FUITE DE YEZDEGERD III VERS LE KHORÀSÀN ET SA MORT CONQUÊTE DU KHORASAN PAR LES MUSULMANS par al-Tabari :

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Ruine de Merv Khorasan, actuel Turkménistan
Ruine de Merv Khorasan, actuel Turkménistan En 651, le dernier Empereur Perse Sassanide, Yazdgerd III, fut assassiné à Merw.

CHAPITRE LXVIII FUITE DE YEZDEGERD III VERS LE KHORÀSÀN ET SA MORT CONQUÊTE DU KHORASAN PAR LES MUSULMANS 

Lorsque Dieu donna aux musulmans la victoire à  Djaboulà,  Yezdegerd se trouvait à Holwàn .

En apprenant cette nouvelle il s enfuit avec sa suite vers Reï.  Il voyageait dans un char traîné par des mules.

Un jour on arriva à un cours d’eau par lequel il fallait faire passer les mules et l’on réveilla Yezdegerd qui était endormi dans son char.

Yazdegerd_III_coin

Il s écria :

 » Pourquoi m’avez vous réveillé ?  J’avais précisément un rêve,  il me semblait voir comment mon aïeul Kesra discutait avec Mohammed en présence de Dieu.  Kesra disait  : O Mohammed permets que mes descendants accomplissent le temps de leur règne. Mohammed répondait  :  Je leur accorde cent ans. Kesra demandait qu’il prolongeât ce temps. Mohammed répliquait  : Soit cent dix ans . Ajoute encore disait Kesra. Cent vingt ans. Encore plus demandait Kesra. C ‘est à ce moment que vous m’avez réveillé . Si vous ne l’aviez pas fait j’aurais su combien de temps durerait mon règne  ! »

Quand Yezdegerd arriva à Reï un chef de la ville nommé Abàn-Djàdou s’empara de sa personne et le tint prisonnier dans une maison,  Yezdegerd lui demanda s’il avait l’intention de le tuer.

Gouvernante (Sassanide) de Rayy (Reî)
Gouvernante (Sassanide) de Rayy (Reî)

 Non répliqua l’autre mais voici ce que je veux  : Tu as perdu ton royaume et tu ne le retrouveras plus . Je veux donc rédiger des chartes en ma faveur et en faveur de mes fils par lesquelles,  chartes écrites en ton nom tu me donneras toutes les propriétés de Reï et quand il y’aura un autre roi je dirai que je les tiens de toi. « 

Yezdegerd dit  :  » Soit écris ce que tu voudras. « 

Abàn Djàdou prit l’anneau de Yezdegerd,  rédigea toutes les chartes qu’il voulait et telle qu’il les voulait et les scella du sceau du roi.  Yezdegerd en sûreté à Reï.

Après la bataille de Nehàwend il quitta Reï en emportant avec lui le feu sacré qui se trouvait dans cette ville et qui était le plus ancien de tous les pyrées et vint à Ispàhàn.

L’Arg-é bam (ارگ بم en persan, la « citadelle de Bam ») était le plus grand ensemble construit en adobe du monde, situé à Bam, une ville antique de la province de Kirman dans le sud-est de l'Iran
L’Arg-é bam (ارگ بم en persan, la « citadelle de Bam ») était le plus grand ensemble construit en adobe du monde, situé à Bam, une ville antique de la province de Kirman dans le sud-est de l’Iran

Ne se plaisant pas dans cette ville, il rendit dans le Kirmàn . De là il alla dans le Khoràsàn à Nischàpour ayant toujours avec lui le feu sacré et de Nischâpour il vint à Merw.

De cette ville il adressa une lettre à toute les villes du royaume de Perse où les Arabes n’avaient pas encore pénétré et toutes ces villes accueillirent sa lettre avec respect on lui rendit des hommages et on lui donna le titre de roi car il l’était encore Yezdegerd se sentant en sûreté à Merw fit construire à deux parasanges de la ville un pyrée où il déposa le feu qu’il avait apporté avec lui et il fit entourer le pyrée de jardins fit élever de nombreux moulins et créa ainsi un délicieux paysage.

Puis il continua à demeurer à Merw.

Mohammed ben Djarir dit  : qu’il a trouvé dans les livres et les traditions perses que Yezdegerd a été tué dans un moulin, moins d’une année après son arrivée à Merw .

340px-TangTaizong Empereur de la Dynastie Tang

Mais il rapporte d’un autre côté que Yezdegerd s’était enfui de Merw qu’il avait gagné Merw-er-Roud et qu’il avait parcouru ainsitout le Khoràsàn poursuivi de ville en ville par Ahnaf fils de Qaïs qu’Omar y avait envoyé pour s’emparer de sa personne,  qu’arrivé à Balkh il avait adressé des lettres au khàqàn Turc et au roi de Chine pour leur demander du secours que le roi de Chine avait envoyé une armée et que Yezdegerd avec sa suite escorté par le khàqàn avait franchi le Djihoun et qu’il était venu à Ferghàna où il demeura pendant tout le règne d’Omar enfin que du temps d’Othmàn fils d’Affàn il revint à Merw où il périt.

Un empereur Sassanide, au musée du Louvre.
Un empereur Sassanide, au musée du Louvre. 

Ce récit est en désaccord avec celui des traditions perses .

Mais je vais rapporter en détail l’un et l’autre .

Or voici ce que racontent les livres des traditions perses d’accord avec les traditions arabes.

Comme Yezdegerd excitait constamment les habitants du Khoràsàn à se soulever par les lettres qu il leur adressait de Reï le calife était obligé de faire la guerre chaque année .

Mais après la bataille de  Nehàwend,  Omar autorisa les troupes musulmanes à avancer où elles pourraient.

Ruines au Grand kyz KAla dans l'antique Merw du Khorasan au Turkmenistan.
Ruines au Grand kyz Kala dans l’antique Merw du Khorasan au Turkmenistan.

C’est alors que Yezdegerd alla de Reï à Merw où il construisit le pyrée dont nous avons parlé il y demeura en paix et adressa des lettres dans toutes les directions.

 » J’ai lu dans ces traditions » dit le traducteur persan que Yezdegerd en arrivant à Merw avait avec lui quatre mille personnes parmi lesquelles il n » y avait pas un seul guerrier . C’étaient seulement des esclaves de son palais,  des cuisiniers,  des valets de chambre,  des palefreniers,  des secrétaires,  des femmes épouses légitimes et esclaves,  des vieillards,  et des enfants de sa famille.

Ces quatre mille personnes constituaient sa maison elles étaient parties avec lui de Madàïn mais il ne lui était pas resté assez de ressources pour soutenir une si nombreuse famille et il n’ avait aucun revenu .

Turkmenistan région de l'oxus

Il y avait dans le Khoràsàn un roi vassal de Yezdegerd nommé Màhouï-Sourî qui régnait sur toute la province jusqu aux bords du Djîhoun .

Les pays d’au delà du Djhoun appartenaient au khâqân des Turcs.

Lorsque Màhouï apprit que Yezdegerd avait été chassé de Madàïn il conclut une alliance avec le khàqàn il fut stipulé que les deux pays seraient étroitement unis et se prêteraient réciproquement aide et protection en cas de besoin en fournissant des troupes de l’argent et des armes.

Ensuite Yezdegerd ayant demandé à Màhouï de lui rendre ses comptes de plusieurs années, Mâhouï fit demander au khàqàn des troupes pour les employer contre Yezdegerd.

Turks au temps du califat rashidun et omeyyades 1 2 3
Les Turcs au temps du califat Rashidun et des Omeyyades 6 et 8 eme siècle (osprey)
1) Turgish Champion « tarkan »
2) Turc Gok Bleu cavalier en armure 
3) Turc d’une tribu de l’est (oriental)

Le khàqàn envoya sept mille cavaliers turcs qui vinrent camper aux portes de Merw,  Yezdegerd ayant demandé quelles étaient ces troupes Màhouï répondit C’est le khàqàn qui les a envoyées pour ta protection.

Alors Yezdegerd dit :  » Maintenant vite va chercher l’argent pour régler tes comptes.

J’obéis,  répliqua Màhouï.

Mais pendant la nuit il fit entrer dans la ville les soldats turcs les posta à la porte du palais de Yezdegerd afin que vers le matin après avoir ouvert la porte ils entrassent dans le palais et qu’ils fissent mourir Yezdegerd.

Celui ci ayant été prévenu se fit descendre par ses femmes au moyen d’une corde du haut du mur et dans l’obscurité de la nuit il quitta la ville à pied et vêtu de sa robe brodée d’or  .

Après avoir marché un peu de temps il se sentit fatigué il vint à la porte d’un moulin et dit au meunier  :  » As tu une place où je puisse dormir je suis fatigué ? .

La rivière Oxus (Djihoun en arabe) . La bataille de la rivière Oxus fut une bataille importante dans le 7ème siècle, combattu entre les armées de l'Empire sassanide et l'armée arabe musulman qui avait envahi la Perse. Après sa défaite, le dernier empereur sassanide, Yazdegerd III, est devenu un fugitif traqué qui ont fui vers l'Asie centrale et à la Chine .
La rivière Oxus (Djihoun en arabe) . La bataille de la rivière Oxus fut une bataille importante dans le 7ème siècle, qui a vue un combat entre les armées de l’Empire Perse Sassanide contre  l’armée arabe musulmane du califat Rashidun qui avait envahi la Perse. Après sa défaite, le dernier empereur sassanide, Yazdegerd III, est devenu un fugitif traqué qui fui vers l’Asie centrale et  la Chine .

Le meunier qui ne le connaissait pas, étendis une couverture dans le moulin et Yezdegerd se coucha et s’endormit.

Lorsqu il fut jour le meunier voyant la robe brodée d’or désira s’en emparer.

Il frappa Yezdegerd d’un de hache à la tête et le tua pendant son sommeil .

Puis il le dépouillât de sa robe et jeta le cadavre dans l’eau.

Lorsque au matin Màhouï ne trouva pas Yezdegerd dans le palais et qu’il apprit qu’ il s’était sauvé en descendant mur il le fit rechercher et on trouva entre les mains meunier la robe de Yezdegerd.

Màhouï fit tuer le meunier.

Puis il demeura en paix à Merw jusqu’au moment  ou Omar fils de Khatab  envoya Ahnaf fils de Qaïs dans le Khoràsàn avec l’armée de Basra et de Koufa,  Ahnaf ne trouva point de résitence dans le Khoràsàn et lorsqu’il arriva à Merw,  Màhouï s’ enfuit gagna l’autre rive du Djîhoun se rendit auprès du khàqàn (des Turcs)  et resta dans le Turkestàn, Ahnaf acheva la soumission du Khoràsàn occupa Merw , Balkh et Herât et propagea l’islam de tous côtés jusqu aux bords du Djihoun .

This is part the ruins of one of the outer walls of the ancient city of Balkh
Ruines d’une partie  des murailles de l’ancienne ville de Balkh dans l’actuelle Afghanistan 

Ayant cherché parmi les villes du Khoràsàn celle qui lui conviendrait le mieux pour sa résidence il donna la préférence à Merw-er-Roud et fit construire à quatre parasanges de la ville un bourg qu’on appelle aujourd’hui Daïr-al-Ahnaf et en arabe « Qaçr-al-Ahnaf . Il y demeura pendant tout le règne d’Omar et jusqu à la fin de sa vie.

Tel est le récit de la mort de Yezdegerd et de la fin de l’empire de Perse ‘ après les savants qui connaissent les traditions et d’après les ouvrages persans  .

Cette version est généralement connue.

Art sassanide
Art sassanide

Mohammed ben Djarîr donne une version différente. Il rapporte :   » Lorsque Yezdegerd se rendit à Merw,  Omar mit en campagne Ahnaf fils de Qaïs avec douze mille hommes des armées de Koufa et de Baçra en lui commandant de poursuivre Yezdegerd en tout lieu et de le faire disparaître de la surface de la terre . Ce ne fut qu’avec peine que le calife se décida à envoyer les troupes de Baçra et de Koufa dans le Khoràsàn car il n’aimait pas que l’armée musulmane fût trop éloignée de lui, Ahnaf se rendit d’abord à Ispâhân de là il vint à Tabès près de Qàïn dans le Kouhistân et se dirigea ensuite vers le Khoràsàn.

La première ville qu’il rencontra sur son chemin dans cette province fut Heràt.

Il la prit d’assaut.  Après y avoir établi comme son lieutenant un officier nommé Ço’hàr al-Abdî il marcha sur Merw où se trouvait Yezdegerd .

Il expédia aussi Motarrif fils d’Abdallah avec un petit détachement vers la ville de Nischàpour qui n’avait pas de garnison et Hârith fils de Hassàn vers Sarakhs.

Ces deux villes furent prises sans coup férir. Quand Ahnaf arriva à Merw, Yezdegerd s’enfuit à Merw-er-Roud.

al-Khorasan
al-Khorasan 

De là il envoya des ambassadeurs au khàqàn des Turcs,  au roi de Soghd et au roi de Chine et leur fit demander du secours,  Ahnaf était à Merw Omar lui fit expédier de Koufa des renforts conduits par quatre officiers arabes distingués savoir :

Alqama fils de Naçr de Baçra,  Rib’î fils d’Amir de la tribu de Temîm,  Abdallah fils d’Abou Oqaïl le Thaqîfite et Ibn Omar Ghazzàl de Hamadàn.

Ahnaf fut très content de leur arrivée .

Il laissa Hàritha fils de No’màn al Bàhilî comme son lieutenant à Merw et se rendit avec un corps de troupes à Merw-er-Roud , Yezdegerd quitta cette ville et vint à Balkh où il se fortifia,  Ahnaf demeura à Mer- er-Roud ville qui était située au centre du Khoràsàn et peu éloigné des villes de Merw de Nîschàpour et de Heràt.

Il fit marcher les troupes de Koufa sur Balkh.

peinture murale des Grottes de Kizil, viie siècle, représentant des Tokhariens

La ville se rendit après un combat Yezdegerd s’enfuit de nouveau et passa le Djihoun.

Ensuite Ahnaf vint à Balkh et envoya une expédition dans le Tokhàristàn et cette province fut entièrement conquise.

Après avoir nommé Rib’î fils d’Amir gouverneur de Balkh en laissant à sa disposition les troupes de Koufa il retourna à Merw er Roud et y resta

Il annonça à Omar la conquête du Khoràsàn et la fuite de Yezdegerd sur le territoire du Turkestàn,  Omar en recevant cette nouvelle s écria :  » Que ferai je de la conquête du Khoràsàn?  Je voudrais qu il y eût entre nous et ce pays une mer de feu pour que personne ne pût s y rendre !.  »

Ali qui était présent lui demanda pourquoi il voyait avec peine la conquête du Khoràsàn  ? Parce que,  répondit Omar :  les habitants du Khoràsàn ont rompu déjà trois fois la paix conclue avec eux et ont versé beaucoup de sang musulman . Je ne voudrais pas qu il y eût des musulmans dans ce pays.

Puis il adressa à Ahnaf une lettre ainsi conçue :  » Ne pousse pas plus loin tes conquêtes reste dans le Khoràsàn.  Je ne veux pas que tu franchisses le Djihoun.  Ayez soin de conserver vos mœurs et de ne point adopter les mœurs des Perses en fait de nourriture et de luxe afin que vous restiez attachés à vos anciennes coutumes et que la protection de Dieu vous soit toujours acquise . »

L’armée du califat Rashidun

Yezdegerd après avoir passé le Djîhoun se rendit à Soghd.  Le roi de Soghd lui fournit une armée nombreuse de même que le khàqàn qui après avoir réuni tous les combattants à Ferghâna franchit avec Yezdegerd le Djîhoun et marcha sur Balkh,  Rib’î fils d’Amir se retira avec les troupes de Koufa qu’il avait auprès de lui vers Merw-er-Roud auprès d’Ahnaf .

Yezdegerd et le khàqàn à la tête d’une armée composée de gens de Soghd du Turkestan de Balkh et du Tokhàristàn au nombre de cinquante mille cavaliers vinrent à Merw-er-Roud.

Ahnaf disposait de vingt mille hommes c’étaient des troupes de Koufa et de Baçra .

Les deux armées demeurèrent en présence l’une de l’autre à l’endroit où est maintenant Daïr-al-Ahnaf pendant deux mois et l’on combattait chaque jour du matin au soir Yezdegerd résidait dans la ville même de Merw-er-Roud.

Une certaine nuit l’un des hommes les plus considérables d’entre les Turcs un des parents du khàqàn sortit du camp avec sa suite pour faire le service des avant postes,  Ahnaf averti de cette circonstance vint en personne aux avant postes attaqua le Turc et le tua.

Figurine chinoise sous le dynastie chinoise des Tang (618  907), représentant des commerçants Sogdiens sur leurs chameaux
Figurines chinoise sous la dynastie chinoise des Tang (618 907), représentant des commerçants Sogdiens sur leurs chameaux, 6-7eme siècle. 

Cet homme avait deux frères qui en apprenant sa mort vinrent l’un après l’autre pour lutter contre Ahnaf. Celui ci les tua égalemen. t Quand il fut jour et que le khàqàn fut instruit de ce qui s’était passé il se rendit sur le lieu où le combat avait eu lieu lui voyant ces trois cadavres il fut très affligé et dit :  » Cette guerre est bien malheureuse ! Nous sommes ici depuis si longtemps et nous avons perdu tant d’hommes !  Cependant quand même nous réussirions à nous rendre maitres de ce pays il faudrait l’abandonner à Yezdegerd et nous en aller.  Quel est notre profit en ceci ? »

En conséquence il leva son camp retourna à Balkh passa immédiatement le fleuve et rentra dans le Turkestàn .

Après le départ du khàqàn Yezdegerd quitta Merw-er-Roud et partit pour Merw où il avait déposé en secret une grande quantité de joyaux et de trésors.

Lorsqu il s approcha de la ville,  Hàritha fils de Nomàn la mit en état de défense,  Yezdegerd prit ses richesses qu’ il avait réussi à faire sortir de la ville et se dirigea vers Balkh pour se rendre auprès du khàqàn.

Les officiers perses qui étaient avec lui,  lui demandèrent quel était son dessein  ? Il leur dit qu ‘il avait l’ intention de se mettre sous la protection du khàqàn et de demeurer avec lui dans le Turkestàn.

Le sommet de Belukha dans les montagnes de l'Altaï en Mongolie est montré ici. La chaîne de montagnes est considéré comme le berceau du peuple turcs
Le sommet de Belukha dans les montagnes de l’Altaï en Mongolie, cette chaîne de montagnes est considéré comme le berceau des peuples turcs

Les Perses dirent :   » N’y va pas car nous ne te suivrons pas.  Les Turcs sont des gens sans religion ni foi.  Si tu veux te placer sous la protection de quelqu’un tourne toi vers les Arabes.

 Ces hommes qui t’ont chassé de ton toit et de ta patrie et en sont les maitres actuellement sont des gens de bonne foi.

 Donne leur ces trésors que tu tiens afin qu’ ils te rendent ton foyer et nous vivrons tous en paix dans notre patrie .

Puisqu’ il faut subir un sacrifice il vaut mieux rester dans la patrie que de vivre sur le sol étranger . » 

Comme Yezdegerd refusait de se rendre à leurs conseils ils lui dirent : « Si tu veux quitter ton pays nous ne te permettrons pas d’emporter ces richesses que nos pères ont eu tant de peine à accumuler dans le trésor des rois.  Nous ne voulons pas que tu les emportes hors de Perse et que tu les donnes aux Turcs. » 

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Ils lui enlevèrent les trésors et se séparèrent de lui Yezdegerd resté seul avec sa suite se rendit auprès du khàqàn.

Les Perses apportèrent les trésors à Ahfnaf  fils de Qaïs et se soumirent à lui, Ahnaf les renvoya tous dans leurs foyers à Madàïn,  dans la province de Perse,  dans l’Ahwàz,  à Reï et ailleurs et distribua les trésors entre les musulmans dont chacun reçut une somme égale à sa part du butin de Nehàwend .

Mohammed ben Djarîr rapporte encore dans son ouvrage que Yezdegerd ayant pris la fuite après la révolte des Perses ceux ci l’avaient poursuivi et que l’ayant trouvé dans un moulin ils l’avaient tué et avaient jeté son cadavre dans l’eau qu’ensuite ils avaient apporté les trésors à Ahnaf et qu’ils avaient fait leur soumission.

L’auteur donne encore une autre tradition où il est dit :  Yezdegerd s enfuit de Merw et vint à Balkh passa le Djîhoun et se rendit dans le Turkestàn. Arrivé à Soghd il fut rejoint par l’ambassadeur qu’il avait envoyé en Chine et qui lui apportait une lettre de réponse de la part du roi de Chine.

Dans cette lettre il était dit  :

« Je sais que les rois ont le devoir de s entraider les uns, les  autres cependant j’ai appris par ton ambassadeur quels sont ces gens contre lesquels tu demandes mon assistance quelles sont leurs mœurs leur religion et leur manière d’agir.  Or ces hommes ayant une telle religion et une telle loyauté conquerront le monde entier et personne ne pourra les repousser, il ne te reste d’autre ressource que d’user envers eux de moyens pacifiques afin de les éloigner et pour n’être pas chassé par eux. »

Ensuite le khàqàn retourna dans le Turkestàn et Yezdegerd demeura à Ferghàna,  Ahnaf revint de Balkh à Merw-er-Roud et annonça à Omar sa victoire.

Mohammed ben Djarîr ajoute que deux ans après l’avénement d’Othmàn les habitants du Khoràsàn se révoltèrent,  que Yezdegerd revint de Ferghàna et qu’il fut tué alors.

Omar en recevant la lettre  d’Ahnaf qui lui annonçait la conquête du Khoràsàn et l’expulsion de Yezdegerd éprouva une grande joie et fut tranquillisé à l’égard du Khoràsàn.

Il notifia à Ahnaf sa nomination comme gouverneur de cette province et dirigea l’armée de l’Iràq suc la province de Perse .

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Istakhr (en persan : استخر) est une ville antique de Perse (Iran) situé dans une vallée à plus de 1 600 m d’altitude. Le site est étroitement lié à celui de Naqsh-e Rostam qui recèle des tombes achéménides et d’importants bas-reliefs sassanides. Au-delà on entre dans la plaine de Marvdasht où se trouve le site de Persépolis, 5 km plus loin. Naqsh-e Rostam est un site archéologique situé à environ 5 km au nord-ouest de Persépolis, dans la province du Fars (Perse) en Iran. Cet endroit est appelé Næqš-e Rostæm « le portrait de Rostam » parce que les Perses pensaient que les bas-reliefs sassanides sous les tombes représentaient Rostam, un héros mythique perse.

CONQUÊTE DES VILLES DE LA PROVINCE DE PERSE (Fars) 

Au commencement de la vingt troisième année le calife Omar envoya une armée de vingt mille hommes vers la province de Perse car il avait appris que Schehrek le roi de cette province avait rassemblé une nombreuse armée dans la ville de Tawwadj.

Tawwadj est la ville qu on appelle en persan Tawaz et d’où vient l’étoffe nommée tawazî. Elle est située près de la frontière du côté de l’Ahwàz .

Omar au lieu de placer à la tête de l’expédition un général en chef désigna à chaque officier une ville dont il serait gouverneur disant  :  « L’armée perse s’est réunie sur un seul point et a fait son plan.  Quand vous entrerez en Perse ne vous dirigez pas vers cet endroit afin de déranger leur plan . Que chacun de vous avec son détachement se rende dans son gouvernement puis combattez les séparément et Dieu vous donnera la victoire ».

Bishapour (moyen-persan : Bay Shāpur, « le seigneur Shapur ») est une ancienne cité sassanide, à 23 km de Kazerun, dans le Fars, en Iran. La ville se trouvait sur la route reliant les villes d’Istakhr et Ctésiphon.
Le palais de Shapur à Bishapour l’ ancienne cité sassanide, à 23 km de Kazerun, dans le Fars, en Iran. La ville se trouvait sur la route reliant les villes d’Istakhr et Ctésiphon.

 Moudjàschi fils de Masoud le Thaqifite fut chargé du gouvernement de Tawaz, de Schàpour et d’Ardeschîr-Khourrè;  Othmàn fils d’Abou I’Aç le Thaqîfite eut la ville d’Içtakhr,  son frère Al Hakam fils d’Abou l’Aç la ville de Schiràz qui était la capitale de la province et Sàriya fils d’ Zounaïm de la tribu de Doïl les villes de Fasà et de Dàràbgerd .

Schehrek et son armée se trouvaient donc à Tawaz. Lorsque les Arabes entrèrent dans la province et que les différents officiers musulmans se dirigèrent vers les villes qui leur avaient été assignées l’armée perse se divisa également et chacun des chefs perses accourut dans sa ville pour la défendre.

La montagne d'Istakhr Au moment de la conquête  Islamique du Fars par les Arabes, les musulmans ont pris leurs quartiers dans la plaine. En 648-649, Istakhr capitule. Quelques années après, elle est reprise par la force  avant la fin des sassanides, ce qui provoque de nombreuses victimes dans la population. La ville reste ensuite un bastion du zoroastrisme
La montagne d’Istakhr Au moment de la conquête Islamique du Fars par les Arabes, les musulmans ont pris leurs quartiers dans la plaine. En 648-649, Istakhr capitule. Quelques années après, elle est reprise par la force avant la fin des sassanides, ce qui provoque de nombreuses victimes dans la population. La ville reste ensuite un bastion du zoroastrisme

Leur plan de campagne fut ainsi dérangé et cette circonstance était pour eux comme une véritable déroute,  Moudjàschi fils de Masoud se rendant à Tawaz vint à Schàpour et occupa la ville ; Schehrek avait laissé une petite garnison à Tawaz et était retourné à Schîràz.

 Moudjàschi dirigea de Schàpour un coup de main sur Tawaz,  tua la garnison,  s’empara de la ville et fit un butin immense.  (Moudjàschi était le frère d’ Obaïd fils de Masoud qui avait été tué sous les pieds d’un éléphant à la journée du pont).

Tawaz et Ictakhr étaient les deux villes de Fars qui avaient été déjà conquises une première fois par Alà ben al Hadhramî lors de l’expédition qu’ il avait entreprise par mer sans l’aveu du calife.

Ruines d'IstakhrElle n'est mentionnée dans les sources historiques, comme le Livre des Prophètes et des Rois, de Tabari qu'à partir de l'époque parthe. C'est dans cette ville qu'Ardachîr Ier est proclamé roi, au début du iiie siècle. Plus tard, il détrôna le roi parthe Artaban V et installa la dynastie perse des Sassanides1. La ville avait un temple de la déesse Anahita.  Istakhr se développa pendant l'époque sassanide (du iiie au viie siècle) et l'époque omeyyade.
Ruines d’Istakhr. Elle n’est mentionnée dans les sources historiques, comme le Livre des Prophètes et des Rois, de Tabari qu’à partir de l’époque parthe. La ville avait un temple de l’idole Anahita. Istakhr se développa pendant l’époque sassanide (du iiie au viie siècle) et l’époque omeyyade.

Mais elles s étaient rendues indépendantes de nouveau  Après avoir pris possession de Tawaz,  Moudjàschi distribua le butin entre ses soldats et en envoya le quint à Médine en même temps que la nouvelle de sa victoire.

La garnison d’Içtakhr en apprenant qu’Othmàn fils d’Abou l’Aç se dirigeait sur cette ville marcha au devant de lui et le rencontra près d’une ville nommée Gour et en arabe Djour ville d’où vient l’eau de rose appelée djouri ou pàresî,  Othmàn attaqua les Perses et les mit en déroute.

 Ensuite il vint sous les murs d’Içtakhr et assiégea la ville qui finit par capituler Othmàn fit parvenir à Omar la nouvelle de sa victoire et le quint du butin.

 Al Hakam fils d’Abou l’Âç marcha sur Schîràz où se trouvait déjà Schehrek qui était accouru accourue de Tawaz avec une armée de Perses tous couverts d’armures qui ne laissaient voir que leurs yeux Al Hakam lui aussi avait des forces considérables composées en grande partie de chefs arabes et des plus fameux guerriers tels que Obaïdallah fils de Ma’mar de la tribu de Temîm,  Schibb fils de Ma’bad de la tribu des Badjila,  Djàroud al Abdî et Abou Çofra père de Mouhallab.

Quand les deux armées furent en présence et que vers midi les Perses descendirent des hauteurs leurs armures réfléchissant les rayons du soleil,  jetaient un tel éclat que les yeux des musulmans en furent éblouis.

Le combat s’engagea et dura jusqu’à l’heure de la prière de l’après midi .

Les Perses furent mis en déroute et les musulmans en firent un grand carnage Al Hakam tua de sa main Schehrek et le fils de ce prince .

Un général  (Perse) de l’armée de Schehrek nommé Arzounbàn vint à la tête de son corps de cavaliers se mettre sous la protection de Hakam.

Darab est une ville de la province de Fars, au Sud-Ouest de l’Iran, chef-lieu du département éponyme. Elle était anciennement nommée Darabgerd1 sous le califat Abbasside Shabânkâreh1 est le nom d'une tribu kurde et de sa région d'habitation. Le royaume de Shabânkâra est formé d'une partie du sud de la province du Fars, et à pour frontières le Kerman, à l'est et le Golfe Persique à l'ouest. La ville de Darab à 270 km au sud-est de Chiraz, autrefois appelé Dârâbgerd. L'ancienne ville de Dârâbgerd qui était la capitale du district le plus méridional de la province du Fars à la période abbasside, est à 8 km de la ville actuelle2. Cette ville était entourée d'une muraille circulaire comme la ville de Gur (Firuzabad). en était la capitale pendant le califat abbasside
Darab est une ville de la province du Fars, au Sud-Ouest de l’Iran, elle était anciennement nommée Darabgerd lors de la conquête arabe jusqu’au califat Abbasside,  « Shabânkâreh » est le nom d’une tribu kurde et le nom de la région ou elle ce trouve . Le royaume de Shabânkâra est formé d’une partie du sud de la province du Fars, et à pour frontières le Kerman, à l’est et le Golfe Persique à l’ouest. La ville de Darab à 270 km au sud-est de Chiraz, autrefois appelé Dârâbgerd. Cette ville est entourée d’une muraille circulaire comme la ville de Gur (Firuzabad).

Après avoir partagé entre les musulmans le butin qui était considérable Hakam en fit porter le quint à Omar et lui annonça la victoire qu’il venait de remporter et la prise de Schîràz,  Sàriya fils de Zounaïm s’était dirigé vers Fasà et Dàràbgerd.

Les Perses s’enfermèrent dans Dàràbgerd où les musulmans les assiégèrent pendant deux ou trois mois.

Les Perses appelèrent alors à leur secours les Kurdes qui se trouvaient dans la province et ceux ci arrivèrent en grand nombre.

 En même temps les assiégés firent une sortie et une bataille terrible s’engagea.

Beaucoup de musulmans furent tués.

Cette bataille eut lieu un vendredi à l’heure de la prière dans une vaste plaine.

Les musulmans qui se trouvaient à proximité d ‘une montagne élevée furent entourés par les infidèles et taillés en pièces.

 Leur situation était devenue très grave et ils commençaient déjà à fuir. Alors au moment même de la prière,  Sàriya et les troupes musulmanes entendirent au milieu du combat la voix d’Omar et ces paroles : « Sàriya la montagne !  la montagne  ! » .

Sàriya dit aux soldats :  » J’entends la voix d’Omar l’entendez vous aussi  ? « 

Nous l’entendons , répondirent-ils,  mais cela ne peut pas être car nous sommes séparés de lui par une trop grande distance.

 Il est possible répliqua Sàriya que Dieu nous fasse entendre la voix d’Omar et qu’il nous donne une direction.

En conséquence il conduisit les troupes vers la montagne au pied de laquelle il prit position protégeant ainsi ses derrières.  Après y avoir passé la nuit en sûreté il recommença le combat le lendemain et obtint la victoire. Or dans la nuit du vendredi, Omar qui était très inquiet au sujet de cette armée dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis deux mois l’avait vue en rêve engagée dans un combat à l’heure de la prière du vendredi.  Il avait raconté ce rêve à ses compagnons et à l’heure de la prière il monta en chaire.

Au milieu du sermon il dit Musulmans :  » j’ai rêvé cette nuit qu’en ce moment Sàriya et vos frères sont engagés dans un combat et je ne doute pas qu’à cette heure ils ne combattent. »

Puis ayant gardé le silence pendant quelque temps comme s’il réfléchissait il reprit :  » Sariya lutte dans une vaste plaine il est enveloppé par les Perses. S’il s’appuyait à la montagne il serait dégagé .

Ensuite il s écria  :  » Sàriya la montagne !  la montagne !  » et après une pause il continua son sermon Dieu porta la voix d’Omar aux oreilles des musulmans de Médine à Dàràbgerd et ils s’appuyèrent à la montagne .

Al-Masjid al-Nabawi
Al-Masjid al-Nabawi

Après la bataille les musulmans avaient réuni un butin considérable,  Sàriya fit partir un messager pour Médine pour porter à Omar la nouvelle de la victoire et la cinquième partie du butin.

Il lui remit entre autres objets un coffret rempli de joyaux auquel on n’avait pas touché et que l’on envoya au calife personnellement .

Lorsque ce messager arriva à Médine Omar se trouvait dans la mosquée où était dressée une table et il le vit distribuant à manger à différentes personnes.  En effet Omar faisait égorger chaque jour aux frais du trésor public un chameau faisait dresser une table dans la mosquée et y donnait à manger aux pauvres aux voyageurs et aux étrangers,  Omar en voyant le messager crut que c’était un étranger qui venait pour demander à manger et il lui dit  : « Assieds toi et mange un peu » .

Après la distribution de la nourriture à la foule Omar selon son habitude retourna dans sa maison pour manger lui même avec sa famille.  Le messager le suivit et entra dans la maison sur l’invitation d’Omar . Celui ci demanda à manger.

Ancienne photo de Medine, et la mosquée Nabawi
Ancienne photo de Medine, et la mosquée Nabawi

La femme d’Omar Oumm Kolthoum fille d’Alî , lui apporta un peu de pain d’orge de l’huile d’olive et du sel,  Omar lui demanda si elle n’avait rien de cuit, Oumm Kolthoum répliqua  : ‘Comment pourrais je faire cuire quelque chose puisque ma robe est déchirée et que je n’ai rien à me mettre sur le corps ».

 Omar lui dit en plaisantant  : « A quoi bon une robe?  Qu’il te suffise d’être la fllle d’Alî fils d’Abou Tàlib et la femme d’Omar fils de Khattàb »

 Puis s’adressant au messager il lui dit :  » Au nom de Dieu mange ! Si Oumm Kolthoum avait été contente de nous nous aurions été mieux traités. »

 Au milieu du repas le messager qui s’apercevait qu’Omar ne le reconnaissait pas dit  : « Prince des croyants je suis envoyé par Sàriya pour t’annoncer la nouvelle de sa victoire et pour t’apporter le quint du butin. »

« Loué soit Dieu ! » s’écria le calife .

Et il lui demanda tous les détails.  Le messager après l’avoir contenté lui présenta le coffret rempli de joyaux qui lui était destiné Omar dit : « Remporte le et dis à Sàriya de le partager entre les soldats de son armée qui ont combattu et exposé leur vie. Personne n’a plus de droits qu ‘ux mêmes à la possession de cet objet. »

 Lorsque cet homme eut quitté la maison d’Omar le peuple l’interrogea sur la bataille.

 Il raconta qu’elle avait eu lieu tel vendredi à l’heure de la prière et que les combattants avaient entendu la voix d’Omar et ces paroles  : « Sàriya la montagne la montagne ».

 En vérifiant la date on trouva que c’était le même vendredi où le calife avait prononcé ces paroles du haut de la chaire. 

Casque Post-Sassanide , de l'époque du  califat Rashidun ou des débuts des Omeyyades
Casque Post-Sassanide /  califat Rashidun ou des débuts des Omeyyades

CHAPITRE LXX CONQUÊTE DU KIRMAN

Les troupes musulmanes sous les ordres d’Abdallah fils d’Abdallah fils d’Itbàn et de Sohaïl fils d’Adî étaient entrées dans le Kirmân en l’an 22 de l’hégire .

Ce ne fut qu en l’an 23 qu elles eurent à combattre.

Les habitants du Kirmân avaient réuni une nombreuse armée.

Ils avaient demandé du secours aux habitants des montagnes qu ‘n appelle Koudj et en arabe Qoufç et ceux ci étaient descendus dans les villes .

Des forces considérables s étant rassemblées près de la frontière de la province une bataille eut lieu et Dieu donna la victoire aux musulmans qui tuèrent un grand nombre d infidèles Ensuite Abdallah ibn Mtbàn dirigea Sohaïl fils d’Adî parle chemin direct qui traverse les villes vers une ville située au centre du Kirmân nommée Djîreft et il s y rendit lui même par la route du désert où il s’empara de tout le bétail qu’il rencontra des chameaux et des brebis en nombre incalculable.

Après avoir fait le partage du butin il en fit porter le quint à Omar en même temps que la nouvelle de sa victoire.

Puis il envoya Abdallah fils de Yezîd fils de Naufal le Khozàîte vers Tabès.

Abdallah fils de Yezîd après avoir fait la conquête de toutes les contrées du Kouhistàn jusqu’à Tabès vint trouver Omar et lui dit  : « Je me suis emparé de deux bourgs du Kouhistàn situés près de la frontière du Kirmàn donne les moi en fief « .

Omar était disposé à les lui accorder mais Abdallah ibn Itbàn envoya quelqu un au calife et lui fit dire

:  » Ces lieux ne sont pas des bourgs mais deux grandes villes qui font partie du territoire du Khoràsàn ».

Alors Omar les refusa à Abdallah fils de Yezîd.

Ruines de la forteresse de Hoazdar au Sistan Afghanistan actuel.
Ruines de la forteresse de Hoazdar au Sistan Afghanistan actuel.

CHAPITRE LXXI CONQUÊTE DU SEÏSTÀN

 En cette même année la vingt troisième de l’hégire Omar dirigea Acim fils d’Amr le Temîmite de Baçra vers le Seistàn et envoya avec lui Abdallah fils d’Omaïr.

Le roi de cette province ayant rassemblé une armée considérable vint à la rencontre des musulmans jusqu’à la frontière.

Dans la bataille qui eut lieu il fut mis en déroute et il alla s’enfermer dans sa capitale nommée Zerendj qui était une ville bien fortifiée.

Les musulmans sans s’occuper de cette ville s’emparèrent de toutes les villes voisines et l’islamisme pénétra jusqu’aux confins de l’Inde et jusqu’à Qandahàr.

Le prince du Seïstàn voyant que toute la province était entre les mains des musulmans reconnut qu’il ne pourrait pas demeurer dans sa forteresse et il capitula.

Abdallah fils d’Omaïr et Acim fils d’Amr restèrent dans le Seïstàn pendant tout le règne d’Omar de même que sous les règnes d’Othmàn et d’AIî jusqu’à l’avénement de Moâwiya qui envoya Ziyâd dans l’lràq et son fils Aslam dans le Seïstàn.

Toutes les contrées de Sind et de Hind voisines du Seïstàn lfurent conquises du temps de Moàwiya et se soumirent à Aslam fils de Ziyâd .

La bataille du Rasil (644)

CHAPITRE LXXII CONQUÊTE DU MOKRÀN

Au delà du Kirmàn et du Fars entre les royaumes de Sind et de Hind d’un côté et l’Omàn de l’autre se trouve une contrée nommée Mokrân qui renferme un grand nombre de villes.

L’une de ces villes était Mekràn une autre s’appelait Tîz une troisième Khàsch .

Ces contrées touchent d’un côté au Kirmân et de l’autre à l’Inde,  la mer les sépare de l’Omàn.

La ville de Tîz se trouve en face de l’Omàn.

Après s être rendu maitre du Kirmàn,  Abdallah fils d’Abdallah dirigea vers le Mokrân,  Hakam fils d’Amr le Thaghlabite en lui adjoignant Schihàb fils de Mokhàriq,  il les fit suivre par Sohaïl fils d’Adî.  Ces différents corps de troupes se portèrent vers la frontière du Mokrân.

Ruines de l'antique ville de Mohenjo Daro dans la région du sindh au Pakistan
Ruines de l’antique ville de Mohenjo Daro dans la région du sindh au Pakistan

Les habitants du Mokrân voisins du pays du roi de Sind envoyèrent des messagers vers ce dernier et implorèrent son secours contre les Arabes.  Le roi de Sind vint en personne à la tête d’une nombreuse armée et avec beaucoup d’éléphants.

A cette nouvelle Abdallah fils d’Abdallah laissa un lieutenant dans le Kirmân et accourut lui même avec une armée.

Le roi de Sind (le roi dans le langage du Sind était appelé Retbîl de même que ceux de Perse s’appelaient Chosroes, les rois de Roum César et ceux des Turcs Khaqàn) avait établi son camp et y attendait l’arrivée de nouvelles forces car il avait adressé un appel à toutes les provinces du Sind et chaque jour les chefs de ces provinces lui amenaient l’un après l’autre de nombreuses troupes.

Les musulmans campèrent loin de lui Abdallah en arrivant dans le Mokràn leur dit : « Musulmans pourquoi vous tenez vous ainsi à distance de l’ennemi ?  Voulez vous lui donner le temps de réunir sous ses drapeaux les armées du monde entier ?  Il  faut tomber sur lui à l’improviste cette nuit même. »

File:Mohenjo-daro Priesterkönig.jpeg
Roi prêtre de Mohenjo-daro, vieu de 4000 ans, al-Sindh (‘Pakistan)

A la tombée de la nuit Abdallah avec l’armée musulmane se jeta sur le camp des ennemis.

L’armée de Sind fut mise en déroute et le Retbîl fut tué.

Les musulmans poursuivirent les fuyards et continuèrent le massacre jusqu’au matin.

Ils firent un grand nombre de prisonniers et s’emparèrent des éléphants.

Le lendemain après avoir partagé le butin Abdallah fit partir Çohàr al-Abdî pour porter à Omar la nouvelle de la victoire et le quint du butin,  Çohàr était un homme distingué par son éloquence.

Dans la lettre qu’Abdallah adressait au calife il s’exprimait ainsi : « Que cette bataille a été facile à gagner ! Que la déroute de l’ennemi a été prompte !  » Puis il ajoutait : « Au delà de ce pays se trouve le pays de Sind.  Je désire y conduire l’armée Je t’en demande l’autorisation.  Fais moi savoir aussi ce que je dois faire des éléphants car ceux là ne sont pas de nature à être distribués entre les soldats.  »

Elephants de Guerre au Sindh (Grands Mughals)
Éléphants de Guerre au Sindh (Grands Mughals)

Omar après avoir pris connaissance de cette lettre interrogea Çohàr  sur l’état du pays de Mokràn.

Çohàr répondit : « Prince des croyants c’est un pays dont les montagnes sont bien de véritables montagnes et dont les plaines sont comme des montagnes,  un pays qui a peu d(eau dont les dattes sont les plus mauvaises des dattes et dont les habitants  sont les plus belliqueux des hommes.  Si tu y as une armée peu nombreuse elle sera anéantie et ne pourra rien faire si ton armée est considérable elle périra de faim car il n y a que peu de vivres. Le pays qui est au delà de celui là est encore pire. »

En conséquence Omar adressa à Abdallah et à Hakam les instructions suivantes :  » Ne franchissez pas les limites du Mokràn . Vous n’avez pas à vous occuper du Sind et ne conduisez pas les musulmans à leur perte.  Adressez des lettres dans le Sind afin que les princes de ce pays qui voudront avoir les éléphants vous les achètent en envoyant de l’argent et vous en distribuerez le prix entre les soldats Abdallah agit conformément aux ordres d’Omar .

 

Les conquetes arabes sous les Rashidun et Omeyyade
Les conquêtes arabes sous les Rashidun et Omeyyade

 CHAPITRE LXXIII BATAILLE DE BÎROUTH

Au delà de Baçra entre le territoire de cette ville et le pays de Sind se trouve une ville nommée Bîrouth Omar avait adressé à Abou Mousa al Ascharî une lettre par laquelle il lui avait prescrit de défendre ce lieu afin d’empêcher une armée ennemie d’y pénétrer soit du côté du Sind soit de l’Omàn ou de l’Ahwàz du Kirmàn,  d’Ispahàn du Mokràn ou d’autres contrées.

Or après toutes les batailles où les musulmans avaient mis en déroute les infidèles dans l’Ahwàz dans le Kirmàn dans le Mokràn et ailleurs les fuyards de ces armées se rallièrent à Bîrouth et formèrent enfin une armée considérable.

Alors Abou Mousa fit partir contre eux au mois de ramadhàn de l’an 23 un corps d’armée sous les ordres de Mohâdjir fils de Ziyàd qui en cas de mort devait être remplacé dans le commandement par son frère Rabî’a,

Mohàdjir et Rabî’a se mirent en route à la tête de leurs troupes .

Comme il faisait très chaud Mohàdjir dit à Abou Mousa : « Donne à l’armée l’ordre de rompre le jeûne pendant le voyage afin que le jour de la bataille elle soit en état de combattre . Abou Mousa donna cet ordre. Les musulmans arrivés auprès des ennemis les attaquèrent , Mohàdjir fut tué et son frère Rabi’a ayant pris le drapeau remporta la victoire.

On ne fit qu’un butin insignifiant parce que l’armée ennemie était composée de fuyards qui n’avaient pas de bagages.

Mais on s’empara d’un grand nombre de prisonniers des gens nobles et de bonne famille,  Abou Mousa dit : « Il faut que chacun de ces hommes paye une rançon et qu ils se rachètent. Qu’ils fassent venir de l’argent de leurs familles alors ils pourront se libérer et je distribuerai entre vous la somme de leurs rançons.  Il vaut mieux avoir cet argent que de les tenir prisonniers . »

Ensuite il choisit dans le nombre de ces captifs soixante jeunes gens imberbes de famille noble et les employa à son service.  Il leur recommanda d’envoyer des messagers à leurs parents afin que ceux ci leur fissent parvenir de l’argent pour se racheter.  Chacun des jeunes gens fit partir un messager vers sa famille . Or leurs familles étaient à une grande distance dans l’Ahwàz,  dans le Mokràn,  en Fars,  dans le Kirmàn ou à Ispahàn.

Quand ces jeunes gens eurent reçu leurs rançons.  Abou Mousa leur rendit la liberté : « Ensuite il mit de côté un cinquième de la somme obtenue pour être porté à Omar en même temps que la nouvelle de la victoire . Omar avait coutume quand il recevait une députation de donner du trésor public un cadeau aux députés .

Cette coutume avait été aussi celle du Prophète qui ne recevait aucun député ou messager sans lui faire un présent.

Lorsque Abou Mousa écrivit la lettre qu’ il allait remettre à la députation un homme de la tribu d’Anaza nommé Dhabba fils de Mihçan lui demanda de le comprendre dans la députation et de mettre aussi son nom dans la lettre afin qu’il pût obtenir un cadeau du calife,  Abou Mousa y consentit. Ensuite Hotaïya le poète vint trouver Abou Mousa et récita une pièce de vers à sa louange Abou Mousa lui fit donner un cadeau de mille dirhems qu’on préleva sur le butin.

Lorsque la députation fut arrivée à Médine Dhabba qui l’avait suivie vint trouver le calife et porta plainte contre Abou Mousa en disant  : « Prince des croyants tu ne dois pas avoir à la tête des musulmans un agent tel qu’Abou Mousa ».

Pourquoi  ?demanda Omar.

Parce que répliqua Dhabba : » il a pris sur le butin appartenant aux musulmans soixante beaux jeunes gens qu’ il a employés à son service. Il a donné mille dirhems prélevés sur le butin au poète Hotaïya qui a composé une pièce de vers à sa louange. Il a deux mesures pour mesurer le grain une petite et une grande. Il a deux sceaux, il en porte un et l’autre a été confié par lui à Ziyàd son secrétaire qui est chargé de l’administration de toutes les affaires des musulmans qui écrit et fait ce qu’il veut sans qu’Abou Mousa en ait connaissance.  Enfin il a une belle esclave nommée Aqila très gourmande qui lui a été donnée par Moghîra fils de Scho’ba lorsque Abou Mousa est venu le remplacer dans le gouvernement de Baçra. C était un don de corruption.  Cette esclave mange chaque matin et chaque soir une assiette de bouillon et de viande et beaucoup d’entre nous restent toute une journée sans avoir du pain ».

Omar lui dit : « Ecris tout cela sur ta tablette et donne la moi » Dhabba le fit .

Ensuite Omar adressa une lettre à Abou Mousa et l’invita à venir seul à Médine.  Quand Abou Mousa fut arrivé Omar le mit en présence de Dhabba,  rendit à ce dernier sa tablette et lui commanda de lire à Abou Mousa ce qu’il avait écrit . Après que Dhabba eut énoncé le premier point savoir qu’Abou Mousa avait choisi pour lui soixante jeunes gens qu’il avait employés à son service Omar demanda à Abou Mousa ce qu il avait à répondre.

Abou Mousa dit  : « C’est vrai . Ces jeunes gens étaient de famille noble et m’avaient dit que leurs pères les rachèteraient,  en payant une forte rançon.  Alors je les ai séparés des autres prisonniers et avant de venir ici j’en ai reçu le prix que j’ai partagé entre les musulmans. « 

Mais pourquoi dit Dhabba les as tu employés à ton service ? Afin que répondit Abou Mous, a leurs parents en apprenant la réduction de ces jeunes gens à l’état de vils esclaves les rachetassent immédiatement pour de fortes sommes.  Omar invita Dhabba à continuer sa lecture. Il a,  reprit celui ci, donné au poête Hotaïya pour une pièce de vers qu’il avait récitée à sa louange mille dirhems prélevés sur le butin appartenant aux musulmans.

Médine

Abou Mousa dit : « Je lui ai coupé la langue qui s’attaquait à moi;  le Prophète a employé le même procédé à l’égard des poètes et il a dit à Alî fils d’Abou Tàlib  : Coupe leur langue qui s’attaque à moi.  »

Mais pourquoi dit Dhabba as tu pris cet argent dans le trésor public  ?

« Parce que j’ai voulu », répondit Abou Mousa,  « rattacher ce poête à l’islam,  Hotaïya avait apostasié après la mort du Prophète. Il venait de rentrer dans le sein de l’islam et j’ai voulu faire naître en son cœur de l’attachement pour la religion musulmane.  Le Prophète a agi de même à l’expédition de Honaïn envers les Mouallafatou qoloubouhuum envers Abou Sofyàn,  Çaffân fils d’Omayya et leurs compagnons auxquels il a fait des dons prélevés sur le butin de Honaïn le bien commun des musulmans . »

Continue dit Omar à Dhabba  Celui ci reprit : » Il a deux mesures pour mesurer le grain une petite et une grande. »

Abou Mousa répondit : « Le grain que je prends dans les magasins de l’État je le mesure avec la petite mesure et lorsque j’en distribue aux pauvres et aux musulmans j’emploie la grande. « 

Dhabba invité par Omar à continuer dit  : »Il a donné son sceau à Ziyâd et lui abandonne toutes les affaires des musulmans ».

Abou Mousa répondit  : »J’ai trouvé en Ziyâd un homme plein de savoir d’intelligence et d’expérience et de bonnes manières,  il est entièrement dévoué aux affaires musulmanes.  Je me repose donc sur lui. »

Continue dit Omar à Dhabba :  » Celui ci dit  : Moghîra,  pour le corrompre lui a fait présent d’Aqîla et il l’a acceptée ».

Abou Mousa garda d’abord le silence puis il dit  : « Je n’ai pas reçu de don de corruption,  Moghîra m’a donné cette esclave par gracieuseté. Il n’avait rien à craindre,  ni à espérer de moi.  Il m a fait un présent par amitié pour moi.  Le Prophète a dit  : Soyez gracieux l’un envers l’autre. »

Omar dit à Abou Mousa : « Retourne à ton poste à Baçra et envoie ici Ziyâd et Aqîla. »

Puis s’adressant à Dhabba il lui dit :  » Tu n’as pas dit de mensonge pour lequel je puisse te punir mais tu n’as rien formulé qui puisse justifier la destitution d’Abou Mousa.  Retourne chez toi et ne tiens pas une autre fois un pareil langage. »

Abou Mousa de retour à Baçra fit partir Ziyàd et Aqîla pour Médine , Omar les regarda l’un et l’autre puis il dit à Ziyâd :  » A combien s’élève ton traitement ?  »

« A deux mille dirhems » répondit Ziyâd .

« Combien de fois as tu touché ce traitement depuis que tu es avec Abou Mousa à Baçra ? »

« Deux fois » .

« Qu en as tu fait ?  »

Ziyâd répondit  : « Ma mère nommée Somayya était esclave j’ai employé le premier traitement à la racheter et avec l’autre j’ai racheté un esclave nommé Obaïda qui avait le même maître que ma mère et envers lequel j’avais des devoirs à remplir car il m’avait élevé comme si j’étais son enfant ».

Omar dit  : « Tu as bien agi dans les deux cas ».

Ensuite il l’interrogea sur la loi sur les dogmes et sur la vie du Prophète,  Ziyàd était versé dans toutes ces sciences.

Alors Omar lui dit : « Retourne à Baçra tu mérites de tenir le sceau d’Abou Mousa.  Ce Dhabba ne sait dire ni la vérité ni le mensonge. »

Il renvoya donc Ziyàd auprès d’Abou Mousa.

 

vu aérienne du centre historique d'Erbil (Citadelle d'Erbil en premier plan)capitale de la Région autonome du Kurdistan, Région fédérale autonome du nord de l'Irak.
Vu aérienne du centre historique d’Erbil (Citadelle d’Erbil en premier plan), la « capitale » de la Région autonome du Kurdistan, Région fédérale autonome du nord de l’Irak.

CHAPITRE LXXIV EXPÉDITION DE SALAMA FILS DR QAÏS CONTRE LES KURDES

En cette même année Omar envoya une armée contre les Kurdes.

Un grand nombre de guerriers étaient venus de toutes les parties de l’Arabie à Médine et le calife voulait les employer mais il n’avait plus d’ennemis à combattre dans les pays voisins.

Alors il fut averti que dans la province de Perse et dans l’Ahwàz il y avait un grand nombre de Kurdes qui commettaient des actes de brigandage et que les troupes musulmanes n’avaient pas réussi à vaincre Omar fit appeler Salama fils de Qaïs de la tribu d’Aschdja lui parla de ces Kurdes et de leurs actes de brigandage puis il lui dit :

« Un grand nombre de soldats sont venus ici pour s’enrôler ce sont de braves guerriers arabes conduis les contre les Kurdes afin de convertir ceux ci à l’islam et de délivrer les musulmans de leurs déprédations. Quand tu te trouveras en face des ennemis ne te hâte point de les attaquer invite les d’abord à embrasser l’islam s’ ils refusent exige qu’ ils payent le tribut et s’ ils ne veulent pas s’ y soumettre emploie la force.  S’ils te demandent grâce en invoquant la volonté de Dieu ne leur accorde pas grâce car tu ne connais pas la volonté de Dieu à leur égard fais grâce seulement conformément aux lois de l’ islam que tu connais.  Si vous êtes victorieux ne dérobez rien du butin que rien ne soit soustrait au partage.  Dans le massacre épargnez les femmes les enfants et les vieillards.  Ne coupez pas les nez les oreilles les pieds ni les mains aux cadavres. « 

Après avoir reçu ces instructions Salama fils de Qaïs se mit en route avec son corps d’armée Salama était un guerrier distingué par sa bravoure . Lorsqu il fut arrivé en présence des Kurdes il fit halte et leur envoya un messager qui les invita à embrasser l’islamisme.

Ils ne voulurent pas croire,  ni payer tribut.  Alors Salama les attaqua les tailla en pièces et en tua un grand nombre puis il distribua entre les soldats le butin qui était considérable.

On avait trouvé notamment une grande quantité de pierres précieuses entre autres un coffret rempli de rubis,  Salama dit aux soldats  : « Je vais envoyer ce coffret tel qu’il est à Omar pour qu’il lui appartienne personnellement car il a beaucoup de charges. »

Les soldats approuvèrent ce dessein. En conséquence Salama fit partir pour Médine un messager chargé de porter à Omar la nouvelle de la victoire et le quint du butin ainsi que ce coffret rempli de rubis.

Ce messager raconta plus tard : « Lorsque j’arrivai à Médine je trouvai Omar dans la mosquée. Des tables y étaient dressées et le calife distribuait à manger aux personnes qui étaient assises autour de ces tables. Son esclave Azfa allait et venait apportant du pain et de la viande. Omar se tenant auprès de ces gens un bâton à la main comme un pâtre à la tête  de ses moutons allait d’une table à l’autre et regardait dans les plats disant :  Azfa apporte ici du pain,  Azfa apporte ici de la viande.  Puis il m’engagea à prendre place et me fit donner à manger.  Mais je ne pus toucher à cette nourriture grossière car j’en avais de meilleure avec moi.  Le repas terminé Omar recommanda à son esclave d’enlever les tables et les plats puis il s’en alla.  Moi j’attendis que l’esclave eût fini et je partis avec lui me rendant à la maison d’Omar et portant le coffret dans ma manche.  En entrant je vis le calife assis sur un matelas le dos appuyé sur deux coussins de feuilles de palmier.  Il me présenta l’un de ces coussins. Après avoir pris place je lui dis :  Je suis le messager de Salama. Il me répondit  : Salut à Salama et à son messager .

Ensuite il me demanda de ses nouvelles et de celles de ses troupes . Je lui parlai de la hataille de la victoire et du butin et il fut très heureux de ces nouvelles .

Alors je retirai de ma manche le coffret je l’ouvris le plaçai devant lui et lui dis : « Cet objet a été trouvé dans le butin,  Salama du consentement de l’armée te l’envoie pour que tu le gardes pour toi car tu as de grandes charges.  En voyant toutes ces pierres précieuses et ces rubis Omar entra dans une violente colère et il me regarda.  Les larmes lui vinrent aux yeux et plaçant ses deux mains sur sa poitrine il s écria : « Que Dieu cesse de satisfaire les yeux et les entrailles d’Omar si celui ci n est pas satisfait de tant de bienfaits qu’il lui a accordés en ce monde! »

Azfa assistait à cette scène.  Le calife s’adressant à lui lui dit : « Frappe cet homme à la nuque! »

Alors je me précipitai sur le coffret et voulus le fermer.  Mais pendant que j’étais occupé à le fermer Azfa me frappa.

Ensuite je me levai Omar me dit  :  « Va et rapporte le coffret à Salama et dis lui de le partager entre les soldats car ce sont eux qui l’ont conquis et ils y ont plus de droit que personne. Et par Dieu le grand s’il se trouve que l’armée soit déjà dispersée avant que tu arrives je vous punirai toi et Salama de façon à vous constituer en exemple pour le monde entier. »

Je répliquai : « Prince des croyants tu m’ordonnes de hàter mon voyage mais je n’ai pas de chameau ni aucune autre monture.’

Le calife ordonna à Azfa de choisir dans les chameaux de la dîme deux chamelles et de me les remettre puis s’adressant à moi il ajouta : ‘Pars et marche vite ! Quand tu arriveras au camp si tu y trouves quelqu’un plus pauvre que toi même donne lui ces chamelles. »

Je me mis en route et revins auprès de Salama à qui je remis le coffret,  Salama l’envoya à Baçra et l’y vendit pour deux cent mille dirhems et il distribua cette somme entre les soldats.

 

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, laJarîriyya, Musulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe

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