La conquête arabe de l’Afrique 639-709 par Ibn Idhari :

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Les premières conquêtes en Afrique du Nord Rashidun & Omeyyade , Hassan ibn Numan est venu avec la plus grande armée que les musulmans eurent envoyé en Ifriqiya dans les premiers temps  (Ibn Idhari, Bayanu al-Maghreb)
Les premières conquêtes en Afrique du Nord Rashidun & Omeyyade , Hassan ibn Numan est venu avec la plus grande armée que les musulmans eurent envoyé en Ifriqiya dans les premiers temps (Ibn Idhari, Bayanu al-Maghreb) 

On dit que sur le littoral de l’ifriqiya se trouve un lieu nommé Monastir, qui est l’une des portes du paradis.

Dans ce même pays se trouve aussi la montagne nommée El-Mamt’oûr, qui est une des portes de l’enfer .

Une tradition dit que l’ifriqiya produira 70,000 martyrs à la face aussi brillante que la lune dans son plein.

Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), à ce que rapporte Ibn Wahb, a dit :

« Pour les habitants de l’ifriqiya, il y aura grand froid, mais aussi grande récompense . »

D’après Sofyân ibn Oyeyna (Mort en 198 H,  selon le kitab-al-Ma’ârif, 254,  ibn Qutayba), on dit qu’il y a au Maghreb une porte qui est ouverte au repentir, qui est large de quarante années (de marche) et que Dieu ne fermera que quand le soleil se lèvera de  ce côté.

Parmi les Compagnons de l’Apôtre de Dieu, il y eut beaucoup de Muhâdjiriens (al-Muhajirun) primitifs  qui se rendirent en Ifriqiya, et de même beaucoup des successeurs (tâbi’un) pénétrèrent en Espagne.

Les souvenirs laissés par les Maghrébins sont d’ailleurs innombrables.

La mosquée al-Naqah, de la vielle ville de Tripoli en Libye (643 JC) fut construite par le compagnon et général du califat Rashidun Amr ibn al-As (radi ALLAH anhu), lors de la conquête de l’Egypte, Cyrénaïque et Tripolitaine sous le califat rashidun d’Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu), elle est certainement la première mosquée construite en Ifriqiya et dans tout al-Maghreb al-Arabi
La mosquée al-Naqah, de Tripoli en Libye fut construite par le compagnon et général du califat Rashidun Amr ibn al-As (radi ALLAH anhu), en 643 lors de la conquête de l’Egypte, Cyrénaïque et Tripolitaine sous le califat rashidun d’Omar ibn al-Khatab (radiALLAH anhu), elle est certainement la première mosquée construite en Ifriqiya et dans tout al-Maghreb al-Arabi 

Celui qui porta le premier la guerre en Ifriqiya du temps d’Omar ibn al-Khattàb fut Amr ibn al-As (radi Allah anhum), qui avait conquis l’Egypte en l’an 20 de l’hégire (20 déc.640).

Amr ibn al-As envoya  Ok’ba ibn  Nâfi al-Fihri  (radi Allah anhum) dans la Libye et la Marmarique (il pris le Fezzan et la partie sud en dir du Sudan), pays qui furent conquis; puis Amr lui-même s’avança jusqu’à al-Barqa, dont les habitants se rendirent par composition,  moyennant 13,000 dinars et à la fin de l’année 22 de l’hégire sur chaque individu pubère.

De là il poussa sur Tripoli, qu’il conquit malgré les secours (De l’empire byzantin, ar-Rum) que demandèrent les habitants de cette ville à la tribu berbère de Nefoûsa à raison de leur commune conversion au Christianisme.

En l’année 21 (9 déc. 641), Amr ibn al-As conquit Alexandrie.

En cette même année il conquit la province de Tripoli et écrivit au Prince des croyants  Ômar ibn al-Khattab pour lui annoncer de quelles conquêtes Dieu l’avait favorisé, en ajoutant qu’il avait maintenant devant lui l’Ifriqiya, région obéissant à de nombreux princes et dont les habitants et, pour la plupart, avaient des chevaux comme montures.

Mais le khalife Omar ibn al-Khatab (radi Allah anhu) ayant répondu par l’ordre de revenir en arrière, Amr  ibn al-As fit rétrograder ses troupes du côté de l’Egypte.

Omar (radi Allah anhu) ayant ensuite trouvé la mort du martyre, (..) ; le successeur , Othmàn ibn Affan enleva le gouvernement de l’Egypte à Amr ibn al-As et en investit, en l’an 25 (27 oct. 645), Abd Allah ibn Sa’d.

En 27 (6 oct. 647), Othmân donna à Abd Allàh ibn Sa ‘d ibn Aboû Sarh. . . . l’Ifriqiya.

Le Qasr Sahabi, a Ajdabiya fut construit en 647 par le compagnon et général du califat Rashidun Abdullah Ibn Abi Sarh radi Allah anhu frère de lait du calife rashidun Uthman ibn Affan situé entre Ajdabiya et Awjila en Libye
Le Qasr Sahabi, a Ajdabiya fut construit en 647 par le compagnon et général du califat Rashidun Abdullah Ibn Abi Sarh radi Allah anhu frère de lait du calife rashidun Uthman ibn Affan situé entre Ajdabiya et Awjila en Libye
La Conquête de l’ifriqiya par Abd’Allah ibn Sa’d Ibn Abuû Sarh’al-Amiri.

—Marwân ibn al-Hakam al-Umawi ; rassembla de nombreux membres de la tribu des Omeyyades, Abd Allah ibn az-Zubayr ibn al-Awwâm avec nombre des siens, ainsi qu’ Abd er-Rahmân ibn Zeyd ibn al-Khattâb et  Abd Allah ibn Omar ibn al-Khattàb, (radi Allah anhum)  en moharram de cette année.

Conformément à son ordre on dressa le camp, et alors il leur fit la khotba (sermon), leur adressa de sages conseils et excita leur zèle à la guerre sainte ; après quoi il ajouta: « J’ai recommandé à Abd Allah ibn Sa ‘d d’agir au mieux à votre égard et de vous traiter avec bienveillance ; je vous confie à la direction d’Al-Hârith ibn al-H’akam pour vous mener à Abd Allah ibn Sa ‘d, qui alors prendra le commandement. »

La mosquée Atiq de Ghadamès en Libye (Fezzan ver la frontière Tuniso-Algérienne) fut construite en l’an 666 JC au début des Omeyyades , sous le gouvernement du compagnon Mu’awiya ibn Hudaij al-Kindii sous le califat de Muawiya Ier, elle a incroyablement, survécu jusqu’en 1943, quand elle a été détruite par les alliés, elle fut donc reconstruite, si ont ce réfère à al Hash’ishi il y a les tombes de deux sahaba , en l’occurrence : Sidi Al-Badri radi Allah anhu et de Sidi Okba ibn Amr radi Allah anhu sont là dans le sanctuaire de la mosquée source : E.J. Brill’s  » First Encyclopaedia of Islam 1913-1936″ et « Libya. Ediz. Inglese » par Anthony Ham.
La première moquée du Sahara al-jami al-Atiq de Ghadamès en Libye dans le Fezzan  (frontière Tuniso-Algérienne) fut construite en l’an 666 JC au début des Omeyyades , sous le gouvernement de Mu’awiya ibn Hudaij al-Kindi sous le califat de Muawiya ibn Abu Syfyan , elle a incroyablement, survécu jusqu’en 1943, quand elle a été détruite par les alliés, elle fut donc reconstruite, si ont ce réfère à al Hash’ishi il y a les tombes de deux sahaba , en l’occurrence : Sidi Al-Badri et de Sidi Okba ibn Amr (radi Allah anhum) sont là dans le sanctuaire de la mosquée source : E.J. Brill’s » First Encyclopaedia of Islam 1913-1936″ et « Libya. Ediz. Inglese » par Anthony Ham.

Quelques détails sur ‘Abd Allah ibn Sa’d ibn Abu Sahr al-Amiri ; son commandement et la conquête qu’il fit de l’Ifriqiya.

Ce personnage avait d’abord servi de secrétaire à l’Envoyé de Dieu (paix et bénédiction d’Allah sur lui), puis avait apostasie et rejoint les polythéistes à la Mecque.

Muâwiya ibn Abû Sofyân (radiAllah anhu), qui était alors à la Mecque et qui avait sincèrement embrassé l’Islam, le remplaça en qualité de secrétaire auprès du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).

Lorsque ce dernier s’empara  de cette ville (La Mecque), Abd Allah ibn Sa’d ibn Abu Sahr al-Amiri se réfugia dans la maison d ‘Othmân ibn Affan pour solliciter sa protection, et Othmân obtint du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) le pardon d’Ibn Aboû Sarh’, qui était son frère de lait et dont, à partir de là, la foi resta sincère .

Othmân (radi Allah anhu), lorsqu’il fut devenu khalife, le nomma gouverneur et chef militaire de l’Egypte.

Après avoir à maintes reprises envoyé des détachements de cavalerie légère pour enlever du butin du côté de l’Ifriqiya, Abd Allah écrivit à Othmân pour lui dire quels résultats il avait obtenus, et ces informations déterminèrent l’envoi qui lui fut fait d’un corps d’armée dont il devait prendre le commandement pour entreprendre une campagne contre l’Ifriqiya.

L'empire Romain Byzantin d'Orient, dans le 6e siècle la région Tanger s'entendait au nord jusqu'à Ceuta (Sebta)
L’empire Romain Byzantin d’Orient, en 610 33 ans avant la prise de Tripoli d’Ifriqiya (Libye)  par le général du califat Rashidun Amr ibn al-As en 643; la région Tanger s’entendait au nord jusqu’à Ceuta (Sebta)

Abd Allah se mit donc en marche à la tête de vingt mille hommes contre cette contrée, qui obéissait à un patrice nommé Djerdjir, dont l’autorité s’étendait de Tripoli à Tanger.

Le général musulman envoya dans diverses directions des. colonnes légères qui ramenèrent toutes du butin.

Lui-même rencontra un matin le patrice Byzantin Djerdjir (Grégoire) qui (commandé une) armée de cent vingt mille hommes, dans un lieu connu sous le nom de Sobeytala (Suffetula).

Le grand nombre de leurs ennemis jeta les musulmans dans l’angoisse, et ils ne partageaient pas l’avis de leur chef,qui alors se retira dans sa tente pour réfléchir.

Mais Djerdjir, de son côté, fut pris de peur en voyant les musulmans ; il fit sortir la tour mobile  et y monta pour de là dominer les troupes, et il fit distribuer les armes.

Sa fille monta sur la tour et se dévoila, entourée de ses quarante servantes qui  étaient montées avec elle et étaient magnifiquement  parées et ornées de bijoux.

Les escadrons défilèrent les uns après les autres, tandis que lui-même [se trouvait  au haut de] la tour :

« Connaissez-vous, leur dit-il, la  personne que voilà ?

— Certes, répondirent les guerriers, c’est la princesse fille du roi ( Celui qui tuera) Abd Allah ibn Sa’d, chef des Arabes [je lui donnerai] comme dot, les servantes, les richesses et les parures »

Les musulmans n’étaient qu’un petit nombre, tandis que les guerriers de Djerdjir étant, comme nous, l’avons dit au nombre de cent vingt mille, l’opposition qui se fit jour contre le projet d’Ibn Sa’d l’avait fait se retirer dans sa tente pour réfléchir.

L'arche du césar Antonin à Sbeilta en Tunisie, à l'époque du calife Othmân ibn Affân, Sbeïtla est le point d'entrée de la conquête de l'Afrique du Nord par les Arabes musulmans, sous la conduite des sept Abdullah — `Abdullah ibn az-Zubayr, Abdullah ibn Abbas, Abdullah ibn Omar, Abdullah ibn Masud, Abdullah ibn Amr ibn al-As, Abdullah ibn Djafar ibn Abi Talib et Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh — qui réussissent à battre le patrice Grégoire, dans des batailles qui voient en l’an 647 la première ville qui suit est Tebessa en Algerie.
L’arche du césar Antonin à Sbeilta en Tunisie, à l’époque du calife Othmân ibn Affân (radi Allah anhu) , Sbeïtla est le point d’entrée de la conquête arabo-musulmane de l’Afrique du Nord , sous la conduite des sept « Abdullah » : –`Abdullah ibn az-Zubayr, Abdullah ibn Abbas, Abdullah ibn Omar, Abdullah ibn Masud, Abdullah ibn Amr ibn al-As, Abdullah ibn Djafar ibn Abi Talib et Abd Allâh ibn Saad ibn Sarh — qui réussissent à battre le patrice Grégoire, dans des batailles qui voient en l’an 647 la première ville qui suit est Tebessa en Algerie dans le voisinage proche de Sbeitla.

Abd Allah ibn az-Zubayr ibn al-Awwâm met Djerdjir à mort à Sbeitla .

Je remarquai, raconte  Abd Allah ibn az-Zubayr, un passage non défendu auprès de Djerdjir, alors que ses guerriers étaient rangés en ordre de bataille : monté sur une lourde monture grise, il se tenait en arrière et à quelque distance des siens, tandis qu’à ses côtés deux jeunes filles l’abritaient à l’aide de plumes de paon contre les rayons du soleil.

Je me rendis alors à la tente d’Abd Allah ibn Sa’d et je demandai à être introduit près de lui :

« Laisse-le, me répondit son chambellan, car il est en train de réfléchir à la situation, et si quelque plan s’était présenté à son esprit, il se serait montré ou aurait appelé.

— Mais, répondis-je, j’ai besoin de m’entretenir avec lui.

— J’ai l’ordre de refuser l’entrée jusqu’à ce qu’il m’appelle. »

Alors, continue Abd Allah, je fis le tour de la tente et j’arrivai par derrière ; en apercevant mon visage, il me fit un signe de tête pour  me dire d’entrer.

Il était étendu sur sa couche et me demanda ce qui m’amenait :

« J’ai vu, lui dis-je, un passage non défendu chez l’ennemi ; j’ai cru que c’était là une occasion favorable que Dieu nous ménageait, et (je suis venu) dans la crainte de la laisser échapper. »

Il se leva aussitôt et vint reconnaître avec moi ce que j’avais constaté :

« Soldats, s’écria-t-il, marchez avec Ibn az-Zubayr ! »

Toute une troupe se précipitant vers moi, je choisis dans le nombre trente. cavaliers, à qui je dis: « Je me charge de tout ; frappez seulement ceux qui m’attaqueraient par derrière, et, avec l’aide de Dieu, je saurai me garder de ceux que je verrai en face. »

Je me lançai au galop dans la direction du prince ennemi, tandis que ceux qui composaient ma petite troupe me suivaient et gardaient mes derrières, et je les menai ainsi jusqu’à un endroit découvert où un certain espace s’étendait entre eux et moi.

Le prince se figurait que je n’étais autre chose qu’un messager et le crut jusqu’à ce que, voyant mes armes, il tourna bride pour s’enfuir.

Quand je fus à portée, je lui donnai un coup de lance qui le fit tomber et je me précipitai sur lui; mais les deux jeunes filles voulurent le couvrir de leur corps, si bien que je coupai la main de l’une d’elles.

L'armée grec de l'empire Roman Byzantin au 7eme siècle (osprey)
L’armée Grecque de l’empire Roman Byzantin au 7eme siècle (osprey) 

J’achevai de le tuer, puis je hissai sa tête sur ma lance; ses troupes se précipitèrent, mais les musulmans chargèrent de mon côté, restèrent victorieux, mirent les Roûm en fuite et les massacrèrent à leur gré.

Partout ils dressèrent des embuscades; les cavaliers et les fantassins devancèrent les fuyards devant la place forte de Suffetula et les empêchèrent d’y pénétrer : ils les resserrèrent à l’aide de leur cavalerie tant à droite qu’à gauche, en plaine comme en montagne, puis il fut fait un grand massacre des troupes à pied et à cheval, sans parler des captifs, si nombreux que, dans un seul endroit, j’en vis plus de mille. »

D’après le récit des shuyukh d’Ifriqiya, la fille de Djerdjir vit, après la mort de son père, des Arabes se disputer à ce propos, et comme elle demandait le motif de leur discussion, on lui apprit [que c’était à cause] de son père.

Elle dit avoir vu  celui qui lui avait porté le coup fatal, et répondît, sur la demande que lui adressa Ibn Abû Sarh’, qu’elle pourrait le reconnaître.

On fit donc défiler les guerriers devant elle, et ce fut  Abd Allah ibn az-Zubayr qu’elle désigna.

Quand Ibn Abû Sarh’ demanda à ce dernier pourquoi il avait caché son exploit, ce héros répondit :

« Celui-là le sait qui »

La fille de Djerdjir lui fut attribuée dans sa part du butin. … Leurs biens étaient, en majeure partie, constitués par de l’or et de l’argent

On mettait devant lui des monceaux de ces métaux précieux, et il demanda aux Africains (Afariq) d’où cela leur venait.

L’un d’eux se mit à fouiller le sol et en tira un noyau d’olive :

«Voilà, dit-il, la source de nos richesses, car ni les marins, ni les insulaires n’ayant d’huile venaient en acheter ici  . »

Chaque cavalier reçut pour sa part trois mille dinars en or, et chaque fantassin, mille.

De Suffetula, Ibn Abû Sarh’ fit partir dés détachements et des colonnes expéditionnaires ; la cavalerie parvint jusqu’aux villages fortifiés (k’oçour) de Gafça, et ces expéditions procurèrent du butin et des captifs.

Cette affaire abattit l’orgueil des Roûm d’Ifriqiya et leur inspira une grande terreur, de sorte qu’ils cherchèrent un abri dans les places fortes et les lieux de refuge.

Ils offrirent ensuite à Ibn Sa’d trois cents quintaux d’or pour le décider à les laisser tranquilles et à évacuer leur territoire.

Ce chef accepta et reçut tout cet or.

Une des clauses du traité transactionnel portait que les musulmans garderaient ce qu’ils avaient reçu antérieurement, mais restitueraient ce qu’ils auraient pris postérieurement à cet arrangement .

Ibn Sa’d fit venir Ibn az-Zubayr et lui parla en ces termes :

« Nul plus que toi n’a de titres à porter cette bonne nouvelle ; pars donc et va annoncer au Prince des croyants  Othmân, à Médine, les bienfaits que Dieu a fait descendre sur les musulmans!»

Ibn az-Zubayr quitta donc Sobeytala, et arriva, à ce qu’on prétend, à Médine en vingt-quatre jours, après avoir fait en Ifriqiya un séjour d’un an et deux mois.

Le butin provenant de là conquête parvint ensuite à Médine, il fut mis en vente, et le quint fut adjugé à Marwân ibn al-Hakam [moyennant cinq cent mille dinars], dont Othmàn lui fit la remise à cinquante dinars près, et c’est là l’un des faits reprochés à ce khalife (radi Allah anhu).

C’est à propos de cette affaire et du rappel qu’il fit d’al-Hakam,- dont l’exil avait été prononcé par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) , qu’Abd er-Rahmân, frère de Kenda, s’exprime ainsi : [Motakârib]. « J’en prends solennellement Dieu à témoin, le Créateur n’a rien laissé à l’aventure ! Toi tu as été créé pour servir de pierre de touche, afin que nous soyons éprouvés par toi ou bien que tu le sois toi-même. Tu as rappelé le maudit  , contrairement à la tradition de celui qui n’est plus, tu as arbitrairement donné à Marwân le quint qui revient aux serviteurs de Dieu et tu as couvert de ta protection ce qui est interdit. »

Marwân ibn al-Hakam dit un jour, pendant qu’il se trouvait dans le salon de Muâwiya ibn Abi Sufyan : « II y a trois choses où je n’ai jamais rien introduit de prohibé : ma maison à Médine, ma propriété à Dhoû Khochob  et les prélèvements légaux de mes femmes. »

Muâwiya tourna ses regards du côté d’Abd Allah ibn az-Zubayr, qui était présent et qui dit : « Tu me dis de choses que je connais bien ; pas si vite, Aboû Abd el-Melik ! Nous sommes allés en Ifriqiya avec Abd Allah ben Aboû Sarh’ Il campa sur une hauteur d’où il découvrait la mer (à douze milles de Sousse). Ce qu’apprenant Nicéphore (Le rum) il mit à la voile et s’enfuit sans combattre.

Ibn az-Zubayr s’avançant vint camper sous la porte de Sousse, auprès de la mer; il fît avec les fidèles la prière de du asr, sous les regards des Roûm émerveillés de son audace. [Ceux-ci firent marcher] contre lui un corps de cavalerie, mais Ibn az-Zubayr, sans se laisser effrayer par cette nouvelle, poursuivit et acheva sa prière ; puis se mettant à la tête de ses compagnons, il chargea l’ennemi, qui fut totalement mis en déroute. Après quoi ce chef alla rejoindre Muâwiya ibn Hodeydj, du côté du Djebel el-K’arn.

Ce dernier officier envoya ensuite c Abd el-Malik ibn Marwân (futur calife Omeyyade de 685 a 705) à la tête de deux mille cavaliers contre Djeloùla, place qui fut assiégée pendant quelques jours et qui, après avoir eu un grand nombre de ses habitants tués, fut emportée de vive force

Le vainqueur enleva tout ce qu’elle renfermait et le traîna à sa suite auprès de Muâwiya ibn Hodeydj, qui en opéra le partage entre les musulmans ; chacun d’entre eux reçut, dit-on, deux cents mithkàl.

Muàwiya ibn Hodeydj envoya contre la Sicile une expédition composée de deux cents bâtiments, qui revint après avoir passé un mois dans cette ile et y avoir fait du butin et des prisonniers des esclaves et des idoles garnies de pierres précieuses.

On procéda au partage du butin et il envoya Muâwiya ibn Aboû Sofyàn.

pice d'or frappé a carthage au dernier gouv byzantin

Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi en Ifriqiya

Ar-Raq’iq s’exprime ainsi dans son livre : Héraclius, roi de Constantinople et de Rome, [recevait de divers princes] un tribut : tels, par exemple, le comte d’Alexandrie et de Barq’a de Tripoli et de Cabra, le prince de Sicile et des Roûm d’Ifriqiya et d’Espagne.

Quand Héraclius apprit [que la paix était conclue entre les habitants d’Ifriqiya et Abd Allah ibn Aboû Sarh] il envoya dans ce pays un patrice du nom d’Awlima [pour réclamer] trois cents quintaux d’or, quantité égale à celle qu’avait prise Ibn Aboû Sarh’.

Ce chef descendit à Carthage et informa les habitants du [but de sa mission] : « Les sommes que nous avions entre les mains, répondirent-ils, nous ont servi de rançon pour échapper aux Arabes; [comment donc l’empereur] voudrait-il encore prélever sur nous la même somme que d’habitude ? »

Celui qui était chargé de leurs affaires se nommait H’abâh’iya [gouverneur chrétien qui avait remplacé Djerdjir].

Ils tombèrent d’accord pour mettre El-At’riyoûn à leur tète, et H’abâh’iya se rendit en Syrie [où il exposa à Muàwiya ibn Aboû Sofyân] l’état de i’Ifriqiya…. en lui demandant de le faire accompagner dans le Maghreb par un corps d’armée, ce qu’il obtint en 45 (23 mars 665).

Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi se mit donc en marche,  Abd al-Malik ibn Marwàn al-Umawi pénétra dans la ville [de Djeloûla d’Ifriqiya] de vive force, et les musulmans s’y emparèrent de tout ce qu’elle renfermait, ainsi qu’il a été dit plus haut

Entre Muâwiya ibn Hodeydj et  Abd el- Malik ibn Marwàn surgirent des discussions parce que ce dernier voulait ses frères et ses compagnons, attendu que la conquête de la ville était de son fait .

H’anach ibn Abd-Allah as-Sanani (le célèbre tabi3i) dit un jour à  Abd al-Malik : « Eh quoi donc! Tu deviendras un jour khalife, je le jure, et alors ce sera toi qui décideras ; renonce donc au butin ! »

Quand Abd al-Malik devenu khalife fit marcher Al- Hajjâj ibn Yûsuf contre Abd Allah ibn  az-Zubayr, H’anach fut fait prisonnier et envoyé à Abd al- Malik ibn Marwàn, qui lui dit : « N’est-ce pas toi qui, lors de la prise de Djeloûla, m’annonças que je deviendrais khalife ?

— C’est moi, en effet.

— Et pourquoi donc as-tu quitté mon parti pour te rallier à Ibn az-Zubayr ?

— Parce que je l’ai vu élevant le drapeau de Dieu, tandis que tu dressais celui des choses de ce monde.

— Je te pardonne », reprit le khalife Abd al-Malik ibn Marwan .

En l’an 46 (12 mars 666), dit al-Baladhuri, eut lieu la première expédition (Omeyyade) contre la Sicile, où Muâwiya ibn Hodeydj envoya Abd Allah ibn Q’ays.

Cet officier y prit des idoles d’or et d’argent diadémées de pierres pré- cieuses, qui furent adressées à Muàwiya ibn Abû Sofyân et celui-ci les envoya dans l’Inde pour en obtenir le (plus haut) prix.

Cet acte souleva contre lui la réprobation énergique du peuple.

Celui qui gouvernait alors l’Ifriqiya au nom de Muàwiya ibn Abû Sofyàn était, au témoignage de al-Tabari, Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi, déjà cité (*).

En 47 (2 mars 667), Mo’àwiya ibn Aboû Sofyân enleva à c Abd Allah ibn Amr ibn al-As le gouvernement de l’Egypte et le remplaça par Muâwiya ibn Hodeydj al-Kindi, qui quitta l’ifriqiya pour se rendre dans le pays où il venait d’être nommé.

Ibn Hodeydj, qui avait autérieurement fait mettre à mort Mohammed ibn Abù Bakr as-Sidiq, rencontra Abd er-Rah’màn ibn Abû Bakr, qui lui dit : « Tu as, ô Muâwiya, reçu de Mu’âwiya ibn Aboû Sofyân ta récompense : tu as tué Mohammed ibn Aboû Bakr pour devenir gouverneur d’Egypte, et la chose est faite.

— Si, dit-il, j’ai tué Mohammed ibn Abu Bakr as-Sidiq, ce n’est pas en vue d’obtenir un gouvernement, mais seulement pour venger la mort d’Othmân ibn Affan (radi Allah anhu). »

 En 48 (19 fév. 668), Muâwiya ibn Hodeydj continua de gouverner l’Egypte et l’Ifriqiya au nom de Muàwiya ibn Abû Sofyân.

Les conquetes arabes sous les Rashidun et Omeyyade
Les conquêtes arabes sous les Rashidun et Omeyyade

Expédition d’Okba ibn Nafi al-Fihri

En 49 (8 fév. 669), Okba ibn Nâfi al-Fihri entreprit, de concert avec les Egyptiens, une expédition maritime contre les Roûm .

En la même année  669 Ibn Nâfi ibn Abd Qays ibn. . .

Cette même année, en l’an 49 de l’Hégire (669), décéda le noble Compagnon et le général al-Mughirah Ibn Shu’ba Ibn Abi ‘Amir Ibn Mas’oud ath-Thaqafi, radi Allah anhu. Il est mort poignardé et fut enterré à Kufa. D’autres ont rapporté que sa mort fut en l’an 50 (669) et d’autres en l’an 51 de l’Hégire (670). Il est dit que Mughirah Ibn Shu’bah devint musulman l’année de la bataille de la Tranchée. Il était présent à Hudaybiyah et au pacte de Ridwan. Il combattit lors des batailles des Murtadin, à Yamamah. Il participa à la conquête de la Syrie, à al-Yarmouk et à la conquête de la Perse et de l’Iraq sassanide à al-Qadissiya. Il resta à l’écart de la Fitna et lors de l’appel au Jugementpar le Livre d’Allah sous ‘Ali Ibn Abi Talib (radi Allah anhu), il rejoignit les rangs de Muawiya, radi Allah anhu.

Toujours cette année Busr Ibn Abi Artat et Soufyan Ibn Awf al-Azdi attaquèrent ensemble les territoires byzantins tandis que Fadalah Ibn ‘Ubayd al-Ansari les attaqua par la mer.

Ibn Aboû’l. . . . dit qu’ Okba naquit un an avant la mort du Prophète  (Paix et bénédiction d’Allah sur lui) il est donc un Sahabi .

D’après Ibrahim ibn al-Qâsim, Okba à la tête de dix mille musulmans arriva dans l’Ifriqiya, qu’il conquit et où il s’avança, poursuivant le sabre à la main tous les chrétiens qui s’y trouvaient.

Ce chef tint alors aux musulmans le discours que voici : « Dans cette région, les habitants se convertissent à l’Islam quand arrive un prédicateur de la foi, mais quand il se retire, les nouveaux convertis retournent à leurs erreurs. Je suis donc d’avis que vous preniez pour y fixer à toujours la foi musulmane. »

La mosquée et le chateau de Waddan dans le Fezzan en Libye  fut construite ver l'an 666 JC , sous le gouvernement  omeyyade  de 'l'Ifriqiya du compagnon Mu'awiya ibn Hudaij al-Kindii  radi allah anhu sous le califat de Muawiya Ier, avec les conquête d'Okba  ibn Nafi alors général et pas encore émir d'Ifriqiya
 La mosquée et le chateau  (qasr) de Waddan dans le Fezzan en Libye fut construit ver l’an 666 JC , sous le gouvernement omeyyade de ‘l’Ifriqiya de Muawiya ibn Hudaij al-Kindii radi allah anhu sous le califat de Muawiya Ier radi Allah anhu, avec les conquêtes d’Okba ibn Nafi radi Allah anhu alors général et pas encore émir d’Ifriqiya

Cet avis fut unanimement accepté, et l’on décida que les gens stationnés dans les ribât (couvents fortifiés) pour la guerre sainte et la défense des frontières .

« Je crains également, (continua  Okba ibn Nafi al-Fihri), que le prince de Constantinople ne vienne la conquérir; établissez donc aussi entre cette (ville) et la mer dont ne puisse se rendre maître celui qui tiendrait la mer sans, qu’il y ait de là à la mer une distance qui nécessite l’abréviation de la prière; on y tiendra garnison Rapprochez-la, dit-il, de la sebkha (lac salé), car vous avez pour bêtes de somme des chameaux qui vous servent à transporter vos bagages des incursions et de la guerre jusqu’à ce que Dieu nous en fasse faire la conquête de proche en proche. Alors nos chameaux dont les pâturages seront à l’abri des attaques des Berbères et des chrétiens. »

al-Ishbili dit, dans son livre des « Mesâlik » entrèrent dans le Maghreb, ils trouvèrent que les Francs les y avaient devancés : ils les poursuivirent, puis la paix fut conclue à condition et que les Francs résideraient dans les plaines.

Ce fut dans cette partie du pays qu’ils édifièrent des villes.

13) La mosquée des Ansâr à Kairouan en 668-674 en Tunisie (47 - 53 de l'hégire) faite par le compagnon le compagnon et ansar Ruwaifi ibn Thabit al khazraji al-Ansari radi Allah anhu mort a Bayda en Libye, il est issue des Bani Malik ibn Al-Najjar, a participé a toute les batailles jusqu'au "Fattouh Sham." (La prise de la syrie) , et partie sous le règne de Muawiya rad Allah anhu ver Tripoli dans l'année 46 de l'hégire il à notamment contribué à l'introduction de l'islam en Ifriqiya ver l'an 47 de l'hégire du coté de Djerba et arrivé sur le futur sitede Kairouan où il posa les fondations d'une mosquée connue après la fondation de Kairouan comme la mosquée «Ansar» ou «Mosquée de Sidi Rwaifi», puis il est passez ver la ville de de Bayda en Cyrénaïque orientale en Libye et est resté pour devenir l'émir de Cyrénaïque et il est est mort en 56 de le l'hégire et a été enterré dans Bayda.
La mosquée Ansâr à Kairouan  serrai construite  en 668-674 en Tunisie (47 – 53 H) par le compagnon et ansar Ruwaifi ibn Thabit al Khazraji al-Ansari radi Allah anhu, issue des Bani Malik ibn Al-Najjar, il a participé a toute les batailles jusqu’au « Futtouh Sham. » , et partie sous le règne de Muawiya radi Allah anhu ver Tripoli dans l’année 46 de l’hégire il à notamment contribué à l’introduction de l’islam en Ifriqiya ver l’an 47 de l’hégire du coté de Djerba et arrivé sur le futur site de Kairouan où il posa les fondations d’une mosquée connue après la fondation de Kairouan comme la mosquée «Ansar» ou «Mosquée de Sidi Rwaifi», puis il est passez ver la ville de de Bayda en Cyrénaïque orientale en Libye et est resté pour devenir l’émir de Cyrénaïque (al-Barqa) et il est est mort en 56 de le l’hégire et a été enterré à Bayda.

Construction de Kairouan (al-Qayrawan)

Reprenons le fil de notre récit. En 50 (28 janv. 670), Okba ibn Nafi al-Fihri (radi Allah anhu) commença à construire la ville de al-Qayrawan (Kairouan).

Les Arabes répondirent à l’appel qu’il leur adressa à ce propos, mais ensuite ils lui dirent : « Tu nous fais bâtir dans une région peu enviable, constituée par des fourrés et des marais couverts de roseaux où il y a à redouter les bêtes féroces, les serpents et autres animaux nuisibles. »

Or, comme son armée comptait dix-huit Compagnons du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)  et que le reste était formé de successeurs (at-tabii’un), il adressa une invocation que tous ceux qui le suivaient firent suivre d’un amen; puis s’avançant vers la sebkha il s’écria : « Serpents et bêtes féroces nous sommes les Compagnons du Prophète; éloignez-vous, car nous allons nous fixer en ces lieux, et dorénavant nous tuerons tous ceux d’entre vous que nous rencontrerons ici ! »

On assista alors à ce spectacle merveilleux du défilé des lions, des loups et des serpents qui s’éloignaient en emportant leurs petits, et conformément à son ordre on respecta ces animaux pendant qu’ils procédaient à leur exode.

Quand il fut terminé, Okba descendit dans le creux et le fit déboiser, et pendant les quarante années qui suivirent, on n’y vit plus ni scorpions ni fauves . Il dressa alors le plan de la maison de gouvernement (al-Dar al-Imara) et de la grande mosquée (al-Jami al-Kabir), mais sans faire élever les murs de celle-ci, bien qu’il y fit la prière.

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La grande mosquée du conquérant de l’Afrique du Nord (Shamal al-ifriqiya) Okba ibn Nafi al-Fihri à Kairouan vue de nuit, Tunisie. 

Mais il s’éleva dans la masse des discussions au sujet de la direction de la Mecque (al-Qibla): « Les indigènes, lui dit-on, régleront leur qibla d’après celle de cette mosquée ; il faut que tu fasses tous tes efforts pour la fixer exactement. »

Pendant quelque temps on observa les levers et les couchers des étoiles, tant l’hiver que l’été, ainsi que les levers du soleil. Comme les observations n’étaient pas conformes, il se coucha un jour tout soucieux et pria Dieu de lui venir en aide.

Alors Okba vit en songe quelqu’un qui lui disait : « A ton réveil, prends l’étendard que tu as à la main, mets-le toi au cou et alors tu entendras prononcer un cri de « Dieu est grand » que nul autre musulman que toi ne percevra ; regarde où s’arrêtera ce son, c’est là la kibla. Dieu, par considération pour toi, accorde sa faveur à ce camp, à cette ville et à cette mosquée, il s’en servira pour humilier les infidèles. »

 Okba, en proie au plu» grand trouble, se réveilla et, après avoir procédé aux ablutions légales, se mit à dire la prière dans la mosquée et en compagnie de notables. Après que l’aurore eut paru et qu’il eut fait une prière de deux rek’a, il entendit qu’on disait devant lui :

« Dieu est grand. Allahu Akbar»

Il interrogea ceux qui l’entouraient, lesquels lui dirent n’avoir rien entendu, ce qui lui fit conclure que ce signe émanait bien de Dieu. Il prit donc l’étendard, se le mit sur le cou et suivit la voix, qui le mena ainsi jusqu’à l’emplacement du mihrâb de la grande mosquée, où elle cessa de se faire entendre.  

Ce fut là qu’il ficha son étendard, en ajoutant que là était le mihrâb qui devait servir aux fidèles, et ce point servit de repère pour toutes les mosquées de la ville. 

Il se mit alors à élever les murs, les temples et les habitations ; on y amena de toutes parts des charges de marchandises, et l’importance de ce lieu s’accrut beaucoup.

Les maisons s’étendaient sur une longueur de treize mille six cents coudées, si bien que Okba (radi Allah anhu), dont les prières étaient écoutées du ciel, était d’ailleurs un excellent administrateur et général. 

Le cimetière des Awlad Farhan, sous les remparts de la médina, Kairoua
Le cimetière des Awlad Farhan, sous les remparts de la médina, Kairouan, Tunisie

Maslama ibn Mokhalled al-Ansari 667-682

En 55 (5 déc. 674), Muawiya  ibn Abû Sofyàn (radi Allah anhu) préposa à l’Egypte et à l’Ifriqiya Maslama ibn Mokhalled al-Ansari 667-682 (l’Ansar), enlevant ainsi l’administration du premier de ces pays à Muawiya ibn Hodeydj (665-666) , et celle du second, à  Okba ibn Nâfi al-Fihri .

Maslama l’Ansar avait déjà gouverné l’Egypte.

Après sa nomination en Ifriqiya il révoqua Okba et le remplaça par Abû’ al-Muhàjer Dinar.

Muâwiya réunit sur la tête de ce chef tout le pays depuis Tripoli jusqu’à Tanger, ce qui ne s’était pas fait avant lui et ce qui dura jusqu’à la mort de Muâwiya ibn Aboû Sofyân.

 La Mosquée de Sidi Ghanem à Mila en Algérie (675-676 JC)  par le compagnon  et général omeyyade Abu Muhajer Dinar al-Makhzoumi (radi ALLAH anhu), sous le califat de Muawiya (radi ALLAH anhu) (667-680).
La Mosquée de Sidi Ghanem à Mila en Algérie (675-676 JC) fut construite par le compagnon et général omeyyade Abu Muhajer Dinar (radi ALLAH anhu), sous le califat de Muawiya (radi ALLAH anhu) (667-680).

Abû al-Muhâjer Dinar devient gouverneur de l’Ifriqiya ; dépossession d’Okba ibn Nâfi’.

Après que Muâwiya ibn Aboû Sofyân eut confié l’administration du Maghreb à Maslama ibn Mokhalled al-Ansari, celui ci nomma sous-gouverneur en Ifriqiya son client Abû’ al-Muhâjer Dinar (dit selon certain des Banu Makhzum), en remplacement d’Okba ibn Nafit, qui fut ainsi révoqué.

On dit à Maslama ibn Mokhalled : « Pourquoi n’as- tu pas laissé  Okba en Ifriqiya, car il avait des droits antérieurs en outre de son mérite, et c’est lui qui a édifié al-Qayrawan et sa mosquée….dans un autre gouvernement…. nous voudrions…. en Ifriqiya…. »

II opéra grossièrement cette destitution.

Okba ibn Nafi al-Fihri sortit de la ville…. jusqu’à ce qu’il l’eût dépassée de deux milles…. du côté de Tunis…. J’ai entendu dire que toute une troupe de Quraychites y doit trouver la mort du martyre :

« grand Dieu, s’écria Okba, moi aussi j’en serait ».

Il lui arriva  ensuite ce qui a été raconté ci-dessus.

Vue satellite sur Sidi Okba en Algerie, le cimetière shurafa ou son enterrées 300 compagnons (pisse Allah leurs faire miséricorde)   dont Abu Muhajir Dinar al-Makhzoumi radi Allah anhu lors de la bataille de Tehuda, ils furent inhumé  sur place  le tombeau est situé pré de la mosquée de la    Ibn Khaldoun dit dans son livre "Histoire des berberes": "de tous les cimetières du monde vers lequels les hommes devots portent leur pas, celui de Sidi Okba est le plus illustre par le nombre et la qualité des martyrs qu'il renferme".
Vue satellite sur le site de la bataille de Tehuda de nos jours Sidi Okba en Algerie, le cimetière shurafa ou son enterrées les  300 soldats d’Okba (puisse Allah leurs faire miséricorde) dont Abu Muhajir Dinar radi Allah anhu lors de la bataille de Tehuda, ils furent inhumé sur place le tombeau est situé ver  la mosquée Ibn Khaldoun dit dans son livre « Histoire des dynasties.. »: « de tous les cimetières du monde vers lequels les hommes devots portent leur pas, celui de Sidi Okba est le plus illustre par le nombre et la qualité des martyrs qu’il renferme ».

Tehoûdah  est une ville des plus anciennes, bâtie en pierre, renfermant de nombreux marchés (soûk’) et n’ayant qu’un seul faubourg ; on y trouve une vaste mosquée principale, d’autres mosquées et de grands fondoûks. La population qui l’habite est berbère (en ce temps, et à entendre n’est pas habité par des rum).

En moharrem 64 de l’hégire (.29 août 683), Koseyla le Bernesi pénétra à K’ayrawân et l’enleva aux musulmans dans les circonstances que voici.

A la tête d’une foule de Berbères qui s’étaient joints à lui, il marcha contre al-Qayrawan, où les musulmans passèrent par de rudes épreuves et où Zoheyr ibn K’ays al-Balawi, prenant la parole en qualité de prédicateur, s’exprima en ces termes : « Musulmans ici réunis, vos compagnons sont au paradis et ont reçu de Dieu les palmes du martyre ; faites comme eux, Dieu ne peut non plus faire moins pour vous ! »

Mais H’anach ibn as-Sanani s’écria : « Non, par Dieu ! nous ne t’écouterons pas, car tu n’es pas notre chef ; il n’y a rien de mieux à faire que de se sauver et de remmener en Orient, d’où ils viennent, cette poignée de musulmans. »

Puis il ajouta : « Fidèles ici rassemblés ! que tous ceux d’entre vous qui désirent retourner en Orient me suivent. »

La population le suivit en effet, et Zoheyr, resté seul avec les siens, dut en faire autant.

Il s’arrêta dans son château de Bark’a, où il resta à combattre les infidèles jusqu’au règne d’Abd al-Malik ibn Marwân.

Cependant Koseyla et ses troupes, continuant d’avancer, arrivèrent près de K’ayrawân, et alors les Arabes qui y habitaient, hors d’état de tenir tête à ces forces considérables, composées de Berbères et de Roûm, commencèrent à fuir.

Koseyla accorda quartier aux musulmans restés dans la ville, où il se fixa comme chef de toute l’Ifrîqiya et du Maghreb entier ainsi que des musulmans habitant ce pays, jusqu’à l’époque où  Abd al-Malik ibn Marwàn monta sur le trône des khalifes Omeyyade en 65 (17 août 684).

Le califat Omeyyade en 700 sous Abd al-Malik ibn Marwan (685-705)
Le califat Omeyyade en 700 sous Abd al-Malik ibn Marwan (685-705), les confédérations berbères ne furent pas encors anéantis

Quand le pouvoir de ce prince fut affermi et que tous les grands se furent ralliés à lui, on lui demanda de soustraire l’Ifrîqiya et ses habitants musulmans au joug de ce maudit Koseyla:

« Pour venger, répondît-il, le sang d’Okba sur les Roûm et les Berbères, on ne peut prendre que quelqu’un dont les sentiments religieux et l’intelligence vaillent ceux de ce chef. »

On tomba d’accord pour choisir Zoheyr ibn  Kays al-Balawi, car on reconnut que, ancien compagnon d’Okba, il était le mieux au courant de ses faits et gestes et de sa politique, et le plus qualifié pour venger sa mort.

En conséquence, Abd al-Malik envoya à Zuhayr, qui était à Barka, l’ordre de se rendre avec sa cavalerie en Ifrîqiya a pour délivrer les musulmans de K’ayrawân ; puis sur l’observation faite par Zoheyr que l’armée de Koseyla, formée de Berbères et de Roûm, était des plus nombreuses, il lui envoya des secours en cavaliers, en fantassins et en argent, en outre des chefs arabes qu’il convoqua pour appuyer son lieutenant.

Dinar du calife Omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan (avant la réforme) ont pet voire le calife sur la pièce.
Dinar du calife Omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan 685-705 (avant la réforme à  gauche et après la réforme à droite)

Zoheyr se trouva ainsi à la tête de forces .considérables, la population se réunit avec empressement sous ses drapeaux et il pénétra en 69 (5 juillet 688) en Ifrik’iyya.

Koseyla ibn Lemzem, en apprenant l’attaque dont il allait être l’objet, ne fit aucune soumission ni ne manifesta aucune crainte, car ses troupes de Berbères et de Roûm étaient deux fois plus nombreuses que celles de Zoheyr.

Cependant il réunit les nobles berbères et leur dit:

« Je suis d’avis de m’éloigner de cette ville, où il y a des musulmans vis-à- vis de qui nous sommes engagés par des traités et qui, il y a lieu de le craindre, se tourneront contre nous quand nous combattrons leurs frères. Nous irons donc nous établir vers l’endroit par où arrive l’ennemi [à Mems], et comme nous disposons d’une armée considérable, ou bien nous le battrons et alors le refoulant sur Tripoli nous l’anéantirons complètement, de manière à rester pour toujours maîtres du Maghreb, ou bien nous aurons le dessous, et alors la montagne étant proche nous pourrons nous mettre à l’abri dans des lieux abrupts. »

 La Mosquée Omeyyade de Sidi Okba à Biskra en Algérie (686 JC) construite sous le gouvernement du général omeyyade et compagnon Zuhair ibn Qais al-Balawi (radi ALLAH Anhu), sous le califat d’Abd al-Malik (685-705), le cimetière non loin contiens les corps de 300 compagnons (puisse Allah leurs faire miséricorde) tombé en Martyr avec le sahabi Okba ibn Nafi al-Fihri (radi Allah anhu) face au armées byzantines et berbères de Kusaylah à Tehuda (Biskra-Sidi Okba)
La Mosquée Omeyyade de Sidi Okba à Biskra en Algérie (686 JC) construite sous le gouvernement du général omeyyade  Zuhair ibn Qais al-Balawi (radi ALLAH Anhu), sous le califat d’Abd al-Malik (685-705),

Bataille entre Zuhayr ibn Q’ays al-Balawi  et Koseyla ibn Lemzem al-Barbari. 

Après que Koseyla eut quitté al-Qayrawan , Zoheyr ibn Kays vint camper sous les murs de cette ville pendant trois jours, mais sans y pénétrer; il repartit de là le quatrième jour, à la fin duquel il rencontra l’armée de Koseyla.

Il fit alors camper ses troupes, et le lendemain après la prière  il s’avança contre l’ennemi, qui s’était de son côté mis en mouvement.

La lutte s’engagea avec un très vif acharnement des deux parts, si bien qu’il semblait que personne n’en dût réchapper, mais enfin Koseyla fut battu et tué. Les musulmans se lancèrent à la poursuite des Berbères et des Roûm et en firent un grand massacre ; ils y mirent une telle ardeur qu’ils poussèrent jusqu’au Wàdi Moloûya dans le Maghreb.

 Les plus vaillants guerriers des Roûm et des polythéistes périrent dans cette affaire, où furent tués leurs princes, leurs nobles et leurs champions.

Zoheyr regagna alors K’ayrawân et s’y installa, tandis que les indigènes pénétrés de crainte se réfugièrent dans leurs châteaux et leurs forts.

Mais ensuite ce chef, se rendant compte de l’importance de l’Ifrîqiya, ne voulut pas continuer d’y séjourner : « Je ne suis, dit-il, venu ici que pour faire la guerre sainte, et je crains que ce pays ne m’entraîne dans les plaisirs mondains et que je n’y succombe. »

Il comptait en effet au premier rang des gens distingués par leur piété et leur esprit de mortification, de sorte qu’il s’éloigna, laissant d’ailleurs K’ayrawân dans une parfaite sécurité.

Mais beaucoup de ses compagnons restèrent dans cette ville.

La tombe de Zuhayr Ibn Qais Al-Balawi  a derna en libye dans la mosquée sahaba
La tombe de Zuhayr Ibn Qais Al-Balawi à  Derna (Barqa) en Libye dans la mosquée sahaba

Zuhayr se retire à Barka et y est tué par les Romains.

Zoheyr suivi de nombreux compagnons se dirigea donc vers l’Orient.

En apprenant qu’il se mettait en route de l’Ifrîk’iyya vers Barka, les Roûm saisirent cette occasion de réaliser leurs désirs et expédièrent contre cette place une flotte nombreuse et bien montée, qui y fit une razzia importante par le nombre de gens tués et la quantité de butin et de prisonniers.

L’armée de Zoheyr arriva au moment où ces événements venaient de se produire, et ce général, mis au courant, fit aussitôt avancer ses troupes sur le littoral dans l’espoir d’arriver jusqu’aux captifs musulmans et de les rendre à la liberté.

 Mais les Roûm étaient excessivement nombreux, et quand il se trouva sur eux il n’y eut plus moyen de reculer, d’autant que les musulmans qu’on était en train d’embarquer criaient et invoquaient son aide.

Il fit aussitôt mettre pied à terre à ses compagnons, tous hommes remarquables par leur piété, chefs arabes habitués à la guerre sainte et dont le plus grand nombre étaient des successeurs (tâbiïoûn) ; la nombreuse armée des Roûm les assaillit et la mêlée s’engagea.

 Mais la supériorité numérique de l’ennemi était trop grande : Zoheyr fut tué, de même que les chefs arabes qui l’accompagnaient.

Les musulmans regagnèrent Damas et portèrent à  Abd el-Melik ibn Merwàn la nouvelle du martyre de leur général et des principaux de leurs guerriers.

Le khalife fut fort affecté, à cause du mérite et de la piété de Zoheyr, de cette catastrophe, pendant de celle qui avait coûté la vie à Okba.

Les chefs arabes vinrent alors en corps demander à Abd el-Melik de s’occuper du choix d’un chef capable de défendre l’friqiya et d’y rétablir l’ordre, à quoi le prince répondit qu’il ne voyait personne de plus qualifié que Hassân ibn an- Numân.

En 74 (12 mai 693), mourut Abd Allah ibn  Omar ibn al-Khatâb, empoisonné, dit-on, par Al-Hajjàj ib Yaûsuf à la suite d’événements trop longs à raconter.

 En 76 (20 avril 695), On commença à frapper des monnaies (proprement) musulmanes : ce fut le Prince des royants Abd el-Melik qui fit frapper des dinars et des dirhems au type musulman.

En 77 (9 avril 696), eut lieu la révolte d’Al-Mot’arrif obn El-Moghîra ibn Chu’ba contre Abd el-Melik, qui employa la ruse contre lui pour arriver à le tuer .

En la même année de nombreux chefs hérétiques furent décapités .

Cavaliers et Gouverneur Omeyyades (oprey)  1 2 3
Cavaliers et Gouverneur Omeyyades (oprey)
1) Gouverneur Omeyyade de Balkh
2) Cavalier élite Omeyyade
3) Cavalier leger Omeyyade , Egypte 

Gouvernement de Hassan ibn an-No’màn en Ifriqiya.

En 78 (29 mars 697), Hassan ben en-No c mân, choisi à cet effet par  Abd el-Melik ben Merwân, entra en Ifrîk’iyya à la tête de 40,000 hommes qui lui furent confiés (*).

Le khalife l’avait d’abord envoyé avec cette armée en Egypte pour parer aux événements, puis il lui adressa l’ordre de se rendre en Ifrîk’iyya, en ajoutant :

« Je te donne pleins pouvoirs de disposer des richesses de l’Egypte; donnes- en à ceux qui sont près de toi, donnes en à ceux qui te viennent trouver, donnes-en au peuple et rends-toi en Ifriqiya avec la bénédiction et la protection divines ! »

Hassan ibn  en-Nomân ibn  Adi ibn Bekr ibn Moghith ibn c Amr Mozaykiyâ ibn c Amir ibn el-Azd pénétra en Ifrlk’iyya avec l’armée la plus considérable que les musulmans y eussent jamais envoyée.

A son arrivée à K’ayrawân, il demanda aux habitants du pays quel était le prince le plus puissant de la région, à quoi on lui répondit que c’était le prince de Carthage, capitale de l’ifriqiya.

La cité de Carthage , tombera et ensuite Hippone (Annaba, Bounah) et toute l’Afrique du nord rentrera dans le califat Omeyyade et dans l'Islam.
L’antique port phénicien de la cité de Carthage au nord de la Tunisie, qui  tombera  au mains des arabes  sous Hassan ibn Numan 

Hassan alla donc mettre le siège devant cette ville, qui renfermait une population grecque (Roûm) innombrable.

Les habitants dirigés par leur prince firent une sortie, mais Hassan les mit en fuite et en massacra la plus grande partie ; après quoi il continua le siège et finit par prendre cette capitale.

Carthage, actuellement dénommée El-Mo c allak’a par les Tunisiens, était une ville considérable dont les remparts étaient baignés par la mer.

Elle était* séparée de Tunis par une étendue de douze milles où se trouvaient des bourgades florissantes.

La mer n’arrivait pas alors jusqu’à Tunis, qui n’y a été reliée que plus tard .

Byzantin, AD 610-13, de Carthage omeyyade

Carthage renfermait des monuments considérables, de grandes constructions et des colonnes élevées qui prouvent la haute puissance des peuples disparus ; de nos jours encore les Tunisiens rencontrent toujours dans ces ruines des choses merveilleuses et des citernes que la suite des temps n’a pas ravies aux regards.

Quand Hassan y arriva et qu’il en eut massacré les cavaliers et les fantassins qui la défendaient, les habitants survivants songèrent unanimement à fuir dans les nombreux vaisseaux dont ils disposaient : les uns gagnèrent la Sicile, les autres l’Espagne.

Hassan s’étant en-suite éloigné, les habitants des campagnes voisines et de la région, qui avaient appris la fuite du gouverneur [romain], s’empressèrent de venir occuper la place laissée vide.

Mais alors Hassan revint camper sous les murs et entama un siège très rigoureux, à la suite duquel il entra de vive force dans la place, où il fit un épouvantable massacre, réduisit les survivants en captivité et se livra au pillage; après quoi les habitants de la région se rendant à l’appel de ses messagers, s’empressèrent d’accourir, tant la violence de ses attaques et sa bravoure les avaient terrifiés, et quand il n’en manqua pas un, il leur fit détruire et démanteler Carlhage, dont toute trace fut effacée.

Puis, apprenant que les chrétiens soutenus par les Berbères avaient réuni une armée considérable dans le district de Çatfoûra, il alla leur livrer bataille, les vainquit et lança sur les fuyards sa cavalerie, qui en fit un grand carnage, car elle ne laissa inexplorée aucune partie du pays.

Les Roûm effrayés s’enfuirent à Bàdja, où ils se préparèrent à la résistance, tandis que les Berbères gagnèrent la province de Bône (Buna, Annaba).

Quant à Hassan, il rentra à al-Qayrawan (Kairouan).

L'infanterie Omeyyade dans un ribat par Opsrey (Angus McBride) 1 2 3
L’infanterie Omeyyade dans un ribat par Opsrey (Angus McBride)
1) Garde Omeyyade 
2) Fantassin Omeyyade 
3) Femme Musulmane  avec lance

La Kâhina est mise en défaite par Hassan ibn Numan al-Ghassani.

Après avoir pris quelques jours de repos à Kayrawân, ce chef demanda aux habitants quel était le prince d’Ifrîqiya le plus puissant, pour aller ou anéantir son autorité ou le forcer à se convertir :

« C’est, lui dit-on, une femme appelée Al-Kâhina, qui habite dans l’Aurès; tous les Roûm d’Ifriqiya la redoutent et tous les Berbères lui obéissent; elle tuée, tout le Maghreb se soumettra à toi et tu ne trouveras plus ni rivalité ni résistance. »

Il se mit donc en marche avec ses troupes, et la Kâhina, qui l’apprit, descendit de la montagne avec des forces dont le nombre dépassait tout ce qu’on peut dire.

Arrivée la première à Bàghàya, elle la fit évacuer par les Grecs, puis la détruisit dans la croyance que son ennemi chercherait une place où se fortifier.

A la suite de cette nouvelle, Hassan alla camper auprès de la rivière de la Meskiyâna ; la Kâhina en fit autant, mais était en aval.

Les cavaliers des deux armées prirent contact dès qu’ils se trouvèrent les uns en face des autres.

Mais comme Hassan ne voulut pas engager le combat à la fin du jour, les deux armées passèrent la nuit en selle.

Le lendemain matin s’engagea la lutte la plus acharnée qu’on eût jamais vue et qui fut des deux côtés soutenue avec la plus vive opiniâtreté ; mais à la fin Hassan ibn an-Nomân al-Ghassani et ses vaillants compagnons durent fuir ; la Kâhina fit un grand massacre des Arabes et fit quatre-vingts chefs prisonniers.

La rivière auprès de laquelle eut lieu la bataille fut dénommée : rivière des instruments de torture (wâdïl- adhâra).

Hassan, poursuivi l’épée dans les reins jusqu’à ce qu’il fût sorti de la province de Gabès, informa le khalife Omeyyade Abd al-Malik de cet événement en ajoutant :

« Ces peuples du Maghreb n’ont pas de commencement et nul ne sait où ils finissent : sitôt que l’un est détruit, plusieurs autres le remplacent; les moutons qui paissent ne sont pas plus nombreux qu’eux. »

L’ordre du khalife qui lui enjoignait de s’arrêter à l’endroit où il recevrait la réponse lui parvint dans la province de Barqa.

Ce fut donc là qu’il s’arrêta, et il y construisit des châteaux encore appelés aujourd’hui Qoçoûr Hassan.

Pendant les cinq ans qui suivirent cette bataille, la Kàhina resta maitresse du Maghreb tout entier ; puis voyant la longue immobilité des Arabes, elle dit aux Berbères :

« Les Arabes ne recherchent en Ifriqiya que les villes, l’or et l’argent, alors que nous ne lui demandons que de nous fournir des champs de culture et des pâturages. Nous ne voyons donc pour vous rien de mieux à faire que de ravager toute l’Ifriqiya, de façon que les Arabes, désespérant d’y plus rien trouver, ne songent jamais plus à revenir. »

La deuxième phase de conquêtes d'Okba ibn Nafi radi Allah anhu qui traversa tout le Maghreb, il fut le seul gouverneur Omeyyade connus des berbères du Maghreb al-Aqsa jusqu'a à l'avenement de Mussa ibn Nusayr al-Lakhmi
La deuxième phase 681-682 de conquête d’Okba ibn Nafi radi Allah anhu qui traversa tout le Maghreb, il fut le seul gouverneur Omeyyade connus des berbères du Maghreb al-Aqsa jusqu’à  l’avènement de Mussa ibn Nusayr al-Lakhmi

Elle envoya donc dans toutes les directions des colonnes chargées de couper les arbres et de démanteler les forteresses.

L’Ifriqiya (prend le sens de Maghreb et va parfois jusqu’a Tanger), dit-on, ne présentait autrefois, depuis Tripoli jusqu’à Tanger, qu’une suite continue d’ombrages, de bourgades se touchant, de villes peu distantes les unes des autres, si bien que nul pays au monde n’était aussi favorisé, aussi continuellement béni, n’avait autant de villes et de forteresses, et cela sur une longueur et une largeur de deux mille milles.

Cette maudite Kâhina ruina tout cela, et alors de nombreux chrétiens et indigènes, implorant vengeance contre elle, durent s’enfuir et se réfugièrent tant en Espagne que dans les autres îles.

Des quatre-vingts compagnons de Hassan que la Kâhina avait faits prisonniers, elle eut la générosité de rendre la liberté à presque tous, ne gardant auprès d’elle que Khâlid ibn Yezîd, à qui elle dit un jour :

« Tu es l’homme le plus beau, le plus brave que j’aie jamais vu ; aussi je veux te donner de mon lait pour qu’ainsi tu deviennes le frère de mes deux fils; » — en effet, elle en avait deux, l’un berbère, l’autre grec ; «  chez nous tous Berbères, la parenté de lait confère un droit réciproque d’hérédité. »

En conséquence, elle prit de la farine d’orge qu’elle aggloméra avec de l’huile et qu’elle plaça sur ses seins; puis appelant ses deux enfants elle la leur fit manger avec Khalid sur sa poitrine et leur dit  » Vous voilà devenus frères.»

Bir al-Ater en Algérie (Ifriqiya), lieu présumé de l’exécution d'al-Kahina
Bir al-Ater en Algérie (Ifriqiya), lieu présumé de l’exécution d’al-Kahina

Mort violente de la Kâhina.

Hassan, ayant reçu du khalife tous les secours désirables en cavaliers et en fantassins arabes, fit porter par un homme sûr une lettre à Khalid ben Yezid.

Celui-ci après l’avoir lue, écrivit au dos : «Les Berbères sont divisés, l’ordre ne règne pas parmi eux et la prévoyance leur fait défaut; arrive donc à marches forcées.»

Puis il mit ce message dans un pain qu’il donna comme provision au messager de Hassan ibn Numan.

Mais cet homme venait à peine de s’éloigner que la Kâhina sortit les cheveux épars et se frappant la poitrine tout en s’écriant: « Malheureux Berbères, votre puissance s’en va dans un objet qui sert d’aliment ! »

On organisa aussitôt des recherches de tous les côtés, mais la protection divine couvrit le messager, qui put porter la lettre à Hassan.

Celui-ci rompit le pain et prit connaissance de ce qu’avait écrit Khalid; mais comme la cuisson avait détérioré le message, il voulut renvoyer à Khalid cet homme, qui s’y refusa, disant que celte femme, grâce à son don de divination, n’ignorait rien de cette affaire.

Hassan se mit donc en campagne, et de son côté, la Kâhina sortit des montagnes de l’Aurès avec des forces considérables.

Quand la nuit vint, elle dit à ses deux fils qu’elle se considérait déjà comme morte; qu’elle avait vu sa tête coupée et offerte au grand prince arabe à qui obéissait  (le calife Omeyyade Abd al-Malik ibn Marwan) le général d’Ifriqiya Hassan ibn Numan.

Ce fut en vain que Khalid lui proposa de s’en aller avec eux et d’abandonner le pays à l’envahisseur, elle objecta que ce serait une honte pour son peuple.

Comme alors ils lui demandaient tous les trois ce qu’ils deviendraient après elle : « Quant à toi, Khâlid, dit-elle, tu arriveras à un grand pouvoir auprès du grand roi; vous autres, mes enfants, vous exercerez un commandement auprès de celui qui me donnera la mort, et par vous, les Berbères réacquerront quelque pouvoir. Montez à cheval et allez demander quartier à l’ennemi ! »

Les trois jeunes gens se rendirent la nuit même auprès de Hassan, à qui  Khâlid conta ce qui venait de se passer, la prédiction par la Kâhina de sa propre mort et l’envoi qu’elle lui faisait de ses enfants.

Le général musulman confia ceux-ci à des gardiens et donna à Khâlid le commandement de la cavalerie. Alors s’avança la Kâhina les cheveux épars et s’écriant: « Veillez aux événements, car autant dire que je suis morte ! »

La bataille s’engagea furieuse, mais la reine dut fuir, et Hassan ibn Numan al-Ghassani se mit à sa poursuite et la tua.

Des Berbères se rendirent auprès de Hassan ibn Numan pour lui demander quartier ; mais il n’y consentit que moyennant l’engagement de leur part de lui fournir un corps de douze mille de leurs contribules qui auraient à combattre la guerre sainte à côté des Arabes.

Ces Berbères se convertirent et lui fournirent les cavaliers demandés, qu’il divisa en deux moitiés égales, à chacune desquelles il donna pour chef l’un des deux fils de la Kâhina ; il leur fit, simultanément avec les Arabes, parcourir le Maghreb pour y massacrer les Roûm et les Berbères infidèles.

Lui-même rentra en ramad’ân 82 à Kayrawân, à la suite de la sincère conversion et de la soumission des Berbères.

Le calme qui alors régna en Ifriqiya permit à Hassan d’organiser cette année-là les bureaux (ad-Diwan); la tranquillité fut assurée aux vaincus moyennant le paiement du kharàdj, auquel furent astreints tous les barbares du pays, aussi bien que les chrétiens  (grecs) qui y habitaient avec eux.

A la suite de la mort de la Kàhina, Hassan ibn Numan n’eut plus à faire d’expédition, car toute résistance avait cessé.

II fut ensuite révoqué et rappelé par Abd al-Aziz ibn Marwân, qui était frère du khalife Omeyyade Abd al-Malik et qui, en sa qualité de gouverneur d’Egypte, disposait à son gré du gouvernement de l’Ifriqiya .

Abd al-‘Aziz en voulait aux pierres précieuses, à l’or et à l’argent, de sorte que Hassan ibn Numan, qui le savait, les cacha dans des outres à eau et ne laissa voir que les effets, les montures, les esclaves et autres richesses.

A son arrivée en Egypte, il donna en présent à Abd al-Azîz deux cents jeunes filles de race royale, soit grecque soit berbère ; mais ce chef lui enleva, en outre, tous les chevaux, les chameaux, les femmes esclaves et les nègres qu’il emmenait.

 Hassan continua sa route avec ce qui lui restait de bagages et arriva auprès du khalife Al-Walid, dont la colère fut excitée par le récit qu’il lui fit des procédés d’Abd al-Azîz ; puis il se fit apporter les outres et en tira assez d’or, d’argent, de pierres précieuses et de rubis pour exciter l’étonnement du khalife, qui, tout charmé, lui dit :

« Veuille Dieu te récompenser, Hassan !

— Prince des croyants, répondit-il, si je suis parti, c’est pour aller combattre la guerre sainte dans le sentier de Dieu, et un homme comme moi ne peut tromper ni Dieu ni le khalife.

— Je veux, reprit le prince, te renvoyer dans ton gouvernement en Raccordant des bienfaits et en faisant proclamer tes louanges ! »

Mais Hassan ibn Numan al-Ghassani (le Ghassanide) jura qu’il n’accepterait plus de gouvernement sous les Omeyyades.

Al-Walîd garda à cause de cela du ressentiment contre son oncle Abd al-Aziz.

L’ordre chronologique des campagnes de Hassan, surnommé « le cheykh intègre », n’est pas bien déterminé, non plus que sa conquête des villes de Carthage et de Tunis et la mort de la Kâhina. (voir ibn Abd al-Hakam)

D’après Ibn el-Katt’ân, la révocation de Hassan et la nomination de Moûsa ibn Noçayr furent faites par Abd al-Azîz ibn Merwàn sans aucun ordre ou avis de son frère c Abd el-Melik.

695-705 715 frappé a carthage omeyyade

Nomination d’Abû ‘Abd ar-Rahmân Moûsa ibn Nusayr au gouvernement de l’Ifriqiya et du Maghreb; exposé d’une partie de ce qu’il y fit. 

Les uns disent que ce chef descend des Banu Lakhm, et d’autres, de Bekr ibn Wâ’il.

Ibn Bachkowâl dans la Sila le nomme Moùsa ibn Nusayr ibn  Abd ar-Rah’mân ibn Zayd.

Nommé par Abd al-Malik à la perception du kharâdj à Baçra, il s’en appropria, dit-on, le produit, et l’ordre donné par le khalife à Hajjal ibn Yussuf ath-Taqafy de ne pas le laisser échapper fit que Moûsa, pris de peur, se rendit auprès d’Abd al- Azîz ibn Marwàn gouverneur Omeyyade d’Egypte.

Celui- ci, qui lui portait de l’affection, l’accompagna en Syrie auprès d’Abd al-Malik, qui frappa Moûsa d’une amende de cent mille dinars.

Abd al- c Aziz fournit à son protégé la moitié de cette somme, puis le ramena en Egypte, où il le nomma gouverneur de l’Ifriqiya, dépendance de l’Egypte.

Moûsa remporta ses premières victoires du côté de Zaghwàn, localité éloignée de K’ayrawân  (Kairouan) d’une pleine journée de marche.

Dans les environs habitaient des tribus Berbères dont vinrent à bout les 500 cavaliers qu’il envoya contre elles; 10,000 prisonniers,  restèrent aux mains des vainqueurs et furent les premiers qu’on amena à K’ayrawân depuis qu’il en était gouverneur.

Pièces arabo-byzantine deu général Omeyyade Musa ibn Nusayr
Pièces arabo-byzantine du général Omeyyade Musa ibn Nusayr 

L’un de ses fils, nommé Abd Allah, qu’il envoya dans une région d’Ifriqiya, en ramena 100,000 prisonniers (berbères et grecs), puis son autre fils Marwân en ramena un nombre égal, de sorte que le quint fut alors représenté par 60,000 têtes {sic).

Moûsa envoya à Abdal- Aziz une lettre où il l’informait de ses succès en ajoutant que le quint montait à 30,000 têtes, nombre qui avait été écrit au lieu de 60,000, par suite d’une erreur du secrétaire.

Ce chiffre de 30,000 parut énorme à Abd al-Aziz, qui y vit une erreur en trop commise par le secrétaire et qui la signala dans sa réponse à Moûsa en lui demandant de la rectifier: « Il y a en effet, écrivit Moûsa, une erreur imputable, ainsi que l’a conjecturé l’Emir, au secrétaire. Sache, ô Emir, que le nombre exact et bien certain est de 60,000 ! »

La joie d’Abd al-Azîz fut alors à son comble.

Il avait, d’autre part, reçu une lettre dans laquelle son frère  Abd al-Malik lui disait qu’ayant appris la décision qu’il avait prise touchant la révocation de H’assàn et le remplacement de ce dernier par Moùsa, lui, Prince des croyants approuvait l’une et l’autre de ces mesures.

Il informa alors le khalife des succès remportés et lui adressa la lettre de Moûsa. En conséquence, Abd al-Malik envoya à ce dernier un messager chargé de prendre possession du quint précité, auquel Moûsa ajouta encore un millier de têtes par surcroît.

Quand Moûsa arriva en Ifriqiya, il marchait en tête de l’armée: un passereau étant venu se poser sur sa poitrine, il s’en empara, regorgea et de son sang s’oignit la poitrine par dessus les vêtements, puis il le pluma et éparpillant les plumes sur sa personne il s’écria :

« J’en prends à témoin le Dieu de la Kaaba, voilà la victoire ! »

D’après Ibn Qutayba, Moûsa ibn Nusayr, après avoir pris Sedjoûma et mis à mort les princes de cette ville, accorda à Iyâd’, Othmân et Aboû Obda, fils d’Ok’ba ibn Nafi al-Fihri, le droit de tirer vengeance du meurtre de leur père et ne les arrêta qu’après qu’ils eurent mis à mort six cents des principaux de la ville.

Cela eut lieu en 83 (3 février 702), au dire de ceux qui font commencer son administration en cette année.

Moûsa réduisit ensuite les berbères Hawwàra, les Zenâta et les Kotâma, contre qui il fît des expéditions qui lui coûtèrent du monde et au cours desquelles on fit 5,000 prisonniers.

Leur chef, nommé Kâmoûn, fut envoyé par Moûsa à Abd al-Azîz ibn Merwân, qui le fit exécuter près de l’étang appelé encore de nos jours Birket Kâmoûn proche du bourg d’Akaba.

Quant aux Kotàma (sic), ils s’étaient rendus auprès de Moûsa ibn Nusayr, qui leur donna pour chef l’un d’entre eux et se fit livrer des otages de marque.

En djomàda 1er 85 (mai-juin 704), mourut  Abd al-Aziz ibn Marwân, qui gouvernait l’Egypte au nom de son frère Abd el-Malik ibn Merwân.

Le khalife, qui le remplaça par Abd Allah ibn Abd al-Malik ibn Marwân, avait déjà, dans cette même année, voulu révoquer son frère tant à cause de la disgrâce dont il avait frappé Hassan ibn an-Numân al-Ghassani qu’à cause de ses rapines.

Il en avait été empêché par K’abîssa ibn Dho’ayb, qui lui avait représenté qu’une mort prochaine pourrait le débarrasser, mais cependant il y songeait toujours.

C’est dans ces dispositions qu’il était un jour à causer avec Rawlh ibn Zinbâ al-Judhami, qui lui disait que cette révocation n’aurait pas été de nature à provoquer de combat entre deux chèvres, quand K’abissa survenant s’écria:

« Prince des croyants,  veuille Dieu te récompenser à raison de ton frère!

— Il est donc mort? repartit le khalife.

— Il est bien mort.

— Aboû Zor’a, Dieu nous a suffi pour décider la question sur laquelle nous étions d’accord ! »

A la suite de la mort du Prince des croyants Abd al-Malik ibn Marwân, survenue en 86 (1 er janvier 705), Al-Walîd Ier écrivit à son oncle Abd Allah [ibn Abd al-Malik] ibn Merwân, de nommer Moûsa ibn Nusayr au gouvernement de l’Ifrîqiya et du Maghreb, pays qu’il enleva ainsi à son oncle [lisez frère]

La plupart des villes d’Ifrîqiya étaient alors désertes par suite des conquêtes successives dont elles étaient l’objet de la part des Berbères.

L'Occident Omeyyade en 710, verfonsé terre Omeyyade, et le claire ce sont les tribus berbères tributaires au califat Omeyyade  par  LSCatilina
L’Occident Omeyyade sous le calife al-Walid Ier en 710, « vert-foncé » = terre Omeyyade, et le « vert-clair » ce sont les tribus berbères tributaires du califat Omeyyade  mais pas dans l’espace territorial des Omeyyades mais il s’y déroula des expéditions  jusqu’au Abbasside par LSCatilina

Moûsa ibn  Nusayr conquiert le Maghreb el-Ak’ça.

Moûsa poursuivit sa marche guerrière d’Ifriqiya vers Tanger, car les Berbères, par peur des Arabes, se retiraient vers l’ouest (al-Gharb).

La poursuite à laquelle il se livra lui permit d’en tuer une grande quantité et de faire de nombreux prisonniers.

Il arriva ainsi jusqu’au Soûs el-Adna, c’est-à-dire au pays de Der’a.

Les Berbères accablés lui ayant alors demandé quartier et s’étarit soumis, il leur donna un chef.

Comme gouverneur de Tanger et des environs il nomma son client (esclave) T’ârik’, à qui il confia un corps de 17,000 Arabes et de 12,000 Berbères, ceux-là ayant l’ordre d’enseigner à ceux-ci le Coran et de les mettre bien au courant de la religion.

Après quoi il se remit en route pour l’Ifriqiya.

D’après Ibn al-K’attân, on raconte que Moûsa ibn Nusayr, sitôt après avoir, en la dite année, été investi par Al-WAlid Ier, envoya à des tribus berbères Zor c a ben Aboû Modrik, qui n’eut pas à subir d’hostilités dé leur part ; ces peuples se rendirent à composition, et il envoya leurs chefs à Moûsa, qui exigea d’eux dés otages.

Le gouverneur donna ensuite le commandement de la flotte d’Ifriqiya à Ayyâch ib Akhyal, qui se rendit en Sicile, où il attaqua et pilla complètement une ville nommée Syracuse, puis revint sain et sauf, chargé de butin.

Quand Aboù Modrik Zo’ra ibn Aboû Modrik amena les otages des Masmoûda, Moûsa les réunit aux otages  berbères qu’il s’était fait livrer en ifriqiya et au Maghreb et qui se trouvaient à Tanger : il les mit sous les ordres de son client (mawla) Târik’, qui [plus tard] envahit l’Espagne avec eux.

Dix-sept Arabes furent laissés par Moûsa à l’effet d’instruire ces Berbères dans le Coran et les préceptes de l’Islam.

[Autrefois], Ok’ba ibn Nâfi en avait déjà laissé dans le même but quelques-uns de ses compagnons, parmi lesquels Shâkir et d’autres.

Dans le Maghreb el-Aqsa n’avait pénétré aucun gouverneur Omeyyade autre qu’Ok’ba ibn Nàfi al-Fihri; c’était le seul que les berbères Maçmoûda eussent connu, et l’on dit que la plupart de ces derniers opérèrent volontairement leur conversion entre ses mains.

Ce fut Moûsa ibn Nusayr qui pénétra après lui dans ce pays.

Le maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades  par osprey
Le Maghreb et al-Andalus en 731 sous les Omeyyades, avec la localisation des tribus berbères et  judeo-berbères (en soulignés)  par osprey

En 92 (28 octobre 710), T’àrik envahit l’Espagne et la conquit avec une armée formée d’Arabes, de Berbères et des otages livrés par ces derniers, tant ceux que lui avait laissés Moûsa que ceux qui avaient auparavant été remis- à H’assân dans le Maghreb central.

C’est en 85 (13 janvier 704) que T’ârik’ devint gouverneur Omeyyade de Tanger et du Maghreb al-Aqsa, et c’est à cette date que la conversion des habitants de cette dernière région à l’Islam fut complète: on orienta dans la direction de la Mecque les temples élevés par les polythéistes et l’on installa des chaires dans les mosquées des communautés.

Alors fut élevée la mosquée d’Aghmât Heylâna.

Quant à ce chef, son nom est T’ârik’ ben Ziyâd ibn Abd Allah ibn Oulghoû ibn Ourfeddjoûm ibn Neberghâsen ibn Oulhàs ibn Ltoûmet ibn Nefzâou ; il était Nefzi d’origine.

On dit qu’il figurait parmi les Berbères (à Barqa) faits prisonniers.

Il était affranchi (mawla)  de Moûsa ibn Nusayr.

En 93 (18 octobre 711), ce dernier, irrité contre Târik franchit la mer et se rendit en Espagne; il y suivit une autre route que son général et y remporta de nombreux succès que nous raconterons en faisant l’histoire de la conquête de l’Espagne, dans la seconde partie du présent ouvrage.

En la même année, Abd Allah ibn Moûsa remplaça son père comme gouverneur d’Ifrîqiya, à raison du départ de Moûsa, jusqu’au jour où celui-ci revint d’Espagne pour se rendre en Orient.

Moûsa arriva à al-Qayrawan (Kairouan) à la fin de Tannée 95.

Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier '705-715)
Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier ‘705-715

En 95 (25 septembre 713), Moûsa quitta l’Espagne pour se rendre en Ifriqiya avec le butin dont Dieu l’avait gratifié : la flotte transporta à Tanger toutes les riches dépouilles que formaient l’or, l’argent et tes pierreries, puis elles furent chargées sur des chariots.

D’après ïbn ar-Raqiq’, cent quatorze véhicules  furent employés à cet usage.

La table [de Salomon], qui était faite d’or avec un peu d’argent et qui comptait trois cercles, l’un de rubis, l’autre d’émeraudes et le troisième de perles, fut un jour chargée sur un grand mulet, le plus agile et le plus vigoureux qu’on pût trouver, dont les jambes cédèrent sous le poids même avant d’arriver à l’étape.

Au dire d’Al-Layth ibn Sa’d, on n’avait jamais depuis la fondation de l’Islam, entendu parler d’un nombre de prisonniers aussi considérable: quand son fils Marwân revenu du Soûs se porta au-devant de son père, avec les principaux chefs, il ordonna à eux-ci de donner à chacun des compagnons de son père un esclave noir homme ou femme , et Moûsa ayant donné le même ordre à ceux qu’il commandait, chacun se trouva pourvu et d’un esclave noir et d’une femme esclave  noir.

On raconte encore que Moûsa en quittant l’Espagne y laissa comme gouverneur son fils  Abd al-Azîz et que, rentré en Ifriqiya, il parvint à al-Qayrawan (Kairouan) à la fin de 95 (. 25 sept. 713).

Il ne pénétra cependant pas dans la ville et descendit au Qasr Elmâ, où il tint une audience à laquelle assistèrent les guerriers arabes de la ville, dont les uns l’avaient accompagné dans son expédition, tandis que les autres étaient restés en Ifriqiya avec son fils Abd Allah : « Aujourd’hui, leur dit-il, trois faits heureux se sont produits pour moi : j’ai d’abord reçu une lettre par laquelle le Prince des croyants me témoigne sa reconnaissance et m’accorde des louanges » (il énuméra ici les succès que Dieu avait réalisés par ses mains) ; « ensuite une lettre où mon fils Abd al-Azîz me décrit les victoires que Dieu lui a. fait remporter en Espagne » (ici il prononça les formules de louanges à Dieu, et les assistants se levèrent pour le féliciter)» ; quant à la troisième chose, continua-t-il, je vais vous la faire voir »; et, se levant, il fit tirer une tenture derrière laquelle se trouvaient diverses jeunes filles semblables à autant de pleines lunes montant à l’horizon et couvertes de bijoux et de parures.

Comme on lui réitérait les félicitations, Ali ibn Rebâh’ al-Sulami prit la parole : « Général, dit-il, c’est moi qui te donnerai le meilleur avis : rien n’arrive au sommet qui ne soit près de redescendre; modère-toi donc  avant d’y être forcé! »

Cette observation décontenança Moûsa, qui renvoya aussitôt ces jeunes filles.

Il partit ensuite pour l’Orient, après avoir confié l’Ifiqiya, l’Espagne et la région de Tanger aux soins respectifs de ses fils Abd Allah ibn  Moussa ibn Nusayr, Abd al-Aziz ibn Moussa ibn Nusayr  et Abd al-Malik ibn Moussa ibn Nusayr.

Vue du Jabal Musa des montagnes du rif depuis Tarifa, en andalousie, le jabal Mussa fut nomé ainsi après Moussa ibn Nucayr al-Lakhmi général des Omeyyades
Vue du Jabal Musa des montagnes du Rif  au Maroc depuis Tarifa, en Andalousie, le jabal Mussa fut nommé ainsi après Mussa ibn Nusayr général des Omeyyades

D’après Ibn el-K’atTân, la plupart s’accordent à dire que T’ârik’, avant d’aller explorer l’Espagne, s’était établi à Tanger.

Cependant, selon certains, il était installé sur l’emplacement de Sidjilmâssa (Sur le site de cette ville car la fondation de cette ville date de 140 H, d’après al-Bakri, p. 328), vu que Selà et le pays en-deçà, Fez, Tanger et Ceuta appartenaient aux chrétiens (Rum).

Il ajoute qu’on n’est pas d’accord si Moûsa entra ou non à al-Qayrawan dans ce voyage.

Moûsa se mit donc en marche avec ses autres enfants, c’est-à-dire Marwân, Abd al-A’la, etc. ; il était en outre accompagné des nobles Q’oreychites, Ansâr et autres Arabes, de cent chefs berbères, parmi lesquels les fils de Koseyla ibn Lemzem, les Benoû Isder, Mezdâna, roi de Soûss, le prince de Mayorque et de Minorque, des fils de la Kâhina, de cent des princes espagnols chrétiens, et de vingt princes des villes conquises en Ifriqiya; il emporta en outre des spécimens des produits de toutes les villes de ce pays.

Il arriva ainsi à al-Misr (Egypte), où il n’y eut pas de savants ni de nobles à qui il ne fit des présents et des dons.

D’Egypte, il se dirigea sur la Palestine, où il fut reçu par la famille de Rawh’ ibn Zinbâ  , qui égorgea cinquante chameaux pour lui faire fête.

Il en repartit en laissant une partie de ses femmes et ses plus jeunes enfants auprès de ses hôtes, à qui il fit de riches présents.

Mais alors il reçut une lettre du khalife Al-Welid ibn Abd al-Malik, qui était malade et lui enjoignait d’arriver au plus vite pour le trouver encore en vie, tandis que d’autre part Sulaymàn ibn Abd al-Malik, frère et héritier présomptif d’Al-Walîd, lui écrivait de temporiser et d’attendre.

Sans tenir compte de cette dernière lettre, Moûsa fit diligence, si bien qu’il arriva à la cour trois jours avant la mort du khalife Al-Walîd.

Aussi Sulaymàn disait-il qu’il le ferait crucifier s’il l’avait en son pouvoir.

Moûsa put donc remettre à Al-Walîd les richesses qu’il apportait, la Table de Salomon, les perles, les rubis, les diadèmes, ainsi que l’or et l’argent.

Al-Masoûdi, dans son livre intitulé « Adjâ’ibel-bilâd wez- zemân », s’exprime ainsi :

« A la suite de la conquête de Tolède, Târik’ pénétra dans le palais royal de cette ville, où il trouva les Psaumes de David transcrits sur des feuilles d’or à l’aide d’une solution de rubis et d’un travail si merveilleux que l’on n’avait en quelque sorte jamais rien vu de pareil. Là encore se trouvaient la Table de Salomon, précédemment décrite, vingt-quatre dia- dèmes rangés en ordre et correspondant au nombre des rois Goths d’Espagne, car il était d’usage que le diadème d’un roi mort fût déposé en cet endroit et que son successeur s’en fit faire un autre; enfin, une grande pièce remplie d’élixir alchimique (pierre philosophal). Tous ces objets furent remis à Al-Walîd ibn Abd al-Malik. » 

En djomâda II 96 (février 715), le khalife Omeyyade Al-Walid Ier mourut et eut pour successeur Sulaymân.

Celui-ci, qu’animait une vive colère contre Moûsa, le fit exposer au soleil pendant une journée très chaude, jusqu’à ce que le patient, homme corpulent et asthmatique, perdit connaissance.

Suleymân alors lui dit : « Tu n’as voulu tenir aucun compte de la lettre que je t’avais écrite ! Paie maintenant cent mille dinars!

— Prince des croyants, répondit Moûsa, vous m’avez pris tout ce que je possédais; d’où donc tirerais-je cent mille dinars?

— Il t’en faudra payer deux cent mille », reprit Solaymân ; et comme Moûsa se défendait: « C’est trois cent mille, continua le khalife, que tu auras à verser » ; et en même temps il le fit mettre à la question, avec l’intention de le faire mourir.

Moûsa eut alors recours à l’intervention de Yezid ibn al-Mohallab al-Azdi qui avait du crédit auprès de Sulaymân et qui obtint du prince la grâce du prisonnier, moyennant l’abandon par celui-ci de tout ce qu’il possédait.

On dit aussi, c’est la version d’Ibn H’abîb et d’autres, que Moûsa racheta sa vie moyennant le paiement à Sulaymân d’un million de dinars.

Plus tard, Yezîd ibn al-Mohallab étant à causer un soir avec Moûsa lui dit : « Aboû Abd er-Rah’mân (Moussa), quel groupe formez-vous, toi et les tiens, clients et serviteurs ? Arrivez-vous à mille ?

— Oui certes, répondit Moûsa, et de plus mille et mille autres encore.

— Et pourquoi donc t’es- tu exposé à la mort au lieu de rester au siège de ta puissance, à l’endroit où s’exerce ton pouvoir ?

— Je le jure ! repartit Moûsa, si je l’avais voulu on n’eût rien pu contre moi; mais j’ai préféré le respect de mes devoirs envers Dieu, et je n’ai pas cru que je dusse oublier que j’ai à obéir. »

On raconte qu’après s’être fait payer cette énorme rançon, Sulaymân ibn Abd al-Malik demanda un jour une coupe d’or, et Moûsa, surprenant le regard qu’il lui jetait, lui parla en ces termes :

« Prince des croyants, il n’y a pas là de quoi s’enorgueillir ! Cette coupe, je ne l’estime certes pas dix mille dinars: or Dieu m’est témoin que j’ai envoyé à ton frère Al-Walid un vase à lampe en émeraude verte dans lequel le lait qu’on y versait prenait une teinte verte ; on a estimé qu’il valait cent mille dinars. J’ai en outre trouvé telles et telles choses », dont il se mit à faire une longue énumération, si bien que Sulaymân en resta stupéfait.

Moûsa ibn Nusayr était né en 19 (1er janvier 610) et mourut en 98 (24 août 716), à l’âge de 79 ans.

Il fut nommé en 88 (11 décembre 708) gouverneur Omeyyade d’Ifrîqiya et administra ce pays, de même que l’Espagne et le Maghreb tout entier, jusqu’à sa mort, c’est-à-dire pendant environ dix- huit ans .

On raconte entre autres choses au sujet de sa mort, qu’il fit avec Sulaymân le pèlerinage et que, lors de leur arrivée à Médine, Moûsa annonça que le surlendemain mourrait un homme dont le nom avait rempli l’Orient et l’Occident.

Les Conquêtes de Musa ibn Nusayr entre 703-715
Les Conquêtes de Musa ibn Nusayr entre 703-715

Tiré d’Ibn Idhari Al Marrakuchi « al-Kitab al-bayan al-Maghrib. »

Leiden, E. J. Brill – 1948.

Histoire de l’Afrique du Nord, de la conquête au 11ème siècle.

La Mardasa Ibn Yussuf de Marakesh fut construite par le sultan Mérinide Abû al-Hasan `Alî (أبو الحسن علي بن عثمان : abū al-ḥasan `alīy ben `uθmān), né en 1299 (ou 1288) et mort en 1351, est un sultan mérinide qui succède à son père Abû Sa`îd `Uthmân en 1331.
La Mardasa Ibn Yussuf de Marakesh (Maroc)  fut construite par le sultan Mérinide Abû al-Hasan `Alî (أبو الحسن علي بن عثمان : abū al-ḥasan `alīy ben `uθmān), né en 1299 (ou 1288) et mort en 1351,

(notice wiki  auteur) Ibn Idhari (ابن عذاري) est un écrivain et historien marocain 14e siècle. Il naquit à une date inconnue et vécut à Marrakech sous les Mérinides (dynastie berbère) au Maroc (d’où son appellation de ibn Idhāri al-Marrākushi) entre le 13e et le 14e siècle, dans une famille d’origine arabe andalouse.

Son nom complet est Abū al-Abbas Ahmad ibn Muhammad ibn Idhāri al-Marrākushi (arabe : أبو العباس أحمد ابن عذاري المراكشي) mais il est essentiellement connu sous le nom Ibn Idhari Al Marrakuchi traduction de l’appellation traditionnelle espagnole médiévale de :Aben Adarí de Marruecos (Marruecos vient d’une déformation de Marrakech). Bien que cité comme référence dans de nombreux ouvrages historiques, nous savons peu de chose sur la vie de cet historien et les sources le concernant sont rares. Il fut l’auteur du texte de référence sur l’histoire du Maghreb et l’Espagne maure écrit en 1312 intitulé Al-Bayan Al-Mughrib (arabe : البيان المغرب)  » ou parfois uniquement Al-Bayan mais dont le titre complet est : Kitāb al-bayān al-mughrib fī ākhbār mulūk al-andalus wa’l-maghrib. Ses écrits considérés comme des informations historiques contemporaines sont uniques, même si certaines parties sont à ce jour perdues.

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2 réflexions au sujet de « La conquête arabe de l’Afrique 639-709 par Ibn Idhari : »

    Hazem bouattour a dit:
    16 avril 2017 à 7 h 52 min

    Merci pour ce site très utile et avec le bon niveau de synthèse.
    N’hésitez pas à préciser vos sources. C’est très important.
    Je suis preneur de toute information sur les descendants de saidna uthman ibn affan en afrique du nord.
    Cordialement

      histoireislamique1 a répondu:
      17 avril 2017 à 1 h 41 min

      Les Bani Hirzihim et Sidi Harazam al-Umawi al-Uthmani ( 12e siècle) Maroc

      Un autre personnage de la ligné des Banu Umayah , par le calife Uthman ibn Affan il s’agit d’Abu ‘Abd Allah ben Abu al Hasan ‘Ali ben Isma’il ben Muhammad ben ‘Abd Allah Ibn Harazem (ou Ibn Hirzihim) al Umawi al ‘Uthmani al Andalusi al-Fasi personnage connus parmis les gens de Fès au Maroc sous le sous de Sidi Harazam, il était le fils de Sayyidi Ali ibn Ismail ibn Hirzihim, théologien illustre, qui fut un contradicteur d’al-Ghazali, il participa entre autre à la condamnation de l’ihya ulum ad-Din, avant de devenir lui-meme un fervent propagateur des oeuvres d’al-Ghazali ( Source : Saints et sanctuaires de Fés Par Faouzi Skali)
      https://histoireislamique.wordpress.com/2014/04/27/descendants-et-pretendument-des-abbassides-et-omeyyades/

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