Les païens berbères Berghwata et leurs royaume (satanique) apparue lors du califat Omeyyade au Maghreb al-Aqsa (Maroc):

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Le maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades par osprey
Le Maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades, juste avant la révolte berbères kharijites de Tanger ou s’allieront les païens Berghwata , ont vois la localisation en ce temps des centres urbains (avec les communauté juives, chrétienne), les tribus berbères et les tribus judeo-berbères (en soulignées), le reste est dans la légende. Source : D.Nicolle, Angus Mcbride, Osprey  .

Les païens Berghwata par ibn Khaldoun : 

Les Berghouata fondèrent un empire lors de leur puissance, et les populations de l’Atlas en fondèrent un autre, ou, pour mieux dire, plusieurs empires, ainsi que cela se verra plus loin.

Maintenant nous allons indiquer les diverses branches dont se composent les Masmouda et traiter des dynasties qui s’élevèrent Anfa et Asfi.

Vers le commencement du second siècle de l’hégire, ils avaient pour chef un nommé Tarîf-Abou-Saleh qui, de même que Mâzou/-Ibn-Talout, avait occupé un haut commandement dans l’armée de Meicera-el-Hakîr * le matgharien, célèbre partisan des doctrines sofrites.

Lors de la chute de Meicera et la ruine de son parti, Tarîf resta dans le Temsna et y soutint encore la cause de ces sectaires.

L’on rapporte même qu’il se donna pour prophète et qu’il promulgua un code de lois (faux livre divin)  à l’usage de son peuple.

Le Bouregreg dans la Tamesna, une région historique du Maroc, situé entre les oueds Bouregreg et Tensift.
Le Bouregreg dans la Tamesna, une région historique du Maroc, situé entre les oueds Bouregreg et Tensift.

Après sa mort, le commandement passa à son fils Saleh lequel l’avait accompagné dans les expéditions de Meicera.

Saleh s’était d’abord fait remarquer par son savoir et sa vertu ; mais, ensuite, il rejeta le Coran, s’arrogea le caractère de prophète et enseigna à son peuple ce système religieux auquel, après sa mort, ils montrèrent tant d’attachement.

On connaît, par les écrits des historiens, la nature des doctrines qu’il essaya de propager.

Ayant assuré ses compatriotes qu’il avait reçu un coran, il leur en récita quelques sourates (chapitres).

Tel chapitre de ce livre s’appelait sourate du coq ; tel autre, sourate du chameau; il y avait aussi les sourates de l’Éléphant, d’Adam, de Noé et de plusieurs des prophètes, celle de Harout et Marout *, celle d’Iblîs [Satan] et celle des merveilles du monde.

Au dire de ces sectaires, leur coran renfermait la science par excellence.

L’auteur y défendait certaines choses et en autorisait d’autres ; il y parlait, tantôt en législateur et tantôt en historien.

Son peuple lisait des portions de ce livre aux heures de la prière et en désignait l’auteur par le nom de Saleh-el- Moumenin . Nous donnons ces renseignements sur l’autorité d’El-Bekri qui les tenait lui-même de Zemmor-Ibn-Saleh-Ibn-Hachem-Ibn- Ouerrad.

Zemmor avait été envoyé en mission auprès d’El- Hakem-el-Mostancer, khalife (Omeyyade)  de Cordoue, en l’an 352 (963), par Abou-Eïça-Ibn-Abi-‘l-Ansar, roi des Berghouata.

Voici [en abrégé] le récit qu’il fit de vive voix [en langue berbère] et qui fut interprété, en entier, par Daouerd * – Ibn-Omar-el-Mestaci.  :

« Saleh se mit en avant pour la première » fois sous le khalifat de Hicham-Ibn-Abd-el -Melek, l’an 127 » (744-5 le calife Omeyyade de Damas) de l’hégire.

Quelques gens prétendent qu’il fit son apparition dans les premiers temps de l’hégire et que ce fut » par esprit d’opposition qu’il publia cette doctrine ; car il tâcha » d’imiter le Prophète dans tout ce qu’il avait entendu raconter » de lui.

La première de ces deux époques est cependant la véritable. Ensuite, il se donna pour le Mehdi qui doit apparaître » vers la fin du monde.

Il disait aussi que Jésus serait son  compagnon et prierait derrière lui [c’est-à-dire le reconnaîtrait pour chef de la religion chrétienne]. A ces doctrines, » il ajoutait que son nom, en arabe, était Saleh (saint); en » Syriac, Malek (roi) ; en Persan , [danichmend] , savant; » en Hébreu, Robbia (mon seigneur), et, en Berbère, Ourya, » mot qui signifie celui après lequel il n’y a plus de prophète*.

Sorciers du sud marocains, en trans, une résurgence des Berghwata ?
Sorciers du sud marocains, en trans, une résurgence des Berghwata ? Entre Vaudou, Maraboutisme, Kabbale juive, et déprédation en tous genre. 

Après avoir régi son peuple pendant quarante-sept » ans, il partit pour l’Orient, en leur promettant de revenir au » milieu d’eux, sous le règne de son septième successeur.

Il » chargea ensuite son fils El-Yas de propager cette religion et » de vivre en bonne intelligence avec le prince Omeyyade qui « gouvernait l’Espagne. Il lui ordonna, enfin, de faire ouvertement profession de sa doctrine aussitôt que le parti des néophites (sectaire) deviendrait puissant.

El-Yas cacha dans son cœur les » principes impies que son père lui avait enseignés, et, déguisant» son infidélité sous le masque de l’islamisme , il afficha une » grande austérité de mœurs et un profond mépris pour les » biens de ce monde.

Il mourut après un règne de cinquante-ans. Younos, son fils et successeur, fit ouvertement profession de la nouvelle religion, et, dans son zèle de prosélytisme, il ôta la vie à tous ceux qui hésitaient de se convertir.

Carte du Maghreb al-Aqsa au temps des idrissides, lors du califat Abbassides de Baghdad et du califat Omeyyad de Cordoue
Carte du Maghreb al-Aqsa (actuel Maroc)  au temps des idrissides de Fès, lors du califat Abbasside de Baghdad et du califat Omeyyades de Cordoue. Les berbères païens Berghwata sont en bleu. 

Emporté par son ardeur fanatique , il dévasta la province » de Temsna, dont trois cent quatre-vingts villes, dit-on, furent » détruites par son ordre et les habitants passés au fil de l’épée, » parce qu’ils avaient résisté à ses volontés. Sept mille sept » cent soixante – dix malheureux furent égorgés à l’endroit » qui porte le nom de Taméloukaf, haute pierre qui s’élevait » au milieu de la route *. »

Zemmor ajoute : a Younos fit » le voyage de l’Orient et accomplit le pèlerinage, devoir dont » aucun membre de sa famille ne s’acquitta, ni avant ni après » lui.

File:Maroc. Oued Tensif.jpg
Oued Tensif dans la région des Berghwata (Maroc)

Il régna quarante-quatre ans et transmit l’autorité à Abou- » Ghofaïr-Mohammed, fils de Moâd, fils d’Elîça, fils de Saleh, » fils de Tarîf.

Le nouveau souverain parvint à diriger les Berghouata au gré de ses désirs ; il fit profession de la religion de » ses pères, et atteignit à une grande puissance. Il y eut entre lui » et les Berbères plusieurs batailles et journées célèbres.

C’est à » ces combats que Saîd-Ibn-Hicham, le masmoudien, fit allusion » dans les vers suivants : « Femme, ne pars pas encore; reste et raconte-nous une nouvelle digne de foi. Voilà une nation qui périt égarée! frustrée dans son espoir, puisse t-elle ne jamais s’abreuver dans une eau limpide.   Ils disent : Abou-Ghofaïr est notre prophète ; que Dieu couvre d’opprobre la mère des menteurs * / N’as-tu pas vu la journée de Beht? N’as-tu pas entendu les gémissements qui s’élevaient sur les pas de leurs chevaux ? Gémissements de femmes éplorées dont les unes avaient perdu leurs enfants, pendant que les autres hurlaient d’effroi et laissaient échapper le fruit de leur sein. Au jour de la résurrection, quand les nations se hâteront devant leur juge, les habitants de Temsna sauront Que Younos sera là avec les fils de son père, menant à sa suite les Berbères égarés. [Les ministres de la vengeance divine leur diront alors :] C’est donc là Ouryaora ‘ , chef des orgueilleux? Que l’enfer » l’écrase, lui et son peuple ! » Ce jour-ci ne sera pas pour vous un jour [de triomphe], » bien que [vous triomphez] dans les nuits [d’ignorance], étant » partisans de Meicera * ! »  »

Abou-Ghofaïr épousa quarante-quatre femmes et en eut autant d’enfants ou même davantage.

Il mourut vers la fin du » troisième siècle, après un règne de vingt-neuf ans. Son fils et » successeur , Abou-‘l-Ansar-Abd-Allah’, suivit les mêmes » usages, et, bien qu’il fût d’un caractère fort doux, il sut imposer tant de respect aux princes contemporains, qu’ils cultivèrent son amitié et lui envoyèrent de riches cadeaux.

Il portait pour habillement un manteau et un haut-de-chausse, mais » il se garda de rien mettre qui fût façonné avec l’aiguille.

Ni » lui, ni personne dans son pays, à l’exception des étrangers, » ne portait le turban.

Il était fidèle à sa parole et prompt à secourir tous ceux qui imploraient son appui. Il mourut en l’an » 341 (952-3), après avoir régné quarante-quatre ans. On l’enterra à Tameslakht où son tombeau se voit encore.

Son fils » Abou-Mansour-Eïça monta alors sur le trône, étant âgé de » vingt-deux ans. Il suivit les pratiques de ses aïeux et se » donna même pour prophète et devin.

La haute puissance dont » il parvint à jouir lui assura l’obéissance des autres tribus du » Maghreb (al-Aqsa). »

— Au rapport de Zammor, le père de ce prince, étant sur son lit de mort, lui adressa ces paroles : « Mon cher fils, tu seras le septième de la famille qui aura régné, et j’ai » tout espoir que Saleh-Ibn-Tarîf viendra te trouver. » —

« Son armée, dit Zemmor, se composait d’environ trois mille hommes appartenant à la tribu des Berghouata, et de dix » mille fournis par les autres tribus, telles que les Djeraoua, les » Zouagha, les Beranès, les Medjekésa, les Matghera, les Demmer, » les Matmata et les Beni-Ouarzguît.

Sa religion avait été adoptée par les Beni-Ifren, les Assada, les Regana, les Izmen, les » Resafa’ et les Renemsezara !.

Aucun de leurs souverains, depuis la fondation de la dynastie, ne prit les emblèmes de la » royauté. » — Fin du récit de Zemmor.

Les rois d’Espagne et d’Afrique, les Idrissides, les Omeyyades et les Fatimides, faisaient, pendant ces temps et plus tard, des expéditions contre les Berghouata, guerres saintes qui ont laissé de grands souvenirs.

Djàfer-Ibn-Ali [-el-Andelosi] ayant reçu d’El-Mansour-Ibn- Abi-Amer (Almanzor le Maaferite vizir des Omeyyade) le gouvernement du Maghreb, quitta l’Espagne en l’an 366 (976-7), pour aller s’établir à Basra ; mais il se laissa enlever l’autorité par son frère Yahya , lequel s’était attiré l’affection des troupes et l’amitié des émirs zenatiens.

Ayant alors pris la résolution de faire la guerre sainte aux Berghouata. entreprise qui paraissait des plus méritoires, Djâfer marcha contre eux à la téte de la milice andalousienne et des troupes maghrebines.

Ayant rencontré les ennemis dans le cœur même de leur pays, il essuya une telle défaite, qu’à peine put-il rame ner, auprès de son frère, à Basra, quelques débris de son armée.

Rappelé, ensuite, par El-Mansour, il partit pour l’Espagne, lais sant son frère Yahya à la tête du gouvernement *.

En l’an 368 (978-9)*, les Berghouata eurent à soutenir une guerre contre les Sanhadja qui, sous les ordres de Bologguîn- Ibn-Zîri, avaient envahi le Maghreb.

Déjà les Zenata s’étaient enfuis devant lui et avaient cherché un asile au pied des fortifications de Ceuta, position presque inabordable à cause de la difficulté des approches.

Bologguîn tourna donc ses armes contre les Berghouata, et ayant rencontré leur armée qui venait au-devant de lui sous la conduite d’Abou-Mansour-Eïça, fils d’Abou-‘l- Ansar, il la mit en pleine déroute. Abou-Mansour et une grande partie de ses troupes trouvèrent la mort sur le champ de ba taille.

Le vainqueur envoya ses prisonniers à Cairouan et fit encore plusieurs expéditions contre les Berghouata, tant qu’il resta en Maghreb. Il quitta ce pays en l’an 372 (982-3) et reprit le chemin de sa capitale, mais il mourut avant d’y arriver.

Je n’ai pu découvrir qui régna sur les Berghouata après Abou-Mansour ; mais je sais que les troupes d’El-Mansour-Ibn- Abi-Amer portèrent la guerre chez eux en 389, époque où son fils Abd-el-Mélek[-el-Modaffer] rentra en Espagne, après avoir dirigé une expédition contre Zîri-Ibn-Atïa et confié le gouvernement du Maghreb à son affranchi Ouadeh.

La première entreprise de Ouadeh fut de marcher contre les Berghouata avec les milices [andalousiennes], les émirs de ces provinces et les populations soumises à ses ordres.

Dans cette expédition, il fit subir à l’ennemi des pertes énormes tant en tués qu’en prisonniers.

Plus tard, les Berghouata eurent à combattre les Beni-Ifren.

Vers le commencement du cinquième siècle de l’hégire, une guerre avait éclaté entre les descendants de Yala-Ibn-Mohammed-el-Ifreni et ceux de Zîri-Ibn-Atïa-el-Maghraoui.

Les premiers enlevèrent à leurs adversaires la ville de Salé, et Temim-Ibn-Zîri, petit-fils de Yala, qui avait alors succédé au commandement de la tribu, s’installa dans la place conquise afin de pouvoir attaquer plus facilement ses voisins, les Berghouata, et de faire ainsi la guerre sainte.

Un peu plus tard que l’an 420 (1029), il commença des  hostilités contre eux et y déploya un zèle extraordinaire.

Leur ayant tué beaucoup de monde et fait un grand nombre de prisonniers, il leur enleva Temsna et y établit un de ses officiers comme gouverneur. Après la mort de Temîm, les Berghouata réparèrent leurs pertes, mais enfin les Almoravides étendirent sur eux leur domination.

Ce peuple, étant sorti de ses déserts, pénétra dans le Maghreb et prit d’assaut un grand nombre de places fortes situées, les unes, dans le Sous-el-Acsa, et, les autres, dans les montagnes habitées par les Masmouda; ensuite il lui sembla bon de faire une guerre sainte aux Berghouata qui se trouvaient dans la province de Temsna et surle littoral de l’oc cident.

En conséquence de cette résolution , Abou-Bekr-Ibn- Omar, émir des Lemtouna, marcha contre eux à la tête de ses Almoravides et leur livra plusieurs batailles.

Dans un de ces conflits, lequel eut lieu en l’an 450 (1058), Abd-Allah-Ibn- Yacîn le guezoulien trouva le martyre et mourut les armes à la main. Abou-Bekr et ses successeurs ne cessèrent de combattre les Berghouata jusqu’à ce qu’ils les eurent totalement exterminés.

Quand les Berghouata étaient sur le point de succomber, ils avaient pour chef un nommé Abou-Hafs-Abd- Allah, descendant d’Abou-Mansonr-Eïça , fils d’Abou-‘l-Ansar-Abd-Allah , fils d’Abou-Ghofaïr-Mohammed, fils de Moâd, fils d’Elîça, fils de Saleh, fils de Tarîf.

Il mourut sur le champ de bataille, et, avec lui, succomba la puissance de sa nation.

Les débris de cette secte furent exterminés par les Almoravides; louanges en soient à Dieu, seigneur de tous les êtres .

berber juifs

Ils se trompent, ceux qui regardent les Berghouata comme un peuple zenatien. « Quelques personnes disent que Saleh était » juif, que son père se nommait Chemaoun[Simon]-Ibn-Yacoub » et qu’il avait passé ses premières années dans Berbat *.

Ayant » alors fait le voyage de l’Orient, il étudia sous Abd-Allah le » le motazelite», et, après s’être adonné à la magie et à plusieurs autres sciences, il repartit pour l’Occident et se fixa » dans Temsna.

Là, il trouva quelques tribus berbères plongées u dans l’ignorance ; il afficha devant elles une grande austérité » de mœurs et parvint à les fasciner par son éloquence. Ayant » ainsi gagné leur appui, il commença à jouer le rôle de pro- » phète. On lui donna le surnom de Berbati, c’est-à-dire natif » de Berbat, vallée dans les environs de Xérès, en Espagne. » Les Arabes changèrent ce mot en Berghouati pour le plier au » génie de leur langue. »

— Nous rapportons ici les paroles de l’auteur du Nadm-el-Djouhcr dont les opinions, à ce sujet, s’accordent avec celles de plusieurs autres généalogistes qui se sont occupés des Berbères.

Tout cela n’est cependant qu’un tissu d’erreurs qui sautent aux yeux, car les Berghouata n’appartenaient pas à la race zenatienne ; on en voit la preuve dans la localité qu’ils habitaient1 et dans les rapports de bon voisinage qu’ils entretenaient avec leurs frères, les Masmouda.

Quant à Saleh-Ibn-Tarîf, c’est une chose reconnue qu’il était berghouatien de naissance ; il est d’ailleurs impossible qu’un intrus, un individu d’origine étrangère , puisse réussir à subjuguer des pays et des tribus *.

Enfin, nous le répétons, c’est une chose avérée que la personne dont il s’agit appartenait réellement à la tribu des Berghouata, branche des Masmouda.

Sorcellerie moderne Marocaine
Sorcellerie moderne Marocaine

Les Bergwata par  IBN ABÎ ZAR’ du RAWD AL-QIRTÂS

Quand Abd Allah ben Yassyn arriva au pays de Temsna, il apprit que, sur les bords de la mer, vivaient des tribus Berghouata en nombre considérable, et que ces tribus étaient idolâtres, infidèles, perverties, et suivaient une détestable religion ; on lui raconta que les Berghouata ne descendaient ni d’un seul père, ni d’une seule mère, mais que c’était un mélange de plusieurs tribus berbères, réunies dans le temps sous les ordres de Salah ben Thryf, qui prétendait.

Être prophète et vint fixer sa résidence à Temsna, sous le règne de Hischam ben Abd el-Malek ben Mérouan ; il était originaire (que Dieu le maudisse !) de Bernatha, forteresse de la province de Chedouna (Sidonia), en Andalousie, et ses premiers disciples furent appelés Bernathy, dont les Arabes firent Berghouaty, d’où leur nom de Berghouata. Salah ben Thryf, le prétendu prophète, était un scélérat, de race juive, descendant des Ouled Chemaoum ben Yacoub (à lui le salut !) ; et avait surgi, en effet, à Bernatha, en Andalousie.

De là il était allé en Orient, et s’était instruit chez Obeïd el-Moutazly el-Kadary, auprès duquel il s’occupa de magie et acquit beaucoup d’art ; alors il revint au Maghreb et s’établit à Temsna où il trouva une population de Berbères ignorants, aux yeux desquels il fit briller l’Islam en leur prêchant la continence et la piété.

Puis il commença à s’emparer de leur esprit et de leur affection par sa magie, son éloquence et les tours de toute espèce dont il les émerveillait, au point que ces Berbères ne tardèrent pas à croire à ses vertus et à sa sainteté, qu’ils en fi rent leur chef et suivirent ses conseils dans toutes leurs affaires, se soumettant à ses ordres et à ses défenses.

Tombe berbère Bergwata (Maroc)
Tombe berbère Berghwata (Maroc)

Ce fut alors qu’il se prétendit prophète, et prit le nom de Saleh el-Moumenyn (le vertueux parmi les Croyants), leur disant :

«Je suis bien le Saleh el-Moumenyn dont Dieu a parlé dans son livre chéri, qu’il a fait descendre à notre seigneur Mohammed (que Dieu le couvre de sa miséricorde et du salut !)» et en même temps il établit une religion qu’ils adoptèrent.

C’était en l’an 125. Cette hérésie, instituée par Salah ben Thryf, consistait à le reconnaître pour prophète, à jeûner pendant le mois de radjeb, et à manger pendant le ramadhan, à faire dix prières, dont cinq pendant la nuit et cinq pendant le jour.

Chaque personnes était tenu de faire un sacrifice le 21 de moharrem ; il leur prescrivait dans les ablutions de se laver le nombril et les hanches, de prier en remuant la tête seulement sans se prosterner le front contre terre, excepté dans la dernière rikha, pendant laquelle ils devaient se prosterner cinq fois ; de dire, en commençant à manger ou à boire besm Yakess, (au nom de Yakess le djin), prétendant que cela voulait dire besm Allah (au nom de Dieu) ; de payer la dîme de tous les fruits; il leur permettait d’épouser autant de femmes qu’ils voulaient, à l’exception de leurs cousines, avec lesquelles il leur défendait de se marier ; ils pouvaient répudier et reprendre leurs femmes mille fois par jour si bon leur semblait, les femmes n’étant jamais défendues ; il leur ordonnait de tuer le voleur partout où ils se trouveraient, prétendant que le sabre seul pouvait le purifier de sa faute ; il leur permit de payer le prix du sang avec des boeufs, il leur défendit la tête de toute espèce d’animaux et les volailles comme des choses sales et répugnantes.

Juif Kabbaliste
Juif Kabbaliste et un coq. 

Quant aux coqs, attendu qu’ils indiquaient les heures de prière, il était défendu de les tuer et d’en manger sous peine de rendre la liberté à un esclave ; il leur prescrivait encore de lécher la salive, de leur gouverneur en guise de bénédiction ; et, en effet, lorsqu’il crachait dans la paume de leurs mains, ils léchaient religieusement ces crachats, ou ils les emportaient soigneusement à leurs malades pour assurer la guérison.

Il leur fit un (faux)  Koran pour lire leurs prières dans leurs temples, prétendant que ce Koran lui avait été inspiré et envoyé par Dieu très-haut.

Celui qui mettait en doute un seul de ces préceptes était infidèle.

Autre satanique vaudou  avec un coq.

Le Koran de Ben Thryf avait quatre vingts chapitres, qui se nommaient pour la plupart des noms des prophètes ; il contenait les chapitres suivants : Adam, Noé, Job, Moïse, Aaron, Asbath, les douze tribus, Pharaon, les fils d’Israël, le coq, la perdrix, la sauterelle, le chameau, Harout et Marout, Eblis, la résurrection, les merveilles dit monde.

Il prétendait que ce livre renfermait la science suprême ; il prescrivait encore de ne point se laver après le coït, à moins que ce ne fût un coït criminel.

Mais nous avons déjà parlé plus complètement de ces Berghouata et de leurs rois dans notre grand ouvrage intitulé : Zohrat el-Boustan fi Akhbar el-Zeman ou Deker el-Moudjoub bi mâ ouakâ fi el-Oudjoud, «Fleurs des jardins sur l’histoire des temps anciens, et récits des faits qui se produisent dans ce monde.»

L’auteur de ce livre (que Dieu, lui pardonne !) continue son récit: Lorsque Abd Allah ben Yassyn fut informé de l’état d’ignorance et des erreurs des Berghouata, il vit qu’il fallait commencer par leur déclarer la guerre, et il se mit en campagne avec son armée de Morabethyn (Almoravides)  pour les attaquer.

Les Berghouata avaient alors pour émir Abou Hafs Omar ben Abd Allah ben Aby el-Ansâry ben Aby Obeïd ben Moukhled ben Elyas ben Salah ben Thryf el-Berghouaty, le faux prophète.

Il y eut entre les deux partis une guerre terrible et sanglante. Beaucoup de monde périt de part, et d’autre ; et c’est dans un de ces combats que fi nit Abd Allah ben Yassyn el-Djezouly, le chef et le directeur des Morabethyn. Couvert de blessures sur le champ de bataille, il fut transporté, dans son camp ; respirant à peine, il fit rassembler immédiatement les cheikhs et les chefs Almoravides et leur dit :

«Morabethyn! Vous êtes dans le pays de vos ennemis, et je vais mourir aujourd’hui sans doute ; prenez garde d’être lâches ou faibles et de vous laisser décourager ! Que la vérité vous ne l’un à l’autre ; soyez frères en l’amour de Dieu Très-Haut, et gardez-vous de la discorde et de l’envie dans le choix de vos chefs, car Dieu donne la puissance à qui bon lui semble, et charge celui qui lui plaît d’entre ses esclaves d’être son lieutenant sur la terre ! Je vais me séparer de vous ; choisissez donc celui qui vous gouvernera, qui veillera sur vos intérêts, conduira vos armées, combattra vos ennemis, partagera le butin entre vous et percevra vos aumônes et vos dîmes.»

Portrait authentique, d’Abu Bakr Ibn Omar  aussi appelé Abou Dardai (mort vers 1088) est un chef et roi almoravide. Il est originaire de la tribu berbère des Lemtuna, faisant partie de la confédération Sanhadja, la plus puissante des tribus berbères. 

Les Morabethyn décidèrent à l’unanimité de nommer Abou Beker ben Omar le Lemtouna, que ben Yassyn leur avait précédemment donné pour chef avec l’assentiment des cheikhs Senhadja. Abd Allah ben Yassyn mourut le soir même, jour du dimanche 24 djoumad el-aouel 451 (1059 J. C.).

On l’ensevelit dans un endroit nommé Kerifla, et on bâtit une mosquée sur sa tombe. Abd Allah ben Yassyn était très austère, et pendant tout le temps qu’il resta au Maghreb, il ne mangea point de viande et ne but point de lait, car les troupeaux n’étaient pas purs (allel) à cause de la profonde ignorance du peuple. Ben Yassyn ne vivait que de gibier; mais cela ne l’empêchait point de voir un grand nombre de femmes; chaque mois il en épousait plusieurs et s’en séparait successivement; il n’entendant pas parler d’une jolie fille sans lai demander aussitôt en mariage.

Il est vrai qu’il ne donnait jamais plus de quatre ducats de dot. Voici un signe de sa bénédiction.

Les Morabethyn qui le suivirent dans ses expéditions au Soudan se trouvèrent un jour sans eau et sur le point de mourir de soif. Abd Allah ben Yassyn, ayant lait ses ablutions avec du sable, récita deux rikha et implora le Très-Haut. Les Morabethyn, se confiant à sa prière, reprirent courage, et quand il l’eut terminée il leur dit : «Creusez l’endroit sur lequel j’ai prié, ils creusèrent, et à un empan de profondeur ils trouvèrent une eaux douce et fraîche dont ils se désaltérèrent ainsi que leurs animaux, et remplirent leurs autres.

Cette bénédiction dont il était revêtu lui permit aussi, entre autres choses, de jeûner depuis le premier jour de sa venue dans le Maghreb jusqu’à sa mort. (Que Dieu lui fasse miséricorde !)

Et la principale de ses bonnes oeuvres fut d’introduire chez tout un peuple la Sonna et la réunion (dans les mosquées), qu’il affermit en décrétant que celui qui manquerait à la prière dans les mosquées recevrait vingt coups de nerf, et que celui qui en manquerait une partie en recevrait cinq coups.

« Nous sommes là pour nous purifier des esprits maléfiques »: comme des milliers d’autres Marocains, « Madame Khayat » participe au festival de Sidi Ali, dans l’arrière-pays de Meknès, au Maroc, un rendez-vous insolite où la religion musulmane côtoie croyances populaires et sorcellerie. A quelques dizaines de km de la capitale impériale, perdu en pleine campagne, Mghrassyine est une bourgade rurale comme il en existe des milliers. Inspiré du soufisme –une pratique parmi les plus répandues au Maroc–, le moussem (« festival ») de Sidi Ali Ben Hamdouch qui s’y déroule chaque année en fait toutefois une terre sacrée pour les uns, impie pour les autres. Les fidèles viennent y vénérer cette figure du XVIIe siècle essentiellement pour les vertus magiques qui lui sont prêtées. Outre Sidi Ali, venu selon la légende de Syrie, ils invoquent une autre figure mythique, Lalla Aïcha, fille présumée du roi du Soudan, qualifiée de « reine des génies » et qui serait dotée, elle aussi, de pouvoirs surnaturels. «  Inutile de vous dire que les enfants des berghwata sont bel et bien encore vivant.

Les Barghawata (ou encore Barghwata ou Berghouata) étaient une confédération tribale berbère païenne, rassemblant des tribus païenne Masmouda. Après avoir été alliés à une rébellion  des sectaires kharijites Sufrite (‘les khawarij étais allié avec les mécréants contre les musulmans voire Ibn Jawzy ou Taymyya) échouée dans le nord de l’actuel Maroc contre les Omeyyades, ils établirent entre 744 – 1058) un royaume satanique dans la région de Tamesna sur les côtes de l’Atlantique actuellement entre Safi et Salé dans l’actuel capitale du Maroc sous l’égide de Tarif al-Matghari.

Après la la révolte de Maysara (739-742), les berbères de Barghawata formèrent leur propre état sur les côtes de l’océan Atlantique entre Safi et Salé

Le Royaume de Barghawata développa une fausse  religion (influencé par le judaïsme) avec quelques éléments du Chiisme mais surtout du paganisme. Avec un faux live révélé en Berbère ayant 80 sourates sous le règne de Salih Ibn Tarif qui avait pris part au soulèvement de Maysara. Il s’est autoproclamé prophète puis le dernier Mahdi, et puis enfin le compagnon d’Issa (Jésus). (ibn Khaldoun, histoire des berbères)

Le djin Shmaharouh est adoré au Maroc, un shaykh saoudien qui fait la da3wa a fait un reportage sur l’adoration des djin dans ce pays, il à trouvé des gens qui ne connaissait pas la fatiha, aucune adoration pour Allah,  que du shirk c’étais consternant !

Les Barghawatas domineront sur Tamesna plus de trois siècles entre 744 et 1058. Sous la succession de Salih Ibn Tarif, Ilyas Ibn Salih, Younous (842-888) et Abou Ghoufaïl (888-913) la position du royaume tribale a été consolidée et des missions étaient envoyées régulièrement aux tribus voisines. Ayant initialement de bonne relation diplomatique avec le Calife Omeyyade de Cordoue, cette dernière fut arrêtée à la fin du 11e siècle avec le règne des Omeyyades. Deux incursions Omeyyades, ainsi que des attaques des Fatimides avaient mis en péril la stabilité de ces sauvages berbères païens Barghawata. Depuis le xie siècle une intense guérilla éclata avec des fractions des Banou Ifrane. Malgré la position précaire des Barghawatas, ils étaient capables de se défendre contre les attaques des nouveaux converties a l’islam une tribu berbère de Mauritanie – sénégal  : les Almoravides – le leader spirituel des Almoravides, Ibn Yassine, a été tué en martyr par leurs viles mains dans une bataille en 1058.

C’est seulement qu’en 1149 que les Barghawata ont été totalement éliminés en tant qu’état  par les Almohades  

  • Tarif al Matghari
  • Salih ibn Tarif le faux prophète ou le petit Dajjal
  • Ilyas ibn Salih
  • Younous ibn Ilyas
  • Abou Ghafir Muhammad
  • Abou al-Ansar Abdoullah
  • Abou Mansour Issa
  • Ibn Ishaq al-Attar
  • Sanan Ibn Haroun,
  • Abü Dâwud
  • Ibn Mâja
  • Sahih Ibn Mâja
  • Houmayd

Sources

  • Ibn al-Khaldun , histoire des berbères
  • Ulrich Haarmann, Geschichte der Arabischen Welt. C.H. Beck München, 2001.
  • John Iskander, Devout Heretics: The Barghawata in Maghribi Historiography, in The Journal of North African Studies Volume 12, 2007, pages 37–53.
  • Stephan und Nandy Ronart, Lexikon der Arabischen Welt. Artemis Verlag, 1972.
  • Mohammed Talbi, Hérésie, acculturation et nationalisme des berbères Bargawata, in Premier congrès des cultures Méditerranéennes d’influence arabo-berbère, Alger 1973,217-233.
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