Martyr du calife Uthman (radi Allah anhu) et avènement d’Ali (radi Allah anhu) au califat par al-Tabari :

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 Martyr du calife Uthman (radi Allah anhu) et avènement d’Ali (radi Allah anhu) au califat par al-Tabari : 

Le coran d'Othman ibn Affan à Tachkent
Le coran d’Othman ibn Affan radi Allah anhu à Tachkent’, mais comme il est écris en Kufique, il ne date pas du calif eUthman ibn Affan radi Allah anhu mais surement une copie directe de celui-ci, le Coran d’Uthman est écris en Hijazi. 

CHAPITRE XC La mort du calife  OTHMÀN

Pendant les dix jours que les conjurés égyptiens attendirent l’arrivée des gens de Koufa et de Baçra qu’ils avaient rappelés à Médine,  ils venaient toujours dans la ville chez Talha, Zobaïr et les autres compagnons du Prophète et leur montraient la lettre qu’ils avaient surprise.  Tous blàmaient Othmàn.

Or Othmân se rendit le vendredi à la mosquée et prononça un sermon dans lequel il dit  :  « Musulmans craignez Dieu quittez les portes de Médine et n’allumez pas la guerre civile ».

Les compagnons du Prophète ont entendu la malédiction qu’il a prononcée sur vous car il a dit : « Une troupe armée viendra camper à Dsou-Kouschoub et à Dsou-Marwa pour allumer la guerre civile dans mon peuple ce sont des gens maudits tuez-les ».

Mohammed fils de Maslama se leva et dit : « J’atteste que le Prophète a prononcé ces paroles ! »

Houkaïm l’un des principaux habitants de Médine,  lui saisit la main le força de reprendre sa place et l’empêcha de compléter son témoignage.

Ce feuillet est un fragment d'un des plus anciens copies existant du  noble et saint Coran. Il est un palimpseste (cad) le texte original a été grattée et un nouveau a été écrit sur ​​le parchemin. Avec le temps, le texte original refait surface et maintenant il peut être lu comme une ombre. Ceci est une retranscription de la sourate 2, du Coran "La Vache" "al-Baqarah".  Quand le Coran fut écrit peu après la mort du Prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui), des variations mineures  au niveau des  lettres,  le troisième calife rashidun, Uthman ibn Affan radi Allah anhu (644-656) décide d'officialiser un type du texte coranique, et établit une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres . C'est à cette fin qu'en l'an 25 de l'Hégire (647), il charge une commission de préparer plusieurs copies (mus'haf) du Coran. pour une fois pour toutes qui était correct texte - celui que nous connaissons aujourd'hui. Toutes les variantes avec même les divergences les plus insignifiants de texte autorisé ont été détruits, de sorte qu'il n'y aurait pas de dissidence sur les commandements de Dieu aux croyants. Bien que le texte du bas est une copie d'un texte pré-Othman, la partie supérieure est identique à celui autorisé dans le Coran. Les deux textes ont été écrits dans le tyle Hijazi, le plus ancien alphabet arabe utilisé pour le Coran et celui qui a été utilisé à la Mecque et Médine au début de l'expansion islamique . Dans l'Islam, le Coran a été révélé directe de Dieu à Muhammad par l'archange Gabriel, et ses mots ont été mémorisé par les disciples du Prophète. Quand le Coran a été écrit peu après la mort du Prophète, des variations mineures ont été trouvés dans les différentes copies. Selon la tradition, le troisième calife, Uthman (644-656), est celui qui a décidé une fois pour toutes qui était correct texte - celui que nous connaissons aujourd'hui. Toutes les variantes avec même les divergences les plus insignifiants de texte autorisé ont été détruits, de sorte qu'il n'y aurait pas de dissidence sur les commandements de Dieu aux croyants. Bien que le texte du bas est une copie d'un texte pré-Othman, la partie supérieure est identique à celui autorisé dans le Coran. Les deux textes ont été écrits dans Hijazi, le plus ancien alphabet arabe utilisé pour des Corans et celui qui a été utilisé à la Mecque où l'expansion islamique a débuté en sérieux.
Ce feuillet est l’une des plus anciennes copies existante du  noble et saint Coran. C’est un palimpseste (cad) le texte original a été grattée et un nouveau a été écrit sur ​​le parchemin. Avec le temps, le texte original refait surface (texte pré-Uthman) et maintenant il peut être lu comme une ombre. Ceci est une retranscription de la sourate 2, du Coran « La Vache » « al-Baqarah ». Il date de la deuxième moitié du 7eme siècle ver 650 du califat d ‘Uthman ibn Affan radi Allah anhu.   (644-656) celui qui décida d’officialiser un type du texte coranique, et établit une classification unique des sourates les unes par rapport aux autres . C’est ver l’an 25 de l’Hégire (647), qu’il charge une commission de préparer plusieurs copies (mus’haf) du Coran, de sorte qu’il n’y a pas de dissidence sur les commandements d’Allah  aux croyants.

 

Zaïd fils de Thàbit,  qui lui, aussi voulait confirmer les paroles citées par Othmàn en fut également empêché.

En ce moment une pierre lancée d’un coin de la mosquée atteignit Othmân à la tête.

Othmân voulut descendre de la chaire mais les gens de la ville et les étrangers se mirent à lancer des pierres contre lui et il s’assit en se couvrant le visage de ses deux mains.

Alors une pierre l’atteignit au revers de la main et il tomba de la chaire,  il fut foulé aux pieds par les assistants et perdit connaissance.

Un homme nommé Djahdjâ prit le bâton du Prophète qui était tombé d’entre les mains d’Othmân et l’appuyant contre son genou,  il le brisa.

Alî voyant cette scène du coin de la mosquée où il se trouvait dit à Hasan de repousser ces gens et Hasan le fit.

Othmân fut porté sans connaissance chez lui,  Hosaïn fils d’Alî, Sa’d fils d’Abou Waqqâç,  Zaïd fils de Thàbit,  Abou Horaïra et d’autres compagnons du Prophète le suivirent jusqu’à sa maison.

Lorsqu’il reprit connaissance il envoya quelqu’un pour engager ces personnes à s’en retourner. Il leur fit dire : « Que Dieu vous récompense pour votre bonté envers moi et qu’il soit satisfait de vous tous ».

Alî après avoir terminé sa prière vint trouver Othmân qui était entouré de tous les Benî Omayya.

En le voyant entrer Othmàn manifesta son étonnement et les Bent Omayya se précipitèrent sur Alî et lui dirent  : » C’est toi qui es l’auteur de cette conjuration !  Tu veux t’emparer du pouvoir ».

Alî extremement humilié de cet accueil se retira sur le champ.

Dix jours après Othmàn étant sorti de chez lui fut insulté par tous ceux qui le rencontraient et il n’osa point répondre.

Un jour passant près d’un groupe il salua et on lui rendit le salut. Un homme de la populace de Médine nommé Djabala, fils d’Amr s’écria  : « Pourquoi lui répondez vous ?  » et montrant une corde qu’il tenait dans sa main il dit à Othmàn : « Je voudrais jeter cette corde à ton cou et te lier les mains, pour te forcer à faire pénitence et à chasser d’auprès de toi,  tes familiers !  »

Othmàn répliqua :  » Ce sont des compagnons du Prophète qui sont avec moi. »

– ‘Oui‘ dit Djabala ‘des gens comme Merwân le déporté , comme Moàwiya le maudit,  comme Abdallah fils de Sa’d le renégat,  comme Walîd fils d’Oqba qui a craché au visage du Prophète ».

Othmàn dévora cet affront en silence puis il dit à ses compagnons :  » Ne faites rien lorsque l’armée viendra à notre secours elle vous procurera satisfaction « .

La mise en livre du noble et saint coran sous le calife Rashidun  Uthman ibn Affan radi Allah anhu illustration du 19eme siècle
La mise en livre du noble et saint coran sous le calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu illustration du 19eme siècle

 

Or les conjurés égyptiens ayant été rejoints par ceux de Baçra et de Koufa qu’ils avaient rappelés leur montrèrent la lettre qu’ils avaient surprise ainsi que l’esclave d’Othmàn et le chameau.

Othman, n’osa plus sortir de sa maison et chargea Talha de présider la prière.  Il avait quatre cents serviteurs,  esclaves et autres . On rapporte qu’il mit en état de défense sa maison qu’il fit fermer les portes et qu’il posta ses serviteurs sur la terrasse.

Chaque jour la populace munie d’armes venait entourer sa maison et cherchait à pratiquer une ouverture.  Merwân et les autres Benî Omayya conseillèrent au calife de faire appeler Alî afin qu’il employât son influence sur les Égyptiens pour les éloigner.

Othmàn envoya un messager à Alî et lui fit dire :  » Je t’adjure par Dieu de te rendre auprès de moi ».

Alî vint. Les chefs égyptiens tenaient la maison assiégée et l ‘on était obligé d’y faire entrer l’eau et les vivres de la maison d’Amr fils de Hazim par une ouverture que l’on avait pratiquée dans le mur.

L'un des plus vieux exemplaire parchemin du Coran datant de l'époque du calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu fait avec l'écriture la plus ancienne pour écrire le Coran : le Hijazi, il date approximativement de l'an 650 JC , sourate al-Baqarah.
L’un des plus vieux exemplaire parchemin du Coran datant de l’époque du calife Rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu fait avec l’écriture la plus ancienne pour écrire le Coran : le Hijazi, il date approximativement de l’an 650 JC , sourate al-Baqarah., peut-être meme écris par le noble calife Uthman ibn Affan radi Allah anhu

Alî appela les chefs égyptiens et leur dit :  » Craignez Dieu !  Vous avez coupé l’eau à Othmàn chose que l’on ne fait même pas dans le pays de Roum aux gens enfermés.  C’est mal agir. »

Les Égyptiens répondirent : « Ce sont ceux de Koufa qui le font. »

– « Ils ne font que vous suivre » répliqua Alî.

Puis on ouvrit la porte et Alî entra accompagné de Mohammed fils de Maslama. Merwàn se tenait près d’Othmàn.  Celui ci dit à Alî :  » Père de Hasan (Abu al-Hassan) tu vois les actes des Egyptiens va et détermine les à partir. »

Merwàn dit :  » Charge moi d’aller. »

Tais toi!  lui cria Othmàn,  que ta langue soit arrachée.  C’est toi qui est cause de tous ces malheurs.

Merwàn sortit et Othmàn continua sa conversation avec Alî.  Celui ci lui dit : « Ces hommes tiennent une lettre que tu aurais écrite et scellée de ton sceau ».

Othmàn répondit :  » Par le Dieu clément et miséricordieux je ne l’ai pas écrite et ne l’ai pas fait écrire. »

Mohammed fils de Maslama dit :  » Il a raison c’est Merwàn qui l’a écrite à son insu ».

Othmàn blessé de ces paroles dit : « Merwàn n’oserait pas faire une telle chose, il est probable que ‘ est une machination forgée par quelqu’un ».

Alî reprit : « Je vais sortir et appeler ces gens.  Donne leur toutes les explications qu’il faut ».

Othmàn dit :  » Je crains qu’ils ne me manquent de respect. »

– Ils ne songent point à te manquer de respect.  Tu ne peux pas te dispenser de les entendre.

On fit donc venir les quatre chefs égyptiens qui entrèrent en saluant ainsi :  » Que la paix soit avec toi »

Othmàn ne répondit pas . C’est Alî qui répondit :  » Et avec toi soit la paix ».

Abd er Rahmàn prit ensuite la parole exposa les actes que l’on reprochait à Abdallah ibn Abou Sarh et ajouta : « Nous étions venus pour demander justice. Alî et Mohammed fils de Maslama nous avaient donné l’assurance que tu t’étais corrigé et nous, nous en étions retournés.  Mais tu n’as pas tenu tes engagements et après notre départ,  tu as écrit une lettre contenant l ‘ordre de nous punir . Voici cette lettre écrite de la main de ton secrétaire ».

La mosquée Prophétique à  Médine au temps du califat Rashidun
La mosquée Prophétique à Médine au temps du califat Rashidun, plus particulièrement du temps d’al-Amir al-Muminin Uthman ibn Affan dhul Nurayn puise Allah le Très-Haut lui faire miséricorde. 

Othmân dit :  » Je n’ai aucune connaissance de ce fait. »

-« Tant pis, répliquèrent les autres, si l’on écrit à ton insu une telle lettre et si l’on y appose ton cachet dans ce cas tu n »es pas digne de gouverner les musulman. Nous ne tenons pas à te faire mourir.  Abdique volontairement tous les méfaits que tu as commis seront effacés et tu pourras garder tout ce que tu as pris du bien public.  Mais si tu ne le fais pas nous ne partirons pas avant de t’avoir tué. »

Othmân répliqua :  » Je vous dis que je n’ai aucune connaissance de cette affaire que je ne l’ai ni ordonnée ni approuvée je le jure !  Mais vous n’avez pas le droit de me demander autre chose et je ne me déméttrai pas du pouvoir que Dieu m’a confié. »

Alî craignant que cette entrevue ne dégénérât en voies de fait et que l’on n’assommât Othmàn et qu’ensuite on ne dît que c’était lui qui l’avait tué se leva et dit :  » Vous demandez qu’il abdique volontairement et il ne le peut pas.  Allez vous-en que feriez vous ici ?  »

Puis il resta debout jusqu’à  ce qu’ ils fussent sortis et il sortit après eux ensuite on ferma la porte.

Le lendemain on était au commencement du mois de dsou’l-qa’da, les conjurés se relâchèrent de leur surveillance.

Cependant Othmân n’osa pas sortir de sa maison mais tous ceux qui le voulaient pouvaient pénétrer jusqu’à lui.

Le bruit se répandit ensuite qu’ une armée était en marche sur Médine.  Mohammed fils d’Abou Bekr dit aux insurgés :  » Othmân attend l’arrivée des troupes. »

Alors on établit un siége plus rigoureux autour de la maison et on lui coupa l’eau.

Le moment approchait où Othmân devait déléguer quelqu’un pour présider le pèlerinage.

Il monta sur la terrasse regarda en bas et exhorta les conjurés à s’en retourner.

Ils répondirent :  » Abdique ou tu seras tué. Nous ne partirons pas à moins d’avoir voir obtenu l’un ou l’autre ».

Ne voyant parmi eux aucun habitant de Médine; Othmân demanda : « où étaient Alî ,Talha et Zobaïr ? »

– Ils sont chez eux lui répondit-on.

Et où est Amrou fils d’Al-Aç ?

Il est à la campagne.

Faites venir Abdallah fils d’Abbâs dit Othmân.

Les insurgés croyant qu’il voulait abdiquer firent chercher Abdallah .

Othmân lui dit :  » Fils d’Abbâs nous approchons du moment du pèlerinage et il faut absolument un imâm aux musulmans.  Tu vois dans quelle situation je me trouve.  Va toi et préside au pèlerinage. « 

La tombe du calife bien guidée Uthman ibn Affan radi Allah anhu
La tombe du calife bien guidée, Uthman ibn Affan radi Allah anhu

 

Abdallah répondit : « Ce n est pas mon affaire envoie un autre à ma place » .

Othmân dit :  » Il faut cependant que tu y ailles » .

Alors Abdallah partit .

La position d’Othmân devint de plus en plus critique.  Othmân a été assiégé deux fois.  Une première fois au commencement du mois de dsou’ l-qa-da avant qu’Alî vînt le trouver puis après un intervalle de dix jours pendant lesquels le siége ne fut maintenu que faiblement il fut repris avec vigueur sur le bruit qu’une armée approchait de Médine.

Le jour où Othmân parla aux insurgés du haut de la terrasse et fit appeler Abdallah fils d’Abbâs pour le déléguer au pèlerinage,  Talha fils d’Obaïdallah y était venu et se tenait à quelque distance de la maison.  Il ne savait pas qu’Othmàn se trouvait sur la terrasse.  Alors il appela auprès de lui Abd er Rahmân et lui dit à l’oreille : « Poussez le siége avec vigueur car une armée approche ne laissez pénétrer personne vers Othmàn’ .

Othmàn voyant cela s’écria : « Tout cela est l’œuvre de Talha qui espère obtenir le pouvoir, si je suis tué Seigneur refuse à Talha cette jouissance ! Abreuve son âme de l’amertume de manquer son but ».

Othmân descendit ensuite de la terrasse et le siège fut poussé avec vigueur.

Le premier siège dura vingt deux jours et le second dix huit jours et après ces quarante jours Othman fut assassiné .

Quelques auteurs disent que les deux sièges ensemble durèrent quarante cinq jours et que le second fut plus rigoureux que le premier Othmân avait la coutume de jeûner toute l’année et d’avoir constamment devant lui le Coran qu’il récitait.

Or ses serviteurs Merwàn et Moghîra et les gens armés qu’ils avaient avec eux se trouvaient sur la terrasse et à l’intérieur de la maison, il n’y avait avec Othmàn que sa femme  Nàïla et l’une des femmes du Prophète Oumm Habîba fille d’Abou Sofyàn fils de Harb.

Alî partit pour la campagne en chargeant Hasan de rester à la porte de la maison d’Othmàn sans se mêler de l’affaire mais d’empêcher les hommes de faire l’assaut de la maison .

– Si tu es tué lui dit-il au moins auras-tu obtenu la mort du martyre.

Talha y envoya également son fils Mohammed et Zobaïr son fils Abdallah .

Tous les trois le sabre suspendu au cou y allèrent mais ils n’osèrent pas s’approcher.

Quelques uns rapportent qu’Othmàn fut tué le jour de la Fête qui fut un vendredi et un poête a dit  : « Ils ont sacrifié le vieillard au cheveux blancs qui portait encore les marques des prosternations et qui passait les nuits à réciter des litanies et le Coran  » .

Mohammed ben Djarîr rapporte qu’Othmàn fut tué le dix huitième jour du mois de dsou’l-hiddja.

Pendant trois jours il fit chercher Alî, Tal ha et Zobaïr mais on lui répondit qu’ ils étaient allés à la campagne.

Othmàn savait qu’ils s’étaient éloignés pour ne point lui prêter leur concours.

Ensuite il envoya quelqu’un auprès de Mohammed fils de Maslama qui était chez lui et lui fit dire : « Viens et accorde à ces hommes tout ce qu ils demandent car je suis à toute extrémité ».

Mohammed lui fit répondre  : « Je ne peux pas mentir plus d’une fois dans une même année.  J’ai accepté cette mission une fois et tu n’as pas tenu parole.  Arrange toi avec eux comme tu voudras. »

Othmàn reconnut alors qu’il était abandonné de tous et livré à ses ennemis et il ne songea plus qu’à mourir.

Ses défenseurs luttèrent contre les assiégeants en leur lançant des flèches.

L'épée du calife Uthman ibn affan (gauche) et celle du calife Omar ibn al-Khatab (droite)
L’épée du calife Uthman ibn Affan radi Allah anhu (gauche) et celle du calife Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu (droite)

 

Un esclave de Merwàn nommé Hafç,  tua d’un coup de flèche un Égyptien.

Les Égyptiens poussèrent des cris et firent pleuvoir une grêle de traits sur les assiégés.

Mohammed fils d’Abou Bekr dit :  » Mettez le feu à la porte !  »

On fit ainsi et le feu commença à s’élever.  Hasan,  Abdallah fils de Zobaïr et Mohammed fils de Talha le voyant de loin furent effrayés. Ils firent des reproches à quelques uns des insurgés mais en vain . Abdallah fils de Zobaïr fut blessé.

Othmàn avait l’habitude depuis longues années de passer ses nuits à prier et de jeûner le jour

Dans la nuit du vendredi il récitait dans une prière de deux prosternations tout le Coran.

Il avait fait ainsi dans la nuit qui précéda le vendredi jour de sa mort et lorsqu’il fit la prière du matin, il prit le Coran par devers lui et commença à le réciter de nouveau mais comme il avait veillé toute la nuit le sommeil le surprit.

En ce moment les cris : « Le feu le feu ! » le réveillèrent.

La maison d’Othmàn qui était très vaste était défendue par cinq cents hommes que Merwàn rangea en ligne de bataille devant la porte pour combattre.

Othmàn appela Merwàn et lui dit :  » Ne vous mettez point en peine et ne luttez pas car ma fin est arrivée ».

– Pourquoi  ? lui demanda t’on.

Il dit : « J’ai vu en songe le Prophète auquel je me plaignais de son peuple le Prophète m’a répondu.  Ne te tourmente pas cette nuit tu rompras le jeûne avec moi et tu seras délivré de tout cela.

Merwàn dit : « Prince des croyants je n’ai que faire de la vie sans toi » et il continua à former ses rangs.

Quelques uns rapportent que pendant que ces cinq cents hommes livraient une lutte acharnée devant la porte aux dix mille assiégeants ceux-ci ayant pratiqué une ouverture du côté opposé de la maison pénétrèrent à l-intérieur .

La journée  de l’Hôtel (palais ou dar al imarat) c’est à dire le combat livré dans l’hôtel (palais) d’Othman est devenue une locution proverbiale car ce jour là le sang coulait dans cette maison comme un ruisseau .

Othmân cria à ses hommes :  » Ne combattez pas c’est à moi qu’ils en veulent! ».

Merwân répondit : « Par Dieu pas un seul ne pénétrera jusqu’à toi aussi longtemps que nous serons en vie ! »

Puis ils luttèrent jusqu’à ce qu’ils ne fussent plus qu’en petit nombre,  Merwân se jeta dans la mêlée revêtu d’une cuirasse.  D’un coup de sabre,   il brisa la jambe à un homme nommé Orwa .

Celui-ci malgré sa jambe brisée se précipita sur lui lui asséna un coup de sabre sur le cou et lui fit une profonde blessure,  Abou Hafça l’affranchi de Merwân le prit sur son dos et le porta hors de la maison les insurgés croyaient qu’il était mort chez une femme nommée Fàtima fille d’Aus qui le cacha dans sa maison et le soigna jusqu’à ce qu’il fût guéri.

Mais son cou resta toujours tortu Abdou’l Mélik fils de Merwân (future calife Omeyyade) se montra dans la suite toujours reconnaissant envers cette femme et nomma son fils Ibrahîm fils d’Adî gouverneur d’une ville de Syrie.

Après s’être rendus maîtres de la porte les insurgés pénétrèrent dans l’intérieur de la maison d’Othmàn.

Le premier qui entra dans l’appartement d’Othmàn fut Mohammed fils d’Abou Bekr qui un poignard dans une main saisit de l’autre Othmân par la barbe et lui cria : « Fils d’Affàn de quel secours te sont maintenant Abdallah ibn Abou Sarh l’apostat,  Merwân le déporté et Moawiya le maudit ?  »

Et il allait le frapper lorsque Othmàn lui dit : « Mon fils si ton père Abou Bekr vivait il ne serait pas content de voir ma barbe blanche en ta main » .

Mohammed le làcha et sortit .

Un Egyptien nommé Kinàna fils de Bischr entra ensuite et voulut frapper Othmàn avec son poignard.

Trois autres chefs égyptiens Abd er Rahmàn Al-Ghàfeqî et Qotaïra se précipitèrent dans l’appartement et crièrent à Kinàna :  » Nous n’avons pas besoin de le tuer ! »

Puis ils s approchèrent et dirent à Othmàn :  » Abdique volontairement  »

Othmàn qui avait le Coran devant lui répliqua: « C’est Dieu qui m’a donné le pouvoir et c’est lui seul qui peut me le reprendre.  Je veux agir à votre égard selon ce livre de Dieu. »

Abd er-Rahhmàn et Al Ghàfeqî se retirèrent.

Alors Kinàna s’approcha et lui plongea son poignard dans le cou près de l’oreille.

Le sang jaillit sur le Coran ouvert et sur ce verset :  » Certes Dieu vous suffit. Il entend et sait tout » . (Surate II vers 131)

Othmàn tomba par terre.

Qotaïra et Soudàn entrèrent et l’achevèrent d’un coup de sabre dans la poitrine.

Quelques auteurs rapportent qu’on l’a d’abord frappé avec le sabre sur la main droite et qu’il s’est écrié :  » C’est la première main qui dans le monde a écrit le Coran ! »

Nàïla la femme d’Othmàn ôta tous ses bijoux les mit sur son sein et se couvrit la tête d’un voile.

La foule envahit la maison et pilla le trésor dans lequel se trouvaient deux sacs remplis d’argent qui furent enlevés.

Un individu s’étant approché de Nàïla lui retira son voile.  Nàïla lui donna tous ses bijoux en disant :  » Prenez tout cela mais laissez moi mon voile. »

Quelques auteurs rapportent qu’elle s’était jetée sur le corps d’Othmàn qu’on lui avait coupé la main et qu’elle s était retirée,  ensuite Al Ghàfeqî sortit de la maison et cria:  » Talha nous avons tué le fils d’Affân ».

Il voulait par ces paroles compromettre Talha aux yeux du peuple.

Les compagnons du Prophète étaient sortis de la ville.

Lorsque Talha apprit la mort d ‘Othmàn il dit :  » Nous sommes à Dieu et nous retournons à lui. »

Puis il récita ce verset du Coran : ‘îls font comme Satan qui dit à l’homme : Sois incrédule..’ (Surate LIX vers 16), en l’appliquant à Merwàn dans ses rapports avec Othmàn.

Quelques uns disent que Talha se trouvait avec les Égyptiens.

On rapporte aussi que cinq autres personnes furent tuées en même temps qu’Othmàn et dans le même appartement.

Soudàn l’assassin d’Othmàn fut tué par un esclave d’Othmàn.  Un autre esclave tua d’un coup de sabre l’homme qui avait enlevé à Nàïla son voile cet homme s’appelait Kolthoum.  Ses frères vinrent dans l’appartement et assommèrent l’esclave.

Lorsque Sa’d fils d’Abou Waqqâç apprit la mort d’Othmàn il s écria : « Nous sommes à Dieu et nous retournons à lui ! Jusqu à présent la religion avait son refuge à Médine maintenant elle y est en danger. »

Personne ne manifesta de joie sur la mort d’Othmàn excepté Amrou fils d’Al-Aç qui dit : « J’ai chauffé le fer et avec lui j’ai incendié le monde.  Quand je fais une blessure j’amène le sang. »

Les troupes de Koufa qui étaient en route pour Médine étaient arrivées à deux journées de marche de la ville,  celles de Syrie étaient déjà à Rabadsa et celles d’Egypte et de Baçra s’approchaient également.

La tombe du calife rashidun uthman ibn Affan a Baqi  al Gharqad, aà Médine, Puisse Allah le très haut faire miséricorde au calife Uthman fils d'Affan
La tombe du calife rashidun Uthman ibn Affan à Baqi al Gharqad, à Médine, Puisse Allah le Très-Haut,  faire miséricorde au calife Uthman fils d’Affan.

 

Mais en apprenant la mort d’Othmàn toutes ces troupes revinrent sur leurs pas,  Abdallah fils de Sa’d qui était venu de l’Egypte et qui voulait rentrer dans ce pays en fut empêché par Mohammed fils d’Abou Hodsaïfa qui s’était emparé du pays,  Abdallah se rendit alors en Syrie auprès de Moàwiya.

On rapporte qu’Othmàn fut tué à l’âge de quatre-vingt-deux ans, d’autres disent à l’àge de quatre-vingt-six ans.

Ce meurtre fut accompli d’après une tradition le jour de la Fête (Aid) d’après une autre tradition après la Fête mais on est d’accord en ceci qu’Othmàn fut tué à l’heure de la prière du soir.

Son corps resta abandonné toute la nuit.

Le lendemain on voulut l’enterrer mais les Égyptiens ‘ y opposèrent.

Un homme de Médine un Ançàr nommé Dhàbî avait été accusé auprès d’Othmàn qui l’avait fait mettre en prison où il était mort.  Or ce jour là le fils de cet homme vint dans la maison d’Othmàn muni d’une barre de fer saisit le corps d’Othmàn par les pieds et lui brisa les côtes en disant :  » Chien tu as fais mourir mon père pour un chien ».

Lorsque plus tard al-Haddjàdj fils de Yussuf  vint à Médine il fit tuer cet homme.

Trois jours après la mort d’Othmàn Djobaïr fils de Mout’im et Hakîm fils de Hizàm vinrent trouver Alî et le prièrent d’intervenir auprès d Abd er Rahmàn l’Égyptien afin qu’il permît d’enterrer Othmàn au cimetière des musulmans,  Ali lui parla.

Ils parcoururent ensuite toute la ville de Médine pour chercher une bière (cercueil) mais personne ne voulut en donner une.

Ils prirent enfin l’un des battants de la porte qui gisait par terre dans la maison d’Othmàn placèrent le corps sur ce battant et attendirent jusqu’au soir pour le porter au cimetière n’osant pas le transporter pendant le jour;  Djobaïr fils de Mont’im,  Hakîm fils de Hizàm,  Abou Djahm fils de Hodsaïfa et une autre personne le portèrent .

Mais la populace les attendait et on leur lança des pierres.

Alors ils se mirent à courir et à chaque pas la tête d’Othmàn heurtait contre la planche.

Djobaïr dit en pleurant :  » Après tout le bien que tu as fait à ces gens je ne sais pas pourquoi ils te font tant de mal ? »

Quand ils furent arrivés à Baqî al Gharqad le cimetière des musulmans Djobaïr s’avança et les trois personnes ci-dessus nommées prièrent sur le corps d’Othman.

Lorsque la prière fut terminée trois Ançàr,  Owais fils de Djabala de la tribu de Sà’id, Khàlid fils d’Amrou et Honaïf accompagnés de plusieurs autres se présentèrent et défendirent de l’enterrer dans le cimetière des musulmans .

Uthman radiAllahu anhu et la tombe de Sayeda Halima Sadia radiAllahu anha sur la gauche de l'image ci-dessous en 1903 à Médine
La tombe d’Uthman ibn Affan radi Allah anhu et la tombe de Sayeda Halima Sadia radi Allah anha sur la gauche de l’image ci-dessous en 1903 à Médine

 

Or à côté du Baqî et séparé de ce lieu par un mur se trouvait le cimetière des juifs c’est là que l’on enterra Othmân.

Plus tard lorsque Moâwiya fils d’Abou Sofyàn fut le souverain incontesté de l’empire Islamique il fit abattre le mur qui séparait les deux champs et réunit le cimetière des juifs au cimetière musulman.

Le côté où est enterré Othmàn est appelé le cimetière des Beni Omayya.

Le lendemain de l’enterrement d’Othmàn on enterra les autres Benî Omayya qui avaient été tués.

Nàïla chargea une personne d’enterrer également les deux esclaves d’Othmàn qui étaient tombés mais les Égyptiens s’y opposèrent;  ils saisirent les cadavres par les pieds et les jetèrent dans la rue où ils furent dévorés par les chiens.

Personne n’osa les enterrer par crainte de la populace

Djeddah en 1938, en Arabie ville qui étais un simple petit port de pèche qui ensuite  fut transformé par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l'an 26 de l'hégire 647 JC, en grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.
Djeddah en 1938, en Arabie la vielle ville fut fondé  par le calife rashidun Uthman ibn Affan radi Allah anhu en l’an 26 de l’hégire 647 JC, comme un grand port pour accueillir les pèlerins pour le Hajj.

CHAPITRE XCL GÉNÉALOGIE ET PORTAIT D’ OTHMÀN ÉNUMÉRATION DE SES FEMMES ET DE SES ENFANTS

Othmân était fils d Afian fils d Abou I’Àc fils d’Omayya fils d’Abd Schems fils d’Abd Manâf.

Sa mère était Oumm Hakim fille d’Abdou’l-Mottalib. Avant l’islam il avait le surnom d’Abou Amr.

Lorsqu’il eut embrassé l’islam il eut de Roqayya que le Prophète lui avait donnée en mariage avant sa mission prophétique un fils nommé Abdallah et il prit alors le surnom d’Abou Abdallah.

Ce fils ne vécut que quatre ans et Othmàn fut appelé tantôt Abou Amr tantôt Abou Abdallah .

Il avait pris part avec Roqayya à la première émigration en Abyssinie.

Othmàn était de taille élevée et beau de visage.

Il avait de larges épaules et sa barbe était bien fournie,  de temps en temps , il la teignait avec du henna.

Son visage était marqué de la petite vérole.

Il avait épousé tant avant qu’après la fondation de l’islam huit femmes dont deux (Roqayya et Oumm Kolthoum) étaient filles du Prophète.

Les autres étaient Fàkhita fille de Ghazwàn,  Oumm Amr fille de Djondab,  Fàtima fille de Walid fils d’Abdou’l-Schems fils de Moghîra,  Oumm al Benîn fille d’Oyaïna fils de Hiçn,  Ramla fille de Schaïba fils de Rabî’a et Nàïla fille de Foràfiça.

Il laissa en mourant quatre femmes:  Ramla,  Oumm al Benîn,  Nàïla et Fàkhita.

Il avait eu onze fils et six filles.  Quelques uns de ses enfants moururent avant lui.

Deux de ses fils portaient le nom d’Abdallah l’un était né de Roqayya et l’autre Abdallah le jeune,  de Fàkhita.

Ses fils Amr, Khàlid et Abàn étaient nés d ‘Oumm Amr.

Walîd et Sa îd de Fàtima

Abdou’l-Mélik et Otba d’Oumm al Benîn et Anbasa de Nàïla.

Othmàn avait d’Oumm Amr une fille nommée Maryam,  il avait de Fàtima une fille nommée Aïscha,  de Ramla ses deux filles Oumm Amr et Oumm Abàn et de Nàïla sa fille Oumm al Benîn.

Les ruines de la mosquée d'Ayla à Aqaba, construite vers 650.
 Les ruines de la mosquée d’Ayla à Aqaba, en Jordanie  construite vers 650, par le calife Uthman ibn Affan (radi ALLAH anhu) 

L’un des beaux traits de sa vie fut sa libéralité envers les pèlerins pauvres .

Chaque fois qu’il faisait le pèlerinage il faisait dresser à la Mecque des tentes et distribuer des vivres aux pèlerins.

Ce fut lui qui établit l’usage de l’appel à la première prière du vendredi.

Du temps d’Abou Bakr et d’Omar,  il n y avait qu’un seul moueddsin Othmàn en établit quatre.

Ce fut encore lui qui le premier apprit par cœur le Coran.

ll écrivait des exemplaires du Coran de sa propre main et son écriture était fort belle.

Il en fit faire aussi une rédaction nouvelle.

Une autre de ses actions méritoires fut la destruction du Ghoumdân.

C’était un superbe palais dans le Yemen qui n’avait pas son pareil dans le monde.

Ceux qui faisaient le pèlerinage allaient visiter ce palais et en admiraient la beauté et on le trouvait au dessus du temple de la Mecque.

Alors Othmàn le fit détruire.

Les beaux traits de la vie d Othmàm sont nombreux mais il serait trop long de les rapporter .

 

L'investiture  d'Ali ibn Abu Talib radi Allah anhu au califat ( Codex d'Edinburgh)
L‘investiture d’Ali ibn Abu Talib radi Allah anhu au califat ( Codex d’Edinburgh)

CHAPITRE XCII NOMINATION D’ALÎ FILS D’ABOU TÀLIB

Le jour où Othmàn commença à être assiégé lorsque le moueddsin vint chez lui pour l’appeler à la prière il lui dit:  » Va dire à Alî que je le charge de présider la prière « .

Alî renvoya le moueddsin à Abou Ayyoub l’Ançàr qui accomplissait ces fonctions depuis plusieurs jour.

Alî en chargea ensuite Sahl fils de Honaïf et présida lui même la prière du vendredi.

Lorsque lors du départ pour le pèlerinage Othmàn vint sur la terrasse de sa maison et fit appeler Abdallah fils d’Abbàs et lui donna la présidence du pèlerinage.

Abdallah dit à : « Alî Othmàn m’envoie pour présider le pèlerinage on te soupçonne de complicité dans son affaire viens avec moi au pèlerinage afin que s’il lui arrive malheur tu ne sois pas accusé. »

Alî refusa et Abdallah partit. Après la mort d’Othmàn les Egyptiens vinrent trouver Ali et lui dirent : « Étends la main pour que nous te prêtions serment « .

Alî sachant qu’il y avait désaccord parmi ces gens,  que ceux de Koufa désiraient Zobaïr et ceux de Baçra, Talha,  répondit :  » Ne vous pressez point. A la mort d’Omar l’élection eut lieu après délibération attendez que les musulmans aient délibéré. »

Les habitants de Médine vinrent également chez Alî et lui dirent : « Il faut que les musulmans aient un imàm étends la main pour que nous te prêtions serment car tous les habitants de Médine et les compagnons du Prophète étaient d’accord pour te proclamer à la mort d’Omar mais le conseil en décida autrement ».

Alî répondit : « Autrefois je désirais le pouvoir mais maintenant je ne m’en soucie plus c’est une position plus aisée d’être éloigné du pouvoir.  Proclamez l’homme que vous voudrez je me soumettrai à lui. »

Talha et Zobaïr repoussèrent également les propositions qui leur furent faites sachant qu’il n’y avait point d’accord.’ Quatre jours s étant ainsi écoulés les étrangers se réunirent en conférence avec les habitants de Médine et leur dirent :  » Vous êtes les Ançàr du Prophète mais nous si nous proclamions quelqu’un d’entre vous il se pourrait que vous voulussiez en choisir un autre. »

Ceux de Médine s’écrièrent tous d’une seule voix :  « Il n y a qu’Alî qui puisse être proclamé ».

Ali ibn Abi Talib radi Allah anhu , reçois la ba3yah lors de sa nomination au califat.
Ali ibn Abi Talib radi Allah anhu , reçois la ba3yah lors de sa nomination au califat.

Les étrangers répliquèrent :  » Il refuse d’accepter » .

Tous se rendirent auprès d’Alî et on lui dit :  » Le monde est sans chef religieux et personne n’a plus de droits à cette fonction que toi, étends la main pour que nous te prêtions serment. »

Ali répondit : » Proclamez un autre que moi je me soumettrai à lui ».

Et il persista dans sa résolution malgré toutes leurs prières.

Enfin ils dirent :  » Allons au moins à la mosquée nous y traiterons mieux cette affaire. »

On se rendit donc à la mosquée on fit asseoir Ali et l’on insista de nouveau pour qu’il acceptât le califat.  Ce fut en vain.  Les étrangers dirent  : »Si nous retournons dans nos provinces sans qu’un chef ait été proclamé,  il y aura la guerre civile qui ne s’éteindra plus. »

Eh bien dit Ali que les compagnons du Prophète , les Mohàdjir et les Ançàr soient les premiers à me prêter le serment d’obéissance.

On se rendit chez Sa’ d fils d’Abou Waqqàç,  on lui fit part de cette condition mais il refusa de venir de même que Saîd fils de Zaïd et Abdallah fils d’Omar.

On revint à la mosquée et Alî dit :  » Il faut absolument que les compagnons du Prophète commencent.  »

Alors chacun des assistants alla chez un des compagnons du Prophète et on les amena tous excepté Talha et Zobaïr qui envoyèrent un message ainsi conçu : « Nous accepterons n’importe qui les musulmans auront proclamé et quand tous lui auront prêté le serment nous le prêterons également ».

Alî dit de nouveau :  » Il faut qu’ils soient ici ».

Quelqu’un alla les chercher mais ils dirent :  » Que le peuple prête serment aujourd’hui nous le ferons demain. »

Or on était au jeudi le septième jour depuis la mort d’Othmàn .

En recevant ce second message Ali dit:  » C’est juste demain,  c est vendredi il y aura plus de monde pour prêter le serment. Remettons cet acte à demain. »

Puis il voulut partir mais les autres le retinrent en disant : » Il faut pour demain vendredi un imâm qui préside la prière. Eh bien s’écria Alî : il faut que Talha et Zobaïr viennent prêter le serment,  Màlik al Aschtar s’engagea à amener Talha et Hokaïm fils de Djabala dit qu’il allait amener Zobaïr.

Lorsque Mâlik se présenta chez Talha celui ci lui dit :  » Laissez moi le temps jusqu’à demain que le peuple seulement prête le serment aujourd’hui . »

Mâlik répliqua : « Vous voulez que les musulmans restent sans imâm et vous voulez jeter la discorde au milieu d’eux  ? Si tu désirais le pouvoir pourquoi ne l’as tu pas accepté lorsque les gens de Baçra sont venus pour te prêter serment ?  A présent que le peuple est d’accord pour proclamer quelqu’un tu veux faire de l’opposition?  Si tu ne viens pas je te tranche la tête ».

Hokaïm tint le même langage à Zobaïr et l’amena de force devant Ali de même que Talha fut amené par Màlik.

Alî leur dit : « Je ne désire point le pouvoir . Mais le peuple est sans chef.  Vous êtes plus capables que moi de diriger les affaires et je suis prêt à jurer obéissance à celui d’entre vous qui le voudra. Toi,  Talha tu es le plus digne d’exercer les fonctions de calife étends la main pour que je te prête serment . »

Talha s écria : « Que Dieu m’en garde. Je ne suis rien ô père de Hasan en présence de ta personne de ton mérite et de ta noblesse . »

Màlik al Aschtar engagea Alî à étendre la main, Alî le fit et Talha lui prêta serment.  Or Talha avait la main droite desséchée. L’un des assistants nommé Habîb fils de Dsouaïb dit : « La première main qui touche la sienne est une main desséchée,  il ne réussira jamais à affermir son pouvoir. »

Après que Talha eut prêté le serment, Zobaïr le prêta également puis vinrent Saîd fils de Sa’d fils d’Abou Waqqàç;  Abdallah fils d’Omar; Mohammed fils d’Abou Bekr et tous les autres compagnons du Prophète qui étaient présents.

Alî reçut ensuite le serment du peuple. Le premier qui le prêta fut Màlik al Aschtar après lui Hokaïm fils de Djabala puis vinrent tous les autres selon leur rang .

L’acte du serment fut terminé le vendredi vingt cinquième jour du mois de dsou-l-hiddja de l’an 35 Hijra.

Le lendemain Moghîra fils de Scho’ba vint trouver Ali et lui dit : « Le serment que je t’ai prêté m’impose le devoir de te donner des conseils salutaires. Or je t’engage à laisser les agents d’Othmàn à leurs postes car ils sont devenus puissants et si tu les destitues immédiatement, ils deviendront tes ennemis déclarés. Laisse-les à leurs postes pendant un an jusqu’à ce que ton pouvoir se soit affermi et que tu n’aies plus rien à craindre des opposants c’est alors que tu pourras destituer ceux que tu voudras.  C’est ainsi qu’a fait Othmân avec les agents d’Omar . »

Alî répliqua : « Je ne suis pas homme à m’appuyer sur des gens égarés.  J’ai conseillé à Othmân de les destituer parce que je connaissais leur mauvaise conduite. Je ne les emploierai pas maintenant et la première chose que je ferai ce sera de les destituer. »

Moghîra le quitta.  Le lendemain il revint et dit à Alî :  » Prince des croyants, j’ai réfléchi sur cette affaire.  Tu as raison si tu ne les destitues pas on dira : Si ces agents étaient dignes de commander les musulmans, Othmàn lui même était digne de garder le califat.  »

Cette miniature ottomane (turque) de la fin du XVIe siècle (extraite du « Siyer-i Nebi » - 1594) montre le calife Ali – voilé et nimbé de flammes – prêt à partir en guerre
Cette miniature ottomane (turque) de la fin du XVIe siècle (extraite du « Siyer-i Nebi » – 1594) montre le calife Ali ibn bi Talib radi Allah anhu, voilé et nimbé de flammes, prêt à partir en guerre

Au moment où Moghîra sortait,  Abdallah fils d’Abbàs qui revenait de la Mecque entra chez Alî.

Après lui avoir prêté le serment de fidélité,  il lui demanda quel avait été l’objet de la visite de Moghîra ?

Alî lui rapporta les paroles qu’il avait dites la veille et celles qu’il venait de dire à l’instant.

–  Hier dit Abdallah,   il t’a donné un bon conseil et aujourd’hui il t’a trompé’.

En sortant de chez Alî, Abdallah rencontra Moghîra et lui demanda pourquoi,  il avait parlé comme il l’avait fait au prince des croyants.

Moghîra répondit : « Quand quelqu’un repousse le bon conseil qu’on lui donne , il faut le tromper. »

Talha demanda à Alî de lui confier le gouvernement de Baçra,  parce que, disait-il; les habitants de cette ville le désiraient.

Zobaïr pour la même raison demanda le gouvernement de Koufa.

Alî leur répondit :  » Vous êtes de ceux qui doivent m’assister et me conseiller ici je n’ai accepté la charge du pouvoir qu’à la condition que vous me prêtiez votre concours ».

Talha et Zobaïr furent blessés de ce refus et prirent une attitude hostile envers Alî.  Ils prétendaient qu’ils n’avaient prêté le serment que par contrainte et sous la menace du sabre de Màlik.

Dans une certaine tradition il est dit que Zobaïr s’était caché et n’avait pas prêté serment,  que Sa’d et Saîd avaient demandé un délai et qu’Abdallah fils d’Omar et dix hommes d’entre les Ançàr s’étaient également dérobés.

On dit encore que dans le nombre de ces derniers se trouvait : « Abdallah fils de Salàm qu’ils se rendirent en Syrie auprès de Moàwiya et qu’ils imputèrent la mort d’Othmàn à Ali sans l’aveu duquel disaient-ils personne n’aurait osé commettre ce crime.

Aucun des Benî Omayya (Omeyyades)  n’avait prêté serment à Ali qui lui même ne les avait pas fait appeler.

Quelques uns d’entre eux (Beni Omayya ou Omeyyades) s’étaient cachés à Médine les autres s étaient rendus auprès de Moàwiya fils d’Abou Sofyan.

Certains habitants de Médine avaient demandé que les assassins d’Othman fussent recherchés et punis .

Ali craignant qu’il n’en résultât la guerre civile,  harangua le lendemain le peuple et dit : « A peine m’avez vous établi comme votre conseiller que vous cherchez à m’entraîner à de mauvaises mesures .Je veux diriger moi même vos affaires.  Que ceux d’entre vous qui font le commerce retournent à leurs boutiques et que ceux qui sont étrangers retournent dans leurs tribus.  Laissez moi le soin de diriger comme je l’entendrai le pouvoir que vous m’avez imposé . »

Alî en effet voulait attendre que son autorité fût bien établie avant de venger la mort d’Othmàn.

Khanjar du calife Ali ibn Abi Talib radi Allah anhu
Khanjar du calife Ali ibn Abi Talib radi Allah anhu

Le peuple se rendant à ces raisons dit :  » Faisons ce que le prince des croyants (al-Amir al-Muminin) ordonne.

Quand Alî fut rentré dans sa maison,  Talha et Zobaïr vinrent le trouver et lui dirent : « Le peuple est devenu indocile et tu ne pourras pas le maintenir sans armée.  Envoie nous à Baçra et à Koufa car tu sais que les habitants de ces villes nous sont soumis, nous t’amènerons une nombreuse armée.  »

– J’y réfléchirai répondit Alî .

Lorsqu’il apprit ensuite que tous les Benî Omayya s’étaient rendus auprès de Moàwiya et qu’ils l’accusaient de la mort d’Othmàn et que les Qoraïschites commençaient à être inquiets il ne laissa plus personne sortir de Médine .

Le premier acte d’Alî fut l’ordre donné à Abdallah fils d’Abbàs de partir pour la Syrie afin de prendre le gouvernement de cette province.

Mais Abdallah fils d’Abbas refusa en disant : « Il ya tant d’années que Moàwiya tient ce gouvernement que les habitants de Syrie sont devenus comme ses sujets,  puis tous les Benî Omayya sont auprès de lui et t’accusent du meurtre d’Othmàn. Si tu destitues Moàwiya en me nommant à sa place toute la Syrie prendra les armes contre moi et après en avoir fini avec moi on se tournera contre toi-même sous prétexte de venger la mort d’Othmàn. Ce que tu as à faire c’est de confirmer Moàwiya dans son poste et de donner à chacun des Benî Omayya le gouvernement d’une province car ce sont des gens attachés aux avantages de ce monde et ils seront ainsi satisfaits.  »

Alî repoussa cet avis en disant : « Je ne veux pas que Moàwiya reste gouverneur de Syrie et je ne placerai jamais aucun descendant d’Omayya à la tête des musulmans.  Entre moi et Moàwiya le sabre seul doit décider. »

Abdallah répliqua  : « Prince des croyants tu es un homme intrépide mais c’est par l’intrépidité que tu vas te perdre . Si tu veux suivre mon conseil je me fais fort de livrer entre tes mains tous les Benî Omayya et dans l’espace d’une année d’éloigner Moàwiya de la Syrie.  »

Alî répondit  :  » Toi ô fils d’Abbàs et Moàwiya vous cherchez tous deux à m’entraîner à l’abdication. Ce que je te demande c’est de me donner des avis et si je ne les suis pas toi tu dois agir conformément aux miens.

– L obéissance à tes ordres,  répliqua Abdallah,  est le moindre des devoirs que tu es en droit d’exiger de moi.

Infanterie romaine Byzantine
Infanterie romaine Byzantine

En cette même année le roi de Roum ayant appris qu’Othmân avait été assassiné et que les Arabes étaient en proie à des discordes intestines réunit une armée qu’il embarqua sur mille vaisseaux et se mit en route pour envahir la Syrie.

Chaque vaisseau renfermait mille hommes et dix machines de guerre .

Il emporta aussi avec lui la principale croix

Lorsque au commencement de l an 36 cette flotte se trouvait en pleine mer elle fut détruite par un ouragan et toute l’armée périt.

Le roi se sauva avec deux vaisseaux et revint dans le pays de Roum où il fut massacré dans le bain car on lui reprochait d’avoir dépeuplé le pays et de vouloir détruire la religion chrétienne.

En cette même année 36  de l’hégire, Alî destitua les différents gouverneurs établis par Othmân fils d’Affan et en nomma d’autres à leur place.

Les étapes du Califat Rashidun jusqu'à Uthman bin Affan radi ALLAH anhu
Les étapes du Califat Rashidun jusqu’à Uthman bin Affan radi ALLAH anhu

Extrait tiré de la Chronique de Tabari, histoire des prophètes et des rois (Arabe: تاريخ الرسل والملوك Tarikh al-Rusul wa al-Muluk). Tabarî, de son nom complet Muhammad Ibn Jarīr Ibn Yazīd al-Imām Abū Jaʿfar (persan : محمد بن جریر طبری), est un historien et exégète du Coran, né en 839 à Amol au Tabaristan, et mort le 17 février 923 àBagdad. Il est l’un des plus précoces et des plus illustres historiens et exégètes perses du Coran.

Buste de Tabari à l'entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)
Buste de Tabari à l’entrée de la bibliothèque nationale du Tadjikistan (Douchambé)

Tabarî est notamment resté célèbre pour son histoire universelle, l’Histoire des prophètes et des rois, et son commentaire du Coran. Il fut également à l’origine d’une éphémère école du droit islamique, laJarîriyya, Musulman de tradition sunnite, il a passé l’essentiel de sa vie à Bagdad, écrivant tous ses ouvrages en arabe.

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