Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

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Histoire de la dynastie arabe des Banu Jami (11&12e siècle) de Gabès Tunisie par ibn Khaldoun:

Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès
Les principautés arabes des Banu Hilal, Banu Sulaym et la dynastie des Banu Jami de Gabès

Les Banu Jami étaient une dynastie arabe locale de Gabès en Tunisie , issue de la maison Hilal , qui a régné sur Gabès  de 1097 à 1160 , avec une brève perte de puissance en 1147 . Ils étaient de la tribu de Dahman (fraction Munkasha) des Banu Riyah (al-Dahman  Fadigh formé avec la tribu des Banu Ali Banu Riyah).

Ve sur la ville Tunisienne de Gabès
Vue sur la ville Tunisienne de Gabès

HISTOIRE DE LA DYNASTIE ARABE DES BENI-DJAMÊ  DE GABES

FAMILLE HILALLIENNE QUI, AYANT OBTENU DU GOUVERNEMENT SANHADJIEN ZIRIDE LE COMMANDEMENT DE GABES, PROFITA DES TROUBLES SUSCITÉS PAR LES ARABES, POUR Y FONDER UN ETAT INDÉPENDANT. PAR IBN KHALDOUN

Quand El-Moëzz se trouva bloqué dans Kairouan par les Arabes, qui venaient d’envahir l’Ifrîkïa et de conquérir tout le pays ouvert, il avait dans son armée deux caïds, frères d’El-Moëzz- Ibn-Mohammed-Ibn-Oulmouïa le sanhadjien, gouverneur de Gabès.

Ces officiers, dont l’un se nommait Ibrahîm et l’autre Cadi, ayant été destitués par leur souverain, cédèrentà leur mécontentement et passèrent dans le camp de Mounès-Ibn-Yahya-es-Sinberi, émir arabe de la tribu des Rîah.

Accueillis avec distinction par ce chef et envoyés àGabès, auprès de leur frère, ils se concertèrent ensemble et reconnurent pour souverain l’homme qui les avait si bien traités.

Ce fut là la première conquête réelle que les Arabes effectuèrent en Ifrîkïa.

Plus tard, Ibrahîm prit le commandement de Cabes, et son frère, Moëzz-Ibn-Mohammed, alla trouver Mounès et resta avec lui.

Quand Ibrahîm mourut, Cadi, le troisième frère, lui succéda.

Celui-ci gouverna d’une manière si tyrannique que, sous le règne de Temîm, fils d’El-Moëzz-Ibn- Badîs, les habitants le firent mourir et donnèrent le commandement de la ville à Omar [fils d’El-Moëzz le Ziride], qui venait de se révolter contre son frère, le sultan Temîm.

La nomination d’Omar eut lieu en 489 (1096).

Quelque temps après, Temîm vint à la tête d’une armée et lui enleva la ville.

Le peuple de Gabès, s’étant ensuite révolté contre ce prince, reconnut de nouveau la souveraineté des Arabes et reçut pour chef Megguen-Ibn-Kamel-Ibn-Djamê, émir des Menakcha.

Cette tribu faisait partie des Dehman, branche des Beni-Ali, une des grandes ramifications de la tribu de Rîah.

Megguen étant parvenu à y établir son autorité malgré les efforts du gouvernement sanhadjien, accueillit avec empressement Mothenna, fils de Temîm-Ibn-el-Moëzz, qui venait d’abandonner le parti de son père.

Il mit alors le siège devant El- Mehdïa, mais la résistance que cette place lui opposa et la découverte de plusieurs traits scandaleux dans la conduite de son protégé, le portèrent à décamper.

Il conserva jusqu’à sa mort le gouvernement de Gabès et le commandement des Dehman.

Rafé, son fils et successeur, exerça une grande autorité à Cabes.

Le Qasr-el-Aroucïîn (Arousiyin?), château royal de cette ville, fut bâti par Rafê, et l’on voit encore sur la muraille de cet édifice une inscription qui porte son nom.

Lors de l’avènement d’Ali, fils de Yahya- Ibn-Temîm, une mésintelligence éclata entre lui et Rafé, lequel embrassa alors le parti de Roger, seigneur de la Sicile.

Ali ayant ensuite défait les chrétiens dans un combat naval, prit à sa solde plusieurs tribus arabes, organisa une nouvelle flotte et, en l’an 514 * (1117-8), il se dirigea contre Gabès.

Ibn-Abi-‘as- Salt  assure qu’il enrôla les trois cinquièmes de la population arabe ; ayant acheté les services des Saîd, des Mohammed et des Nahba , auxquels il ajouta une portion du quatrième cinquième, savoir : les principaux chefs des Beni-Mocaddem.

Les Arabes de la plaine de Kairouan vinrent aussi se ranger sous les drapeaux du prince zîride.

Rafê chercha à se réfugier dans cette ville, mais il en fut repoussé parles habitants.

A la suite de ces événements, les cheikhs de la tribu de Dehman tinrent une assemblée et, s’étant distribué les villes du pays, ils assignèrent à Rafê celle où il avait essayé de trouver un asile.

Ali, fils de Yahya, averti que son adversaire avait obtenu des Dehman la possession de Kairouan, ordonna à ses troupes et à ses mercenaires arabes d’aller y mettre le siége.

Il marcha lui-même plusieurs fois contre les partisans de Rafé et, dans une de ces expéditions, il mourut de maladie.

Rafê écouta alors les conseils de Meimoun-Ibn-Zîad- es-Sakhri, et grâce à la médiation de ce chef, il conclut un traité de paix avec le [nouveau] sultan.

Plus tard, Rechîd-Ibn-Kamel exerça l’autorité à Gabès.

Ibn Khaldoun nous informe que la monnaie al- Rachidiya  (rachidienne) fut frappée à Gabès au VI e /XII e  s.Dinar de Gabès de la dynastie Ziride au temps des Banu Hilal et Ban Jami 418 Hijra Source : "Gabes et l'activité monétaire à l'époque ziride"
Ibn Khaldoun nous indique que la monnaie al- Rachidiya
(rachidienne) des Banu Jami fut frappée à Gabès au  12e s. Dinar de Gabès Source : « Gabes et l’activité monétaire à l’époque ziride »

 

« Ce » fut lui, dit Ibn-Nakhîl, qui fonda le Qasr-el-Aroucïîn et fit » battre les monnaies que l’on appelle rechidiennes ‘. »

Son fils et successeur, Mohammed, avait un affranchi nommé Youçof.

Etant sorti une fois pour conduire une expédition, il laissa son fils avec ce serviteur, auquel il accordait une confiance entière.

L’affranchi profita de cette occasion pour usurper le commande ment de la ville et, ayant expulsé le fils de son patron, il reconnut la souveraineté de Roger, prince de la Sicile ; mais il en fut bientôt chassé à son tour par les habitants indignés.

Pendant que Mohammed-Ibn-Rechîd se rendait dans sa tribu, son frère Eïça (Issa) alla trouver Roger et l’instruisit de ce qui venait de se passer.

Roger fit alors assiéger la ville et la tint bloquée pendant un temps considérable.

Le dernier des Beni-Djamê qui régna à Cabes fut Modafê, fits de Rechîd-Ibn-Kamel et frère de Mohammed.

Il quitta cette ville précipitamment quand Abd-el-Moumen, après avoir pris El- Mehdïa, Sfax et Tripoli, eut envoyé contre elle son fils Abd- Allah.

Ayant ainsi abandonné Gabès aux Almohades, Modafê passa chez les Arabes de la tribu d’Auf qui se tenaient dans la province de Tripoli, et vécut sous leur protection pendant quel ques années.

S’étant ensuite rendu à Fez, il obtint sa grâce d’Abd-el-Moumen l’Almohade et trouva auprès de ce prince un accueil fort distingué.

Telle fut la fin de la dynastie que les Beni-Djamé avaient fondée à Cabes.

 

Palmeraie à Gabès  Tunisie
Palmeraie à Gabès Tunisie

.Liste des émirs Banu Jami de Gabès :

Banu Walmiya
  • Ibn Walmiya 1063-?
  • Ibrahim? -?
  • Kadi? -1096
  • Umar al-Muizz et 1096-1097 (Zirides avec le soutien des arabes  zughba de  Tripolitaine)
Banu Jami
  • Makki ibn Kamil ibn Jami 1097-?
  • Rabi ibn Makki Kamil ? -1121
  • Rachid ibn Kamil ibn Jami 1121-1147
    • Yusuf (usurpateur) 1147 (protégé par les Normands)
  • Muhammad ibn Rachid1147
    • Banu Walmiya 1147-1148
  • Muhammad ibn Rachid(seconde fois, protégé par les Normands) 1148-1155
  • Mudafi ibn Rachid 1155-1160 (protégé par les Normands)
  • Prise Almohade 1160-1172

Biographie de l’auteur :

Timbre tunisien à effigie d'Ibn Khaldoun
Timbre tunisien à effigie d’Ibn Khaldoun

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khldoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami1,2 (né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldoun , huitième descendant de Waïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramawt, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués

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