1ere taifa: ROYAUME D’AL-GHARB, Sapur et les Aftasides :

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La Taifa de Badajoz.
La Taifa de Badajoz.

La taïfa de Badajoz fut le nom d’un royaume (ou taïfa) musulman de la péninsule ibérique, de capitale Badajoz, pendant le Haut Moyen Âge.

ROYAUME DE BADAJOZ (Batalyaws بطليوس) OU D’AL-GHARB.

 

Abu Abdallah Muhammad bin Muhammad al-el-Sapur Saqlabi ( Perse c. 950 , Badajoz , 8 Avril de 1022 ) ou mieux connu sous Shapur Sabour, fut le premier roi de la royaume Taifa de Badajoz .
La pierre tombale du fondateur  d’origine perse de la taifa de Badajoz Abu Abdallah Muhammad bin Muhammad  al-Sabur al-Saqlabi ( né en Perse ver 950 , Badajoz , 8 Avril de 1022 ) ou mieux connu sous Shapur ou Sabour, fut le premier roi de la royaume Taifa de Badajoz .

SCHABOUR.

Schabour, persan de nation , et ancien vezir du khalife Al-Hakem II  Al-Mostanser, fut wali de l’Al-Gharb, c’est-à-dire de l’ouest de l’eEpagne et de la plus grande partie du Portugal, sous le khalifat Omeyyade de Hischam Al-Mowaïad. Ayant pris à son service le jeune Abdallah ben Al-Aftas, il lui accorda toute sa confiance, lui donna le gouvernement de Merida , le combla d’honneurs et de richesses, et ne se conduisit que par ses conseils.

Schabour se rendit indépendant, dès les premiers temps des guerres civiles, et mourut avant la fin de la dynastie des Ommeyades; mais aucun auteur ne nous apprend la durée de son règne et l’année de sa mort. ‘

Fresque , qui appartenait à la tombe d’Abdallah Ibn el-Aftas, berbère des Ben-el-Aftas, fut à l’origine de la dynastie des Aftasí qui gouverna sur la taifa, appelée communément les « seigneur de Badajoz ».dit al-Mansur
Fresque , qui appartenait à la tombe d’Abdallah Ibn el-Aftas, berbère des Ben-el-Aftas, fut à l’origine de la dynastie des Aftasí qui gouverna sur la taifa, appelée communément les « seigneur de Badajoz ».dit al-Mansur

 

Dynastie berbère des Aftasides.

1er. ABDALLAH ben al-aftas al-mansour.

Parvenu, par son courage et son adressse, au plus haut degré d’autorité , et chargé du gouvernement de l’étal et de la tutelle des enfants de Schabour, l’ingrat et ambitieux Abdallah dépouilla ses pupilles, s’empara du trône sans obstacle, et prit le titre d’Al-Mansour. Il était natif de Mekinez (tribu berbère meknasa) dans le Maghreb , et avait eu pour père Mohammed ben-Mouslema ben-Al-Aftas , dont sa dynastie a pris le nom.

Fier de son élévation , il se crut assez affermi dans son usurpation pour mépriser les lettres de Djahwar, roi arabe de Cordoue , et refusa de le reconnaître.

Il  établit sa cour à Badajoz, et déclara son fils Mohammed pour son successeur. Uni par les liens du sang avec les arabes Houdides de Saragoce et avec les arabes Tadjibides de Huesca et de Tortose, il fut un des plus puissants princes de l’Espagne, et nul de ses voisins n’osa l’attaquer. Il jouit d’une prospérité si cons tante, qu’on l’appelait, non pas le favori, mais l’enfant de la fortune. L’année de sa mort est inconnue.

La ville de Badajoz a été fondée par Abd al-Rahman Ibn MarwanIbn Yunus al-Yilligi al-Maridi , connu comme Ibn Marwan al-Yilliqui , Ibn Marwan, «le fils du galicien" , en l'an 875 l'émir régnant Cordoue Muhammad Ier
La ville de Badajoz a été fondée par Abd al-Rahman Ibn Marwan Ibn Yunus al-Yilligi al-Maridi , connu sous le nom de Ibn Marwan al-Yilliqui , , «le fils du galicien » , en l’an 875 sous l’émir Omeyyade régnant à Cordoue Muhammad Ier 

2eme’. Abou-bekr MOHAMMED AL-MODHAFFER.

Mohammed , fils d’Abdallah , fut un prince illustre par son courage , sa prudence , sa justice , sa loyauté , son éloquence et son érudition. Il composa une histoire universelle en cinquante volumes , intitulée la Mémoire des événements ; et d’autres ouvrages.

Un est probable que ce fut lui plutôt que son père qui fut, l’an 443 (1051), le négociateur et l’âme de l’alliance entre les rois de Séville et de Cordoue, et qui fournit ensuite des secours à ce dernier contre le roi de Tolède. On ignore la durée de son règne, et l’on sait seulement qu’il mourut l’an 460 (1068).

Ce fut sans doute à ce prince, et non pas au roi de Séville, que Ferdinand Ier. , roi de Castille , imposa tribut, après lui avoir enlevé Viseo, Coimbre, etc.

Ce fut aussi ce Mohammed, roi de Badajoz, et non pas Mohammed Ben-Abbad qui donna asile à Garcie, roi de Galice et de Portugal, dépossédé par son frère Sanche II, roi de Castille. Le royaume de Badajoz, étant limitrophe des états de Léon et de Galice , eut sans douté des guerres et des liaisons avec les chrétiens, et dut prendre peu de part aux affaires des autres princes musulmans : c’est pourquoi les auteurs arabes parlent si peu de son histoire.

Le royaume de Séville, au contraire , longtemps séparé des puissances chrétiennes du nord de l’Espagne, ne put avoir avec elles de relations directes qu’après que l’islam eut perdu Tolède. Au reste, il ne paraît pas que Lisbonne ait été, à cette époque , la’ capitale d’un royaume musulman. Cette ville faisait alors partie des états des rois de Badajoz.

Château du 8eme siècle fabriqué par les Omeyyade en Andalousie dans l'actuel Portugal et et il servie de base de lutte contre les Hordes viking
Château du 8eme siècle fabriqué par les Omeyyade en Andalousie dans l’actuel Portugal et servie de base de lutte contre les Hordes vikings

3eme. YAHIA AL-MANSOUR.

An de l’hég. 460 (de J.-C. 1068). Yahia, fils d’Al-Modhaffer, succéda à son père. Il eut de longues guerres à soutenir contre son frère Omar, gouverneur de Jabora (2), qui lui disputa le trône.

La fortune lui fut contraire suivant Casiri ; mais il paraît, d’après Conde, que ces guerres empêchèrent seulement Yahia, comme son père , do prendre part d’abord aux affaires de l’Andalousie. Lorsque Yahia, roi de To lède, se vit attaqué par Alfonse VI, roi de Léon et de Castille, le roi de Badajoz vola à son secours, traversa, à marches forcées , les pays arrosés par le Guadiana et par le Tage, et le bruit seul de son arrivée força le monarque r.hré tien de décamper précipitamment.

Au retour de cette glorieuse expédition, qui prouve que le prince Aftaside était digne du surnom d’Al-Mansour, il fut atteint d’une ma ladie suinte à Merida, et y mourut, l’an 474 °u 47^ (1081 ou 1082), d’autant plus regretté de ses sujets, qu^il ne laissait aucun héritier direct de ses vertus. Yahia avait régné quatorze à quinze ans.

Dirham al-Mutawakkil, Taifa de Badajoz

4eme. Abou-Mohammed OMAR AL-MUTAWAKKIL ALA-ALLAH.

An de l’hég. 474 ou 475 (de J.-C. 1081 ou 82). Omar, ayant appris à Jabora la, mort de son frère, reçut les ser ments Jes peuples d’Al-Garb,y laissa pour gouverneur son iils Al-Abbas, et se rendit à Badajoz, où il fut proclamé roi. Omar était un prince savant et sage, qui, dès sa jeu nesse, avait montré autant de courage à la tète des ar mées, que de justice et d humanité au sein de la paix. Son affabilité était extrêmé, et le dernier de ses sujets pouvait arriver jusqu’à lui. Il donna le gouvernement de Merida à son fils Al-Fadhl , imitateur des exemples de son père et de sou frère, et il envoya ce prince au secours de Yahia Al- Dhafer, roi de Tolède; mais Al-Fadhl, après avoir livré plusieurs combats meurtriers au roi Alfonse, et perdu la Heur de sa cavalerie, ne put parvenir à lui faire lever le siège de Tolède, ni à l’empêcher d’en dévaster les campagnes, et revint à Merida.

Le cadhi Abou’l Walid de Beja lui prédit alors que la désunion des souverains mahométans de l’Es pagne causerait leur perte et la ruine de 1 islamisme dans la Péninsule. La prise.de Tolède, les conquêtes que le roi de Caslille continuait de faire , alarmèrent les princes musul mans du midi de I Espagne; un intérêt commun les réunit et mit fin a leurs querelles. Le roi de Badajoz, à qui Alfonse venait d’enlever Coria , et demandait tribut et hommage , en voya des députés à la junte qui eut lieu a Cordouc , l’an ^yH (ioS5), pour délibérer sur les mesures à prendre.

Il donna une de ses filles en mariage au roi de Sévillc, et fut chargé , par les autres souverains, d’écrire, au nom de tous, à Yousouf ben Taschfyn , roi de Maroc, de la dynastie des Al-Moravidcs , pour le prier de passer en Espagne, afin d’arrêter les progrès ambitieux d’ Alfonse , et les maux dont il accablait les musulmans. Le monarque africain ayant dé barqué en Andalousie, en rabi IIe. 479 (août 1086), Omar, dont il devait traverser les états, en marchant contre les chrétiens, chargea son frère Mostanser de préparer des ma gasins considérables de vivres et de fourrages, pour l’armée des musulmans d Afrique et d Espagne, à laquelle il se joignit lui-même avec ses troupes.

La bataille se donna à quatre lieues de sa capitale, dans la plaine de Zallaka,(lieu glissant), près d’un bois qui portait le même nom, et sur les bords de jSahr-hadjir(probablement le (îuadiana), qui séparait lesdeux armées (2). Le roi de Badajoz se distingua peu dans cette journée, l’une des plus désastreuses qui aient affligé le christianisme (Les auteurs arabes la comparent aux batailles d al-‘Yarmouk et d’al-Qadissiya, que leurs ancêtres avaient gagnées , dans le premier siècle de l’hégire , l’une sur les Grecs , l’autre sur les Perses.); mais, après le départ du roi de Marrakesh, il se joignit aux troupes Almoravides , laissées en Espagne par ce monarque, sous les ordres de son parent Schyr ben Abou- bekr; et il recouvra, l’an 480 ( 1087), les places et les forteresses que les Castillans lui avaient enlevées. Il partagea bientôt les craintes des autres princes musulmans sur l’ascendant que Yousouf ibn Tashfyn prenait en Espagne, et se détacha de son alliance.

Cependant, lorsque ce conquérant eut dépouillé le roi de Grenade , comme le bruit se répandit qu’il lui cédait, en échange, d’autres provinces en Afrique, le roi de Badajoz et celui de Sévillc l’envoyèrent complimenter par des ambassadeurs , que Yousouf l’Almoravide congédia sans leur donner audience.

Cette marque de mépris, l’arrestation du roi de Séville, la fuite du roi d’Alméria, et l’occupation de leurs états par les Almoravides apprirent bientôt à Omar le sort qui lui était réservé. Une prétendue prophétie avait annoncé la chute inévitable des royaumes d’Espagne et leur envahissèment par une puissance africaine.

Cette fausse prédiction, adoptée aveuglément par des peuples imbus du préjugé du fatalisme, avait plus contribué que la force des armes, à soumettre l’Andalousie à la domination du roi de Marrakesh. Aussitôt qu’une forte division de l’armée de ce monarque fut entrée dans les provinces d’Al-Gharb, en 486 (1093), sous les ordres de Schyr ben Abou-bekr, le plus astucieux de ses capitaines, Silves , Lisbonne, Santarein , Evora et plusieurs autres villes se rendirent sans résistance.

Une armée que le roi de Badajoz voulut opposer aux Africains fut mise en déroute, et deux de ses fils qui la commandaient, Al-Fadhl et Abbas , tombèrent, couverts de blessures, au pouvoir des vainqueurs. Assiégé dans sa capitale, Omar continua de s’y défendre vaillamment : mais les habitants perdirent courage, et l’obligèrent de capituler. Schyr, ayant pris possession de la place, envoya un détachement de cavalerie à la poursuite du roi , qui , sur la foi de la capitulation , en était sorti avec sa famille , ses esclaves et ses trésors. On arrêta ce malheureux prince , on le. renferma dans la prison publique ; ensuite on le conduisit hors de la ville; et, après l’avoir battu de verges, ainsi que ses deux fils, on eut la barbarie de le rendre témoin du supplice de ses enfants, auxquels on trancha la tête , avant de lui faire subir le même sort. Cette horrible tragédie arriva le 7 safar 487 (26 février 1094)1 et mit fin à la dynastie, des Aftasides .

Nadjm-al-Dawla, troisième fils d’Omar» et wali de Santarein , périt en prison dans le plus absolu dénuement. Tous les poëtes contemporains déplorèrent la catastrophe du dernier roi de Badajoz ; et l’on a conservé des vers que cet infortuné monarque composa dans sa prison. Il s’était rendu célèbre par ses richesses, sa prospérité et par son goût pour les lettres et les arts.

 

Emirs de Badajoz

1ere période de Taifa

  • Abu Muhammad Abdallah ben Muhammad el Sabur al-Saqlabi: 1013-1022 (esclave régnant).
  • Abdallah ibn Muhammad ibn Maslamah ibn al-Aftas: 1022-1027 (Al-Mansur I de Badajoz, des Aftasides, 1ere foi).

va à la Taifa de Seville: 1027-1034

  • Abdallah ibn Muhammad ibn Maslamah ibn al-Aftas: 1034-1045 (Al-Mansur I de Badajoz, 2e foi).
  • Abu Bakr Muhammad ibn Abdallah al-Muzzaffar: 1045-1067 (Modafar I de Badajoz, dynastie Aftaside).
  • Yahya ibn Muhammad al-Mansur: 1067-1073/1079 (Al-Mansur II de Badajoz, dynastie Aftaside).
  • ‘Umar ibn Muhammad al-Mutawakkil: 1073/1079-1094 (dynastie Aftaside).
  • au Almoravides en: 1094

2eme période de Taifa 

  • Aben Hacham: 1144-1145.
  • à la Taifa de Silves en : 1145-1146
  • Sidrey 1146-1151.
  • au Almohads en: 1151

La taïfa apparut réellement en 1013, connut une histoire mouvementée et disparut en 1150. Elle fut envahie et conquise plusieurs fois par les royaumes voisins, les Almoravides et les Almohades, le Portugal et finalement les royaumes de León et de Castille.

  • 875 : Fondation de la ville de Badajoz par Ibn Marwan.

La ville et les territoires qui en dépendaient demeurèrent au début de son histoire assez indépendants. Ils luttaient constamment avec le pouvoir central de Cordoue. Pourtant, durant le xe siècle, le califat de Cordoue réussit à contrôler la ville.

  • 1013 : Fondation de la taïfa (almoravide).

L’affranchi Sapur, ancien esclave de Al-Hakam II profita en fait de la désintégration du Califat de Cordoue pour fonder cette taïfa. Elle contrôlait une grande partie de l’ancienne Lusitanie, y compris Mérida etLisbonne.

  • 1013 – 1022 : Règne de Abu Muhammad Abdallah ben Muhammad el Sapur al-Saqlabi (Sapur).
  • 1022 – 1027 : Règne de Aben Muhammad Aben Maslama ben Abdallah Ibn el-Aftas al-Mansur (appelé aussi Almanzor I de Badajoz).

Abdallah Ibn el-Aftas, berbère des Ben-el-Aftas, fut à l’origine de la dynastie des Aftasí (les Aftasid) qui gouverna sur la taïfa, appelée communément les « seigneur de Badajoz ».

  • 1027 – 1034 : Contrôle par la taïfa de Séville.
  • 1034 : Retour au pouvoir de Almanzor I.
  • 1034 – 1045 : Second règne de Almanzor I.
  • 1045 -1067 : Abu Bekr Muhammad al-Mudaffar (ou Modafar I de Badajoz), dynastie aftaside.

À la mort de Modafar s’installa la guerre civile entre ses deux fils Yahya et Abu. La victoire revint au dernier.

  • 1067 – 1073 / 1079 : Yahya ben Muhammad al-Mansur (ou Almanzor II de Badajoz), dynastie aftaside.
  • 1073 / 1079 – 1094 : Abu Muhammad Omar al-Muttawakil ben al-Mudaffar, dynastie aftaside.

Al-Muttawakil combattit aux côtés des Almoravides les troupes chrétiennes à la Bataille de Zalaca (très proche de Badajoz). Mais après la victoire des troupes musulmanes, il y eut un retournement d’alliance. Al-Muttawakil s’allia à Alfonso VI.

  • 1094 : Occupation de Badajoz par les Almoravides. Première disparition de la taïfa.

Ceux-ci tuent Al-Muttawakil et deux de ses enfants. Un de ses enfants réussit à s’enfuir et rejoindre Alfonso VI.

  • 1094 – 1144 : Domination almoravide.
  • 1144  : La taïfa renaquit de ses cendres.
  • 1144 – 1145 : Règne de Aben Hacham.
  • 1145 – 1146 : Contrôle par la taïfa de Algarve (Al-Gharbia).
  • 1146 – 1151 : Règne de Sidrey.
  • 1151 : Disparition définitive de la taïfa avec l’arrivée des Almohades en Al-Andalous.
  • 1151 – 1169 : Contrôle almohade.
  • 1169 – 1170 : Contrôle portugais.
  • 1170 – 1227 : Contrôle almohade.
  • 1227 : Conquête chrétienne.

La partie occidentale revint au royaume de León et la partie orientale au royaume de Castille.

Tiré de l’encyclopédie  : « L’art de vérifier les dates des faits historiques,.; » éd. in-8°, t. n, p.331-332

Date d’édition : 1818-1819

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