Révolte des vils Khawarij contre le calife Uthman (radi Allah anhu) et apparition de la secte juive appelé « ‘Chiisme » par al-Tabari :

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Ancienne photo de Kufa qui fut capital du califat rashidun sous ali (radi Allah anhu) et sous As-Safah et Abu Jafar al-Mansur l'abbasside
Ancienne photo de Kufa qui fut capital du califat rashidun sous ali (radi Allah anhu) et sous  ls califes abbassides As-Safah et Abu Jafar al-Mansur

CHAPITRE LXXXVIIl REVOLTES des Khawarij contre le calife  OTHMÀN 

La première cause des révoltes qui à partir de cette époque surgirent partout contre l’autorité d’Othmàn,  fut le bannissement des sept habitants de Koufa.

Ceux ci ne pouvant demeurer avec Abd er Rahmân demandèrent l’autorisation de le quitter.

On leur permit d’aller où ils voudraient et tous excepté Mâlik qui désirait rester auprès d’Abd er-Rahman revinrent à Koufa.

Au commencement de l’an 34 Othmàn,  appela Sa’îd fils d’Al-Àc à Médine.

Il assigna aussi à plusieurs chefs d’armée de Koufa des commandements et les fit partir pour différents postes. Il envoya Asch’ath fils de Qaïs dans l’Aderbîdjàn son frère Saîd fils de Qaïs à Reï, Nosaïr de la tribu d’Idjl à Hamadàn,  Sàïb fils d’Al-Aqra à Ispàhàn,  Nehàwend et Dinwer, Hakîm al Hizàmî à Mossoul et Salmàn al Bàhilî à Derbend des Khazars.

Vue sur les ruines du Dar al-Imara de la ville de Kufa, qui fut le palais d u gouverneur Rashidun et Omeyyade (Iraq)
Vue sur les ruines du Dar al-Imara de la ville de Kufa, qui fut le palais du gouverneur Rashidun et Omeyyade (Iraq)

Après le départ de ces généraux il ne resta à Koufa qu’un petit nombre de troupes.  Il y régnait une grande fermentation et les esprits étaient hostiles à Saîd et à Othmàn. Thàbit fils de Qaïs l un des sept qui avaient été exilés avait un frère nommé Yezîd.

Celui ci après le départ de Saîd dit : « Je veux exciter une émeute contre le gouvernement d’Othmàn et cesser de reconnaître son autorité de souverain. »

Il se rendit à la mosquée de Koufa et parla ainsi au peuple : « Vous savez quelle est la conduite d’Othmàn depuis tant d’années et comment il a abandonné la voie du Prophète et des deux califes précédents ?  »

Après avoir ainsi dit beaucoup de mal d’Othmàn,  Yezid ajouta  : « Comme il a remplacé Walid par Saîd sans égard pour nos désirs nous à notre tour nous cesserons maintenant de lui obéir. »

Amr fils de Houraïth qui était le lieutenant de Saîd averti des menées de Yezîd se rendit à la mosquée monta en chaire et harangua le peuple en ces termes :  » Musulmans ne vous jetez pas dans la rébellion ! Vous savez qu’il n y a jamais eu de rébellion à Koufa et que Dieu n’approuve pas les rébellions.  »

Qa’qà fils d’Amr ayant appris que Yezîd soulevait le peuple vint avec quelques uns des siens le sabre au cou,  à la mosquée.

Il vit Amr sur la chaire haranguant le peuple et du côté opposé Yezid au milieu d’un grand nombre d’émeutiers.  Oa’qà dit à Yezîd : « Qu’êtes vous venus faire ici ! »

Yezid n’osa pas répéter ce qu’il avait dit auparavant mais il dit : « Nous sommes venus pour nous plaindre de Saîd » .

Qa’qà apostropha vivement cette foule qui se dispersa  : « Si vous avez à vous plaindre leur disait-il il ne faut pas faire d’émeute il faut aller à Médine et demander à Othmân de vous donner un autre gouverneur ».

Yezîd délibéra avec son frère et lui dit : « Il faut que Mâlik al Aschtar et ses compagnons soient ici afin qu’un autre que moi tienne le même langage. »

Ils envoyèrent aussitôt un messager vers les personnes qu on avait députées à Médine et leur écrivirent  : » Les habitants de Koufa sont avec vous si Said revient empêchez le de rentrer dans la ville »

Ils adressèrent aussi une lettre à Mâlik pour qu’il revint à Koufa. Màlik était le meneur des habitants notables de la ville et aussitôt qu’il fut arrivé il réunit autour de lui un parti nombreux.

Il dit : « J’arrive d’Emesse mais j’ai appris que Saîd a porté plainte contre vous devant Othmàn.  Il lui a dit qu’ il faudrait employer la rigueur envers vous et chasser ceux des basses classes. « 

Alors tous se conjurèrent avec Màlik dans le but de ne plus laisser Saîd rentrer dans la ville.

Or Othmàn renvoya Said à Koufa.

Lorsque la nouvelle de son retour arriva à Koufa,  Màlik fit proclamer que tous ceux qui voudraient se joindre à Màlik pour empêcher Saîd de rentrer, sortissent de la ville.

L'ancienne mosquée de Kufa en 1915, Iraq La Mosquée de Kufa en Irak (639 JC) fut construite  sous  l'ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa'd ibn Waqqas radi Allahu.
L’ancienne mosquée de Kufa en 1915, Iraq,  la Mosquée de Kufa en Irak (639 JC) fut construite sous l’ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu) par le général Sa’d ibn Waqqas radi Allahu.

 

Un grand nombre de personnes gens notables et gens du peuple se réunirent et allèrent à la rencontre de Saîd.

Celui ci qui n’était accompagné que de dix esclaves en voyant cette armée, eut peur.  On lui dit : « Retourne;  les habitants de la ville ne veulent pas de toi ».

Saîd répliqua : « A quoi bon cette armée ?  Il fallait envoyer un député à Othmàn pour lui demander de ne point m’envoyer « .

Ils repondirent :  » Nous ne voulons ni de toi ni d’Othmàn ».

Saîd disposait à s en retourner lorsque quelqu’un lui dit :  » Si ceux-ci ne veulent pas de toi il y en a d autres qui veulent de toi  »

Mâlik tua cet homme et dit à Sa îd : « Dis à Othmân d’envoyer de nouveau Abou Mousa ».

Saîd étant retourné auprès du calife Othmàn lui fit part de ce qui venait de se passer, Othman nomma Abou Mousa gouverneur de Koufa et adressa aux habitants de Koufa une lettre ainsi conçue  : « J’ai appris que vous ne voulez pas recevoir Saîd et que vous lui refusez l’entrée de la ville.  Je vous envoie donc Abou Mousa. « 

Les habitants vinrent au devant d’Abou Mousa et lui firent bon accueil. Abou Mousa leur dit qu’il était envoyé par Othmàn puis il rendit à la grande mosquée monta en chaire et harangua le peuple.

Musulmans dit-il  : « obéissez à votre imàm car j’ai entendu dire au Prophète ces paroles  : Tuez quiconque excite à la révolte. « 

Ensuite Abou Mousa fit l’éloge d’Othmân.

Les assistants répondirent  : « Nous reconnaissons l’autorité d’Othmàn sois notre gouverneur. »

Abou Mousa après s’être rendu dans sa maison écrivit à Othmân que les habitants de Koufa étaient complètement soumis à l’autorité.

Les agents d’Othmàn dans toutes les villes étaient des descendants d’Omayya (Banu Umayyah).

Quand il relevait l’un d’eux de ses fonctions il le remplaçait toujours par un autre de la même famille. *

De même que les habitants de Koufa étaient mécontents de Saîd, les habitants de l Egypte se plaignaient d’Abd allah ibn Abou Sarh.  Othmân avait une sœur nommée Oumm Kolthoum qu’ il avait donnée en mariage à Amrou fils d’Al-Aç .

Celui ci quand il fut destitué par Othmân de son gouvernement d’Égypte répudia Oumm Kolthoum.

Othmân fut très blessé de ce procédé et en garda rancune à Amrou.

Sa’d fils d’AbouWaqqàç avait aussi des griefs contre Othmàn de meme  qu’Alî.

Ce dernier avait différentes choses à lui reprocher la principale était qu’Othmàn le tenait éloigné de lui qu’il ne le consultait pas et qu’il ne l’honorait pas comme avaient fait Abou Bekr et Omar .

Abdallah fils d’Abbàs était dans les mêmes sentiments.  Toutes ces personnes tenaient constamment des propos hostiles contre Othmân.  On lui reprochait de tenir éloignés des affaires les compagnons du Prophète et d’employer seulement les descendants d’Omayya d’avoir sur l’avis de Moâwiya envoyé en exil Abou Dserr d’avoir rappelé Merwàn fils d’Al Hakam qui après son apostasie avait été exilé par le Prophète et d’en avoir fait son vézir  .

Quand on sut que les compagnons du Prophète étaient animés de ces sentiments il arriva de toute part à Médine des lettres dans lesquelles des plaintes étaient formulées contre Othmân.

Celui ci n’en tint aucun compte.

Un jour on se réunit à la mosquée et après avoir parlé de la conduite d’Othmàn on convint de lui députer une personne pour l’engager à abandonner ses errements et dans le cas où il s y refuserait de lui ôter le califat.  On lui envoya donc Àmir fils d’Abdallah.  Celui ci s’étant rendu auprès d’Othmàn lui dit : « Le peuple s’est réuni dans la mosquée,  on te reproche telles et telles actions et notamment d’avoir abandonné la voie du Prophète et des deux califes.  Ö Othmàn ! ajouta t-il,  crains Dieu. »

Othmân répondit :  » Comment ose t’on me dire de craindre Dieu ?  Tu ne connais pas Dieu.  »

Je connais Dieu ! répliqua Amir et je sais que c’est à lui que les oppresseurs iront rendre compte.  Amir quitta ensuite Othmàn dans la maison duquel les compagnons du Prophète ne mirent plus les pieds.

Othmàn adressa des lettres à tous ses agents et les convoqua à Médine.  Quand ils furent arrivés il les réunit et leur dit : « L’autorité échappe de mes mains la rébellion s’est étendue de Koufa à Médine et a envahi tous les esprits. Que me conseillez vous de faire  ?  »

Merwân dit  » Prince des croyants il faut examiner quels sont les agents qui agissent mal,  ceux là il faut les destituer pour donner satisfaction au peuple ».

Les autres répliquèrent : « Si notre conduite était mauvaise on se plaindrait de nous et non d’Othmàn « .

Celui ci dit : « Vous dites vrai c ‘st à moi qu’ils en veulent.  Qu’y a-t-il à faire  ?

Abdallah fils d’Amir gouverneur de Baçra dit : « Fais comme a fait Omar qui a constamment occupé le peuple dans des expéditions guerrières.  Quand les gens sont en repos il leur vient des désirs « .

Gravure de Médine ver 1850  al-Masjid al-Nawawi
Gravure de Médine ver 1850 al-Masjid al-Nawawi

Saîd fils d’Al-Aç invité à donner son avis dit : « Tous ceux que dans les villes,  on appelle les notables et dont on accepte la direction sont aussi les chefs de ces menées et ils excitent les autres. Il faut briser ceux là les autres se disperseront ».

Othmàn répliqua : « C’est comme tu le dis mais je ne peux pas le faire ».

Moàwiya prit la parole ensuite et dit : « Borne toi à maintenir Médine comme je maintiens la Syrie et comme Abdallah et Abou Mousa maintiennent Baçra et Koufa ».

Abdallah ibn Abou Sarh dit : « Prince des croyants les hommes sont tous cupides.  Distribue leur l’argent du trésor public et ils te seront attachés ».

Amrou fils d’Al-Aç parla ainsi : « O Othmàn ou plutôt prince des croyants, il n ‘y a plus personne à Médine parmi les compagnons du Prophète que tu n aies blessé.  Le peuple se plaint de ta tyrannie et de celle de tes agents. Destitue tes agents ou déclare que tu renonces au pouvoir alors tu n’auras pas la responsabilité.  Mais si tu veux tenter un coup de violence au nom de Dieu. ‘

Othmàn répliqua :  » Toi aussi tu es un de ceux qui ont le pou dans le vetement. »

Le lendemain Othmàn congédia ses agents et leur recommanda d’envoyer les hommes à la guerre.  Etant sur le point de partir Moàwiya en costume de voyage vint trouver Othmàn et lui dit : « Prince des croyants cette situation se prolonge et je crains de te laisser ici.  Tu sais que le peuple de la Syrie est soumis viens y avec moi  » .

Othmàn répondit : « Dieu me garde de quitter le lieu où se trouvent le tombeau du Prophète et la maison de la Fuite « .

Moàwiya sortit et se rendit à la mosquée toujours en costume de voyage le sabre au cou et l’arc muni de la corde.  Alî Zobaïr et Talha y étaient à causer ensemble Moàwiya les aborda leur parla longuement et termina ainsi  : « Je laisse entre vos mains ce vieillard,  ayez soin de lui comme il convient de l’attendre de votre générosité et de votre sagesse car s’il est honoré vous le serez également . »

Après le départ de Moàwiya, la situation devint plus grave.  Un jour le peuple réuni dans la mosquée formula ses griefs contre Othmàn.  Un grand nombre des compagnons du Prophète se trouvaient présents.  On leur dit  : « Vous êtes les compagnons du Prophète ! La situation est devenue intolérable. Si vous ne prenez pas l’affaire en main l’État périra .  »

Les autres répliquèrent :  » Il faut aller trouver Alî »

Ils se rendirent donc chez Alî et lui dirent  : « Cet homme excède toutes les limites et ne recule devant rien.  Fais lui entendre raisoné. »

Alî alla trouver Othmàn et lui parla ainsi :  » La situation est grave ! Le peuple se réunit constamment et aujourd’hui on est venu me trouver et l’on m a engagé à te faire des représentations à cet égard. »

Othmàn dit : «  Tu m’as déjà dit ces choses mais je ne sais comment faire. Toi père de Hasan tu es le fils de mon oncle et par cette parenté tu as droit à une part de mes privilèges.  Par conséquent si tu me protèges tu auras défendu tes propres droits . D’ailleurs on ne peut formuler contre moi que ce seul reproche de donner des commandements à mes parents.  O Alî je te conjure de me dire si tous ceux que j’ai nommés gouverneurs sont pires que Moghîra fils de Scho’ba qui a été nommé par Omar. « 

Alî répliqua :  » Omar avait le pied sur le cou de tous ses agents tandis que tu leur lâches la bride,  Moàwiya craignait Arqam l’esclave d’Omar plus qu’Omar lui même. Mais toi tu le laisses faire en Syrie ce qu’il veut et tu refuses de recevoir aucune plainte.  Maintenant je t’ai averti fais ce que tu voudras. « 

Alî vint à la mosquée et rendit compte à ses compagnons de sa conversation avec Othmàn. Othmàn après cette entrevue fit au peuple un sermon dans lequel il disait :  » Musulmans je suis l’émir des croyants et c’est à moi de leur commander.  Sachez que toute chose a un mauvais côté. Le mauvais côté des bonnes actions c’est de susciter des envieux et des détracteurs.  »

Il exhorta ainsi le peuple et ajouta  : « Je n’ai pas pris un denier du trésor public pour moi tandis qu’Abou Bekr et Omar faisaient supporter au trésor leur subsistance et celle de leurs familles et cela est permis au souverain.  Si l’on dit que je donne des commandements à mes parents je réponds qu’Omar a nommé aussi ses parents car le chef religieux doit avoir le pouvoir de nommer qui il veut,  Omar a donné des commandements à des personnes qui ne valaient pas les agents que j’ai nommés et vous n’osiez pas parler comme vous faites maintenant car Omar vous tenait subjugués et il vous foulait sous son pied.  Mais moi je vous traite avec douceur et je plaisante avec vous c’est pour cela que vous êtes devenus hardis envers moi. Par Dieu je suis plus haut et plus grand qu’Omar et personne n’égale ma noblesse et cependant je laisse faire en gardant le silence et en usant de douceur.  Maintenant cessez de me faire parvenir ces plaintes. « 

Après avoir prononcé ce sermon Othmàn descendit de la chaire au pied de laquelle se tenait Merwàn .

Celui ci s écria : « Si vous voulez laissons le sabre décider. »

Othmàn lui dit : « Ne t’ai je pas ordonné de te taire quand je parle. »

Othmàn sortit ensuite de la mosquée et rentra chez lui et le peuple se dispersa.

En cette année trente quatrième de l’hégire Othmàn accomplit le pèlerinage.

Tous ses agents s y trouvaient et il n’y eut de plainte contre aucun d’eux,  Othmàn s’en réjouit.

En l’an 35 Abdallah fils de Sabà le juif, proclama la doctrine du second avènement du Prophète et un grand nombre de personnes acceptèrent cette croyance ce qui fut la cause de révoltes contre l’autorité d’Othmàn

Juif yéménite, voilà à quoi devais ressemblé le fondateur du chiisme,   le rabbin Abdallah ibn Saba qu’Allah le maudit !

CHAPITRE LXXXIX APPARITION DE LA DOCTRINE DU SECOND AVÈNEMENT RÉVOLTES CONTRE OTHMÀN (le Chiisme)

Abdallah fils de Sabà était un juif du Yemen qui avait lu les anciens livres et qui était très savant. Il vint à Médine pour faire profession de foi musulmane entre les mains d’Othmàn espérant que celui-ci aurait des égards pour lui . Mais Othmàn ne lui accorda aucune attention et Abdallah se mit à médire partout du calife . Quand celui-ci en fut informé il s écria : « Quel est donc ce juif ? »

Et il le fit chasser de Médine.

"La bannière (chiite) du Qa'im"...  Typique des  kabbalistes.
« La bannière (chiite) du Qa’im »… Typique des kabbalistes.

Abdallah se rendit en Egypte où il se forma autour de lui un parti nombreux qui le tenait en grand honneur à cause de sa science.  Lorsqu il fut assuré du son influence  surces gens il exposa sa doctrine en ces termes : « Les chrétens disent que Jésus reviendra en ce monde.  Mais les musulmans ont plus de droit de prétendre que Mohammed reviendra car il est dit dans le Coran  : Certes celui qui ta donné le Coran te ramènera au point de ton départ ».  (Surate xxviii vers 85). Un certain nombre de gens acceptèrent cette croyance et lorsqu’elle eut pris racine Abdallah en une autre. Dieu disait-il a eu en ce monde cent vingt quatre mille prophètes et chacun de ces prophètes avait un ministre vézir. Or le ministre et lieutenant de Mohammed étais Alî et c’est lui qui devait lui succéder.  Othmàn s’est emparé illégitimement du pouvoir car lorsque Omar établit le conseil d’élection tous les membres étaient d’accord proclamer Alî et Abd er R hmàn fils d’Auf avait déjà pris sa main pour lui prêter serment mais Ali fut trompé par Amrou fils d’Al-Aç de sorte qu’Abd er Rahmàn prit la main d’Othmàn et prêta le serment à ce dernier,  Othmàn a donc usurpé le pouvoir. « 

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As radi Allah anhu en 641 lors de la prise de l’Egypte.  Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l’Égypte.

Les hommes adoptèrent cette doctrine et quand elle fut, ainsi que l’autre,  bien entrée dans leurs esprits Abdallah le Juif  dit : « Exhorter à bien faire est un devoir tout comme la prière et le jeûne car il est dit dans le Coran : »Vous êtes le meilleur de tous les peuples qui se soient produits parmi les hommes vous prêchez le bien et vous interdisez le mal »( Surate III vers 106). En ce moment nous ne pouvons rien contre Othmàn nous ne pouvons pas chasser ses agents et nous devons supporter leur oppression . Mais nous allons les exhorter à cesser de faire le mal « .

Abdallah (le juif) voulait ainsi encourager les hommes contre les agents d’Othmàn.

Le peuple ayant été séduit par la doctrine du second avènement du Prophète et du droit d’Alî à l’autorité,  s’y rallia et déclara Othmàn infidèle.

Mais on gardait cette croyance secrète tandis que publiquement on prêchait le devoir de faire le bien.  Or de tous les agents d’Othmàn le plus mauvais était Abdallah fils de Sa’d fils d’Abou Sarh gouverneur d’Egypte.

Les gens d’Egypte adressèrent partout des lettres dans lesquelles ils formulèrent des plaintes contre Abdallah et contre Othmàn et l’on se concerta pour déposer Othmàn et mettre un autre à sa place.

Mais dans aucune lettre on ne mentionna le nom d’Alî .

Les agents du calife eurent connaissance de cette correspondance entre les différentes villes.

Les conjurés convinrent d’envoyer tel mois et tel jour un certain nombre de gens à Médine de déposer Othmàn et de mettre à sa place l’un des compagnons du Prophète soit Ali soit Zobaïr soit Talha.

Personne ne mit en avant le nom de Moàwiya et celui ci n’avait pas de telles vues.  Cependant il causait un jour avec Ka’b al Ahbàr et celui ci lui dit  : »J’ai trouvé dans les livres qu Othmàn sera renversé et tué ».

Moàwiya dit : « Que ne puis-je connaître celui qui régnera après Othmàn pour lui faire ma cour ».

Ka’b répliqua : « C’est toi qui régneras après lui. »

 » Tu dis la vérité  ?  » demanda Moàwiya.

« Oui,  mais ce sera après bien des luttes des révolutions et après que beaucoup de sang aura été versé.  »

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
La ville de Fustat fut fondée par le général Amru ben al-As radi Allah anhu à la suite de la conquête de l’Égypte par les Arabes en 641 . Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville était le centre du pouvoir administratif de l’Égypte jusqu’en 1168, lorsqu’elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar le chiite fatimide, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. 

Ce fut à partir de ce jour que Moàwiya conçut l’idée de convoiter le pouvoir. De tous côtés il arrivait à Médine des lettres qui annonçaient que les habitants de l’Egypte s’étaient mis en rapport par correspondance avec ceux de Koufa et de Baçra et qu ils avaient formé le dessein de se rendre à Médine pour faire valoir leurs griefs auprès d’Othmàn.

Mohammed fils de Talha fils d’Obaïdallah ami d’Othmàn vint informer ce dernier du bruit qui courait;  Othmàn dit : « Si au moins je savais quels sont les hommes qui doivent arriver si ce sont des gens intelligents ou des sots ? Dans le premier cas la chose s’arrangerait facilement car j’ai des raisons à leur opposer mais s’il s agit de sots ce sera difficile.  »

Mohammed fils de Talha lui dit : « Envoie dans chaque ville un espion pour savoir quels sont les hommes qui doivent venir ».

En conséquence Othmfin fit partir des espions qui étaient chargés de s’informer dans quelle intention ces gens voulaient venir à Médine.  Ces envoyés rapportèrent l’avis qu’il viendrait des personnes sages et des sots que les notables des villes disaient qu’ils allaient faire le pèlerinage mais que d’abord ils voulaient visiter le tombeau du Prophète et rendre leurs hommages à Othmàn le prince des croyants.  Tous les espions qu’Othmàn avait envoyés revinrent excepté Ammàr fils de Yàsir.

Ruines de la Fustat fondé par amr ibn Al-As  radi Allah anhu en 641 lors de la pris de  l'Egypte Fostat (arabe : الفسطاط), aussi appelée Fustat, Al Fustat, Misr al-Fustat ou Fustat-Misr, fut la première capitale arabe de l'Égypte. La ville fut fondée par le général Amru ben al-As à la suite de la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641. .  Fostat était aux temps des dynasties omeyyades (661-750) et abbassides (750-1050) un camp fortifié. La ville connut son apogée au xiie siècle avec une population d'environ 200 000 habitants. La ville était le centre du pouvoir administratif de l'Égypte jusqu'en 1168, lorsqu'elle fut incendiée par son propre vizir, Shawar, qui voulait empêcher les croisés de piller ses richesses. Ce qui subsistait de la ville fut alors incorporé au Caire voisin. Entre le xiiie et le xve siècle, les mamelouks firent de l'endroit une simple décharge, bien qu'une population de quelques milliers d'habitants continuât d'y vivre par le commerce de poteries.
Ruines de Fustat  (al-Misr)  Egypte. 

Ammàr en effet s’était rendu dans l’Egypte dont les habitants professaient la doctrine du second avènement du Prophète et de la légitimité des droits d’Alî et déclaraient Othmàn infidèle .

En voyant au milieu d’eux Ammàr qu’ils connaissaient comme un adhérent d’Alî et un ennemi d’Othmàn,  ils lui découvrirent leur croyance et l’invitèrent à l’adopter et Ammàr l’accepta.

Ensuite ils lui dirent qu’ils étaient sur le point de se rendre à Médine pour déposer Othmàn et pour mettre à sa place Ali, qui avait plus de droit au pouvoir que lui .

Ammàr en fut content et resta avec eux en Égypte il quitta l’incognito et prit part aux conciliabules des conjurés,  Abdallah ibn Abou Sarh écrivit à Othmàn  : « Ammàr est venu ici nous ne savons dans quel but.  Quelques’uns des opposants tels et tels,  l’ont attiré à eux et l’ont séduit.  Maintenant il est jour et nuit constamment avec eux.’ 

A l époque convenue quatre hommes notables d’Egypte (Fustat) se mirent en route à la tête de leurs gens c’étaient : Abdallah d’As Saudà,  Khâlid fils de Mouldjim,  Soudàn fils de Houmràn, et Kinàna fils de Bischr.

Un certain nombre de gens de Koufa partirent également conduits par Yezîd fils de Qaïs de la tribu de Nakha de même les conjurés de Baçra.

Othmàn sachant que ces hommes venaient pour faire une sédition fit appeler Alî, Talha et Zobaïr et leur dit : « Ces hommes viennent pour susciter une sédition.  Prenez garde ! Car si le pouvoir venait à tomber d’entre mes mains, il n’irait pas à vous! ».

Alî répliqua : « Est ce que cela te regarde ?  Comment sais-tu fils de courtisane que le pouvoir viendrait ou ne viendrait pas à nous ?  »

Othman répondit : « N’insulte pas ma mère qui n’était pas inférieure aux vôtres !  Ma mère a fait profession de foi entre les mains du Prophète !  Laisse-là,  ma mère et dis ce que je te demande.  »

Alors Ali dit  :« Abou Bekr et Omar n’ont pas mis la main sur le trésor public comme toi qui en donnes l’argent à tes parents. « 

C est vrai répliqua Otbmàn, Abou Bekr et Omar n’ont rien donné à leurs parents et ils leur ont fait tort.  Ils disaient que c’est à cause de Dieu qu’ils ne voulaient pas en disposer et c’est à cause de Dieu que j’en dispose moi. Car ce n’est pas dans le trésor que l’argent doit rester il faut le distribuer aux pauvres.  Et mes parents étaient pauvres. Je leur ai donné parce que c’ est un devoir de donner aux pauvres et de secourir ses parents.  Je l’ai fait en suivant mes lumières et ma conscience.  Maintenant si vous jugez que je doive restituer cet argent au trésor je le restituerai. Vous savez que j’ai assez de fortune pour pouvoir le faire.  »

 Ruines de l'ancienne ville de ville  de Basra en Iraq, fut l'un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).
Ruines de l’ancienne ville de Basra en Iraq, fut l’un des premier camp Militaire arabe fondé en 638 par le général et compagnon du califat Rashidun Utbah ibn Ghazwan radi Allah anhu sur ordre du calife Rashidun Omar ibn al-Khattab (radiALLAH anhu).

Or Othmàn avait donné à Merwàn fils de Hakam quinze mille dirhems et à Khâlid fils d’Osaïd cinquante mille.

Alî dit  : « Si tu voulais faire l’aumône à tes parents pourquoi n’as tu pas donné mille et deux mille dirhems au lieu d’en donner cinquante mille » » .

Othmàn s’engagea à restituer au trésor ces soixante cinq mille dirhems.

Alî reprit : « S’il en est ainsi nous ne te refuserons pas notre concours.  »

Puis Alî, Talha et Zobaïr s’en allèrent. Plusieurs jours après les gens d’Egypte de Koufa et de Baçra arrivèrent près de Médine et campèrent à Dsou-Khouschoub* .

Les habitants de Médine sortirent de la ville et leur demandèrent dans quelle intention ils étaient venus ? Ils répondirent :  « Nous sommes venus pour exhorter Othmàn à faire le bien . Il y avait à Médine deux hommes qui pour un délit dont-ils s’étaient rendus coupables avaient été battus sur l’ordre d’Othmàn et qui par la suite ayant été traités par lui avec bienveillance étaient devenus ses partisans Othmàn les fit appeler et leur dit : « Allez vers ces hommes dites du mal de moi et racontez leur l’histoire de votre punition pour leur faire croire que vous êtes devenus mes ennemis .  »

Demandez leur ensuite dans quelle intention ils sont venus et quels sont leurs amis à Médine. Ces deux personnes se rendirent auprès des étrangers et les interrogèrent.

Ceux ci avouèrent qu’ils étaient venus pour renverser Othmàn et mettre un autre des compagnons du Prophète à sa place et pour le tuer dans le cas où il ne voudrait pas renoncer au pouvoir.

Puis ils nommèrent comme étant leurs alliés trois hommes de Médine savoir  : Mohammed fils d’Abou Bekr,  Mohammed fils de Djafar fils d’Abou Tàlib et Ammàr fils de Yàsir.

Les deux envoyés d’Othmàn vinrent l’informer de ces circonstances.

Le lendemain Othmàn réunit les Mohàdjir et les Ançàr et fit appeler l’un des gens étrangers il monta en chaire et prononça un discours :  O vous Mohàdjir et Ançàr »  disait- il « vous êtes les compagnons du Prophète c’est vous qui êtes les principaux représentants de la religion à laquelle vous avez rendu des services.  Or des étrangers sont venus ici qui déclarent qu’ils veulent déposer Othmàn ou s’il se refuse à renoncer au pouvoir le tuer.  Ils ne sont donc venus que pour faire de la rébellion. »

Puis il interpella les deux hommes qu’il avait envoyés auprès des insurgés et les engagea à parler.  Ces deux hommes se levèrent et dirent ce qu ils avaient entendu.

Ils ajoutèrent :  » Prince des croyants fais les tous mourir leur mort est légitime » .

Othmàn répliqua  : »Je ne veux pas les faire mourir mais je vous ai appelés vous les compagnons du Prophète afin que vous écoutiez ma justification et que vous soyez à même de réfuter les accusations que l’on porte contre moi.  Je ne veux pas employer les armes contre eux à moins qu’ils n y aient recours eux mêmes.  »

Ensuite Othmàn réfuta toutes les accusations qu’on avait formulées contre lui.

Tous les compagnons du Prophète demandèrent d’une voix unanime la mort des conjurés et l’on se sépara ensuite.

Les étrangers eux aussi retournèrent dans leurs pays disant  :

 » Les habitants de Médine et les compagnons du Prophète ont fait cause commune avec Othmàn et nous ne pouvons rien faire Mais nous reviendrons à l époque du pèlerinage et nous ne partirons pas avant de l’avoir tué. »

Ces événements se passaient au mois de rebî’a second de l’an 35 de l’hégire le douzième du califat d Othmàn.

Au mois de redjeb de la même année les conjurés se concertèrent de nouveau et quittèrent leurs villes respectives en armes et conduits par leurs chefs.

On convint de se trouver à Médine au mois de schawwâl.

Les gens d’Egypte se mirent en route au mois de redjeb déclarant qu’ils allaient accomplir la visite des lieux saints.  Ils formaient quatre groupes sous quatre chefs l’un de ces corps se composait de trois cents,  un autre de mille hommes.

Ancienne représentation, faite par un historien nestorien du calife Ali ibn Abi Talib radi Allah anhu, Ali est bien évidement innocent du shirk des chiites .
Ancienne représentation du calife rashidun Ali ibn Abi Talib radi Allah anhu, qui  est bien évidement innocent du shirk des chiites .

C étaient des gens qui professaient la doctrine du second avénement du Prophète et de l’autorité légitime d’Alî.

Mais Ali ne connaissait ni ces hommes ni leur doctrine.

Les gens de Koufa formant également quatre groupes partirent eux aussi sous le prétexte d’une expédition guerrière pour être à Médine au mois de schawwàl de même tous les autres conjurés par groupes successifs .

Arrivés aux portes de Médine ils campèrent en trois endroits différents.  Ils étaient tous d’accord dans le dessein de déposer Othmàn et de mettre un autre à sa place.

Mais les Egyptiens voulaient pour calife Alî,  les gens de Baçra Talha et ceux de Koufa Zobair.

En arrivant près de Médine les conjurés apprirent que habitants de Médine avaient pris les armes et étaient résolus à les recevoir en ennemis.

Alors ils envoyèrent deux leurs chefs  : Ziyàd fils de Naçr et Abdallah fils d’Al Açamm à Médine et leur dirent  : « Les habitants de Médine  ont pris les armes craignant quelque attentat contre leur ville et non par amour pour Othmàn.  Allez et dites leur nous venons pour renverser Ofhmàn et non pour autre chose.  S’ils n acceptent pas nos explications alors notre entreprise est manquée et nous ne pourrons rien faire.  Mais s’ils entrent dans notre dessein venez nous avertir.  »

Ces deux hommes vinrent à Médine et trouvèrent Alî, Talha et Zobaïr ensemble.

Ceux-ci leur demandèrent dans quelle  intention ils étaient venus  ?

Ils répondirent qu ils allaient accomplir le pèlerinage et qu’ils venaient à Médine demander à Othmàn de leur donner un autre gouverneur.

Alî , Talha et Zobaïr envoyèrent leurs fils à Othmàn lui donner cet avis.

Othmàn répondit :  » S’ils étaient venus pour se plaindre deux hommes auraient suffi mais dix mille hommes  ? »

Ces étrangers parcoururent la ville et déclarèrent partout qu’ils n’étaient venus que pour porter plainte contre leurs gouverneurs ils rassurèrent ainsi les habitants de Médine qui déposèrent les armes.

Voilà comment les chiites traites leurs enfants. Aucune rahma ni rien.
Voilà comment les chiites traites leurs enfants. Aucune rahma; ni dignité, ni rien.

Le lendemain cinquante hommes d’entre les étrangers vinrent trouver Alî et lui demandèrent un entretien particulier.  Ils lui révélèrent le véritable but de leur expédition et ajoutèrent  :  » C’est toi qui es le chef légitime et si Othmàn refuse de résigner le pouvoir nous le forcerons ».

Alî leur dit  :  » De quoi vous mêlez vous ? C est là l’affaire des compagnons du Prophète !  »

Mohammed fils d’Abou Bekr et Mohammed fils de Hodsaïfa avaient fait parmi les habitants d’Egypte de la propagande secrète pour Alî et Mohammed fils d’Abou Bekr avait suivi les conjurés à Médine tandis que Mohammed fils de Hodsaïfa était resté en Egypte et avait remis entre les mains des conjurés une lettre pour Alî .

 

Celui ci en prit connaissance sans faire part à personne de ce qu’elle contenait.  Il apostropha durement ces hommes qui retournèrent à leur camp.  Les chefs des gens de Baçra qui étaient allés trouver Talha et qui lui avaient parlé comme les Egyptiens avaient parlé à Ali reçurent la même réponse et retournèrent également fort embarrassés .

Amrou fils d’Al-Aç se rendit auprès d’Othmàn et lui dit :  » Change ta conduite dans les choses que l’on te reproche et crains Dieu » .

Othmàn répliqua :  » Tu as dans ta manche tant de poux que de longtemps tu ne pourras t’en débarrasser ».

– Oui, répondit, Amrou, «  toi tu as confié les affaires à Abdallah ibn Abou Sarh tandis que moi j’ai reçu des emplois du Prophète,  d’Abou Bekr et d’Omar qui tous étaient satisfaits de moi. » 

Ils disputèrent ainsi longtemps Amrou sortit ensuite et excita à la lutte tous ceux qu’il rencontra disant :  » Tuer Othmàn est un acte légitime » .

Pendant la nuit Othmân se rendit chez Alî et lui dit  : « Père de Hasan (Abu al-Hassan) tu es le fils de mon oncle si je n’ étais pas le souverain et que je te demandasse un service tu devrais me le rendre à cause de notre parenté.  Tu sais que ces hommes qui sont venus ici n’ont à formuler aucun grief contre moi si ce n’est que ma vie se prolonge et qu’ils sont las de moi.  Mais si je disparaissais si l’on me tuait il y aurait tant de troubles qu’ils me regretteront . Je suis certain que ces hommes t’obéissent.  Va les trouver et décide-les à partir.  »

AlÎ dit  : « Que puis-je leur dire pour les décider à partir  ? »

« Je ferai ce que tu voudras » répondit Othmàn.

Alî répliqua : « Jusqu’à ce jour tu as toujours fait le contraire de ce que je t’ai conseillé tu m’as préféré Merwàn l’expulsé,  Abdallah fils de Sa’d le fuyard et Moàwiya le mangeur de poussière et tu t’es mis entre leurs mains.  »

Othmàn dit :  » Maintenant je les laisse et je suivrai tes conseils » .

Alî dit  : « Je me rendrai demain auprès de ces hommes et les déterminerai à partir ».

Othmàn ayant appris qu’Ammâr exerçait son influence sur les Egyptiens fit appeler Sa’d fils d’Abou Waqqâç et l’envoya vers Alî avec ce message  : « Agis surtout sur les Égyptiens pour qu’ils partent car Ammâr a juré qu’il ne partirait pas.  »

Le lendemain Alî suivi des compagnons du Prophète auxquels sur l’ordre d Othmàn s’étaient joints Merwàn et Saîd fils d’Al-Aç sortit de la ville et par ses représentations détermina les Égyptiens ainsi que tous les autres étrangers à partir.

Le jour suivant Merwàn dit à Othmàn  :  » Réunis le peuple dans la mosquée et déclare que ces hommes sont partis parce qu’ils n avaient aucun grief à faire valoir car le fils d’Abou Tâlib dit partout que c’est lui qui les a décidés à partir ce qui porte atteinte à ton prestige.  »

En conséquence Othmàn convoqua le peuple de Médine et prononça un discours dans lequel il disait :  » Ces étrangers ont reconnu que tout ce que nos ennemis avaient dit et tout ce qu’ils disaient était faux c’est pour cela qu ils sont partis.  »

Amrou fils d’Al -Aç s écria :  » O Othmàn crains Dieu et fais pénitence.  C est nous qui avons décidé ces étrangers à partir ! » .

Othman répliqua :  » Assieds toi  ! Qui es tu pour oser m’exhorter à la pénitence ?

Un autre s écria alors :  » Othmàn fais pénitence! »

Au moment où Othmàn se tournait du côté d’où étaient parties ces paroles pour voir qui en était l’auteur les mêmes paroles se firent entendre dans un autre coin et furent répétées dans toutes les parties de la mosquée.  Tous l’appelèrent Othmàn et non prince des croyants.  Othmàn resta consterné et profondément affligé.  Il tourna son visage inondé de larmes vers le ciel et s écria :  « O Dieu c’est à toi que j’offre mon repentir !  »

Puis il descendit de la chaire et rentra dans sa maison couvert de honte.  Le lendemain Alî vint le trouver et lui dit  :  » Autant nous apaisons la sédition autant tu l’allumes sur le conseil de Merwân . Pourquoi as-tu prononcé un tel discours ?  Le peuple sait bien dans quelle intention ces étrangers étaient venus il sait que nous les avons éloignés par la persuasion.  Mais tu veux cacher cela au peuple afin de ne point perdre ton prestige  ? Voici comment il fallait parler :  Je n’ai pas l’innocence d’un enfant , je commets des péchés comme les autres hommes mais je me repens de tout ce que j’ai pu faire contre la volonté de Dieu.  Un tel langage aurait satisfait le peuple. « 

 Que faut-il faire à présent ?  demanda Othmàn .

A présent dit  : « Alî il faut faire un autre sermon dans lequel tu manifesteras ton repentir envers Dieu et tu t’excuseras auprès des musulmans.  Alors tout le monde sera satisfait.  Il ne faut pas qu’il vienne encore de quelque autre pays une troupe d’hommes que tu  me dises de les faire partir et que tu sois blessé quand je te répondrai :  Je ne peux pas. « 

Othmàn le quitta fit rassembler toute la ville et parla ainsi :  » Musulmans commettre des fautes est le sort des hommes et moi je ne suis qu’un homme,  je ne suis pas un enfant innocent et il est naturel que je sois sujet à commettre des erreurs et des fautes.  Mais le Prophète a dit :  Celui qui commet une faute et s’en repent est comme s’il n’avait pas commis la faute.  Je regrette tout ce que j’ai pu faire qui ne fût pas agréé de Dieu ou de vous. Se repentir pour un homme comme moi qui est arrivé à la fin de sa vie vaut mieux que de s’obstiner . Aucun portier ni chambellan ne repoussera les solliciteurs de ma porte je ferai droit à toutes les demandes. »

Après avoir ainsi longuement présenté ses excuses au peuple,  il descendit de la chaire et rentra chez lui.

Ali prenant la parole dit :  » Musulmans il n’y a pas à demander autre chose à cet homme qui s’il a commis des fautes s’n est repenti . Que Dieu agrée ses paroles  !  »

Un certain nombre des gens de Médine se rendirent alors à la maison d’Othmàn pour causer avec lui.  Ils se trouvaient à la porte lorsque Merwàn leur dit  : » Attendez pour que je voie si le calife est occupé.  Il entra avec Saîd fils d’Al-Aç et dit à Othmàn  : « Tu n’aurais pas dû faire ce discours car tu as perdu ton prestige.  Le fils d’Abou Tàlib n’a pas voulu autre chose que te voir t’humilier devant le peuple confesser tes fautes et anéantir ainsi ta justification. Maintenant il ne faut pas recevoir ces gens qui pourraient vouloir tenir un langage hautain et se livrera des excès.  Il ne faut pas leur accorder d ‘audience. »

Othmàn répondit :  » Renvoie ces gens je me sentirais humilié en leur parlant de nouveau.  »

Merwàn sortit et apostropha durement les personnes qui attendaient à la porte. « Pourquoi » leur dit- il « venez vous ici en si grand nombre  ? C’est sans doute pour faire naître une révolte ou pour commettre des excès.  Allez à vos affaires !  »

Ces hommes s’en allèrent se rendirent à la mosquée et dirent à Ali  :  » Tu prétends que cet homme a manifesté son repentir. Mais voilà Merwàn qui parle au peuple comme il vient de le faire. »

Alî se leva courut chez Othmàn et lui dit d’un ton courroucé  :  » Pourquoi lorsque quelqu’un cherche à te guider par la bride te montres-tu comme un chameau rétif ?  Pourquoi ne fais tu jamais ce que nous te conseillons et pourquoi gâtes-tu toujours de nouveau sur l’avis de Merwàn ? ce que nous avons réparé Merwàn,  lui qui a été chassé par le Prophète ne sait pas conduire ses propres affaires,  comment saurait-il diriger les tiennes ?  Tu t’es enfoncé dans une situation dont tu ne pourras pas sortir.  Quant à moi je m’en vais et ne reviendrai plus chez toi.  Tu feras ce que tu voudras dans ta propre cause. « 

Alî le quitta ainsi Olhmàn avait une femme nommée Nàïla douée d’une grande intelligence.  Elle lui dit :  » Prince des croyants tu t’es mis entre les mains de Merwàn qui causera ta perte et tu as éloigné de toi tous les autres homme, s Alî te serait plus utile que Merwàn le déporté,  car Alî a de l’influence sur le peuple et pourrait te protéger . Rappelle Alî fais lui des excuses et ne le laisse pas devenir ton ennemi.  »

Othmàn envoya chercher Alî mais celui ci refusa de venir en disant :  »  J’ai déclaré que je n’irais plus chez toi ! Fais ce que tu voudras avec Merwàn .  »

Pendant la nuit Othmàn se rendit chez Alî et lui parla ainsi : « Père de Hasan (Abu al-Hassan) tu m’abandonnes à mes ennemis.  Ne me laisse pas dans cette situation. »

Il le supplia beaucoup mais Alî répondit  : « De ma vie je ne mettrai les pieds dans ta maison ni ne te donnerai un conseil car tu ne suis que le conseil de Merwàn et tu as peur de le blesser ».

Othmàn se  retira en disant :  » Tu n’agis pas bien en me refusant ton concours,  toi qui es mon parent. »

Les étrangers qui avaient quitté Médine étaient en route pour retourner dans leurs pays. Or un jour les Égyptiens étant campés à un certain endroit virent passer une chamelle montée par l’un des serviteurs d’Othmàn.  Ayant remarqué que cet homme évitait de les approcher,  ils conçurent quelque soupçon.  Ils se dirent :  » Cette chamelle porte la marque d’Othmàn et le cavalier lui imprime une course rapide,  il s’agit certainement d’une affaire importante. »

Ils arrêtèrent le messager et lui demandèrent quel était son maître.

 » – Othmàn répondit l’esclave.

– Où t’envoie t-il  ?

– En Egypte .

– Pour quelle affaire  ?

– Pour y porter un message.

–  Quel message ?

– Je ne saurais vous le dire.

– Es tu porteur d’une lettre. ?

– Non !

L’affaire ‘ est pas claire » dirent-ils .

Ils fouillèrent l’esclave et trouvèrent dans une aiguière qu’il avait suspendue au bat de sa chamelle une lettre écrite de la main de Merwàn et portant le sceau d’Othmàn .

Cette lettre était adressée au gouverneur d’Égypte et ainsi conçue  : « Tu connais de vue et de nom les hommes qui sont venus ici dans un but de sédition  ? Prends tes mesures pour les faire mourir ou pour leur faire couper les pieds et les mains afin qu’ils ne puissent plus entreprendre une semblable expédition . »

Après avoir lu cette lettre les conjurés reprirent aussitôt la route de Médine.

Ils y arrivèrent sept jours après pendant la nuit.

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Ils envoyèrent une lettre aux autres conjurés de Koufa et de Baçra pour les rappeler leur annoncèrent ce qui venait de se passer et leur dirent  :  » Nous sommes revenus à Médine afin d’en finir une fois pour toutes avec Othmàn qui a rompu ses engagements,  il est donc légitime de le tuer. »

Dans la nuit même de leur arrivée ils se rendirent auprès d’Ali et lui dirent  :  » Otthmàn a écrit une telle lettre et a rompu ses engagements .  Viens allons le trouver »?.

Alî répondit :  » Je lui ai déclaré que je n’irais plus chez lui.  Arrangez-vous avec lui comme vous voudrez ».

Ils lui répliquèrent :  » Si tu ne veux pas venir avec nous et nous prêter ton concours pourquoi nous as tu écrit une lettre  ?  »

– Qui vous a porté une lettre de moi  ? demanda Alî .

– Ammàr.

–   Je ne vous ai jamais écrit ! s’écria Alî .

Les conjurés tout confus le quittèrent et établirent leur camp pour la nuit . Alî partit dans la même nuit pour la campagne .

Le lendemain matin les conjurés emmenant avec eux l’esclave qu’ils avaient capturé se rendirent auprès d’Othmàn et lui montrèrent la lettre adressée au gouverneur d’Egypte.

Othmân dit :  » Je n’en ai point connaissance. »

Ils répliquèrent : « Cependant elle est de la main de Merwàn et elle porte ton sceau. Si l’on écrit de telles lettres et que l’on y appose ton sceau sans ton aveu cela est encore pis que si tu en avais connaissance. Mais si tu avais eu connaissance de cet ordre que tu désavoues maintenant tu t’es montré parjure;  tu as cru pouvoir nous faire mourir par là tu as mérité toi même la mort. »

Othmàn répliqua  :  » Je jure que je n’ai ni fait, ni ordonné cette chose. »

– « Alors s écrièrent les conjurés c est Merwàn qui a fait cela !  Donne le nous pour que nous le fassions mourir.  »

Othmàn dit :  » Une écriture ressemble à une autre et un cachet à un autre, il est possible que cette lettre ait été écrite par quelqu’un qui a corrompu cet esclave et l’a fait monter sur l’un de mes chameaux. Je ne peux pas pour cette cause faire mourir Merwàn. »

Les Égyptiens sortirent et retournèrent à leur camp pour y attendre les gens de Koufa et de Baçra.

Merwàn entra chez Othmân et lui dit : « Si j’avais envoyé ce messager je lui aurais fait prendre une route que je connais,  dans la direction de la mer et je lui aurais évité la rencontre de ces gens. Mais tout cela a été machiné à Médine. Hier ils ont été chez Alî qui aujourd’hui est allé à la campagne pour ne pas être obligé de nous venir en aide. »

Othmàn conçut alors l’idée qu’Alî était d’accord avec les conjurés.

Merwàn dit ensuite  :   » Nous n’avons ici aucun ami Alî,  Talha et Zobaïr sont à la campagne.  Dans ces circonstances il faut écrire aux gouverneurs pour qu’ils envoient des troupes à notre secours . »

Othmàn écrivit à tous ses agents en ces termes  :  » Dieu nous a favorisés en nous envoyant son Prophète et en nous donnant la religion musulmane. Le Prophète en quittant ce monde a laissé à son peuple le soin de décider lui même de son sort.  Il y eut alors accord unanime pour confier le gouvernement à Abou Bekr.  Celui-ci en mourant nomma Omar son successeur et à la mort d’Omar qui chargea un conseil du soin de nommer un calife c’est moi qui fus choisi sans que je l’eusse désiré.  Depuis lors j ‘i marché dans les traces du Prophète.  Mais des gens de différentes provinces se sont concertés et sont venus ici,  ils ont méconnu mon autorité,  ils ont formulé des accusations contre moi,  ils ont allumé la révolte et ne respectent ni ma personne ni le tombeau du Prophète.  Ils songent à verser du sang musulman en conséquence,  ils ont mérité la mort.  Que ceux qui peuvent venir à mon secours me donnent cette preuve d’amour qu’ils viennent mais que cela soit bientôt car si vous tardez vous ne me trouverez plus.’

Les gouverneurs donnèrent connaissance de cette lettre aux habitants des différentes villes et tous furent émus versèrent des larmes et répondirent à l’appel.

On proclama partout que ceux qui faisaient la guerre à Othmàn avaient mérité la mort .

Un grand nombre d’hommes se rasscmblèrent pour marcher sur Médine .

Moàwia fils d’Abu Sufyan  a fit partir un corps nombreux sous les ordres de Habîb fils de Maslama le Fihrite (al-Fihri),  Abdallah ibn Abou Sarh envoya d’Egypte Moàwiya fils de Hodaïdj d’autres encore se mirent en marche de tous côtés pour se rendre à Médine.

Mais quel que fut leur empressement ils n’y arrivèrent pas à temps.

Les conjurés de Koufa et de Baçra ayant rejoint ceux d’Egypte et les habitants de Médine eux aussi ayant proclamé qu’Othmàn avait mérité la mort,  le calife après avoir été assiégé dans son palais fut tué.

Lorsque les troupes apprirent sa mort à trois journées de marche de Médine elles revinrent sur leurs pas.

Sacrifice chiite au Liban de nos jours.
Sacrifice chiite au Liban de nos jours.

 

 

 

 

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, laJarîriyya, Musulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe.

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