La famille arabe Toudjibide et sa branche les Banu Sumadith d’Almeria Andalousie 11eme siècle:

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Fichier: Carte de localisation des Taifa Almería.svg
La taifa d’Alméria dans la première période de taïfas (arabe : [mulūk aṭ-ṭawā’if] ملوك الطوائف les royaumes des factions) (espagnol : Reynos de taifa) est une période de l’histoire d’Al-Andalus située entre la chute du Califat arabe Omeyyade de Cordoue et la conquête berbère almoravide. Datation : 1039-1094 (achèvement de la conquête almoravide)

ROYAUME D’ALMÉRIA.

1ere Dynastie celle des : esclavons (as-Saqlabiya)

Les Saqaliba occupaient des fonctions variées : serviteurs, eunuques, artisans, soldats et même gardes du calife. Nombre d’entre eux occupèrent des postes importants et à la différence des millions d’esclaves inconnus, leur sort est bien renseigné. Certains Saqāliba devinrent même seigneurs de taïfas (muluk at-tawa’if) à al-Andalus après la chute du califat Omeyyade de Qurtuba.

Le mur de Khairan al-Saclabi à Almeria , Andalousie, 11e siècle.

 

 

1er  KHAIRAN AL-SACLABI.

Khaïran , Dalmate ou Esclavon de naissance, peut être considéré comme le premier émir indépendant d’Almérie, Quoiqu’il n’ait pas pris le titre de roi. Dévoué à la famille es Amérides, dont il tenait sa fortune et le gouvernement d’Almérie, il refusa, l’an 399et 400 de l’heg. (1009 et 1010 de J. C), de se soumettre à Mohammed Al-Mahdy et à Soléiman, usurpateurs du khalifat de Cordoue.

Elevé à la charge de hadjeb , par Hischam Al-Mowaïad l’Omeyyade , il défendit, avec autant de zèle et de constance que de courage, et toujours au péril de sa vie , les droits de ce faible et infortuné monarque, même après s mort ou sa disparition politique.

Uni avec Ali Ibn hammoud (Le berbère Hammadide d’ifriqiya, Bejaia), qu’il alla chercher en Afrique du Nord, il fit la guerre avec succès à Soleiman, mais, trompé dans son espérance de voir le trône de Cordoue rebdu à Hisham ou à quelque autres princes parmis la famille des Banu Umayyah (Omeyyades), il se déclara contre Ali, qui s’en étais emparé, fit proclamer cause de ce prince, l’an 408 (1017-18).

 

Les remparts Omeyyade de la ville andalouse d'Almeria
Les remparts Omeyyade de la ville andalouse d’Almeria

2eme ZOHA1R AL-SACLABI.

An de l’hég. 4o8 (de J.-C. 1017-18). Zohaïr, compatriote et parent de Khaïran, ayant apris sa mort, accourut, de Dénia, dont il était gouverneur ; et, soutenu par les autres Al-Amiri, il enleva de vive force la ville d’Alméria , au Cadhi Abou’l Cacem Mohammed al-Zobeidi, qui fut tué sur la brèche (1).

Il se démit du gouvernement de Dénia en faveur d’Aly ben Moudjahed al-Khawlani et céda la ville de Castillon à Moudjahed, lui-même, ce roi arabe des îles Baléares, dont on a parlé ci-dessus, en deux endroits .

Le pays de Tadmir ou de Murcie, appartenait aussi à Zohaïr.

Ce prince continua de résister à la faction des Alide Hammoudide et aux rois de Grenade , leurs principaux soutiens.

Mais, toujours fidèle aux Omeyyades, il ne dut prendre le titre de roi qu’après l’extinction de cette célèbre dynastie.

Suivant Conde , il mourut de maladie , l’an 432 de l’hég. (1041), après avoir institué pour son héritier, le roi de Valence, Abdel-aziz ,* chef de la famille arabe des Amirides. Suivant Casiri , Zobaïr fut assassiné en 443 ( 1051), sans qu’on sache la cause ni l’auteur de ce crime.

Quoi qu’il en soit , Abdel-aziz , devenu maître du royaume d’Alméria , soit par le testament de Zohaïr, soit par droit de conquête , y envoya pour lieutenant ou naïb , son gendre Maan, qui fonda une dynastie à Alméria.

Ruines du palais de l’émir et poète d’Almeria de la tribu arabe yéménite des Banu Tujjib ,de la dynastie des Banu Sumadih : Al-Mu’tasim Billah At-Tujjibi dit Almotacín par les croisés à La Alcazaba
Ruines du palais de l’émir et poète d’Almeria de la tribu arabe yéménite des Banu Tujjib ,de la dynastie des Banu Sumadih : Al-Mu’tasim Billah At-Tujjibi 

 

Dynastie arabe des Samadahite, Sumadith ou Toudjibidcs.

1erAbou al-Ahwas MAAN DZOU’L VEZIRA-TAYN.

An de l’hég. 432 ou 443 (de »J.-C. 1041 ou 1051). Mohammed ben Abdelrahman ben Samadah ou Samidab, père de Maan, et parent d’Al-Moundhar , premier roi de Saragosse , ayant abandonné son gouvernement de Huesca, eu 431 (104o), pour échapper sans doute aux persécutions de la famille arabe des Houdides , qui avait usurpé le trône de Saragoce sur les Tudjibide , vint à Valence avec ses deux fils, Abou’l Ahwas Maan et Abou-Otba Samadah, qui épousèrent deux filles du roi Abdel-aziz. (Casiri dit , t. II. , page 40 , que le roi de Valence épousa la fille de Mohammed, et page 214 • que les deux fils de celui-ci obtinrent la main de deux sœurs et non pas de deux filles d’Abdel- Aziz.).

Après les noces , il s’embarqua pour l’Orient , et périt dans un naufrage.

Maan, ayant reçu le royaume d’Alméria, le rendit indépendant , le gouverna avec beaucoup de prudence , et mérita l’amour de ses peuples.

Il fut surnommé Dzoul veziratayn, le maître des deux veziriats, c’est-à-dire de l’autorité civile et militaire.

Il mourut en 443 (1051), suivant Conde, qui n’assigne pas la durée de son règne, ou en 444 (1052), suivant Casiri qui, sans aucune vraisemblance , ne le fait régner qu’un an.

Abou’l A hvvas Maan , avant d’expirer, avait fait reconnaître son fils pour son successeur.

La court de l'émir de la taifa d'Almeria   al-Mustasim 1051
La court de l’émir de la taifa d’Almeria al-Mustasim Billah en 1051

2eme. Abou-Yahia MOHAMMED MOEZZ- ED-DAULAH Muizz al-Dawla.

s An de l’hég. 443 ou 444 (de J.-C. 105i ou 1052). Ce prince , né à Saragoce , dans le temps que son père en était cadhi , était à peine âgé de 18 ans lorsqu’il monta sur le trône d’Alméria.

A l’exemple des khalifes d’Orient , il prit dans sa proclamation, les titres  Al-Mutasim-Billah , et d ‘ Al-Wathik-Billah.

Son frère, ou plutôt son oncle Samadah, lui disputa la couronne et lui fit la guerre ; mais il échoua dans cette entreprise , et fut forcé de se mettre à la merci de son neveu , qui l’admit à sa cour, et lui conserva ses honneurs.

Doué de tous les avantages physiques, sage, vertueux, bienfaisant, libéral et magnifique, Moezz-ed- daulah (Muizz al-Dawla)  se fit aimé de ses sujets et mérite d’être cité parmi les meilleurs souverains de l’Espagne arabe.

Plus ami des douceurs de la paix, qu’ébloui des prestiges de la gloire militaire, il fut souvent l’arbitre et le médiateur des princes musulmans, ses contemporains.

Protecteur des ettres, qu’il cultivait lui-même avec succès, il attira à sa cour les savants de l’Orient, de l’Afrique , de diverses parties de l’Europe, et les combla de faveurs et de bienfaits.

Il les admettait à sa table , un jour de chaque semaine , afin de jouir de leur conversation plus à loisir , et il en logeait plusieurs dans son palais. Nul monarque de son temps, n’égala sa douceur, son humanité, sa justice; et quant à son goût éclairé pour les sciences et pour les arts , à l’étendue de ses connaissances, et à son talent supérieur pour les vers, on ne pouvait lui comparer que le roi de Séville, Al-Motamed, son ami et son neveu par alliance, avec lequel il faisait assaut poétique.

On a conservé quelques pièces de sa composition, adressées à ce monarque. Muizz al-Dawla  avait épousé en effet une fille de Mordjahed al-Khawlani, wali de Dénia et des Baléares ; mais il n’est pas vraisemblable qu’il ait formé une double alliance avec ce prince, en lui donnant aussi sa fille, puisque Moudiahed était mort avant que Moezz-eddaulah  (Muizz al-Dawla) fut en âge d’avoir des enfants.

Ce fut probablement Aly, fils de Moudjahed, qui épousa la fille du roi d’Alméria.

Al-Mutasim se joignit aux dynastes musulmans d’Espagne, pour appeler le souverain de l’Afrique, Yousouf ben Taschfyn l’Almoravide; mais il n’assista point à la bataille de Zallaka , en 479 (1086), étant occupé alors au siège d’Albit, place forte, dont les Castillans s’étaient emparés , dans les environs de Lorca.

Lorsque Yousouf ibn Tashfyn visita pour la seconde fois l’Espagne, l’an 48i (1088), afin de presser le siège d’Albit, le roi d’Alméria al-Mutasim vint le trouver dans le camp de Lorca, vêtu d’habillements noirs , pour faire sa cour au monarque africain, qui avait adopté cette couleur; ce qui donna lieu au roi de Séville de le comparer à un corbeau entouré de colombes, parce que les troupes d’Alméria étaient vêtues de blanc(Le. noir était  la couleur des khalifes Abbassides d’Orient. Le roi de Marrakesh l’avait prise par déférence pour cette maison , dont il affectait de reconnaître la suprematie spirituelle. Les rois d’Almérie , de Valence , et quelques autres émirs d’Espagne , avaient conserve le blanc, couleur des Ommeyades, leurs anciens souverains, et rivaux des Abbassides.).

La mésintelligence s’étant mise parmi les princes musulmans qui assiégeaient Albit, le siège fut levé, malgré l’avis de Moezz-eddaulah (Muizz al-Dawla); et le roi de Castille fit démanteler la place, après en .avoir retiré les restes de la garnison qui s’était si vaillamment défendue.

Yousouf ibn Tashfyn se rendit à Alméria , où il se rembarqua pour l’Afrique. A sa troisième expédition en Espagne, l’an 483 (1090), ayant été forcé de lever le siège de Tolède, parce qu’aucun des émirs ne lui amena des renforts, il se vengea en s’emparant successivement des états et des personnes des rois de Grenade et de Séville. Le bon roi d’Alméria , malgré ses vertus pacifiques et conciliantes, malgré l’amour de ses sujets et l’estime universelle dont il jouissait dans la Péninsule , ne put échapper à l’ambition du conquérant de l’Afrique. Assiégé dans sa capitale, par une division de l’armée de Yousouf, sous les ordres du général Abou-Zakaria ben Houcein, bloqué étroitement par terre et par mer, sans espoir de secours , et plus affligé des maux dont la famine accablait ses sujets , que de ses propres disgrâces , Moezz-eddaulah (Muizz al-Dawla) mourut de douleur le 4 rabi 11e. 484( 26 mai 1091) après un règne de quarante ans, digne d’une meilleure fin.

Vue sur Almeria
Vue sur Almeria al-Andalus, Espagne

3eme. Abou Marwan  Obayd Allah- al-Dawla .

An de l’hég. 484 (de J:-C. 1091). Obayd-Allah fut proclamé roi a Alméria  le jour même de la mort de son père , qui l’avait déjà déclaré son héritier.

Ce prince eut à peine le teins de s’asseoir sur un trône prêt à s’écrouler. Ayant appris la reddition de Séville , la chute et la captivité du roi al-Mutamid ibn abbad al-Lakhmi , il sentit qu’il était impossible de conserver plus longtemps Alméria.

Craignant de retomber entre les mains d’un monarque dont il avait déjà «prouvé la perfidie, il traita de la reddition de la place; et ayant, par ce moyen, endormi la vigilance des troupes ennemies, qui fermaient l’entrée du port , il équipa secrètement un navire , sur lequel il s’embarqua de nuit avec ses femmes , ses enfants, ses trésors, son frère Rafy-al- Dawla et la famille de ce prince.

Il abandonna ainsi sa capitale et ses états , à la fin de chaban ou dans le courant de ramadhan (septembre ou octobre), environ cinq mois après la mort de son père.

Suivant le conseil de ce dernier, il se retira dans les états du roi Al-Mansour, de la dynastie des Hammadides, qui régnait à Bougie (Bejaia) en Afrique (ifriqiya, Algerie), lien obtint le gouvernement de Tenes, où il se livra entièrement aux lettres, et il y composa plusieurs ouvrages.

Son frère Rafy-al-Dawla, excellent poète , mourut en 53g (n44-5), à Tlemsan (Tlemcen, Algerie) , dont Al-Mansour l’avait nommé gouverneur. Ezz-eddaulah , le plus jeune des frères du roi d’Alméria, se retira dans l’Espagne orientale.

Ainsi finit la dynastie arabe des Samadahides. Le lendemain de la fuite d’Obayd -Allah , les troupes Almoravides entrèrent dans Alméria, et la prise de Montujar et des autres places qui composaient ce petit royaume, suivit de près la conquête de la capitale.

 

Qassaba de Delys construit par Muiz al-Dawla Ibn Samadah de la tribu yéménite de Tudjib d’Alméria en 1068 jc Algerie
La Qasaba de Dellys en : Algérie, Dellys construite en 1068 par l »émir arabe andalous Muiz al-Dawla Ibn Samadah d’Alméria Situé à une centaine de kilomètres d’Alger, Dellys est une ville méditerranéenne typique où s’harmonisent les  styles  berbère, arabo-andalou et turco-ottoman.

Ibn Khaldoun nous dit qu’après avoir fait partie du royaume de Bejaia (Bougie, Ifriqiya en Algérie) la région de Dellys fut concédée par Mansur ibn Nasir (mort 1104) le 6e émir de la dynastie berbère des Hammadides en Algerie (1088–1104).  à Muizz al-Dawla ibn Samadah émir  arabe Toudjibide d’Almeria, qui vint chercher un asile auprès de lui, quand l’Espagne fut prise par les berbères  Almoravides 1088 (481 de l’Hégire) à 1104 (498 de l’Hégire).

Voilà ce que dit ibn Khaldoun dans « Histoires des berbères et des dynastie musulmanes » p55 : »Quand les Almora vides s’emparèrent de l’Espagne, Muizz-ad- Dawla-Ibn-Samadah , souverain d’Almeria , vint chercher un asile auprès d’al-Mansur. Ce monarque lui conceda Tedellis et l’établit dans cette ville. »

Les Toujibides sont à l’origine une famille arabe d’origine yéménite, ayant immigré dans la péninsule Ibérique au 8e siècle au temps des grandes conquêtes musulmanes. Cette famille influente qui joua un grand rôle dans la vie politique d’al-Andalus appartenait à l’aristocratie musulmane. Le fief de la famille se trouvait dans la vallée d’Ebre et plus particulièrement dans la ville de Daroca.  L’autre branche, celle des Sumadith, réussit à prendre le pouvoir dans la première moitié du xie siècle sur la principauté d’Almeria, où leur dynastie règne jusqu’à l’arrivée des Almoravides en 1091.

Bandera de Al Mutasim de Almería 1051
Bannière de l’émir arabe et poète al-Mutasim de la taifa d’Almeria en 1051

Le membre le plus célèbre de la dynastie est le prince al-Mutasim qui a été contraint par les Almoravides de se retirer dans la ville de Béjaïa en Algérie.  

En 1038 , sous le règne d’Abou Bakr al-Ghamini la Taifa d’Almeria a été conquise par Abd’al-Malik ibn Abd’al Aziz , roi de la Taifa de Valence et petit-fils d’ Almanzor , qui a nommé gouverneur Muhammad ben Ma’n qui est devenu indépendant en 1044 en inaugurant une nouvelle période de Taifa sous le règne de la dynastie des Banu Sumadih , connaissait une période de grande splendeur économique et culturel sous le gouvernement d’Abou Yahya Muhammad al-Mu’tasim, aussi connu comme Almotacín le roi poète, qui est arrivé à Almería forment l’un des centres culturels les plus importants de al-Andalus , qui attirait les poètes à qui,  il cédait auberges et argent. 

En 1085 , Alfonso VI a Toledo. Les rois Taifa de Séville , Grenade et Badajoz demandé l’aide des Almoravides qui sont entré dans la péninsule ibérique par Algésiras en 1086 , en battant le roi croisé de Castille-León dans la bataille de Zalaqa , après quoi, voyant la faiblesse des royaumes Taifa par des disputes continuelles entre eux,  ils prennent Almería en 1091, quelques mois après la mort de son dernier roi Taifa, Ahmad Mu’izz al-Dawla .

La Famille Banu Sumadih d’Almeria

  • 1041 Ma’n ben Muhammad ben Sumadih tudjibí
  • 1051 Abu Yahya Muhammad ben Ma’n, al-Mutasim
  • Régence d’Abou Utba 1052-1054 ou 1055
  • 1091 Ahmad ben Muhammad, Muizz al-Dawla (uniquement de Juin à Octobre ou Novembre 1091)

Source :

Tiré de l’encyclopédie  : « L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments » éd. in-8°, t. n, p..330-331 .

Date d’édition : 1818-1819

La Qasaba de Dellys sur Qantara http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=792

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