Explication de la chute de la domination des arabes et liste des tribus arabes de Barqa, Egypte, Nubie et Hijaz par ibn Khaldoun :

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Localisation des tribus arabes ver l'an 600 JC avant le début des conquêtes islamique
Localisation des tribus arabes ver l’an 600 JC avant le début des conquêtes islamique

IBN KHALDOUN HISTOIRE DES DYNASTIES MUSULMANES ET DES TRIBUS ARABES ET BERBÈRES.

TRIBUS ARABES DE L’AFRIQUE SEPTENTRIONALE.

DES ARABES DE LA QUATRIÈME RACE, ou ARABES MOSTADJEM , PEUPLE CONTEMPORAIN DONT LES ANCÊTRES FONDÈRENT L’EMPIRE DE L’ISLAM. 

Lorsque la tribu des Qoreich et les autres grandes familles descendues de Moder (les mudarides) eurent établi l’empire de l’Islam avec l’aide des Ansar (Aws et Khazraj), peuple originaire du Yémen , auxquels s’étaient joints leurs frères et coreligionnaires de la tribu de Rebiâ et les autres peuplades sorties de la même souche , — lors qu’elles eurent subjugué les nations voisines, dompté les autres peuples et conquis leurs villes , — elles échangèrent la rudesse de la vie nomade et la simplicité de mœurs qui les distinguait aux premiers temps du khalifat , contre les grandeurs de la domination et la mollesse de la vie sédentaire ; et s’étant empressées d’abandonner les localités du Désert qu’elles avaient jusqu’alors fréquentées , elles se répandirent dans les régions éloignées et jusqu’aux dernières limites de l’empire musulman.

Arrivés là, les membres de ces tribus s’établirent, soit par bandes, soit isolément ; formant ainsi des garnisons et des postes avancés sur la frontière ennemie, pendant que l’empire fondé par leurs armes passait de race en race et de famille en famille.

Itinéraire des Omeyyades de la Mecque à Cordoue
Itinéraire culturel  des Omeyyades de la Mecque à Cordoue

Portés au faîte de la puissance en Iraq (et Syrie), sous la dynastie des Omeyyades, redoutables encore sous celle des Abbassides, parvenus à la plus haute fortune en Espagne, sous la seconde dynastie Omeyyade, les Arabes se virent en possession d’une gloire et d’un bien-être qui n’avaient jamais été le partage d’aucun autre peuple.

Entourés des biens du monde et livrés aux plaisirs, ils s’étendirent sur la couche de la mollesse, et, savourant les délices de la vie, ils tombèrent dans un long sommeil à l’ombre de la gloire et de la paix.

Gouvernorat d'Ibb Yemen .
Gouvernorat d’Ibb Yemen .

S’étant ainsi accoutumé aux demeures fixes, le peuple arabe oublia la vie du Désert et perdit les facultés qui l’avaient aidé à conquérir le pouvoir et à subjuguer les nations ; il ne lui resta plus ni la simplicité des premiers temps de la religion , ni les mœurs agrestes auxquelles il s’était formé dans le Désert: tout chez lui s’émoussa jusqu’au tranchant de son épée.

Alors le guerrier ne se distingua plus de l’artisan que par son inaptitude au travail, et l’individu de race nomade ne différa du citadin que par l’habillement.

Le souverain ne souffrit plus la présence de chefs capables de rivaliser avec lui par la gloire et par la naissance ; il abaissa l’ambition de leurs princes et de leurs grandes familles ; et, pour dompter leur esprit turbulent, il appuya son autorité sur des troupes domestiques (esclaves ou peuplade soumise), corps formé d’esclaves tirés de l’étranger (al-Ajam) et de créatures attachées à la fortune du maître

La région de Ta'if (Arabie saoudite)
La région de Ta’if (Arabie saoudite)

Avec ces bandes , il accabla les Arabes , fondateurs de l’empire, champions de la foi et soutiens du khalifat ; il leur fit goûter l’amertume de la servitude ; il détruisit chez eux, le souvenir de leur ancienne gloire et des douceurs de la domination ; il leur enleva cet esprit de corps qui faisait leur plus ferme appui : de sorte que ce peuple , trop morcelé pour se défendre , devint le serviteur de tout homme puissant qui voulut l’employer ; ou bien, accablé et brisé par le malheur, il se dispersa parmi les autres nations.

L’autorité passa alors entre les mains d’esclaves et d’affranchis (berbères, kurdes et turcs) qui, séduits enfin par l’exercice du pouvoir, osèrent aspirer à l’empire ; et, devenus maîtres de la personne du khalife, ils s’assirent eux-mêmes sur le trône et commandèrent en souverains.

Pendant ce temps, les Arabes chargés de la garde des provinces étaient tombés dans la dégradation la plus grande : ils ne purent ressaisir les bonnes qualités qu’ils devaient à la vie nomade, — elles étaient perdues depuis trop longtemps ; ils ne purent se rappeler leur origine, — les noms de leurs aïeux s’étaient effacés de leur mémoire ; ils disparurent enfin du monde à l’exemple des peuples qui les avaient précédés et comme disparaîtront leurs successeurs.

Telles sont , en effet , les voies de Dieu envers ses créatures; et, qui pourra changer les voies de Dieu * ?

Armement attribué a  l'illustre sahabi et  général du califat Rashidun Saad ibn Abi Waqqas  radi Allah anhu
Armement attribué a l’illustre sahabi et général du califat Rashidun Saad ibn Abi Waqqas radi Allah anhu, Arabie Saoudite

Dans les premiers temps de l’Islam, de nombreuses tribus arabes avaient contribué à poser les fondements et à construire l’édifice de l’empire islamique, en faisant triompher la vraie foi, en raffermissant le khalifat et en soumettant les villes et les provinces occupées par les autres peuples.

On y remarqua les tribus descendues de Moder, telles que les Qoreich, les Kinana, les Khozâa, les Beni-Aced, les Hodeil, les Temîm, les Ghatafan et les Soleim , ainsi que les Houazen et leurs frères, les Thakîf, les Sâd-Ibn- Bekr, et les Amer-Ibn-Sâsâ (dont font partie les Banu Uqayl, Hilal, Numayr, Kaab et Kilab).

Toutes ces peuplades s’y trouvaient avec leurs subdivisions, familles , parents, confédérés et amis.

Les tribus descendues de Rebiâ concoururent aussi à cette bonne œuvre : on y vit les Taghleb-Ibn-Ouaïl , les Bekr-Ibn- Ouaïl et toutes leurs ramifications, telles que les Yechkor, les Hanîfa, les Idjl, les Dhol, les Cheiban et les Teim-Allah ; puis les tribus de Nimr-Ibn-Cacet et d’Abd-Caïs avec leurs alliés.

Parmi les tribus originaires du Yémen et descendues de Kehlan , fils de Seba , on remarqua les Ansar , dont les aïeux , Aws et Khazraj , eurent pour mère Caila , femme appartenant à une famille de la tribu des Banu Ghassan ; on compta aussi les Azd, les Hemdan, les Khathâm, les Bedjîla , les Hedhedj avec leurs subdivisions : Ans, Morad, Zobeid, Nekhâa, les Achâri , les Beni- ‘l-Hareth-Ibn-Kâb , puis la tribu de Taï et celle de Lakhm avec leurs diverses branches , et enfin celle de Kinda avec ses rois (du Yemen)’.

Vue aérienne du temple de Mahram saba Belqis (redicecreations.com).
Vue aérienne du temple Mahram de Saba Belqis , de l’ancienne royaume Yéménite de Himyar, Yémén.

Un autre peuple yémenite qui prêta son appui à l’Islam fut celui formé par les tribus descendues de Codàa , chef qui eut pour aïeul Himyer, fils de Seba.

Les différentes branches et familles de toutes ces tribus ainsi que de leurs confédérés , y participèrent également.

Mais, en s’appuyant sur le peuple arabe , l’empire musulman consuma les forces de toutes ces tribus : les unes périrent aux postes avancés , sur la frontière ennemie , et les autres succombèrent dans des pays éloignés , ou dans ces grandes batailles dont on garde encore le souvenir.

On ne trouve plus dans le Désert un seul de leurs campements hospitaliers; pas une de leurs familles ne stationne maintenant dans les pâturages; il n’en existe plus une qui soit connue et dont on puisse citer le nom.

Il est disparu ce noble esprit qui obligeait le patron à répondre des forfaits commis par ses clients ; il est disparu aussi cet esprit de corps qui portait tous les membres de la nation à se soutenir entre eux.

De ces anciennes tribus il ne reste plus que les noms, et encore ne les rencontre-t-on que dans les généalogies de quelques individus qui mènent une vie obscure , éparpillés dans les villes de l’empire (l’ancien califat Omeyyade : al-Umma islamiya), derniers débris d’un grand peuple , maintenant dispersé et perdu dans la foule.

Ces malheureux, tenus dans l’avilissement, sont les humbles serviteurs des émirs: semblables aux vils troupeaux , ils obéissent à la baguette du maître , ou bien ils exercent quelque métier pour vivre.

L'Occident sous les berbères Almohades et l'Orient sous les Kurdes Ayyoubides
L’Occident sous les berbères Almohades et l’Orient sous les Kurdes Ayyoubides, Turcs Artukides,Seljoukides,Atabeg,Danishmed, et Khawarezm-shah toutes non-arabe, mise à part le rôle nominal du calife Abbasside en iraq sous la tutelle des Turcs Seldjoukides.

Une autre race était devenue l’appui de l’état et de la religion ; d’autres mains avaient recueilli la puissance et l’autorité ; d’autres patrons s’étaient chargés d’encourager les sciences et les arts.

Ainsi, du côté de l’Orient (al-Mashreq), les Deilemites, les Seldjoukides, les Kurdes, les Ghozz et les Turcs, peuples d’origine étrangère ( al-Ajam = non-arabe), ont successivement exercé leur domination dans l’empire musulman, jusqu’à nos jours.

Il en est de même dans l’Occident (al-Maghreb), où les zenata et les autres peuples berbères se sont alternativement emparés du pouvoir, et le conservent encore , ainsi que nous le raconterons dans cet ouvrage.

Rub al-Khali,  desert en Arabie Saoudite
Rub al-Khali, desert en Arabie Saoudite

Quant aux tribus arabes qui avaient autrefois joui de l’autorité, la majeure partie a péri, et leur souvenir a disparu avec elles.

Toutefois, un débris de ce peuple est toujours resté dans le Désert, où il s’adonne à la vie nomade.

Fortement attachées à leurs lieux de parcours, ces peuplades ont conservé la rudesse des mœurs et les habitudes agrestes qui naissent de la vie pastorale : elles ne se sont pas jetées dans l’abîme du luxe ; elles ne sont pas allées se noyer dans l’océan de la mollesse, et elles n’ont pas voulu s’établir dans des demeures fixes ni s’ensevelir dans des villes.

Aussi, un de leurs poètes a dit : « Qui peut trouver du plaisir à vivre dans une ville? quel homme du Dèsert s’est jamais livré à la mollesse ? »

Et le poète El-Moténebbi a reproduit le même sentiment dans une pièce de vers composée en l’honneur de Sayf al-Dawla at-Taghlibi (le Hamdanide); il dit, en parlant des Arabes dont ce prince avait châtié les brigandages :

« Nourris dans le Désert, ils effrayaient les princes qui, semblables aux herbes aquatiques, ne savaient vivre sans eau. Ils osèrent vous provoquer , vous qui, dans le Désert, dirigez votre course mieux que le Cata ( Le cata (tetrao alchata) dépose ses œufs dans le Désert et va à de très-grandes distances pour visiter les sources où il a l’habitude de se désaltérer. Jamais, disent les Arabes, il ne se trompe de chemin.) ne dirige la sienne! vous qui établissez vos tentes dans les solitudes éloignées où les autruches mêmes ne s’aventurent pas pour y faire leurs nids. »

Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier '705-715)
Le califat Omeyyade de Damas en 712 jc sous le calife al-Walid ier (705-715), les armées Omeyyades étais composé d’arabes yéménites et adnanites, mené par des chefs arabes (issue de la noblesse ou des clients de la noblesse) 

 Les tribus dont nous parlons se sont établies dans les déserts méridionaux de l’Occident et de l’Orient : en Afrique, en Syrie, dans le Hidjaz, en Iraq et en Kirman (actuel  Iran) .

Elles y mènent le même genre de vie que celui auquel leurs ancêtres, les descendants de Rebiâ, de Moder et de Kehlan, s’étaient adonnés dans les temps antérieurs à l’Islam.

Pendant qu’elles s’y multiplièrent, l’empire arabe-musulman se désorganisa et tomba enfin dans la décrépitude qui l’attendait.

Alors plusieurs familles de race étrangère (non-arabe), habitants des contrées de l’Orient et de l’Occident, atteignirent à la puissance et entrèrent au service de l’État.

Ces nouveaux alliés obtinrent (des arabes) en récompense de leur dévouement le commandement des tribus dont ils faisaient partie, et reçurent des apanages composés de villes ou de certaines portions de la campagne et du Tell ( les hauts plateaux ).

Favorisées de la sorte, ces familles s’élevèrent au rang de nations, et dominèrent par leur nombre les autres peuplades de la même origine.

L’autorité dont elles étaient revêtues leur donna le moyen de se constituer en dynasties, et, à raison de cette circonstance , leur histoire mérite de prendre place avec celle des Arabes, leurs prédécesseurs.

La langue arabe, telle qu’on la parlait dans la tribu de Moder , et qui, dans le Coran, offre une excellence de style qu’aucun effort humain ne saurait atteindre, s’est corrompue chez les Arabes de nos jours.

Ils en ont altéré les inflexions grammaticales, en se laissant aller aux solécismes, bien que primitivement ils en eussent employé les formes correctes.

Ces altérations étant des barbarismes (adjema), ceux qui se les permettent méritent l’appellation d’Arabes mostadjem.

Carte montrant la zone d'instalation (des decensdants) des tribus bédouines
Carte montrant la zone d’installation (des descendants) des tribus bédouines et  des pays avec  une population  de nos jours avec  plus de 10 000 bédouins dans le pays  

Nous allons maintenant nous occuper des tribus arabes qui habitent encore l’Orient et l’Occident ; nous ferons une mention particulière de celles qui se sont adonnées à la vie pastorale ou qui ont acquis de l’illustration par leur puissance; mais nous passerons sous silence les noms des peuplades qui se sont incorporées dans d’autres tribus.

Nous reprendrons ensuite les tribus qui ont passé dans le nord de l’Afrique, et nous en donnerons l’histoire détaillée.

Car il ne faut pas croire que les Arabes nomades aient habité ce pays dans les temps anciens : ce fut seulement vers le milieu du cinquième siècle de l’hégire que l’Afrique fut envahie par les bandes de la tribu de Hilal et de celle de Soleim.

Dès leur arrivée, elles eurent des relations avec les gouvernements établis dans ce pays ; et comme leur histoire se lie ainsi à celle des puissances qui y ont régné, nous devons nécessaire ment la traiter à fond.

Jusqu’à l’époque que nous venons d’indiquer, les Arabes nomades n’avaient pas eu de stations au-delà de Barqa, province où les Beni-Qorra , branche de la tribu de Hilal-Ibn-Amer , étaient venus s’établir.

Les Beni-Qorra figurent dans l’histoire des Fatimides ; et l’on connaît les circonstances de leur révolte, lors du règne d’El-Hakem (al-Hakim al-Fatimi), quand ils proclamèrent khalife un descendant des Omeyyades andalous, nommé Abou-Raqoua  (Abu Raqwa al-Umawi).

Nous avons indiqué cet événement d’une manière sommaire dans notre chapitre sur les Fatimides .

Les régions de l'empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah et al-Ifriqiya
Les régions de l’empire fatimide, al-Hijaz, al-Sham, al-Misr, al-Barqah, al-Siqiliya et al-Ifriqiya

Quand les Hilal et les Soleim passèrent en Afrique (al-Ifriqiya), ils se réunirent aux Beni-Qorra, établis alors aux environs de Barqa.

Ils partirent ensuite avec eux pour l’Afrique septentrionale , comme nous le raconterons plus loin, en traitant de l’entrée des Arabes nomades en Ifrîkïa et en Maghreb.

Toutefois, les Beni- Djâfer ont continué, jusqu’aux temps actuels, à occuper leurs anciennes stations près de Barqa.

Vers le milieu de ce siècle, le huitième de l’hégire, ils eurent pour chefs Abou-Dîb et son frère Hamed, fils de Kemîl.

Ils se donnent une origine arabe, disant tantôt qu’ils descendent de Kâb-Ibn-Soleim , aïeul d’une tribu qui forme une branche de celle d’El-Azza, et tantôt, qu’ils appartiennent à la tribu de Héïb ou à celle de Fezara.

Mais la vérité est qu’ils sortent de la famille des Mesrata, branche de la tribu berbère de Hoouara.

Je tiens ce renseignement de plusieurs de leurs généalogistes.

Plus loin, entre Barqa et El-Acaba-el-Kebîra », se trouvent les Aulad-Selam, et entre ce dernier lieu et Alexandrie habitent les Oulad-Mocaddem.

Ceux-ci forment deux branches, celle des Oulad-at-Torkïa et celle qui renferme les Faïd, les Mocaddem et les Selam.

Peinture d'al-Qasr al-Fatimi d'Ajdabiya dans la province de Barqa dans l'actuelle Libye.  En 912 les  fatimides sous Ubayd Allah al-Mahdi  ont piller et détruit la ville et en l'an 362 de l'hégire (973), Muizz-li-din-allah al-Fatimi  le fils d'Ubayd Allah le fondateur de la dynastie fatimide, séjourna à Ajdabiya dans un palais et une mosquée qui fut spécialement construit pour lui. Lors de son passage il ordonna la construction de citernes pour ramasser l'eau de pluie.
al-Qasr al-Fatimi d’Ajdabiya dans la province de Barqa dans l’actuelle Libye. En 912 les fatimides sous Ubayd Allah al-Mahdi ont piller et détruit la ville et en l’an 362 de l’hégire (973), Al-Muizz-li-din-Allah al-Fatimi le fils d’Ubayd Allah ‘fondateur de la dynastie fatimide, séjourna à Ajdabiya dans un palais et une mosquée qui fut spécialement construit pour lui.

Ils font remonter leur origine à Lebîd qui, selon quelques- uns d’entre eux, fut fils de Hîna, fils de Bitter, fils de Kilab, fils de Rebiâ, fils d’Amer.

Quelques-uns encore disent que Mocaddem, l’aïeul de la tribu du même nom, fut fils d’Azaz, fils de Kâb, fils de Soleim ; mais, j’ai appris de Selam, chef des Aulad- et-Torkïa , que les Mocaddem descendent de Rebiâ-Ibn-Nizar, tribu très-illustre de l’Arabie.

Avec ces peuplades se trouve aussi la tribu de Mohareb.

Elle prétend descendre de Djâfer , fils d’Abou-Taleb, gendre de Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui); mais on assure que c’est de Djafer-Ibn-Kilab qu’elle tire son origine.

On y rencontre de plus la tribu de Rouaha, branche, soit de celle de Zobeid, soit de celle de Bitter.

Les familles nomades qui font partie de ces tribus se rendent vers le midi, jus qu’aux Oasis (Ouahat), pour y prendre leurs quartiers d’hiver.

Ibn-Saîd dit :

« Parmi les descendants de Ghatafan , il se trouve à Barqa (al-barqa), les Héïb, les Rouaha et les Fezara ; », les faisant ainsi appartenir à la tribu de Ghatafan ; mais Dieu sait si cela est exact !!

L'Egypte sous les- Fatimides, Ayyoubides et, Mameluks
L’Egypte sous les- Fatimides, Ayyoubides et, Mameluks

Dans la province d’El-Bahîra , entre Alexandrie et le vieux Caire, on rencontre plusieurs peuplades nomades (berbères).

Elles s’y arrêtent pour faire leurs semailles ; mais , à l’approche de l’hiver, elles passent dans les environs de l’Aqaba et de Barqa.

Elles appartiennent aux tribus berbères de Mezata , Hoouara , et Zenara : cette dernière est une branche de celle des Louata.

Ces nomades paient une taxe au gouvernement pour la permission de cultiver la terre.

Un nombre considérable d’autres familles , tant arabes que berbères, sont venues se fondre avec eux.

Dans le Saïd (la Haute-Egypte ) se trouvent plusieurs tribus arabes descendues de Hilal et de Kilab Ibn-Rebiâ .

Elles ont des chevaux pour montures et vont toujours armées.

Bien qu’elles s’adonnent à l’agriculture et paient l’impôt (kharadj) au sultan , elles se livrent à des querelles et à des guerres intestines telles qu’on n’en voit pas parmi les tribus du Désert.

La Nubie et le sud egyptien
La Nubie et le sud-égyptien

Dans le Saïd supérieur , depuis Syène jusqu’à la Nubie, et de là jusqu’à l’Abyssinie , se trouvent des tribus nombreuses et des familles isolées, appartenant toutes à la tribu arabe de Djoheina , branche de celle de Codâa.

Elles pullulent dans les déserts de ce pays, et elles ont conquis les contrées habitées par les Nubiens.

Elles serrent de près les Abyssiniens et partagent avec eux la jouissance des terrains limitrophes.

Parmi ces tribus , celle qui habite les environs de Syène s’appelle les fils de Kenz-Ed-Dola (Banu al-kanz al-dawla), personnage qui acquit une certaine célébrité par sa longue lutte avec le gouvernement (fatimide) égyptien ‘.

Depuis Syène jusqu’à Cous , le pays est habité par les Beni-Kenz et les Beni-Djâfer-Ibn-Abi-Taleb.

Ceux-ci vinrent s’y établir lors de leur expulsion du territoire de Médine par les Beni-‘l- Hocein.

Les Beni-Djâfer sont connus parmi leurs voisins sous le nom des Chérifs Djaférides.

Ils s’adonnent principalement au commerce.

Fort croisé d'Aqaba en Jordanie 12e  siècle
Fort croisé d’Aqaba en Jordanie 12e siècle, sur le site d’Ayla construite en 650 par le calife Uthman ibn Affan radi Allah anhu. 

Au midi du vieux Caire et de là jusqu’à l’Acabat Aila (al-Aqqaba-Ayla en Jordanie) , se trouvent des tribus descendues de Djodam par la branche d’Aïd.

Elles se chargent d’escorter les voyageurs qui traversent ces contrées, et en récompense de leurs services, elles tiennent du sultan certains fiefs dont elles ont la pleine jouissance.

Plus à l’Orient , du côté d’El-Kerek ‘ , on rencontre des tribus sorties de celle d’Oqba , autre branche des Djodam.

Elles s’adonnent à la vie nomade et poussent leurs courses jusqu’à Médine.

On les a chargées de protéger les voyageurs qui traversent leur territoire.

Dans les pays qui s’étendent derrière Aïla jusqu’à El-Azlem », se trouve la tribu de Bela , branche des Qodâa .

Al-Hijaz, Arabie saoudite
Al-Hijaz, Arabie saoudite

Depuis El-Azlem jusqu’à El-Yenbô (en Arabie), sur la Mer-Rouge, le pays est habité par des tribus appartenant à la grande famille de Djoheina ; et depuis El-Yenbô jusqu’à Bedr, on trouve la tribu de Zobeid, branche des Medhedj.

Les Zobeid sont les alliés et confédérés des Beni- ‘l-Hacen , émirs de la Mecque (Au commencement du quatrième siècle de l’hégire, la famitle des Beni-Hoceio et celle des Beni-Djâfer, toutes les deux descendues d’Ali radi Allah anhu, gouvernaient la Mecque.

Peu de temps après, les Beni-Djâfer furent expulsés de la ville par les Beni-Hocein et allèrent se fixer entre la Mecque et Médine.

Chassés de là par les Beni-Harb, ils s’embarquèrent pour la Haute-Egypte où ils ont depuis continué à demeurer..

Depuis la Mecque jusqu’à El- Mehdjem, sur la frontière du Yémen, se trouvent les Beni-Chôba , descendants de Kinana.

Entre El-Kereket Gaza, à l’Orient de cette dernière localité, on rencontre les tribus issues de Djerm, un des descendants de Codâa.

Famille de bédouin  dans le Wadi Mussa dans le desert Syrien
Famille de bédouin dans le Wadi Mussa dans le desert Syrien

Elles sont très-nombreuses, et leurs chefs très-puissants.

Ils tiennent du sultan certains fiefs à la condition de faire le service militaire et de protéger les voyageurs.

En hiver, ces tribus mènent leurs troupeaux à Mân  et dans les bas pays de la province du Nedjd , auprès de Teima.

Immédiatement à côté d’eux, et dans la Syrie, on trouve les Beni-Haretha-Ibn-Sinbis et la tribu appelée Al-Mera (famille de Mera) , branche de celle de Rebiâ et sœur de celle des Al-FadI.

Les princes de la famille de Fadl régnent sur les déserts de la Syrie, de l’Iraq et du Nedjd.

J’ai appris d’un des émirs de la tribu de Haretha que Sinbis est une branche de la grande tribu de Taï.

(..)

Les arabes du Khorassan d'Iran et Afghanistan sont issue des migrations sous les Omeyyades mais principalement sous les Abbassides  la plus part des arabes-khorsaniens sont issu des tribus des Banu Sheyban, Banu Zangooy, Banu Mishmast, Baznu Assad ibn Khozaima, et Banu Azd. Les arabes duy Khorasan parle aussi le persan, leurs villes pricipales sont : Birjand, Mashhad, et Nishapur en ce qui concerne l’Iran.
Les arabes du Khorassan d’Iran (aussi d’Afghanistan) sont issue des migrations sous les Omeyyades mais principalement sous les Abbassides la plus part des arabes-khorassaniens sont issu des tribus des Banu Sheyban, Banu Zangooy, Banu Mishmast, Baznu Assad ibn Khozaima, et Banu Azd. Les arabes du Khorasan parle aussi le persan, leurs villes principales sont : Birjand, Mashhad, et Nishapur (en ce qui concerne l’Iran.) 

 

Quant aux descendants de Rebiâ , ils ont traversé les provinces de Fars (Perse) et de Kirman ( province du meme nom en Iran) et font paître maintenant leurs troupeaux entre ce dernier pays et Khoraçan (provinc d’Iran et d’Afghanistan du même nom).

Un très-petit nombre d’entre eux est resté dans l’Iraq et s’est établi à El-Bataïh.

Les Beni-Meïah, une de leurs familles, se regardent comme parents des Kerfa (ont retrouve des Mouia et Kerfa entre Mila et Annaba en Algerie).

Avec eux habite un mélange de familles sorties des grandes tribus d’Aws et de Khazraj ..

L’émir actuel de la tribu de Rebiâ s’intitule le Cheikh Ouéli , et celui des Aous et Khazredj porte le nom de Taher-Ibn-Khidr.

Voilà les renseignements qu’après les recherches les plus diligentes, nous sommes parvenus à réunir sur l’état actuel des tribus arabes de la troisième catégorie qui habitent l’Orient.

Manuscrit autographe d’Ibn Khaldoun (coin supérieur gauche). De MS. C (Atif Effendi 1936). Islamic Philosophy Online.
Manuscrit autographe d’Ibn Khaldoun (coin supérieur gauche). De MS. C (Atif Effendi 1936). Islamic Philosophy Online.
Biographie de l’auteur :

Ibn Khaldoun, en arabe ابن خلدون (ibn khladoun), de son nom complet Abou Zeid Abd ur-Rahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami(né le 27 mai 1332 à Tunis et mort le 17 mars 1406 au Caire), est un historien, philosophe, diplomate et homme politique arabe. Sa façon d’analyser les changements sociaux et politiques qu’il a observés dans le Maghreb et l’Espagne de son époque a conduit à considérer Ibn Khaldoun comme un « précurseur de la sociologiemoderne ». Ibn Khaldoun est aussi un historien de premier plan auquel on doit la Muqaddima (traduite enProlégomènes et qui est en fait son Introduction à l’histoire universelle et à la sociologie moderne) et Le Livre des exemples ou Livre des considérations sur l’histoire des Arabes, des Persans et des Berbères. Dans ces deux ouvrages résolument modernes dans leur méthode, Ibn Khaldoun insiste dès le début sur l’importance des sources, de leur authenticité et de leur vérification à l’aune de critères purement rationnels. Georges Marçais affirme que « l’œuvre d’Ibn Khaldoun est un des ouvrages les plus substantiels et les plus intéressants qu’ait produit l’esprit humain ».

Ibn Khaldoun de son nom Abou-Zeid-Abd-er-Rahman, surnommé Wéli-‘d-Dîn (ami de la religion), fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils de Mohammed, fils d’El-Hacen, fils de etc., etc., fils de Khaldoun’, appartenait à une noble famille arabe dont l’aïeul, Waïl-Ibn- Hodjr, prince de la tribu qahtanite de Kinda, avait embrassé l’islam dans la dixième année de l’hégire *. Les Kinda habitaient alors le Hadramawt, province située dans le Sud de la Péninsule arabique. Khald, surnommé Khaldoun, huitième descendant de Ouaïl, passa en Espagne avec un détachement de troupes tirées du Hadramawt, et se fixa dans Carmona. Vers le milieu du troisième siècle de l’hégire, sa famille alla s’établir à Séville, et pendant longtemps elle fournit à l’Espagne musulmane une suite de généraux habiles et de savants distingués.

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