Le califat par al-Maqrizi (1364-1442) tiré de l’Histoire de l’Egypte ».

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Les trois portes du Masjid an-Nabawi à Medine
Les trois portes du Masjid an-Nabawi à Medine

Le califat par al-Maqrizi tiré de l' »Histoire de l’Egypte ».

PRÉFACE d’al-Maqrizi (1364-1442)

Au nom du Dieu clément et miséricordieux.

Je n’ai pas d’autre assistance que celle d’Allah et je me remets entre ses mains !

Dis : Allah possède la toute puissance ; c’est par sa volonté que l’autorité vient aux hommes et c’est sa volonté qui la leur enlève.

Il glorifie ou abaisse celui qu’il lui plaît d’élever ou d’abaisser; il change le bonheur en larmes et sa toute puissance s’étend sur toutes choses.

Il fait succéder la nuit au jour et le jour à la nuit ; il fait sortir la vie de la mort, et la mort de la vie, il donne à qui il veut, sans compter, son pain quotidien.

Louange à Allah qui est un dieu sage, un dieu puissant, un roi omnipotent et victorieux, qui donne à celui qui est faible et méprisé, qui humilie la vanité du puissant et du riche, qui élève l’homme humble et obscur, qui humilie l’homme puissant et noble, qui glorifie celui qui est méprisé et honni, qui dérobe le fugitif à la vue des hommes qui le poursuivent, qui humilie ceux qui sont armés de lois inexorables ou qui possèdent de nombreux soldats, ceux qui font flotter au-dessus de leur tête les étendards et les drapeaux[12] et ceux qui commandent aux armées et aux troupes.

Reproduction de la mosquée du prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) à Medine.

Il donne sa puissance à celui qui n’est rien, dont on ne connaît ni les pères ni les ancêtres, mais qui se conforme dans sa conduite aux désirs de son Maître et qui est utile à son prochain, à celui que les gens haïssent et pour qui personne n’a de considération, à celui qui ne peut faire rien qui soit utile à lui-même et encore bien moins à un autre que lui, qui est incapable d’écarter le mal et les calamités qui fondent sur lui par suite de sa faiblesse et de l’obscurité dans laquelle il vit.

Il enlève l’empire à celui que les plus méchants redoutent au milieu de leurs ruses, à celui devant qui s’humilie l’insolence des guerriers malgré leur dureté et leur cruauté, aux pieds duquel se prosternent les plus braves soldats.

Le lieu de naissance du prophète Muhammad paix et bénédiction d'Allah sur lui
Le lieu de naissance du prophète Muhammad paix et bénédiction d’Allah sur lui

Louange à Dieu pour ce qu’il refuse et pour ce qu’il donne, pour les épreuves qu’il envoie à l’homme, pour les souffrances, les malheurs et la médiocrité dans lesquels il le fait vivre, pour les bienfaits et les dons dont il gratine ceux qui louent sa Gloire.

C’est dans sa main qu’est la puissance sur toute chose et c’est vers lui que nous retournerons.

Il n’y a pas d’autre divinité qu’Allah, l’Unique, le Seul, l’Isolé, l’Éternel, qui n’a pas été enfanté et qui n’a pas engendré, il n’a pas d’égal. Allah est grand.

La tombe de Hamza radi Allah anhu à Janat al-Mualla à la Mecque
La tombe de Hamza radi Allah anhu à Janat al-Mualla à la Mecque

Les hommes ne saisissent de sa science que ce qu’il a bien voulu leur en dévoiler ; son trône s’étend sur la terre et sur les cieux ; l’intelligence ne peut aller jusqu’à concevoir sa grandeur, et c’est lui qui a instruit les prophètes et les envoyés.

Qu’Allah prie sur notre prophète Mohammed par la main de qui il a fait disparaître du monde les Khosroès qui associaient à Dieu d’autres divinités, qui a renversé par sa loi l’empire des Césars de Rome, qui a anéanti les religions dans lesquelles les hommes adoraient des idoles et des statues, qui a détruit les temples du feu, qui a réuni autour de lui les princes des Arabes qui, avant cette époque, étaient dispersés dans leur presqu’île.

Quand Allah (louanges lui en soient rendues!) m’eut permis d’achever le « Livre des Colliers des perles des écrins sur l’histoire de la ville de Fostat » et le livre intitulé les « Enseignements réservés aux orthodoxes sur l’histoire des khalifes (fatimides) », tous les deux traitant des souverains d’Egypte, des émirs et des khalifes, des événements qui se sont passés sous leurs règnes depuis les temps de la conquête jusqu’à l’époque de la chute de la dynastie fatimide, je me suis plu à continuer ce récit par l’histoire des souverains d’Egypte qui ont régné après eux, tant des souverains Kurdes ou ayyoubides, que des Sultans Mamlouks, Turcs et Circassiens, dans un livre dans lequel se trouve racontée leur histoire, où l’on expose leurs institutions ainsi que la plupart des événements qui se sont passés à leur époque, sans distinguer entre les biographies et les obituaires.[13]

Je me suis tenu à un juste milieu entre une narration trop développée et un récit trop succinct, et j’ai intitulé cet ouvrage « Le livre de l’introduction à la connaissance des dynasties royales » (Kitab as-soloûk-li-ma’rifat-douval-al-moloûk).

L'empire Romain Byzantin d'Orient et l'empire Sassanide en 610
L’empire Romain Byzantin d’Orient et l’empire Sassanide en 610

INTRODUCTION HISTORIQUE

I TABLEAU DU MONDE AVANT L’ÉTABLISSEMENT DE L’ISLAM.

Il faut savoir qu’avant la venue de notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui accorde le salut !), tous les habitants de la terre, tant dans les pays de l’ouest que dans l’est, étaient répartis en sept grandes nations:[14]

Les Sin (Chinois) au sud-est (djanoûb-mashrek) de la terre.

Les Hindous au sud franc (wasit djanoûb).

Les Nègres (Soudan) au sud-ouest (djanoûb-maghreb).

Les Berbères au nord-ouest (shamal-maghreh).

Les Roumis au nord franc (wasit-shamal).

Les Turks au nord-est (shamal-mashrek).

Les Persans au milieu de ces six nations qui les entouraient de toutes parts.

Dans les temps anciens, avant l’apparition de la loi musulmane, ces différents peuples ne formaient qu’une seule nation que l’on appelait de deux noms, les Samanéens et les Chaldéens ; ils se séparèrent ensuite en cinq groupes religieux : les Sabiens, les Mages, les Polythéistes, les Juifs et les Chrétiens.

Les Sabiens[15] adoraient les étoiles ; ils pensaient que tout ce qui se trouve dans ce monde inférieur, que les créatures traversent dans la vie actuelle, a été produit par les étoiles.

Ils croyaient également que c’était du soleil qu’émanait tout ce qui se produit dans le monde.

Cette religion est la plus ancienne de toutes, c’était celle des habitants de Babylone (Babil) qui étaient Chaldéens; Allah leur envoya comme prophètes Nouh et Ibrahim (que les prières d’Allah soient sur eux deux!).

Le château Saint-Gilles (en arabe قلعة طرابلس), aussi appelé forteresse est une forteresse située à Tripoli, au Liban, construite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur un site fortifié par les Arabes du califat Rashidun par le général . Sefyan bin al Moujib al-Azadi en 636 En effet, lorsqu'Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n'est prise qu'en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l'écart de la ville d'un petit fort destiné à les observer6.
Le château Saint-Gilles ,  située à Tripoli, au Liban, fut reconstruite en 1103 par le comte Raymond IV de Toulouse sur un site fortifié par les Arabes du califat Rashidun notamment par le général Sufyan ibn Moujib al-Azadi en 644.  En effet, lorsqu’Omar ibn al-Khattâb envahit la Syrie en 641, la ville, alors byzantine, oppose une âpre résistance. Elle n’est prise qu’en 644 après la fuite par la mer des habitants qui échappent à la surveillance des Musulmans malgré la construction à l’écart de la ville d’un petit fort destiné à les observer.

Les Sabiens faisaient des idoles de pierres précieuses et de métaux auxquelles ils donnaient le nom des étoiles.

Ils adoraient ces idoles, leur adressaient leurs prières, leur faisaient des sacrifices pour se les concilier, croyant qu’ils en tiraient un bénéfice et qu’elles éloignaient le mal d’eux.

Quelques restes de ces Sabiens vivent aujourd’hui dans le Sawad de l’’Irak, à Harrân et à ar-Rohâ (Édesse).

Ils ont embrassé l’Islam et sont connus sous les noms de Nabatéens et de Djarnaniens ; ils n’ont plus aujourd’hui d’autonomie depuis que les Persans les ont vaincus.

C’est sous le règne de al-Mamun (fils d’Haroun al-Rashid l’Abbasside), qu’ils abandonnèrent leur nom de Chaldéens pour prendre celui de Sabiens.

Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d'Allah sur lui)
Reproduction de la maison du prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)

Les Mages disaient qu’il y avait deux dieux, le premier, auteur du bien[16] était la Lumière et l’autre, auteur du mal, était les Ténèbres.[17]

On les appelait également les Dualistes.

Ils construisirent pour ces dieux des pyrées dans lesquels le feu brûlait continuellement.

C’était à ces feux qu’ils adressaient leurs prières et qu’ils offraient leurs sacrifices, et ils croyaient que ces dieux étaient la source du bien et du mal.

Cette religion était celle des Khosroès, rois de Perse dans l’Irak.

L’Envoyé d’Allah (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut!) naquit sous le règne de Kesrâ Anoushirvân.

Les Arabes anéantirent l’empire des Khosroès pendant le khalifat du Commandeur des Croyants, ‘Omar ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui!), ils leur prirent al-Madaïn, Djaloula ainsi que d’autres villes.

Le dernier de leurs souverains, Yezdedjerd fut tué sous le khalifat du Commandeur des Croyants ‘Othman ibn ‘Affân (qu’Allah soit satisfait de lui !)

Aucun Khosroès ne régna après lui; les Persans furent dispersés et leur royaume est resté anéanti jusqu’à aujourd’hui.

J’ai parlé déjà des rois de Perse dans mon livre des « Colliers des perles des écrins » ; j’y renvoie pour plus de détails.

Chambre de Halimah (رضي الله عنها) où Rasoolullah (صلى الله عليه وسلم) a passé son enfance
La Chambre de Halimah (رضي الله عنها) où Rassoul Allah (صلى الله عليه وسلم) a passé son enfance

Les Polythéistes ou Associateurs, tout comme les Sabéens et les Mages, adorent des idoles et des feux au lieu d’adorer Allah.

Les Arabes, auxquels Allah envoya notre prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !) les appelèrent les Polythéistes (al-moushrakin) et ce nom leur resta.

Ils adoraient des idoles, des statues et des représentations de divinités au lieu d’adorer le vrai Dieu.

Ils se prosternaient devant elles, leur adressaient leurs prières et leur offraient des sacrifices.

Ces idoles étaient faites de pierres, de bois et d’autres substances. Ils étaient persuadés que c’était d’elles que leur venait tout profit et qu’elles détournaient le mal qui aurait pu les atteindre.

Les Polythéistes (ou Associateurs) croyaient que c’est le Dieu très haut qui les a créés, qui les fait exister et ensuite les fait mourir et qui leur donne leur pain de chaque jour.

Ils étaient persuadés que leur adoration des idoles était pour eux le moyen de se rapprocher de lui; quand ils se trouvaient en péril sur mer par suite de la violence du vent et de la force des vagues et qu’ils étaient en danger de mort, ils élevaient des idoles qu’ils adoraient et suppliaient Dieu de les sauver.

Allah (louanges lui en soient rendues !) anéantit cette hérésie au milieu des Arabes par la main de notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !)[18] et ils entrèrent successivement dans la loi de l’Islam.

l'Expulsion finale des non-musulmans d'Arabie sous Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu
l’Expulsion finale des non-musulmans d’Arabie sous Omar ibn al-Khatab radi Allah anhu en 642

Ils ne voulurent pas reconnaître le vrai Dieu jusqu’au moment où l’Islam triompha de toutes les autres religions et où les Arabes eurent conquis l’Orient et l’Occident de la terre, tous les pays que foulèrent le pied de leurs coursiers et tous les rivages auxquels abordèrent leurs navires.

Nous avons suffisamment parlé dans notre livre des « Colliers de Perles des écrins sur l’histoire de la ville de Fostat », des tribus arabes et de leurs subdivisions.

Les Juifs sont les sectateurs de Moussa, fils d’Amrân (que les prières d’Allah soient sur lui!). Leur livre sacré s’appelle la Thora ; ils sont tous fils d’Ibrahim, l’ami d’Allah. Ils sont aussi connus sous le nom de Bènou Isrâil, (Israélites); Israil étant Yakoub, fils d’Ishak, fils d’Ibrahim (que les prières d’Allah soient sur eux!).

Ils formaient douze tribus et ils possédèrent la Syrie tout entière, moins une petite portion jusqu’au moment où leur empire fut détruit par Bokht-en-Nasr, puis par Titus (Titis).

Quand Allah eut révélé l’Islam, ils perdirent leur puissance et leur empire ; ils furent dispersés dans les diverses contrées de la terre et ils passèrent sous la domination des Chrétiens. Nous avons de même mentionné tous leurs rois dans notre livre des « Colliers des perles des écrins ».

Les Chrétiens suivent la loi du Messie, fils de Dieu, ‘Isa, fils de Mariam (que les prières d’Allah soient sur lui!)

Leur livre saint se nomme l’Évangile (al-Indjil). Allah envoya le Messie aux fils d’Israël qui, sauf quelques-uns, le traitèrent d’imposteur.

Sa religion se répandit après qu’il fut monté au ciel.

Zénobia-Halabiyé (en arabe : qala'a al-ḥalābiyā, قلعة الحلابيا) C’est sans doute en raison de l'intérêt géostratégique du site que Zénobie doit sa fondation, vers 266 ap. J.-C., par la fameuse reine de Palmyre, Zénobie qui lui donna son nom, et son époux Odénat, afin de contrôler cette passe, face aux Perses Sassanides de Shapur Ier, toujours menaçants vis-à-vis de l’Empire romain, dont Palmyre était l’un des garants. Elle ne fut sans doute longtemps qu’un fortin ou plutôt une petite ville, qui, après la prise de Palmyre en 273 par l’empereur Aurélien, venu restaurer son autorité face à la rébellion de Zénobie,
La forteresse Zénobia-Halabiyé (en arabe : qala’a al-ḥalābiyā, قلعة الحلابيا) en Syrie  ce fut la reine arabe  Zénobie  qui la fonde , vers 266 ap. J.-C., alors reine de Palmyre, et qui lui donna son nom Zenobie,  afin de contrôler cette passe, face aux Perses Sassanides de Shapur Ier, toujours menaçants vis-à-vis de l’Empire romain, dont Palmyre était l’un des garants.

Les Romains, les Coptes, les Abyssins et un certain nombre d’Arabes embrassèrent cette religion et ils la conservèrent jusqu’au moment où Allah révéla l’Islam.

Les Musulmans, tant compagnons du Prophète que ceux qui vinrent ensuite (qu’Allah soit satisfait d’eux tous!), combattirent contre Heraclius, le dernier de leurs rois et contre ses vassaux; ils lui enlevèrent la Syrie, l’Egypte et ils les forcèrent à se réfugier dans les îles de la mer.

Les Musulmans livrèrent ensuite la bataille de Djellaka et conquirent de même sur les Chrétiens, l’Afrique (Ifriiya), l’Espagne (Andalous) et tous les pays du Maghreb ; ils portèrent la guerre et le massacre jusque dans le pays des Roum et ils détruisirent leur empire auquel succéda celui des Francs.

Nous avons déjà raconté dans notre livre des « Colliers des perles des écrins » et dans le livre intitulé « Exhortations et explications sur la topographie et les monuments anciens[19] », toutes les guerres qui eurent lieu entre les Roumis, les Francs et les Musulmans.

A notre époque, ces rois des Francs, leurs sujets, ainsi que la plupart des rois d’Abyssinie et de leurs peuples, suivent toujours la religion chrétienne.

La bataille de Badr
La bataille de Badr

Allah a effacé ces religions de la face de la terre quand il a envoyé notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut!). A cette époque, le monde était divisé en cinq empires : le royaume de Perse ; le souverain de ce pays se nommait Khosroès ; le royaume de Roum dont le souverain était appelé Kaisar ; ce royaume fut en guerre continuelle avec le royaume de Perse, les souverains de ces deux pays ont élevé de nombreux monuments; le royaume des Turks, dont les souverains firent la guerre aux Persans, mais les chroniques des Khalifes ne nous apprennent pas qu’ils aient triomphé d’eux;[20] le royaume de l’Inde, les souverains de ce pays se bornèrent à garder ce qui leur appartenait et le royaume de Chine.[21]

Quant aux fils de Cham, Abyssins, Zendjs et Berbères, ils n’avaient point de royaume qui put compter.

Les étapes du Califat Rashidun jusqu'à Uthman bin Affan radi ALLAH anhu
Les étapes du Califat Rashidun jusqu’à Uthman ibn Affan radi ALLAH anhu

I LE KHALIFAT.

Sache qu’Allah donna sa mission à notre Prophète Mohammad (qu’Allah prie sur lui et lui donne le salut !) à l’âge de quarante ans.

Il prêcha les Koraïchites à la Mecque durant treize années et il s’enfuit ensuite de la Mecque à Médine où il demeura pendant dix ans.

Allah le rappela à lui à l’âge de soixante-trois ans.

Nous avons déjà raconté sa vie en détail au commencement de notre livre « Le Collier des perles des écrins, sur l’histoire de la ville de Fostat » (Kitab ‘akd-djavâhir-el-isfat fi akhbar medinet-el-Fostat).

Après sa mort, les khalifes orthodoxes régnèrent durant trente ans sur l’islam et sur les Musulmans.

Place de la bataille de Muta La bataille de Mu'tah (arabe : غزوة مؤتة) a lieu en septembre 6291 près du village de Mu'ta (ar) à l'est du Jourdain et d'al-Karak, entre une troupe de combattants musulmans dépêchée par le prophète de l'islam Muhammad (paix et bénédiction d'Allah sur lui) et une armée de l'empire byzantin.
Place de la bataille de Muta La bataille de Mu’tah (arabe : غزوة مؤتة) a lieu en septembre 629 près du village de Mu’ta à l’est du Jourdain et d’al-Karak, entre une troupe de combattants musulmans dépêchée par le prophète Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et une armée de l’empire byzantin.

Ces khalifes sont au nombre de cinq:

Abou-Bakr-as-Siddik (qu’Allah soit satisfait de lui!); son nom était ‘Abd-Allah ibn ‘Othman-Abou-Kahâfa. Il fut khalife durant deux ans et trois mois, moins cinq nuits (632-634).

Omar ibn al-Khattab (qu’Allah soit satisfait de lui!) ibn Nafil al-‘Adouvi; il régna durant dix ans, six mois et quatre jours (634).

Othman ibn ‘Affân ibn Abou al-‘As ibn Oumayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf ; il régna durant douze ans moins douze jours.

On dit aussi que la durée de son règne fut de onze ans, onze mois et quatorze jours, ou encore, suivant d’autres personnes, dix-huit jours (644).

‘Ali ibn Abou-Thâlib ibn ‘Abd-al-Motallib ibn Hicham ; il fut khalife durant quatre années, neuf mois et six jours, ou trois jours ou encore, suivant d’autres personnes, quatorze jours (656).

al-Hasan ibn Ali ibn Abou Thâlib, il régna cinq mois et demi environ ; on dit également six mois (661).

« L’ascendance arabe » carte de 1884 Ancienne carte (1884) du califat Omeyyade et du plan de Dimashq ( Damas) sous le 6eme calife omeyyade Al-Walid Ier né le 668 – mort le 715 (le monde chrétien est en jaune et le monde païen en vert )

C’est avec al-Hasan que se termina la dynastie des khalifes orthodoxes (qu’Allah soit satisfait d’eux tous !). Le Khalifat devint ensuite une royauté de violence et de tyrannie et le pouvoir passa aux Omeyyades.[22]

Le premier d’entre eux qui exerça la souveraineté fut :

Mo’awiyya ibn Abou-Sofian (661); il s’appelait Sakhr ibn Harb ibn Omayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf; il régna durant dix-neuf ans, trois mois ou, suivant d’autres, trois mois moins un jour.

Après lui, son fils (680)

Yazid monta sur le trône et fut khalife durant trois ans et six mois.

On a dit aussi huit mois et on donne encore d’autres durées à son règne. Après lui régna (683)

Mo’awiyya, fils de Yazid, fils de Mo’awiyya, durant trois mois ou suivant d’autres, pendant quarante jours. Après Yazid, ‘Abd-Allah ibn al-Zobaïr ibn al-‘Avvam ibn Khawilad ibn Asad ibn ‘Abd-al-Ghari ibn Kasi régna en même temps que Mo’awiyya dans le Hedjaz. Marwân le trahit en Syrie.

Pantelleria sulla Costa En 700 l'île a été conquise par les Arabes omeyyade , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah 'la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l'Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade
Pantelleria sulla Costa, Italie.  En 700 l’île a été conquise par les Arabes omeyyade depuis l’ifriiqya , qui la nommèrent بنت الرياح Bint al-Riyah ‘la fille des vents », qui représente les vents forts qui se posent au large de la côte nord de l’Afrique. Véritable poste frontière avancé du califat Omeyyade

La durée du règne d’Ibn al-Zobaïr jusqu’au moment où il fut tué à la Mecque, fut de neuf ans.

Après Moaviyya-ibn-Yazid, régna en Syrie (684)

Marvân ibn al-Hakim-ibn Abou’l As ibn Omayya ibn ‘Abd-Chams ibn ‘Abd-Manâf, durant dix mois. Après lui régna son fils

‘Abd-al-Malik (685) qui envoya al-Hadjdjâdj ibn Youssouf al-Thakafï faire la guerre à ‘Abd-Allah ibn Zobaïr ; ce dernier fut tué après la mort de son concurrent. ‘Abd-al-Malik régna pendant treize ans, quatre mois moins sept nuits. Après lui régna son fils (705)

al-Valid, durant neuf ans et sept mois; il eut pour successeur son frère, (715)

Soleïman ibn ‘Abd-al-Malik, qui régna pendant deux ans, huit mois et cinq jours ; on dit aussi moins cinq jours. Après ce prince régna (717)

Omar ibn ‘Abd al ‘Aziz ibn Marvân ibn al-Hakim durant deux ans et cinq mois, après lui (720)

Yazid ibn ‘Abd-al-Malik durant quatre ans, un mois et quelques jours.

Ce khalife eut pour successeur sou frère (724) Hicham ibn ‘Abd-al-Malik, qui régna dix-neuf ans, neuf mois et vingt et un jours, ou suivant une autre estimation, huit mois et demi.

Ce khalife se fit faire des vêtements brodés à sa taille ; il en fit tellement faire, qu’il fallut sept cents chameaux pour transporter ceux qu’il choisit.

Cette charge était composée des habits dont il se revêtait, mais combien y en avait-il qu’il ne portait pas !

Après lui régna (743) al-Walid ibn Yazid ibn ‘Abd-al-Malik qui est connu sous le nom de Yazid-al-Nakis ; il régna durant un an et trois mois ou suivant d’autres auteurs, pendant deux mois et vingt-deux jours. Après lui son fils (744)

Yazid fut investi du Khalifat ; la situation de l’empire périclita sous son règne et il ne resta sur le trône que cinq mois et quelques jours. Son frère (744)

Ibrahim ibn al-Valid lui succéda et régna quatre mois ou, comme disent quelques personnes, soixante-dix jours ; il n’eut jamais aucune autorité. Après Ibrahim,

Marvân ibn Mohammad ibn Marvân ibn al-Hakim monta sur le trône (744-750). On le nommait Marvân le frisé, ou Marvân l’ânier. C’est sous le règne de ce prince que commença à poindre la dynastie des Abbassides. Ils lui firent la guerre et le tuèrent en Egypte. Il avait régné depuis son avènement pendant cinq ans, six mois et seize jours.

Iraq, Kirdistan (Jazira) lieux de la bataille du Zab entre les abbassides et omeyyades

La dynastie Omeyyade finit avec l’assassinat du khalife Marvân ibn Mohammad.

La dynastie du fils d’Abbas ibn ‘Abd-al-Motallib ibn Hicham ibn ‘Abd-Manâf le remplaça durant une période de cinq cent vingt-trois ans, dix mois et quelques jours.

C’est à partir des Abbassides que la division s’introduisit dans l’Islam; ce fut sous leur règne que le nom d’Arabe disparut de la cour de Bagdad, que les Turks leur prodiguèrent les humiliations, et que les Deïlémites[23] arrivèrent au pouvoir.

As Saffah le premier Abbasside reçois les allégeances dans la mosquée construite par les Omeyyades (ses prédécesseurs a Kufa en Iraq, illustration persane du 14e siècle
As Saffah le premier Abbasside reçois les allégeances dans la mosquée construite par les Omeyyades (ses prédécesseurs a Kufa en Iraq, illustration persane du 14e siècle

Les Turks acquirent ensuite un pouvoir immense et ils se partagèrent les royaumes de la terre.

Le premier khalife de cette dynastie (Abbasside) fut as-Saffah, qui se nommait ‘Abd-Allah ibn Mohammad ibn ‘Ali ibn ‘Abd-Allah ibn ‘Abbâs; il régna durant quatre ans, huit mois et un jour (750-754).

Ce prince aimait à répandre le sang; il fit périr des milliers de personnes et ses lieutenants imitèrent sa cruauté, en Orient comme en Occident.

C’était en même temps un homme généreux qui répandait sans compter l’argent autour de lui et ses lieutenants l’imitèrent encore en cela.

La mosquée de l’ Allégeance Aqaba en Arabie, là ou eu lieu les deux serments d’allégeance d’Al-Aqabah entre le prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et les Sahaba (ra), lorsque les Abbassides ont pris le pouvoir le deuxième calife Abu Jafar al Mansur construisit cette mosquée en l’an 144 de l’hegire (761 jc), Aqqaba, Arabie Saoudite
La mosquée de l’ Allégeance Aqaba en Arabie, là ou eu lieu les deux serments d’allégeance d’Al-Aqabah entre le prophète Muhammad (paix et bénédiction sur lui) et les Sahaba (ra), lorsque les Abbassides ont pris le pouvoir le deuxième calife Abu Jafar al Mansur construisit cette mosquée en l’an 144 de l’hegire (761 jc), Aqqaba, Arabie Saoudite

Son frère (754) Abou Djafar al-Mansour, qui se nommait également ‘Abd-Allah ibn ‘Ali, régna après lui durant vingt et un ans et onze mois.

Ce fut lui le premier qui détermina la rupture entre les Abbassides et les ‘Alides; auparavant, ils ne formaient qu’une seule famille.

Il fut de même le premier khalife qui admit dans son intimité les astrologues, qui régla ses actions sur les présages des étoiles, qui fit traduire en arabe des livres rédigés dans des langues étrangères, qui fit de ses affranchis et de ses serviteurs des gouverneurs de provinces et qui leur donna le pas sur les Arabes.

Les khalifes qui lui succédèrent agirent de même, de telle façon que les règles de gouvernement des Arabes disparurent, que les lois et les usages qu’ils avaient mis en vigueur furent abandonnés et qu’ils perdirent le rang qu’ils occupaient auparavant dans l’empire.

Ce prince avait étudié les sciences, aussi, sous son règne, les gens se livrèrent-ils ardemment à l’étude et la science se répandit.

La Grande mosquée de Shibam au Yémén situé au cœur de la vieille ville entourée par de hautes maisons en briques de boue, a été construit en 753 au début de l’ére Abbasside. Une grande partie de la mosquée reconstruit au XIVe siècle. La présence de briques cuites rouges, typiques de la construction abbasside du 9e siècle, souligne les efforts de reconstruction dès le règne du calife Abbasside Harun al-Rashid; c’est le seul site de Shibam où dees briques cuites furent retrouvés. source : archnet.org
La Grande mosquée de Shibam au Yémén situé au cœur de la vieille ville entourée par de hautes maisons en briques de boue, a été construit en 753 au début de l’ére Abbasside. Une grande partie de la mosquée reconstruit au XIVe siècle. La présence de briques cuites rouges, typiques de la construction abbasside du 9e siècle, souligne les efforts de reconstruction dès le règne du calife Abbasside Harun al-Rashid; c’est le seul site de Shibam où dees briques cuites furent retrouvés. source : archnet.org

Après lui régna son fils (775) al-Mahdi-Abou ‘Abd-Allah-Mohammad, durant dix ans et un mois et demi.

Ce fut un prince bon et libéral ; le peuple imita sa conduite et vécut dans l’aisance.

Il s’appliqua à anéantir les hérétiques dès leur apparition et il fit disperser les livres traitant de leurs croyances.

Ce fut lui le premier khalife qui ordonna de composer des livres de polémique pour réfuter les Zendiks[24] et les hérétiques.

Il construisit une mosquée à la Mecque, une à Médine et une à Jérusalem.

Procession de la cavalerie Abbasside lors de la fin du Ramadan peint par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî' est un peintre et un calligraphe arabe du XIIIe siècle, actif à Bagdad. Il a notamment illustré un manuscrit des Maqamat de al-Hariri en 1237 tiré du kitab al maqamat d'Abu Muhammad al-Qasim ibn Ali al-Hariri, dit aussi al-Hariri de Basra, né en 1054 et décédé en 1122 à Bassora, en Irak, était un savant et écrivain arabe
Procession de la cavalerie Abbasside lors de la fin du Ramadan peint par Yahya ibn Mahmud al-Wâsitî’ qui est un peintre et un calligraphe arabe du 13e siècle, actif à Bagdad. Il a notamment illustré un manuscrit des Maqamat de al-Hariri en 1237 tiré du kitab al maqamat d’Abu Muhammad al-Qasim ibn Ali al-Hariri, dit aussi al-Hariri de Basra, né en 1054 et décédé en 1122 à Bassora, en Irak, était un savant et écrivain arabe

Il eut pour successeur son fils (784) al-Hadi billah Abou Abd-Allah-Moussa qui resta sur le trône pendant un an et trois mois ; ce fut un prince indécis.

C’est lui le premier qui fit marcher devant lui des hommes armés d’épées tranchantes, de lourdes masses d’armes et de nombreux arcs.

Les gouverneurs des provinces l’imitèrent, aussi l’on fabriqua sous son règne une immense quantité d’armes.

Le mausolée ou ce trouve la tombe du calife Abbasside Haroun al-Rashid a Tus au Khirassan ( Iran)
Le mausolée ou ce trouve la tombe du calife Abbasside Haroun al-Rashid a Tus au Khirassan ( Iran)

Après lui, son frère (786) Haroun ibn Mohammad er-Rashid régna durant vingt-trois ans, deux mois et dix-huit jours, ou, suivant d’autres autorités, un mois et seize jours. Il faisait le pèlerinage avec la plus grande assiduité et il fit constamment la guerre ; il s’appliqua aussi à faire exécuter des travaux, des puits, des citernes, des fortins, sur le chemin qui conduit à la Mecque, ainsi que dans cette ville, à Mina et sur le mont ‘Arafa.

Ses bienfaits et sa justice s’étendirent à tous ses sujets.

Il bâtit les villes frontières de l’empire, ainsi que les capitales (les villes des villes) et il y fit des fortifications considérables, telles Tarsous, Adana, Masisa, Marasch et autres.

Le peuple régla sa conduite sur celle de ce prince ; ce fut lui le premier khalife qui joua à la paume à cheval (litt. avec dessavalidja) dans l’hippodrome,[25] et qui tira avec des armes à feu sur des cibles.[26]

Ce fut aussi lui le premier qui joua à la balle et aux échecs;[27] il fréquenta les gens qui étaient habiles dans ces jeux et leur donna des pensions.

Tout le peuple l’imita et son règne fut comme une suite ininterrompue de réjouissances nuptiales.

Baghdad fondé par Abu Jafar al-Mansur
La Baghdad d’Abu Jafar al-Mansur al-Abbasi

Il eut pour successeur son fils (809) Amin-Mohammad, qui occupa le trône pendant quatre ans, huit mois et cinq jours.

Ce prince favorisa les eunuques, leur donna les grands postes de l’empire et eut pour eux un attachement extraordinaire. Sa mère lui choisissait pour ses plaisirs de jeunes esclaves ; et le peuple imita sa conduite. Après lui régna son frère (813) al-Mamoun ‘Abd-Allah ibn Haroun, durant vingt-deux ans, depuis le jour où il eut été désigné pour le khalifat, et pendant vingt ans, cinq mois et trois jours, ou, suivant d’autres, vingt-cinq; jours, depuis la mort de son frère. Ce fut le premier khalife qui étudia l’astronomie et qui régla sa conduite sur les présages des astres;[28] il lut un grand nombre d’ouvrages des philosophes anciens. Quand il fut arrivé à Bagdad, il cessa complètement et se mit à professer les doctrines des Motazallistes ; il s’entoura de savants, les fit venir de toutes les contrées et leur donna des pensions. Sous son règne, les gens s’adonnèrent à la science de la controverse et tout le monde composa des ouvrages pour prouver la supériorité de ses opinions. Ce fut un prince généreux et clément ; ses sujets imitèrent sa conduite.

La caravane de la Mecque sort de Aqqaba (Jordanie)
La caravane de la Mecque sort de Aqqaba (Jordanie)

Après lui, régna son frère al-Mo’tasim billah Abou-Ishak Mohammad ibn Haroun durant huit années, huit mois et huit jours (833). Ce fut le premier khalife qui fit entrer les Turks à la cour; il était ignorant au point de ne savoir ni lire ni écrire, mais il excellait à monter à cheval. Après lui régna son fils (842)

al-Wâthik billah Abou Djafar Haroun ibn Mohammad, durant cinq ans, neuf mois et six jours; mais son règne fut signalé par une grande calamité.[29] Ce khalife mangeait beaucoup et il finit par ne plus pouvoir se nourrir.[30]

Le fleuve Euphrate en iraq
Le fleuve Euphrate en iraq

Il eut pour successeur (847) al-Motawakkil ‘ala-Allah Djafar ibn al-Mo’tasim, qui fut khalife durant quatorze ans, neuf mois et huit jours. Les Turks l’assassinèrent et c’est à partir de ce moment que date leur domination dans les différents pays du monde. Ce khalife fit cesser la calamité (qui avait désolé le règne de son prédécesseur);[31] il défendit de se livrer à la controverse et il édicta des peines contre ce délit. Il ordonna de publier les recueils de traditions musulmanes (hadith).

Après lui, son fils (861) al-Montasir-Mohammad ibn Djafar fut élevé au trône, mais il mourut au bout de six mois moins quelques jours.

Il eut pour successeur (862) al-Mosta’ïn billah Ahmad ibn Mohammad al-Mo’tasim, qui resta sur le trône durant trois ans, huit mois et vingt-huit jours; les Turks le renversèrent, le martyrisèrent et finirent par le tuer neuf mois après sa déposition. Ce khalife est le premier qui ait mis à la mode les habits pourvus de larges manches; il fixa leur largeur à trois empans, mais il diminua par contre la dimension des coiffures (al-kalânis) qui, avant lui, se portaient larges.

Le pont Abbasside de Dalal Zakho au Kurdistan, Irakien
Le pont Abbasside de Dalal Zakho au Kurdistan, Irakien al-Jazira

Il eut pour successeur (866) al-Mo’tazz billah Mohammad ibn al-Motawakkil; les Turcs le renversèrent, le torturèrent et le frappèrent jusqu’à ce qu’ils l’eussent tué. Il avait régné durant trois ans, six mois et vingt et un jours; on dit aussi durant vingt-quatre jours. Ce fut le premier khalife qui imagina de monter à cheval revêtu de riches ornements d’or; auparavant, les khalifes Omeyyades et les Abbassides montaient à cheval revêtus d’un habit garni seulement de quelques ornements en argent à la ceinture : il prit de plus des sabres, des selles et des freins tout en or. Quand al-Mo’tazz monta à cheval avec ces ornements d’or, le peuple courut derrière lui pour le voir.

Abu Dulaf bien que similaire au minaret de la Grande Mosquée de Samarra , c'est en fait le minaret en spirale d'Abu Dulaf, 15 km au nord de Samarra  al-jafariya construite par le calife al-Mutawakkil en 861
Abu Dulaf bien que similaire au minaret de la Grande Mosquée de Samarra , c’est en fait le minaret en spirale d’Abu Dulaf, 15 km au nord de Samarra  al-jafariya construite par le calife al-Mutawakkil en 861

Après lui régna (869) al-Mohtadi billah-Mohammad ibn al-Wâthik; les Turcs le tuèrent au bout de onze mois et dix-neuf-jours de règne.

Il eut pour successeur (870) al-Mo’tamed billah Ahmad ibn al-Motavakkil; les Turcs le tinrent dans une étroite dépendance, et son frère, al-Mouvaffik billah-Abou-Ahmad-Talha accapara toute son autorité. Ce fut sous son règne que le sultan du pays de Zindj se révolta contre l’autorité du Khalifat; al-Mowaffik lutta contre le prince de Zindj durant de nombreuses années, et il mourut après l’avoir tué. La mort d’al-Mowaffik fut un coup terrible pour al-Mo’tamad qui fut assassiné après un règne de vingt-deux ans, onze mois et vingt-cinq jours. Ce fut le premier khalife qui fut mis en tutelle et en interdit, et qui eut auprès de lui quelqu’un pour régir les affaires de son empire.

Al-Mutawakkil le calife abbasside a Jérusalem 1 2 3 4 5 6
Al-Mutawakkil le calife abbasside a Jérusalem

Il eut pour successeur (892) al-Mo’tadad Ahmad ibn al-Mouvaffik-Talha, sous le règne duquel eut lieu l’insurrection des Karmathes; ce prince mourut après avoir exercé le khalifat durant dix ans, neuf mois et trois jours, ou suivant d’autres, neuf ans, sept mois et vingt-deux jours. Quand il fut mort, on l’ensevelit dans deux vêtements qui valaient seize oboles.

Après lui régna son fils (902) al-Moktafî billah ‘Ali ; ce prince poussa avec énergie la guerre contre les Karmathes et les mit en déroute. C’est également lui qui mit fin à la dynastie des Toulounides qui régnaient en Egypte et en Syrie. Il mourut après avoir occupé le trône du Khalifat durant six ans, six mois et seize jours ou, suivant d’autres personnes, dix-neuf jours.

Il eut pour successeur son frère (908) al-Moktadir billah Djafar ibn al-Mo’ladad, qui, à l’époque de son avènement, avait treize ans, deux mois et trois jours. Ce fui le premier khalife qui arriva au trône étant encore enfant. Les femmes et les eunuques usurpèrent toute son autorité; ce prince ne fit que disgracier et assassiner ses vizirs, de telle sorte que sa position devint intenable et qu’il ne resta sur le trône que quatre mois. Il fut renversé par ‘Abd-Allah, fils d’al-Mo’taz, qui fut assassiné au bout d’un jour et d’une nuit; et al-Moktadir remonta sur le trône. Sous son règne, il y eut un soulèvement des Karmathes, qui enlevèrent la pierre noire de la Kaaba et l’emportèrent dans leur pays. Les Deïlémites s’insurgèrent également contre lui ; en même temps ‘Obeïd-Allah-al-Mahdi se soulevait en Afrique et se déclarait khalife indépendant, en interdisant de faire dans le Maghreb et à Barka la khotba au nom des Abbassides.

Reproduction du Médaillon représentant le calife abbasside al-Muqtadir
Reproduction du Médaillon représentant le calife abbasside al-Muqtadir

Al-Moktadir fut détrôné une seconde fois et on mit à sa place (929) al-Kâhir billah Mohammad ibn al-Mo’tadad.  Au bout de peu de temps al-Moktadir fut remis sur le trône, mais les membres des divans usurpèrent toute son autorité et ne lui laissèrent que l’apparence du pouvoir. C’était une de ses concubines nommée Thamal-al-Kahramâna qui tenait les lits de justice; les vizirs, les kadis et les juristes venaient se présenter devant elle. Sous le règne de ce khalife, le pèlerinage fut interrompu ; les haines et les guerres se multiplièrent. Moktadir fut enfin assassiné après avoir occupé le trône du Khalifat durant vingt-quatre ans, deux mois et dix jours, ou, suivant d’autres, onze mois et quatorze jours, au moment où il partait pour se rendre à l’armée. Quand les meurtriers l’attaquèrent, il était enveloppé dans le manteau du Prophète et quand ils l’eurent massacré, le vêtement fut taché de son sang.

Après lui (932) al-Kahir billah Mohammad, fils d’al-Mo’tadad, fut élevé au Khalifat; il fut ensuite déposé et on l’aveugla avec un poinçon incandescent que l’on fit rougir par deux fois dans le feu, de telle sorte que ses yeux coulèrent. Cela arriva au bout d’un an, six mois et huit jours. Le Vendredi, il se tenait dans les mosquées et implorait la miséricorde des gens en disant : « O vous tous qui êtes assemblés ici, j’étais autrefois votre khalife et aujourd’hui je vous supplie de me donner un peu de ce que vous possédez ». Les assistants lui faisaient l’aumône.

Après lui régna (934) ar-Radi billah Mohammad, fils d’al-Moktadir. Ce fut sous le règne de ce prince que les Grecs s’emparèrent de toutes les villes frontières. Ce khalife était tellement tombé sous la dépendance de ses affranchis qu’il n’avait plus aucun pouvoir : il mourut après un règne de six ans, dix mois et dix jours, ou, suivant d’autres, neuf mois. Al-Radi fut le dernier khalife qui composa un divan de poésies complet; il fut également le dernier qui s’occupa avec une grande sollicitude[32] des affaires de l’armée et des finances de l’État, qui fit des constructions, qui invita ses familiers à venir se distraire avec lui, le dernier dont les dépenses, les dons qu’il faisait, la solde de ses troupes, les traitements qu’il assignait, ses dépenses de bouche et de réceptions, les traitements de ses chambellans furent réglés par les lois du premier Khalifat. Ce fut également le dernier khalife qui conforma sa conduite à celle des anciens khalifes.

Abbasid Dynasty, Al-Radi (934-40), AV Dinar, 3.95g, Misr, AH323

Après lui régna son frère (940) al-Mottakî billah Ibrahim, qui était un homme vertueux et religieux. Sous son règne, les Bènou Hamdan s’emparèrent du Djézireh et de la Syrie. Il y eut beaucoup de révoltes contre lui; Toûzoûn le Turk le détrôna et lui brûla les yeux avec un poinçon d’acier comme on l’avait fait à al-Kahir. Ensuite, il le jeta dans le même cachot qu’al-Kahir et tous deux étaient aveugles. Kahir récita ces deux vers :

O Ibrahim, tu commences ta vie d’aveugle ; mon cœur ne peut s’empêcher de gémir tant que dure le pouvoir de Toûzoûn et tant que le poinçon est sur les charbons ardents.

Cela se passa après qu’il eut régné trois ans et onze mois. Il mourut vingt-cinq ans après sa déposition.

Il fut remplacé sur le trône par (944) al-Mostakfi billah ‘Abd-Allah ibn al-Moklafi. Ce prince fil poursuivre al-Fadl ibn Moktadir qui était son ennemi, mais celui-ci s’enfuit auprès d’Ahmad ibn Bouyah qui lui donna l’hospitalité jusqu’à l’époque où mourut Toûzoûn. Al-Mostakfi ne dissimulait pas ses sentiments chiites et son amour pour ‘Ali, fils d’Abou Thâlib. Il fut aussi aveuglé et ainsi se trouva confirmée la crainte qu’al-Kahir exprimait dans ses vers quand il disait : « mon cœur ne peut s’empêcher de gémir ». Les Deïlémites s’emparèrent de l’empire, et des révoltes éclatèrent contre le khalife, qui fut fait prisonnier et aveuglé par Mo’izz Eddaulèh-Ahmad ibn Bouyah lui-même. Il avait régné durant un an, quatre mois et deux jours.

Après lui (946) al-Moti’-lillah al-Fadl ibn al-Moktadir monta sur le trône ; il régna durant vingt-neuf ans, quatre mois et vingt-et-un jours, mais il n’eut que le nom de souverain, tandis que Mo’izz ed-dauleh gouvernait en réalité l’empire; ce personnage donnait chaque jour deux cents dinars pour la dépense d’al-Moti. C’est sous le règne de ce khalife qu’une armée commandée par al-Mo’izz li-din Allah Abou Tamîm-Ma’d entra en Egypte et que la dynastie Abbasside perdit ce pays ainsi que la Syrie.

Caravanserai abbasside de Nishapur Ribati-i-Abbasi )
Caravanserai abbasside de Nishapur Ribati-i-Abbasi , Iran

Al-Moti’-lillah resta sur le trône jusqu’au moment où il abdiqua en faveur de son fils (974) al-Tâï’-lillah ‘Abd-al-Karim, qui régna durant dix-sept ans, neuf mois et six jours, dominé par les Bouïdes; il fut détrôné au bout de ce temps et vécut dans la misère jusqu’à sa mort. Ce khalife avait une grande inclination pour les ‘Alides. Sous son règne, les gens n’eurent plus aucune retenue ; les poètes composèrent des satires contre lui et le tournèrent en ridicule.

Il eut pour successeur (991) al-Kadir billah Ahmad ibn Ishak ibn al-Moktadir, qui régna durant quarante et un ans et trois mois ou, suivant d’autres, quarante-trois ans, trois mois et vingt et un jours. Sous le règne de ce khalife, les Deïlémites et les Bathéniens acquirent encore plus de puissance qu’ils n’en avaient auparavant. Ce fut un prince pieux, généreux pour sa famille et pour les étudiants. Sous son règne, les sectes des Moutazilites, des Bathéniens et des Rafidites se montrèrent au plein jour et firent de nombreux adhérents dans le monde; c’est également sous son règne que parut le sultan Yamin ed-dauleh Mahmoud ibn Sébuktéguin qui conquit l’Inde.

Après lui régna (1031) al-Kaïm-bi-Amr Allah ‘Abd-Allah ; Arslan-al-Besasiri se révolta contre ce khalife et on fit la prière en son nom dans les chaires de l’Irak et de l’Ahwaz. Al-Kaïm écrivit au sultan Thoghril-Beg, fils de Mikâil, fils de Seldjouk, le turcoman, qui fut le premier des sultans Seldjoukides. Ce prince marcha sur Bagdad, et Besasiri s’enfuit avec les Turks qui composaient son armée. Besâsin se rendit auprès d’al-Mostansir billah Ma’d ibn at-Tahir, khalife fatimide d’Egypte, qui lui donna des secours pécuniaires, grâce auxquels il put s’emparer de Bagdad. Besasiri interdit de faire la khotbadans cette ville au nom des Abbassides et y substitua le nom d’al-Mostansir billah. Cela dura pendant environ une année qu’al-Kaïm passa en prison. Thoghril-Beg étant revenu, réinstalla al-Kaïm sur le trône du Khalifat ; il mit Besasiri à mort et réduisit tout le pays à son autorité. Al-Kaïm resta sur le trône jusqu’à sa mort, et régna quarante-quatre ans et huit mois. C’était un prince religieux, bon et qui priait souvent; il n’avait que le défaut d’écouter tous ceux qui lui donnaient des conseils. Il lui arriva d’investir du vizirat un homme qui tenait un petit commerce à Bagdad, et qui était connu sous le nom d’Ibn al-Silt ; cet individu le persuada d’appeler les Ghozzes[33] à son secours parce qu’ils étaient très montés contre les Chiites; al-Kaïm leur écrivit dans ce but ; il tomba sous leur domination et Besasiri périt comme l’on sait.

Il eut pour successeur al-Moktadi-bi-Amr Allah ‘Abd-Allah ibn Dhakhirat-ad-Din Mohammad ibn al-Kaïm (1075). Ce Khalife n’eut jamais que l’apparence de la souveraineté, tandis que le pouvoir était en réalité aux mains de Malik Shâh, fils de ‘Adad ed-dauleh. Il régna dans ces conditions durant dix-neuf ans, huit mois moins deux jours ou, suivant d’autres personnes, moins cinq jours.

Après lui son fils (1094) al-Mostathhir billah Ahmad, régna sous la domination des sultans Seldjoukides durant vingt-cinq années, ou, suivant d’autres personnes, durant vingt-quatre ans, trois mois et vingt et un jours. C’est sous son khalifat que les Francs s’emparèrent de Jérusalem et qu’ils y établirent leur domination.

Il eut pour successeur son fils (1118) al-Mostarshid billah al-Fadl ibn Ahmad, qui fut tué après dix-sept ans, six mois et vingt jours de règne.

La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas'ud tiré d'un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.
La mort du calife abbasside-al-Mustarshid-bi-llah-assassiné pendant le règne du sultan seldjoukide Mas’ud tiré d’un manuscrit de Hafiz-i abru s majma -al-tawarikh.

Après lui régna son fils ar-Rashid billah Mansour (1135), qui fut déposé et assassiné après un règne d’un an moins dix jours. Après lui (1136)

al-Moktadi-bi-Amr-Allah-Mohammad ibn al-Mostathhir fut investi du khalifat.

La prospérité de son règne fut due à son vizir ‘Aoun ad-Din Yahya ibn Mohammed ibn Hobaîra; il fit arrêter un certain nombre de gens qui avaient un pouvoir trop étendu.

Il alla prendre lui-même le commandement de ses armées et lutta en personne contre ceux qui se révoltaient contre lui. Ce khalife resta sur le trône vingt-quatre ans, trois mois et vingt et un jours.

Après lui, son fils (1160) al-Mostandjid billah Yousouf monta sur le trône et mourut après onze ans et un mois de règne.

Map Ottomane des croisades d'un point vue islamique d(un manuscrit ottoman du 17e siècle Art Archive / University Library Istanbul / Dagli Orti ] ¥ Ref: AA423859
Map Ottomane des croisades d’un point vue islamique d(un manuscrit ottoman du 17e siècle Art Archive / University Library Istanbul / Dagli Orti ] ¥ 

Il eut pour successeur son fils al-Mostadi-bi-Amr-Allah-al-Hasan (1170).

C’est sous le règne de ce khalife que l’on reprit au Caire et à Misr la khotba au nom des Abbassides.

Elle avait été interrompue durant deux cent cinquante années, et elle fut rétablie par le sultan Salah ad-Din Youssouf ibn Ayyoub ibn Shâdî, le Kurde.

Ce khalife mourut après un règne de quatre ans moins quatre jours.

Autre vue sur le palais du calife Abbasside Al Nasir li-Din Allah 1180- 1225
Vue sur le palais du calife Abbasside Al Nasir li-Din Allah 1180- 1225

Après lui régna son fils (1180) an-Nasir-li-dîn-Allah durant quarante-deux ans, dix mois et vingt-huit jours.

C’est sous son règne que parut Gengis Khân.

Il lui arriva de s’habiller avec une veste blanche ornée de galons d’or, et de se coiffer d’un bonnet en peau de chèvre blanche bordé d’une ganse d’or suivant la mode des Turcs.

"al-Qasr al-ʻAbbāsī" fī qalʻat Baghdād 1226-1242 al-Mada'in, Bagdad, gouvernorat de Bagdad
« al-Qasr al-ʻAbbāsī » fī qalʻat Baghdād 1226-1242 al-Mada’in, Bagdad, gouvernorat de Bagdad

Il eut pour successeur son fils (1225) ath-Tahir-bi-Amr-Allah-Mohammad, qui régna durant neuf mois et quatorze jours, après quoi il mourut.

Son fils (1226) al-Mostansir billah Abou Djafar al-Mansour régna après lui pendant dix-sept ans moins un mois, ou, suivant d’autres, pendant quinze ans, onze mois et cinq jours.

C’est sous le règne de ce khalife que les Tartares attaquèrent Bagdad. Il prit à sa solde des soldats de telle sorte que son armée atteignait cent mille hommes.

Son fils (1242) al-Mosta’sim billah ‘Abd-Allah lui succéda.

Ce prince ne s’occupa que de thésauriser et licencia la plus grande partie de son armée.

Aussi les Tartares marchèrent contre Bagdad et le mirent à mort, le sixième jour du mois de Safer de l’année 656.

Il avait régné durant quinze ans, sept mois et six jours.

 La cour de l'Université Al-Azhar au Caire (1890), huile sur toile Ludwig Deutsch,
La cour de l’Université Al-Azhar au Caire (1890), huile sur toile Ludwig Deutsch,

L’empire abbasside disparut avec ce prince et les Musulmans restèrent sans khalife jusqu’à l’année 659. On installa alors un khalife en Egypte ; il vint de Bagdad dans ce pays et on lui donna le titre d’al-Mostansir billah Ahmad ibn ath-Tahir ibn Nasir. Il partit ensuite pour s’en retourner à Bagdad, mais les Tartares le surprirent et le tuèrent avant qu’un an se fût écoulé depuis son avènement.

Dans la suite, les souverains turcs de la dynastie des Mamlouks installèrent comme khalife un homme à qui ils donnaient ce nom et les titres qui étaient propres aux khalifes. Il n’avait du reste aucune autorité et n’avait pas le droit de manifester son opinion ; il passait son temps chez les émirs, les grands officiers, les écrivains, les kadis, à leur faire des visites pour les remercier des dîners et des soirées auxquels ils l’avaient invité.

Nous ferons plus loin mention de ces khalifes, s’il plaît à Dieu !  »  .

notes du traducteur :

[12] Litt. « les maîtres des drapeaux et des étendards », autrement dit les chefs d’armée et les souverains.

[13] Pour l’intelligence de cette phrase, se reportera l’Introduction.

[14] Cette division de la terre ne répond pas à celle qui est généralement adoptée par les géographes et les mathématiciens musulmans, tels qu’Aboulféda, Yakout et les autres. D’après cette dernière, le quart habitable de la terre, c’est-à-dire, environ la moitié de l’hémisphère nord de la sphère terrestre est divisée en sept zones par des cercles parallèles à l’équateur, et chacune de ces zones est nommée climat (iklîm). La division adoptée par Makrizi est toute différente et dérive directement du système cosmogonique du Mazdéisme, la religion de la Perse à l’époque sassanide ; dans ce système, il y a également sept climats nommés karshvare en zend, kishvar en pehlvi et en persan ; le climat centrai nommé Hvaniratha, en pehlvi Khvaniras comprend la Perse et les pays iraniens, à lui seul il a une superficie égale à celle des six autres climats qui sont rangés autour de lui comme les pétales d’une fleur. On trouvera dans le Bulletin de l’Académie d’Hippone, année 1898, une étude sur ce point.

[15] Suivant leur habitude, les historiens musulmans ont confondu dans l’appellation de Sabéens des éléments religieux qui n’ont rien à voir ensemble Massoudi, l’auteur du Moroudj-ez-zeheb et du Kitab-at-tenbîh, nous apprend qu’il y a quatre sortes de Sabéens :

1° Les Chaldéens ou Babyloniens, qui habitent quelques villages dispersés entre Vasith et Bassora;

2°Une secte grecque qui semble être une secte de néo-platoniciens; ils se retournaient au Levant pour prier;

3° Les Sabéens d’Egypte autrement appelés Harraniens, du nom de la ville de Harrân; ils se tournaient vers le midi pour faire leurs dévotions; ils ne mangeaient ni porc, ni poulet, ni ail, ni haricots;

4° Les Tasmina, qui sont les Sabéens de Chine et qui suivent les dogmes d’un homme nommé Youdasf ou Boudasf.

Il est évident, à première vue, que la seconde et la quatrième de ces sectes n’ont rien à voir avec le Sabéisme, la seconde étant, suivant toutes les vraisemblances, d’origine hellénique et la quatrième représentant, comme on va le voir bientôt, les disciples du Bouddha Sakya Mouni. La religion de l’ancien royaume de Saba dans le Yémen, dont la légende se rattache d’un côté, par la reine Belkis, à l’histoire de Salomon, et de l’autre par les Négus à l’Abyssinie. Ce fut avant l’Islam et à partir d’une époque qu’on ne saurait dire au juste, une des civilisations les plus puissantes et les plus avancées de la péninsule arabique. Elle disparut avant l’Islam, sans laisser d’autres traces que son nom et de nombreuses inscriptions que le sable du désert a peu à peu recouvertes et que l’on exhume aujourd’hui, sans toujours les comprendre de ce qui fut les capitales du royaume de Saba. Peu de temps après l’avènement des Abbassides, le khalife Mamoun se rendit à Harrân, vieille cité chaldéenne où s’était formée du mélange de la religion des anciens empires de Chaldée et du syncrétisme grec, une religion étrange où les astres étaient les principales divinités. Le khalife Mamoun était, paraît-il, un homme d’ordre, moins intolérant qu’on serait porté à le supposer, mais qui entendait que chacun appartint à une forme religieuse bien définie et officiellement reconnue ; il entendit parler des adorateurs des astres et comme il ne voyait pas au juste à quoi cela correspondait, il se fit présenter les chefs de la secte et il leur demanda le nom de leur religion. Ceux-ci, sachant que le khalife n’aimait pas les innovations en matière religieuse, imaginèrent de dire qu’ils étaient Sabéens. Cela parut suffisant au Commandeur des Croyants qui n’alla point chercher et pour cause, si les gens de Harrân adoraient bien les mêmes divinités que les sujets de la reine de Saba. C’est ainsi que le nom de Sabéisme passa à une religion eschatologique toute différente de celle du Yémen.

[16] Litt. « ne cessait de faire le bien ».

[17] Ces deux divinités sont Ormuzd, en zend et en perse Ahura-Mazda, et Ahriman, en zend Angra-Mainyu. En réalité, dans le Mazdéisme officiel des Sassanides que l’on connaît par les fragments de l’Avesta et les traités pelhvis qui en dérivent, il n’y avait point deux divinités opposées l’une à l’autre, mais un seul dieu, Ahura Mazda, et un archidémon Angra Mainyu; il est probable qu’il en était de même dans la religion des Achéménides. La doctrine exposée ici par Makrizi est celle de la secte des Dualistes qui se rapproche beaucoup du Manichéisme, si même elle ne se confond pas avec elle. On pourra voir pour plus de détails le Livre intitulé l’Oulamâ Islam dans laRevue de l’Histoire des Religions, année 1898.

[18] Une partie des tribus arabes était, en effet, avant l’islam, convertie à la religion du Christ. Les Ghassanides qui furent les alliés fidèles des Césars de Byzance dans leurs luttes contre l’empire sassanide se convertirent au Christianisme aux environs du commencement du IVe siècle de notre ère et ils ne cessèrent de lutter avec acharnement contre les Lakhmides de Hira, leurs frères de race, qui eux, étaient complètement inféodés à la Perse. C’est à peu près à la même époque que les Himyarites embrassèrent le Christianisme, mais les souverains sassanides les forcèrent à renoncer à leurs croyances et réduisirent le Yémen à l’état de province persane.

[19] C’est le livre généralement connu sous le nom de Khitât; il traite avec les plus grands détails et une exactitude parfaite de la topographie du Caire et de ses environs. Il s’y trouve une partie historique et c’est à cette dernière que Makrizi fait allusion ici; elle a d’ailleurs assez peu d’importance quand on la compare au récit de Makrizi dans le Soloûk ou d’Aboul-Mahâsin dans le Nodjoum.

[20] Il s’agit évidemment ici des luttes que les Iraniens eurent à soutenir sous la dynastie des Sassanides, et même à des époques bien antérieures contre les populations du Turkestan et contre les Turks des contrées situées au Nord de la Perse.

[21] C’est-à-dire qu’ils n’entreprirent point de guerres pour essayer d’agrandir leur empire. Par Sin il faut comprendre non seulement la Chine dont les Musulmans ne connurent l’existence qu’assez tardivement, mais aussi le pays que l’on connaît en Europe sous le nom de Transoxiane ; l’histoire de l’Inde et de la Chine anciennes n’est pour ainsi dire pas connue des Arabes et des Persans.

[22] Il est intéressant de remarquer l’esprit dans lequel cette phrase a été écrite, on dirait presque qu’elle sort de la plume d’un Chiite et non de celle d’un Sunnite.

[23] Les Deïlémites sont les Bouïdes, dont l’histoire sera exposée brièvement par Makrizi après celle du Khalifat.

[24] Le mot zendik (athée) est pehlvi ; c’est l’adjectif régulièrement formé du mot zend, qui désigne en moyen-persan, le commentaire pehlvi de l’Avesta ; ce nom signifie donc « celui qui s’attache au commentaire, à la glose, pour l’opposer, le cas échéant, au texte », comme faisaient les Manichéens, par opposition à celui qui s’en tient à la lettre même du texte. Voir sur ce point le Livre de l’Oulama-i Islam dans la Revue de l’Histoire des Religions de l’année 1898.

[25] Le manuscrit porte « dans Madaïn » ; Madain est, comme l’on sait le nom arabe de Ctésiphon ; je suppose qu’il y a ici une simple faute pour maïdân « hippodrome ».

[26] Littéralement « qui jeta le feu sur la cible »; il s’agit probablement d’une arme à feu portative, réduction des siphons à feu de la marine byzantine qui lançaient le feu grégeois, ou plutôt les divers feux grégeois dont l’un n’était vraisemblablement pas autre chose que la poudre ou une composition détonante analogue.

[27] Shatranj ; les Persans donnent de ce mot une étymologie fantaisiste; ils le décomposent en shad« joie » et ranj, « douleur » et prétendent que ce nom a été donné à ce jeu, parce qu’il n’y en a pas un qui donne plus de peine à apprendre et plus de joie quand l’on s’en est bien rendu maître. En réalité, ce mot dérive du composé perse catur anga « qui a quatre angles ». On trouve cependant dans les peintures persanes, des reproductions d’échiquiers à huit côtés composés de deux rectangles qui se coupent.

[28] Makrizi, quelques lignes plus tôt, attribue cette innovation à Abou Djafar al-Mansour.

[29] C’est une allusion aux persécutions religieuses qui déshonorèrent le règne de ce khalife; son fanatisme le rendit aussi redoutable aux Musulmans, qu’il voulait convertir de force aux croyances motazallistes, qu’aux Chrétiens.

[30] Wâthik mourut, en effet, d’une hydropisie causé par des excès de table.

[31] Motawakkil abandonna, en effet, les fantaisies motazallistes de son frère.

[32] Peut-être « qui s’occupa seul ».

[33] Les Ghozzes désignent ici les Turcs Seldjoukides dont l’un des chefs était Thoghril Beg. On trouve le nom de Ghozzes appliqué également aux Kurdes ayyoubides ; on lit, en effet, dans le manuscrit arabe 307, fol. 2 r° : « Quand les Ghozzes Kurdes s’emparèrent de l’Egypte, » et plus loin, fol. 3 r° : «par la main des Ghozzes Kurdes », et enfin, fol. 7 r° : « sous la domination des Ghozzes Kurdes ». Ce nom ethnique paraît apparenté à celui de Ouz ou Oudj qui est également appliqué à des tribus d’origine turque; le premier paraît dériver de Oughouz, nom de l’ancêtre mythique des Turcs, par chute de la première syllabe; quant au second, Ouz, il provient sans doute du même nom Oughouz, par suite de la chute de l’aspirée gh qui est tombée avec la voyelle qu’elle portait. Ce fait est constant dans les dialectes turcs et mongols.

[34] Probablement la transcription arabe du nom mazdéen Peshotân.

[35] C’est-à-dire jusqu’aux rois Sassanides de Perse.

[36] C’est-à-dire le même personnage; ‘Imad ad-Din étant le surnom honorifique qui lui fut donné dans la suite.

Al-Maqrizi de son livre  » Histoire d’Egypte »

Ahmad al-Maqrizi, l'historien arabe d'Egypte de l'époque Mamlouk
Ahmad al-Maqrizi, l’historien arabe d’Egypte de l’époque Mamlouk

Notice bio Ahmad al-Maqrîzî (1364-1442), historien arabe  né en 1364 au Caire et mort en 1442 au Caire. Il est considéré comme l’un des auteurs les plus importants de l’historiographie égyptienne. Son œuvre traite de l’histoire égyptienne depuis la conquête arabe au viie siècle jusqu’à la période mamelouke dont il fut le contemporain.

Le surnom de Makrizi, sous lequel il est le plus connu, était commun à sa famille, et on le lui avait donné parce qu’il résidait dans un faubourg de Baalbec nommé Makriz. Aussi Taqi al-Din était tantôt appelé Makrizi, tantôt Ibn Almakrizi, c’est-à-dire fils de Makrizi. Il naquit au Caire entre l’an 1358 et 1368. Sa famille prétendait, à ce qu’il paraît, descendre d’Ali, par la branche qui a donné le jour aux khalifes fatimides. Il fit ses études au Caire, et suivit d’abord les opinions de l’école hanéfite. Mais ensuite il l’abandonne et suit les opinions de l’école chafeite, à laquelle il reste constamment attaché.
Makrizi, se livrant avec ardeur à l’étude, acquit de bonne heure de vastes connaissances, et contracta un goût très vif pour une vie retirée, il s’occupa ainsi jusqu’à la fin de sa vie, à écrire et à composer des ouvrages nombreux et presque tous historiques.
Cependant, il fut, à plusieurs reprises, chargé des fonctions de Muhtasib ou commissaire de police du Caire, et exerça divers autres emplois relatifs à la religion. On lui offrit la place de Cadi de Damas mais il la refusa.
Makrizi vécut presque quatre-vingts ans et il mourut au mois de janvier 1442.

La Cité des morts du Caire est un vaste quartier du Caire avec des dômes et des mausolées. Il s'agit en fait de l'un des plus anciens cimetières musulmans qui n'a cessé de s'étendre depuis les Omeyyades, abbassides et Fatimides et jusqu'à l'époque mamelouk, pour devenir lors de la conquête ottomane une vrais ville.
La Cité des morts du Caire est un vaste quartier du Caire avec des dômes et des mausolées. Il s’agit en fait de l’un des plus anciens cimetières musulmans qui n’a cessé de s’étendre depuis les Omeyyades, abbassides et Fatimides et jusqu’à l’époque mamelouk, pour devenir lors de la conquête ottomane une vrais ville.

Ses ouvrages sont en grand nombre, ils attestent la variété de ses connaissances, et son goût pour les recherches d’antiquités. la plupart et les plus importants concernent l’histoire de l’Égypte.
Parmi ses ouvrages:

  • Sa description historique et topographique de l’Égypte.
  • Son traité des monnaies musulmanes.
  • Son histoire des sultans ayyoubites et mamlouks.
  • Lire en ligne Volume1 
  • Lire en ligne Volume2
  • traité des poids et des mesures légales des musulmans.

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