1ere Taifa : Ta’ifa de Saragosse des arabes Banu Tudjib et Banu Hud MAMLAKAT AS-SARAQUSTA

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La taïfa de Saragosse (ou taifa de Saraqusta) est un état musulman indépendant situé à l'est de l'Espagne de 1018 à 1110. Il naît en 1018 sur les décombres du Califat Ommeyyade de Cordoue. Durant les trois premières décennies, la ville est dirigée par les Toujibides, supplantés par la suite par la dynastie des Houdides. Finalement le royaume est conquis par les Almoravides en 1110.
La taïfa de Saragosse (ou taifa de Saraqusta) est un état musulman indépendant situé à l’est de l’Espagne de 1018 à 1110. Il naît en 1018 sur les décombres du Califat Omeyyade de Cordoue. Durant les trois premières décennies, la ville est dirigée par les arabes Toujibides, supplantés par la suite par la dynastie arabes des Houdides. Finalement le royaume est conquis par les berbères Almoravides en 1110.

ROYAUME DE SARAGOSSE MAMLAKAT AS-SARAQUSTA

Dynastie  Arabe des Tudjibides.

23) La mosquée omeyyade de Saragosse (714) Espagne, al-Andalus construite par le tabi3i Hanas ibn Abdallah as-San’ani radi ALLAh anhu (- 718), lors des début de la conquête omeyyade elle fut « capitale régionale » sous Abd al-Aziz fils de Musa ibn Nusayr al-Lakhmi
 La mosquée omeyyade de Saragosse fut construite par le tabi3i Hanas ibn Abdallah as-San’ani radi ALLAh anhu en 714  ( mort en 718), lors des début de la conquête omeyyade elle fut « capitale régionale » sous Abd al-Aziz fils de Musa ibn Nusayr al-Lakhmi

 

1er. Abou’l Hakem AL-MOUNDHAR AR AL MANSOUR.

An de l’hég. 4o5 (de J.-C. 1014)- Al-Moundhar ben Yahia, hen Houcein , surnommé Al-Tudjiby (Conde s’est trompé dans un endroit de son Hiistoria de la dominariun de las Arabes en Espana , où il dit qu’Al-Moundhar était de la famille  arabe des Banu-Hud , et père de Soléiman , en la personne duquel cette race parvint au trône de Saragosse. Dans un autre passage, l’orientaliste espagnol parait indécis et en contradiction avec lui-nièinr.) , à cause de la tribu arabe dont il tirait son origine, était gouverneur de Saragosse , et wali de la frontière où sa valeur et ses exploits contre les chrétiens lui avaient mérité le sur- non d’Al-Mansour , et la confiance des khalifes de Cordoue.

Plus éloigné de la capitale que les autres ambitieux, il fut probablement le premier qui secoua le joug de la dépendance ; car son usurpation paraît dater de l’an 405 (1014). Ses talents politiques et militaires , ses largesses, son alliance avec khaîran , gouverneur d’Alméria, contre le khalife Soléiman l’Omeyyade, le rendirent maître absolu de Saragosse et de tout le nord-est de l’Espagne.

Quoiqu’il eût servi comme auxiliaire sous les princes chrétiens, il ne laissa pas de leur faire la guerre, dès qu’il se fut déclaré souverain. Il ravagea la Navarre, en 1015; mais il fut repoussé par le roi Sanche le Grand, avec une perte considérable.

Il joua un rôle important dans les révolutions du royaume de Cordoue mais, tandis qu’il était en Andalousie, ses troupes ayant fait une invasion en Catalogne , la régente Ermécinde : 1018, Richard II, duc. de Normandie, son gendre , qui mit à feu et à sang le territoire de Saragosse , et força Al-Moundhar de demander la paix, et de se rendre tributaire dos comtes de Barcelone .

Après la chute des Ommeyades, Al- Moundhar se contenta d’envoyer complimenter Djahwar sur son avènement au trône de Cordoue, refura de se re connaître vassal de ce prince , et ne s’occupa que de la défense des frontières.

Un de ses parents, Maan , gouver neur de Hucsca , épousa une petite-fille du célèbre nadjob, .Abou-Amer Mohammed Al-Mansour, de sorte que toute l’Espagne septentrionale et orientale était soumise aux Tudjibides et aux Amirides, familles arabes puissantes, qui, unies par l’intérêt et par la parenté, formaient une ligue formidable contre les autres souverains musulmans de la Péninsule. Al-Moundhar, l’un des quatre qui aspiraient à la domination de l’Espagne, s’étant rendu à Grenade pour y fortifier son alliance avec le roi Habous ben Maksan , y fut retenu quelque temps , pendant que se rassemblait une armée que devait commander son parent, Abdallah ben Hakem : mais ce général, poussé par quelque motif secret de haine ou de jalousie, assassina Al-Moundhar, le 10 dzoulhadjah 43o (2 septembre 1039).

Les auteurs arabes ne sont pas d’accord sur le lieu où ce crime fut commis : les uns disent que ce fut dans le palais de Saragosse, les autres à Grenade (Casiri et Conde rapportent le» deux version» , sans discussion et sans critique. Les auteurs arabes , mal instruits des affaires du nord de l’Espagne , ont pu confondre Al-Moundhar avec son fils , qu’ils n’ont pas connu . et dont ils ne font aucune mention. Peut-être que le père fut assassiné à Grenade , et que le ftts périt à Saragoce, dans la révolution qui fit passer cette ville au pouvoir de la famille Bcn-Houd , et dont au cun historien musulman ou chrétien ne nous a transmis les motifs ni les détail». Au reste, le voyage d’Al-Moundhar à Grenade et l’alliance qui en fut l’objet, nous semblent fort problématiques. L’intimité qui régnait entre les rois de Grenade et les Atidcs ou Hanioudides , rois de Malaga , tdevait empêcher les premiers de s’allier avec les Tadjibides , rois de Sa ragoce , amis et parents des Amérides, qui dominaient à Valence , à Alurcie , à Almérie , et qui, dévoués aux Ommeyades, dont ils se regar daient comme le» héritiers et les vengeur» , étaient les enuemis irrécon ciliable» des Hanioudides.).

Al-Moundhar protégeait les lettres, et cultivait avec succès la poésie.

Dinar de Yahya ibn al-Mundhir al-Mudhaffar ( يحي بن المنذر المظفر‎) chef des Banu Tujibi, prince de Saraqusta (Zaragoza) de 1021 à 1029.
Dinar de Yahya ibn al-Mundhir al-Mudhaffar ( يحي بن المنذر المظفر‎) chef des Banu Tujibi, prince de Saraqusta (Zaragoza) de 1021 à 1029.

2eme«. YAHIA AL-MODHAFER.

Yahfa, fils et successeur d’ Al-Moundhar , suivant les historiens espagnols, qui placent le commencement de son règne en 1021, et sa mort en 1025, ne put se main tenir sur le trône.

Il en fut bientôt chassé par Soléiman ben Houd.

Quoique les auteurs arabes , extraits et traduits par Casiri et Conde , ne fassent aucune mention de ce prince, nous n’avons pas cru devoir l’omettre, parce qu’il peut servir à expliquer la contradiction qu’offre le récit de la mort d Al-Moundhar.

L'Aljaferia fut la résidence des rois Banu Hud (en arabe : بنو هود), une dynastie arabe de la taïfa de Saragosse entre 1039 et 1110, puis celle des rois catholiques d'Aragon, avant d'être affectée aux services de l'Inquisition
L’Aljaferia fut la résidence des rois Banu Hud (en arabe : بنو هود), une dynastie arabe de la taïfa de Saragosse entre 1039 et 1110, puis celle des rois catholiques d’Aragon, avant d’être affectée aux services de l’Inquisition

Dynastie arabe des Houdides.

1er.Abou-Ayoub SOLEIMAN AL-MOSTAIN-BILLAH

An de l’hég. 43i (de J.-C. 1039). Soléiman ben Mohammed, ben Houd Al-Djezamy, émir de Lerida , prince vaillant et d’un mérite supérieur, parvint au trône de Saragoce, au mois de moharrem (octobre), sans que l’on sacjie si ce fut par la force des armes ou par les vœux des habitants : on le proclama sous le titre d’Al-Mostaïn-Billah.

Mais bientôt l’esprit séditieux du peuple de celte capitale l’obligea de se retirer à Roth-al-Yehoud, forteresse inaccessible où il avait renfermé ses trésors. Son palais à Saragoce fut pillé et dévasté par la populace, irritée de son départ.

Soléiman retourna, l’année suivante , dans cette ville, et parvint à y rétablir la tranquillité.

Il fut presque toujours en guerre avec les chrétiens de Navarre et de Catalogne , leur enleva plusieurs places, et mourut pour la défense de l’islam, l’an 438 ( 1046-7 ) , après un règne de sept à huit ans.

Le palais de l'Aljaferia (en arabe : قصر الجعفرية, Qasr Aljafariya ; en espagnol : Palacio de la Aljafería) est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l'époque d'Al-Muqtadir, à Saragosse, en tant que résidence des rois Banu Hud. Il reflète la splendeur de la taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturel.
Le palais  Al-jafiria (en arabe : قصر الجعفرية, al-Qasr Aljafariya) est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l’époque du prince arabe Houdide’Al-Muqtadir, à Saragosse, en tant que résidence des rois Banu Hud. Il reflète la splendeur de la taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturel.

2eme Abou-Djafar AHMED Ier. AL-MUQTADIR-BILLAH

.-An de l’hég. 438 (de J.-C. 1046-7). Ahmed, fils de Soléiman , imita les vertus de son père, et signala son zèle pour le coran dans les guerres continuelles qu’il soutint avec autant de vaillance que de bonheur contre les chrétiens.

Dans l’année 460 ( 1068), il remporta sur eux une victoire mémorable , en fit un grand carnage , et leur reprit l’importante place de Balbastro , ainsi que plusieurs autres forteresses. Pour comble de gloire , il tua , dans la mêlée, Ramire I, roi d’Aragon .

Les intrigues de Mohammed Ben-Omar, ambassadeur du roi de Séville, Al- Mutamid al-Lakhmi l’Abbadide, ayant suscité des troubles et des persécutions contre quelques familles puissantes , de la part du prince Yousouf , fils du roi de Saragoce et gouverneur de Lérida ; elles furent forcées de s’expatrier , et trouvèrent un asile auprès du roi de Dénia, Abou-Mohammed Aly, fils du fameux al-Moudjahed al-Khawlani.

Le roi de Saragosse fit la guerre à ce prince , à l’instigation de Ben-Omar, loi enleva plusieurs places , l’an 468 ( 1076), et le vainquit dans un combat décisif.

Il marchait sur Dénia , et menaçait de sa vengeance tous les réfugiés, lorsque, cédant aux représentations et aux instances d’un ambassadeur de Moezz-eddaulah (Muizz al-Dawla) , roi d’Alméria, et beau-frère du roi de Dénia, il cessa de répandre le sang des musulmans, revint dans ses états, et tourna de nouveau ses armes contre les ennemis de l’ islam.

Ahmed se préparait à marcher au secours de Yahia II , roi de Tolède, attaqué par Alfonse VI , roi de Léon et de Castille, lorsqu’il mourut, l’an 474 (I°8i), après un règne glorieux de trente-six ans. Ahmed fut le plus habile et le plus puissant des rois de Saragosse.

Plan de la ville arabe de Saraqusta (Saragosse) al-Andalus
Plan de la ville arabe de Saraqusta (Saragosse) al-Andalus

3eme Abou-Amir YOUSOUF AL-MOUTEMIN (AL-MUTAMAN).

An de l’hég. 474- ( 1081)• Yousouf , fils d’Ahmed, fut proclamé au mois de djoumadi 1. (octobre). Il se vit d’abord embarrassé dans de longues guerres contre les princes chrétiens de l’Aragon et de la Catalogne.

Elles lui donnèrent occasion d’illustrer sa bravoure et son zèle pour sa religion, surtout dans les terribles batailles de Lérida et de Huesca , où il donna à quarante mille hommes le plus affreux spectacle des horreurs de la guerre ; et grossit par des flots de sangs les rivières d’Hisuera et de Cinga.

Obligé de se défendre lui-même, il ne put secourir Tolède assiégée par le roi croisé de Castille , et mourut l’année de la prise de cette ville, 478 (1085).

Yousouf Al-Moutemin fut il ailleurs un prince turbulent et ambitieux , qui sut à propos employer l’artificieux Ben-Omar , pour s’agrandir aux dépens des rois de Valence et de Murcie.

Yusuf al-Mutaman régna au moment de la plus grande splendeur de la Saragosse musulmane, suite au règne de son père al-Muqtadir. Yusuf al-Mutaman fut un roi érudit, protecteur des sciences, de la philosophie et des arts. Exemple de roi sage, il connaissait l’astronomie, la philosophie et surtout les mathématiques, discipline dans laquelle il écrit un traité, le Livre de la perfection ( : كتاب الإستكما). Il poursuivit les efforts de son père et créa autour de lui une cour d’intellectuels, vivant dans le cadre du beau palais de l’Aljaferia, surnommé le « palais de la joie ».

Le théorème de Ceva, découvert à la fin du xie siècle par al-Mutaman.
Le théorème de Ceva, découvert à la fin du xie siècle par al-Mutaman.

L’œuvre principale d’al-Mutaman a été son Livre de la perfection (Kitab al-Istikmal). Ce livre était un compendium de la mathématique grecque d’Euclide et d’Archimède entre autres, mais contenait aussi les enseignements de Thābit ibn Qurra, des Banu Musa et d’ibn al-Haytham, et enfin introduisait également des théorèmes originaux. Son œuvre a été transmise en Égypte grâce à Maimonides, et de là elle s’est répandue jusqu’à Bagdad au 14e siècle, si bien que son influence n’a pas véritablement touché l’Occident. De son œuvre, on possède deux copies : la première a été trouvée à la bibliothèque de l’Askerî Müze d’Istanbul en 1985, provenant de la bibliothèque du sultan ottoman Mehmed II, dont a hérité son fils Bayezid II. Plus tard on a découvert une seconde copie au Caire. Le Livre de la perfection traite des nombres irrationnels, des sections coniques, de la quadrature du segment parabolique, des volumes et des aires de divers objets géométriques ou le tracé de la tangente à un cercle, entre autres problèmes mathématiques.

Dans l’œuvre apparaît une tentative de classification des mathématiques en espèces aristotéliciennes. La classification comprend un chapitre pour l’arithmétique, deux chapitres pour la géométrie et deux autres concernant la stéréométrie.

Al-Mutaman est l’auteur de la première formulation connue du théorème de Giovanni Ceva, qui n’a été connu en Europe qu’en 1678 dans l’ouvrage De lineis rectis de ce géomètre italien et que l’on peut énoncer comme suit : « Soit ABC un triangle et D, E, F des points sur les côtés BC, CA et AB. On trace les droites AD, BE et CF. Ces trois droites se coupent en un point si et seulement si \frac{AF}{FB}=\frac{EA}{CE}\frac{DC}{BD}

Qasr Aljafariya  est un palais fortifié construit durant la seconde moitié du xie siècle, à l'époque d'Al-Muqtadir, à Saragosse, en tant que résidence des émirs arabe de souche yéménite des Banu Hud. Il reflète la splendeur de la taïfa de Saragosse au moment de son apogée politique et culturel.
Intérieur du Qasr al-Jafariya,ce  palais fortifié de  Saragosse,  est incontestablement un des joyaux phare du patrimoine arabo-musulman andalous elle fut la résidence des émirs arabe de souche yéménite des Banu Hud.

4eme Abou-Djafar AHMED II AL-MUSTA’IN- BILLAH.

An de l’hég. 478 (de J.-C. 1085). Ahmed, fils et succasseur de Yousouf, était à peine sur le trône , qu’il se vit attaqué par le’ roi croisé de Castille , Alfonse VI , qui venait d’arracher Tolède (Tulaytuyah)  à l’islam.

Alfonse mit le siège devant Saragosse ; mais il fut obligé de le lever, pour aller s’opposer à la confédération générale des princes musulmans d’Espagne, dont Ahmed avait réclamé les secours, et qui, de concert avec le roi Almoravide de Marrakesh (Maroc), vainquirent totalement le monarque chrétien dans les plaines de Zallaka, l’an 4-79 ( 1086 ).

Cette victoire ne rendit point la paix et la tranquillité au roi de Saragosse. Ses états furent envahis, en 48o ( 1087) par Sanche- Ramirez, roi d’Aragon.

Il marcha contre ce nouvel ennemi qu’il rencontra devant Ben-Hudiel, forteresse voisine de Huesca. Les deux armées composées l’une et l’autre de vingt mille hommes, combattirent avec autant de bravoure que ‘d’opiniâtreté.

Malheursement, la victoire se déclara pour les chrétiens , qui emportèrent la place, firent un grand carnage des fuyards, et forcèrent Ahmed le Huddide de se renfermer dans Huesca. Il  y soutint un long siège, pendant lequel Sancho-Ramirez fut blessé mortellement.

Sa perte, loin de décourager les assiégeants, redoubla leur courage. Ils reçurent des renforts, et serrèrent de plus près la ville. Cependant les émirs de Sainte-Marie de Ben-Racin (Albaracin), de Schatibah et de Dénia, appelés par le roi de Saragosse, s’avançaient pour le délivrer.

Pierre Ier , fils et successeur de Sanche, lève le siège , va combattre les musulmans, les met en déroute près d’Alcorasa (peut-être Alcueçar), et revient devant Huesca . Mais Ahmed, renonçant à l’espoir de conserver cette place , l’avait abandonnée, et s’était retiré à Saragosse. Peu de mois après, Huesca se rendit aux chrétiens par capitulation .

Malgré la perte de cette ville, il restait encore à ce prince, dans l’Espagne orientale, une assez grande étendue de pays, depuis Guadalajara , Medina-Celi et Tudële , jusqu à Balbastro , Lérida , Tarragone et Tortose.

Ses états comprenaient les trois quarts au moins de l’ Aragon , la Catalogne méridionale et quelques parties de la Navarre -et de la Castille. Maître du cours de l’Ebre. inférieur , il envoyait en Afrique et en Egypte ses vaisseaux chargés des productions de l’Espagne , et recevait par eux les marchandises de l’Orient.

Ahmed passait pour l’un des souverains les plus opulents de la Péninsule Ibérique. Juste, affable, bienfaisant, il était chéri de ses sujets, respecté de ses voisins , et redouté de ses ennemis.

Cependant, lorsqu’il vit le roi Almoravide de Marrakesh pousser’ ses conquêtes jusqu’à Valence, il craignit d’éprouver le sort des autres dynastes musulmans de l’Espagne, et crut devoir se ménager l’amitié et la protection du monarqne africain. Il lui envoya son propre fils, Abdel-malik , avec une lettre et de riches présents.

Yousouf ibn Tashfyn répondit gracieusement aux avances d’un prince dont les états étaient depuis longtemps le rempart de l’islam sur les frontières des chrétiens- en Occident , parut flatté de son alliance, et lui envoya six mille arbalétriers et mille cavaliers.

Ces secours aidèrent le roi Huddide de Saragoce, l’an 486 (1093), à repousser une invasion du roi croisé d’Aragon , qui, à la tête d’une nombreuse armée de Français et d’Erdomaniens (Nous n’avons pu deviner quel était ce peuple cité par Conde.) , s’était emparé de Fraga-, de Balbastro , avait passé au fil de l’épée quarante mille musulmans, enlevé un grand nombre de femmes et d’enfants des deux sexes, et mis tout le pays à feu et à sang.

Ahmed, secondé par ses alliés, obtint plusieurs avantages signalés sur les chrétiens, reprit de vive force Balbastro et Fraga dont il fit égorger les garnisons, recouvra toutes les places qu’il avait perdues , porta le ravage sur les terres de l’ennemi , et revint à Saragosse , avec cinq mille captives chrétiennes et un butin considérable , dont il donna une part au roi Almoravide de Marrakesh.

La conquête de Valence, en 495 (1102 ), ayant achevé de soumettre à la domination africaine tous les états qui s’étaient élevés sur les ruines de khalifat d’Occident , à l’exception du royaume de Saragoce , nous pourrions terminer ici la chronologie des princes Houdides qui ont régné dans cette dernière ville. Mais nous n’avons pas cru devoir interrompre la suite de cette dynastie , quoique la fin de son histoire appartienne proprement à la quatrième époque des Maures d’Espagne.

Il paraît qu’Ahmed Al-Musta’ïn-Billah , malgré son état continuel de’ guerre avec les chrétiens, vécut assez tranquille sous la protection de Yousouf ibn Tashfyn : mais le monarque africain ayant eu pour successeur son fils Ali Ben Youssef (1083- 26 janvier 1143), l’an 5oo ( 1 107), la position du roi de Saragosse devint plus embarrassante. Alfonse I , roi croisé (al-salibi) d’Aragon , l’ayant attaqué par l’Elbre supérieur , venait de lui enlever Tauste, Borja et Magalia ; et ses troupes légères avaient étendu leurs ravages jusques dans les plaines de Saragosse, lorsqu’en 5o2 (1 109) , Mohammed ben Al-hadj, envoyé par Temim , frère du roi Almoravide de Marrakesh et gouverneur de Valence, arrive avec une armée, sous prétexte de secourir Ahmed , met en fuite les chrétiens , et entre en vainqueur dans Saragosse.

Peu rassuré sur la bonne foi de ces auxiliaires , et craignant d’être déporté en Afrique, comme les rois de Grenade et de Séville , Ahmed sorti secrètement de sa capitale , et se retira dans une forteresse voisine, avec ses sujets les plus distingués : mais il rentra bientôt dans Saragosse , après le départ du général africain almoravide , qui , ayant fait une invasion sur les terres de Barcelone, périt dans cette expédition.

Ahmed marcha ensuite au secours de Tudèle que les chrétiens tenaient assiégée , leur livra bataille, au mois de redjeb 5o3 (février 1110), et y perdit la vie , après un règne de vingt-cinq ans.

Sa mort entraîna la déroute de son armée et la reddition de Tudèle au roi d’Aragon. Il fut porté à Saragosse, où on l’enterra comme martyr, avec ses- vêtements et ses armes.

Une foule immense accompagna la pompe funèbre de ce vertueux et vaillant prince, qui laissa de longs regrets à ses sujets.

File:Patio de Santa Isabel.jpg
Al-jafariya, les arcades que l’on contemple vers le portique sud ont été restaurées à partir des moulages des arcs originels déposés au Musée archéologique national de Madrid et au Musée de Saragosse. Ces arcs sont ceux démontrant d’une réelle innovation en comparaison aux modèles califaux.

5eme Abou-Merwan ABDEL-MALIK IMAD-AL-DAWLA.

An de l’hég.’ 5o3 (de J.-C. 11 10). Abdel-malik, fils et successeur d’Ahmed , s’était- signalé à la bataille de Huesca et aux combats de Tauste et de Lérida. Mais s’il eut la bravoure de son père, il ne posséda pas ses talents politiques, qui pouvaient seuls le maintenir entre deux voisins puissants et ambitieux.

Assiégé dans Saragosse , l’an 510 (1116), par le roi croisé (al-Salibi) d’Aragon, il fut secouru par les troupes Almoravides de Valence, qui, après plusieurs combats, obligèrent les chrétiens à lever le siège. Mais Abdel-malik , se défiant de ses libérateurs, se relira aussitôt avec sa famille et ses trésors, dans la forteresse de Roth al-Yehoud (Ruëda). Là , se voyant dans l’alternative de recourir à la protection des chrétiens, ses ennemis naturels, ou de se mettre entre les mains des Africains almoravides, ses auxiliaires , qui suivaient la même croyance que lui , il se détermina imprudemment pour le premier parti , et préféra l’alliance du roi croisé d’Aragon à celle des Almoravides.

Les habitants de Saragosse, indignés contre leur souverain, s’a dressèrent au gouverneur de Valence , qui accourut avec une armée, et vainquit les chrétiens près de Saragosse (C’est sans doute par erreur que Conde cite ici, comme gouverneur de Valence , Mohammed ben Al-hadj , ce général africain almoravide dont ou avons rapporte* la mort , d’après lui , en 502 ou 5o3 (1103 J.).

Alfonse ayant rassemblé des troupes plus nombreuses, revint attaquer les Almoravides , et gagna sur eux, dans les environs de cette ville , une sanglante bataille qui coûta la vie à leur général, Abdallah ben Mezdeli, et à plusieurs de ses capitaines.

Après cette victoire, il s’empara de Lérida et de toutes les places orientales des états de Saragosse.

Moyennant ce sacrifice, le faible Abdel-Malik recouvra sa capitale, et crut conserver la protection de son allié : mais Alfonse , contraint de se défendre contre une nouvelle armée almoravide africaine, ayant livré un combat meurtrier dont le succès fui indécis , ne ménagea plus le roi de Saragosse , et lui envoya demander la cession de celle place importante.

Imad-ed- daulah (Imad al-Dawla) , victime de sa propre imprudence, ne fit aucune réponse, et ne songea qu’à fortifier et à approvisionner une ville, où il s’attendait bien à être assiégé.

En effet, Alfonse, à la tête d’une armée considérable de Navarrois , d’Aragonais et de Français, vint camper devant Saragosse , l’a bloqua étroitement, et disposa des tours de bois et d’autres machines de guerre, qui battirent sans relâche les murs de la place.

L’immense population qu’elle renfermait, ayant bientôt épuisé tous les vivres la famine y exerça d’horribles ravages, et réduisit enfin les habitants à capituler. Ils conservèrent la vie et les biens, avec la liberté de rester à Saragoce ou de se retirer ailleurs.

Alfonse y fit son entrée , le 4 ramadhan 512 ( 19 décembre 1118) , et Abdel-malik , accompagné de sa famille, retourna à Rucda, asile ordinaire des princes de sa maison.

La ville de Qalat-Ayoub tomba au pouvoir du roi d’Aragon, à la suite d’une grande victoire qu’il remporta sur les Maures d’Afrique, près de Cutanda , le 19 rabi 1″. 514- ( ‘8 juin 1120 )- Aly , roi de Marrakesh (Maroc), voulant punir l’ancien roi de Saragosse de n’avoir pas su défendre sa capitale, de s’être allié avec les chrétiens et de leur payer tribut , chargea un de ses généraux , en 519 (1125), d’enlever à ce prince tout ce qui lui restait.

Mais Abdel- malik écrivit au monarque Almoravide , et parvint à l’apaiser, en lui rappelant l’ancienne amitié qui avait uni leurs pères , et en lui exposant franchement les motifs qui avaient dicté sa conduite dans des circonstances si difficiles.

Ce prince, dépouillé , mourut dans sa retraite de Rucda, au mois de chaban 524- (juillet 1130), méprisé de tous les musulmans et abhorré de ses sujets, parce qu’il payait tribut au roi salibi (croisé) d’Aragon , et qu’il l’aidait dans ses guerres contre les Almoravides.

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Les croisades en Andalousie au temps des Murabitun, par Osprey
1) Batteur Almoravide, du 12e siècle 
2) Ahmad Sayf al-Dawla , v.1135 le Houdide
3) Mercenaire chrétien du 12e siècle

6eme Abou-Djafar AHMED III SAYF-Al-DAWLA. 

An de l’hég. 524 (de J.-C. 1130). Ahmed, en succédant à son père, adopta entièrement son système politique.

Dans l’espace de trois ans, il céda au roi d’Aragon la plupart des places qui lui appartenaient encore sur les frontières orientales de l’Espagne. Aussi, disent les auteurs arabes, quoi qu’il eût pris les titres d’Al ‘ Mosta’in-Billah et d’Al-Mostansir-Billah, Dieu lui retira son secours et ses faveurs , à cause de sa honteuse alliance avec les infidèles (chrétien).

Enfin , au mois de dzoulkadah 527 (septembre ti33), suivant Conde , Alfonse-Raimond , roi salibi (croisé) de Castille , à force de menaces et de mauvais procédés , parvint à se rendre maître de Roth-al- Yehoud et de quelques autres places moins importantes.

Sayf al-Dawla (écris aussi Seif-ed-daulah et dit chez les chrétien, « Zafadola »)  craignant que ses sujets ne les livrassent aux Almoravides, ou que ces derniers ne les lui enlevassent, s’il se brouillait avec le roi croisé de Caslille , les céda toutes à ce prince , en échange de la moitié de Tolède et de plusieurs possessions dans les environs de cette ville.

Mais comme en cette année, Alfonse I , roi saibi (croisé) d’Aragon, vivait encore, et que ce ne fut qu’en 528 ( 1 134 ) qu’il périt devant Fraga , dans une bataille contre les Almoravides (al-Murabitun), qui voulaient l’obliger à lever le siège de celte place, nous pensons que ce ne fut qu’après la mort de ce prince , que Sayf al-Dawla (Seif-ed-daulah) , redoutant la vengeance des berbères Africains , rechercha la protection du roi croisé de Castille, et que l’échange auquel il consentit, n’eut lieu qu’en 534. (1139) , comme le dit Casiri.

Sayf al-Dawla Seif-ed-daulah fut le dernier prince Houdide, qui ait régné dans l’Aragon et le nord-est de l’Espagne , où sa race s’était maintenue plus de cent ans.

On le verra, dans la quatrième époque , devenir précairement et successivement roi de Cordoue, de Grenade, de Valence et de Murcie, et sa postérité fonder dans cette dernière ville et dans le midi de la Péninsule , une puissance qui jeta un certain éclat.

Lors de l'arrivée des Maures au viie siècle, la ville de Saragosse en ruines, compte 10 000 habitants. Durant les deux premiers siècles, la ville connaît une lente croissance démographique pour arriver à 15 000 habitants à la fin du xe siècle. C'est l'indépendance de la taïfa qui permet l'accélération de la progression démographique, pour atteindre 25 000 habitants à son apogée.
Lors de l’arrivée des Musulmans au 8e siècle sous le califat Omeyyade de Damas, la ville de Saragosse en ruines, compte moins de 10 000 habitants. Durant les deux premiers siècles, la ville connaît une lente croissance démographique pour arriver à 15 000 habitants à la fin du 10e siècle sous le califat Omeyyade de Cordoue. C’est l’indépendance de la taïfa qui permet l’accélération de la progression démographique, pour atteindre plus de 25 000 habitants lors de la taifa.

Dynastie arabe Tujibide

  • Mundir I al-Tudjibi al-Mansur: c.1013-1021/2
  • Yahya: 1021/2-1036
  • Mundir II: 1036-1038/9
  • Abd Allah (Saragosse): 1038/9

Dynastie arabe Huddide

  • Suleiman Al-Mustain I ibn Hud: 1038/9-1046
  • Muhammad al-Hayib Adud ad-Dawla (Calatayud): 1046/7-1066/7 …
  • Lubb (Huesca): 1047-1048 …
  • Mundir al-Hajib al-Zafir Nasir ad-Dawla (Tudela): 1047-1048/9 …
  • Yusuf al-Muzaffar Sayf ad-Dawla (Lérida): 1047-1078/81 …
  • Abu Ya’far Ahmad al-Muqtadir: 1046-1081 or 82/3
  • Yusuf al-Mu’tamin: 1081 or 82/3-1085
  • Ahmad II al-Musta’in: 1085-1110
  • Abd al-Malik Imad ad-Dawla (Rueda, Z. 1110 ): 1110-1130
  • Abu Dja’far Ahmad  Sayf al-Dawla dit Zafadola (Rueda. In Val. 1146): 1130-1131 d. 1146
    • Saragosse prise par Marrakech 1110-1118; Rueda à Castile 1130

Source :

Tiré de l’encyclopédie  : « L’art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments » éd. in-8°, t. n, p 334.-335.-336.-337.-338.

Date d’édition : 1818-1819

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