accorda la paix en leur imposant un tribut.

En venant payer ce tribut les dihqàns apportèrent en même temps une grande quantité de gàteaux de toute espèce comme les Arabes n en avaient jamais vu et de ces grands oiseaux de Kaskar .

Les Arabes croyaient que c’étaient des autruches dont ils ne mangent pas la viande.

Quant aux gàteaux ils demandèrent tous ce que c’était et comment on appelait ces choses Abou Obaïd de son côté demanda quels étaient ces oiseaux.

On lui répondit que c étaient des oiseaux domestiques .

Alors il s’écria Gloire à Dieu qui a créé un tel oiseau pour ses serviteurs.

Ensuite il dit aux dihqàns :  » Pourquoi m’avez vous apporté ces choses ? Je n ai pas l’habitude de recevoir des cadeaux pour moi seul.

Les dihqàns répondirent : « Nous avons apporté ces cadeaux pour les chefs ».

Abou Obaïd fit partir un messager pour porter à Omar la cinquième partie du butin et la nouvelle de la prise de Namàriq et du Kaskar.

Il lui envoya en même temps un peu de viande desséchée des petits abricots secs et des poissons engraissés.

La nouvelle de ces victoires donna une grande satisfaction à Omar à cause des reproches qu’il avait reçus pour la destitution de Khàlid .

Il fut aussi très heureux en voyant la cinquième partie du butin et en entendant tout ce qu on lui racontait sur les oiseaux les mets et les gâteaux

L'armée Perse  Sassanide  et ces éléphants de guerres. Angus McBride, Oprey)  1 2 3
L’armée Perse Sassanide Angus McBride, Oprey) 6eme siècle 
1) Clibanarius Sassanide. 
2)  Éléphant de Guerre Sassanide 

CHAPITRE XXXVIII BATAILLE DU PONT

Lorsque Djàlînous arriva auprès de Roustem celui ci le blâma de sa fuite .

La nouvelle de cette défaite étant parvenue à Pouràndokht elle fit partir l’un des grands de Perse nommé Bahman Djàdouï qui était l’un des principaux chefs d’armée.

Elle lui donna trente mille hommes et trente éléphants parmi lesquels il y avait un éléphant blanc plus grand que les autres et qui avait appartenu à Parwiz dans toutes les batailles où on l’avait conduit on avait remporté la victoire.

Pouràndokht fit aussi remettre à Bahman Djàdouï le drapeau qu’on appelait étendard des Keïanides que l’on conservait dans le trésor royal et auquel on attachait un heureux augure.

Pouràndokht donnant à Bahman le commandement de l’armée et la direction de la guerre contre les Arabes écrivit à Roustem une lettre par laquelle elle lui ordonna de fournir à Bahman tout ce qu’il réclamerait en fait d’hommes et d’argent Bahman Djàdouï étant arrivé auprès de Roustem celui ci fit partir avec lui Djàlînous en lui disant  :

« S’il arrive encore qu’il prenne la fuite fais lui trancher la tête que tu m’enverras Bahman se mit en marche contre Abou Obaïd et arriva au bord de l’Euphrate il fit halte près d’un bourg nommé Qoss en Nàtif .

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A cette nouvelle Abou Obaïd quitta Kaskar donna le commandement de l avant garde à Mouthanna fils de H n ithn et se dirigea vers l Euphrate il fit balte en face de Bahman près d’un bourg nommé Marwa’ha .

Les deux armées séparées par le fleuve étaient en vue l’une de l’autre .

Les deux rives furent reliées par un pont qui donna le nom à la bataille qui fut livrée à cet endroit .

Elle est aussi appelée bataille de Marwa’ha du nom du bourg où Abou Obaïd avait établi son camp Bahman envoya un messager à Abou Obaïd et lui fit dire  : « Si tu veux que nous allions combattre sur l autre côté du fleuve éloigne toi de la rive afin que nous passions le fleuve si tu aimes mieux venir de ce côté nous quitterons le bord et nous irons camper plus loin ».

Abou Obaïd délibéra avec quelques personnes de son armée . On lui dit  : « Réponds qu’ il passe lui de ce côté du fleuve car ce terrain est favorable pour nous et il n y a jamais eu une armée perse aussi nombreuse . »

Puis les autres s écrièrent tous : « Il  faut considérer que si nous sommes mis en fuite nous sommes protégés par le Sawàd et le Djezira et les ennemis ne pourront nous poursuivre » .

Enfin quelqu un dit  : » Si la confusion se met dans leurs rangs les ennemis ne pourront pas passer tous par le pont ils seront tous noyés sauf ceux qui tomberont sous nos sabres  » .

Pont sassanide de Dezful, dans le Ahwaz non(loin de l'Iraq
Pont sassanide de Dezful, dans le Ahwaz non-loin de l’Iraq en Iran. 

Abou Obaïd n’accepta pas ce conseil il dit :  » Vous avez déjà peur et vous cherchez un terrain pour fuir . Je ne veux pas que vous vous éloigniez de ce lieu en arrière et que les ennemis viennent au devant de nous ce serait de mauvais augure.  Et je ne veux pas que les ennemis montrent plus de courage que nous.

Alors Salît fils de Qaïs,  Sa’d fils d’Asch’ath , Mouthanna fils de Hàritha et tous les autres s’écrièrent :  »  Ne nous conduis pas là !  Ce n’est pas la peur qui nous a fait ainsi parler nous ne voulons pas fuir. »

Mais Abou Obaïd ne se rendit pas à leur avis et fit répondre à Bahman  :  » Eloignez vous et allez camper en arrière » Bahman fit reculer son armée.

Alors Abou Obaïd jeta un pont et le lendemain l’armée musulmane passa le fleuve et s’arrêta vis à vis des Perses .

Le jour suivant Bahman Djàdouï monta à cheval seul et fit le tour du camp musulman pour évaluer le nombre des soldats arabes Bahman était appelé Dsoul al-Haddjib,  car il était un homme àgé et les sourcils lui tombaient sur le visage quand il montait à cheval il les attachait à son front.

Le lendemain Abou Obaïd forma ses lignes de bataille de même que de son côté Bahman .

Celui ci fit aligner les éléphants et fit jeter sur eux des couvertures et il ordonna de les laisser ce jour là combattre librement.

Il fit aussi protéger les trompes des éléphants pour les mettre à l abri des blessures des sabres puis il les fit monter par les gardiens armés et plaça les éléphants devant les rangs en tête l’éléphant blanc sur lequel Bahman avait fait attacher l’étendard des Keïanides.

Après que chaque éléphant fut ainsi arrangé selon la coutume les gardiens les firent avancer en poussant des cris.

Les musulmans qui n’avaient jamais vu d’éléphants furent stupéfaits et leurs chevaux terrifiés par l’aspect de ces animaux et par le bruit des clochettes reculèrent.

Quelques cavaliers réussirent à arrêter leurs chevaux d’autres mirent pied à terre et les reconduisirent mais aucun d’eux ne parvint à maintenir son cheval.

Les éléphants se jetèrent au milieu de l’armée musulmane dont les rangs furent rompus .

Alors les Arabes quittèrent leurs chevaux se précipitèrent sur les éléphants dont ils frappèrent les trompes avec leurs sabres mais ils ne réussirent pas à les blesser .

Cependant les éléphants effrayés par l’éclat des sabres et par les coups se serrèrent sur un seul point et les musulmans les abandonnant se massèrent également sur un même lieu en face de l’armée perse et engagèrent la lutte.

Guerrier Ansar du califat Rashidun
Guerrier Ansar du califat Rashidun

Les Perses voyant ce mouvement de l’armée musulmane furent ébranlés,  ils tinrent pied pendant un certain temps puis ils se mirent à fuir.

Les musulmans les taillèrent en pièces à l’heure de la prière du soir ils avaient tué six mille hommes et avaient fait un certain nombre de prisonniers,  Bahman Djàdouï tenant tête à l’assaut des musulmans ne quitta point son poste et excita les soldats au combat.

Une partie de ses troupes étaient restées auprès de lui et il cria et rappela les autres qui s’enfuyaient.

Abou Obaïd s ‘écria :’ Après tout ce sont les éléphants qui décident de l’affaire. Aussi longtemps que ceux ci ne seront pas repoussés les ennemis ne reculeront pas..’

Les soldats répliquèrent  : « Que faire  ? Nos armes n’ont pas de prise sur les éléphants qui sont couverts de fer des pieds à la tête »,  Abou Obaïd fit appeler un Perse qu’il avait fait prisonnier et lui demanda de quelle façon on pouvait venir à bout d’un éléphant.

Cet homme répondit : ‘Quand on lui coupe la trompe il ne peut plus respirer et il meurt.  Abou Obaïd lui même mit pied à terre prit son bouclier et son sabre appela auprès de lui Amir l’An’çàr l’un des compagnons du Prophète s’avança vers l’éléphant blanc et frappa sa trompe .

L éléphant étendit la trompe saisit Abou Obaïd le jeta sous ses pieds et l’écrasa .

Les gardiens firent retentir leurs sonnettes en signe de joie et de victoire et crièrent :  » Nous avons tué le roi des Arabes !  »

Ceux des Perses qui s étaient enfuis revinrent. Les musulmans accoururent autour du corps d’Abou Obaïd et les Perses prirent le dessus.

Alors un Arabe nommé Djabi fils de Nofaïr le Thaqîlite l’un des parents d’Abou Obaïd releva le drapeau et les musulmans se mirent de nouveau à combattre Abou Obaïd était le père de Mokhtàr qui plus tard du temps d’Obaïd Allah lils de Ziyàd s’élexa à Koufa et vengea la mort de Hosaïn fils d’Alî Mokhtàr encore enfant se trouvait avec son père à la bataille du pont.

Sa mère qui était de la tribu de Thaqîf accompagnait elle aussi Abou Obaïd. C’était une femme pieuse et chaste. Dans la nuit qui suivit le jour où Abou Obaïd fit passer le pont à son armée pour livrer bataille le lendemain la mère de Mokhtàr dans le camp de Marwa’ha eut un songe. Il lui sembla voir descendre du ciel un homme qui portait une coupe remplie d’une boisson rouge et douce et qui disait à Abou Obaïd : « Bois car cette boisson est celle du paradis ».

Bannière blanche du califat Rashidun (Kufic)
Bannière blanche du califat Rashidun (Kufic)

Abou Obaïd en ayant bu un peu cet homme présenta la coupe à Djabr fils de Nofaïr et ainsi à sept personnes d’entre les proches d’Abou  Obaïd qui boirent de cette boisson . Au matin la mère de Mokhtàr fit part de son rêve à Abou Obaïd qui dit :

« Le sens de ce rêve est que je trouverai ainsi que les sept autres la mort pour la religion dans la bataille qui aura lieu demain ».

Le lendemain les armées étant rangées en bataille,  Abou Obaïd se plaça devant les rangs de l’armée musulmane et dit :  » Soldats s’il m arrive malheur je veux que Djabr fils de Nofaïr prenne le commandement,  si lui aussi tombe je nomme à sa place un tel,  à la place de celui ci un tel. »

Il désigna ainsi sept personnes puis il ajouta :  » Si ces sept personnes sont tuées je donne le commandement à Mouthanna fils de Hàritha. »

Or lorsque Abou Obaïd fut tué par l’éléphant,  Djabr vint relever le drapeau tombé et les musulmans accoururent autour de lui.

Mais les Perses ayant pris le dessus finirent par tuer également Djabr . Un autre général ayant saisi le drapeau tomba lui aussi et ainsi successivement les sept chefs qu’Abou Obaïd avait désignés.

Alors Mouthanna fils de Hàritha prit le drapeau du commandement et les musulmans se rangèrent sous ses ordres mais ils ne purent résister aux Perses qui avaient pris l’avantage sur eux et ils se mirent à fuir Mouthanna voyant que l’armée làchait pied recula lentement pour protéger la retraite des musulmans et afin de leur permettre de repasser le pont .

Un homme des Benî Thaqîf nommé Abdallah fils de Marthad avait devancé les troupes et avait rompu le pont en enfonçant dans l’eau deux des bateaux dont il était construit il s était placé au passage et criait : « Musulmans retournez au combat ».

Guerriers Ansars
Guerriers Ansars, le régiment ansar étais présent dans l’armée Rashidun, Omeyyades et des débuts Abbassides avant qu’ils ne remplace les arabes par les turcs  et des gens du Ferghana dans l’armée califale. 

Mais les soldats se jetèrent dans le fleuve cavaliers et fantassins et un certain nombre furent engloutis sous les flots . Lorsque Mouthanna arriva et qu ‘il trouva le pont coupé il demanda à Abdallah pourquoi il avait agi ainsi Abdallah répondit :  » Pour empêcher les soldats de fuir « .

« Tu as eu tort » répliqua Mouthanna,  « tu as livré les musulmans à la mort « et il lui donna quelques coups de fouet sur la tête .

Ensuite il mit pied à terre fit réunir et attacher les bateaux rétablit le pont et quoique blessé au côté d’un coup de lance il attendit que tous les soldats eussent passé puis il passa lui même et fit ensuite couler le pont.

Les fuyards se dirigèrent vers Médine mais Mouthanna ne pouvant pas marcher resta à l’endroit où il se trouvait avec trois mille hommes.

Au moment où marchant sur les pas de Mouthanna Bahman Djàdouï arrivait près du pont détruit et cherchait à le rétablir pour poursuivre les musulmans il reçut la nouvelle que l’armée de Perse s’était révoltée contre Pouràn qu’elle ne voulait plus avoir pour reine et contre Roustem le général en chef .

Une lettre appela Bahman Djàdouï en toute hàte à Madàïn, Bahman quitta l’armée et partit aussitôt .

Mouthanna blessé au côté attendit sa guérison avant de faire aucun mouvement. Il adressa à Omar une lettre par laquelle il lui annonçait la mort d’Abou Obaïd et la défaite des musulmans.

Le calife était en chaire adressant un sermon au peuple lorsque le messager arriva.

Celui ci monta sur la chaire et lui dit la nouvelle en lui parlant à l’oreille Omar dit :  » Musulmans voici la nouvelle qui arrive Abou Obaïd a trouvé la mort pour la religion Mais ne vous aflligez pas. Le Prophète a dit que l’islam croitra chaque jour. »

 

Les fuyards en arrivant à Médine allèrent se cacher dans leurs maisons et y restaient à pleurer et à se lamenter en disant : « Nous sommes devenus infidèles car il est dit dans le Coran :  O vous qui croyez lorsque vous rencontrerez les infidèles en ordre de bataille ne leur tournez pas le dos.  Celui qui tournera le dos à moins que ce ne soit pour revenir au combat ou pour se rallier sera chargé de la colère de Dieu son séjour sera l’enfer.  » (Surate VIII vers 15-16 ).

Mo’àds fils de Djabal leur récitait chaque soir ce verset et alors ils pleuraient jusqu’au matin,  Omar les fit appeler mais ils ne vinrent pas Alors il fit proclamer publiquement :  « Vous avez votre pardon Dieu ne vous punira pas » . Il envoya ensuite Abd er Ra hmàn fils d’Auf pour les amener en sa présence et il leur dit  : « Cela ne profite en rien au succès de la guerre » .

Puis s’adressant à Mo’âds fils de Djabal il lui dit  :

« Tu es musulman mais tu n’entends pas le Coran . Ces paroles de Dieu à moins que ce ne soit pour se rallier, veulent dire qu il est permis de se retirer du combat pour rejoindre l’armée et pour chercher de l’appui afin de retourner dans la mêlée . Or c’est moi qui suis l appui de l’armée musulmane et vous êtes venus auprès de moi pour chercher des forces. »

Ce discours les tranquillisa Pouràn la reine des Perses ayant rappelé Bahman Djàdouï mit à la tête de l’armée un autre général nommé Fîrouzàn et lui ordonna d’agir de concert avec Bahman elle enjoignit à l’un et à ‘ autre d’éviter tout désaccord entre eux Djàbàn ce général qui avait été mis en fuite ayant rassemblé un certain nombre de soldats perses et ayant appris la maladie de Mouthanna résolut de tenter un coup de main contre l’armée musulmane.

Mais Mouthanna était sur ses gardes.  Un combat eut lieu beaucoup de Perses trouvèrent la mort et Djàbàn lui même fut tué Mouthanna en annonçant cette victoire à Omar lui dit dans sa lettre que la reine des Perses avait mis à la tête de l’armée un nouveau général qui allait recommencer la guerre et il lui demanda des renforts Omar fit partir sur le champ Djarîr fils d’Abdallah de la tribu de Badjîla.

Mouthanna alla camper plus loin à Mardj es Sibà’h .

Lorsque les Perses furent avertis que Mouthanna avait reçu un renfort de vingt mille hommes,  Pouràn mit en campagne cent mille hommes sous les ordres de Mi’hràn fils de Bàdsàn.

La cavalerie du califat Rashidun
La cavalerie du califat Rashidun

CHAPITRE XXXIX BATAILLE DE ROWAÏB

Mouthanna se mit en mouvement et arriva à un endroit nommé Bowaïb.

Il écrivit à Omar une lettre lui indiqua le lien où il se trouvait et lui annonça que l armée ennemie y avait paru Omar envoya des messagers vers les différentes tribus arabes pour leur demander des hommes et dirigea vers Mouthanna les guerriers qui se présentaient.

Celui ci réunit ainsi sous ses drapeaux trente mille hommes Mi’hrân vint l’attaquer avec ses cent mille soldats et avec trois éléphants les autres éléphants étaient morts .

Mouthanna mit en ligne vingt mille combattants parmi lesquels il y avait deux mille chrétiens.

La bataille s étant engagée les musulmans fléchirent un grand nombre d’entre eux furent tués et les autres se mirent à fuir.

En voyant cette déroute Mouthanna se dirigea vers les chrétiens et leur dit : « Il faut que vous fassiez une charge ».

Un jeune homme nommé Hamous qui était parmi ces chrétiens s écria : « Où est le chef des Perses ?  Montrez le moi  ! »

On le lui indiqua Alors il ne le perdit pas de vue jusqu à ce que Mi’hràn fît avancer son cheval dans les rangs des combattants il le visa et le perça d’un coup de flèche de part en part Mi’hrân tomba par terre et mourut.

L armée perse recula Hamous monta le cheval de Mi’hrân le fit courir et chanta :  » Je suis le jeune Thaghlabite qui a tué Mi’hrân le chef des Perses ‘

Les musulmans furent mécontents de ce que c’était un chrétien qui avait tué le chef des Perses.

Deux ou trois individus suivirent le jeune homme et le jetèrent en bas du cheval dont ils s emparèrent.

Les chrétiens blessés de cette action vinrent se plaindre à Mouthanna.

Celui ci fit appeler les ravisseurs et fit restituer au jeune Thaghlabite le cheval et la dépouille et les chrétiens furent satisfaits.

Les Perses en pleine déroute furent taillés en pièces par les musulmans.

Un soldat musulman pour leur couper la retraite alla détruire le pont par lequel ils avaient passé.

Les infidèles trouvant le pont coupé se rassemblèrent sur un point choisirent un chef nommé Firouz et vinrent au nombre de trente mille faire une charge générale contre l’armée musulmane dont ils tuèrent deux mille hommes et mirent les autres en fuite Mouthanna ferme à son poste s écria Musulmans où allez vous.

Les ennemis sont en déroute et leur courage est brisé.

Les musulmans revinrent firent une charge et les infidèles se mirent à fuir de nouveau lin grand nombre d entre eux furent tués et leurs bagages leurs armes et leurs chevaux restèrent entre les mains des musulmans .

Ensuite Mouthanna fit appeler l’homme qui avait coupé le pont.

Il le blàma de cette action et lui dit :  ‘Ne sais tu pas qu il en arrive toujours ainsi quand on coupe la retraite aux fuyards. Il faut laisser à l’ennemi une voie pour qu il puisse s’enfuir. Si ce pont n avait pas été détruit il n y aurait pas eu cette reprise du combat et deux mille musulmans n’auraient pas trouvé la mort . Il faut considérer ces choses’

La rencontre à Amarth avant la bataille de Qadisiyya
La rencontre à Amarth avant la bataille de Qadisiyya (Histoire universelle de al-Tabari Ta’rikh ar-Rusul wa al-Muluk Annales Histoire des Prophètes et Rois)

CHAPITRE XL EXPÉDITION DE « BAGHDAD »

Après l’affaire de Bowaïb un homme vint trouver Mou thanna et lui dit :  » Sache que les Perses tiennent deux fois par an une foire où l’on apporte des marchandises en plus grande quantité qu il n y en a dans le monde entier. Cette foire a lieu dans un bourg situé sur les bords de l’Euphrate et qu’on appelle Baghdàd.  »

En effet là où aujourd hui se trouve la ville de Baghdàd il y avait autrefois un bourg du même nom où l’on se rendait de toute la Perse et où l’on tenait un marché pendant sept jours .

Mouthanna dit à cet homme  » Trouve moi un guide qui puisse m’y conduire par des chemins détournés’ .

Le guide lui ayant été amené Mouthanna partit avec deux mille hommes.

Après avoir marché pendant trois jours par des routes non tracées ils arrivèrent à Baghdàd surprirent la garnison en tuèrent deux mille hommes et mirent les autres en fuite .

Les musulmans emmenèrent mille chameaux chargés de marchandises de toute espèce et retournèrent dans le Sawàd.

Le butin enlevé fut distribué entre les musulmans Mouthanna en envoya la cinquième partie à Omar et lui rendit compte de son expédition .

Les Perses qui s étaient enfuis arrivèrent à Madâïn complétement dépouillés et couverts de blessures et racontèrent ce qui venait de se passer.

Les habitants qui tous avaient eu de l ‘rgent engagé dans cette foire se portèrent au palais de Pourândokht et y firent retentir leurs plaintes Pouràn fit appeler Roustem et lui dit :  » Les Arabes sont retournés dans le Sawàd maintenant il faut y envoyer une armée considérable ».

Le peuple dit   » Tout cela vient de ce que nous n’avons pas de roi il en est toujours ainsi des affaires de l’État quand c’est une femme qui exerce le pouvoir.  »

Ensuite on dit : « Schehryàr a eu un fils nommé Yezdegerd que Parwîz avait voulu tuer  »

On fit des recherches et l’on trouva Yezdegerd dans le Sawàd Il était âgé de vingt et un ans On l’amena à Madàïn on le fit monter sur le trône et l’on plaça la couronne sur sa tête .

La bataille d'al-Qadisiya, l'Armée du Califat Rashidun contre les éléphants de guerres Perses Sassanides
La bataille d’al-Qadisiya, l’Armée du Califat Rashidun contre les éléphants de guerres Perses Sassanides

L’empereur sassanide Yazdegard III fils de SCHEHRYÀR et BATAILLE DE QADISIYYA 

Yezdegerd en prenant le pouvoir donna une robe d’honneur à Roustem le nomma général en chef de l’armée et lui parla ainsi  : « Tout ce que tu désireras en fait d’hommes et de trésors est à ta disposition prends toutes les mesures pour repousser les Arabes » .

Roustem rassembla une armée.

Puis il commença par écrire aux chefs du Sawàd  :

 » Je vais arriver. Le roi a saisi les rênes du gouvernement et les affaires ont pris une meilleure tournure.  Tuez tous les Arabes que vous rencontrerez.  »

Les habitants du Sawàd qui étaient attachés aux intérêts des Perses exécutèrent cet ordre et chacun d’eux tua le musulman qu’ il avait dans sa maison et jeta le cadavre dans un puits.

Mouthauna écrivit à Omar :  » La situation des Perses s’est raffermie ils tuent les musulmans.  Un nouveau roi est monté sur le trône et un général marche contre nous « .

Omar lui répondit : « Retire toi à quelque distance du Sawàd et attends les renforts que j’enverrai. »

Puis il adressa des lettres à toutes les tribus arabes et rassembla une armée.

Ayant fait établir le camp en dehors de la ville de Médine il y fit appeler Alî et Othmàn et leur dit  : « Vous savez que les Perses ont nommé un nouveau roi qu un général du nom de Roustem est en marche contre nos troupes et qu il est entré dans le Sawàd où un certain nombre de musulmans ont été tués et que les habitants de cette province se sont insurgés.  J’ai l’intention de m’y transporter moi même . Qu’en pensez vous ? »

Abbàs fils d’Abdou al Mottalib prit la parole et dit :  » Prince des croyants si tu as l’intention de partir nous nous soumettrons à ta volonté . Si tu demandes notre avis nous pensons que tu ne dois pas partir mais que tu dois mettre en campagne un général et qu il te faut rester ici pour servir d’appui à nos troupes pour leur envoyer si cela est nécessaire des renforts ou pour leur servir de point de ralliement en cas de fuite . ‘

Tous les assistants approuvèrent cet avis Omar reprit :  » Maintenant dites moi à qui il faut confier le commandement. ?

On désigna unanimement Sa’d fils d’Abou Waqqàç , Omar le fit appeler et lui donna le commandement en chef de l’armée .’

Ensuite il écrivit à Mouthanna qu’il eût à se placer sous les ordres de Sa’d .

Celui ci partit avec l’armée et le calife le fit suivre successivement par différents corps de troupes .

Trois jours après l’arrivée de Sa’d,  Mouthanna mourut.

Sa femme qui était d’une grande beauté fut épousée par Sa’d .

Celui ci passant son armée en revue se trouva avoir sous ses drapeaux trente cinq mille hommes Roustem campait aux confins du Sawad Omar écrivit à Sa d de se porter à Qàdisiyya ville qui était située dans cette province.

Lorsque le général musulman y arriva il apprit que Roustem avait demandé au roi des forces nouvelles et que cinquante mille hommes étaient en marche pour le rejoindre de sorte que l’armée perse allait se composer de cent cinquante mille hommes Sa’d adressa à Omar une lettre dans laquelle il lui parlait des forces considérables de l’ennemi et du petit nombre des musulmans .

Battle of the Caliph Omar against the Sassanides
« Bataille du calife Omar contre les Sassanides » .

Le calife lui répondit :  Je vais faire partir des troupes ne t’inquiète pas. Mais d’abord envoie une ambassade au roi des Perses Sa’d choisit quatorze personnes d’entre ses familiers qui devaient se rendre auprès de Yezdegerd.

Ces envoyés étaient Nomàn fils de Moqarrin,  Bousr fils d Abou Rouhm,  Hamala fils de Hawiyya,  Hanzhala fils de Rabî’a,  Forât fils de Hayyân et neuf autres chefs arabes.

Lorsque ces quatorze ambassadeurs arrivèrent auprès de Yezdegerd celui ci entouré de ses officiers dit à l interprète :

 » Demande leur comment ils appellent les manteaux dont ils sont revêtus »

Bourd répondirent les Arabes.

Ils enlèvent (bourdend) le royaume ! s écria le roi.

Il leur fit demander encore comment ils nommaient leurs sandales Ni’al fut la réponse Yezdegerd dit  « Ils enlèvent le royaume et la lamentation (nâlè) tombe sur notre pays et sur les Perses !

Il leur fit demander ensuite quel était l’objet de leur mission.

Scène tiré de la série Omar.
Scène tiré de la série Omar.

No’màn prit la parole et dit :  » Nous étions des hommes vivant dans l’erreur.  Alors Dieu eut pitié de nous et nous envoya un prophète qui était de notre race de la partie la plus noble de notre pays et ce prophète nous a conduits des ténèbres du paganisme vers la lumière de la vraie religion.  Maintenant il est mort mais en mourant il nous a recommandé de faire la guerre à tous ceux qui sur toute la terre ne sont pas de notre religion,  ils doivent l’adopter ou consentir à payer tribut ou nous résister par les armes.

Nous venons donc à toi pour te faire cette déclaration : Si tu crois en notre religion nous te laisserons ton royaume . Si tu ne veux pas croire paye tribut mais si tu ne veux ni l’un ni l’autre prépare toi à la guerre . »

Yezdegerd répondit :  » J’ai vu sur la terre bien des peuples des Turcs des Daïlamites des Esclavons des Indiens et d’autres et je n en ai pas trouvé de plus misérables que vous.

 Les souris et les serpents sont votre nourriture et vous n’avez pour vous vêtir que la laine des chameaux et des brebis.

Comment êtes vous devenus assez puissants pour envahir notre territoire  ? Maintenant allez vous en et rentrez dans votre pays.  Je donnerai des ordres pour qu on vous délivre des provisions qui suffiront à vos besoins et je placerai à votre tête un gouverneur choisi parmi vous . » 

Yezdegerd ayant fini de parler Moghira fils de Zoràra répliqua :  » Tu as raison.  Tout ce que le roi vient de dire est très exact.  La faim et la nudité telle a été notre part dans le passé.  Mais Dieu nous a donné un prophète par la religion duquel nous sommes devenus puissants.  A présent le roi des Arabes nous a envoyés vers toi pour te sommer ou d’accepter notre religion ou de payer tribut ou de te préparer à la guerre »

Yezdegerd répondit  : « Vous n’aurez de moi qu’un peu de terre que vous poserez sur vos têtes je vous renvoie comme des porteurs’

Puis il fit charger chacun des quatorze messagers d’un sac rempli de terre et les fit expulser de la ville.

Les Arabes placèrent les sacs sur leurs chameaux et retournèrent auprès de Sa’d fils d Abou Waqqàc .

Arrivés en sa présence ils s écrièrent :  » Voici la terre des Perses que nous apportons.  Voilà un bon augure car la terre est la clef de tous les biens . Les biens des Perses ont passé aux Arabes ».

Roustem fit partir un général nommé Azàdmerd pour s’opposer aux mouvements de Sa’d.

Il lui ordonna d’établir son camp près de la frontière et d empêcher les Arabes de faire des incursions.

L’armée de Sa’d était amplement pourvue de vivres qu’elle tirait du Sawâd.

Elle ne manquait de rien sauf de viande Sa’d envoya Ammàr fils de Hafç le Temîmite pour s en procurer Ammâr trouva certains pêcheurs et acheta d’eux deux cents charges de poissons qu’il rapporta au camp.

Roustem campait toujours à la frontière du Sawâd avec cent cinquante mille hommes Sa’d était à Qâdesiyya avec trente mille hommes qui ravageaient tout le Sawâd.

Site de la bataille d'al-Qadisiya , qui vue l'armée perse sassanide massacrées par les armées arabes du califat Rashidun
Site de la bataille d’al-Qadisiya , qui vue l’armée perse sassanide massacrées par les armées arabes du califat Rashidun

Les habitants de cette province allèrent exposer leurs souffrances à Yezdegerd et se plaignirent de Roustem qui laissait les Arabes continuer leurs actes de pillage et qui ne les attaquait pas Yezdegerd envoya à Roustem l’ordre de se mettre en mouvement.

Roustem lui répondit :  » Dans la guerre on ne doit rien précipiter » ,  Roustem connaissait la science des astres et il était le plus habile astrologue de son temps.  Il savait donc que l’empire de Perse était arrivé à sa fin et il désirait voir intervenir un arrangement pacifique .

Or cette nuit il eut un songe . Il lui sembla voir descendre du ciel un ange qui attachait les armes des Perses de façon à en rendre l’usage impossible .

Le lendemain Roustem fit dire à Sa’d :  » Si vous désirez quelque chose dites le moi j’écrirai au roi pour qu’il vous l’accorde Sa’d lui répondit  : « Nous n’avons besoin de rien deviens musulman ou envoie le tribut ou prépare toi à la guerre.  »

Quand Roustem eut la certitude qu’il n y avait plus à compter sur un arrangement pacifique il disposa son armée en ordre de bataille et fit placer les éléphants devant les rangs .

Sa’d qui était gravement malade monta à cheval et dit aux musulmans :   » Ayez les yeux fixés sur moi lorsque vous m’entendrez prononcer le cri de guerre  : Dieu est grand !  alors attaquez tous ensemble.  »

Après quelque temps Sa’d ayant donné le signal les musulmans répétèrent tous le cri de bataille et commencèrent l’attaque.

Mais leurs efforts furent inutiles à cause des éléphants qui étaient devant les rangs des Perses.

Alors les Arabes mirent pied à terre attaquèrent les éléphants avec leurs sabres et leurs lances et les firent reculer.

Un guerrier perse nommé Djàbàn sortit des rangs et proposa aux guerriers musulmans un combat singulier ,  Acim fils d Omar fils de Khattàb se présenta lutta avec lui et le tua.

Armement  d'origine sassanide du 7eme siècle  de l'époque de la conquête du califat Rashidun de la Perse  Sassanide  source: Dr Mnouchehr Mostagh khorasani
Armement d’origine sassanide du 7eme siècle de l’époque de la conquête du califat Rashidun de la Perse Sassanide source: Dr Mnouchehr Mostagh khorasani

Un autre Perse portant une ceinture d’or et un vêtement brodé d’or étant venu défier les musulmans,  Amrou fils de Ma’di-Karib engagea une lutte avec lui,  il le saisit à la ceinture le souleva de terre le porta ainsi dans le camp musulman et le tua.

Les éléphants étant revenus à la charge les chevaux des soldats musulmans furent pris de frayeur.

Mille cavaliers mirent pied à terre et harcelèrent les éléphants qui tournèrent le dos.

La nuit survint alors et les deux armées rentrèrent dans leurs camps.

Cette bataille est appelée la « journée d’Armàth ».  On reprit le combat le lendemain et la bataille qui eut lieu ce jour là porte le nom d’Aghwat celle qui fut livrée le troisième jour s’appelle la bataille d’lmàs.

Donc le lendemain matin les Perses se mirent en mouvement et prirent position à un endroit nommé Aghwàt situé en arrière de celui qu » ils avaient quitté .

On forma les lignes de bataille et l on engagea la lutte .

Des guerriers perses et arabes sortirent des rangs et l’on combattit ainsi jusqu à la nuit.

Un grand nombre de musulmans furent tués Sa’d fils d ‘Abou Waqqàç assis avec sa femme sur la terrasse d ‘un château regardait la bataille.  Sa femme voyant le grand nombre de morts musulmans s’ écria :

« Hélas où es tu ô Mouthanna fils de Hàritha !  »

Sa’d lui donna un soufflet.  Sa femme qui était intelligente lui dit :  » Pourquoi cette jalousie ? Ne devrais tu pas plutôt regretter la mort de tant de musulmans ? »

Sa »d se dit en lui même.  » Cette femme sait que la situation des musulmans est mauvaise c est pour cela qu’elle parle ainsi. Demain je monterai à cheval et je ferai ce que je pourrai. »

Beaucoup de musulmans furent encore tués ce jour là Roustem envoya un messager au roi de Perse pour lui demander des renforts.  Il lui fit dire  : » Il ya lieu d’espérer maintenant que nous pourrons défaire cette armée arabe  »

Plan de la bataille de Qadisiyyah.
Plan de la région du lieu de la  bataille de Qadisiyyah.

Yezdegerd fit partir vingt mille hommes sous les ordres d’un général nommé Bahràm.

Qa’qà fils d’Amrou le Tamimite se trouvait auprès de Sa’d apprenant qu ‘il arrivait des renforts aux Perses il lui dit  :  » Je vois que tu es dans un état qui ne te permet pas de monter à cheval . Donne moi le commandement demain,  Sa’d consentit.  Après avoir combattu jusqu’au soir l’armée rentra au camp Qa’qà avait pris le soir même le commandement de l’armée.

Sachant que Roustem allait recevoir des renforts il détacha un corps de cinq mille musulmans les envoya sur la route de Syrie et leur dit :

« Marchez jusqu’à la distance d’une parasange et restez là jusqu’à demain. ‘ Quand l’armée musulmane aura engagé la lutte montrez vous à l’horizon pour faire croire aux infidèles que les musulmans reçoivent du secours. » 

 Qa’qà prit cette mesure pour cette autre raison qu’il craignait que les musulmans le lendemain en voyant arriver les nouvelles troupes perses ne fussent pris d’épouvante et entraînés à la fuite.  

Le lendemain le combat s’étant engagé Qa’qà passa devant les rangs des musulmans et leur dit  :  » Ne vous inquiétez pas il vous viendra du secours aujourd’hui. »

 En ce moment le détachement parut en vue Qa’qà courut au devant de ces troupes et leur assigna un poste éloigné des autres soldats afin qu elles ne fussent pas reconnues .

Depiction of the Battle of al-Qādisiyyah from a manuscript of the Persian epic Shāh-nāmeh. [4]

Les musulmans dans leur joie poussèrent leur cri de guerre.

 Les vingt mille hommes envoyés par Yezdegerd étaient arrivés et sans le stratagème imaginé par Qa’qà l armée musulmane aurait été anéantie Roustem ayant fait placer les éléphants devant les rangs de l’armée perse, Qa’qa,  Hàschim fils d Otba et Amrou fils de Ma’dî-Karib s’avancèrent et se jetèrent sur eux Amrou fils de M’ dî-Karib entouré par les Perses disparut aux yeux des musulmans.

Ceux ci firent une charge et ayant repoussé les Perses ils le retrouvèrent combattant à pied après avoir eu son cheval blessé et après avoir reçu lui même un coup de flèche au côté.  

La vue des musulmans ranima son courage il se précipita sur un cavalier perse qui vint à passer saisit le pied de son cheval le fit tomber s’empara du cheval et monta dessus.

L’un des principaux guerriers perses portant une ceinture d’or et une robe brodée d’or sortit des rangs vint défier les musulmans et demanda un combat singulier.

 Un Arabe nommé Amir fils d’Abd al-Yagouth se présenta le jeta par terre lui trancha la tête et lui enleva sa ceinture qu il porta à Sa’d celui ci lui en fit cadeau.

 Ensuite le combat devint acharné. Les éléphants se trouvant toujours devant les colonnes des Perses Qa’qà et Àcim à la tête du détachement de cinq mille hommes les chargèrent leur lancèrent une grêle de traits et frappèrent leurs trompes à coups de sabre . Les éléphants rendus furieux tournèrent le dos et s enfuirent ils coururent jusqu’à Madâïn sans s’arrêter et sans que les Perses courant après eux pussent réussir à les ramener.

 Roustem voyant ses troupes courir en arrière et craignant une défaite générale quitta le siége d’où il dirigeait la bataille monta à cheval et s’écria :  »  Soldats figurez vous que les éléphants n’ont jamais existé  » Il ramena ainsi les soldats au combat.

 La nuit s approchait cependant Roustem reforma ses lignes de bataille et s écria  :  » Nous combattrons jusqu’au jour pour en finir d’un seul coup ». 

Un guerrier arabe du califat rahidun et son mawlah Habachi (affranchis abyssin) combatant un cavalier perse sassanide cataphracte dans le desert mésopotamien dans
Un guerrier arabe du califat rashidun et son esclave Habachi (abyssin) combattant un cavalier perse sassanide cataphracte dans le désert mésopotamien au 7eme siècle. (Qadisiyyah, 637) 

 Sa’d voyant que les Perses recommençaient le combat et avaient reformé leurs lignes de bataille fit publier les ordres suivants :  »  Que chaque musulman reprenne sa place dans les rangs.  Soyez prêts à soutenir la lutte pendant toute la nuit . Il faut placer les fantassins dans les premiers rangs et les lanciers les archers et ceux qui combattent avec le sabre doivent mettre pied à terre.  »

 Sa’d rétablit en outre l’aile droite et l’aile gauche de son armée. Les Perses s’avancèrent dans l’obscurité et une lutte acharnée s’engagea.

 Jamais combat plus meurtrier n’a eu lieu entre les Perses et les Arabes ni du temps du paganisme ni du temps de l’islam sauf celui de Siffin entre Alî et Moàwiya.

 On appelle cette nuit la nuit du grondement à cause du bruit produit par le choc des combattants qui luttèrent corps à corps et à cause des cris qu’ ils poussèrent.  Près de l’endroit où se livrait la bataille sur les bords de l’Euphrate il y avait un gué,  le fleuve y étant peu large facile à franchir excepté pour la cavalerie.  Ce gué se trouvant sur les derrières de l’armée musulmane Sa’d y envoya Talaîh’a et Mouthanna deux guerriers de la tribu d’Asad à la tête de soixante et dix hommes avec l’ordre d’empêcher les Perses qui pourraient vouloir contourner les musulmans de passer le fleuve Sa’d leur dit en outre  :  » Vous reconnaîtrez et je le reconnais moi même que soixante et dix hommes ne sont pas suffisants pour garder ce passage mais je dois observer les ordres d Omar qui m a dit de ne jamais envoyer plus de cent d’entre vous lorsque je vous détacherais pour occuper un poste.  »

 En effet il y avait dans l’armée de Sa’d un grand nombre d’Arabes qui avaient été apostats Omar en les enrôlant sous les drapeaux de Sa’d lui avait dit :  »  Ne te fie pas à ces anciens apostats et ne place jamais à un poste plus de cent d’entre eux car il pourrait arriver que réunis en plus grand nombre ils trahissent et se révoltassent de nouveau. » 

 Or les deux officiers que Sa’d détacha dans cette nuit avaient été des rebelles et un d’eux s était même érigé en prophète il était rentré plus tard dans le sein de l’islamisme.

Sa’d tout en reconnaissant qu’un corps de cent hommes n’était pas suffisant pour défendre le passage en question ne voulut pas enfreindre les ordres d’Omar.

En conséquence il leur dit :  » Allez avec ces soixante et dix hommes si les Perses font une tentative pour passer avertissez moi,  Mouthanna et Talaîh’a « ,  s’étant rendus avec leur corps à l’endroit désigné occupèrent le poste pendant qu’ils le gardaient ils ne furent point inquiétés par les Perses Alors Talaîh’a  dit à Moulhauna  :

« Allons passons nous mêmes le fleuve et prenons les Perses par derrière car dans l’obscurité de la nuit ils ne sauront pas distinguer si nous sommes au nombre de soixante et dix ou plus ils penseront qu un grand corps d’armée est derrière eux et ils se mettront peut être à fuir »

Mouthanna répliqua :

« Je ne veux pas agir contre les ordres de Sa’d »,  Talaîh’a  partit donc sans lui fit irruption dans le camp des Perses et ses soldats se mirent à piller jusqu’au matin.

Cependant la lutte entre les Arabes et les Perses continuait avec ardeur.

La nuit était si obscure que les combattants ne se voyaient pas Ni Sa’d ni Roustem ne connaissaient les mouvements et la situation de leurs troupes respectives ils ne savaient pas non plus laquelle des deux armées avait l’avantage .

On n entendait que les cris des combattants et les chocs du fer pareils aux coups qu on entend en passant devant les ateliers des forgerons.

Cette lutte terrible dura jusqu au matin Six mille musulmans gisaient sur le champ de bataille.

Alors Sa’d craignant de voir se prolonger le combat réunit les chefs des différentes tribus et les engagea à exciter l’ardeur de leurs détachements pour la lutte il leur dit  :  » Dieu nous donnera la victoire sur l »ennemi.  Vous savez que ce sont les Perses qui ont commencé cette guerre . Si nous conservons notre vie nous les subjuguerons . Si vous mourez vous avez l’espoir du paradis.  »

Guerriers Arabes du 7eme siècle
Guerriers Arabes du 7eme siècle.  

Les chefs de tribus étant retournés auprès de leurs détachements répétèrent les paroles de Sa’d à leurs soldats et les musulmans combattirent sans discontinuer .

Cependant les Perses résistèrent jusqu au moment où la journée devint chaude . Alors il s éleva de l’ouest un ouragan amenant dans les yeux des Perses une poussière noire et si épaisse que les deux armées ne se voyaient plus l’une l’autre Roustem avait fait établir son siège au bord du fleuve et avait fait placer autour de ce siège mille chameaux chargés d’or et d’argent .

Deux mille hommes y étaient réunis qui lorsque le soleil devint brûlant étendirent au dessus du siége de Roustem une tenture pour l’abriter .

Or le vent qui soufflait avec force enleva cette tenture et la jeta dans le fleuve le canal de Qâdesiyya qui était appelé Atîq et qui reliait l’Euphrate avec le Tigre .

Alors Roustem ne pouvant plus rester sur le siége en descendit chercha de l’ombre près d’un chameau et s’assit.

Au pied du siége que Roustem venait de quitter se trouvait le drapeau appelé l’étendard des Keïanides qui provenait de Kaï et que celui ci avait porté lorsque sortant d’Ispahàn il avait vaincu Dho’hàk .

Depuis cette époque les Perses avaient été victorieux dans toutes les batailles où avait figuré ce drapeau et après chaque victoire que l’on avait obtenue on avait ajouté à ses ornements quelques loyaux.

Au moment où la chaleur était devenue plus forte et où la poussière soulevée par le vent aveuglait les soldats perses les musulmans portant leurs efforts sur un seul point enfoncèrent le centre de l’armée ennemie,  Roustem de la place où il était assis près des chameaux voyait la situation de ses troupes celles du centre étaient dispersées par terre ou debout tandis que l’aile gauche et l’aile droite conservaient leurs positions.

Un Arabe nommé Hilàl fils d’Alqama arrivant auprès des chameaux chargés du trésor de Roustem frappa au hasard avec son sabre le coup porta sur le chameau sous lequel était assis Roustem que l’obscurité produite par la poussière l’empêchait de voir.

La corde qui retenait la charge de monnaies sur le chameau ayant été coupée la charge tomba sur la tête de Roustem qui malgré la douleur qu’il éprouva sauta sur ses pieds et se jeta dans le canal pour se sauver à la nage car il savait nager Hilàl voyant un homme s’enfuir et sentant les odeurs du musc et des parfums et remarquant enfin le siége d’or et le drapeau des Keïanides reconnut que c était là le siége de Roustem.

Ne voyant personne sur ce siège il fut certain que l’homme qui venait de se jeter dans l’eau était Roustem lui même.

Rostam Farokhzad  général en chef de l'armée Perse Sassanide, représentation artistique imaginaire  source : " wikipedia"
Rostam Farokhzad général en chef de l’armée Perse Sassanide, représentation artistique imaginaire source :  » wikipedia« 

Celui ci en sautant s était cassé la jambe et ne pouvait faire aucun mouvement Hilàl accourut le saisit par la jambe le retira de l’eau et lui trancha la tête qu il attacha au bout de sa lance.

Puis il monta sur le siége et cria :  » Musulmans  j’ai tué Roustem ! »

Les musulmans répondirent par un cri de triomphe.

Les Perses en voyant la tête de leur général lâchèrent pied l’aile droite et l’aile gauche se mirent à fuir Sa’d envoya à leur poursuite Zohra qui commandait l’avant garde de l’armée arabe et Qa’qà qui devait les poursuivre dans une autre direction Khàlid fils d’Ortofa fut chargé de marcher sur leurs pas pour dépouiller les morts des Perses et réunir leurs bagages leurs armes et tout le butin.

Lorsque Hilàl apporta la tête de Roustem à Sa’d celui ci lui demanda où il avait laissé le corps,  Hilàl répondit qu il se trouvait auprès des chameaux .

Alors Sa’d lui dit  : Va le chercher car je te donne la robe dont il est revêtu » .

Hilàl dit : «  Il n est couvert que d’une vieille chemise déchirée « ;

« Va toujours »  répliqua Sa’d.

Hilàl retourna auprès des chameaux et avec l’aide de quelques hommes il traîna le cadavre de Roustem jusqu »auprès de Sa’d qui abandonna à Hilàl cette chemise laquelle recouvrait une bourse contenant mille dînàrs et une ceinture d’or ornée de pierres précieuses dont le prix était de soixante et dix mille dirhems.

Le soir du même jour Sa’d écrivit au prince des croyants une lettre par laquelle il lui annonça la victoire de Qàdesiyya et la mort de Roustem il fit porter cette lettre par Hilàl.

Cent mille Perses avaient été tués dans cette bataille.

Les musulmans avaient conquis un butin innombrable Zohra (ayant en poursuivant les Perses atteint Djàlînous)  avait tué et s était approprié la robe dont ce général était revêtu et qui valait cent mille dirhems.

Mais Sa’d la lui reprit en disant  : « Pourquoi n es tu pas venu me la demander ?  Je te l’aurais donnée. »

Zohra adressa une lettre au calife et porta plainte contre Sa’d.

Omar écrivit à ce dernier : « Ne mécontente pas pour une simple robe un homme comme Zohra qui a commandé l ‘avant-garde et qui a accompli tant d’actes de courage. Rends lui cette robe et tout le reste de la dépouille de Djàlinous.  Quand tu distribueras le butin donne à tous ceux dont tu apprendras qu ils se sont conduits dans le combat comme Zohra cinq cents dirhems en sus de leur part légitime.  »

Sa’d conformément à cette lettre rendit la robe de Djàlmous à Zohra et donna à vingt cinq soldats présents lors de la distribution du butin et remplissant les conditions indiquées par Omar une gratification en plus.

Le lendemain ceux qui avaient poursuivi les Perses revinrent et rendirent compte à Sa’d de la situation des fuyards.

Ceux ci s étaient ralliés à un certain endroit et étaient commandés par sept généraux savoir Hormouzàn,  Fîrouzàn,  Qàren,  Schehryàr , Khorschîd,  Ferroukbàn et Khosrou.

Sa’d fit partir dix mille hommes avec sept officiers leur donnant l’ordre d’attaquer tous ensemble les Perses si ceux ci restaient réunis et s’ils se divisaient de les combattre séparément.

Les sept officiers arabes partirent chacun à la tête de son corps de troupes Olàrid fut chargé d attaquer Hormouzàn,  Acim fils d’Amrou fut opposé à Fîrouzàn,  Qa’ qà fils d’Amrou à Qàren,  Bousr fils d’Abou Rouhm à Fcrroukhàn,  Ibu Hodsaïl à Khorschîd .

Après leur départ Sa’d les fit suivre par Schoura hbîl et Zohra.

Ces troupes trouvant les Perses réunis les attaquèrent tuèrent leurs généraux et firent un immense butin qu’elles rapportèrent à Sa’d.

Les Perses qui avaient échappé à la mort se sauvèrent a Madàïn  (Ctésiphon). Les chefs arabes reprochèrent à Sa’d de n’avoir pas paru sur le champ de bataille et de n’avoir point quitté la terrasse du château qu’il habitait pendant toute la durée de la lutte on disait que c était par lâcheté qu il avait agi ainsi.

Un poête nommé Djeiïr fils d’Abdallah composa quelques vers dont le sens était  : » Tandis que les musulmans combattaient Sa’d s’est tenu sur la terrasse du chàteau sans doute pour ne pas priver ses femmes de sa société or les femmes de Sa’d ne connaissent pas la privation »  .

Lorsque Sa’d eut connaissance de ces vers il fit venir Djerîr fils d ‘Abdallah et les  chefs arabes et se justifia devant eux en leur montrant les plaies dont était couvert son corps ses excuses furent trouvées légitimes.

L armée ayant adressé une lettre à Omar pour lui demander l’autorisation d’avancer.

Vu aérienne sur Kufa ville fondé par Sa'd ibn Waqqas radi Allah anhu
Vu aérienne sur Kufa ville fondé par le général du califat Rashidun  Sa’d ibn Waqqas radi Allah anhu

Fondation de Kufa

 Omar répondit qu’elle devait conserver son campement actuel. Or les soldats tombèrent tous malades .

Alors Omar écrivit à Sa’d une lettre en ces termes :

 »  Il faut aux Arabes l’air d ‘une contrée dans laquelle se trouvent des chameaux des moutons et des pàturages voilà l’air qui leur convient.  Maintenant cherche à savoir des habitants du Sawàd où il ya des prairies et des moutons et établis ton camp à cet endroit » .

Sa’d ayant parcouru toute la contrée trouva le climat de Koufa le plus convenable car l’air de Koufa est aussi sain que celui du désert et le pays n’était cultivé qu’en partie.

L'ancienne mosquée de Kufa en 1915, Iraq La Mosquée de Kufa en Irak (639 JC) fut construite  sous  l'ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa'd ibn Waqqas radi Allahu.
L’ancienne mosquée de Kufa en 1915, en Iraq.  La Mosquée de Kufa  date de l’an 639 JC et  fut construite sous l’ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa’d ibn  Abu Waqqas radi Allahu.

En conséquence Sa’d y établit son camp.

La mosquée du vendredi que l’on voit encore aujourd hui à Koufa fut construite alors Sa d jeta aussi les fondements de la ville .

Toute la province du Sawàd jusqu à Madàïn dont Khàlid fils de Walîd avait fait autrefois la conquête fut reconquise par Sa’d.

Lors de la campagne de Khàlid une partie des habitants s étaient convertis à l’islamisme les autres persévérant dans leur ancienne religion avaient reçu de lui des chartes qui leur assuraient la vie et avaient payé tribut.

Le dar al-Imara de Kufa fut construit à la base par utba ibn Ghazwan mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade  ubayd Allah ibn Ziyad..
Le dar al-Imara de Kufa, en iraq,  fut construit à la base par Utba ibn Ghazwan  radi Allah anhu sous le califat Rashidun mais ils fut reconstruit par le wali Omeyyade Ubayd Allah ibn Ziyad. 

Plus tard lors de la campagne de Roustem ils avaient détruit leurs traités et s étaient soumis à Roustem.  Quand Sa’d prit de nouveau possession du Sawàd les habitants demandèrent à renouveler leurs traités.

Alors Sa’d adressa à Omar une lettre ainsi conçue :  » Ceux des habitants du Sawàd qui sont musulmans me sont entièrement dévoués mais ceux qui ont conservé leur ancienne religion et qui avaient traité avec Khàlid ont fait défection lors de l’arrivée de Roustem et ont fait cause commune avec lui . Maintenant ils allèguent comme excuse qu’ils ont été forcés par Roustem à se soumettre et qu’ils n étaient pas en état de lui résister et ils réclament les priviléges du traité que nous leur avions accordé . En outre : Les Perses levaient dans le Sawâd un tribut dont le produit était attribué à un certain nombre de personnes familiers du roi qui percevaient ce tribut.  Quelques uns de ces hommes se trouvent encore aujourd’hui dans le pays d’autres sont allés ailleurs et quelques uns sont à Madàïn.  Que faut il faire dans ces circonstances  ? ‘ »

Omar répondit à Sa’d  :  » Quant à ceux qui sont restés fidèles et qui sont venus se soumettre maintiens leur les conditions accordées et observe à leur égard les engagements . Mais en ce qui concerne ceux qui ne se sont pas présentés pour demander la paix et qui ont commis des actes hostiles tu sauras comment tu devras les traiter. »

Cet ordre d’Omar ne fut expédié qu après délibération avec les compagnons du Prophète qui avaient jugé ainsi Sa’d agit conformément à ces instructions Le tribut imposé encore aujourd hui aux provinces du Sawâd et de l’Iràq est le même que celui que recevaient anciennement les personnes auxquelles il avait été donné par le roi de Perse et que Sa d avait maintenu en faveur des musulmans.

La bataille de Qâdesiyya eut lieu dans la quatorzième année de l’hégire .

Vue aérienne sur le port de la ville de Basra en Iraq, ville fondé par le général et compagnon Utba ibn Ghazwan
Vue aérienne sur le port de la ville de Basra en Iraq, ville fondé par le général et compagnon Utba ibn Ghazwan radi Allah anhu

CHAPITRE XLII FONDATION DE BAÇRA

Du temps du calife Omar Baçra n était pas une ville.  C’était une plaine pierreuse au bord du Tigre et une contrée couverte de pierres blanches telles qu il y en avait là est appelée par les Arabes :  Baçra.

A l’endroit où s’étend aujourd’hui la ville de ce nom il y avait au bord d’une petite rivière près d’Obolla sept villages gouvernés par un dihqàn dont l’autorité était reconnue par les habitants de Baçra d’Obolla et des riverains de l’Euphrate.

Toutes ces populations étaient soumises au roi de l’Omàn contrée qui d’après les Arabes fait partie de l’Indostan.

Or après la bataille de Qàdesiyya et la destruction de l’armée perse Omar craignant que le roi de Perse ne demandât du secours au roi d’Omàn et au roi de l’Indostan et que ceux ci ne le lui accordassent jugea à propos de faire occuper la contrée des embouchures du Tigre par un corps de troupes et d y faire construire une ville peuplée d Arabes afin d empêcher les Perses d’amener par cette voie des auxiliaires.

 

La plus vielle mosquée de Basra ville qui fut un camp Militaire arabe fondé en  638  Utbah ibn Ghazwan sur ordre du calife Rashidun  Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu)
La Mosquée de Basra, en Iraq (638 JC) date du début des conquêtes islamique, et la ville fut un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).

 

En conséquence il fit venir Otba fils de Ghazwân le Mâzinite qui était seigneur des Beni Màzin et qui avait été compagnon du Prophète et lui parla ainsi  : « Dieu a fait triompher l’islam par ma main et il a brisé les Perses.  Maintenant je veux faire garder la route entre l’Indostan et l’Omàn afin qu’il n arrive pas aux Perses des secours de ce côté . Il faut donc que tu y conduises ton corps de troupes et que tu y construises une ville dans laquelle vous puissiez être à votre aise toi et les soldats musulmans.  »

Otba se mit en route avec cent seize hommes et en traversant le désert il en réunit encore trois cents autres autour du drapeau qu’Omar lui avait remis.

Arrivé au lieu de sa destination il fut averti qu’il y avait dans les bourgs de cette contrée une nombreuse population et plusieurs dihqàns,  Otba fit partir un messager pour inviter ces dihqàns à se présenter devant lui.

Le messager parla ainsi aux dihqàns :  » Un homme accompagné d’une nombreuse armée est arrivé de l’Arabie.  Il vous fait inviter à venir le trouver. »

En recevant ce message l’un de ces dihqàns qui était très puissant partit avec quatre mille cavaliers . Voyant le petit nombre de musulmans qui étaient avec Otba il manifesta son étonnement et son mépris pour ce petit corps de troupes et dit  :  » Quel mal peut faire cette poignée d’hommes ?  Et qui est donc celui qui les commande pour oser m’appeler devant lui. ‘  Ensuite il chargea un corps de deux cents soldats d’aborder les musulmans de les enchaîner et de les lui amener Otba les voyant approcher leva son camp et les attaqua.

Le combat s étant engagé les musulmans tuèrent la plupart des ennemis puis ils s avancèrent jusqu à l’endroit où se trouvait le dihqân tombèrent à l’improviste sur son armée et tuèrent un nombre considérable d’hommes. Le dihqân fut fait prisonnier et amené devant Otba.

Il y avait en cet endroit une population d’Arabes de l’Omàn qui avait construit au bord de la rivière des habitations faites de paille et d’herbes sèches à la manière arabe. Invités par Otba à accepter sa religion ces hommes dont le nombre était considérable embrassèrent tous l’islam Otba les interrogea ensuite pour savoir où était le meilleur climat dans cette contrée.  Ils lui indiquèrent l’endroit couvert de pierres celui là même où il avait établi son camp,  Otba ayant requis leur aide fonda alors la ville de Baçra.

Sa’d fils d Abou Waqqàç avait construit près du Tigre la ville de Koufa la ville de Madàïn se trouvait ainsi située entre Koufa et Baçra mais plus près de cette dernière Otba adressa à Omar une lettre conçue en ces termes :  » Je me suis rendu à l’endroit que tu m as désigné et j’y ai construit la ville de Baçra. Je me trouve plus rapproché des Perses que la garnison de Koufa. Je fais journellement des courses contre eux et je leur ai inspiré une grande terreur.  Si j’avais à ma disposition une armée je m’emparerais de Madàïn .  »

Typique ancienne maison de basra en iraq.
Typique ancienne maison de basra en iraq.

Omar pensa qu il ne serait pas en état de le faire. Quelques historiens prétendent qu’Otba n’avait pas été chargé de l’affaire de Baçra par le calife lui même mais que celui ci l’ayant envoyé vers Sa’d ce dernier avait écrit à Omar et lui avait demandé de le faire partir pour Baçra.

Mais la vérité est que c ‘st Omar qui avait envoyé Otba directement de Médine à Baçra en lui remettant le commandement de cette expédition et le drapeau Mohammed ben Djari  Tabari dit qu Otba en arrivant dans cette contrée s empara d’abord d’Obolla,  Omar répondant à la lettre que lui avait écrite Otba lui ordonna de laisser à Baçra un lieutenant et de revenir pour lui rendre compte de l’état des choses de la situation de la nouvelle ville et de la distance qui la séparait de Madàïn afin qu il pût prendre une décision Otba après avoir établi comme son lieutenant un Arabe Bédouin nommé Moudjà’scha fils de Mas’oud se rendit à Médine .

Il y avait entre Baçra et le Sawàd une forteresse nommée Maïsàn peuplée d’infidèles vassaux de ce dihqàn qui avait été fait prisonnier et dont les compagnons avaient été tués par Otba.

Ces hommes résolurent de tomber à l’improviste sur les troupes d Otba de les exterminer et de détruire les constructions de Bacra.

Or il se trouvait dans leur voisinage un corps d’armée sous le commandement de Moghîra fils de Scho’ba que Sa’d y avait envoyé pour surveiller la cavalerie perse.

Moghîra ayant eu connaissance du dessein des habitants de Maïsàn accourut et les attaqua. Il en tua un grand nombre et fit des prisonniers.

Moudjàscha le lieutenant d’Otba ignorait complétement ces événements,  Moghîra écrivit deux lettres une à Omar l’autre à Sa’d et leur annonça sa victoire et la réduction en esclavage des habitants de Maïsàn.  Lorsque Otba arriva à Médine le calife lui demanda qui’il avait laissé comme son lieutenant à Baçra Otba ayant nommé Moudjàscha fils de Mas’ oud Omar lui dit :  » Que saurait faire un Bédouin du désert. Si Moghîra n’avait pas été là ils auraient tous péri .’

Et il raconta à Otba ce qui venait d arriver à Maïsàn.  Apres l’avoir interrogé sur ce qu il désirait savoir relativement à Baçra et aux Perses le calife renvoya Otba à Baçra Mais Otba mourut en route. La durée de son commandement à Baçra avait été de six mois Omar adressa ensuite une lettre à Moghîra fils de Scho’ba le nomma gouverneur de Bacra et lui ordonna d achever la construction de la ville Moghîra occupa cette position pendant deux ans Omar le remplaça ensuite par Abou Mousa al Asch arî Dans cette même année la quatorzième de l’hégire Omar ayant appris que son fils Abdallah avait bu du vin et le fait ayant été bien constaté le fit fustiger.

Ce fut là un exemple de la justice d’Omar,  Abdallah se corrigea ensuite.  Mais Abou Mi’hdjan celui qui avait été dans l’armée de Sa’ d et qui déjà avait été puni par celui ci et en compagnie duquel après son retour à Médine. Abdallah avait bu ne put pas se contenir et se laissa aller encore une fois dans la même année à boire du vin.

Au commencement de la quinzième année Omar eut des victoires nombreuses des villes et des provinces dans toutes les parties du monde furent conquises .

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Les Conquérants arabes  du califat Rashidun rentre dans le palais  Sassanide de shakhinshakh à Ctésiphon.(Madain)
Les Conquérants arabes du califat Rashidun rentre dans le palais Sassanide de shakhinshakh à Ctésiphon.(al-Madain)

 

CHAPITRE XLIX PRISE DE MADÀÏN

Dans la même année la quinzième de l’hégire Omar avait ordonné à Sa’ d fils d’ Abou Waqqàç de conduire son armée à Koufa et il avait laissé les troupes s y reposer .

Au commencement de la seizième année il adressa à Sa’d une lettre en ces termes :  » Ton armée est maintenant reposée et Dieu a répandu l’islamisme dans le monde tandis que les Perses se sont tenus tranquilles à Madàïn. Or si les Perses veulent rester tranquilles toi ne fais pas de même et va les attaquer. Si Dieu te fait triompher facilement nous lui rendrons grâces mais s’il veut que tu trouves de la résistance avertis moi .  » Sa’d mit en mouvement son armée qui se composait de vingt mille hommes.

al-Madain Ctésiphon
al-Madain Ctésiphon

 

De chaque ville il accourut des soldats sous ses drapeaux car ils savaient qu’il ne trouverait pas de résistance , Yezdegerd n’ayant plus un seul homme capable de commander en chef une armée de sorte que Sa’d en arrivant à Madàïn avait un corps de soixante mille hommes .

Yezdegerd ayant été averti que Sa’d était déjà à Anbàr convoqua un conseil pour délibérer sur le choix d’un général mais personne ne voulut accepter cette charge et l’on dit au roi : « Il faut que tu quittes Madàïn et que tu te retires dans les autres provinces de ton royaume,  le Khoràsàn,  la province de Perse et le Kirmàn.  Nous irons avec toi et nous abandonnerons Madàïn aux Arabes. »

La pensée de quitter Madàïn était très douloureuse pour Yezdegerd mais il s’y décida malgré lui.

Cependant Sa’d s avançait lentement croyant que l’on viendrait arrêter sa marche jusqu à Sàbàt à une journée de distance de Madàïn.

A cette nouvelle Yezdegerd sans avoir le temps de sauver ses trésors emportant seulement ce qu’il pouvait et abandonnant le reste s’enfuit en toute hàte.

Les habitants de Madàïn soldats et peuple hommes et femmes grands et petits quittèrent également la ville sans songer à leurs biens qu’ils abandonnèrent Sa’d insIruit de leur fuite envoya sur leurs traces un corps de troupes sous les ordres de Qa’qà fils d’Amrou qui laissant Madàïn derrière lui , marcha à la poursuite de Yezdegerd.

Il ne réussit pas à l’atteindre il ne rencontra qu une petite troupe incapable de se défendre qu il tailla en pièces et s empara de tout ce qu elle portait avec elle.

Après avoir fait partir Qa qà Sa d à la tête de s in armée se mit en marche sur Madàïn il trouva la ville déserte et voyant tous ces palais et ces beaux jardins il récita le verset suivant du Coran :  »  Combien de jardins et de fontaines n’ont ils pas abandonnés et de champs et d’habitations opulentes et agréables où ils se réjouissaient .Il en fut ainsi. Et nous en avons donné la jouissance à un autre peuple. Ni le ciel ni la terre ne pleurent sur eux » (Sur XLIV vers 24 et suiv ).

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Le taq-e Kisra (littéralement : iwan de Chosroès ; en persan : طاق كسرى) est un monument perse sassanide en ruines situé aujourd'hui en Irak, à 35 kilomètres au sud-est de Bagdad. C'est le seul vestige visible de l'antique cité de Ctésiphon (appelée par les Arabes Al-Madaïn). Il a été construit par Chosroès, après une campagne contre les Byzantins en l'an 540. En 636, les Arabes musulmans , qui avaient envahi depuis 633 les territoires de l'Empire sassanide, les ont vaincus lors d'une grande bataille connue sous le nom de bataille d'al-Qādisiyyah . Les Arabes alors attaqué Ctésiphon, et saisi certaines parties d'al-Mada. [2] L'officier de l'armée musulmane Khalid ibn Urfuta rapidement saisi Sabat et fit un traité de paix avec les habitants de Rumiya et Behrasir. Les termes du traité était que les habitants de Rumiya ont été autorisés à quitter s'ils le voulaient, mais s'ils le faisaient pas, ils ont été obligés de reconnaître l'autorité musulmane, et aussi rendre hommage ( jizya ). Lorsque l'officier musulman Saad ibn Abi Waqqas est arrivé à Al-Mada, il était complètement désolé, en raison de vol des sassanides famille royale , les nobles et les troupes. Cependant, les musulmans avaient réussi à prendre une partie de troupes en captivité, et de nombreuses richesses ont été saisis dans le trésor sassanide et a été donné aux troupes musulmanes. [2] En 637 Sa`d fait Qa'qa ibn 'Amr al-Tamimi responsable pour la défense d'al-Mada, et Shourahbil ibn al-SIMT que le gouverneur d'al-Mada. [2] Le persan compagnon du prophète islamique Mahomet , Salman le Perse a été enterré dans al-Mada en 656/7. En 661, al-Mada était sous le contrôle du califat omeyyade , qui avait mis fin à la Rashidun califat. Un certain Simak ibn Ubayd al-'Absi servi comme gouverneur de la métropole en 663, et une autre personne du nom de Ishaq ibn Mas'ud a été le gouverneur en 685 Le Azariqa, une faction des Kharijites , attaqué al-Mada ' en en 687/8, et massacré ses habitants. La ville a ensuite été régie par Kardam ibn Martad ibn Najaba, et quelque temps plus tard par Yazid ibn Harith al-Shaybani. En 696, le chef Kharjite Shabib ibn Yazid brièvement occupé al-Mada. [2] En 697, Mutarrif ibn al-Mughira a été faite le gouverneur d'al-Mada, et plus tard en 701, Hanzala ibn al-Warrad et Ibn 'Attab ibn Warqa »ont été nommés gouverneurs combinés de la métropole. Quelque temps plus tard, le gouverneur d'Al-Mada a été aboli. [2]
Le taq-e Kisra (littéralement est un monument perse sassanide en ruines situé aujourd’hui en Irak, à 35 kilomètres au sud-est de Bagdad. C’est le seul vestige visible de l’antique cité de Ctésiphon (appelée par les Arabes Al-Madaïn). Il a été construit par Chosroès, après une campagne contre les Byzantins en l’an 540. En 636, les Arabes musulmans , qui avaient envahi depuis 633 les territoires de l’Empire sassanide, les ont vaincus lors d’une grande bataille connue sous le nom de bataille d’al-Qādisiyyah . Les Arabes ont alors attaqué Ctésiphon, et pris certaines parties d’al-Mada’in.  En 637 Sa`d radi allah anhu  fait de  Qa’qa ibn ‘Amr al-Tamimi radi allaha anhu responsable de la défense d’al-Mada’in, et Shourahbil ibn  Hassan  radi Allah anhu  gouverneur d’al-Mada’in. Le sahabi perse , Salman le Perse  radi Allah anhu a été enterré dans al-Mada’in en 656/7.
Sans s’arrêter dans la ville Sa’d ne fit halte qu’au palais( Iwan) .

Le palais de Madàïn est encore debout aujourd hui il est large de cent vingt coudées sa longueur est de trois cent coudées et sa hauteur de cent coudées .

Au lieu de briques on avait employé à sa construction de la pierre polie.  Douze colonnes de pierre polie dont chacune est haute de cent coudées formaient un portique.

Ce palais avait été construit par Qobàd fils de Fîrouz et c est là que le roi assis sur un trône d’or tenait les audiences de justice Sa’d fit camper son armée près du palais il entra lui même dans l’intérieur se prosterna huit fois par terre prononça le salàm et à chaque prosternation il récita la surate Al Fàtiha et une autre et après deux prosternations il prononça la formule de la foi . C’est ainsi qu’avait prié le Prophète le jour de la prise de la Mecque et l’on appelle cette prière la prière de la victoire .

Ensuite Sa’d chargea Amrou fils de Moqarrin de la garde et de la distribution du butin et fit proclamer que tout ce que l’on trouverait devait être remis à Amrou qui réunirait le butin tout entier et le distribuerait ensuite entre tous .

 

Bouclier Sassanide  de général ou de noble, datant  du 7eme siècle, ce style  est en or avec un lion dépeint, contemporain des conquêtes arabe .
Bouclier Sassanide d’un général ou d’un noble, datant du 7eme siècle il est en or avec un lion dépeint, il est bien évidement contemporain des conquêtes arabe (British museum). 

Puis il monta à cheval et se rendit dans la ville.  Il descendit au château de Kesra et y trouva des appartements dont Dieu seul connaît le nombre remplis d’or d’argent de vêtements de pierres précieuses d’armes et de tapis.  Les soldats se répandirent partout et recueillirent tous les objets qu(ils portèrent à Amrou fils de Moqarrin,  Qa qà fils d’Amrou qui était allé jusqu’au pont de Nahrouân rapporta de son expédition un énorme butin qui réuni à l’autre forma une quantité immense de richesses.

Après en avoir distrait le quint on distribua le reste aux soixante mille hommes cavaliers et fantassins dont se composait l’armée et chaque homme reçut pour sa part douze mille dirhems. Il y avait en outre beaucoup d’objets que l ‘n envoya comme hommage à Omar beaucoup d’autres d’un prix inestimable qui ne pouvaient pas être divisés et plusieurs dont on ne savait faire aucun usage.

De ces derniers objets était un coffre que Qa’qà avait trouvé au pont de Nahrouàn attache sur un chameau.

Ce coffre contenait la tunique de Kesra brodée de perles entre les perles il y avait des rubis rouges il contenait encore d’autres vêtements tissés d’or la couronne de Kesra sa bague et dix pièces d’étoffe de brocart .

Sabre lame courteavec étui datant de la conquête du califat Rashidun de la Perse Sassanide 6-7eme siècle
Sabre lame courte avec étui datant de la conquête du califat Rashidun de la Perse Sassanide 7eme siècle

Tout cela fut envoyé à Omar Dans la collection d’armes on avait trouvé une armoire contenant les armes de Kesra garnies de perles sa cuirasse d’or le casque les jambières et les brassards le tout d’or puis six cuirasses salomoniennes et neuf sabres de prix.

Dans le trésor on avait trouvé un cheval fait tout entier d’or couvert d une selle d ‘rgent parsemée de pierres précieuses et un chameau d’argent avec un poulain d’or .

Tous ces objets furent envoyés à Omar de même qu’un tapis de brocart blanc également trouvé dans le trésor qui était long de trois cents coudées et large de soixante et qu on appelait le tapis d’hiver .

Les rois de Perse s en servaient en hiver quand il n y avait plus de verdure ni de fleurs . Toute la bordure était brodée avec des émeraudes vertes de sorte que celui qui était assis sur ce tapis croyait voir un verger ou un champ de verdure .

Des pierres précieuses de différentes couleurs représentaient toute sorte d’herbes odoriférantes et de fleurs.  Dans le magasin des parfums il y avait des vases de verre contenant du camphre de l’ambre du musc et d autres parfums qu on envoya également à Omar outre le quint et un grand nombre d’autres objets.

Lorsque toutes ces richesses arrivèrent à Médine le calife les fit déposer dans la mosquée et le peuple venant les regarder en fut émerveillé.

Epée sassanide du 7eme siècle de l'époque du califat Rashidun
Epée sassanide du 7eme siècle de l’époque du califat Rashidun

 

Ensuite Omar les fit distribuer aux musulmans conformément aux règlements qu’il avait établis pour l’administration des dons.

Alî reçut un morceau du grand tapis qu il vendit pour la somme de huit mille dirhems.

On vint de tous côtés de l’orient et de l’occident de l’Egypte et du Yemen à Médine pour acheter les pierres précieuses l’or et l’argent .

L occupation de Madàïn avait eu lieu au mois de çafar de la seizième année de l hégire Yezdegerd après sa fuite de Madàïn s était retiré à Holwàn

Sa’d fils d’Abou Waqqàç en informa Omar et lui demanda l’autorisation de l’y poursuivre .

Le calife répondit : « N’y va pas toi même mais envoie le fils de ton frère Hàschim avec douze mille hommes et donne à Qa’qà fils d’Amrou le commandement de l’avant garde.  Quant à toi reste à Madàïn pour pouvoir leur fournir des renforts au besoin. » 

Sa’d agit conformément à ces ordres.

Lorsque Hà schim arriva à Djaloulà il trouva les Perses ralliés en un corps d’armée sous les ordres d’un général nommé Mi’hràu,  Hàschim y passa six mois à leur faire la guerre jusqu à ce qu il réussît à les mettre en déroute Mi’hràn et cent mille hommes de son armée trouvèrent la mort dans la plaine de Djaloulà .

Le butin que les musulmans firent dans cette ville fut immense Après en avoir distrait la cinquième partie, Hàschim le distribua entre ses soldats dont chacun eut pour sa part dix mille dirhems .

Cette victoire de Djaloulà eut lieu au mois de dsou l’qa’dà de la seizième année de l’hégire

 

 

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, laJarîriyya, Musulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe

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