La mort du calife Omar ibn al-Khattab (ra) et avènement d’Uthman ibn Affan (ra) par al-Tabari :

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Epée du calife Omar ibn al-Khatab (radi Allah anhu)

CHAPITRE LXXV MORT d’OMAR  : 

En cette même année vingt troisième de l’hégire Omar fit le pèlerinage de la Mecque.

Il emmena avec lui toutes les femmes du Prophète et paya les dépenses de leur voyage sur le trésor public . Lorsqu’il rentra à Médine vers la fin de l’année il fut assassiné et obtint la mort du martyre de la main d’un esclave de Moghîra fils de Scho’ba nommé Firouz et surnommé Abou Loulou.

Ce Fîrouz était un esclave abyssin et chrétien.

Il exerçait le métier de charpentier Moghîra exigeait de lui une redevance de deux dirhems par jour.

Cet esclave vint un jour trouver Omar qui était en compagnie de quelques personnes et lui dit  : « Prince des croyants Moghîra fils de Scho’ba m’a imposé une redevance trop lourde que je ne puis payer ordonne qu’il la diminue. »

De combien est elle ? demanda Omar .

De deux dirhems par jour .

Que sais tu faire ?  demanda de nouveau le calife .

Je suis répondit l’esclave charpentier peintre graveur et je connais aussi le forgeage.

Omar dit : « Puisque tu sais tant de métiers deux dirhems ne sont pas trop. On me dit que tu prétends pouvoir faire un moulin qui serait mis en mouvement parle vent.

En effet répondit Abou Loul »ou

Fais moi un tel moulin dit de nouveau le calife.

L’ esclave répondit : » Si je reste en vie je te ferai un moulin dont on parlera dans le monde entier de l’orient à l’occident. »

Puis il partit Omar dit : « Cet esclave vient de me faire des menaces de mort « .

-Le lendemain Ka’b al Ahbàr vint trouver le calife et lui dit : « Prince des croyants fais ton testament car il ne te reste que trois jours à vivre. »

-Comment le sais tu  ? demanda Omar,  as tu trouvé dans le Pentateuque le nom d’Omar fils de Khattàb ?

Ka’b répondit  : « Je n’y ai pas trouvé ton nom mais ta description avec celle du Prophète il y est dit que tu seras son vicaire et combien de temps durera ton règne.  Or ton temps finit dans trois jours. »

Omar fut très étonné de ces paroles car il ne sentait en son corps ni douleur ni maladie.

Cette aventure eut lieu au mois de dsou l hiddja de l’an 23 de l’hégire après le retour d’Omar du pèlerinage.

Trois jours après un mercredi,  quatre jours avant la fin du mois de dsou l’hiddja vers l’aurore Omar se rendit à la mosquée pour la prière.

Les compagnons du Prophète étaient tous présents et rangés en files.

Abou Loulou s’était placé au premier rang.

Il avait un couteau abyssin un couteau double dont le manche est au milieu avec un tranchant à chaque bout. Les Abyssins se servent de ces couteaux pour pouvoir frapper dans deux directions vers la droite et vers la gauche.

Il faisait encore sombre lorsque Omar passa devant Abon Loulou qui se précipita sur le calife et le frappa de six coups de couteau à droite et à gauche du corps sur le bras et sur le ventre et un coup au dessous du nombril coup qui fut mortel.  Après avoir accompli cet acte Fîrouz  s’enfuit Omar était tombé par terre.

Il demanda si Abd er-Rahmàn fils d’Auf était présent dans l’ assemblée .

Sur la réponse affirmative des assistants il invita Abd er-Rahmàn à présider la prière.  Puis on le porta dans sa maison

Aussitôt après la prière Abd er Rahmàn vint auprès d’Omar qui lui dit à voix basse :  » O Abd er Rahmàn je veux t’ imposer la charge d’administrer les affaires musulmanes ne t’avise pas de dire que tu n’acceptes pas Abd er-Rahmàn répliqua:  » Prince des croyants je veux t’adresser une question réponds moi en toute sincérité avant que j’accepte .

Que veux tu demanda Omar.

Abd er Ra hmân dit  : « Me conseilles tu d’accepter cette charge ?.’

Non répliqua Omar.

Alors dit Abd er Rahmàn je ne l’accepte pas .

Omar lui dit : ‘Dans ce cas n »en parle à personne je vais faire appeler ceux dont je sais que le Prophète au moment de sa mort était satisfait et je leur imposerai cette charge ils la donneront à celui d’entre eux qu ‘ls voudront. Il fit donc appeler Ali, Othmàn fils d’Affàn,  Zobaïr fils d’Awwàm et Sa’d fils d’Abou Waqqàç . Il fit aussi chercher Talha fils d Obaïdallah que l’on ne trouva pas, il était disait-on allé à la campagne.

Omar s adressant à ces quatre personnes leur parla ainsi : « Le Prophète au moment de quitter ce monde était satisfait de vous il ne faut donc pas que vous soyez privés de cette succession . Délibérez pendant les trois jours qui suivront ma mort avec Talha s ‘il peut être présent sinon à vous quatre pour choisir l’ un d’entre vous à qui vous imposerez la charge du gouvernement et jusqu’à ce que vous soyez tombés d’accord engagez Çohaïb à présider la prière des musulmans . Je recommande à celui qui aura été choisi d’être bienveillant envers les Ançàr, qui sont de la famille du Prophète je lui recommande de traiter avec bonté les Arabes qui sont la force de l’islamisme et de reconnaître les droits qu’ils se sont acquis je lui recommande aussi la bienveillance envers les sectateurs d’autres religions car nous leur avons accordé le contrat de Dieu et du Prophète et ils nous payent tribut « .

Représentation du calife Umar ibn al-Khatab radi Allah anhu  à Jérusalem
Représentation du calife Umar ibn al-Khatab radi Allah anhu à Jérusalem

 

Omar s’adressa ensuite à Alî et lui dit : « Père de Hasan si c’est à toi que ce pouvoir échoit garde toi de faire dominer les Benî Hàschim. »

Il dit à Sa d et à Zobaïr qui tous deux étaient de la tribu de Zohra :  » Si le choix tombe sur l’un de vous ne faites pas dominer les Benî Zohra. »

Puis il se tourna vers Othmàn et lui dit  : « Si c est à toi qu’incombe cette charge ne fais pas dominer les Benî Omayya » .

Après avoir prononcé ces paroles Omar sentit faiblir ses forces il fut hors d’état de parler et il ferma les yeux. Il resta ainsi pendant quelque temps puis il ouvrit les yeux et demanda à son fils Abdallah qui était assis à son chevet par qu il avait été frappé Abdallah lui nomma Abou Lou lou l’esclave de Moghira fils de Schoba.  Alors Omar s écria Loué soit Dieu !  je meurs donc de la main d’un infidèle et non de la main d’un musulman et j’obtiens la mort du martyre! ». Il dit ensuite  : « Abdallah va trouver Aïscha la mère des croyants pour lui demander si elle permet que l’on m’enterre à côté du Prophète car cet endroit est sa propriété. Si elle donne la permission enterre moi là si elle la refuse fais moi enterrer au cimetière des musulmans. »

Après ces paroles ses forces l’abandonnèrent de nouveau et il ferma les yeux.  Il resta quelque temps en cet état puis entendant du bruit au dehors il en demanda la cause.  On lui dit que c’étaient les Mohadjir et les Ancàr qui désiraient le voir .

Omar dit à Abdallah : « Ne laisse pas les hommes à la porte fais les entrer.  »

En conséquence les gens entrèrent un à un et sortirent après l’avoir vu.  Lorsque Omar vit entrer Ka’b al Ahbâr il se rappela ce que celui ci lui avait dit et il récita ces deux vers  : Ka’b m a donné un avertissement de trois jours et tout est arrivé exactement comme il l’avait dit.  Mais je n’ai pas peur de la mort puisqu’il faut que je meure mais j’ai peur du péché qui suit le péché.  »

Omar mourut le même jour d’autres disent qu’il vécut encore trois jours pendant lesquels Çohaïb présidait la prière.  On lui dit :  » Prince des croyants permets que nous amenions un physicien ». Omar répondit  : « Faites ce que vous voudrez ».  On fit donc chercher un physicien des Benî Hàrith nommé Ka’b qui était un homme savant.  Cet homme lui fit boire de l’eau elle sortit par la blessure q’ il avait sous le nombril puis il lui fit boire du lait qui sortit également.  Alors le physicien dit  : « Prince des croyants fais ton testament car ta fin est arrivée ».

Omar répliqua Je l’ai déjà fait.  Quelques uns disent que le calife mourut ce jour même qui fut un mercredi qu on l’enterra immédiatement que les quatre personnes désignées délibérèrent pendant trois jours et que le quatrième jour qui fut le premier moharrem de la nouvelle année la vingt quatrième de l’hégire on prêta serment à Othmàn fils d Affan qui avait été élu.  D’autres prétendent qu’Omar vécut encore le mercredi,  le jeudi, le vendredi et le samedi qu il ne mourut que dans la nuit du dimanche qu’on l’enterra le dimanche qui fut le premier jour du mois de moharrem et que quatre personnes entrèrent le même jour en délibération et que ce conseil dura trois jours pendant lesquels Çohaïb fils de Sinân présida la prière.

Lorsque après avoir procédé à la lotion funéraire on voulut prier sur le corps d’Omar,  Alî et Othmàn s’approchèrent l’un se plaça à sa tête l’autre à ses pieds et ils invitèrent Abd er Rahmàn fils d’Auf à s approcher également pour prier.  Abd er Ra hmàn dit  : « Je ne dois pas le faire ni vous non plus ».

Qui est ce qui doit le faire demandèrent ils . Abd er Ra hmàn dit  : « Çohaïb car Omar a ordonné que Çohaïb préside la prière jusqu’à ce que vous soyez tombés d’accord sur le choix de l’un d’entre vous ».

Ils répondirent : » Tu as raison »

Et il fut ainsi fait .

Le lendemain de l’enterrement d’Omar le lundi deuxième jour du mois de moharrem de l’an 24,  Othmàn fils d’Affàn reçut le serment des musulmans.

Cette formalité ne fut terminée qu à l’heure de la prière de l’après midi et la prière du matin et celle de midi furent encore présidées par Çohaïb.

Othmàn vint remplir les fonctions d’imàm à la prière de l’après midi

 

La deuxième épée du deuxième calife rashidun Umar bin Khattab  radi Allah anhu (591-644) lame à deux tranchants, 97,5 cm de long, lame droite , 850 grammes de poids.
La deuxième épée du deuxième calife rashidun Omar ibn al-Khattab radi Allah anhu (591-644) lame à deux tranchants, 97,5 cm de long, lame droite , 850 grammes de poids.

CHAPITRE LXXVI  Généalogie d’Omar – Sa personne – Durée de son règne . Enumeration de ses femmes et enfants.

Omar était fils de Khattàb,  fils de Nofaïl,  fils d’Abdou l’Ozza,  fils de Riyàh,  fils d’Abdallah,  fils de Qort,  fils de Rizàh , fils d’Adi, fils de Ka’b , fils de Lowayy .

Il portait le surnom d Abou Hafç.  Sa mère s’appelait Khaïthama fille de Hischàm  fils de Moghîra,  fils d ‘bdallah fils d’Amrou fils de Makhzoum .

Omar portait le sobriquet Fàrouq.  Quelques uns disent que c’est le Prophète qui l’avait appelé ainsi selon d’autres ce fut Ka’b al Ahbàr qui avait dit avoir trouvé ce nom dans le Pentateuque et depuis lors ce sobriquet lui était resté parmi les musulmans.

On n est pas d’accord sur l’ extérieur d’Omar . Mo hammed ben Djarîr rapporte une tradition d’après laquelle Omar avait le visage coloré rouge et blanc et une autre tradition qui dit qu il’était foncé.  Mais toutes les traditions sont d’accord en ceci qu’il était de taille élevée.

Quand il marchait avec d’autres,  sa tête son cou et ses épaules dominaient au dessus de la foule comme quelqu’un qui aurait été à cheval. Sa démarche était si vigoureuse que quand il était en mouvement son dos et ses épaules vibraient comme le corps d’un cavalier en marche.

Le devant et le sommet de sa tête étaient chauves .

Sa barbe était blanche il la teignait avec du henna.

Il était ambidextre  c’est à dire,  il se servait indifféremment de la main droite et de la main gauche.

On rapporte que au moment de sa mort il était âgé de cinquante cinq ans d’autres disent de cinquante sept ans d’autres encore disenl qu’il était âgé de soixante et un ans ou d’après une tradition différente de soixante trois ans et qu’ il avait atteint le même nombre d ‘années que le Prophète et Abou Bekr.

La durée de son califat fut d’après une tradition de dix au cinq mois et vingt jours d’ après une autre tradition de dix ans six mois et quatre jours.

Expansion Islamique sous le prophète Muhammad sala allahu alayhi wa salam et le califat Rashidun , par R Roolvink et  Historical Atlas of the Muslim Peoples
Expansion Islamique sous le prophète Muhammad sala allahu alayhi wa salam et le califat Rashidun , par R Roolvink et Historical Atlas of the Muslim Peoples

Omar avait épousé dans le courant de sa vie sept femmes dont trois du temps qu’ il était païen savoir  : Zaïnab fille de Mazh’oun fils de Habib de la tribu de Mads’hidj,  Molaïka Oumm-Kolthoum,  fille de Djarwal et Qoraïba fille d’Abou Omayya de la tribu de Makhzoum.  Il répudia cette dernière qui fut épousée encore du temps du paganisme par Abd er Rahmàn fils d’Abou Bekr .

Quant aux deux autres femmes qui lors de son émigration à Médinc étaient restées à la Mecque son mariage avec elles fut rompu de droit?.

A Médine il épousa quatre femmes savoir  : Oumm Hakîm fille de Hârith fils de Hischàm,  Djamîla fille de Acim fils de Thàbit l’Ançàr de la tribu d Aus,  Oumm Kolthoum fille d’Alî fils d’Abou Tàlib et de Fâtima la fille du Prophète et Atika fille de Zaïd fils d’Amrou fils de Nofaïl .

Cette dernière avait d’abord été mariée à Abdallah fils d’Abou Bekr qui l’avait répudiée Omar l’avait épousée ensuite après la mort d’Omar elle devint la femme de Zobaïr fils d’Awwàm .

Omar avait en outre deux esclaves noires qui lui avaient donné des enfants l’une s appelait Bahiyya et l’autre Foukaïha.

Il avait huit fils savoir  : Abdallah dont la mère était Zaïnab et Obaïdallah dont la mère était Molaïka.

Trois de ses fils portaient le nom d’Abd er Ra hmân.

Abd er Ra hmàn l’aîné qui était né de Zaïnab,  Abd er Rahmân le moyen dont la mère était Bahiyya et Abd er Rahmàn le jeune né de Foukaïha.

Deux autres portaient le nom de Zaïd .

Zaïd l’aîné dont la mère était Oumm Kolthoum et Zaïd le jeune né de Djamîla . Son huitième fils était Acim dont la mère était également Djamîla.

Omar avait quatre filles Hafça de sa femme Zaïnab,  Fàtima d’Oumm Hakîm , Roqayya d’Oumm Kolthoum et Zaïnab de Foukaïha.

Omar avait convoité en outre deux femmes qui l’avaient refusé.  L’une Oumm-Abân fille d’Otba fils de Rabia avait répondu  : « Je ne le veux pas car il est sombre et sévère envers ses femmes et il les tient enfermées. »

L autre femme qui le refusa était Oumm-Koîthoum fille d’Abou Bekr.  Il la fit demander à Àïscha.  Celle ci consentit en disant : «  Où lui trouverais je un époux tel que toi. »  .

Mais la jeune fille pleura et dit qu’elle ne le voulait pas pour mari . Pourquoi lui demanda Aïscha ne veux tu pas pour mari le calife ?

La jeune fille répondit  : « Parce qu il a toujours un air sombre et qu’ il donne à sa famille une nourriture grossière du pain d’orge et de la viande de chameau cuite avec de l’eau et du sel « .

Aïscha embarrassée d’être obligée de signifier un refus à Omar fit appeler Amrou fils d’Al Aç lui raconta ce qui s’était passé et lui dit :  » Cherche à ôter de l’esprit d’Omar l’idée d’épouser cette jeune fille mais qu’il ne sache pas que je t’ai parlé. »

 7) La mosquée al-Hudaibyah (637)  (Arabie Saoudite) .  Elle est est situé sur l'ancienne route reliant vieux Jeddah à La Mecque. Il est actuellement connu sous le nom d'al-Syumaisi. C'est l'endroit où le célèbre «traité Hudaibiyah» a eu lieu entre les musulmans de Médine menées par le Prophète Muhammed (paix et bénéiction d'ALLAH sur lui) et les  Quraishites de la Mecque. Il ya une nouvelle mosquée construite à côté des ruines de l'ancienne mosquée qui fut construite lors du califat d'Omar ibn al-Khattab.
La mosquée al-Hudaibyah (637) (Arabie Saoudite), est situé sur l’ancienne route reliant le  vieux Jeddah à La Mecque., actuellement elle est connu sous le nom d’al-Syumaisi. C’est l’endroit où le célèbre «traité Hudaibiyah»  eu lieu entre les musulmans de Médine menées par le Prophète Muhammad (paix et bénédiction d’ALLAH sur lui) et les Quraishites de la Mecque. Il ya une nouvelle mosquée construite à côté de ses ruines ,  cette mosquée fut construite lors du califat d’Omar ibn al-Khattab (radi ALLAH anhu)

Je m’en charge répondit Amrou fils d’Al-Aç .

Il vint trouver Omar et lui dit :  » J’apprends que tu as demandé en mariage Oumm Kolthoum la fille d’Abou Bekr . Je désapprouve ce projet . »

Pourquoi demanda Omar ne me crois tu pas digne d’ elle ou ne la crois tu pas digne de moi ?

Ce n est ni l’un ni l’autre répliqua Amrou. Mais tu es un homme de mœurs austères et tu fais vivre tes femmes à ta façon.  Or cette jeune fille ayant perdu son père a été élevée par ses sœurs et elle ne pourra pas supporter ton austérité.  Si tu la grondes elle se plaindra devant les gens et l’on te blâmera disant que tu maltraites la fille d’Abou Bekr et que tu oublies les égards dus à son père . Si tu veux une femme de mœurs rigides demande, Oumm Kolthoum la fille d’Alî qui a été élevée par Ali et Fâtima et qui a pris exemple sur leur caractère et leurs mœurs ».

Omar dit  :  » Comment faire j’en ai déjà parlé à Aïscha qui m a donné son consentement « .

J’arrangerai cela répondit Amrou.  Puis il alla rendre compte à Aïscha de sa conversation avec Omar.

Celui ci demanda ensuite à Alî sa fille Oumm Kolthoum Alî qui ne voulait pas la lui refuser lui dit, il  faut un don nuptial de quarante mille dirhems.

Omar envoya cette somme et épousa Oumm Kolthoum Mohammed ben Djarir avait raconté plus haut qu’Omar n’avait embrassé l’islamisme qu’après un grand nombre d’autres personnes.

A présent il dit qu’il devint musulman lorsque quarante ou quarante cinq personnes avaient déjà embrassé l islamisme.

Une Signature considérées comme étant celle du calife Rashidun Umar ibn Al-Khattab (radi ALLAH anhu) , Avant l'année 23 de l'Hégire, 644 JC, à al-Mukarrab près de Najran, Arabie
Une Signature considérées comme étant celle du calife Rashidun Umar ibn Al-Khattab (radi ALLAH anhu) , Avant l’année 23 de l’Hégire, 644 JC, à al-Mukarrab près de Najran, Arabie

CHAPITRE LXXVII VIE D OMAR

On est unanimement d’accord sur ce point que le caractère d’Omar était tel que personne ni avant ni après lui n’a su marcher dans la même voie que lui .

On rapporte de lui la parole suivante :

 » Si sur les bords du Tigre ou sur ceux de l’Euphrate un berger perdait un mouton je craindrais que Dieu ne m’en demandât compte pour ne l’avoir pas gardé . »

Quelqu’un a raconté :  » J’ai vu un jour par une forte chaleur et en plein soleil Omar ayant un mouchoir autour des reins et un morceau de grosse toile sur la tête dans la plaine où se trouvaient les chameaux de la dîme occupé à marquer les chameaux avec de la poix pour les désigner comme appartenant au trésor public.  Je lui dis  : Prince des croyants pourquoi fais tu cela de ta propre main ? Il me répondit Dieu m’a établi leur gardien et si je n’en prends pas soin,  il pourrait m’en demander compte.

Un autre jour on avait amené des chameaux de la dîme.  Il faisait une forte chaleur Alî et Othmân fils d’Affàn qui étaient les secrétaires d’Omar étaient assis auprès de lui .

Alors il leur dit  : »Allons sortons hors de la ville pour écrire le nombre et les couleurs des chameaux. »

Ils sortirent avec lui Omar les fit asseoir à l’ombre et lui même resta debout en plein soleil leur dictant à haute voix ce qu ‘ils devaient écrire Othmàn dit à Alî  : Cet homme n’ est pas incommodé par le soleil et n’ a pas chaud » ! Alî répliqua :  » Il en est comme dit dans le Coran,  la fille de Scho’aïb, «  -Voilà le meilleur serviteur que tu puisses choisir un homme robuste et loyal » (Surate XXVIII vers 26 ) .

Représentation  d'Omar  radi Allah anhu dans la série arabe " Omar"
Représentation d’Omar radi Allah anhu dans la série arabe  » Omar »

Omar disait chaque jour : « Il faudrait que je passasse un an à l’étranger pour bien arranger les affaires des musulmans et pour me soulager de ce fardeau car je sais qu’ il ya dans cet empire un grand nombre de pauvres et de misérables des gens qui ont besoin d’aide et qui ne peuvent pas venir me trouver à Médine . Je devrais passer deux mois en Syrie deux mois en Mésopotamie deux mois en Egypte deux mois dans le Bahraïn,  deux mois à Koufa et deux mois à Baçra pour entendre les requêtes de ceux qui en ont à présenter et pour chercher à les satisfaire si je le peux et quand même je ne le pourrais pas il n’y aurait cependant aucune année de ma vie plus utile et plus agréable à Dieu . »

Quand Omar faisait partir un gouverneur ou un agent il lui remettait son acte de nomination dans lequel étaient comprises ses instructions qui se terminaient par ces mots :  » Si tu n’agis pas conformément à mes ordres je t’abandonne. »

Il adressait en même temps une lettre aux sujets par laquelle il les engageait à obéir à son agent. Mais si,  y était-il,  dit il s’écarte des ordres que je lui ai donnés refusez lui votre obéissance .Enfin il recommandait toujours aux agents de ne porter la main sur personne et de n’enlever à qui que ce fût son bien.

Abd er Rahmàn fils d’Auf a raconté : « Omar avait l’habitude de faire personnellement la patrouille pendant la nuit. Une certaine nuit au moment où je venais de finir la prière du coucher il vint frapper à ma porte.  Je lui dis  : Prince des croyants qu’est il arrivé pour que tu sortes à cette heure? »

ll repondit :  » Une caravane vient d’arriver et est campée aux portes de Médine . Sachant que ces hommes sont tous fatigués et qu’ils dorment je crains qu un voleur n’aille leur dérober quelque chose . Viens pour me tenir compagnie en veillant pour eux . Je me levai et l’accompagnai hors de la ville.  Nous nous assîmes sur le sommet d’une colline et nous veillâmes jusqu’au jour.  Personne n’eut connaissance de ce fait.

Zaïd fils d’Aslam a rapporté le fait suivant qui lui avait été transmis par son père : ‘ Omar avait l’habitude de faire la patrouille pendant la nuit tout seul et si quelqu’un voulait l’accompagner il ne l’empêchait pas de le faire.  Or une certaine nuit raconte Aslam je lui demandai la permission de l’accompagner.  Il consentit et je marchai avec lui toute la nuit.  Vers minuit nous sortîmes de la ville et nous vîmes au loin un feu Omar me dit  : « O Aslam quelqu’un a fait halte à cet endroit là,  allons voir qui c’est. ».  Nous nous approchâmes du feu et nous aperçûmes une femme et deux ou trois petits enfants qui pleuraient . La femme était occupée à mettre le feu sous un pot et disait aux enfants : » Ne pleurez pas dormez jusqu’à ce que le pot soit cuit alors vous mangerez . Que Dieu nous rende justice d’Omar qui cette nuit dort après avoir bien mangé tandis que moi et mes enfants nous souffrons de la faim. »

En entendant ces paroles Omar eut des larmes aux yeux . Il salua de loin la femme qui lui rendit son salut.  Puis il lui demanda s’il était permis d’approcher.

Si vous venez dans de bonnes intentions répondit-elle,  approchez . Alors Omar lui demanda son histoire.  La femme dit :  » Je suis partie de mon pays avec ces enfants pour me rendre à Médine J’ai été obligée de m’arrêter ici nous étions exténués de fatigue et de faim et maintenant la faim nous empêche de dormir moi et les enfants.  »

Mais dit Omar, pourquoi invoques-tu Dieu contre Omar ?

Elle répondit :  » Il a envoyé mon mari à la guerre où il a été tué et je suis restée dans la misère avec mes enfants.’

Qu’y a t-il dans ce pot demanda de nouveau Omar.

Rien qu’un peu d’eau et j’ai allumé le feu pour tranquilliser les enfants espérant les faire dormir jusqu’à demain matin.  Aussitôt Omar s’éloigna en me disant  : « O Aslam vite ! Nous courûmes vers la ville et allâmes à la boutique d’un marchand de farine.  Mais le marchand n y étais pas.  Nous allâmes à sa maison et Omar le réveilla le fit sortir de la maison et acheta de lui un sac de farine.

Nous allâmes ensuite chez le boucher et Omar demanda de la viande.  Je n’en ai pas prince des croyants dit le boucher mais j’ai de la graisse Omar acheta une bourse de graisse. Les gens du boucher lui dirent : »Prince des croyants nous allons la porter ».  Non allez !  leur dit-il j’ai quelqu un avec moi.

Alors continue, Aslam dans son récit :  je ne doutai point,  il ne me dit de porter la charge . Mais lorsque les gens furent partis il prit le sac de farine sur ses épaules et me dit placer la bourse de graisse par dessus.  Je dis :  « Prince des laisse moi porter cela ».

Il répliqua :  « 0 Aslam si tu cette charge qui portera la charge de mes péchés . Et qui prendra sur lui l’effet de la prière de cette femme ?  »

Et Omar pleura si fort que je craignais de le voir tomber en défaillance.  Puis nous courûmes en toute hâte vers la femme et Omar déposa sa charge.  La femme dit  : « Que Dieu te récompense.  Tu es plus digne d’être le gardien des pauvres qu ‘Omar.  »

"Le conquérant du Monde, Umar ibn al-Khattab"
« Le conquérant du Monde, Umar ibn al-Khattab »

Omar de sa main prit un peu de graisse et la mit le pot.  Il engagea la femme à faire de la pâte puis il dit d’aller chercher du bois. Lorsque je rapportai le bois que j’ avais recueilli,  voilà que,  par le Dieu puissant !  je vis Omar la barbe par terre soufflant le feu sous le pot. La femme mit la pâte qu’elle avait préparée dans une assiette dans l’eau par petits morceaux et lorsqu’elle fut cuite avec l’eau et la graisse Omar la mit dans l’assiette fit asseoir la femme et les enfants et dit :  « Maintenant toi et tes enfants mangez et rassasiez vous . Rends grâces à Dieu et prie pour Omar qui ne connaissait pas votre situation. »

Ensuite il rentra dans la ville.  Le même Aslam a raconté  : Lorsque Omar faisait partir un gouverneur,  il lui disait  : « Que tout ce que tu dépenseras pour tes besoins personnels soit payé de tes propres ressources.  Ne touche pas au trésor public.  N’aie pas de portier dans ta maison pour que les suppliants ne soient pas empêchés d’approcher et ne t’expose ni à la colère ni au châtiment de Dieu . Songe au jour où tu seras toi même dans le besoin et dans la misère et où tu n auras pas d’autre protecteur que Dieu. »

Omar fut le premier qu’on appela du titre d’Emir des croyants (al-Amir al-Muminin),  Abou Bekr était toujours appelé Vicaire de l’apôtre de Dieu.

Mais Omar dit : «  Ce titre de Vicaire de l’apôtre de Dieu  est trop long à prononcer et à écrire.  Vous êtes les croyants et je suis votre émir appelez moi émir des croyants.  Appelez moi Omar ou fils de Khattâb car je suis toujours Omar le fils de Khattâb comme je l’étais auparavant. »

L’une des institutions louables établies par Omar fut celle de la prière dite de teràwfh au mois de ramadhàn .

Il adressa lettres à toutes les villes des possessions musulmanes pour  prescrire cette prière et dans chaque bourg on éleva une mosquée et une chaire.

Une autre bonne institution établie par Omar fut celle de l’impôt foncier que chacun devait acquitter de ses terres en proportion de leur rendement.

Il Etablit aussi les bureaux de distribution et fit inscrire sur des registres les noms des différentes personnes suivant leur droit.

Cette institution était en vigueur dans le royaume des Chosroès et inconnue aux Arabes.  Lorsque Omar voulut l’établir il fit venir les plus savants généalogistes arabes tels que Aqîl fils d ‘Abou Tàlib,  Makhrama fils de Naufal et Djohaïr fils de Moutim et leur ordonna de rédiger un registre sur lequel chacun serait inscrit dans l’ordre de sa parenté .

Ces hommes mirent en tête de ces listes les membres de la famille de Hâschim qui était celle du Prophète.

Mohammed Ben Djarîr rapporte une tradition transmise par Schafà fille d’Abdallah fils d’Omar,  tradition qui est transmise aussi au nom d’Aïscha.

La version de cette dernière est plus exacte :  Un jour Àïscha vit un homme qui marchait très lentement la tête baissée n’adressant la parole à personne,  Aïscha demanda quel était cet homme ?  On lui répondit que c était un nàsik (c est à dire un homme vertueux).

Alors Aïscha dit : « Que la miséricorde de Dieu soit avec Omar car celui-ci était un homme vertueux et cependant quand il parlait il parlait à haute voix quand il marchait il marchait vite quand il donnait à manger,  il rassasiait et quand il frappait,  il frappait douloureusement . »

Aslam qui était le trésorier du trésor public interrogé un jour si Omar n’avait jamais rien pris indûment dans le trésor répondit  :« Jamais !  Seulement quand il n’avait pas de quoi subvenir à ses dépenses et aux besoins de sa famille,  il empruntait au trésor ce qui lui était nécessaire et lorsqu’on lui apportait sa pension il le restituait.  »

Hind la mère de Moàwiya gouverneur de Syrie faisait chaque année le voyage de la Mecque en Syrie,  Moâwiya lui donnait chaque fois cent dinàrs somme avec laquelle elle faisait le commerce à la Mecque.  Or une certaine année Hind vint trouver Omar et lui demanda un prêt de quatre mille dirhems du trésor public;  Omar les lui donna et Hind se rendit en Syrie et y fit le commerce. »

Puis elle vint auprès de Moàwiya qui lui donna les cent dînàrs Hind lui dit : « Il faut que tu me donnes plus cette année-ci car j’ai une dette à payer ».

Moàwiya dit : « Si Omar sait que tu as cent dînàrs il te les prendra ».

Un jour Omar dit dans un sermon  :« Musulmans du temps du Prophète il y avait la révélation et le secret de chacun était connu du Prophète.  Aujourd’hui que la révélation n existe plus je vois bien vos actions publiques mais vos actions secrètes ne sont connues que de Dieu.  Quant à moi je fais mes efforts pour qu’aucune injustice ne soit commise envers les musulmans ni par moi ni par mes agents pour ne point m’approprier la moindre partie de votre fortune ou vous faire tort de la moindre chose et pour ne point donner illégalement ne fut ce qu’un dirhem. Et malgré ces efforts pour être juste Dieu veuille que j’aie fait en ce monde ce que je devais faire.  »

Dans un autre sermon il dit : Rappelez vous les bienfaits que vous avez reçus de Dieu et que chacun soit content de sa situation car Dieu, a dit dans le Coran  :  « Rappelez vous que vous étiez peu nombreux et faibles » etc (Surate VIII vers 26). Il n y a aucun d’entre vous,  quelque modeste que soit sa position actuelle qui auparavant n’ait été dans une position plus modeste.  Il faut donc que vous vous souveniez de votre situation antérieure pour rendre grâces à Dieu de votre situation actuelle.

C’est ainsi qu’Omar exhortait le peuple jour et nuit,  Abdallah fils d’Abbàs a raconté  : « Un jour j’accompagnai Omar au pèlerinage.  Au retour lorsque nous passâmes dans les montagnes du voisinage de la Mecque là où Omar avait autrefois fait paitre les chameaux de son père Khattàb,  il arrêta sa monture regarda les montagnes et dit  : C’est ici que j’ai gardé les chameaux de mon père. Mon père était un homme sévère qui me faisait travailler beaucoup et j’avais beaucoup de peine et si je n’accomplissais pas ce qu il m’avait commandé il me battait.  Aujourd’hui je suis arrivé à la position d’intermédiaire entre Dieu et ses serviteurs et personne n’est mon égal .  »

Une certaine année Omar envoya Otba fils d’Abou Sofyân pour amener les dîmes des Benî Kinàna.  Lorsque Otba revint de sa mission Omar alla à sa rencontre pour voir ceux qui avaient amené les dimes.  Il trouva Otba porteur d’une grande quantité d’argent et il lui demanda d’où il tenait cet argent.

Otba répondit qu il l’avait emporté de Médine,  Omar répliqua : « Si tu avais eu tant d’argent tu ne te serais pas chargé de cette mission.  Tu t’es laissé corrompre par des dons c’est ainsi que tu as amassé cette somme. »

Et il la lui enleva et la mit dans le trésor . Plus tard lorsque Othmàn fut calife et qu’il favorisa les Benî Omayya il dit à Abou Sofyàn héritier légal d’Otba qui était mort  : « Veux tu que je te rende l’argent qu’Omar a enlevé à ton fils ? »

Abou Sofyàn répondit  : « Non car si tu me le rends ton successeur pourra me le reprendre et je ne veux pas toujours le recevoir et le rendre.  Je préfère pour moi que la chose reste comme elle est « .

Abdallah fils d’Abbàs a raconté : « J’étais en voyage et ne connaissais pas le chemin.  Alors je marchai à côté d’Omar.  Celui ci se mit à réciter les vers qu’on avait chantés à Médine en l’honneur du Prophète.  Vers l’aurore il me dit : Fils d’Abbàs récite une surate du Coran.

Laquelle veux tu lui demandai-je  ?

Il répondit : « La surate Al Wàqf a car celui qui récite cette surate a les parois de son coeur  touchées par le feu.  »

Le même Abdallah fils d’Abbàs a raconté : « J étais un jour avec Omar.  Il parlait de poésie et d’histoire.  Alors il me dit : Le poete que je préfère à tous est Zohaïr fils d’Abou-Salma.  Te rappelles tu quelque chose de ses poésies ?

Je me souvenais de quelques vers que je récitai.

Omar dit  : Cela est très beau mais il en a fait de plus beaux.  »

Mohammed Ben Jarir n’a pas rapporté ces vers dans son livre.  On raconte qu un jour Omar étant venu au marché les pauvres se pressèrent autour de lui.  Alors il toucha Yàser fils de Salama du bout de son fouet en disant  : « Écarte toi ».

Un an après cet homme lui demanda l’autorisation de faire le pèlerinage.  Omar la lui accorda.  Puis il lui porta soixante dirhems dans sa maison et lui dit : « Prends cet argent pour les frais du voyage car tel jour sur le marché je t’ai frappé au côté avec mon fouet.  Maintenant pardonne moi la douleur que je t’ai causée.  »

Yàser répliqua : « Prince des croyants,  je n’en ai pas souvenir. »

Moi je m’en souviens répliqua Omar et voilà la réparation à laquelle tu as droit.

Les beaux traits de la vie d’Omar sont très nombreux.  Il serait trop long de les rapporter tous.

Mais ce que dit dans son livre Amrou fils de Bahr al Djà’hizh est plus beau que tous ces récits : Il ne faut pas dit cet auteur louer Omar pour sa justice et son désintéressement car il ya eu des souverains justes avant lui qui se sont abstenus de toucher au trésor public et il y en aura après lui.  Mais ce qui est admirable dans le caractère d’Omar c est que lorsqu’il fut arrivé au califat il ne changea absolument rien à ses habitudes antérieures et il est fameux pour sa frugalité et la simplicité dans ses vêtements. Il a occupé le pouvoir pendant plus de dix ans et chaque jour il voyait partir une expédition et arriver la nouvelle d’une victoire chaque jour il y avait un événement heureux . On apportait constamment des richesses.  Il conquit le monde abaissa tous les souverains fonda des villes telles que Bacra et Koufa et régla les affaires administratives et d’impôt.  Ses armées pénétrèrent à l ‘est jusqu’aux bords du Djihoun au nord jusqu à l’Aderbîdjàn,  le Derbend des khazars et la digue de Yàdjoudj et Màdjoudj au sud jusqu aux pays de Sind et de Hind,  l’Omàn le Bahraïn,  le Mokràn et le Kirmàn à l’ouest jusqu aux frontières du pays de Roum.  Les babitants de tous ces pays devinrent ses sujets et furent sous son obéissance.  Et malgré toute cette puissance Omar ne changea pas la moindre chose dans sa manière de vivre de manger de dormir de s’habiller ou de parler.

Les poètes ont composé beaucoup de pièces de vers en l’honneur d’Omar .

Mohamed ben Djarîr n’en a pas rapporté dans ce livre.  On dit que le jour où Omar fut enterré on entendit une voix dans l’air réciter les vers suivants :  « Me voilà à votre  service, o vous qui pleurez sur l’Islam. Le monde est perdu, perdus ses biens, il l’a précédé dans son déclins, celui qui a cru en la promesse de Dieu » 

L'élection d'Uthman (radi ALLAH anhu) au califat a Médine  iré du Tarikhnama  Bal’ami ver  992-997
L’élection d’Uthman  ibn affan (radi ALLAH anhu) au califat a Médine (tiré du Tarikhnama Bal’ami ver 992-997)

CHAPITRE LXXVlII CONSEIL D ÉLECTION NOMINATION D’Othman fils d’Affan

Au moment où Omar venait d’être blessé il se préoccupa aussitôt de la chose publique et du sort de l’empire musulman.

Il fit appeler cinq personnes savoir :  Alî fils d’Abou Tàlib; Othmàn fils d’Affàn;  Abd er Rahmàn fils d’Auf;  Zobaiir fils d’Awwàm et Sa’d fils d Abou Waqqàç,  il fil chercher aussi Talha fils d’Obaïdallah mais on ne le trouva pas et il leur parla ainsi  : « C’est à l’un de vous que le pouvoir doit appartenir car le Prophète était satisfait de vous au moment de sa mort. Faites rechercher Talha pendant trois jours s’il ne peut être trouvé le quatrième jour choisissez l’un de vous cinq. »

Ils répondirent : «  Prince des croyants ce sera une affaire impossible. Désigne toi même une personne pour calife, comme tu as été désigné toi même par Abou Bekr. »

Omar répliqua : « Qui nommerai-je ? Si Abou Obaïda fils de Djarràh vivait encore je le nommerais car j’ai entendu dire au Prophète  (Abou Obaïda est un homme loyal.) Et si Sàlim était encore vivant je le nommerais car j’ai entendu dire au Prophète (Sàlim est un homme qui aime Dieu et qui en est aimé.)  »

L’un des cinq dit alors :  » Prince des croyants nomme ton fils Abdallah » .

Omar l’apostropha en ces termes :  » Que Dieu te fasse périr.  Par Dieu ce que tu viens de dire tu ne l’as dit ni en vue de Dieu ni dans l’intérêt des musulmans.  Comment puis je donner le califat à un homme qui n’ose même pas répudier sa femme.  C est vous les six personnes que j’ai désignées comme membres du conseil qui devez nommer l’un d entre vous.  »

Ils répliquèrent : « Prince des croyants il faut que Saîd fils de Zaïd, fils d’Amr fils de Nofaïl y soit compris (Said était de la tribu des Benî Adî et de la parenté d’Omar)« 

Non,  dit Omar,  « il suffit qu’un seul des Benî Adî aille devant Dieu (rendre compte de l’exercice du pouvoir).  Vous pensez que j’ai fait le bien et évité le mal et que je paraîtrai devant Dieu (sans crainte). Cependant je ne suis pas rassuré sur mes actions et si je me trouve sans péché j’aurai été un homme fortuné.  Maintenant,  si je me désignais un successeur j’agirais comme celui qui a été avant moi et meilleur que moi, et si je n’en désigne pas je fais comme le meilleur des hommes le Prophète.  C’est vous que j’en charge nommez l’un d’entre vous car vous êtes ce que je vais vous dire :  » Ali et Olhmàn sont de la famille d’Abd Manàf l’un par Hàschim l’autre par Omayya,  Abd er Rahman fils d’Auf et Sa’d fils d’Abou Waqqàç sont de la famille de Zohra et oncles du Prophète,  Zobaïr fils d’Awwàm est le cousin du Prophète,  il est fils de Çafiyya fille d’Abdou’l-Mottalib, Talha fils d’Obaïdallah est celui que le Prophète a appelé « Talha l’homme de bien ».  Je ne connais pas sur la terre d’hommes plus dignes que vous.  Délibérez donc et agissez dans l’intérêt des musulmans.  Evitez la discorde et cherchez l’union afin que la paix soit dans le peuple.  Ne dépassez pas la limite de trois jours pour prendre une décision.  Alî,  si votre choix tombe sur lui est un homme d’un bon caractère qui guidera le peuple dans la voie de la justice.  Othmàn,  si c’est lui que vous nommez est un homme doux réservé et de mœurs pures.  Sa’d,  sera digne du pouvoir si vous le lui donnez et si vous nommez un autre que lui recommandez à cet élu de consulter Sa’d en toute affaire car quel qu’il soit les conseils de Sa’d lui seront nécessaires . Si j’ai enlevé à Sa’d le gouvernement de Koufa ce n’était pas pour cause de déloyauté . Si vous nommez Abd er Rahmàn sachez qu’il n y a pas d’homme plus vertueux que lui ni plus sage et quiconque exercera le pouvoir ne pourra se dispenser d’avoir recours au conseil d’Abd er Ra hmàn . Enfin j’ai l’espoir que Talha ne s’opposera pas à ce que vous aurez décidé.  »

Sa’d dit : « Quant à Talha je me porte garant de son acquiescement. »

Ensuite Omar fit appeler Abou Talha l’Ancàr et lui dit : « Je te charge de garder ces hommes avec cinquante Ançàr.  Quand on m’aura enterré tu les feras réunir dans la maison d’Aïscha dans la partie où est le trésor public et lorsqu’ils seront réunis tu ne laisseras personne pénétrer jusqu à eux. Tu ne les laisseras pas délibérer plus de trois jours,  il faut que le quatrième jour ils aient proclamé quelqu’un car le monde ne doit pas rester plus de trois jours sans chef religieux . Lorsque cinq d’entre eux seront d’accord sur un choix et que le sixième dissident ne voudra pas se soumettre tu le tueras s’il ya deux dissidents contre les quatre autres qui seraient d’accord tu tueras les deux dissidents et s’il ya trois voix contre trois vous proclamerez celui qui aura la voix d’Abd er Rahmàn fils d’Auf . »

Puis Omar dit à son fils Abdallah  : « Je te nomme membre du conseil d’élection sans cependant que tu puisses prétendre au califat » .

Il fit ensuite appeler Miqdàd fils d’Aswad et lui dit  : « Je te charge en même temps qu’Abou Talha de surveiller les membres du conseil.  Vous les réunirez après ma mort et vous ne laisserez pas se prolonger les débats plus de trois jours . »

Enfin il fit appeler Çohaïb et lui commanda de présider la prière publique pendant ces trois jours.  Lorsque Omar fit appeler auprès de lui les personnes que nous avons dites;  Alî parla à Abbâs fils d’Abdou’l-Mottalib de l’invitation qu’il venait de recevoir.  Abbàs lui dit  : »N’y va pas ».

Pourquoi demanda Alî  ? Parce que répondit Abbàs   : « Omar ne donnera pas le pouvoir aux Benî Hàschim. Il te convoque avec les autres pour nommer l’un d’eux et pour pouvoir dire que tu as été présent à cette nomination.  Mais si tu n’assistes pas à cette réunion au moins pourrons nous dire qu’il n’y avait pas de représentant des Benî Hàschim  »

Ali répliqua  : »Mon oncle je ne peux pas me séparer des autres compagnons. »  Mais il pensait qu’Omar lui donnerait le pouvoir.  Lorsqu’il rentra chez lui Abbâs vint le trouver et lui demanda ce qu’ils avaient décidé.  Alî répondit  : « Cet homme vient d’enlever le pouvoir aux Benî Hàschim. »  Comment cela s’est il passé ?  demanda Abbàs.  Ali dit : « Il a mis en avant des gens qui sont liés entre eux et qui ne nous abandonneront pas le pouvoir.  Sa’d et Abd er Rahmàn sont de la même famille.  Sa’d ne se prononcera pas contre Abd er Rahmàn ni Zobaïr contre eux deux.  C’est donc Abd er Rahmàn qu’ils nommeront. » Abbàs dit : « Mon fils je te l’avais bien dit . Chaque fois que je t’ai poussé en avant tu as reculé. Lorsque le Prophète quitta ce monde je t’avais dit de lui demander de désigner son successeur pour éviter la discorde tu ne l’as pas fait.  Et lorsqu’après la mort du Prophète je t’ai conseillé de faire des démarches tu ne l’as pas fait non plus de sorte que les autres réunis dans le vestibule des Benî Sài’da ont décidé ce qu’ils ont voulu. Et aujourd’hui quand je t’ai dit de ne pas aller chez Omar tu ne m’as pas écouté.  Maintenant fais ce que tu voudras . Ceux qui sont avec toi dans le conseil ne te laisseront pas obtenir le pouvoir qui sera perdu pour toi à jamais. »

Après l’enterrement d’Omar,  Miqdàd fils d’Aswad convoqua les membres du conseil dans la maison d’Aïscha.  On chercha aussi Talha mais il n’était pas encore de retour.  Abdallah fils d’Omar faisait partie du conseil.

On fit venir Abou Talha avec les Ançàr pour garder la porte et pour ne laisser entrer personne Miqdàd qui avec Abou Talha garda la porte a raconté plus tard :  » Il s’était passé un certain temps lorsqu’il s éleva un grand tumulte à l’intérieur. Je croyais qu’ils étaient tombés d’accord sur le choix de l’un d entre eux. Mais quand j’entrai je les trouvai se disputant entre eux chacun proclamant ses titres et ses prétentions.  On n’arriva à aucun accord ce jour là et chacun rentra chez soi.  Le lendemain ils se réunirent de nouveau et se séparèrent le soir sans avoir pris aucune décision. Le troisième jour Miqdàd après les avoir amenés leur dit en affirmant ses paroles par un serment :  – Si aujourd’hui vous n’arrivez pas à un résultat je ne vous laisserai pas rentrer chez vous ! Alors ils prirent séance et discutèrent longtemps Abd er-Rahmàn dit enfin   : – L’affaire traîne en longueur et nous n’arrivons pas à un résultat car chacun ne fait valoir que ses propres prétentions.

Qui d’entre vous veut se désintéressé dans la question  et renoncer au pouvoir pour que nous lui abandonnions la décision ? Personne ne répondit,  Abd er Ra hmàn reprit : Je vais vous rendre la chose facile.  Si je m’engage par serment à renoncer au pouvoir me promettez-vous d’accepter mon arbitrage ?  Nous l’acceptons répondirent-ils .

Alors Abd er Rahmàn prit l’engagement par serment de renoncer pour sa personne à être nommé et de prononcer pour les autres;  puis chacun en particulier dut s’engager envers lui à accepter sa décision.  Lorsqu’il vint à Alî pour recevoir son engagement,  Ali dit  : A la condition que tu ne chercheras pas à favoriser ceux de ta famille.  Abd er Ra hmàn qui était de la tribu d Othmàn répondit : « Si j avais voulu favoriser quelqu’un ca aurait été moi même.

Ensuite il se retira dans coin de l’appartement,  appela l’un après l’autre les prétendants et leur parla à chacun en particulier.  Ayant d’abord pris à part Ali il lui dit  : Tu dis que tu es le chef de la famille de Hàschim le cousin et le gendre du Prophète et que tu as plus de droits au pouvoir qu’un autre.  Tu as raison c est la vérité.  Mais si tu ne l’obtenais pas lequel des trois autres accepterais tu ?

Othmàn répondit Alî .

Abd er Ra hmàn le renvoya ensuite à sa place appela Othmàn et lui parla en ces termes  : Tu dis que tu es le doyen des Benî Abd Manàf le cousin et le gendre du Prophète et que tu as plus de droits au pouvoir qu’un autre . Mais si tu ne l’obtenais pas lequel des trois autres accepterais tu  ?

Ali répondit Othmàn.

Abd er Rahmàn le renvoya à sa place,  appela Zobaïr et lui parla comme aux deux autres,  Zobaïr se déclara pour Othmàn et Sa’d,  après lui pour Alî.

Alors Abd er Rahmàn s’adressant à tous dit  : Je vois qu’il ne s’agit plus que d’Othmàn et d’Ali. Laissez moi cette nuit pour réfléchir demain nous proclamerons l’un d’eux.

On se sépara ensuite. Mais avant la tombée de la nuit Alî vit Sa’d fils d Abou Waqqàç et lui dit :  » Tu connais mes dispositions.  Si tu veux le califat toi même je voterai pour toi mais si tu y renonces ne vote pas pour Othmàn car tu sais que j’ai de plus grands titres que lui,  tu sais aussi qu’Abd er Rahmàn incline vers lui,  il faut donc que tu inclines vers moi »

Sa’d le lui promit. Zobaïr à qui il parla ensuite lui fit la même promesse.  Les chefs de toutes les tribus où la nouvelle de la mort d’Omar était parvenue étaient arrivés à Médine pour voir qui serait nommé calife. Abd er Rahmàn alla les trouver chacun en particulier et leur dit :  » Les débats s’étant prolongés j’ai retiré ma candidature et j’ai amené Sa’d et Zobaïr à faire de même.  La question est maintenant entre Alî et Othmàn.  Lequel des deux voulez vous ?  »

La plupart se déclarèrent pour Othmàn.  Abd er Rahmàn lui même penchait pour ce dernier.  Parmi les chefs qu’Abd er Rahman avait interrogés étaient Abou Sofyàn et Amrou fils d’Al Ac.

Pendant la nuit Abou Sofyàn se rendit auprès d’Amrou et lui dit  : « Abd er Rahmàn est venu me trouver et m’a demandé qui je voulais pour calife . J’ai répondu que je voulais Othmàn » .

Amrou dit  : « Il est venu aussi chez moi et moi aussi je me suis prononcé pour Othmàn ».

Abou Sofyàn reprit : « Que faire alors Othmàn est un homme doux et je crains qu’il ne perde l’affaire et qu Alî ne l’emporte sur lui par sa détermination . »

Amrou répliqua :  » Ne t’inquiète pas de cela je verrai cette nuit l’un et l’autre et je ferai en sorte qu’Othman soit nommé ».

Il se rendit donc auprès d’Alî et lui parla ainsi  :  » Tu connais mon ancienne amitié et mon affection pour toi. Toi et Othmàn vous êtes maintenant seuls en présence. Les  chefs qu’Abd er Rahmàn a vus cette nuit se sont déclarés soit pour toi soit pour Othmàn.  Maintenant si tu veux le conseil que je vais te donner tu l’emporteras « .

Alî dit  : »Je ferai ce que tu me conseilleras ».

Amrou reprit  : »Abd er Rahmàn est un homme d’une parfaite probité.  Demain il t’appellera et te demandera si tu acceptes le pouvoir promettant de suivre la loi de Dieu et de son prophète et voie des deux califes antérieurs.  Si tu réponds affirmativement et qu’il te voie avide de saisir le pouvoir il ne voudra pas de toi.  Ne fais pas une réponse catégorique . Dis que ne peux pas t’engager à réaliser ces conditions mais que feras tous tes efforts pour les exécuter ».

Que Dieu te récompense !  s écria Alî  »  C’est ainsi que je dirai’ .

Amrou se rendit ensuite chez Othmàn et lui dit  : « Si tu veux suivre mon conseil tu seras nommé demain sinon Alî triomphera de toi. »

 » Je suivrai ton conseil répondit Othmàn parle.

Amrou dit  : « Abd er Rahmàn est un homme droit et sans dissimulation.  Lorsque demain il t’exposera les devoirs du souverain n’hésite pas à accepter les conditions qu’il te posera.  »

Le lendemain Abd er Rahmàn fit appeler Zobaïr et Sa’d et leur dit : « Cette affaire traîne en longueur Alî et Othman restent en présence.  Il faut que vous renonciez en faveur d’une seule personne ».  Zobaïr dit : Je renonce en faveur d’Alî » .

Sa’d à son tour dit  : « Moi aussi je renonce en faveur d’Alî et je renonce seulement à la condition que tu nommeras Alî non Othmàn .  »

C est bien répliqua Abd er Rahmàn.  Il se rendit ensuite dans la mosquée et l’on commença la prière.  Tous les Mohàdjir et Ançàr et le peuple étaient présents/  Alors Abd er Rahmàn monta en chaire et après avoir payé un tribut de louanges à Dieu et de souvenirs au Prophète il parla de la vie d’Abou Bekr.  Puis parlant d’Omar il dit  : Omar n’a pas voulu prendre sur lui de se nommer un successeur.  Il a abandonné ce soin à un conseil de cinq hommes qui devaient choisir l’un d’entre eux.  Or le choix est maintenant réduit à deux lequel des deux voulez vous Alî ou Othmàn ?

Ammàr fils de Yàsir prit la parole et dit :  » Si tu veux qu’ il n y ait pas de discorde proclame Alî .  »

Miqdàd dit ;  » Ammàr a raison.  Si tu proclames Ali il n y aura pas de discorde » .

Abdallah fils de Sa’d fils d’Abou Sarh qui était le frère de lait d Othmàn et qui avait été autrefois secrétaire du Prophète qui ensuite avait apostasié et que le Prophète le jour de la prise de la Mecque avait voulu faire mettre à mort mais qu ‘il avait gracié sur la demande d’Othmàn ce même Abdallah qui avait de nouveau embrassé l’islamisme se leva au milieu du peuple et dit à Abd er Ra hmân :  » Si tu veux qu il n y ait point de discorde proclame Othmàn » .

Ammàr l’apostropha sévèrement en ces termes :  » Toi apostat de quel droit parles tu ici !  Comment oses tu te mêler des affaires musulmanes  ?  »

Un homme des Benî Makhzoum injuria à son tour Ammàr . Alors tous les Benî Hàschim présents dans l’assemblée insultèrent cet homme de la tribu de Makhzoum et tous les Benî Makhzoum.

Il s’ensuivit un grand tumulte,  Sa’d fils d’Abou Waqqàç se leva et dit à Abd er Rahmàn :  »  Termine l’affaire avant qu’ il s élève une lutte ! »

Abd er Rahmàn dit  :  » Musulmans,  faites silence,  afin que je fasse connaitre la décision que ‘ ai cru devoir prendre .  »

Le silence s’étant rétabli Abd er Ra hmàn invita Ali à s approcher.  Alî se leva et vint auprès d’Abd er Rahmàn.  Celui ci prit la main droite d’Alî dans sa main gauche et tint sa main droite levée de façon à la placer dans la main droite d’Alî pour lui prêter serment et dans cette attitude il lui dit :  » Prends tu l’engagement en face de Dieu de diriger l’État musulman d’après le livre de Dieu la tradition du Prophète et l’exemple des deux califes antérieurs ?  » 

Alî se souvenant du conseil qui lui avait été donné la veille par Amrou fils d’Al-Aç répondit  : « Ce sera difficile car qui connaît tout ce que prescrit le livre de Dieu et toute la tradition du Prophète ? Cependant je ferai tous mes efforts dans la mesure de mon savoir pour les suivre et je demanderai l’aide de Dieu .  »

Abd er Rahmàn lâcha la main d’Alî et dit  : « Je ne veux pas de cette hésitation ».   Puis il appela Othmàn,  Othmàn s approcha rapidement Abd er Rahmàn tenant sa main droite levée comme auparavant lui proposa le même engagement qu’à Alî . Othmàn dit aussitôt  : « Je l’accepte. »

Abd er Ra hmàn mit sa main droite dans la main droite d’ Othmàn et lui dit : « Que Dieu te bénisse lui qui t’a fait accepter »

Le peuple vint ensuite lui prêter le serment,  Alî s’écria :  » Vous m avez trompé et bien trompé !  Puis il s’éloigna Abd er Rahmàn lui dit  : Où vas tu ô Alî ?  Ne prêteras tu pas le serment  ? N’est il pas dit dans le Coran :  Celui qui se révolte se révolte contre lui même? (Surate XLVIII vers 10)  N’as tu pas pris l’engagement de te soumettre à ma décision ? Et Omar n’a t il pas dit : Tuez celui qui ne se soumettra pas à la décision d’Abd er Rahmàn ?  En entendant ces paroles Alî revint mit sa main dans celle d Othmàn et lui prêta serment . Puis il rentra chez lui . Ensuite tout le peuple prêta serment à Othmàn

Ancienne représentation du calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu
Ancienne représentation du calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu

 CHAPITRE LXXIX JUGEMENT D OTHMÀN DANS L AFFAIRE D’OBAÏDALLAH FILS D’OMAR

Le lendemain de son élection Othmân se rendit dans la mosquée et le peuple s’assembla Son premier acte fut de faire comparaître devant lui Obaïdallah fils aîné d’Omar .

Hormouzan le prince de l Ahwàz,  qui avait été transporté à Médine où il avait embrassé l’ islamisme passait son temps dans la société de chrétiens et de juifs car sa foi n’était pas encore sincère.  Or Fîrouz le chrétien qui avait assassiné Omar était lié avec Hormouzàn de même qu’un autre chrétien nommé Hafniya,  que Sa’d fils d’Abou Waqqâç avait amené avec lui de Hîra et qu’ il gardait dans sa maison.

Ces trois hommes étaient souvent ensemble Abd er Ra hmàn fils d’Abou Bekr était l’ami d’Obaïdallah.

Trois jours avant l’assassinat d’Omar Abd er Rahmàn causant avec Obaïdallah lui dit  :  » J’ai vu aujourdhui un poignard qui a le manche au milieu.

–  Où l’as tu vu  ? demanda Obaïdallah .

Je passais répondit Abd er Ra hmân devant la porte d’Hormouzàn qui y était assis en compagnie de Fîrouz le chrétien,  l’esclave de Moghîra fils de Scho’ba et de cet autre chrétien qui est dans la maison de Sa’d fils d’Abou Waqqàç . Il étaient à causer entre eux et lorsque je vins à passer ils se levèrent alors ce couteau tomba de la ceinture de Fîrouz.

Obaïdallah dit :  » C’est un poignard comme ils en ont en Abyssinie . Or Fîrouz après avoir frappé Omar avec son poignard abyssin s’était échappé de la mosquée . Un homme de la tribu de Temîm l’arrêta et le tua avec le même poignard qui avait servi à frapper Omar et le porta ensuite à Obaïdallah. Celui-ci prit le poignard et dit  :   » Je suis certain que Fîrouz n a pas agi de son propre mouvement et par Dieu si le prince des croyants succombe à ses blessures je tuerai les gens qui sont ses complices »  Après qu’ Omar fut mort Obaïdallah en revenant de l’enterrement alla dans la maison d’Hormouzân et le tua.  Il courut ensuite chez Sa’d fils d’Abou Waqqâç et tua Hafniya.

Sa’d sortit et lui dit  : Pourquoi as tu tué mon protégé  ?

Obaïdallah répliqua :  « Tu exhales l’odeur du sang du prince des croyants   ? Tu vas être tué toi même ! » 

Sa’d en présence de cette menace saisit Obaïdallah par ses longs cheveux qui lui tombaient sur les épaules le jeta par terre et lui enleva son sabre . Puis il le fit garder dans sa maison par ses serviteurs jusqu’à ce qu il y eût un calife qui pût prononcer sa punition. Othmân après avoir pris le gouvernement eut pour premier soin de faire comparaître Obaïdallah. Les compagnons du Prophète s’étant réunis il leur demanda leur avis , Alî dit : « Il faut le faire mettre à mort pour qu il expie le meurtre d’Hormouzân qui était musulman et qu’il a tué sans motif. Hormouzàn était le protégé d’Abbàs.  Le jour où il avait embrassé l’islam il voulut faire profession de foi entre les mains d’un membre de la famille du Prophète et il avait choisi Abbâs. Par conséquent les Benî Hàschim avaient le droit de prendre parti dans l’affaire de son meurtre. «   Alî ayant donc émis l’avis qu’il fallait tuer Obaïdallah. Amrou fils d’Al Aç dit :  » Prince des croyants,  on a tué le père de cet homme et tu veux le tuer lui même ?  Nos ennemis diront que Dieu fait les amis du Prophète s’entre-égorger Dieu t’a dispensé de prononcer un arrêt de mort dans cette affaire car elle s’est passée lorsque tu n’étais pas encore souverain.  »

Tu as raison dit Othmàn,  »Je lui fais grâce et je payerai moi même le prix du sang d’Hormouzàn ». Ali garda le silence et Othmàn fit relàcher Obaïdallah.

En cette même année,  la vingt quatrième de l’hégire il y eut de fortes chaleurs.  Beaucoup de personnes eurent des saignements de nez.  Ce fléau dura deux ou trois mois.  On appelle cette année celle de l’épidémie du saignement de  nez ( rou’af ) .

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, laJarîriyya, Musulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe

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