Histoire de la dynastie arabe des Hamdanides du Zab et de Msila (Algérie) par ibn Khaldoun :

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La mosquée de la ville de Msila, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz
La mosquée de la ville de Msila en Algerie, du nom du calife Omeyyade Omar ibn Abd al-Aziz 

HISTOIRE DES BANU-HAMDOUN , CONTEMPORAINS DE LA DYNASTIE FATEMIDE ET PRINCES D’EL-MECILA ET DU ZAB 927-979. (Actuelle Algerie)

La dynastie arabe des Hamdanides de Msila Par Ibn Khaldoun Histoire des dynasties musulmanes :  

Le chef de cette famille se nommait Ali-Ibn-Hamdoun ibn- Semniak-Ibn-Masoud-Ibn-Mansour-el-Djodami (de la tribu arabe qahtanite de Judham) et portait le surnom d’Ibn-el-Andeloci (fils de l’Andalous).

Avant l’époque où les missionnaires fatimides commencèrent leurs démarches, pendant qu’Obeid-Allah et Abou-‘l-Kacem étaient encore en Orient, il s’attacha au service de ces princes.

Parti de Tripoli par leur ordre, il se rendit auprès d’Abou-Abd-Allah-es-Chîï et reçut de lui l’accueil le plus honorable.

Ayant ensuite rejoint ses maîtres, il ne les quitta plus, même pendant leur emprisonnement à Sidjilmessa ; aussi, lors de l’établissement de leur auto rité en Afrique, il dut à leur reconnaissance une position très- élevée dans l’empire.

En l’an 315 (927), Abou-Cacem étant revenu de son expédition en Maghreb, chargea Ibn-Hamdoun de surveiller la construction de la ville d’El-Mecîla.

 Quand ce travail fut terminé, Abou-‘l-Cacem y établit son protégé en qualité de gouverneur de la province du Zab.

Fatimid Caliphate 2

El-Mecîla reçut alors le nom d’El-Mohammedïa.

Pendant que ce prince assiégeait Abou- Yezîd dans la montagne de Kîana, la ville d’El-Mecîla lui servit de dépôt d’approvisionnement. Ali-Ibn-Hamdoun garda le gouvernement du Zab jusqu’à la fin de ses jours.

Djâfer et Yahya, fils d’Ali-Ibn-Hamdoun, furent élevés à la cour d’Abou-‘l-Cacem, et la mère de Djâfer allaita El-Mâdd [le même prince qui porta, plus tard, le surnom d’El-Moëzz. Lors des troubles qui agitèrent l’Ifrîkïa par suite de la révolte d’Abou-Yezîd, El-Caïm

 Quand la révolte d’Abou-Yezîd fut étouffée, El-Mansour donna à Djâfer, fils d’Ali-Ibn-Hamdoun , le gouvernement d’El-Mecîla et du Zab.

Yahya reçut l’autorisation de s’y établir avec son frère, et ce fut ainsi le commencement de la dynastie hamdanide. Ces deux princes y élevèrent des châteaux et des maisons de plaisance, tout en étendant leur autorité sur les régions environnantes.

Leur cour devint le rendez-vous des savants , et parmi les poètes qui vinrent célébrer leurs louanges, on remarqua Abou- ‘1-Cacem-Ibn-Hani, natif d’Espagne, dont les pièces composées en l’honneur des Hamdanides sont encore citées avec éloge*.

La jalousie et l’ambition suscitèrent une vive inimitié entre Djâfer-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun et Zîri-Ibn-Menad.

Scène de bataille représenté sur ce bol fatimide - ziride
Scène de bataille représenté sur ce bol fatimide – ziride

L’expédition que celui-ci entreprit dans le Maghreb lui fournit l’occasion de nuire à son rival, et, tout en châtiant les Zenata, il gratifia sa haine en desservant Djâfer auprès du khalife [fatemide].

Il est vrai que Djâfer avait tenu une conduite peu franche ; s’étant montré favorable aux Zenata et à Mohammed-Ibn-Khazroun , émir des Maghraoua.

En l’an 360 (970-1), El-Moëzz se décida à prendre le Caire pour sa résidence et manda à la cour Djâfer- Ibn-Ali, dans l’intention, à ce que l’on prétend, de lui donner le gouvernement de l’Ifrîkïa, et d’accorder le gouvernement du Maghreb à Ziri et à Bologguîn, fils de Zîri. Comme Djâfer ne s’empressa pas d’obéir, El-Moëzz ordonna à Djâfer l’esclavon d’aller le chercher.

Détail d'un coffret en Ivoire fatimide, représentant un guerrier arabe ou berbère avec un bouclier et lances
Détail d’un coffret en Ivoire fatimide, représentant un guerrier arabe ou berbère kutama avec un bouclier et lances

Cette démarche excita la méfiance de Djâfer- Ibn-Ali qui partit aussitôt avec ses troupes pour se joindre aux Zenata. Ayant ainsi rompu les liens qui l’attachaient au khalife El-Moëzz et aux Sanhadja, il rallia les Zenata autour de lui et les décida à répudier l’autorité des Fatemides pour reconnaître celle d’El-Hakem-el-Mostancer [le khalife oméïade d’Espagne].

A cette occasion Zîri se hâta de l’attaquer, espérant le prendre au dépourvu, mais la fortune ne le seconda pas, et, pendant que ses troupes abandonnaient le champ de bataille, son cheval s’abattit sous lui et le laissa au pouvoir de l’ennemi.

Les Zenata lui coupèrent la tête.et Yahya-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun partit pour l’Espagne avec plusieurs notables zenatiens, afin de présenter ce trophée à El-Mostancer, souverain  de Cordoue.

Cette députation informa le prince Omeyyade qu’on venait de proclamer son autorité en Afrique et que son appui leur était indispensable.

Il en accueillit les membres avec une grande bienveillance , les combla de dons et fit exposer la tête de Zîri au marché de Cordoue. Yahya-Ibn-Ali fut élevé au faîte des honneurs et reçut une place à côté du trône.

Carte des trois califats en l'an 1000, plus particulièrement lors de l’extension maximal des Omeyyades d'al-Andalus
Carte des trois califats en l’an 1000, plus particulièrement lors de l’extension maximal des Omeyyades d’al-Andalus 

Djâfer-Ibn-Ali s’aperçut bientôt que les Zenata convoitaient ses trésors, et, ne pouvant compter sur la protection de leurs chefs qui étaient eux-mêmes mal disposés les uns pour les autres, il s’embarqua secrètement avec les gens de sa maison, ses es claves et ses trésors, passa le Détroit et se rendit à Cordoue.

Les personnes les plus considérables de la population zenatienne l’accompagnèrent afin de cimenter leur alliance avec le souverain Omeyyade et de prendre l’engagement de soutenir sa cause.

La reception honorable qui les y attendit combla toutes leurs espérances ; ils repartirent, pleins de dévouement et bien résolus de surpasser les ldrîcides et les Beni-Ifren parle zèle qu’ils déploieraient dans le Maghreb en faveur de la dynastie Omeyyade.

Djâfer et Yahya, flls d’Ali-Ibn-Hamdoun , restèrent à la cour de Cordoue , et malgré leur soumission de fraîche date, ils se virent inscrits sur la liste des vizirs et gratifiés de fortes pensions.

Quelque temps après, leur oubli des égards dus au khalife leur attira une leçon qui les rendit plus prudents : appelés au palais, ils y furent emprisonnés pendant plusieurs jours.

L’indisposition d’El-Mostancer, qui venait d’être atteint d’une paralysie d’un côté du corps, affaiblit à un tel degré l’influence du gouvernement oméïade en Maghreb, que les ministres andalous  jugèrent nécessaire de renforcer les garnisons des villes frontières.

Djâfer-Ibn-Ali-Ibn-Hamdoun fut chargé parle grand chambellan El-Mashafi d’aller prendre le commandement des provinces africaines en remplacement de Yahya-Ibn-Mohammed- Ibn-Hachem, rappelé en Espagne.

De cette manière on opposa aux Zenata un chef capable de les contenir. Yahya, frère de Djâfer, reçut aussi un commandement dans le Maghreb.

Ces deux chefs partirent pour leur destination, après avoir été revêtus de robes d’honneur, et ils emportèrent une forte somme d’argent et quantité de belles pelisses qu’ils devaient distribuer aux princes de ce pays.

En l’an 365 (975-6), Djâfer arriva en Maghreb où il parvint à faire reconnaître son autorité et à réunir sous ses ordres les chefs des Beni-Ifren, des Maghraoua, des Mik- naça et d’autres branches de la grande famille zenatienne.

Quand Hicham succéda au khalifat, après la mort d’El-Hakem-el-Mostancer, son visir, El-Mansour-Ibn-Abi -Amer (Almanzor), établit dans la ville de Ceuta une forte garnison composée de troupes impé riales et y installa plusieurs fonctionnaires, tant civils que mili taires, tous choisis parmi ses propres créatures.

Le reste du pays fut confié à la garde des princes zenatiens dont on s’assura le dévouement par des dons d’argent et des robes d’honneur.

Chaque fois qu’ils se rendaient à la cour, on les comblait de prévenances et on accordait à ceux qui en faisaient la demande la faveur d’être inscrits sur la liste des militaires soldés par l’état. Pendant qu’El-Mansour travaillait à régulariser l’administration de l’empire et à étendre l’influence du gouvernement Omeyyade, une mésintelligence éclata entre les frères Hamdoun, et Yahya s’établit, avec presque tous les partisans de sa famille dans la ville de Basra dont il s’était emparé.

Quelque temps après, son frère Djâfer entreprit contre les Berghouata une expédition qui fut assez malheureuse, et ensuite il reçut de Mohammed-[el-Mansoui]-Ibn-Abi-Amer, qui venait d’obtenir la régence du royaume, l’invitation de passer en Espagne afin de lui prêter appui, tant il comptait sur ses bons et fidèles services.

Djâfer, qui se rappela le traitement qu’El-Hakem-el-Mostancer lui avait fait subir, eut d’abord quelque hésitation avant de se conformer aux vœux d’El-Mansour ; mais enfin, il remit à son frère Yahya le gouvernement du Maghreb et partit pour l’Espagne.

El-Mansour l’accueillit avec une haute distinction et , en l’an 369 (979-80], lors de l’envahissement du Maghreb par Bologguîn, il l’envoya à Ceuta en le chargeant de défendre les provinces africaines.

Lui-même, se rendit de Cordoue à Algesiras, afin d’être plus près du théâtre de la guerre. Djâfer traversa le Détroit et, grâce à une centaine de charges d’or que le vizir avait mises à sa disposition, il réunit sous ses ordres les principaux chefs (berbères) zenatiens et mit Bologguîn dans la nécessité de s’éloigner.

Plus tard, El-Mansour devint jaloux de son lieutenant, et une nuit, à la suite d’une partie de débauche, il le congédia après avoir aposté des assassins pour le tuer.

Djâfer se rendait du palais à sa maison quand il succomba sous leurs coups. Yahya, frère de Djâfer, passa en Egypte et trouva auprès d’El-Azîz-Nizar[le khalife fatemide] un accueil plein de bienveillance.

Il y demeura un temps considérable, rendit de grands services au gouvernement égyptien dans plusieurs circonstances graves, et lorsque Felfoul-Ibn-Khazroun sollicita le secours d’El-Hakem [le fatemide] afin d’enlever Tripoli aux [Zîrides] sanhadjiens, il partit à la tête d’un corps d’armée pour appuyer les opérations de ce chef.

Arrivé à Barca, il eut avec les Beni- Corra, tribu (arabe) hilalienne, une rencontre dans laquelle ses troupes furent mises en pleine déroute. Alors il rentra en Egypte où il continua jusqu’à sa mort.

Vue aérienne de M'Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun
Vue aérienne de M’Sila en Algérie, capitale des Bani Hamdoun

Émirs de al-Masila al-Muhammadiya (M’Sila), dynastie arabe des Banu Hamdun

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldouu 4, huitième descendant de Ouaïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramout, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

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