Le calife Uthman (ra) nomme ces gouverneurs et prend l’Occident, Chypre, la première grande bataille Navale celle du Phoenix (Dhat al Sawari) et l’exil de certaines personnes, par Al-Tabari :

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Le califat Rashidun dès Omar ibn al-Khatab et Uthman ibn Affan qu'Allah sois satisfait d'eux
Le califat Rashidun sous Uthman ibn Affan qu’Allah sois satisfait de lui

CHAPITRE LXXX LE CALIFE OTHMÀN NOMME DIFFÉRENTS GOUVERNEURS : 

Le surlendemain de son élection Othmàn releva Moghîra fils de Scho’ba du gouvernement de Koufa et nomma à sa place Sa’d fils d’Abou Waqqàç dissimulant ainsi la haine qu’il portait à Sa’d et disant qu’Omar avant de mourir avait recommandé à son successeur d’employer Sa’d et de lui donner un gouvernement.

Aussi le premier gouverneur qu’il nomma fut Sa’d.

Mais il ne le laissa à Koufa qu’une année quand sa position fut devenue plus forte,  il le rappela et le remplaça par Walîd fils d’Oqba fils d’Abou Mo’aïl.

En même temps qu’ il fit partir Sa’ d pour Koufa il envoya Abdallah fils de Moun’im dans le Seïstàn en lui disant  :

« Observe la conduite qu’Omar t’avait ordonné de suivre ».  

Othmàn montrait ainsi au peuple qu’il ne voulait pas s’écarter de la voie d’Omar ni changer les agents établis par lui.

Mais après un an de règne son autorité s’étant raffermie il commença par rappeler Sa’d de Koufa et le remplaça par Walîd fils d’Oqba ensuite il remplaça les autres agents les uns après les autres.

Quelques mesures louables furent prises par Othman en cette année. Il éleva toutes les pensions d’un dixième. Omar avait établi la coutume de faire donner chaque soir du mois de ramadhàn à chaque homme un dirhem en sus de sa solde et de faire égorger pour la rupture du jeûne un chameau dont il faisait distribuer la chair aux pauvres et aux voyageurs.  Au lieu d’un dirhem par homme Othmàn fit distribuer deux dirhems et il fit égorger chaque soir deux chameaux.

Au mois de dsou’l-hiddja de cette année Othmàn envoya Abd er Rahmân fils d’Auf à la Mecque pour présider au pèlerinage.

Peinture panoramique de la sainte  de la Mecque faite par Muhammad ‘Abdallah,  pour le "the Delhi cartographer " en 1845
Peinture panoramique de la sainte de la Mecque à l’époque Ottomane faite par Muhammad ‘Abdallah, pour le « the Delhi cartographer  » en 1845

Au commencement de l’an 25 Othmàn commença à destituer les anciens agents établis par Omar.

Ayant été informé que les habitants d’Alexandrie s’étaient révoltés il fit partir pour l’Egypte Amrou fils d’Al-Âç qui sous le gouvernement d’Omar avait fait la conquête de ce pays.

Aussitôt après l’arrivée d’Amrou les habitants de Miçr et d’Alexandrie se soumirent de nouveau Othmàn chargea ensuite Abdallah fils de Sa’d fils d’Abou Sarh d’une expédition dans l’Afrique occidentale.

Dans la même année il fut averti que les habitants de l’Aderbîdjàn refusaient de payer le tribut auquel ils s’étaient engagés,  Othmàn adressa une lettre à Walîd fils d’Oqba et lui ordonna de marcher de Koufa contre l’Aderbîdjàn.

Omar avait fait occuper cette dernière province par six mille hommes;  à Koufa dans le Sawàd et dans l’Iràq il y avait une garnison de quarante mille hommes.

Walîd envahit l’Aderbîdjàn tua un grand nombre d’ennemis et saccagea la province. Les habitants se rendirent de nouveau et s’engagèrent à payer un tribut annuel de huit cent mille dirhems  .

Après avoir soumis toute la province Walîd y resta en envoyant Salmàn fils de Rabî’a à la tête de douze mille hommes contre l’Arménie.

Après avoir livré une bataille ces  troupes rapportèrent une si grande quantité de butin que Walîd et ses soldats en furent émerveillés, Walîd en fit le partage et retourna à Koufa.

En cette même année le roi de Roum à la nouvelle de la mort d’Omar mit en campagne une armée de vingt mille hommes sous les ordres d’un général nommé Merzebàn.

Moàwiya ayant demandé des renforts à Othmân celui ci adressa une lettre à Walîd lui ordonnant d’envoyer Salmân fils de Rab’a le Bàhilite (al-Bahili)  avec huit mille hommes au secours de Moàwiya.

Ce corps de troupes réuni à un autre corps de dix mille hommes mis en campagne par Moàwiya sous les ordres de Habîb fils de Maslama le Fihrite (al-Fihri)  attaqua les Romains les mit en déroute et les poursuivit jusque sur le territoire de Roum où il prit plusieurs villes et une grande quantité de butin.

En cette même année la vingt cinquième de l’hégire Othmàn fit le pèlerinage de la Mecque .

La mosquée de la Mecque était très étroite Omar avait acheté quelques unes des maisons du voisinage pour l’agrandir mais il n’avait pas pu réaliser son dessein Othmàn réunit ces maisons à la mosquée puis il retourna à Médine .

Au commencement de l’an 37 l’Afrique (al-Ifriqiya) et l Espagne (al-Andalus)  furent conquises au gouvernement du calife  Othmàn.

 

Ansar et Muhajirun au du califat Rashidun combat contre des Romains Byzantins, il semblerai qu'il y est un auxilière berbère (en blanc sans armure à la grec en bas au premier plan)  et la bannière des Banu Yashkar en Haut sur le chameau
Ansar et Muhajirun du califat Rashidun au combat contre des Romains Byzantins, il semblerai qu’il y est un auxiliaire berbère (en blanc sans armure à la grec en bas au premier plan) et la bannière de la tribu arabe des Banu Yashkar en Haut sur le chameau. 

CHAPITRE LXXXI CONQUÊTE DES CONTRÉES OCCIDENTALES L’AFRIQUE (al-Ifriqiya) ET L ESPAGNE (al-Andalus) par Othman : 

Othmàn en envoyant Amrou fils d’Al Aç à Miçr et à Alexandrie et Abdallah ibn Abou Sarh dans la province d’Afrique avait ordonné à ce dernier de diriger quand il aurait achevé la conquête de l’Afrique : Abdallah fils de Nàfi et Abdallah fils d’Al Hoçaïn vers l’Espagne et vers le territoire des Berbères (al-Maghreb al-Aqsa).

Les deux Abdallah entreprirent cette expédition firent la conquête de ces contrées et convertirent les habitants à l’islamisme .

Ils annoncèrent leur victoire à Othmàn et envoyèrent à Médine la cinquième partie du butin Othmàn leur adressa une lettre dans laquelle il leur disait  : « Vous n’êtes pas loin de Constantinople ! Portez y vos armes en demandant des auxiliaires aux Berbères qui ont embrassé l’islamisme ».

Les Berbères ayant fourni des troupes les deux généraux musulmans firent route vers Constantinople par la voie de mer.

Après avoir ravagé la contrée et enlevé un butin considérable ils revinrent en Espagne.

L'empire Byzantin en 640  et le Califat Rashidun  en 640
L’empire Byzantin en 640 et le Califat Rashidun en 640

Un certain nombre d’habitants de l’Afrique vinrent trouver Othmàn et portèrent plainte contre Abdallah fils de Sa’d fils d’Abou Sarh et demandèrent un autre gouverneur Othmàn le retira de ce poste et lui commanda de se rendre à Miçr et d’y rester avec Amrou fils d’Al-Aç .

Il rappela Abdallah fils de Nàfi de l’Espagne dans l’Afrique (Ifriqiya) dont il le nomma gouverneur et donna le gouvernement de l’Espagne (al-Andalus) et du territoire des Berbères  (al-Maghreb al-Aqsa) à Abdallah fils d’Al Hoçaïn .

Les musulmans gardèrent ces possessions jusqu’au temps de Hischàm fils d’Abd al-Malik (l’Omeyyade).

Alors les Berbères se révoltèrent tandis que l’Espagne demeura dans l’islam.

Le tribut annuel payé par l’Afrique (al-Ifriqiya) au roi de Roum s’élevait à la somme de deux millions cinq cent mille dînàrs.

Cette somme fut maintenue par les musulmans du temps d’Othmàn.

Tunique Byzantine pour enfant , faite en Egypte entre l'an 430 JC et 630 JC lors de la conquête Arabe de l'Egypte (al-Misr) par le noble compagnon Amr ibn al-As.
Tunique Byzantine pour enfant, faite en Egypte entre l’an 430 JC et 630 JC lors de la conquête Arabe de l’Egypte (al-Misr) par le noble compagnon Amr ibn al-As radi Allah anhu

Abdallah fils de Sa’d se trouvant auprès d’Amrou fils d Al Aç en Egypte fut chargé par Othmàn des finances de cette province,

Amrou en fut mécontent et lui suscita des obstacles dans la perception de l’impôt Abdallah s étant plaint à Othmàn celui ci lui confia l’administration entière de l’Egypte et le commandement de l’armée Amrou revint à Médine irrité contre Othmàn.

Il se lia avec Sa’d fils d’Abou Waqqàç qui avait comme lui à se plaindre du calife.

Ces événements se passèrent en l an 27 de l’hégire .

Le  Gymnasium romain  de Salamis, à Chypre. .
Le Gymnasium romain de Salamis, à Chypre. 

CHAPITRE LXXXII EXPÉDITIONS MARITIMES DE MOÀWIYA CONQUÊTE DE CHYPRE ET DE ROUM 

Au commencement de l an 98 de l’hégire Mo àwiya demanda à Othmàn l’autorisation de faire une expédition par mer Omar n’avait jamais permis aux musulmans de s’aventurer en mer Moawiya présenta aux yeux d’Othmàn la chose comme facile et ajouta que les villes de Roum étaient si rapprochées de celles de Syrie que le cri d’un oiseau s’entendait des unes aux autres et qu’elles n’étaient séparées que par la mer.

En conséquence Othmàn consentit Moàwiya réunit une nombreuse armée s’embarqua et aborda en plusieurs endroits du territoire de Roum .

Il fut victorieux dans ses rencontres avec l’ennemi parterre et par mer et fit un butin considérable.

Il ne perdit pas un seul homme de son armée sauf Abdallah fils de Qaïs qu’il avait envoyé en avant avec un corps de troupes .

Le roi de Roum avait été averti de l’approche des Arabes;  Abdallah arrivé en vue de la terre de Roum quitta son vaisseau monta dans une barque et s’avança pour faire une reconnaissance .

Il rencontra sur le rivage une pauvre femme à laquelle il donna une forte somme d’argent.

batteau de l'époque omeyyade retrouvé par des archéologues israéliens

Cette femme se rendit dans le bourg voisin et cria : « Le roi arabe qui s’est embarqué avec une armée est ici, au bord de la mer !

Les habitants du bourg y coururent et tuèrent Abdallah .

Les musulmans sans aborder revinrent en toute hàte vers Moàwiya.

Alors en l’an 28 de l’hégire Mo âwiya s embarqua à Emesse et vint à une ville de Roum située en face d’Émesse et nommée  Chypre.  Il s en rendit maitre et reçut la contribution qui avait été payée jusqu’alors au roi de Roum et qui s’élevait à la somme de sept mille dînàrs.

Moàwiya stipula dans le traité qu’il conclut avec les habitants que ceux ci ne prêteraient aucun secours aux Romains contre les musulmans et que quand les Romains projetteraient une guerre contre les musulmans ils en avertiraient ces derniers et leur prêteraient aide Moâwiya revint ensuite à Émesse et annonça à Othmân le succès de son expédition.

La mosquée Hala Sultan Tekke, fut construite sur le tombeau de la mère de lait du prophète Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui)  Umm Harram (radi Allah anha) à Chypre elle trouva la mort lors d'un accident lors de la campagne du général du califat Rashidun Muawiya (radi Allah anhu) le future calife omeyyade contre l’île de Chypre en Méditerrané   Umm Haram, qui était la mère nourricière de Mahomet, mort dans un accident lors d'une visite à Chypre en 657 AD. Elle a été enterrée près de la même place qu'elle est morte, et la Mosquée du Sultan Hala Tekke a finalement été construite sur son tombeau et dans sa mémoire.
La mosquée Hala Sultan Tekke, fut construite sur le tombeau de la mère de lait du prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) Umm Harram (radi Allah anha) à Chypre la ou elle trouva la mort lors d’un accident lors de la campagne du général du califat Rashidun Muawiya (radi Allah anhu) le future calife omeyyade contre l’île de Chypre en Méditerrané  en 657 JC . Cette mosquée est de fabrication Ottomane du 19eme siècle.

 En cette même année les habitants de Baçra portèrent plainte contre Abou Mousa al Asch’arî,  Othmàn le destitua et donna le gouvernement de Bacra à Abdallah fils d’Amir.

Il remplaça encore plusieurs autres gouverneurs dans cette année.  Il envoya Omaïr fils d’Othmân avec une forte armée dans le Khoràsàn;  Omaïr fit une expédition sur l’autre rive du Djîhoun et après avoir pénétré jusqu à Ferghâna il revint dans le Khorâsân.

Obaïdallah fils de Ma’mar le Temimite (al-Tamimi) fut nommé gouverneur du Mokrân et Abdallah fils d’Omaïr fut remplacé dans le Seïstàn par Acim fils d’Omar fils de Khattàb.

Mais au bout d’une année tous ces gouverneurs furent remplacés de nouveau sauf Abdallah fils d’Amir fils de Kouraïz qui demeura à Baçra, Othmàn rappela Obaïdallah fils de Ma’mar du Mokràn et l’envoya dans le Fars , Acim fils d’Omar eut pour successeur dans le gouvernement du Seïstân Amr fils de Moufaddhal Les habitants du Fars se révoltèrent contre Obaïdallah fils de Ma niar et le tuèrent à Içtakhr où il avait sa résidence.

Othmàn fit marcher contre eux une nombreuse armée qui partit de Baçra sous les ordres d’Abdallah fils d’Amir Abdallah fit un grand massacre de la population d’Içtakhr et vengea ainsi la mort d’Obaïdallah.

L'ancien Khurasan, au  8eme siècle
L’Ancien al-Khurasan, au 8eme siècle

Il écrivit ensuite à Othmàn une lettre dans laquelle il lui disait.  « Un seul gouverneur ne suffit pas pour contenir la province de Fars »

Othmàn lui répondit : « Établis y cinq gouverneurs et toi même retourne à Baçra ».

Abdallah fit ainsi Othmàn envoya ensuite cinq gouverneurs dans le Khoràsàn.

Il assigna à Ahnaf fils de Qaïs le territoire de Merw-er-Roud et toutes les contrées voisines jusqu’à Héràt.

Habîb fils de Qorra de la tribu de Yarbou fut chargé du gouvernement de Balkh et du Tokhàristàn.

Qaïs fils de Hobaïra le Solaïmite (al-Sulaymi)  eut la ville de Nischàpour.

Khàlid fils d’Abdallah et A’hmar fils d’Ans eurent le reste du Khorâsân.

En l an 2iI de l’hégire le sixième de son califat Othmàn fit le pèlerinage.

En récitant la prière de la Fête qui ne se compose que de deux prosternations Othmàn en accomplit quatre.

Il fit dresser à Mina une grande tente ce qui ne s’était pas encore vu depuis l’établissement de la religion musulmane.

C était une pratique du temps du paganisme quand les chefs qoraïschites faisaient dresser des tentes et donnaient à manger aux pèlerins. Le Prophète avait aboli cet usage Ce fut là le premier grief des musulmans contre Othmàn.  Ils lui reprochèrent de renouveler les pratiques païennes.  Mais lorsqu’il fit quatre prosternations dans la prière de la Fête le peuple fut consterné.  On désapprouva hautement le calife disant qu’il changeait les institutions du Prophète et qu’il renouvelait celles du paganisme . Plusieurs docteurs de la loi et compagnons du Prophète qui étaient présents vinrent trouver Othmàn et lui dirent :  » Nous avons fait le pèlerinage avec le Prophète avec Abou Bekr et avec Omar.  Aucun d’eux n’a accompli la prière de la Fête avec quatre prosternations. »

Et Abd er Rahmàn fils d’Auf lui dit  : « Nous t’avons prêté le serment d’obéissance à la condition seulement que tu dirigerais ce peuple en observant la tradition du Prophète et l’exemple des deux premiers califes.  Maintenant tu t’en écartes ! »  Tous les compagnons du Prophète firent des reproches à Othmàn.

Celui ci répondit :  « Quand le Prophète,  Abou Bekr et Omar venaient à la Mecque ils y venaient comme étrangers car ils n’y avaient pas de foyer ni de propriétés.  Mais moi j y suis chez moi j’y possède une maison et des propriétés il n est pas permis à un homme qui est chez lui de ne faire que deux prosternations en priant. « 

Les autres gardèrent le silence.

Les montagnes du Khorassan
Les montagnes du Khorassan

 CHAPITRE LXXXIII EXPÉDITION D’ABDALLAH FILS D’ÀMIR ET DE SAÎD FILS D’AL-Àç  DANS LE KHORASAN  : 

Au commencement de l’an 3o Othmân fut informé que les habitants du Khoràsàn s’étaient révoltés Othmân fit partir Saîd fils d’Al-Aç pour prendre le gouvernement de cette province puis il adressa une lettre à Abdallah fils d’Amir fils de Kouraïz lui ordonnant de se rendre avec l’armée de Baçra dans le Khoràsàn pour porter aide à Sa îd,  Abdallah y arriva le premier.

Lorsque Saîd vint à Koufa et qu’ il apprit qu’Abdallah était déjà parti il espéra pouvoir le rejoindre à la frontière du Khorâsân.

Mais quand il arriva à Reï Abdallah était déjà à Nischàpour,  Sa îd se rendit alors à Dâmeghân où il apprit que le Gorgân et le Taberistân étaient en pleine révolte.

Il marcha contre la ville de Gorgàn dont les habitants après avoir soutenu un siège capitulèrent en payant un tribut de deux cent mille dirhems .

Puis ils revinrent à l’islamisme Saîd se tourna ensuite contre le Taberistàn.

Les habitants de Tamîsa avaient fortifié leur ville et résistèrent pendant quelque temps.

Enfm ils capitulèrent en stipulant que pas un seul homme de la garnison ne serait tué.

Lorsqu ils sortirent de la forteresse Saîd les fit tous massacrer et n’en épargna qu’un seul disant  : « J’ai stipulé que je ne ferais pas tuer un seul homme » .

Après avoir achevé la conquête du Taberistàn il retourna à Médine.

Vers la fin de cette même année Othmàn destitua de son poste Walîd fils d’Oqba qui avait bu du vin .

Il le fit venir à Médine et lui fit infliger le nombre de coups déterminé pour ceux qui boivent du vin .

Il nomma à sa place au gouvernement de Koufa Sa’îd fils d’Al-Aç.

Or Walîd avait gouverné pendant cinq ans avec justice,  il avait été très accessible et vivait avec le peuple tandis que avant lui Sa’d fils d’Abou Waqqâç ne s était pas mêlé à la population et avait été d’un accès difficile,  Saîd lui aussi était un homme sévère.

Les habitants de Koufa furent donc mécontents de la destitution de Walîd et du choix de Saîd.

Ce fut en cette même année la trentième de l’hégire qu’Othmàn perdit son anneau.

Le puit ou Uthman ibn Affan radi Allah anhu aurai fait tombé l'anneau
Le puits ou Uthman ibn Affan radi Allah anhu aurai fait tombé l’anneau.

 CHAPITRE LXXXIV OTHMÀN LAISSE TOMBER L ANNEAU DU PROPHÈTE DANS LE PUÏTS ARÎS

On rapporte que dans les commencements de sa mission prophétique le Prophète n avait pas d anneau Puis lorsqu qu il reçut des princes des différentes contrées des lettres qui portaient le cachet et le nom de chacun d eux il se fit faire un anneau sur le chaton duquel étaient gravés en trois lignes les mots Mohammed apôtre de Dieu .

Lors de la nomination d’Abou Bekr Aïscha qui avait retiré cet anneau du doigt du Prophète le donna à Abou Bekr qui au moment de sa mort le remit à Omar.

Sceau du Prophète Muhammad (paix et bénédiction d'ALLAH sur lui)
Sceau du Prophète Muhammad (paix et bénédiction d’ALLAH sur lui)

Celui ci avant de mourir après avoir ordonné que l’élection du calife fût faite par un conseil remit l’anneau à Hafça qui devait le donner à celui qui serait nommé Hafca l’envoya à Othmàn lorsque celui ci eut été proclamé Othmàn avait fait creuser un puits qu’on appelait Arîs .

Un jour Othmàn étant assis au bord de ce puits l’anneau qu’ il avait retiré d’un doigt pour le mettre à un autre tomba dans le puits.

Othmàn fut consterné .

Il fit vider le puits mais malgré toutes les recherches on ne retrouva pas l’anneau qui fut perdu pour jamais Othmàn s’en fit faire un autre .

ArRabadha est est une ancienne  ville ancienne arabe islamique située sur la route du pèlerinage qui relie Al-Koufa en Irak et la Mecque (Arabie Saoudite). Il se trouve à environ 200 km à l'est de la médina
Al-Rabadha est une ancienne ville arabe islamique  fondé dans le califat Rashidun située sur la route du pèlerinage qui relie Al-Koufa en Irak à la Mecque (Arabie Saoudite). Elle se trouve à environ 200 km à l’est de Médine. 

CHAPITRE LXXXV EXIL D’ABOU DSERR

Ce fut en cette même année qu’Othmàn exila Abou Dserr le Ghifàrite (al-Ghifari) à Rabadsa( l’auteur veut dire :Al-Rabadha).

Abou Dserr était un homme droit et véridique redressant quiconque agissait injustement.

Il jouissait d’une grande considération parmi les compagnons du Prophète et auprès des califes Abou Bekr et Omar.

Ce dernier l’avait envoyé en Syrie où il exhortait les riches à secourir les pauvres Moàwiya, ayant eu une querelle avec lui adressa une lettre à Othmàn,  se plaignit d’Abou Dserr et demanda l’autorisation de le faire mettre à mort.

Othmàn lui répondit : « Je crains que tu ne sois de ceux qui font naitre la révolte dans le peuple. Tu n as pas le droit de sévir ainsi contre Abou Dserr.  Si tu ne peux vivre avec lui donne lui un chameau et des provisions pour qu’il vienne à Médine .  »

Moàwiya dit à Abou Dserr que le calife l’appelait à Médine et lui offrit un chameau et des provisions de voyage.  Abou Dserr les refusa et fit à pied le voyage de Syrie à Médine.

Lorsqu’il se présenta devant Othmân celui ci se trouvait en compagnie de K’ab al Ahbàr.  Abou Dserr salua.  Othmàn le fit approcher et le questionna sur son voyage puis il lui dit  : « Abou Dserr , je dois seulement exiger des musulmans qu’ils donnent de leurs biens,  ce qui est dû à Dieu. Je ne peux pas leur dire d’abandonner leurs biens ni les forcer de donner l’aumône aux pauvres. Ce devoir ne m’incombe pas . »

Abou Dserr répondit  : » Tu dois faire ce que j’ai entendu dire au Prophète qui a prononcé ces paroles « Il t’a été ordonné d’avoir des qualités généreuses, c’est-à-dire qu’il faut donner l’aumône aux pauvres  et avoir soin d’eux, cela fait partie de la religion et toi tu es obligé de l’ordonner ».

Kab al Ahbàr dit  :« Dans aucune religion quand un homme a acquitté l’impôt légal il n’est obligé de donner davantage . « 

Abou Dserr leva le bâton qu’il tenait dans sa main en frappa Ka’b sur la tête et lui fit une blessure dont le sang coula puis il lui dit : « Jusques à quand,  ô juif te mêleras tu des affaires musulmanes ? »

Ka’b se leva saisit Abou Dserr s’approcha d’Othmàn et se mit à genoux en demandant la peine du talion contre Abou Dserr,  Othmân lui dit :  « Tu es en droit de la demander,  mais abandonne la moi « .

Je te l’abandonne dit Ka’b et il sortit.

Othmàn admonesta Abou Dserr et lui dit  : « Retiens un peu ta langue et sois plus accommodant avec les hommes » .

Abou Dserr dit :  » Donne moi la permission de me retirer d’au milieu des hommes car je ne puis vivre avec les hommes de ce temps  » .

Où veux tu aller  ? demanda Othmàn.

A Rabadsa car le Prophète m’a dit  : « Abou Dserr vivra seul mourra seul et ressuscitera seul. »

En conséquence Abou Dserr se rendit à Rabadsa à une journée de marche dans le désert et y demeura Othmàn lui donna quelques chameaux et quelques moutons.

Parmi les événements de l’an 31 le plus important fut la bataille de Dsàt aç Çawàri qui eut lieu entre les musulmans et les Romains.

La bataille de Phœnix de Lycie (en arabe : معركة ذات الصواري ce qui romanisé donne Dhat Al-Sawari) ou la bataille des Mâts qui se déroule en 655 est un engagement naval décisif entre les Arabes du califat Rashidun  conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l'empereur Constant II.
La bataille de Phœnix de Lycie ou  Dhat Al-Sawari ou la bataille des Mâts qui se déroule en 655 est un engagement naval décisif entre les Arabes du califat Rashidun conduits par Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh et la flotte byzantine placée sous le commandement personnel de l’empereur Constant II.

CHAPITRE LXXXVI BATAILLE DE DSÀT Aç-ÇAWÀRI (La bataille des mâts ( معركة ذات الصواري,  Dhat Al-Sawari) dite la bataille de Phoenix)

On rapporte que ce fut Moawiya qui inaugura pour les musulmans les expéditions maritimes.

Omar lorsque les gouverneurs des différentes provinces de la Syrie moururent avait réuni toutes ces provinces au gouvernement de Moàwiya qui à la fin avait sous son commandement toute la Syrie .

Alors il commença à attaquer le territoire de Roum et fit des expéditions en mer de sorte que la situation du roi de Roum devint difficile,  Abdallah ibn Abou Sarh était gouverneur d’Egypte et de la province d’Afrique (Ifriqiya)  qu’il avait enlevée au roi de Roum.

Celui ci réunit une armée pour reconquérir l’Egypte et l’Afrique . Jamais on n avait vu embarquer une armée aussi nombreuse.

Abdallah alla au devant de l’ennemi avec environ trente mille hommes sur quarante vaisseaux .

illustration, du 19eme siècle de la "Bataille des Mats ou la Bataille de Phoenix de Lycie " la scène dépeint ." la victoire du califat rashidun sur les forces  Byzantine de Constans II  en . 655.
illustration, du 19eme siècle de la « Bataille des Mats ou la Bataille de Phoenix de Lycie  » la scène dépeint . » la victoire du califat rashidun sur les forces Byzantine de Constans II en . 655.

Arrivée à Dsàt as Sawàri la flotte musulmane rencontra les vaisseaux romains qui étaient au nombre de cinq cents remplis de soldats.

En voyant cette force de l’ennemi;  les musulmans eurent peur.

Il s éleva un vent qui maintint les vaisseaux des musulmans et ceux des infidèles pendant trois jours et nuits en pleine mer.

Lorsque le vent cessa les deux flotte s’abordèrent et la bataille s’engagea.

On combattit avec acharnement soit en se servant du sabre soit en lançant des flèches et des lances .

Un batau du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
Un bateau du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari

Enfin une flèche partie de la flotte musulmane atteignit le roi de Roum et le blessa.

Les Romains rompirent leurs lignes de bataille et se mirent à lever l’ancre.

Les musulmans voyant que les Romains allaient prendre la fuite engagèrent Abdallah à faire lever les ancres de ses vaisseaux pour poursuivre l’ennemi Abdallah s y opposa.

Mohammed fils d’Abou Bekr qui assistait à la bataille lui dit  : « Il faut que nous les poursuivions ».

Abdallah répondit : « Tais-toi ce n’est pas à toi de diriger le combat ! »

Mohammed blessé de cette réponse répliqua : « Oui c’est à toi de diriger,  toi qui hier encore étais apostat et non à moi !  »

Mohammed fils d’Abou Hodsaïfa fut également d’avis de poursuivre l’ennemi;  Abdallah l’apostropha durement en lui disant  : « Tais toi est-ce que cela te regarde ? »

Les soldats commencèrent à murmurer contre Abdallah et Othmàn et dirent : « Ce n’est pas ta faute;  c est la faute d’Othmàn qui a donné le commandement des musulmans à un homme comme toi.  Nous avons le droit de le tuer. C est à Médine et contre Othmàn que nous devrions faire la guerre-sacrée à quoi bon combattre les infidèles sur mer ?  » Et ils tenaient d’autres discours de ce genre.  

La flotte du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari
La flotte du califat rashidun lors de la bataille de Dhat al-Sawari

Abdallah ne permit pas de mettre en mouvement les vaisseaux avant que la flotte romaine fut partie.

Ensuite il ramena l’armée musulmane en Egypte.

On rapporte que ce fut en cette même année la trentième de l’hégire ou d’après une autre tradition en l’an 32 que Yezdegerd fils de Schehryâr fut tué dans le Khoràsàn.

La mort de Yezdegerd est rapportée de deux ou trois manières différentes.

Nous avons déjà donné une version de Mohammed ben Djarîr d’après laquelle :  Yezdegerd mourut du temps d’Omar de même que cette autre suivant laquelle il aurait été dans sa fuite tué et jeté dans l’eau par un meunier après avoir échappé à son merzebàn Màhouï qui s était révolté contre lui .

Or en l’an 3o Othmân avait donné l’ordre à Abdallah fils d ‘Amir de se rendre dans le Khorâsân mais il n y arriva qu en l’an 31 après que Yezdegerd eut été tué.

Il s était rendu d’abord de Baçra dans le Fars et après reconquis cette province il avait envahi le Kirmàn. Puis ayant appris en l’an 31 que Yezdegerd (le Sassanide) avait été tué dans le Khorâsân il laissa Abdallah fils de Modjàscha comme lieutenant dans le Kirmàn et vint lui même dans le Khoràsàn où toutes les villes avaient été reprises par les Perses.

Abdallah fils d’Amir s’établit à Sarakhs d’où il dirigea des corps de troupes sur les différents points du territoire.  Il envoya Onaïs fils d’A’hmar le Yaschkorite  (al-Yashkari) à Tous et Hâtim fils de No’mân le Bâhilite (al-Bahili) à Merw.

Onaïs se rendit maître des villes de Tous de Bàwerd et de Nesà soit par force, soit par capitulation.

Guerrier musulman en armure complète .
Guerrier musulman en armure complète .

Merw se rendit à Hâtim par capitulation et lui paya deux millions deux cent mille dirhems . Toutes les autres villes qui s’étaient soulevées lors de l’arrivée de Yezdegerd firent de nouveau leur soumission à Abdallah et traitèrent avec lui en payant diverses sommes d’argent.

Il recueillit de tout  le Khorâsân six millions deux cent mille dirhems dont il envoya la cinquième partie à Othmân.

Il vint ensuite à Nischâpour où il établit son camp.  Toutes les villes situées au delà de Merw telles que Merw-er-Roud, Tàleqàn, Fàryàb et Kouzikânân jusqu’à Balkh toutes celles qu’Ahnaf fils de Qaïs avait conquises du temps d’Omar s’étaient révoltées.

Au commencement de l’an 32 de l’hegire,  Abdallah fils d’Amir fit partir Ahnaf fils de Qaïs de Nishapour avec quatre mille hommes pour les soumettre de nouveau.

Ahnaf se mit en marche. Les ennemis ayant réuni une armée de trente mille hommes allèrent à sa rencontre. Ils furent défaits et leur général nommé Bàdàn se jeta dans la forteresse de Merw-er-Roud.  Ahnaf y ayant mis le siège, les  Perses demandèrent à capituler et offrirent de payer une somme de soixante mille dirhams,  Ahnaf envoya pour traiter avec les assiégés son neveu : Ahnaf Sakhr (Ahnaf n’était qu’un surnom).

Le général perse qui ne connaissait pas le nom cet officier mit en tête de sa proposition de paix les mots  : « Bàdàn le merzebàn au général de l’armée ».

Ahnaf dans sa réponse écrivit  : « Sakhr fils de Qaïs à Bâdân le merzebàn ».

Ahnaf ayant accepté les propositions des ennemis la paix fut conclue .

Des soldats de l’armée perse (qui avait été mise en déroute) s’étaient retirés dans le Khoràsàn et s’étaient ralliés à Tàleqàn.

A cette nouvelle Ahnaf qui n avait encore reçu la moitié des soixante mille dirhems de (Merw-er-Roud) donna l’ordre de lui envoyer l’autre moitié et marcha Tàleqàn.

Il y rencontra une forte armée qu’il attaqua .

Avant d’envoyer cet argent Bàdàn attendit toute une semaine l’issue de la bataille.

Ruines de l'ancienne Cotée de Neyshabour , al-Khorasan, Iran
Ruines de l’ancienne Citée de Neyshabour , al-Khorasan, Iran

Pendant ce temps Ahnaf ne lui  fit faire aucune sommation.

Mais après avoir défait l’armée il fit partir deux cavaliers et leur dit : « Allez trouver Bàdàn et frappez le sur la tête fendez lui la tête sans rien lui dire car il n a pas envoyé l’argent,  parce qu’il a voulu d’abord voir quelle tournure prendraient nos affaires ».

Les deux messagers vinrent auprès de Bàdàn le frappèrent et lui fendirent la tête, Bàdàn leur remit immédiatement l’argent, qu’ils apportèrent à Ahnaf.  Les troupes qui s’étaient enfuies devant Ahnaf se rallièrent à Kouzikànàn.

Ahnaf envoya contre elles,  Aqra fils de Hà’bis qui les dispersa.  Mais les musulmans eurent un grand nombre d’hommes tués.

Les fuyards se rallièrent de nouveau à Balkh ville solidement fortifiée et s’y enfermèrent Ahnaf ne pouvant emporter la ville d’assaut accepta leur capitulation et une somme de quatre cent mille dirhems.

Après y avoir établi comme gouverneur son oncle Osaïd,  Ahnaf marcha sur Kharezm qu’il assiégea en vain pendant trois mois .

L’hiver commençait à se montrer il tomba beaucoup de neige et l’armée arabe redoutait les froids,  Ahnaf consulta les soldats sur ce qu’il y avait à faire.  Il faut faire,  répondirent-ils,  ce que Ma’di-Karib a dit dans une pièce de vers : « Si tu es hors d’état d accomplir une affaire abandonne la et tourne toi vers une autre que tu peux accomplir ».

Fort citadelle de Balkh
Fort citadelle de Balkh

En conséquence Ahnaf leva son camp et retourna à Balkh.

Les habitants de Balkh avaient apporté le jour de mihrgàn au chargé d’affaires laissé par Ahnaf toutes sortes de cadeaux.

C était un usage des Perses que les Arabes ne connaissaient pas.

Asîd leur demanda pour quelle raison ils lui apportaient ces objets ?

Ils répondirent  : « Il est d’usage chez nous (les perses)  de faire des présents à nos gouverneurs le jour de mihrgàn et le jour du newrout ».

 » Je ne connais pas cet usage » répliqua Asîd et il mit de côté les cadeaux jusqu’au retour d’Ahnaf.  Lorsqu’il les présenta à Ahnaf celui ci dit :  » Je ne connais pas cela. »

Après être resté quelque temps à Balkh,  Ahnaf se rendit auprès d’Abdallah fils d’Amir et lui offrit les présents des habitants de Balkh.  Abdallah lui dit  : « Je ne connais pas cela et je n ai pas besoin de ces choses. »  Il avait un esclave qui était son trésorier auquel il dit  : « Emporte les » .

Abdallah adressa ensuite à Othmân une lettre dans laquelle il lui disait :  » Un grand nombre de villes ont été conquises par moi et jamais, en aucun temps,  homme n’a remporté autant de triomphes que moi.  En conséquence je te demande l’autorisation de revenir,  je désire accomplir le pèlerinage et rendre grâces à Dieu pour toutes ces victoires ».

Othmân lui en accorda l’autorisation Abdallah remit le commandement de Nischâpour à Qaïs fils d’Al Haïtham à Ahnaf fils de Qaïs celui de Merw, de Balkh et de Kouzikànàn et à Honaïf fils d’Abdallah le Hanifite (al-Hanifi) le commandement de Héràt et de Bàdeghîs jusqu’au canton de Ghour .

Laissant ainsi le Khorâsân à la garde de ces officiers il partit de Nischâpour après s’être constitué en état di’hram. 

Entre Qoumes et Gorgân,  il ya une chaîne de montagnes où se trouvent un grand nombre de bourgs. Cette montagne était appelée Qâren.  Le chef de ces bourgs portait également le nom de Qâren,  il était le merzebân de cette montagne.  Après le départ d’Abdallah fils d’Amir,  Qàren marcha à la tête d’une nombreuse armée sur Nischâpour. Qaïs fils d’Al Haïtham avait dans son armée un brave et fameux guerrier nommé Abdallah fils de Khâzim à qui il dit  : « Que faut il faire ?  Nous ne sommes pas en état de résister à cette armée. »

Abdallah fils de Khazim répondit : «  Va rejoindre Abdallah fils d’Amir et demande lui des troupes.  Je défendrai Nischàpour jusqu’à ce que tu ramènes ces troupes ».

Abdallah fils de Khàzim en lui donnant ce conseil voulait éloigner Qaïs du Khoràsàn, afin que s’il triomphait de l’ennemi, il en eût lui même la gloire.

Qaïs qui ne devinait pas ce motif partit à la suite d’Ibn Amir en laissant le commandement de Nischàpour à Abdallah fils du Khàzim.

Qàren étant arrivé près de la ville Abdallah ordonna à tous ses soldats d’attacher des torches au bout de leurs lances et à la tombée de la nuit il sortit de la ville.  Après avoir marché environ une parasange il donna l’ordre d’allumer les torches et l’armée musulmane se présenta à l’armée de Qàren.

Les troupes perses en les apercevant pensèrent que les musulmans avaient reçu des renforts devant lesquels on portait ces flambeaux,  Qàren donna à ses soldats l’ordre de se mettre en marche.

Ils lui dirent :  » Comment marcher puisque toutes les troupes du monde sont devant nous ? Il ya un flambeau devant chaque général tu peux voir par là combien il doit y avoir de troupes avec tous ces généraux.  »

Les Perses ainsi découragés se mirent à fuir.

Abdallah fils de Khàzim fit jouer le sabre et continua le massacre jusqu’au jour.

Qàren fut tué. Sur ces entrefaites,  Qaïs fils de Haitham était arrivé à Médine, tandis qu’Abdallah fils d’Amir accomplissait le pèlerinage.  Lorsque Othmàn fut instruit de la tentative de Qàren il blâma Qaïs d’avoir abandonné la ville de Nischàpour. Puis en recevant la lettre par laquelle Abdallah fils de Khâzim lui annonçait sa victoire il s’écria :  » C’est un homme comme Abdallah fils de Khâzim qu’il faut pour ce poste et non comme Qaïs !  »

Et il nomma Abdallah gouverneur de Nischâpour.  Abdallah y resta jusqu’au temps d’Ali.

Janna al-Baqî , Médine
Janna al-Baqî , Médine

Mort de plusieurs compagnons (as-Sahaba) 32 Hijra:

Plusieurs compagnons du Prophète moururent en cette même année la trente deuxième de l’hégire savoir :

Abd er Rahmân fils d’Auf qui était âgé de soixante et quinze ans.

Abbàs fils d’Abdou’l-Mottalib àgé de quatre vingt six ans

Abdallah fils de Mas’oud

Abou Talha l’Ançar  et Abou Dserr le Ghifarite (al-Ghifari).

Abdallah fils de Mas’oud avait adressé de Koufa une lettre à Othmàn pour lui demander l’autorisation de faire le pèlerinage.  Othmàn l’y ayant autorisé Abdallah quitta Koufa avec quatre compagnons.

Son chemin le conduisait par Rabadsa,  Abou Dserr était malade à cette époque.

Il dit à sa fille qui restait avec lui  :  » Ma fille nous sommes au temps du pèlerinage et les gens de Koufa passeront ici demain.  Or je suis à toute extrémité et j’ai entendu de la bouche du Prophète que je serai enterré par des pèlerins qui seront les plus nobles des hommes.  J’ai idée que ma carrière se terminera demain.  Va égorge une brebis.  Quand je serai mort et que les pèlerins viendront invite les à descendre donne leur à manger puis dis leur de me laver de prier sur moi et de m’enterrer. »

La route reliant Baghdad Kufa La Mecque
La route du Hajj reliant Baghdad,  Kufa à  la Mecque et Médine. 

Le lendemain la fille d’Abou Dserr commanda à l’esclave d’égorger une brebis et avec l’aide de l’esclave elle la fit cuire.

A l’heure de la prière de midi Abou Dserr dit à sa fille  : « Regarde s’il n’arrive pas des cavaliers. »

– J’en vois venir du côté de Koufa. dit elle.

Alors Abou Dserr tourna son visage du côté de la qibla et en prononçant ces mots : « Au nom de Dieu et par la religion du Prophète de Dieu »,  il rendit son âme .

La fille d’Abou Dserr alla au devant des voyageurs et leur dit  : « Voici la tente d’Abou Dserr le Ghifàrite.  Faites halte et enterrez le ».

Abdallah fils de Mas’oud descendit et lorsqu’il vit le corps d’Abou Dserr ainsi abandonné il dit:  » Le Prophète a bien prédit Abou Dserr vivra seul et mourra seul » .

Après l’avoir enterré les voyageurs voulurent continuer leur route.

La fille d’Abou Dserr leur dit : « Abou Dserr m’avait commandé de vous saluer en son nom et de vous dire que vous êtes obligés par Dieu et par le tombeau du Prophète de manger de ceci « .

Abdallah et ses compagnons mangèrent.

Arrivés à Médine ils annoncèrent à Othmàn la mort d’Abou Dserr.

Othmàn pleura,  ensuite il prit la fille d’Abou Dserr dans sa propre maison.

Abdallah fils de Masoud mourut à Médine à son retour du pèlerinage.

Son tombeau est à Baqî al Gharqad .

Scène de rue à Damas, Syrie, (Sham)
Scène de rue à Damas, Syrie, (Sham)

CHAPITRE LXXXVII Le calife OTHMÀN EXILE EN SYRIE QUELQUES HABITANTS DE KOUFA

Othmàn avait l’habitude quand il était mécontent de quelqu’un de l’éloigner de son pays et de l’envoyer à l’étranger car disait-il : rien n’est plus pénible pour un homme que d’être éloigné de sa patrie comme il est dit dans le Coran : ‘Si nous leur avions prescrit de se donner la mort ou de quitter leur pays peu d’entre eux l’auraient quitté. »(Surate IV vers 69).

Lorsqu’il ôta le gouvernement de Koufa à Walîd fils d’Oqba et qu’il le remplaça par Saîd fils d’AI-Aç les habitants de Koufa furent mécontents de cette mesure car ils préféraient Walîd homme d’un caractère aimable à Saîd qui était sombre et qui cherchait à se donner les apparences d’un homme vertueux.

Walîd avait été destitué pour avoir bu du vin.

Quand Saîd arriva à Koufa et qu’il eut pris possession du palais du gouvernement que Walîd avait habité il fit laver tous les effets et le vendredi il fit laver également la chaire dans la mosquée ce qui bl.essa les habitants.  Walîd n’avait pas eu de porte à son palais Saîd fit faire une porte et se rendit inaccessible au peuple qui pour toutes ces raisons commença à lui devenir hostile.

Il y avait notamment sept personnes d’entre les principaux habitants de Koufa qui se laissaient aller en commun à des propos malveillants contre Saîd et (le calife) Othmàn.

Ces hommes étaient Màlik fils de Hàrith al Aschtar de la tribu de Nakha;  Thàbit fils de Qaïs ; Koumaïl fils de Ziyàd ; Ça’ça’a fils de Çou’hàn et Zaïd fils de Çou’hàn:  Orwa  fils de Djad, et Amr fils d’Al Hamaq le Khozaite(al-Khuzai).

Sa îd ayant appris qu ils se réunissaient tous les soirs en un certain endroit chargea un jour un agent de s’y rendre .

Cet homme s’introduisit dans leur réunion sans se faire annoncer.

Les conjurés ordonnèrent aux domestiques de le saisir et lui dirent  : « Qui es tu pour entrer dans notre maison sans permission ?  »

Ils le frappèrent jusqu’à ce qu’il tombât sans connaissance.

Quand il fut revenu à lui il alla faire son rapport à Saîd qui adressa une lettre à Othmàn et l’informa de ces circonstances

La Mosquée de Kufa en Irak (639)
 La Mosquée de Kufa en Irak (639 JC) fut construite  sous  l’ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa’d ibn Waqqas radi Allah anhu. 

Othmàn fit porter les noms de ces sept hommes sur les rôles de l’armée de Syrie et ils furent incorporés dans le commandement de Moâwiya. Celui-ci écrivit à Othmàn  : « Ces hommes n’ont ni religion ni caractère,  je ne peux pas les garder auprès de moi ».

Othmàn lui répondit :  » Envoie les à Emesse auprès d’Abd er-Rahmàn fils de Khàlid Il n y a que lui qui puisse les dompter  »

En conséquence Moàwiya les fit partir pour Emesse.

La nouvelle de l’arrivée de ces officiers distingués de l’lràq se répandit bientôt dans la ville d’Emesse.  Abd er-Rahmàn après les avoir fait installer attendit un mois avant de leur donner audience et il écrivit à Othmàn en ces termes : « Celui qui ne peut être gagné par la bonté doit être traité durement. Si tu veux je les traiterai comme ils le méritent. »

Othmàm lui répondit :  » Fais ce que tu voudras ».

Abd er Rahmàn les laissa donc après l’envoi de sa lettre à Othmàn attendre un mois avant de leur accorder audience.

Ensuite lorsqu’ils se présentèrent devant lui en costume de voyage il ne les engagea point à s’asseoir et ne leur demanda pas si leur voyage avait été heureux et il les congédia ainsi.

Ils furent très blessés de cet accueil mais comme ils n’étaient que sept en présence de deux mille hommes, ils n’osèrent rien dire.

Abd er Rahmân les obligeait à se présenter ainsi chaque jour devant lui en restant debout. Il ne les invita jamais à sa table et ne leur donna aucune gratification. Quand il montait à cheval il les faisait marcher devant lui à pied comme des serviteurs.  Ils en étaient extrêmement humiliés.

Un jour causant entre eux dans leur maison ils se dirent les uns aux autres : « Cet homme nous traite comme des serviteurs et nous laisse toujours debout et personne ne songe à nous. »

Ça’ça’a dit : « Quand même,  il nous romprait les pieds,  qui oserait en parler?  »

Ils gardèrent donc le silence.  Amir fils de (Abdou’l-)Qaïs était un homme vertueux (de Baçra) qui pratiquait l’abstinence.

Ruines de la cité musulmane d'Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en 650
Ruines de la cité arabe fondé sous le califat Rashidun à Ayla (Aqaba en Jordanie), construite en l’an 650 JC sous le calife Uthman ibn Affan radi Allah anhu

Tous les gouverneurs qui avaient résidé à Baçra lui avaient donné une pension sans exiger de lui aucune fonction et Amir continuait à se livrer à la vie dévote.

Lorsque Abdallah fils d’Amir prit le gouvernement de Baçra il écrivit à Othmàn au sujet d’Amir :  » C’est le chef des Khawàridj » disait-il dans sa lettre,  » il suit leurs pratiques,  il pense que l’on ne doit point obéissance au souverain,  il n’assiste pas à la prière du vendredi,  il ne mange pas de viande et il s’abstient du commerce des femmes. Je ne peux pas garder cet homme ici . »

Othmân lui répondit :  » Envoie le à Moàwiya » et il écrivit à ce dernier :  » On accuse Amir de telle chose,  interroge-le « .

Quand Amir arriva en Syrie,  Moàwiya alla à sa rencontre et l’installa dans une belle maison. Un soir il lui fit partager son repas et lorsqu’on apporta de la viande Amir y fit honneur.

Moàwiya lui dit : « Père de Mohammed,  on raconte de toi certaines choses,  mais je vois que ce sont des mensonges. »

–  Que dit on de moi ? demanda Amir.

Moâwiya répondit  : « On dit que tu t’abstiens du commerce des femmes que tu n’assistes pas à la prière du vendredi que tu ne manges pas de viande et que tu nies l’obéissance due au souverain. »

Amir répliqua :  » Quant aux femmes,  j’en ai (une) qui suffit à mes désirs. Un jour je passai près de la boutique d’un boucher et je remarquai qu’il égorgeait une brebis sans prononcer les mots : Au nom de Dieu.  Depuis lors je fais égorger les brebis chez moi.  Quant à la prière j’y vais tard pour être au dernier rang de l’assemblée afin que personne ne me voie si ce n’est Dieu ».

Moâwiya ayant fait part de ces explications à Othmàn celui ci lui écrivit : « Dis lui de retourner à Baçra s’il veut ».  Moâwiya le dit à Amir qui répliqua  : »Je n’y retournerai pas car on m’a calomnié et l’on s’est cru permis envers moi un tel acte.  »

Il demeura donc auprès de Moâwiya jusqu’à sa mort.

Les uns disent que le bannissement de ces différentes personnes d’une ville à l’autre eut lieu en l’an 32 d’autres prétendent que ce ne fut qu en l’an 33.

 

Expansion du califat Rashidun
Domaine du califat Rashidun sous les 4 califes.
 

La phase de division lors du califat d’Ali  les forces d’Ali ont perdu le contrôle sur la plupart du territoire du califat pour Mu’awiya tandis que les grandes sections de l’empire tels que la Sicile , l’Afrique du Nord , les régions côtières de l’Espagne et quelques forts en Anatolie sont également sortie de l’empires du califat rashidun
La phase de division lors du califat d’Ali  les forces d’Ali ont perdu le contrôle sur la plupart du territoire du califat pour Mu’awiya tandis que les grandes sections de l’empire tels que la Sicile , l’Afrique du Nord , les régions côtières de l’Espagne et quelques forts en Anatolie sont également sortie de l’empires du califat rashidun
 

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, laJarîriyya, Musulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe.

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