Harran en Turquie dans l’ère Islamique depuis les Omeyyades au arabes Numayrides :

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La ville turque de Harran dans l’ère Islamique depuis les Omeyyades au Croisades :

Harran Ruinnes du dar al khilafah et de a mosquée Omeyyade Turquie
Harran les ruines du dar al khilafah  du calife Marwan II  744-750  jc (région al-Jazira), en  Turquie .

 Harran dans l’ère Islamique :

Harran fut capitale des Omeyyades sous le calife Marwan II en 746-750. Il reste les ruines du Dar al-Khilafah et de la mosquée Omeyyade de Marwan II et de ce qui étais l’une des premières université Islamique construite au monde,  fondé par Harun al-Rashid le célèbre calife des Abbassides et la citadelle de la tribu arabe des Numayrides.

Harran Ruinnes du dar al khilafah et de a mosquée Omeyyade Turquie 2
Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746  

Au début de la période islamique Harran était situé dans le pays de la tribu arabe Mudarite (Diyar Mudar), dans la partie occidentale du nord de la Mésopotamie ( al-Jazira ).Avec ar-Ruha ‘( Sanliurfa ) et Ar Raqqah– elle était une des principales villes de la région.

Pendant le règne (744-750) du dernier calife omeyyade Marwan II, Harran est devenu le siège du gouvernement califal de l’empire islamique de l’Espagne à l’Asie centrale .

Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746
Ruines de la mosquée Omeyyade de Harran construit par le calife Marwan II en 746 

Marwan II ibn Muhammad l’Omeyyade (744-750), avait déplacé la capitale de Damas à Harran (al-Jazira dans l’actuel Turquie) lors de la révolution Abbasside d’As-Saffah et de son général Abu-Muslim al-Khorassani 

La grande mosquée de Harran est la mosquée la plus ancienne construite en Anatolie, ce monument a été construit par le dernier calife omeyyade Marwan II entre les années 744750. Le plan d’ensemble de la mosquée qui a des dimensions de 104×107 m, avec ses entrées, a été déterré au cours des fouilles menées par le Dr Nurettin Yardimer en 1983. Les fouilles sont actuellement menées également en dehors des portes nord et ouest. La grande mosquée, qui est resté debout jusqu’à aujourd’hui, avec son minaret de 33,30 m de haut , sa fontaine, son mihrab, et le mur de l’Est, a connu plusieurs processus de restauration . 

La première université au monde  Harran (Turquie) faite par le calife Abbasside Harun al-Rashid pour la traduction des textes grecs etc.
L’une des premières université au monde Harran (Turquie) faite par le calife Abbasside Harun al-Rashid 786 – 809 pour la traduction des textes grecs etc.

Le théologien chrétien Théodore Abu Qurrah fut, de 795 à 812, évêque orthodoxe de Harran.

Dans la période antique cette ville fut un centre de premier plan dans l’idolâtrie des mésopotamiens, avec une grosse communauté sectaire proche des sabéens (adorateurs des étoiles) le calife abbasside al-Ma’mûn (813 à 833), qui, en passant par Harran sur son chemin lors d’une campagne contre les romains de l’Empire byzantin, aurai forcé les Harraniens à choisir (se convertir) à l’une des «religions du livre» (ahl al kitab) comme cette secte issue des sabéens n’en fait pas partie. Les Chrétiens araméens et assyriens sont quant à eux restés chrétiens. Les Sabéens ont été mentionnés dans le Coran, mais ceux-ci étaient un groupe issue des mandéens (une secte gnostique) vivant dans le sud de la Mésopotamie.  Après la mort du calife alMa’mûn en 833, certains redevinrent ouvertement adorateurs des planètes.  Le plus célèbre des sabéens de Harran est Thābit ibn Qurra,  (826-901) mathématicien et astronome, qui a traduit en arabe de très nombreux textes scientifiques grecs.

Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira
Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira

En 1032 ou 1033 le temple des Sabéens de Harran a été détruit.

En 10591060 le temple a été reconstruit en une résidence fortifiée  par les arabes Numayrides, (Banu Numayr) qui a pris le pouvoir dans le Diyar Mudar (ouest d’al-Jazira) au cours du 11ème siècle.

Les Banu Numayr ibn ʿAmir ibn SaʿSaʿ, sont une tribu arabe (Wüstenfeld, Geneal. Tabellen, F 15), habitant originellement les hauteurs occidentales de la Yamāma et celles qui sont situées entre ce territoire et le Ḥimā Ḍāriyya: une région âpre et difficile, dont la nature explique le caractère sauvage et farouche des Numayr. Leur nom, comme celui de Namr/Anmār porté par d’autres groupes ethniques (on connaît d’ailleurs, dans la liste des tribus arabes, plusieurs autres clans portant le même nom de Numayr: chez les Banu Asad, les Banu Tamïm, les Banu Ḏj̲uʿfī’, les Banu Hamdān, etc.), il se rattache sans doute à nimr/namir [q.v.], la panthère arabe  » (1)

Banu_Amir_Branches

En  1037, les Banū Numayr lancèrent une expédition sous le commandement d’Ibn Waṯṯāb et d’Ibn cUṭayr, avec  l’aide d’Ibn Marwān (dynastie kurde que certain disent omeyyade marwanide) qui leur envoya une armée afin de prendre Edesse (al-Ruhâaux Rum (Byzantins). Ils levèrent également les villageois musulmans de la région. Ils s’emparèrent d’abord de la ville de Suwayda (Sevavarak, à la limite du Diyār Muḍar et du Diyār Bakr) que les Byzantins venaient de rebâtir. Ils y tuèrent 3 500  soldats, firent de nombreux esclaves et un gros butin (al-Ghanima). Puis ils investirent Edesse (al-Ruhâ), encerclant la ville et interdisant toute entrée de vivres ou de matériel. Le patrice Byzantin qui commandait la garnison réussi à s’enfuir, déguisé, et se rendre auprès du Basileus qui lui confia 5 000 cavaliers pour dégager la cité . Mais les troupes musulmanes avertis, tendirent un piège, ou un grand nombre d’hommes furent massacrées et le patrice Rumi fait prisonnier. En menaçant de l’exécuter sous les murailles d’Edesse (al-Ruhâles assiégeants purent se faire ouvrir les portes de la ville. Seule, la citadelle résistait encore. Le butin fut énorme et les captifs innombrable . Ibn Waṯṯāb envoya à Āmid cent soixante bêtes de somme chargées des têtes qu’il avait fait couper. (2)

Les dynastie arabes des Mirdassides et des Numayrides  du Sham et Jazira
Les dynasties arabes des Mirdassides et des Numayrides du Sham et Jazira

Ḥassān ibn al-Ǧarrāḥ, au service des Byzantins, vint combattre les Banū Numayr à la tête de 5 000  cavaliers arabes et grecs. Ibn Waṯṯāb avança à sa rencontre. La garnison byzantine d’Edesse (al-Ruhâ) en profita pour faire une sortie et attaquer Harran. Ibn Waṯṯāb l’ayant appris se rendit dans cette ville pour les combattre. Vaincus, les soldats grecs revinrent à Edesse (al-Ruhâ). Le siège de la forteresse se poursuivit jusqu’en 429/1033, année où Ibn Waṯṯāb consentit à leur livrer la ville et son faubourg (rabaḍ). Les Rums purent alors quitter la tour-citadelle et occuper à nouveau la ville. Celle-ci fut reconstruite et fortifiée ; des Grecs y furent installés en nombre. Les musulmans de Harran se sentirent menacés par la proximité d’Edesse (al-Ruhâ).

L’affaiblissement des Banū Numayr s’explique, en partie, par les changements intervenus en Syrie du Nord. Naṣr b. Ṣālih, leur allié avait disparu. (3)

Le portail sculpté de la citadelle  des arabes Numayride à Harran en 1040 par Osprey source The Sarracen stronghold"
Le portail sculpté de la citadelle  des arabes Numayride à Harran en 1060 par Osprey source The Saracen stronghold »

« Avec une entrée en fer à cheval,  les arches  de la Citadelle Numayride de Harran a des tours solides, de forme rectangulaires. Immédiatement sur les portes il ce trouve des inscriptions gravée sur pierre du seul verset de la sourate 112 du Coran: « Dis: «Il est Allah, Unique. Allah, Le Seul à être imploré pour ce que nous désirons.  Il n’a jamais engendré, n’a pas été engendré non plus. Et nul n’est égal à Lui».. » Cette déclaration empathique de la différence fondamentale entre l’Islam et Christianisme, rejetant la croyance chrétienne dans la divinité de Jésus  (Aleyhi salam). La structure entière a été couvert de basalte, tandis que les alentours de la porte voûtée ont été décorés de sculptures de basalte, y compris les paires de chiens de chasse tenu en laisses (voir image). Sur les côtés de l’arc ont été sculptés des oiseaux, probablement des aigles aux ailes repliées. Bien que les fragments sont maintenant trop décomposés pour être entièrement vue, ce même motif a été utilisé dans cette même région ‘un siècle plus tard dans la ferronnerie islamique. Une autre inscription de consécration longeait les murs orientés vers l’intérieur des tours et au-dessus de la porte. ont y lisait clairement : « Au nom de Dieu Allah Le Miséricordieux, le bienveillant .. C’est ce qui a été ordonné à faire, (par) notre maître, l’émir, l’Auguste, le Seigneur que Dieu aide, le Victorieux, Najib al-Dawla Radi al-Dawla Abu’l-Ziman fils de Mu’ayyad al-Dawla Waththab fils de Ja’bar le Numayrid en l’an 451  » Le prince  Numayride en question est plus communément connu sous le nom de Mani ibn Shabib, qui a dominé la région de Harran de l’an 1040 jusqu’en 1063, la date islamique de 451 Hijra c’est déroulée du 17 Février 1059 JC  au 6 Février 1060 JC. » (4)

Ruines de la citadelle de Harran en Turquie de la région de la Jazira
Ruines de la citadelle Numayride de Harran en Turquie de la région de la Jazira 

Le sultan de la dynastie Turque Zenguide Nur al-Din Mahmoud el Mâlik al Adil (vers 1117/8 – 15 mai 1174) aussi appelé Nur ed-Din à  transformé la résidence fortifié en un pur château fort ont étais alors en pleine croisade.

Pendant les Croisades , le 7 mai 1104, une bataille décisive a eu lieu dans la vallée de la rivière Balikh, connue sous le nom de « bataille de Harran » . Toutefois, selon Matthieu d’Edesse l’emplacement réel de la bataille se trouve à deux jours de Harran.

Albert de Aachen (v. 1100) et Foucher de Chartres  (mort en 1127) ont localiser le champ de bataille dans la plaine en face de la ville d’ ar-Raqqah .

Pendant la bataille, Baudouin de Bourcq (mort le 21 août 1131), comte d’Édesse , a été capturé par les troupes de l’Empire des Grands seldjoukides (1038-1118) .

Après sa libération Baudouin est devenu roi de Jérusalem .

A la fin du 12ème siècle Harran a servi avec ar-Raqqah en Syrie comme résidence des princes kurdes Ayyoubide (1171 – 1341).

Le sultan ayyoubide de la Jazira, Al-Adel  (né en 1143 – mort en 1218), a encore renforcé les fortifications du château.

Dans les années 1260 la ville a été complètement détruite et abandonnée pendant les invasions mongoles Ilkhanide de la Syrie .

Le père du célèbre hanbalite  et érudit le shaykh al Islam Ibn Taymiyya (né en 1263 à Harran , mort en 1328 à Damas) était un réfugié de Harran, installé à Damas et est issue de cette tribu arabe adanite des Banu Numayr.

L’historien musulman du 13ème siècle Abu al-Fida décrit la ville comme étant en ruines.

Notables liés à Harran :

  • Al-Battani, Sabéen astronome et mathématicien
  • Balthazar, fils et régent de Nabonide roi neo-babylonien
  • Hammad al-Harrani , érudit islamique
  • Ibn Taymiyya, érudit islamique
  • Nabonide, le dernier roi néo-babylonien 
  • Théodore Abu Qurrah, théologien chrétien
  • Thabit ibn Qurra, mathématicien et astronome
  • Marwan II, dernier calife Omeyyade d’Orient
  • Ibrahim/Abraham aleyhi salam, patriarche et prophète

Notes :

  1. Levi Della Vida, G.. « Numayr. » Encyclopédie de l’Islam. Brill Online, 2015
  2. Ibn Al-cAdīm, I, 250; Ibn al-Aṯīr, p.505 .
  3. Thierry Bianquis  Damas /Syrie sous domination Fatimide chap 2. La grande révolte des tribus Arabes
  4. David Nicolle  » The Saracen Strongold 630-1050 – The Middle East And Central Asia
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